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SARKOZY – FIFAGATE

Les vérités de Sepp Blatter qui font très mal au bourreau des Libyens.

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BlatterAvec raison, a-t-il dit au journal «Welt am Sonntag», le président de la Fifa, profondément secouée par des affaires de corruption, n’est pas disposé à entreprendre de «voyages à risque» tant que «tout n’est pas clarifié». D’ailleurs, il ne dit que la vérité et n’a été inquiété par personne. Si dans ce dossier Fifagate il lui était vraiment reproché quelque chose, ce serait déjà sur la place publique.

Avec parcimonie, il livre les noms des vrais coupables. Lisez plutôt ce papier du journal Le Monde:

Alors qu’il a annoncé, le 2 juin, qu’il remettrait son mandat lors d’un congrès électif extraordinaire prévu entre décembre 2015 et mars 2016, le Suisse Joseph Blatter continue à se répandre dans la presse. Dans un entretien au journal allemand Welt am Sonntag, le président de la Fédération internationale de football accuse la France et l’Allemagne d’être intervenues politiquement avant le vote d’attribution, le 2 décembre 2010, des Mondiaux 2018 et 2022, respectivement à la Russie et au Qatar.

« Avant l’attribution des Mondiaux au Qatar et en Russie, il y a eu deux interventions politiques », insiste le patron de la FIFA, qui est actuellement ébranlé par la litanie d’affaires de corruption qui secouent l’institution. Le dirigeant de 79 ans charge ainsi nommément l’ancien président français Nicolas Sarkozy et Christian Wulff, son homologue allemand de l’époque. « Messieurs Sarkozy et Wulff ont essayé d’influencer le vote de leur représentant [le patron de l’UEFA, Michel Platini, et l’ex-icône allemande Franz Beckenbauer]. C’est pourquoi nous avons maintenant une Coupe du monde au Qatar » , avance l’Helvète.

« Regardez les entreprises allemandes ! »

En décembre 2012, lors du Doha Goals, forum mondial du sport organisé dans la capitale qatarie, Nicolas Sarkozy s’était publiquement félicité de la victoire du richissime émirat gazier à l’issue du processus d’attribution du Mondial 2022. Il avait ailleurs milité pour une « adaptation » du calendrier du tournoi planétaire, qui aura lieu de novembre à décembre 2022, en raisons des fortes chaleurs estivales au Qatar. « Ceux qui l’ont décidé [de confier l’organisation du Mondial au Qatar] doivent prendre leurs responsabilités pour cela », insiste le Suisse, qui dit avoir été contraint « d’accepter » le vote de quatorze des vingt-deux membres du Comité exécutif de la FIFA en faveur de l’émirat.

Selon « Sepp » Blatter, la Fédération allemande de football (DFB) aurait reçu la consigne de voter pour le Qatar en raison « d’intérêts économiques ». « Regardez les entreprises allemandes !, pointe le Suisse. Deutsch Bahn [la compagnie ferroviaire allemande], Hochtief [entreprise de BTP allemande] et beaucoup d’autres compagnies avaient des projets au Qatar bien avant que la Coupe du monde soit attribuée. »

Platini visé

En accusant Nicolas Sarkozy d’avoir influencé le vote en faveur du Qatar, le président de la FIFA charge surtout son ancien allié et conseiller Michel Platini, le président français de l’Union des associations européennes de football (UEFA), qui hésite à briguer sa succession lors du prochain congrès de la Fédération internationale. L’ex-numéro 10 des Bleus avait notamment prié Blatter de démissionner avant sa réélection pour un cinquième mandat, le 29 mai.

« Je ne dirai jamais qu’ils ont acheté le Mondial, c’était la poussée politique aussi bien en France qu’en Allemagne », avait déjà lancé, en mai 2014, le patron de la FIFA à la Radio-Télévision suisse. M. Blatter faisait ainsi allusion à un déjeuner organisé à l’Elysée le 23 novembre 2010, soit dix jours avant l’attribution du Mondial 2022 au richissime émirat, par Nicolas Sarkozy. Ce jour-là, l’émir du Qatar, Al-Thani, et son premier ministre, ainsi que Sébastien Bazin, représentant de Colony Capital, alors propriétaire du Paris-Saint-Germain, et Michel Platini étaient réunis autour de la table du président français.

Planifiée six mois avant le rachat du PSG par le fonds d’investissement qatari QSI (le président du PSG, Nasser Al-Khelaïfi, est un proche de Nicolas Sarkozy), cette réunion alimente depuis les suspicions de collusion d’intérêts. D’autant que Michel Platini a reconnu avoir voté en faveur du Qatar lors de l’attribution du Mondial 2022, le 2 décembre 2010, à Zurich. A posteriori, Blatter avait estimé que le choix de confier l’organisation du tournoi planétaire à l’émirat gazier avait été une « erreur ».

Le 3 juin 2014, le journal The Daily Telegraph, relatait que Michel Platini avait rencontré « en secret » le qatari Ben Hammam, l’ex-patron de la confédération asiatique de football et ancien vice-président de la Fédération internationale, accusé par le Sunday Times d’avoir versé plus de 5 millions de dollars (3,7 millions d’euros) de pots-de-vin à des membres de la FIFA. Le quotidien britannique faisait état d’un petit déjeuner pris en commun par les deux dirigeants en novembre 2010, quelques jours avant le vote d’attribution du Mondial 2022 au Qatar. Le patron de l’UEFA se trouvait directement visé, alors que son fils, Laurent, dirige en France Burrda Sports, l’équipementier sportif du Qatar.

« Je suis ici pour me battre »

Dans son entretien au Welt am Sonntag, Blatter assure qu’il n’a pas perdu sa combativité. « Je suis ici pour me battre. Pas pour moi, mais pour la FIFA. Tout le monde a peur, par exemple, de la mort, mais au regard de mon travail à la FIFA, je n’ai pas peur. J’ai peur qu’ils souhaitent briser la FIFA, un travail auquel j’ai contribué », glisse celui qui est, de fait, dans le collimateur de la justice américaine et des enquêteurs suisses, sans donner plus de précisions.

