Archives de mai, 2016

Les invités d’Arnaud Ardoin

Emmanuel Fansten, journaliste à Libération, auteur de l’enquête – Dominique Perben, ancien Garde des sceaux et aujourd’hui avocat – Gilbert Collard, avocat, député RBM-FN du Gard et Secrétaire Général du Rassemblement Bleu Marine, auteur du livre  » Les dérives judiciaires : et si ça vous arrivait ?  » Paru aux Editions Eyrolles  – Marc Fievet, aviseur de la douane française, inscrit sous le matricule  » NS 55 DNRED « , auteur des livres  » Infiltré au coeur de la mafia  » paru aux Editions Hugo Doc, et  » Gibraltar « , paru aux Editions Michel Lafon.

Source : FRANCE (Drogue): quand la police devient dealer

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Le Blog de Philippe Waechter

Il faudra attendre le 6 juin et le prochain discours de Janet Yellen pour y voir plus clair sur la politique monétaire de la Fed. L’intervention de Yellen à Harvard était très attendue. Depuis une dizaine de jours la possibilité d’une remontée des taux de la Fed s’est accrue. C’est après la publication des minutes de la réunion d’avril du comité de politique monétaire de la Fed mais aussi dans les propos d’Eric Rosengren (patron de la Fed de Boston) et ceux de Will Dudley (patron de la Fed de New York) que l’opinion a changé. La banque centrale pourrait relever ses taux en juin ou plus probablement en juillet (la réunion de juin est une semaine avant le référendum sur le Brexit). L’intervention de Yellen était attendue pour confirmer ou infirmer ces anticipations. Elle n’a pas pris position. Il s’agissait de la remise d’un prix à la présidente de…

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http://www.les-crises.fr/revue-de-presse-internationale-du-29052016/

Maxime Tandonnet - Mon blog personnel

imagesLa décomposition de la politique française s’accélère à un rythme vertigineux. Il n’en reste quasiment rien: droite et gauche ne sont que des postures prétentieuses et ridicules, les projets collectifs ont volé en éclat, les partis ont explosé, les mots Etat, autorité, démocratie, gouvernement ne veulent strictement plus rien dire. Le dernier trait d’union, point commun au phénomène qui porte toujours l’appellation de « politique »: une tendance obsessionnelle à prendre les Français pour des cons. Comment peut-on penser à sa « place dans l’histoire » pendant que la société et l’économie française sombrent dans le chaos? Les ministres tiennent des propos contradictoires: leurs dernières déclarations à l’emporte-pièce ne méritent même pas d’être relevées tant elles sont absurdes et grotesques. Lepénistes et gauchistes soutiennent et encouragent  d’un même élan la chienlit et la destruction  de l’économie française. Le Parlement est inexistant, annihilé. La violence se répand partout. L’opposition se ridiculise avec ses primaires qui focalisent l’attention sur des images narcissiques au détriment du fond. La mégalomanie envahit l’espace…

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Le Blog de Philippe Waechter

Dans l’évolution des inscrits à Pôle Emploi, le graphe que je privilégie est celui des inscrits des catégories A, B et C. Il traduit tout le spectre des comportements des gens qui sont au chômage et qui se débrouillent avec des petits jobs pour s’en sortir (catégories B et C).
Il y a depuis deux mois une réelle inflexion.
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La hausse des sorties par défaut d’actualisation (les inscrits ne sont pas venus actualiser leur profil. Ce ne sont pas des radiations comme on a pu le lire parfois) est fort. Cela peut expliquer une partie du mouvement constaté sur le graphe. Ce qu’explique la Dares est que cela peut correspondre à des reprises d’emplois, les inscrits ne venant pas actualiser leurs données.

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Aviseur International

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Pour regarder l’émission: http://www.lcp.fr/emissions/ca-vous-regarde

Durant ce mois de mai, la justice a affaire à deux histoires de grands flics qui flirtent avec la légalité, deux histoires d’indics, deux histoires qui posent question du lien trouble entre policiers et voyous.

Michel Neyret, icône déchue de la PJ lyonnaise dont il fut le numéro 2, comparaît depuis le lundi 2 mai au tribunal correctionnel de Paris pour s’expliquer sur les relations incestueuses qu’il a entretenues avec ses informateurs.

