Archives de la catégorie ‘Les soumis’

Vous avez adopté, le 1er février 2016, une « délibération commune du premier président de la cour de cassation et des premiers présidents des cours d’appel ». Vous demandez une « réforme d’envergure de nature à garantir que l’Autorité judiciaire soit soustraite à toute forme d’influence », de façon à ce que nos concitoyens bénéficient « en toute circonstance de l’accès à un juge indépendant et impartial ».

Vous mettez en cause évidemment « la pénurie persistante des moyens matériels et humains » de l’Autorité judiciaire, et de ce point de vue, vous avez raison. Mais permettez-moi de vous dire que l’indépendance et l’impartialité ne dépendent pas des moyens matériels de la justice. C’est dans votre esprit et dans votre morale que ces vertus, que vous avez le devoir de pratiquer, doivent résider.

Or le spectacle lamentable que donne la justice française est aux antipodes de ses devoirs. Quand on constate que la cour de cassation viole systématiquement la Constitution en se faisant juge constitutionnel en lieu et place du Conseil constitutionnel afin de lui disputer la première place dans l’institution judiciaire, quand on voit les tribunaux des affaires de sécurité sociale bafouer les lois de la République et que les cours d’appel et la cour de cassation leur donnent raison, quand on constate que les magistrats ont de la haine pour les honnêtes citoyens et une infinie tendresse pour les délinquants, on ne peut que se dire qu’il y a quelque chose de pourri au royaume de France.

La vérité, Mesdames et Messieurs les hauts magistrats, est que vous n’avez aucune légitimité pour rendre la justice « au nom du peuple français ». Vous n’êtes que des fonctionnaires de justice. Si vous aviez su vous élever au dessus de votre condition et aviez donné la preuve de votre qualité d’âme, on vous absoudrait de n’être pas indépendants matériellement. Je cherche en vain les occasions où vous vous seriez comportés ainsi. Je cherche en vain les décisions courageuses, celles qui vous font gagner l’estime du peuple et qui constituent le meilleur capital – le seul sans doute – de toute institution judiciaire. Je cherche en vain l’affection que le peuple, partout et toujours, porte aux juges qui l’aiment et le défendent en s’appuyant sur le droit et non sur l’opportunité politique et les intérêts de carrière.

La justice française est détestée du peuple. C’est le plus terrible des verdicts. Et cette condamnation est sans appel, car les magistrats ont pendant trop longtemps abusé de notre patience.

Aujourd’hui, un pouvoir digne de ce nom devrait renvoyer tous les juges et les remplacer par de nouveaux magistrats ayant exercé préalablement des activités civiles dans la société concurrentielle, ce qui garantirait qu’ils connaissent la vie et non pas seulement les arcanes des palais dits de justice. Et rien ne leur confèrerait plus d’indépendance que leur élection par le peuple, au lieu de leur désignation par le pouvoir.

En attendant ces indispensables réformes, faisons nôtre la position de l’ancien premier président de la cour de cassation, M. Guy Canivet, qui demande à l’Etat d’exercer l’action récursoire contre les juges, c’est-à-dire de les faire payer pour leurs fautes. Gageons que ce serait au moins, pour des magistrats imbus de leur irresponsabilité, le commencement de la sagesse.

La République et l’institution parlementaire ont été capables, à la suite du scandale d’Outreau, de soumettre les faits à une commission parlementaire, dont les travaux exemplaires ont mis cruellement en lumière les défaillances individuelles et collectives de l’institution judiciaire. Bien entendu, dans notre régime politique impuissant, aucune réforme n’en a résulté. C’est pourquoi on peut dire aujourd’hui avec certitude que la révolution est désormais inéluctable. Mesdames et Messieurs les hauts magistrats, Mesdames et Messieurs les juges, il ne vous reste plus qu’à trembler.

Claude Reichman

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Dans notre société où la parole seule d’un journaliste, d’un homme politique ou d’une célébrité a le droit de se faire entendre, le citoyen ne peut que se taire et subir. Pourtant, lui aussi a le droit de s’exprimer même au mépris de la parole officielle et des discours plus ou moins formatés. Des commentaires au vitriol sur la politique et ses élus, la religion et ses dérives, les scandales, l’intolérance, l’homophobie, la bêtise, la violence, les non-dits, les médias, … qui offrent une image pas toujours ragoûtante de notre univers si particulier que nous partageons tous en commun.

Plus de 260 textes entièrement revus et corrigés par mes soins et destinés à toutes celles et ceux qui n’ont pas peur d’affronter la réalité.
https://www.morebooks.de/store/gb/book/paroles-de-citoyen:-et-si-je-disais-tout/isbn/978-3-659-55960-0

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junker55Lors du point de presse quotidien à Bruxelles, Margaritis Schinas, porte-parole de la Commission, a déclaré que l’instance « cherche à avoir des clarifications. […] Une fois tous les faits sur la table, [elle] va décider des actions à entreprendre. » Cette déclaration fait suite à une demande écrite que le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, président, a envoyée à Neelie Kroes pour lui demander des clarifications. « Cette lettre est un élément important pour établir les futures étapes […] La lettre est sortie aujourd’hui [jeudi, NDLR], j’imagine qu’elle [Neelie Kroes, NDLR] va répondre, je ne sais pas quand. Cela dépend du nombre de détails nécessaires », a poursuivi M. Schinas.

Lire avant de gerber: http://www.lepoint.fr/europe/bahamas-leaks-bruxelles-temporise-22-09-2016-2070468_2626.php

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algerieDans un entretien exclusif accordé à Algérie-Focus, Abdelatif Benkortbi, l’un des plus célèbres artisans bijoutiers algériens, révèle  comment des bijoutiers véreux appartenant à des réseaux mafieux qui bernent les Algériens et leurs vendent des bijoux contrefaits.

Le plus étonnant demeure l’impunité dont bénéficie cette mafia dont les barons sont protégés par des services de la direction des impôts et du ministère des finances.

http://www.algerie-focus.com/2016/09/videolorsque-dirigeants-services-impots-protegen

Écoutez ces révélations fracassantes pour comprendre les tenants et aboutissants de ce scandale longtemps étouffé par nos autorités !
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Neuf semaines sans quitter son camion. C’est la vie d’un routier roumain chez Geodis. Qu’en pense la SNCF, maison mère de cette entreprise de transport ?