Alors qu’il a renoncé à assister à la finale du Mondial féminin au Canada, programmée dimanche 5 juillet entre les Etats-Unis et le Japon, le Valaisan explique qu’il n’entreprendra « aucun voyage à risque tant que tout n’est pas clarifié » sur le plan judiciaire. Craint-il d’être interpellé ? Le président de la FIFA a néanmoins indiqué qu’il serait présent à Saint-Pétersbourg, le 25 juillet, lors du tirage au sort des qualifications au Mondial 2018, organisé en Russie. Il compte notamment sur le soutien de Vladimir Poutine, l’un de ses plus fervents alliés.

  • Rémi Dupré
    Journaliste au Monde

Source : http://allainjules.com/2015/07/05/sarkozy-fifagate-les-verites-de-sepp-blatter-qui-font-tres-mal-au-bourreau-des-libyens/

 

Chuck Blazer, le 25 mai 2012 à Budapest.

Un ancien haut dirigeant de la FIFA admet avoir reçu des pots-de-vin pour les Mondiaux 1998 et 2010 18

Dans le procès-verbal de son audition par les enquêteurs américains rendu public mercredi, Chuck Blazer ne précise pas qui a versé ces pots-de-vin ni qui en était le destinataire.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/corruption-a-la-fifa/3.html#hdhd03d1gd29dCVB.99

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ITRI : Institut Tunisien des Relations Internationales

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Hillary Clinton, alors secrétaire d’État américaine, a été tenue informée de la situation en Libye en 2011 et 2012. Il en ressort que Nicolas Sarkozy a préparé et voulu cette guerre pour des raisons militaires et économiques, que la DGSE a activement participé sur le terrain à la création du gouvernement de transition et que BHL a joué les VRP de l’Élysée.

L’homme a finalement rejoint la fondation Clinton et, au moment de la révolution libyenne, il s’est associé avec quelques businessmen américains pour tenter de se tailler des marchés dans la Libye post-Kadhafi (nous avons déjà raconté cette histoire sur Mediapart). Sidney Blumenthal s’est donc mis à inonder son amie Hillary Clinton de mémos sur la situation en Libye à partir de février 2011, et il a continué jusqu’en décembre 2012.

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Ces mails, qui ont récemment été divulgués par la commission d’enquête du Sénat américain sur l’attentat de Benghazi…

Voir l’article original 2 696 mots de plus

Challenges.frSondage: et le vainqueur est… Jacques Chirac

Publié le 22-04-2015 à 11h53Mis à jour à 19h01
L’ex-président arrive en effet en tête des présidents les plus sympathiques, suivi de près par Lionel Jospin considéré comme le meilleur Premier ministre.

Sarkozy, Giscard, Chirac, Debré (Charles Platiau/AFP)Sarkozy, Giscard, Chirac, Debré (Charles Platiau/AFP)

Retiré de la vie politique active depuis 2007, Jacques Chirac n’en demeure pas moins particulièrement apprécié, ce que confirment les résultats d’un sondage Ifop/Paris Match évaluant la cote de popularité des dirigeants de la Ve République. L’ex-président arrive en effet en tête des présidents les plus sympathiques, suivi de près par Lionel Jospin considéré comme le meilleur Premier ministre. Le choix des Français se fonde majoritairement sur le refus de Jacques Chirac d’intervenir en Irak au côté des Américains, son opposition à toute alliance avec le Front National et sa proximité du monde paysan.

33% des personnes interrogées placent le « grand Jacques » en tête du palmarès des chefs de l’Etat les plus sympathiques, 12 points devant François Mitterrand (21%), Charles de Gaulle étant, pour sa part, relégué à la troisième place avec 17% des votes. Georges Pompidou et Valéry Giscard d’Estaing sont à égalité à 8%, devant Nicolas Sarkozy 7%. François Hollande, et ce n’est pas une surprise, ferme le ban avec 5%… Mais il est toujours en fonction.

Jospin devant Juppé

L’enquête se penche également sur les quatre Premiers ministres des deux mandats de Jacques Chirac et tend à révéler que les Français approuveraient la cohabitation : Lionel Jospin, nommé après la dissolution, arrive en tête devant Alain Juppé, Dominique de Villepin puis Jean-Pierre Raffarin.

Il ressort de ce sondage qu’Alain Juppé, pour 45% des personnes interrogées, représente « l’héritier de Jacques Chirac« , loin devant Nicolas Sarkozy qui ne recueille que 25% des voix.

Enquête menée par téléphone du 17 au 18 avril auprès de 1.011 personnes de 18 ans et plus représentant la population française de 18 ans et plus (méthode des quotas).

(Avec AFP)

source: http://www.challenges.fr/politique/20150422.CHA5178/et-le-vainqueur-est-jacques-chirac.html

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imagesVoici un sujet un sujet fondamental, au cœur de la maladie de la France, et que personne où presque ne perçoit ou n’admet.  Bien sûr il est commode, facile, vendeur de réduire les malheurs du présent à un visage, une personnalité unique: VGE, Mitterrand, Chirac, Sarkozy et pire que tout, Hollande aujourd’hui. Cependant, cette façon de raisonner est artificielle et fausse. Avec le recul, il est indéniable que depuis environ 40 ans (1975), les dirigeants français se heurtent au mur des réalités et ne parviennent pas à lutter contre les maux de la France qui ne cessent de s’amplifier, malgré de rares périodes de rémission: chômage, violence, communautarisme. Depuis 40 ans, les présidents de la République, bien différents les uns des autres, finissent tous dans une impopularité vertigineuse: VGE, Mitterrand, Chirac, Sarkozy, et bientôt Hollande. Il suffit de ne pas avoir la mémoire trop courte ou trop partiale. La France, contrairement aux autres grandes nations européennes, ne parvient plus à se gouverner. Pourquoi? Parce que ses institutions politiques, son appareil de gouvernement, est  vermoulu et sa Constitution brinquebalante. L’enjeu n’est pas de changer de République et de passer à la Sixième! Oh, non, voilà encore de la communication et des chimères. Bien au contraire, il est de revenir aux fondements de la Ve République, à sa lettre, avec un président qui préside et un Premier ministre qui gouverne, avec des ministres puissants, responsables, dignes de ce nom, adossé à une Assemblée nationale souveraine. Sous des angles différents, j’ai récemment traité cette question dans le Figaro Vox et Atlantico. Il est triste de voir que nous sommes là au coeur du malaise français, une France paralysée par l’impuissance de son pouvoir politique, mais que personne ne semble capable de voir ou vouloir comprendre… Puissent ces modestes contributions favoriser une prise de conscience!