Un autre grand flic l’ancien patron de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis) François Thierry est soupçonné d’avoir laissé entrer en France plusieurs dizaines de tonnes de cannabis ces dernières années, d’après une enquête publiée Dans l’édition du lundi 23 mai par le quotidien Libération. En cause, la proximité de François Thierry avec le trafiquant de drogue Sofiane H., un des  » indics  » de l’Office.
Entre…

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Le Maroc, ses plages, son despote…

A Rabat, une femme brandit un portrait de Mohammed VI lors d’une manifestation contre le régime, le 20 février 2011, au début du printemps arabe.
Pas facile d’enquêter sur le régime de Mohammed VI. Obstruction, expulsion, intimidations… le réalisateur Jean-Louis Pérez en a fait l’expérience à l’occasion de son film “Roi du Maroc, le règne secret”, à voir sur France 3.

C’est un film maudit. De ceux qui, au con­fluent d’intérêts géopolitiques névralgiques, combinent toutes les chausse-trapes pour ne jamais voir le jour. Il dresse un portrait sans concession de notre ami Mohammed VI, explore les coulisses de son pouvoir, éclaire les dessous de sa puissance financière. Si le film existe, c’est grâce à la ténacité de son producteur, Premières Lignes, à qui l’on doit notamment Cash investigation, sur France 2, et de son réalisateur, Jean-Louis Pérez, qui ont tenu bon malgré un tournage semé d’embûches et de tentatives de déstabilisation. Petite chronique de la fabrication chahutée d’un documentaire sur un sujet jamais traité à ce jour par la télévision.

La première « péripétie » survient très vite, trois jours seulement après le début du filmage au Maroc, en février 2015. « On m’avait dit « fais gaffe ». J’avais beau trouver ceux qui me mettaient en garde un poil parano, je les ai écoutés. J’ai pu sauver mes rushes », se souvient Pérez. Alors que lui et son cameraman Pierre Chautard — qui travaillent pour l’agence Premières Lignes — sont à Rabat, dans les locaux de l’Association marocaine des droits de l’homme, pour une interview, ils sont vigoureusement interpellés par une trentaine de policiers pour défaut d’autorisation officielle. « On l’avait demandée, mais on ne l’obtenait pas. Alors on est parti avec un visa de tourisme. » Leur matériel est saisi, ils sont expulsés. « Heureusement, j’avais anticipé le risque d’une arrestation et j’avais calé les interviews les plus importantes au début du tournage. Cela a sauvé le film, mais j’étais inquiet, car ils avaient mis la main sur mon téléphone portable et avaient accès à mes contacts sur place. »

Rebondissements et complications

De retour à Paris, le plus gros reste à faire. « Le tournage au Maroc était le premier coup de caméra du film. Mais, pour nourrir ce 64 minutes, il me fallait rencontrer les journalistes exilés aux Etats-Unis, en Espagne et en France. J’avais aussi en tête d’interroger Gilles Perrault, de revenir avec lui sur les pressions tentées par le régime de Hassan II pour torpiller la parution de son livre, en 1990 ; sur les menaces, déjà, de rompre les relations diplomatiques ; sur la pérennité des pratiques du Makhzen (l’appareil étatique marocain). Et je souhaitais faire parler politiques et hommes d’affaires français sur la nature singulière des relations entre nos deux pays. » Bref, il travaille. Jusqu’au coup de tonnerre du 27 août 2015, où deux journalistes français, Eric Laurent et Catherine Graciet, sont arrêtés à Paris pour tentative de chantage et d’extorsion de fonds à l’encontre de Mohammed VI. Coauteurs, en 2012, d’un livre très critique sur le roi du Maroc, ils auraient tenté de monnayer la non-publication par le Seuil d’un nouvel opus compromettant pour le Palais.

Une nouvelle complication pour Jean-Louis Pérez, puisque Graciet était consultante sur son film. « Je suis sonné. Avant cet épisode, elle est considérée comme une journaliste indépendante et rigoureuse. Son livre précédent sur le Maroc n’a pas été attaqué par le régime, pourtant friand des procédures. Elle n’a pas de casseroles. Elle m’ouvre son carnet d’adresses, me facilite l’accès à certaines personnes. » Du coup, avec Luc Hermann, le patron de Premières Lignes, ils décident de jouer la transparence, de la faire intervenir dans le film, à l’occasion d’une courte séquence où elle tente de s’expliquer. « Je redoute que cet incident vampirise le film. Cela va être la ligne d’attaque des Marocains pour le discréditer. Je le vois déjà sur Internet. Mais c’est mon film, elle n’était pas présente au tournage ni au montage, n’a pas écrit une ligne du commentaire, est loin d’être la seule source. C’était une enquête difficile. On se cogne un régime, tout de même ! Beaucoup de gens sont pleins d’attente de la diffusion. Certains sont contraints de vivre à l’étranger, leur voix est tellement écrasée. Ils ont un extrême sentiment de solitude à affirmer, depuis des années parfois, que Mohammed VI est un dictateur, à le vivre au quotidien. Je suis fier d’avoir mené ce film jusqu’au bout. »