Elise Lucet interroge le directeur général de SNCF Logistics, Alain Picard. Extrait de « Salariés à prix cassé : le grand scandale » une enquête de « Cash Investigation », à voir le mardi 22 mars à partir de 20h55.

Pourquoi autant de chauffeurs des pays de l’Est roulent-ils sur les autoroutes françaises ? La réponse est simple : ils sont beaucoup plus compétitifs que les routiers français. Un chauffeur roumain chez Geodis touche par exemple un salaire mensuel brut de 237 euros, hors prime journalière.

Le week-end sur le parking de l’entreprise

Et ils roulent neuf semaines sans rentrer chez eux, dorment dans leur camion, mangent dans leur camion et passent le week-end sur le parking de l’entreprise… Mais qu’en pense la SNCF, la maison mère de Geodis ? Elise Lucet interroge Alain Picard, directeur général de SNCF Logistics.

Extrait de « Salariés à prix cassé : le grand scandale », une enquête de Sophie Le Gall diffusée dans « Cash Investigation » le mardi 22 mars à partir de 20h55.

http://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-2/cash-investigation/video-cash-investigation-geodis-filiale-de-la-sncf-raffole-des-chauffeurs-roumains_1365073.html

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Une entreprise toulousaine se déchaîne contre le « dumping social »Cash Investigation a diffusé sur France 2, mardi 22 mars 2016, une enquête sur le dumping social et relayé le coup de gueule de l’entreprise toulousaine Rives Dicostanzo.Publié le : 23/03/2016
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L’émission était diffusée mardi 22 mars 2016 sur France 2 (Photo : mesreplay.fr)

C’est devenu la marque de fabrique de l’émission. Mardi 22 mars 2016, l’émission de France 2 Cash Investigation diffusait une enquête sur les travailleurs détachés dans le transport routier, le BTP, etc… ciblant particulièrement le cas des salariés roumains payés au salaire roumain mais travaillant en France. Dans ce reportage choc, les méthodes de grandes entreprises ont été épinglées.

Parmi elles, celles du transporteur routier Geodis, filiale de la SNCF. Dans cette partie du reportage, l’équipe de l’émission s’est rendue dans les locaux de l’entreprise toulousaine Rives Dicostanzo, spécialisée dans le déménagement et les services logistiques et comptant près de 300 salariés sur 13 sites en France dont Toulouse, Castres ou Montpellier dans la région Languedoc-Roussillon/Midi-Pyrénées.

Geodis, « de la délinquance sociale »

Le rôle du transporteur toulousain n’était pas celui de l’accusé… mais de l’accusateur, involontaire, de Geodis, le patron toulousain ignorant au départ le nom de l’entreprise dont on lui parlait. Invité par les journalistes de Cash Investigation à commenter le temps de travail d’un conducteur roumain travaillant majoritairement en France et la différence de salaire entre la France (4 416 euros, charges comprises) et la Roumanie (1 411 euros, soit trois fois moins), voici sa réaction :

Cette différence n’arrivera jamais dans le système (de protection sociale) français. C’est du dumping social et de la délinquance sociale. C’est sauvage, désastreux et sans lendemain.

Dans un édito posté sur son site internet, l’OTRE (Organisation des TPE et PME du transport routier), dont le chef d’entreprise toulousain Christophe Dicostanzo fait partie, s’est félicitée de ce travail journalistique de « sensibilisation et de médiatisation contre la délinquance économique des profiteurs de la concurrence déloyale et du travail illégal ».

http://actu.cotetoulouse.fr/cash-investigation-entreprise-toulousaine-transports-rives-dicostanzo-dechaine-contre-dumping-social_32270/

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Internet criminaliserLa France représente à présent, avec l’Espagne, le point le plus avancé de l’offensive des gouvernements européens continentaux contre les libertés. L’introduction, dans le code pénal, de la notion de “glorification du terrorisme” lui permet d’accéder au même degré de déni du droit que son voisin espagnol. En peu de temps, la France a quasiment rejoint le niveau liberticide de la Grande Bretagne dans sa capacité légale de criminaliser toute parole d’opposition. Il ne lui reste plus qu’à introduire le délit de création, par ses déclarations ou ses écrits sur un quelconque sujet, d’une atmosphère favorable au terrorisme[1], pour rejoindre le modèle anglais.

Une inflation de lois antiterroristes.

En moins de deux ans, la France a connu une inflation de lois antiterroristes. D’abord la Loi de programmation militaire, promulguée le 13 novembre 2014, dont nous avons rendu compte dans un précédent article[2], ensuite cette Loi renforçant les dispositions relatives à la lutte contre le terrorismedu 14 novembre 2014 et ensuite la Loi sur le renseignement[3] définitivement adoptée par l’Assemblée nationale le 24 juin 2015.

La loi de programmation militaire fusionne droit pénal et droit de la guerre et confond ainsi intérieur et extérieur de la nation. Elle instaure un état martial numérique en autorisant le gouvernement à attaquer les systèmes informatiques de ses ressortissants et à capturer, sur simple demande administrative, les informations et documents des utilisateurs et non plus seulement leurs données de connexion.

La loi sur le renseignement quant à elle installe des boites noires chez les fournisseurs d’accès permettant d’enregistrer, en temps réel, l’ensemble des données des utilisateurs.

Elle met à la disposition de l’exécutif, un dispositif permanent, clandestin et quasiment illimité de surveillance des citoyens. Cette loi est le point le plus avancé le l’attaque du gouvernement français contre la vie privée. Le ministre de l’Intérieur Cazeneuve a d’ailleurs déclaré que celle-ci n’est pas une liberté fondamentale.

Quant à la loi de novembre 2014 renforçant les dispositions relatives à la lutte contre le terrorisme, elle participe également à la criminalisation d’Internet et autorise le blocage administratif de sites web. Sa spécificité consiste en une attaque frontale contre la liberté d’expression par l’introduction dans le code pénal de nouvelles d’incriminations, dont le traitement était jusqu’à présent réglée par le droit de la presse.

LIRE sur: http://www.centpapiers.com/criminalisation-du-net-la-liberte-dexpression-menacee/

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La promotion Voltaire est-elle inépuisable ?

Par Philippe BilgerMa Photo

Suis-je absolument naïf ou pourra-t-on un jour, malgré les déconvenues multipliées par la réalité, être présidé par une personnalité qui respectera les citoyens ?