Maxime TANDONNET
Le crash d’une République

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220px-Flickr_-_europeanpeoplesparty_-_EPP_Summit_October_2010_(105)L’antisarkozysme de la pire espèce est de retour.

Un bel esprit bien intentionné a lâché la rumeur selon laquelle Sarkozy aurait comparé Bayrou au « SIDA ». Le bruit a été lancé par un journal, il circule désormais partout sur les réseaux sociaux, Facebook, twitter, etc. Je connais un peu Sarkozy, et même assez bien, pour l’avoir vu fonctionner et entendu causer, abondamment, pendant 7 ans, de réunion en réunion, de voyage en voyage. Je certifie, je promets sur mon honneur que Sarkozy est viscéralement incapable de plaisanter sur un sujet comme le SIDA et de l’accoler à l’image d’un adversaire politique. Sarkozy peut blaguer sur beaucoup de choses, mais pas sur la maladie, la souffrance, la mort. C’est inconcevable pour qui l’a fréquenté. Je vous en donne ma parole d’honneur. Le procès qui lui est fait est tout simplement immonde. On a parfaitement le droit de critiquer son style, ses idées, sa politique, le principe de son retour. Mais il est scandaleux d’utiliser de tels procédés pour nuire à son image.

Maxime TANDONNET

source: https://maximetandonnet.wordpress.com/2015/04/08/une-attaque-bien-degueulasse/

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Sarkozy à NKM : « Tu commences à m’emmerder »
Nathalie Kosciusko-Morizet et Nicolas Sarkozy pendant un meeting en 2011
Crédit : AFP

Nathalie Kosciusko-Morizet et Nicolas Sarkozy pendant un meeting en 2011

Pour accepter le poste de vice-présidente de l’UMP, titre prestigieux qui ne lui donne toutefois pas la mainmise sur l’ensemble de la machine partisane, Nathalie Kosciusko-Morizet a demandé à Nicolas Sarkozy de lui assurer qu’elle jouirait d’une « totale liberté de parole ». À en croire le dialogue musclé rapporté par Le Canard Enchaîné, l’ancienne candidate à la mairie de Paris n’aura pas tardé à en faire usage.

Dans son édition à paraître mercredi 10 décembre, l’hebdomadaire satirique relate une conversation électrique entre le nouveau patron de l’UMP et sa numéro 2. La scène se passe au sortir des obsèques de l’ancien ministre centriste Jacques Barrot. Une cérémonie au cours de laquelle l’ancien chef de l’État aurait été irrité, selon Le Canard, par l’attention portée par la famille du défunt à Alain Juppé, son rival pour l’investiture UMP en vue de 2017.

NKM à Sarkozy : « Dans ce cas, je préfère m’en aller »

C’est donc un Nicolas Sarkozy passablement énervé qui ouvre la réunion en demandant quelle place accorder au cofondateur de la Droite forte Guillaume Peltier dans le nouvel organigramme de l’UMP. La réponse de NKM ne se fait pas attendre : « Mais, Nicolas, nous en avons discuté ensemble pendant 72 heures et nous avons passé un accord : Peltier ne fera pas partie du dispositif ».

Une fin de non-recevoir qui fait sortir Nicolas Sarkozy de ses gonds. « Tu commences à m’emmerder ! », lâche-t-il à son ancienne porte-parole, qui ne s’en laisse pas compter. « Dans ce cas, je préfère m’en aller ». Il faut l’intervention de Brice Hortefeux pour ramener le calme. Le président de l’UMP demande alors à NKM la raison de ses griefs envers Guillaume Peltier. La réponse est sans appel : « Je n’aime pas les fascistes ».

http://www.rtl.fr/actu/politique/sarkozy-a-nkm-tu-commences-a-m-emmerder-7775819744

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Marie-Josée Roig désignée comme accordant une faveur sexuelle à Sarkozy ? Le tribunal répond ce mardi

le 25 novembre 2014 à 07h00
Marie-Josée Roig et Nicolas Sarkozy, en mai 2007.

Justice

La justice juge ce mardi l’auteur et l’éditeur de la fable politique « Le Monarque, son fils, son fief », poursuivis en diffamation par l’ancienne maire d’Avignon, Marie-Josée Roig, qui estime qu’elle est identifiable comme étant celle qui dans le livre accorde au personnage inspiré par Nicolas Sarkozy une faveur sexuelle contre une subvention.

Les lecteurs pouvaient-ils sans nul doute penser que c’était bien Marie-Josée Roig qui accordait une faveur sexuelle au « monarque » Nicolas Sarkozy ? La justice se prononce ce mardi sur les poursuites en diffamation de l’ancienne maire UMP d’Avignon contre l’auteur et l’éditeur d’une « fable politique ». Au chapitre 7 de l’ouvrage « Le Monarque, son fils, son fief » (éditions du Moment), le personnage inspiré de Nicolas Sarkozy insiste: « Tu ne peux pas me laisser comme ça, tu vois bien que j’ai besoin de me détendre, allez c’est pas grand-chose ». Le personnage de l’élue, à la tête d’une ville de 150.000 habitants ceinte de remparts, s’exécute.