http://www.les-crises.fr/quand-la-france-deportait-2-millions-d-algeriens/

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/05/23/impasse-politique-en-guinee-bissau-gangrenee-par-le-trafic-de-cocaine_4924473_3212.html

FRANCE (Stups): révélations sur un trafic d’Etat

Publié: 22 mai 2016 dans 1 - Revue de presse - Journaux télévisés - Videos, 36, 4 - REGALIENNES, Administration pénitentiaire, Cannabis, Cocaïne, DCRI, DGSI, DNRED, Douane, Gendarmerie, Héroïne, Informations générales, INTERPOL, Justice, Narcotrafic, OCRTIS, Police, Secret défense, Services de renseignement, TRACFIN
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Aviseur International

Par Emmanuel Fansten 22 mai 2016
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 Photo WITT.SIPA

Saisie record à Paris, le 17 octobre : 7,1 tonnes de cannabis sont saisies dans trois camionnettes boulevard Exelmans (XVIe arrondissement). Le lendemain, François Hollande se rend sur place, accueilli par Hélène Crocquevieille, la directrice générale de la Douane française en l’absence remarqué de Jean Paul Garcia, le « Boss » de la DNRED.

C’est un scandale qui risque de provoquer une déflagration au sommet de la police judiciaire. L’ancien patron de l’Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants (Ocrtis), François Thierry, est soupçonné d’avoir laissé entrer en France plusieurs dizaines de tonnes de…

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Aviseur International

Le crime organisé en France : puissance et impunité

fabrice-rizzoli-c-dans-l-air-france5-0Par Fabrice Rizzoli,

docteur en sciences politiques, président de Crim’HALT comme Alternative          

                     et

Thierry Colombié,

docteur en science économique à l’EHESS et spécialiste du crime organisé.

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Le « crime organisé en France » n’est pas un sujet d’étude : il n’existe pas de centre indépendant de recherche scientifique, ni de chaire universitaire. Il faut donc se baser sur la définition de la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée (dite Convention de Palerme, adoptée en 2000) qui définit le « groupe criminel » comme « un groupe structuré de trois personnes ou plus existant depuis un certain temps et agissant de concert dans le but de commettre une ou plusieurs infractions graves ou infractions établies conformément à la présente convention, pour en tirer, directement ou indirectement, un avantage financier ou un autre avantage matériel ». Cette définition reste assez vague, mais son objectif est avant tout…

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© Gali Tibbon, AFP Pool, AFP | D’après Arnaud Mimran, le premier ministre
Benyamin Netanyahou aurait reçu un million d’euros de financement de sa part.

Texte par Bahar MAKOOI

L’homme d’affaire franco-israélien, Arnaud Mimran, a affirmé avoir versé un million d’euros au Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou. Il comparaissait devant le tribunal correctionnel de Paris pour une escroquerie au marché du carbone.

La phrase bredouillée par Arnaud Mimran devant le tribunal correctionnel de Paris, jeudi 19 mai, a de quoi donner des sueurs froides au Premier ministre de l’État hébreu. Alors que l’homme d’affaires franco-israélien comparaissait dans une affaire d’escroquerie sur le marché des quotas à la taxe carbone, le prévenu a déclaré qu’il avait versé un million d’euros à Benjamin Netanyahou, ont rapporté des journalistes de Mediapart et Haaretz, présents durant le procès.

Tout est parti d’une remarque du président du tribunal correctionnel, prononcée dans le flot des audiences de ce procès fleuve – Mimran comparait aux côtés de 11 autres personnes et deux sociétés pour une arnaque à la taxe carbone d’un montant de plus d’un milliard d’euros entre 2008 et 2009.