On sait ce qu’il était advenu avec le quinquennat de Nicolas Sarkozy qui avait fait procéder à des nominations inspirées par l’amitié, la récompense ou le clientélisme le plus ostensible. Est-il besoin de rappeler que son emprise ne s’arrêtait pas là et que notamment sur le plan médiatique, il n’hésitait pas à conseiller des exclusions et des mises à l’écart – n’est-ce pas, Alain Genestar et Patrick Poivre d’Arvor ? – qui étaient concrétisées car les désirs d’un président de la République sont des ordres sauf résistances suicidaires.

On aurait pu espérer que de telles dérives susciteraient au moins une pratique présidentielle inverse. Ce n’était pas tant parce que François Hollande avait promis un retour à la normalité démocratique mais à cause de la constatation généralement partagée qu’une République ne pouvait pas durablement tenir avec des transgressions aussi cyniquement affichées et incarnées par rapport à son esprit.

François Hollande, il convient de tristement l’admettre, s’est moqué comme d’une guigne des engagements qu’il avait pris et comment ne pas considérer, face à la constance de ses trahisons, qu’il avait formulé ses propos de campagne comme autant de vœux qu’il savait pieux ?

Il y a des traumatismes encore plus graves certes mais il n’empêche qu’un écœurement saisit le citoyen, de droite bien sûr qui a oublié hier et de gauche, je l’espère, s’il a un peu de conscience, face à un aussi cynique et solidaire favoritisme. C’est une honte.

A lire « Les parasols dorés de la République exemplaire » (Le Canard enchaîné), on est effaré par l’exploitation jusqu’à plus soif de la promotion Voltaire comme s’il suffisait d’avoir été alors au côté de François Hollande, qui ignorait que ses ambitions seraient couronnées de succès, pour être touché par la grâce et miraculeusement investi d’une compétence universelle.

D’une certaine manière, ce favoritisme est pire que le précédent car purement relié au décret subjectif et arbitraire du président de la République considérant, au mépris de toute vraisemblance, que tous ceux qui l’avaient approché, écouté et admiré méritaient d’être promus à des postes de très haute responsabilité. C’est l’expression d’un narcissisme qui dépasse les bornes. L’État c’est moi, mes appétences, mon humeur !

A qui fera-t-on croire qu’il y avait dans cette promotion Voltaire une mine tellement riche et inépuisable qu’elle puisse être ainsi cultivée avec une désinvolture et un systématisme aussi accablants ?

Ce serait à mourir de rire si ce n’était pas démocratiquement à pleurer.

Encore ce clientélisme ne se limite-t-il pas à cette promotion bénie de François Hollande mais bénéficie au « Chiracopinage, aux Préfets à l’abri, aux Cabinets particuliers et aux Chics apparatchiks… » selon les dénominations acides choisies par cet hebdomadaire attendu chaque mercredi avec crainte ou espoir, c’est selon.

La dernière foucade mêlant magouille parlementaire et risque pour l’éthique publique concerne le député socialiste François Brottes à la tête du Réseau de transport d’électricité. Les protestations n’auront pas plus d’effet que d’habitude ! Si le fait du Prince pouvait être contredit, il perdrait tout son charme.

Pour montrer à quel point cet impérialisme du bon plaisir présidentiel est scandaleux, il suffit de le comparer avec certaines pratiques ministérielles qui ont tenté autant que possible d’introduire un peu de cohérence et d’objectivité dans leurs nominations. Je songe, par exemple, hier à Aurélie Filippetti et à Christiane Taubira qui sur ce plan au moins n’a pas été catastrophique.

Je ne sais si la promotion Voltaire est inépuisable. En revanche, l’exemplarité d’un pouvoir présidentiel en France est une exigence qui a de l’avenir, une idée neuve.

Elle est intacte : jusqu’à aujourd’hui, personne ne l’a altérée en tentant d’en imprégner la pâte du réel

source:http://www.philippebilger.com/blog/2015/08/la-promotion-voltaire-est-elle-in%C3%A9puisable-.html

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lire aussi

FRANCE (ENA): les privilégiés de la promotion Voltaire.

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Des idées saines dans des cerveaux disponibles, ou la dictature insidieuse

fabiusdoigteAujourd’hui, on va parler d’un sujet aussi essentiel qu’ignoré dans ce pays: la liberté de la presse. Beaucoup critiquent les médias et les journalistes, souvent à raison. Le nivellement par le bas a eu des effets prodigieux sur cette profession. Les journalistes qui durent sont presque toujours ceux qui ont renoncé. Toutefois, avant de critiquer ce métier, les gens devraient savoir dans quelles conditions il est fait, aujourd’hui en france. Car, finalement, on a la presse qu’on mérite.

Les Guignols de l’Info qui passent à la trappe (ou en crypté, c’est pareil), un documentaire censuré [1] et une direction de Canal décapitée par Bolloré, actionnaire n°1 de Canal Plus. Dassault qui veut faire passer ses « idées saines » dans le Figaro (journal qui a effacé une bague à 15.000€ du doigt de Rachida Dati sur une photo), Le Lay de TF1 qui vend notre temps de cerveau disponible.

Voilà la situation des médias aujourd’hui, tenus par des groupes industriels qui passent des contrats avec l’État, et subventionnés par l’État.

Les citoyens ont laissé passer, sans réagir, énormément de retsrictions à la liberté d’expression, et à la liberté de la presse.

En 2014, la france se situait derrière le Salvador et la Lettonie, en 39e position du classement de Reporters sans Frontières sur la liberté de la presse dans le monde. Le Costa Rica est 21e, le Ghana est 27e, le Surinam 31e… Bref, on n’a  vraiment pas de quoi se vanter, même si on remonte un peu depuis que sarkoléon a dégagé (on était 44e en 2011).

Comment en est-on arrivé là?