LIRE: http://lci.tf1.fr/france/justice/roig-designee-comme-accordant-une-faveur-sexuelle-a-sarkozy-8523545.html

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Les Balkany, les Thénardier de l’Afrique!

par morice
samedi 25 octobre 2014

Incroyable, c’est absolument incroyable et pitoyable à la fois. Ici-même ; d’aucuns sont venus défendre le couple Balkany, les deux Thénardier des Hauts-de-Seine, le jour-même où paraissait dans la presse le bilan sidérant de leurs dépenses annuelles. Voire journalières. Des sommes considérables, brassées à l’insu de beaucoup (et surtout du Fisc, qui n’en a pas beaucoup vu la couleur)…. telle ce faramineux rappel d’un demi million d’euros que le couple a été contraint de régler à sa propre ville (Levallois) pour avoir utilisé pendant dix ans des employés de la mairie. Si les deux incroyables ont acquitté depuis leur dette, ils refusent depuis d’en payer les intérêts accumulés… montés depuis à 232 000 euros… Alors qu’ils sont ostensiblement fortunés. Très fortunés… Je vous propose d’en étudier le volet Africain, seulement, de cette fortune, très bien décrite dans l’ensemble par d’autres (comme ici l’affaire Supo qui a tout démarré). Comme vous allez le voir, c’est déjà bien assez…

thenardier-7e23cLes Thénardier, à l’origine « de vils profiteurs », selon Victor Hugo, résumés ainsi par des lecteurs : « toujours dans les sales coups qui rapportent, le couple fréquente le banditisme parisien et les crapules en tout genre ». Sans aller jusque là, bien sûr, il convient cependant de relever ici certaines similitudes avec les personnages du grand écrivain du XIXeme, sans pour autant de trouver l’équivalent d’une Cosette chez les Balkany (à moins d’y voir leurs fameux employés de mairie devenus employés de maison pendant 10 ans, voire tout autre chose encore)… Car c’est à l’échelle d’un continent que ça se mesure désormais, chez eux…

Des profiteurs

Comment peut-on déclarer ne pas être asujetti à l’impôt sur la fortune en dépensant autant ? Comment l’épouse du Thenardier de Levallois a-t-elle pu recevoir des impôts 6 000 euros en 2012, en qualité de « personne isolée » alors qu’elle effectuait alors le tour du monde de ses villas avec son mari (de Giverny à Giverny à Marrakeche, allant jusque Saint-Martin) ? Par quel tour de passe-passe ou via quels soutiens ? Par quel tour de magie pouvaient-ils gagner 143 000 euros par an (12 000 euros par mois) et dépenser en même temps 195 733 euros pour les entretenir, ses villas, rien qu’en salaires à verser pour leurs -nouveaux- employés de maison ? Comment Patrick Balkany pouvait-il habiter dans un appartement qu’il avait lui-même vendu ? Toute leur histoire financière… Le Monde relève un débit de carte bleue de 360 000 euros en une seule année chez eux : d’où vient donc tout cet argent ? En fait, on en a une petite idée aujourd’hui, avec la découverte d’un homme providentiel ayant comme terrain de chasse industrielle… l’Afrique, territoire arpenté par Patrick Balkany depuis quelques années. On sait en effet aujourd’hui pourquoi il y avait mis tant d’ardeur, à sillonner ce continent…

Levallois en Afrique ?

Ces liens entre l’Afrique et le maire de Levallois sont parfois surprenants, à en étonner la Cour des Comptes : ainsi, « le 19 août 2008, sa commune signe avec la République du Tchad un contrat de 5,7 millions d’euros. Il s’agit de réhabiliter l’ambassade du Tchad en France et de l’accueillir entre-temps dans des locaux municipaux. Quand la Chambre régionale des comptes en est informée, elle dénonce cet arrangement dans un rapport : »Quoique lucrative, cette opération est critiquable car elle ne présente pas de liens avec le champ de compétences de la Ville de Levallois-Perret, qui est limité par l’intérêt communal. » Mais Patrick Balkany soigne alors son allure de Mr Afrique, et « d’envoyé du président »… alors qu’il se rêve en nouveau Jacques Foccard (le mauvais génie africain de DeGaulle), son influence demeure limitée, disent les observateurs… c’est peut-être aussi qu’il rêve à autre chose, remarquez ! Pour lui, car pour sa ville c’est autre chose : en 2008, c’était la ville la plus endettée de France, avec 4292 euros par habitant, selon le magazine Capital…

Une petite sauterie parisienne pour tisser les premiers liens

FRANCE-TOURISM-PARIS-GEORGE VC’est le journal Bakchich qui avait vendu la mèche en 2007, à l’avènement au pouvoir de Nicolas Sarkozy.. et ses encombrants amis, dont le couple Balkany. « Et le grand copain du président Nicolas s’active. Outre son rôle d’accompagnateur de la virée Sarkozyste fin juillet, Pat’ se pique de jouer le rôle d’éclaireur, notamment au Katanga, fort riche province de la République démocratique du Congo. Tout à son désir « d’aider l’Afrique », l’apprenti africaniste drague le maître officieux de la province : Georges Forrest. Ses sociétés d’extraction de minerai emploient plus de 9 500 personnes sur place. Et tant pis, si sur place, le bonhomme est soupçonné de participer au pillage des ressources, à du blanchiment d’argent, de s’être quelque peu essayé au trafic d’armes légères au début des années 2000 et a avoué avoir financé le parti du président Kabila Fils en 2006. A la fois consul honoraire de France à Lumumbashi, capitale du Katanga, et conseiller au commerce extérieur du gouvernement belge, Georges est incontournable au Congo. Aussi Balkany n’a-t-il pas manqué la petite sauterie organisée au Georges V, le 5 juillet dernier, par un tout nouveau journal « panafricain » lancé à Paris. Présent pour discours et petit four, le gouverneur du Katanga, quelques ministres congolais et l’ami Georges. À qui le bagout de l’ami Patrick a apparemment tant plu qu’il l’a invité, en septembre, à venir prendre la température au Katanga. Voilà des débuts prometteurs ». Un premier contact (le seul disent les mauvaises langues) qui lui rapportera gros, comme on va le voir…