« Je lui [Netanyahou] ai versé un million », a fini par lâcher l’homme d’affaire en hésitant sur les syllabes, raconte Michel Deléan de Mediapart. Auparavant, le magistrat avait dû insister, rappelant au prévenu que cet élément figurait dans son dossier et qu’il ne s’agissait donc pas seulement d’une rumeur dans la presse, comme l’avait suggéré l’avocat de Mimran.

Lire plus: http://www.france24.com/fr/20160520-arnaud-mimran-justice-million-euros-premier-ministre-israel-benyamin-netanyahou-co2

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Vacances en famille à Monacomimran neta

Le riche homme d’affaire et l’actuel Premier ministre israélien se fréquentent de longue date. Le site d’investigation avait obtenu, en mars, des photographies montrant Arnaud Mimran, attablé aux côtés de Benjamin Netanyahou, lors de vacances familiales à Monaco en 2003.

« D’après plusieurs témoignages concordants, la famille [Mimran] a aidé le parti Likoud et prêté au début des années 2000 son appartement de l’avenue Victor-Hugo [à Paris, dans le très chic 16e arrondissement] à Netanyahou », avait alors révélé le média français.

Mimran et la mafia « franco-israélienne »

Prévenu de premier plan dans l’affaire de l’escroquerie sur le marché des quotas à la taxe carbone, le financier n’intéresse pas seulement les juges du pôle national financier. Son nom revient dans plusieurs dossiers d’assassinats.

http://www.france24.com/fr/20160520-arnaud-mimran-justice-million-euros-premier-ministre-israel-benyamin-netanyahou-co2

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Chose rare: le procureur en chef du Parquet national financier (PNF) s’est exprimé devant la commission des finances du Sénat. L’occasion d’esquisser un bilan de son activité.

Eliane Houlette a dressé un bilan du parquet national financier devant les sénateurs. SipaEliane Houlette a dressé un bilan du parquet national financier devant les sénateurs. Sipa

Auditionnée par la commission des finances du Sénat ce 18 mai, dans le cadre de la politique de lutte contre l’évasion et fiscale internationale -et plus particulièrement sur les suites données aux désormais fameux Panama papers-, Eliane Houlette, le procureur en chef du Parquet national financier (PNF), en a profité pour esquisser un bilan de son activité.

Pour rappel, le PNF a été créé le 1er février 2014, en réaction au scandale Cahuzac, avec dans l’idée de créer un «super-parquet» à compétence nationale chargé des délits économiques et financiers complexes tels les délits boursiers et, selon leur niveau d’importance, les délits d’atteintes à la probité (corruption, trafic d’influence, prise illégale d’intérêts, pantouflage, favoritisme, détournement de fonds publics…), et de fraude fiscale lourde (escroquerie à la TVA, montages internationaux, blanchiment…). La création de ce nouveau parquet avait fait à l’époque bien des jaloux auprès des parquets locaux, priés de lui transférer tous leurs dossiers économiques les plus sensibles et donc souvent les plus intéressants et médiatiques (cela valant y compris pour le puissant procureur de Paris, François Molins) et de lui adresser toute affaire nouvelle. De plus, le microcosme judiciaire (du Conseil d’Etat à la Cour de Cassation, jusqu’à la Chancellerie, divisée) était assez peu convaincu de la nécessité réelle d’un PNF, alors que le procureur national n’est pas plus statutairement indépendant que les autres procureurs (nommé par le Garde des sceaux), et que ce Parquet se retrouve en «concurrence» soit avec l’Autorité des marchés financiers (AMF) pour les délits boursiers (qui ne peuvent plus, selon le Conseil constitutionnel, être jugés séparément par chacune des deux instances), soit avec les tribunaux régionaux pour les affaires de fraude fiscale ou de corruption.