Malgré ce qu’on apprend à l’école, la censure est une vieille tradition française. Les mêmes Rois qui jouaient les mécènes des écrivains n’hésitaient pas à les envoyer au cachot au premier mot de travers.

tele_conL’histoire est censurée, j’ai pu le constater par moi-même. L’histoire au jour le jour (le journalisme) l’est aussi, évidemment. On se souvient de Chirac qui voulait que les historiens présentent « le rôle positif » de la colonisation, de l’interdiction du « négationnisme » (en fait toute discussion sur la version officielle, ce qui ne fait jamais avancer la connaissance) sur la Shoah ou le génocide arménien, de l’interdiction de parler du cannabis de manière positive, d’ « offenser » le président de la République (l’affaire du « casse-toi pauv’ con » renvoyé à sarkoléon par un citoyen), de donner la recette du purin d’orties, de la présomption d’innocence, du secret de l’instruction, de l’interdiction de faire de la « propagande anti-nataliste », de publier les déclarations fiscales de nos députés, de l’interdiction des spectacles de Dieudonné, de l’interdiction pour une personne condamnée d’écrire un livre sur les faits pour lesquels elle a été condamnée, des 36 sites Internet bloqués par Valls

Ce n’est pas pour rien que la France est un des pays les plus condamnés pour ses atteintes à la liberté d’expression par la cour européenne des droits de l’homme: la France a une véritable culture de la censure, et cela ne va qu’en s’aggravant. Tous les spécialistes du droit de la presse sont d’accord pour dire que la France est un des pays les plus restrictifs au monde en la matière.

Petit à petit, on a élaboré des lois pour protéger la vie privée, mais aussi les affaires, la fonction politique, et même l’honneur, contre les écrits trop agressifs. Ça part d’une bonne idée car il y a des abus, il ne sert à rien de revenir sur les dérives de la presse people.

Mais en réalité, ce que veulent protéger nos oligarques, c’est leur pré carré. Leurs magouilles, leurs mensonges, leurs amis,  tout cela doit rester dans l’ombre.

Aujourd’hui, même un journaliste qui dit la vérité et ne commet aucune faute, comme le reconnait le tribunal, peut-être condamné. Juste pour la forme, sans aucune base légale. Mais les lois, on s’en fout, en fait elles ne valent que pour les justiciables, par pour les juges et les politiciens.

Dans mon métier, j’ai eu à connaitre un certain nombre de magouilles politiques et/ou financières. J’ai pu écrire à ce sujet seulement deux fois, dont l’une a débouché sur un procès qui traine depuis des lustres. Pourquoi? Tout simplement parce que, sans avoir les moyens de la justice ou de la police, un journaliste doit avoir bétonné son enquête avant de la publier. Bétonné, cela veut dire multiplier les sources concordantes, et avoir des preuves valables devant un tribunal en cas de plainte pour diffamation, outrage ou autre invention destinée à nous museler [2], le tout en respectant la loi.

104-statueEn fait, il faut réunir les preuves que des policiers auraient du déjà réunir avant nous, à la demande d’un juge, sans avoir les moyens d’enquête d’une brigade de police, ni les pouvoirs légaux d’un juge. Et en risquant moult ennuis qu’un magistrat ne risque pas d’avoir s’il commet une ou deux erreurs dans son instruction.

Il est par conséquent très rare qu’un journaliste puisse publier une enquête politico financière, ou sur un trafic quelconque. Surtout s’il est pigiste, et surtout s’il sait que sa rédaction ne le soutiendra pas en cas de problème, ce qui devient la norme.

Par exemple il est impossible de diffuser la moindre enquête mettant en cause un politicien pédophile. Dans les rédactions, quand on parle d’un tel ou d’un autre, tout le monde est parfaitement au courant de leurs casseroles, mais aucune ne prendra le risque de publier quoi que ce soit parce qu’on sait qu’on perdra, avec à la clé des dommages et intérêts monstrueux à verser. Même si l’enquête est béton.

Et quand on parvient, malgré moult embûches, à publier un article ou à diffuser un reportage, il se trouve qu’on peut encore être attaqué au pénal ou au civil, où on va dire qu’on a cherché à nuire à des innocents, qu’on est de parti pris, et où on va nous réclamer une somme rondelette en guise de dommages et intérêts.

Souvent, et surtout en période électorale, j’aimerais vraiment que les citoyens puissent se transformer en petites souris dans les rédactions. Ils en apprendraient de belles sur les mœurs de leurs élus, sur leurs magouilles et leurs guéguerres stériles. Il est rare que les journalistes aient du respect pour le métier d’homme ou de femme politique.

Or, les citoyens devraient savoir que les médias et surtout la liberté d’expression sont les pierres angulaires d’une société démocratique. C’est d’ailleurs cela qui nous permet de penser qu’aujourd’hui nous ne sommes plus du tout dans une société démocratique.

Quand un journaliste qui refuse de donner ses sources à un juge risque de la prison ferme, où va-t-on?

Certes il faut des limites à la liberté d’expression:  il serait stupide de permettre n’importe quoi en la matière. Mais aujourd’hui il est temps que les gens se réveillent à ce sujet. S’ils ont Pujadas au JT de France 2 depuis des lustres, c’est parce qu’ils ne réagissent pas et ne défendent pas la liberté de la presse.

 

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Régressions

Le droit de la presse et la liberté d’expression régressent au même rythme que les libertés en général, avec une nette accélération depuis le lamentable passage de sarkoléon à l’Elysée. Il a attaqué le secret des sources, n’a cessé de faire son Berlusconi en attaquant les journalistes à chaque fois qu’ils écrivaient quelque chose qui ne lui plaisait pas, et faisait pression pour dégager les moins sympathiques.

Depuis la loi Dati censée officiellement renforcer le secret des sources, en réalité les journalistes sont forcés à balancer ou mis sous pression par la justice dans des cas de figure extrêmement nombreux. En fait, dès qu’un juge ou un responsable politique ou des RG estimait qu’il y avait un « impératif prépondérant d’intérêt public« , le journaliste était tenu de donner ses sources sous peine de 150.000 euros d’amende et 10 ans de prison. En Belgique, c’est plus simple: un journaliste est tenu d’informer la justice s’il a connaissance de la préparation d’un crime (meurtre ou attentat), point barre.

Mais bon, si un juge s’assied sur ce qu’il nous reste de secret des sources, aucune sanction n’était prévue, comme c’est toujours le cas avec les juges qui bénéficient d’une impunité certaine dans l’exercice de leurs fonctions, ce qui est un comble quand on sait que la justice est rendue au nom du peuple français. Une belle arnaque encore une fois, mais il est vrai que ça ferait mauvais genre d’écrire au bas des décisions de justice qu’elles sont rendues au nom de l’oligarchie qui nous dirige.