De drôles d’amis, dont un qui lui veut du bien à 1%

Patrick Balkany, aujourd’hui, a toujours peu d’influence politique, en Afrique, malgré ses vantardises, mais c’est peut-être autre chose qu’il attendait du continent, ou ce à quoi il rêvait. On commence seulement à en avoir une petite idée, du rôle exact qu’à joué ce continent chez lui. Avec la somme de 3,9 millions d’ euros, surtout, tombée dans son escarcelle, venue directement de là-bas. Et non déclarée au fisc français… bien sûr. Une commission versée par le fameux industriel belge déjà cité, à la réputation sulfureuse, George Forrest (ici à droite), sforrest-fa8dfurnommé « le roi des mines katangaises », ou « le vice-roi du Kantaga », c’est selon… qui ne l’a pas payée en dollars (ça fait 5 millions pile) à Patrick Balkany en personne, mais l’a versée à Jean-Pierre Aubry, un proche (mis lui aussi en examen depuis) qui lui a transmis (on suppose en mains propres). En fait, elle a été versée sur le compte d’une société écran, Himola Company Corp, basée au Panama… Pour remercier ce bon Patrick de lui avoir conseillé d’acheter Forsys Metal Corporation (FMC, située en Namibie). Forrest avait en fait acheté la mine de FMC pour 500 millions de dollars, laissant royalement 1% à son « ami » Balkany, dont l’influence avait été faible selon l’industriel, lors des transactions. Mais cela faisait quand même 5 millions de dollars de versés dans sa poche ! Une pourboire à 5 patates ! 5 patates !forsyth

Balkany-Forrest, mêmes combats

Amusant alors de constater les similitudes entre les deux hommes : Forrest aussi a longtemps employé des ouvriers, au Congo ou au Katanga… payés une bouchée de pain. Sur Congo OnLine, un témoignage en révèle les turpitudes. « Parmi ceux qui avaient compris la méthode Mobutu et qui ont participés au pillage systématique du pays il y a l’entrepreneur « dit Belge » du Katanga. Pourquoi « dit Belge » ? Parce que ses vrais homologues belges et les journalistes économiques belges dont (Trends Tendances) ont pour lui une considération très retenue. Comment ce « petit entrepreneur » il y a une bonne dizaine d’années seulement, est arrivé à s’acheter des avions « Falcon » puis « Challenger », signes extérieurs de sa richesse ? Certainement pas par des investissements opportuns dans une économie porteuse. Le charroi industriel de Forrest est totalement obsolète et maintenu en survie par une maintenance caduque. Certainement pas par des capacités de gestionnaire industriel brillant. Sur ces activités purement industrielles de 1996 à 1998 la Belgolaise a dû avancer 6.000.000 USD pour boucher les trous. Comment, alors ? Tout simplement avec l’argent du peuple. Par la corruption des agents de la Gécamines, des Travaux Publics de la Régie des Voies Aériennes et de l’Administration fiscale ». L’ingénieur décrivant alors en détail un système de corruption généralisé au Katanga. « La liste est longue , très longue », concluait l’ingénieur dépité, Jean Cafiaux, dans son témoignage à charge. Qui ajoutait un côté Thénardier au fameux entrepreneur Forrest : « sur le Plan social, le personnel congolais de Forrest est maintenu en survie par « le sac de farine », quelques médicaments et 40 USD dont les 2/3 sont des frais de transport. A côté de cela il y a un peloton de secrétaires expatriées, non déclarées, à 3.000 USD/mois, pour assouvir les fantasmes de puissance des dirigeants masculins » (des Cosettes locales ?). « C’est dire si Forrest a le moindre soucis de justice sociale », ajoutait-il… un peu aigri, semble-t-il. Et encore il n’avait pas ajouté une autre part d’ombre au personnage : « épinglé en 2002 dans un rapport d’experts de l’ONU pour avoir alimenté la région des Grands Lacs en armes légères, Georges Forrest a été blanchi par le Sénat belge »… Ah tiens, en voilà un qui bénéficie aussi de relations politiques pratiques. Il était fait pour s’entendre avec Balkany !

Des amis (très) haut placés

vieux_amis-b7b31Des gens qui bénéficiaient de la mansuétude d’hommes politiques plus haut placés, ou de relations en très haut lieu. Alors qu’ Isabelle Balkany s’était fait décorer en France le 30 janvier 2008, (elle a été nommée chevalier de l’ordre national de la Légion d’honneur) sur proposition de Michèle Alliot-Marie, Forrest a été nommé Grand Officier de l’Ordre de la Couronne, en Belgique, le 15 avril 2014 par ordre du roi des Belges (Philippe). Fichtre ! Le 5 février 2013, pourtant, la FIDH – Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme ; RAID – Rights and Accountability in Development et ACIDH – Action Contre l’Impunité pour les Droits Humains avait accusé George Forrest de refuser d’indemniser environ 500 familles expulsées de force de leur domicile il y a trois ans.. de cela. Les maisons, appartenaient à des chercheurs de métal (des mineurs artisanaux ou « creuseurs » venus creuser alentour), et elles avaient été détruites : « plus de 500 habitations ont été détruites par des bulldozers appartenant à la CMSK et plusieurs personnes ont été blessées. L’Entreprise Générale Malta Forrest (EGMF), filiale du groupe belge George Forrest international (GFI), détenait 60 % de la joint-venture CMSK ». L’épisode avait été oublié depuis. Mais en Afrique le vent change souvent. Et depuis, Kabila a remplacé Mobutu et Forrest est tombé progressivement en disgrâce. C’est l’israélien gourmand Dan Gertler qui a raflé la mise, avec sa firme Nikanor. Gertler n’est en effet autre que « le fils de la plus puissante famille de diamantaires d’Israël ». Impossible de lutter, à ce stade, paraît-il… en août dernier c’est sa société qui trouvait un gisement de pétrole en RD du Congo. Une concession fort discutée depuis…

Un vieil ami… venu de Hongrie ?