Le Parquet débordé

Deux après, il est encore tôt, vue la lenteur de l’horloge judiciaire, pour tirer un bilan de l’action du PNF, mais Eliane Houlette a profité de son audition auprès de parlementaires pour défendre son institution et faire passer quelques messages. Ainsi, elle tient à faire savoir que son Parquet est pleinement opérationnel et même débordé. Rappelant que l’étude d’impact de 2013 préalable à la loi créant le PNF avait estimé sa capacité de traitement à environ 250 dossiers par an, avec au maximum 8 dossiers complexes par magistrat, elle souligne qu’il y a aujourd’hui en fait 353 procédures en cours (dont 155 pour fraude à l’impôt et 136 pour atteintes à la probité), traitées par ses 15 magistrats (ce qui aboutit plutôt à 23 dossiers par magistrat ). Pour autant, le procureur, qui a fait de la lutte contre la course de lenteur judiciaire une priorité, tient à démontrer sa réactivité. Ainsi, sur les Panama papers: «nous avons lu la révélation du scandale dans la presse le 3 avril, dès le 4 avril nous avons ouvert une enquête préliminaire et le 5 avril fait procéder à une perquisition à la Société générale, mise en cause. EurojustNews347Une cellule spéciale de 5 magistrats est sur le coup et, le 4 mai, nous avons eu une réunion aussi avec les services du fisc, qui devraient nous déléguer un agent spécialisé en étude de données informatiques pour décrypter les fichiers, mis en ligne depuis le 9 mai. Je me suis déplacée en Espagne pour discuter avec mon homologue d’actions communes et enfin, le 13 mai, j’ai saisi Eurojust, la structure judiciaire de l’union européenne pour demander à travailler dessus en commun.» Dans cette affaire comme dans d’autres (notamment les escroqueries à la TVA), le procureur se félicite de «l’excellente coopération» et de «la communication fluide» avec les services de l’administration fiscale et avec les douanes.

Pas assez d’enquêteurs

Cependant, Mme Houlette ne cache pas les difficultés qui aboutissent à un bilan (certes prématuré) encore mitigé. D’abord, elle s’est plainte, comme en chaque occasion qui lui en est donnée, du manque de moyens des services d’enquête spécialisés à qui elle confie les dossiers: «ils sont tous sous-dimensionnés, sous-équipés voire au bord de l’étouffement, confrontés à des affaires toujours plus complexes et chronophages, d’autant que, en face, les contrevenants, disposent de bataillons d’avocats très compétents, qui utilisent tous les moyens procéduraux possibles.» Ainsi, le nouvel Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF), créé en même temps que le PNF, ne dispose plus que de 83 agents contre 95 en 2014 alors que le nombre de dossiers confiés ne fait que croître. Pareil aux brigades financière et de répression de la délinquance économique, à la Préfecture de police de Paris (98 enquêteurs contre 119 en 2006).

La Suisse ne coopère pas

Ensuite, Eliane Houlette se heurte aux plus ou moins mauvaises volontés dans la coopération judiciaire internationale. Depuis qu’il est en action, le PNF a envoyé 118 demandes d’entraide pénale internationale (DEPI) dans une quarantaine de pays, pour des résultats très aléatoires. Certains paradis fiscaux coopèrent correctement comme les Bahamas ou le Luxembourg «sans pour autant avoir toujours les réponses sur le bénéficiaire final des montages», relève le procureur. Mais d’autres, comme la Russie, le Qatar, l’île Maurice restent fermés. Surtout, Eliane Houlette étrille la Suisse, qui se targue pourtant d’en avoir fini avec son secret bancaire séculaire, évoquant, sans plus de précisions, «un dossier d’une personne sensible donné directement par le directeur des finances publiques, où les demandes de coopération administrative comme judiciaire ont jusqu’ici échoué». S’agirait-il du cas de Serge Dassault, de Patrick Balkany ou de Jean-Marie Le Pen, tous trois sous enquête du PNF pour fraude fiscale et soupçonnés d’être passés notamment par des comptes en Suisse?

Tensions entre juridictions

Enfin, Eliane Houlette regrette à demi-mot que les tensions de prérogatives avec les parquets locaux restent vives, alors que le monde judiciaire est pourtant sinistré. «Trop souvent, les signalements de l’unité anti-blanchiment Tracfin, déposés auprès des parquets territoriaux, ne nous remontent pas alors que ce devrait être systématique», pointe-t-elle… s’étonnant aussi d’avoir appris par la presse que des perquisitions avaient été menées dernièrement auprès de membres de la richissime famille Mulliez (Auchan, Decathlon, Leroy-Merlin…) sur des soupçons de fraude fiscale!  «Je souhaiterais que tous les dossiers complexes de fraude fiscale, passant le plus souvent par l’étranger, nous soient confiés», réaffirme-t-elle fermement. Aujourd’hui, le flou n’est pas levé: sur l’affaire de la liste HSBC, le PNF n’a hérité que de moins de la moitié des dossiers et il n’a pas récupéré l’énorme dossier UBS, pourtant tout aussi emblématique d’un système de fraude fiscale industrielle.