Ces dernières années, et surtout quand sarkoléon était au pouvoir, on vu se multiplier les perquisitions dans les rédactions ou au domicile de journalistes. Par moment, on n’a rien eu à envier à l’URSS.

Alors depuis que flamby est arrivé, il est question, toujours officiellement, de « renforcer » cette protection des sources. Or, au final, le texte était encore plus restrictif que les précédents.

En parallèle des gesticulations de Taubira sur le secret des sources, la loi Macron voulait protèger le secret des affaires, impliquant des sanctions pour les journalistes trop curieux, et la loi sur le renseignement passée elle aussi en force, suite aux attentats de janvier, a bien failli permettre aux RG et aux flics de perquisitionner chez des journalistes, avec ou sans la décision d’un juge. Quoi qu’il en soit, tous les ordinateurs seront pistés et leurs données traitées on ne sait comment.

Les journalistes sont parvenus à éviter la catastrophe avec la loi Macron, mais finalement, depuis 2013 la commission  européenne prépare une directive assurant le secret des affaires, dont une définition particulièrement large nous est donnée.

loi_sur_le_renseignementLe journaliste du magazine Cash Investigations qui a enquêté sur l’évasion fiscale menée par le Luxembourg est poursuivi par ce pays au nom de la violation du « secret des affaires ».

Cette arme est déjà utilisée, entre secret commercial, secret professionnel, recel de violation du secret professionnel et autres instruments législatifs, les entreprises et institutions avaient déjà de quoi faire taire et condamner des journalistes trop curieux, même si leur enquête était des plus sérieuses. Denis Robert, qui a longuement travaillé sur l’affaire Clearstream, a été victime de dizaines de procès avant de gagner, en 2011, en cassation.

Il faut juste imaginer combien coute un procès contre des entités aussi puissantes que l’Etat luxembourgeois, Clerstream, les banques, et même contre n’importe quelle entreprise. Le temps que cela prend. Les moyens disproportionnés. Le fait qu’on peut être condamné même en ayant mené une enquête des plus sérieuses, dans l’intérêt général.

Normalement, un juge devrait prendre en compte l’intérêt général à avoir accès à ces informations. Car sans la liberté d’enquêter, il ne peut pas y avoir de société démocratique. Or dans l’affaire Denis Robert/Clearstream, il a fallu attendre l’arrêt de la cour de cassation après dix ans de procédures diverses et variées pour qu’un juge se pose la question de l’intérêt général à avoir connaissance de cette affaire.

En outre, il faut souligner que des éditorialistes comme Edwy Plenel dans Le Monde et Philippe Val dans Charlie Hebdo, avaient violemment critiqué l’enquête de Denis Robert, la qualifiant de « théorie du complot » ou de « protocole des sages de Sion », rien que ça.

Il faut le reconnaitre: un journaliste, en france, doit être très courageux pour attaquer frontalement des multinationales, des banques ou des politiciens véreux.

 

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L’uniformisation par l’abêtissement

Il y avait encore plein de journaux intéressants il y a 15 ans: Alternatives Economiques, Courrier International, Charlie Hebdo, Le Monde… Mais à force de rachat par des groupes financiers, d’indépendance perdue, ces journaux ont commencé à tous raconter les mêmes choses, de plus en plus insipides.

Les médias tournent aujourd’hui grâce à la publicité, et plus le lectorat a du pouvoir d’achat plus votre revue a des chances de durer, aux pages sport et people, aux subventions publiques, aux actionnaires friqués qui les utilisent pour obtenir de meilleurs contrats publics, notamment dans l’armement et le BTP (groupes Dassault, Lagardère, Bolloré). Pourquoi un Rothschild deviendrait-il le premier actionnaire d’un journal comme Libération si ce journal était encore pertinent?

La seule subversion à laquelle on a le droit, aujourd’hui dans les médias commerciaux, c’est à des films naturistes à tendance pédophiles ou des petits cours d’ « éducation sexuelle » sur Arte et des escroqueries intellectuelles anti féministes dans le journal créé par la Elisabeth Levy [3], dont on sait à quel point elle peut s’exciter lors des discussions à la télé. De même, on censure nombre d’expositions quand les religions sont malmenées mais on tolère le plug anal géant sur la place Vendôme d’un artiste scatophile.

De leur coté, les annonceurs dictent aussi de plus en plus leur loi, comme Apple qui exige que les sujets traités dans les éditions où elle a placé des pubs ne soient pas choquants ou polémiques.

Dans tous les types de médias, l’information est le parent pauvre. Quant aux journaux d’information pure, ils ne financent généralement plus de longues enquêtes. En fait, les journalistes doivent trop souvent enquêter en dehors de leur travail quotidien, car les enquêtes coûtent cher et ne sont pas « rentables ».

Les journalistes sont aussi de plus en plus précaires, payés au lance pierre, et sont dans l’insécurité. Même les salariés se demandent s’ils ne feront pas partie du prochain charter, puisqu’il faut réduire les coûts absolument.

Or, un journaliste qui craint d’être viré du jour au lendemain va hésiter avant de faire des sujets polémiques, avec risques de procès, ou qui pourraient heurter des sensibilités.

 

imgscan-contrepoints843-presse-médiasMais qu’importe, car en fait il n’y a plus la place pour la réflexion de fond, l’analyse, la prise de recul. Tout est dans l’instantané, le buzz, tout doit attirer l’œil et pas le cerveau [4]. Parce que les dirigeants de presse considèrent que leurs lecteurs sont stupides et fainéants, et qu’écrire plus de 3.000 signes c’est gavant. En 3.000 signes, il est bien difficile d’aborder le fond d’un problème de société ou d’une affaire compliquée.

A la radio, les consignes sont les mêmes: pas plus de 15 mots par phrase, pas plus de 2 ou 3 concepts par sujet. Ca, ce sont les consignes de tous les médias commerciaux, qu’on apprend bien aux étudiants dans les écoles de journalisme.

Des journalistes précaires, des sujets insipides, fun, distrayants, ou alors carrément glauques et sanguinolents quand il s’agit de faits divers.

De plus en plus, les articles se ressemblent. Les sujets traités par Le Monde, Libé et Le Figaro (les trois quotidiens dits « de référence » (sic.) en France) sont les mêmes à 90%, souvent retapés sur le net avec des fautes d’orthographe, parce que ce qui compte c’est d’être le premier à retaper la dépêche AFP, pour être mieux référencé sur Google.