Mais revenons aux amitiés d’antan, d’abord. Nicolas et Patrick sont en fait de vieux amis de galères communes : « Si on le lui demande gentiment, le maire peut aussi montrer le souvenir 1983 : pour ses 35 ans, Nicolas lui a offert, l’année où tous les deux ont conquis leur fauteuil de maire (l’un à Neuilly, l’autre à Levallois), un vide-poche en métal argenté, gravé d’une phrase : « du maire au maire, du Hongrois au Hongrois, de l’ami à l’ami ». Hongrois ? Sarkozy et Balkany sont tous les deux des fils d’immigrés juifs hongrois ayant fui le régime communiste de leur pays d’origine. Leurs pères, Pal et Giulya, sont très liés. L’amitié entre Sarko et Balka, qui a grandi à Neuilly avant d’être parachuté à Levallois par Charles Pasqua, ne date donc pas d’hier ! Pendant leur traversée du désert, tout au long de ces années marquées par la chronique judiciaire, les Balkany ont bénéficié du soutien inconditionnel de Nicolas Sarkozy. « On comptait les coups de fil sur les doigts d’une main, raconte Isabelle Balkany. Et il n’y avait qu’un seul doigt : c’était Nicolas » nous avait appris Bakchich. Ceci expliquant cela. Mais aujourd’hui, que les affaires de son vieil ami remontent à la surface… que penser de l’étroite liaison… entre les deux : Nicolas pouvait-il ignorer l’absence de déclaration au fisc de son ami ? L’ex-président ayant été aussi Ministre des Finances (du 31 mars 2004 au 29 novembre 2004) ? Pouvait-il l’ignorer, sachant aque Le député-maire de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) Patrick Balkany, qui avait été exclu du RPR en 1997, pour malversations financières, venait alors de rejoindre à nouveau le groupe UMP à l’Assemblée nationale, le jeudi 29 juillet de la même année… pour y être toujours aussi peu actif, en prime. Franchement, c’est impossible ! La veille du meeting parisien de 2012 de Nicolas Sarkozy, le couple Balkany avait loué une suite au Crillon… et pas n’importe laquelle : la plus chère, à 9500 euros, pour 245m2. Le président pouvait-il ignorer ce luxe ostentatoire ? Son meeting de Bordeaux, le mois précédent, était revenu à 7850 euros la minute… Ce n’est que l’année suivante que la brigade financière commencera à s’intéresser au train de vie du couple. Et les juges de s’intéresser aux dépenses de campagne du candidat Sarkozy.

Des pratiques douteuses encouragées par N.Sarkozy mais peu appréciées ailleurs

Mine de fer en Australie Fortescue Production in full swing in Green Pit doc DREnhardi par le lest de ces 5 millions de dollars tombés du ciel, voilà notre député qui se targue de faire signer des contrats miniers africains… à Levallois même : « les révélations de Forrest évoquent également la signature mouvementée en 2009 du contrat d’exploitation de la mine de Bakouma en Centrafrique, entre Areva et les autorités locales, dossier dans lequel les deux hommes, qui entretiennent à l’époque des relations privilégiés, ont joué le rôle de facilitateur pour le géant français. « J’ai reçu une invitation à déjeuner à la mairie de Levallois par M. Balkany (…) M. Balkany connaissait bien François Bozizé, c’est du moins ce qu’il disait. Il voulait savoir comment le dossier évoluait », explique l’industriel belge »… Voilà Balkany devenu entremetteur.. minier : « le député de Levallois-Perret qui se rend à Bangui en avril 2008, expliquera plus tard avoir fait « en sorte que les deux parties [Areva et le gouvernement centrafricain] puissent se rencontrer et parler ». Balkany joue alors de sa proximité avec Nicolas Sarkozy pour s’immiscer dans les affaires africaines, c’est flagrant, accompagné de son propre conseiller : « la présence de cet électron libre un peu sulfureux doté d’un carnet d’adresses fort utile aux entreprises françaises sur le continent agace les relais officiels de la France sur le continent, tel que Bruno Joubert, le « M. Afrique » de Nicolas Sarkozy entre 2007 et 2009. Forrest l’explique ainsi aux enquêteurs : « [Bruno Joubert] me disait catégoriquement qu’il ne fallait pas que M. Balkany se mêle de cette affaire [celle d’Areva]. On ne pouvait pas empêcher la présence de Renaud Guillot-Corail [conseiller de M. Balkany], M. Joubert était furieux. » En tout cas, huit jours après la signature du contrat de la mine de Bakouma, un des gisements d’uranium d’UraMin, convoité par Areva » le 14 septembre 2010, Patrick Balkany est fait commandeur dans l’ordre du mérite centrafricain par le président centrafricain. « C’est un grand ami du pays », dit François Bozizé, en le décorant ». Le conseiller personnel de Bozizé, Fabien Singaye est alors depuis des mois un habitué de l’hôtel de ville de Levallois. Or Singaye ; considéré comme une « barbouze » hutu est lié à la famille Habyarimana. Celle du président Juvénal Habyarimana décédé dans son Falcon 50 ( 9XR-NN) le 6 avril 1994, à l’origine du génocide des Tutsi au Rwanda en 1994… Singaye était aussi actionnaire de la radio des mille collines, qui avait mis le feu au pays. Singaye se retrouvera à traduire pour le juge Brugière, sous l’insistance de Paul Barril, qui travaillait pour les Rwandais, faussant toute l’enquête !!! Bref, Balkany faisait aussi dans les liaisons sulfureuses !