Délais trop longs

En attendant, les dossiers arrivent encore trop lentement devant les tribunaux: il faut quatre ans pour les traiter, deux ans minimum pour les instruire, sans compter, après, les recours et appels. Ainsi, seuls trois dossiers HSBC (liste révélée par un ex-employé de la banque, Hervé Falciani en 2009!) traités par le PNF ont déjà été jugés, dont l’affaire de l’héritière Arlette Ricci. Dans deux cas (dont ce dernier), les prévenus ont fait appel, dans le troisième, c’est le Parquet, non suivi dans ses réquisitions, qui a jugé la peine trop douce.

Mais c’est dans la seconde partie de l’année 2016 que le Parquet financier va vraiment passer sous les feux de l’actualité, et à l’épreuve du tribunal: après d’ultimes reports sous forme de questions de constitutionnalité, les deux procès les plus emblématiques pour fraude fiscale que la France ait jamais connu, celui du marchand d’art Guy Wildenstein et celui de l’ancien ministre, Jérôme Cahuzac, se tiendront en septembre et en décembre prochain. Leurs verdicts face aux réquisitions sonneront comme une forme de premier jugement de la qualité et solidité des enquêtes menées par le PNF.

http://www.challenges.fr/challenges-soir/20160518.CHA9277/fraude-fiscale-delits-boursiers-le-parquet-national-financier-a-l-heure-du-bilan.html

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Dernièrement, une nouvelle affaire de corruption éclatait dans les médias français, mettant cette fois-ci en lumière des transactions illicites pour l’obtention du permis de conduire impliquant un certain nombre de célébrités. Loin d’être la première affaire du genre, ni la dernière, elle ne constitue pour autant qu’une infime partie du phénomène de corruption qui gangrène la société française à tous les niveaux, depuis les plus modestes officiers de l’État jusqu’à ses plus prestigieux serviteurs, qu’ils soient élus ou nommés aux plus hautes fonctions.

Toutes les affaires de corruption ne défraient pas la chronique de la même façon, et l’écrasante majorité n’est même jamais révélée au grand public. Pour autant, en se basant sur ce qui apparaît dans les procès, les confidences de certains industriels et même quelques indiscrétions de corrupteurs eux-même, des journalistes ont pu évaluer à 30 milliards d’euros par an le montant de la corruption en France. Une somme impressionnante mais qui ne serait en réalité qu’une estimation basse ne tenant pas compte des transactions les plus occultes impliquant de très hauts responsables industriels, syndicaux et politiques, et dont seule l’histoire se fera peut-être l’écho dans quelques années ou décennies.
Un baromètre de la vertu des nations

Chaque année, l’ONG allemande Transparency International publie son classement des pays les plus corrompus, s’appuyant notamment sur un indice établi à partir des avis du FMI, de diverses organisations en faveur du développement et d’observateurs institutionnels. On a coutume de croire que la corruption ne concerne que les pays en développement ou encore quelques dictatures dont le régime politique favorise une oligarchie au détriment de la population. Pourtant, la France n’est pas en reste et, en 2016, elle est classée 23e seulement sur la liste des pays les plus vertueux et les plus transparents de la planète, à égalité avec l’Estonie, le Chili et les Émirats Arabes Unis.
Une corruption qui prospère avec notre argent

Indépendamment du déséquilibre créé par la corruption, laquelle vise à court-circuiter les règles que la plupart des citoyens sont censés respecter, ce phénomène est également très coûteux pour la communauté. Et cette communauté, c’est vous et moi, en notre qualité de gentils contribuables qui nous voyons ponctionnés chaque jour un peu plus pour financer un système qui engraisse une infime clique d’individus sans scrupules. Car cette oligarchie qui n’en porte pas le nom (car ce serait nuire à l’image de notre beau pays) prospère sur ce qu’elle arrive à subtiliser de nos impôts et autres obligations sociales. Comme le dit Roger Lenglet, philosophe et journaliste d’investigation : “Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que l’argent des commissions illégales ne vient pas de la drogue, ce n’est pas non plus de l’argent virtuel ; ce sont des billets de banque récupérés sur les factures que les sociétés envoient aux administrés et aux collectivités. C’est de l’argent qui devrait pour partie rester dans notre porte-monnaie et pour une autre partie alimenter l’économie publique, sociale et solidaire. Prenons l’exemple d’une entreprise qui glisse une enveloppe à un élu pour qu’il l’aide à obtenir un marché public : la somme versée sera récupérée par l’entreprise sur la facturation aux usagers. C’est nous qui payons la note finale ! La corruption est, tout simplement, un moyen de blouser le citoyen.
On n’achète pas un député avec un sourire ou un stylo…