Les angles sous lesquels sont traités les sujets sont aussi de plus en plus les mêmes d’un média à l’autre, sur tous les sujets fondamentaux.  Que vous regardiez France 2, que vous lisiez Le Monde ou L’Express, que vous écoutiez RTL, vous entendrez exactement les mêmes choses sur le terrorisme, la guerre en Syrie, en Irak, en Libye et ailleurs, l’économie, la Grèce, les vaccins, les affaires criminelles, le réchauffement climatique, les élections, l’Europe, Hugo Chavez, Poutine…

Étrange, non, alors que ces sujets suscitent de réels débats dans la société. La seule différence qu’on trouve entre les médias, c’est le courant politique qu’ils soutiennent: Le Figaro occultera quelques infos favorables au PS ou défavorables à Sarko, en mettra d’autres en exergue. Ce sera l’inverse dans Libé.

Les sources sont aussi toujours les mêmes: les sources officielles priment toujours. Par exemple, dans le cas de la dernière grippe aviaire/porcine, toute la presse nationale commerciale et les médias « officiels » (France Télé, France Inter, AFP etc.) ont relayé sans aucune critique les communiqués des ministères de la santé et de l’OMS qui appelaient à se vacciner parce qu’on allait tous mourir. Sur le terrain, dans la presse locale, on a attendu de voir. Et il ne s’est rien passé. La presse locale, elle n’a pas appelé à se vacciner car l’épidémie n’a jamais eu lieu, en réalité.

liberte-presseDu côté de la justice, les juges n’ont plus le droit de parler à la presse: c’est le parquet, inféodé au pouvoir politique, qui communique. Dans les institutions, les entreprises, les associations, on cultive aujourd’hui la parole officielle.

Le top du top pour nos chefs de rédactions, ce sont les sujets consensuels, ceux où tout le monde est d’accord. D’où les 30% du temps des JT consacré à nous parler du temps qu’il fait, des « reportages » sur les vacances, sur le bac, sur les achats de noël, le prix du carburant…

On sait aussi q’un article sur un chat ou un chien maltraité aura un bien meilleur « taux de lecture » qu’un article sur un enfant victime de pédophile, ce qui devient certes d’une banalité effrayante dans la presse locale.

Tout est lissé, plus rien ne dépasse sauf dans la stupidité, où là on dépasse allègrement les limites de la décence.

Dans le cas de la presse spécialisée, des médias axés sur le sport à ceux axés sur l’automobile, la santé ou sur la pêche, le problème n°1 est que les annonceurs qui paient des pubs dans ces médias au public très ciblé ne veulent généralement pas de polémique sur leur gagne pain, et encore moins quand la polémique les vise directement. Il y aura donc rarement d’articles dérangeants dans ce type de presse.

Heureusement, toutefois, qu’il existe encore quelques médias indépendants, financés uniquement par ceux qui les achètent, et j’ai envie de citer La Brique, Fakir, la Décroissance, le Monde Diplomatique (et dans un autre registre, qui doit exister, Minute et la presse catholique ou de droite)… Certains autres, notamment des magazines, tentent de garder un minimum d’indépendance, eux aussi, mais toujours avec de petits moyens. Et puis, il a tous les webzines alternatifs, les blogs et autres forums, et réseaux sociaux, où finalement beaucoup d’informations circulent.

Offensive sur la toile

300x200-ctComme les médias ne disent plus rien, c’est sur Internet que les gens se renseignent désormais le plus. Et c’est là que la justice tape de plus en plus, même quand, là encore, il n’y a pas d’infraction.

Les dernières lois censées viser le « terrorisme » vont en fait attaquer la liberté d’expression de tout le monde: tout écrit jugé néfaste à l’intéret général tel que défini par la clique au pouvoir sera passible de censure, et l’auteur risquera des sanctions allant jusqu’à la prison. Et comme d’habitude, on s’arrange pour donner au « terrorisme » une définition suffisamment floue pour que toute opposition puisse rentrer dans le cadre.

Aujourd’hui, puisque c’est sur le net que passe l’information, ce sont les blogueurs qui sont attaqués. Même si je ne partage pas ses idées, je suis outrée que Le Libre Penseur soit poursuivi par Pierre Bergé pour avoir fait écho à un article du magazine VSD qui évoquait des partouzes pédophiles dans sa villa au Maroc.

Aujourd’hui, les avocats de certains hommes politiques n’hésitent pas à envoyer des pages de plaidoirie à tout blogueur qui osera dire que ledit politique est pédophile, et cela malgré une pile impressionnante de dossiers -tous étouffés bien-sûr- à propos des agissements de ce politique. Vous ne lirez donc rien à ce sujet sur la toile, sauf avec des blogs pirates créées en utilisant des moyens de cryptage, afin que l’auteur ne finisse pas en taule.

Deux mois avant les attentats de janvier, le gouvernement Valls a fait passer des « lois sur le terrorisme », qui permettaient de censurer directement des sites web sans passer par l’autorisation d’un juge. On a aussi augmenté les peines contre tous ceux qui se montrent favorables au « terrorisme ».

Avec la loi sur le renseignement  il y aura une surveillance généralisée de tout ce qui est fait et circule sur le web. Toutes les données de connexion des internautes qu’on jugera trop subversifs seront analysées, sans aucun contrôle. Tout cela, au nom de la « prévention du terrorisme ». Mais, tout le monde sera pisté dès lors qu’il utilisera le web classique. Sur le deep web, l’anonymat reste garanti, et c’est d’ailleurs par ce canal que les vrais terroristes et les vrais pédocriminels échangent.

arton4880-04a8bEnfin, on parle bien de « prévention », c’est-à-dire qu’il n’y a même plus besoin d’être sur le point de commettre un attentat pour être pisté de près et censuré, il suffit qu’on estime que vous êtes favorable aux idées de certains « terroristes ». Aujourd’hui, tout le monde pense que terroriste = islamiste, mais vous allez voir que la définition est appelée à s’élargir de manière plus que conséquente.