Le but du jeu ? L’argent bien sûr !

SNIM-86aebOn commence donc progressivement à s’apercevoir que les voyages en Afrique du député maire n’avaient que fort peu à voir avec le seul tourisme… « Car les voyages en Afrique de Balkany mêlent souvent intérêts publics et privés. En juin 2009, quelques jours avant l’élection présidentielle, il se rend par exemple à Nouakchott pour une raison inconnue à bord ‘un avion Challenger Bombardier 550. Avec lui : le lobbyste tunisien Lyès Ben Chédli (très actif au côté du président français dans la promotion de l’Union pour la Méditerranée) et des représentants du groupe indien Arcellor Mital, numéro un mondial de l’acier. Chédli avait conclu un mémorandum d’entente avec la Société nationale industrielle et minière (la SNIM), fleuron de l’industrie mauritanienne, en 2007… » Arrivé sur place, c’est Balkany qui avait pris les commandes de l’opération, à la grande surprise des diplomates : « mais, dans la capitale mauritanienne, Balkany rencontre en tête à tête et pendant plus d’une heure le général Mohamed Ould Abdel Aziz, arrivé au pouvoir un an plus tôt après un coup d’État. Et toujours en place. » Il y retourne deux ans plus tard, au même endroit. Dans les bagages de Balkany en 2009, toujours en Mauritanie, il ya un tout autre invité : un drôle de personnage, évoquant ce que Victor Hugo appelait de noms d’oiseaux ou liait à des escrocs. Un belgo-kazakh aux dents longues. Il s’agît de Pathok Chodiev, qui, en 2007 était alors devenu la seconde fortune de Belgique, alors intéressé par des mines en Mauritanie, jusqu’avant qu’on ne l’inculpe dans le pays de faux, blanchiment et association de malfaiteurs… « Chodiev était consultant du groupe énergétique Tractebel lorsque ce dernier s’est retrouvé au centre d’un scandale de corruption au Kazakhstan ». Il sera blanchi sur intervention d’un certain Nicolas Sarkozy auprès du gouvernement belge, et il est au centre d’une autre affaire de rétro-commissions vers l’ex président français dans l’achat d’hélicoptères… à condition que les industriels kazakhs soient libérés…ils le seront grâce à un amendement parlementaire belge vite torché… Politique et argent, déjà… chez le couple Balkany-Sarkozy !

En Afrique, l’exploitation continue, entre d’autres mains

Forrest out, Chodiev dans les choux, c’est l’israélien Gertler qui rafle la mise désormais. Ce n’est pas demain qu’il retombera 5 millions de dollars dans la poche de Patrick Balkany (qui risque gros à ne pas les avoir déclarés en France) : « Le groupe Fleurette de Dan Gertler détient Oil of DR Congo via Foxhelp et Caprikat, deux sociétés basées dans le paradis fiscal des Iles vierges britanniques. La manière dont ces sociétés ont obtenu les licences d’exploration reste encore obscure. L’homme d’affaires israélien n’a ni les moyens financiers ni l’expertise technique requise pour développer un projet d’une telle envergure. Et sa réputation pourrait lui compliquer la tâche dans sa quête de partenaires indispensables à la mise en valeur de ces réserves. En effet, proche du président Joseph Kabila, Dan Gertler est soupçonné par des ONG comme Global Witness et par le think-tank Africa Progress Panel de Kofi Annan, d’avoir obtenu à plusieurs reprises des gisements extractifs à prix cassé en raison de sa proximité avec le pouvoir à Kinshasa. Ce qui lui aurait permis de réaliser 1,3 milliard de dollars de plus-values indues. Des accusations fermement démenties par Fleurette qui évoque des « investissements de 7 milliards de dollars » dans l’économie congolaise ». Des plus values gagnées, avec versement de petites commissions : combien fait 1% de 1 milliard, je vous laisse faire le calcul ! Et il n’y a pas qu’au Congo, que ça s’est produit… hélas, à en désoler les partisans du génial René Dumont dont les écrits méritent encore plus aujourd’hui toute notre attention (lire le N°12 de l’excellente revue Shnock) !

Car politique et gros sous marchaient ensemble sous N.Sarkozy

D’autres pays africains se sont faits grugés, en effet : « fin août 2013, Le Monde rapportait comment le diamentaire franco-israélien Beny Steinmetz avait, sous Lansana Conté, acheté pour une bouchée de pain (165 millions de dollars), l’un des plus grands gisements de fer du monde, à Simandou, (en Guinée cette fois) avant d’en revendre peu après la moitié au brésilien Vale pour… 2,5 milliards de dollars ». Un contrat raflé au nez et à la barbe du concurrent, le géant Rio Tinto. Patrick Balkany avait devant lui un drôle de modèle comme représentant de commerce, en effet, en la personne de Nicolas Sarkozy : « alors que le milliardaire fait aujourd’hui l’objet d’une enquête du FBI pour corruption, Le Canard Enchaîné s’interroge sur ses réseaux français. Steinmetz est ainsi suffisamment proche de l’ancien président pour financer, tous frais payés, un séjour de Sarko en Israël ». Il entretient aussi des relations amicales avec Claude Goasguen, Valérie Hoeffenberg ou Jean-François Copé. Le palmipède rappelle aussi que Balkany est en affaire avec « le potentat Patokh Chodiev, associé de Steinmetz » et agace le président guinéen par un « activisme insistant » dans la région. » Car tout ces gros sous manipulés ont aussi une influence politique : « quinze jours plus tard, des documents de la CIA et de la DGSE fuitent dans le Canard, révélant l’existence d’un possible plan de déstabilisation d’Alpha Condé, visant à faire agir des mercenaires français et sudafricains à la faveur des troubles liés aux prochaines élections. »… Neimetz est aussi un diamantaire, visé par la justice suisse (où il réside) pour corruption dans l’affaire de l’attribution de la fameuse mine de Simandou… « Aujourd’hui, lâché par ses amis, Jean François Copé, Nicolas Sarkozy, le fulgurant Député maire de Levallois-Perret, Patrick Balkany…  » Des affaires ont est passé au coup d’Etat supposé. « Beny Steinmetz est paniqué et ne s’est plus à quel saint se vouer. » avait-on pu lire sur son cas dans la presse guinéenne… un cas pas encore deséspéré, rassurons ses supporters…