De la même façon, le lobbying n’emploie pas toujours des méthodes respectables pour influencer les décisions de nos élus, notamment auprès des parlementaires. Habituellement, les lobbyistes ont vocation à informer les acteurs institutionnels et politiques au sujet des implications que leurs décisions pourront avoir sur les intérêts privés de la société civile. Dit plus clairement, ils sont là pour défendre les intérêts d’industriels, de syndicats, d’associations ou même de groupes sociaux et religieux qui cherchent à orienter le débat public, voire l’adoption de certaines lois en fonction de leurs besoins ou de leurs attentes. Dans les faits, même si toutes ces organisations jurent leurs grands dieux qu’il serait hors de question d’employer des méthodes illicites pour peser sur le législateur et arriver à leurs fins, les lobbyistes des cabinets privés reconnaissent à demi-mot qu’ils n’obtiendraient pas de résultat s’ils ne dépassaient pas parfois une certaine “ligne jaune”. Du reste, dans un marché de l’influence ultra-concurrentiel, “leurs clients n’attendent pas qu’ils restent à tout prix dans le cadre de pratiques morales, mais qu’ils réussissent leur mission même quand les dossiers à défendre contredisent l’intérêt général“, indique Roger Lenglet. Et de poursuivre : “on n’achète pas un député avec un sourire ou un stylo, mais avec une belle enveloppe d’argent liquide, le financement d’un parti, l’embauche de proches ou la promesse d’embauche de l’élu à la fin de son mandat, un compte alimenté à l’étranger, etc.
La corruption locale : un fait banal

Enfin, si lobbying et corruption restent majoritairement associés aux multinationales, aux élus nationaux et aux responsables internationaux, c’est parce que les médias s’en font l’écho à grande échelle, occultant du même coup les très nombreuses affaires de corruption d’élus locaux qui paraissent alors anecdotiques. Pourtant, de l’avis-même des observateurs et même des corrupteurs qui l’avouent en confidence,  la corruption des maires par exemple est un fait banal, et c’est bien à cause de cette “petite” corruption du quotidien que notre pays se traîne, suivant les années, entre la 26e et la 22e place des pays les plus vertueux, incapable de se réformer en profondeur et de faire reculer les pratiques douteuses de ceux qui ont le pouvoir. “Les Français pensent toujours que la corruption n’existe que dans les pays pauvres“, ajoute Roger Lenglet, “mais aux yeux des pays nordiques, nous sommes dans une république bananière !

De la même façon, un autre exemple de cette corruption “coutumière” locale réside dans ce qu’on appelle les délégations de services, c’est-à-dire des accords par lesquels des collectivités délèguent certains services publics à des entreprises privées. Le cas le plus fréquent est celui de la distribution d’eau potable, et aujourd’hui, il semblerait que la majorité de ces délégations se déroule dans des conditions abusives sur fond de corruption individuelle au détriment des administrés. Pourquoi le secteur de l’eau en particulier ? Tout simplement parce que les multinationales de l’eau exploitent un filon commercial exceptionnel : ils signent des contrats de longue durée avec des administrations locales, exploitant sans vergogne une clientèle captive (nous !) qui n’a pas d’autre choix que de se plier à leurs conditions tarifaires, et surtout en utilisant des infrastructures (les réseaux de canalisations) dont ils laissent la coûteuse charge d’installation, de maintenance et de remplacement à la collectivité publique. Des accords particulièrement juteux dont ils ne veulent donc pour rien au monde se défaire. Et c’est pourquoi ils sont prêts à se montrer très généreux envers les élus pour éviter que la distribution d’eau repasse sous le régime de la régie publique.

D’ailleurs, l’une des causes du cumul des mandats réside très précisément dans ces nombreux avantages dont les élus bénéficient auprès d’entreprises ou de groupes de pression, et dont ils ont beaucoup de mal à se défaire à mesure qu’ils prennent de nouvelles responsabilités politiques…

Jean-François Faure

orargent

http://www.loretlargent.info/

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LIRE sur: http://www.les-crises.fr/revue-de-presse-internationale-du-22052016/

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