En fait, les renseignements cas:

> La sécurité nationale

> Les intérêts essentiels de la politique étrangère et l’exécution des engagements européens et internationaux de la France

> Les intérêts économiques et scientifiques essentiels de la France

> La prévention du terrorisme

> La prévention de la reconstitution ou du maintien de groupement dissous

> La prévention de la criminalité et de la délinquance organisée

> La prévention des violences collectives de nature à porter gravement atteinte à la paix publique

Je parie que dans 5 ans, le cadre de ce flicage de masse aura encore été élargi, toujours au nom du terrorisme. Mais il est vrai que la peur est le meilleur moyen de manipuler les masses, surtout quand des médias aux ordres répercutent n’importe quelle info bidon pourvu qu’elle soit officielle.

 

Offensive contre la liberté de penser

46826107Petit à petit, on est aussi en train d’élargir le délit d’opinion.

Je sais que peu savent encore ce qu’est l’affaire de Tarnac, mais que vous soyez de droite ou de gauche, je pense qu’il faut comprendre qu’au final, c’est la liberté d’expression qui est en cause. A l’époque on venait d’entrer en sarkoland, et la semaine de l’élection, au cours de laquelle des émeutes ont eu lieu dans de nombreuses villes de france, on a vu apparaître le terme « anarcho autonomes » dans Le Figaro, le journal pro sarkoléon [5]. Diantre, me suis-je dit alors: on va nous refaire le coup du terrorisme de gauche, genre les coups foireux des réseaux stay-behind auxquels plus aucun historien sérieux ne croit aujourd’hui?

Il n’a pas fallu attendre longtemps pour y arriver. Fin 2008, une série d’arrestations a lieu à Tarnac, où des « autonomes » vivaient donc « en autonomie ». Ils n’avaient même pas de téléphones portables, ce qui était hautement suspect, par contre ils lisaient des livres subversifs, comme « L’Insurrection qui vient », pourtant étudié dans des universités européennes.

On leur reprochait d’avoir commis une dégradation sur une ligne de chemin de fer, acte requalifié pour la circonstance en « terrorisme ».

On a traités d’ « anarcho-autonomes« , donc, mais aussi d’ « ultra-gauche » avec une « connotation sectaire » ou de « milieu radical » ces jeunes que les voisins trouvaient pourtant « très gentils et polis« , et qui avaient repris l’épicerie du village.

Puis, au fil des mois, certains sont ressortis de prison, mais à travers la France des dizaines de personnes ont été entendues et perquisitionnées, avec saisie de l’ordinateur et du téléphone portable. Probablement histoire de faire une cartographie des jeunes alternatifs, ceux qui sont vraiment contre ce système mais s’y opposent avec des valeurs de solidarité et d’inventivité, et qui, souvent, ont fait leurs armes dans des manifestations contre les mesures ultra libérales de la France, de l’Europe, de l’OMC…

46826313Bref, revenons à Tarnac. Le jour des arrestations, sarkoléon avait tenu à « saluer l’efficacité et la mobilisation des forces de police et de gendarmerie dans cette enquête« . La presse rapportait que la Sous-Direction Anti-Terroriste (SDAT) « s’interroge sur « d’éventuels liens avec l’ultra-gauche allemande qui a déjà revendiqué des actions contre des trains transportant des déchets nucléaires« . Mdr.

Or, il se trouve que l’enquête des policiers a été mise en cause très rapidement. Je ne rentre pas dans les détails, mais dès 2009 un tas d’irrégularités ont été mises à jour dans l’enquête qui a mené à la désignation du Julien Coupat et quelques autres comme ayant organisé l’ « attentat » (à savoir la mise d’un bloc de granit sur le caténaire d’un TGV, de manière à le bloquer).

Aujourd’hui, la juge d’instruction vient d’enlever cette accusation de terrorisme (car 7 ans après, huit personnes sont renvoyées au tribunal correctionnel, et Julien Coupat a passé plusieurs mois en prison), mais le procureur a fait appel pour qu’on la remette.

En effet, Le Monde nous expliquait que dans l’affaire dite « de Tarnac », « Le ministère public estimait, en se fondant sur l’article 421-1 du code pénal, que « les atteintes aux biens » peuvent constituer des actes de terrorisme pour peu qu’elles aient « pour but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur » ».

Dans son dossier, il n’y a plus rien qui tient, à part sa pièce maîtresse: le livre « L’Insurrection qui vient », qu’on reproche à Coupat d’avoir écrit, ce qu’il a toujours nié. Et quand bien-même: on a encore le droit de penser et d’écrire ses opinions dans ce pays, même si on parle d’insurrection. En outre, le livre en lui-même n’a jamais été poursuivi par la justice.

Cette affaire qui a démarré sous sarkoléon continue bien que flamby et le PS soient au pouvoir depuis 2012. Certes, il serait compliqué de stopper l’affaire, de s’excuser et de renvoyer sarkoléon au tribunal pour avoir instrumentalisé la justice. Et puis, cela arrange tout le monde de mettre un étau autour des mouvements alternatifs, les seuls à être vraiment subversifs aujourd’hui.

Screenshot - 16_08_2015 , 23_23_55Depuis Tarnac, on a bien relancé la peur du terrorisme islamiste, donc on tape moins sur la gauche et les alternatifs. Mais, l’épée de Damoclès est là. Si l’atteinte à la propriété devient du terrorisme quand ça chante le pouvoir en place, n’importe quel accident de voiture pourra prendre des proportions de dingue.

Et puis après, ce sera quoi? Critiquer le système capitaliste deviendra-t-il du terrorisme? Ce n’est pas impossible et on pourra vite nous dire que s’en prendre à l’intérêt économique de la nation est du terrorisme.

Avec la loi sur le renseignement et les pleins pouvoirs donnés aux barbouzes, plus personne qui ose contester l’ordre établi ne sera à l’abri d’une opération à son encontre similaire à celle de Tarnac.

Car dans cette affaire, l’enquête de police a été tellement bidonnée qu’on n’est absolument pas sur que les huit accusés aient commis quoi que ce soit, ni même qu »ils aient été sur les lieux des faits.

Il est clair qu’on n’a plus la liberté d’opinion et d’expression en France, d’ialleurs historiquement je crois que cela n’a jamais été le cas. En tout cas, aujourd’hui on cumule autour de 400 lois destinées à restreindre les libertés d’opinion et d’expression.

Comment les médias, dans un tel contexte, peuvent-ils encore être les garants d’une société démocratique, comment peuvent-ils remplir leur rôle de « contre pouvoir »?

 ————————

On le voit, glissement après glissement, les libertés se réduisent comme peau de chagrin, et la liberté d’expression est en première ligne. Pourquoi un tel besoin de censure, digne de l’Inquisition? Mais parce que les idées non contrôlées font peur, et en premier lieu les idées qui attaquent directement le système.

En fait, nous sommes toujours plus soumis à la pensée unique, la pensée orthodoxe, la Doxa. On est dans une oligarchie, une ploutocratie peut-être, mais certainement pas en démocratie, et nos élites ont peur. Les lois répressives, c’est une certitude, ne vont pas s’arrêter là: toute liberté est perçue comme une menace par la classe dirigeante [6].

[1] Un documentaire qui parlait de l’évasion fiscale opérée par des filiales du Crédit Mutuel, avec lequel Bolloré est partenaire en affaires. Bolloré a appelé le chef de Canal Plus pour demander la censure, qu’il a obtenue sans autre forme de procès.

[2] Parmi ces inventions, il a poursuivi  un journaliste non pas pour diffamation mais pour « harcèlement médiatique », et lui réclamer 400.000 euros au civil. Un moyen de détourner le droit de la presse qui est normalement interdit, mais que je subis depuis deux ans. Il y aussi poursuivre un journaliste pour « recel de violation du secret professionnel »: durant une enquête, 9 fois sur 10 on doit avoir des sources internes qui n’ont pas le droit parler et sont donc attaquables, et le journaliste avec s’il a utilisé la violation du secret professionnel pour mener son enquête. Les inventions en la matière pullulent et personne ne bouge.

[3] Je fais référence à un récent « dossier » sur « la terreur féministe » dans le magazine machiste Causeur. Magazine où un type mis en examen dans le cadre d’une affaire de marché public a osé traiter les gens venus soutenir les frères Delay à Rennes de « secte ». L’article de Causeur sur « la terreur féministe » est au niveau zéro du journalisme, mais dans la pure tradition éditorialiste française.

[4] On peut rappeler cette fois où l’AFP a déclaré que Martin Bouygues était décédé, quand elle a diffusé cette histoire du père qui laisse sa fille se noyer à Dubaï, oubliant de préciser que les faits datent d’il y a 20 ans, ou quand il a été dit que Kim Jong Il avait tué un officiel au canon anti aérien, le tout ayant repris en chœur par tous les médias, qui prennent toujours pour argent comptant ce que raconte l’AFP. D’ailleurs, 90% des infos répercutées dans les médias commerciaux proviennent directement de l’AFP, quand les dépêches ne sont pas retapées telles quelles. Tout simplement parce qu’il faut être le premier à donner l’info, et que les dépêches de l’AFP, pourtant dirigée par des proches du parti socialiste, sont considérées comme parole d’évangile.

Sur ce thème, je peux raconter une anecdote révélatrice: partie couvrir un incendie dans une usine, je reviens à la rédaction et le directeur m’appelle pour me dire que j’avais écrit n’importe quoi. En réalité, la « rédaction web », à 200 kilomètres de là, avait balancé une dépêche de l’agence, dont le reporter n’avait pas été sur place et la dépêché était remplie d’inexactitudes. Ceci, alors que ma rédaction avait bien un reporter sur place: moi. Mais on n’a même pas pris la peine de m’appeler ou d’attendre 30 minutes que j’envoie moi-même ce web. C’est ridicule, mais cela monte bien quelle est la priorité dans les rédactions.

[5] Comme par hasard, les « bastions » de ces « anarcho autonomes » étaient les facultés qui avaient manifesté le plus fortement contre le CPE, le « contrat premier emploi » de Villepin, qui était un contrat au rabais pour les jeunes de moins de 25 ans. Personne dans ces manifestations n’a jamais parlé de commettre des actes terroristes, mais apparemment il fallait faire peur, et ces « groupes » ont été qualifiés de « très violents« .

[6] Je renvoie ceux qui auraient des doutes vers un sublime rapport pondu par la banque JP Morgan, dans lequel, à l’aune de la crise économique, politique et sociale que connaît la zone euro, on s’inquiétait que les citoyens avaient encore le droit de voter, et que leur poids était bien supérieur, électoralement, aux 2 ou 3% de la classe dominante. Au nom de l’euro et des principes ultra libéraux, il convenait de redresser les choix politiques alternatifs de certains pays du sud de l’Europe. Ils ont été entendus: l’Espagne est en train de faire passer des lois dignes de Franco en matière de libertés publiques.

source: http://dondevamos.canalblog.com/archives/2015/08/17/31669231.html

Lu aussi sur:

https://launedekeg.wordpress.com/2015/08/19/keg-ce-19082015-je-prends-la-liberte-de-vous-dire-que-le-pouvoir-corrompu-corrompt/

http://reseauinternational.net/des-idees-saines-dans-des-cerveaux-disponibles-ou-la-dictature-insidieuse/

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la-mort-est-une-dette

par Michel Santi 

Ce fut une erreur lourde de conséquences que d’exiger de la République de Weimar le remboursement de ses dettes, au moment où l’Allemagne était précipitée dans un premier temps dans l’hyperinflation puis dans la dépression, vers la fin des années 1920 et le début des années 1930. Les dirigeants allemands de l’époque plaidèrent leur cause désespérée auprès des américains, qui leur consentirent certes un moratoire dans le règlement de leur dette. Trop tardivement car le chômage allemand massif, l’effondrement du système bancaire en 1931 et la fermeture des banques (comme en Grèce) aboutirent logiquement à Janvier 1933.

Ce fut également une erreur lourde de conséquences que d’exiger le paiement intégral de la dette russe en 1992, alors que Yeltsin devait tant bien que mal gérer les décombres d’une économie soviétique en ruine. Instabilité politique, fragilisation économique extrême, corruption et, en finalité, perte de confiance en cette démocratie russe naissante furent en effet les effets collatéraux prévisibles de l’intransigeance occidentale. La déroute de Weimar, l’instabilité politico-économique russe des années 1990 et même actuelle, tout comme la flambée nationaliste allemande des années 1930 et russe de ces vingt dernières années sont la résultante d’un principe absurde selon lequel la dette doit être intégralement remboursée.

Lire l’article: http://www.michelsanti.fr/la-mort-par-la-dette/

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