Simandou, une vraie mine… d’ennuis

mines_guinee-c7054L’histoire de Steinmetz et son groupe BSGR (pour Benny Steinmetz Group Resources) ,mêle en effet argent et pouvoir politique , sur fond de rivalités avec un autre entrepreneur, Georges Soros, qui fait lui aussi la pluie et le beau temps dans le monde entier, en étant en même temps le grand rival de Steinmetz. « Citant un numéro du journal Jeune Afrique datant d’octobre 2013, le Canard apprend que c’est son grand ami Bernard Kouchner qui a présenté à Alpha Condé le milliardaire et spéculateur américain Georges Soros. Intérêt ou philanthropie, le Canard, Canard note que Georges Soros met au service d’Alpha Condé plusieurs ONG qu’il finance. De même que le tout puissant cabinet d’avocats DLA Piper et l’ancien premier Ministre britannique, Tony Blair. Ces équipes à la disposition d’Alpha Condé vont  » découvrir moult turpitudes minières commises par les prédécesseurs d’Alpha Condé, dont celle de Simandou ». En résumé, l’équipe de Soros avait pris un malin plaisir à savonner la planche de Steinmetz, le favori du couple Sarko-Balkany… Voilà donc qui promettait de beaux rounds, entre un Soros soutenu par Bernard Kouchner et son grand rival par… Patrick Balkany. « De son côté, Beny Steinmetz qui a perdu ses alliés à la tête de l’Etat guinéen, a des soutiens au plus haut niveau en Israël et en France. En Israël, son réseau comprend entre autres l’ancien PM Ehoud Olmert (condamné dans son pays pour corruption !) et en France, de nombreux hommes de l’UMP, Jean François Copé, Claude Goasguen, Luc Chatel, Patrick Balkany et Nicolas Sarkozy. Une partie du voyage de ce dernier en Israël en mai 2013 avait été pris en charge par Beny Steinmetz »… dont la société est enregistrée à enregistrée à Guernesey… alors que Nicolas Sarkozy, rappelons-le, s’était engagé à lutter contre les « paradis fiscaux »… en 2011 ; il était remonté comme un coucou sur le sujet !

Sacrifié à la cause ?

Un autre français avait été pris dans la nasse dans l’affaire : Frédéric Cilins, qui venait alors de plaider coupable dans l’affaire de corruption internationale instruite par la Cour de New York (à gauche Alpha Condé avec le directeur de Rio Tinto). « Ce Français avait été arrêté le 24 avril 2013 à l’aéroport de Jacksonville (Floride) par le FBI alors qu’il tentait de « corrompre » Mamadie Touré, la veuve du général Lansana Conté (la quatrième épouse du défunt président guinéen, qui vivait depuis à Jacksonville) pour qu’elle détruise des documents compromettants pour la société BSGR. Simandou, le plus vaste gisement de fer non exploité de la planète ». Cilins, en bon fusible ou en pigeon assumé (voire sacrifié), héritera dans l’affaire de de deux ans de prison ferme, et d’une amende de 95 000 dollars. Les faits reprochés sont indéniables. L’agent du FBI Peter Kilpatrick, avait enregistré sa conversation avec Mamadie Touré… La mine comptait Ibrahima Sory Touré, le demi-frère de Mamadie Touré, comme vice-président de BSGR Guinée. Le FBI avait retrouvé chez lui 20 000 dollars, sortant tout droit de la Wells Fargo, banque sulfureuse elle aussi… L’affaire allait envahir urablement la vie politique française : « Quand le patron de l’UMP, Jean François Copé, lançait dans le Figaro, en mars (2013)) dernier : ‘‘Prisonnier peut-être des liens avec l’Internationale socialiste, François Hollande observe un silence coupable à l’égard du président Alpha Condé en Guinée, qui bafoue les règles démocratiques’’ (Sic), de nombreux observateurs ont pensé que le no1 de la principale force d’opposition française voulait passer par le président guinéen pour alimenter l’éternelle querelle entre la Droite et la Gauche françaises. Erreur ? Au fil du temps on se rend compte que la dent de Copé contre Alpha Condé peut être au-delà des considérations idéologiques. Copé se trouve être un des amis d’un ennemi de Alpha Condé. Vous vous souvenez de la formule mathématique ? ‘‘L’ennemi de ton ami… » écrivait avec jubilation « Guinée Vérité »… qui ne savait pas encore, à ce moment là, ce qu’était Bygmalion ! Qu’était allé faire JF Copé au forum Forbes Afrique, à Brazzaville, par exemple, en juillet 2013 ? En quoi consistait le « long et très discret tète-à-tête dans la nuit du 23 au 24″ entre Denis Sassou N’Guesso et Jean-François Copé », questionne DirectAfrique.com … qui de ce « curieux voyage au pays des Biens mal acquis du vieux dictateur sanguinaire et corrompu Denis Sassou N’Guesso ? » Wikileaks avait bien laissé quelques pistes sur la question en 2011 déjà… sur cette « tradition » française… si pérenne.

Sarkozy n’avait pas lâché le cas de Simandou

Défait en 2012, on s’attendait à ce que Sarkozy abandonne (enfin) ses espoirs africains. Il recevait pourtant, le 2 mars 2013 Ismael Bah, le président de « Guinée Codéveloppement » (mais aussi le « Président de l’Association des Amis Africains de Nicolas Sarkozy »), officiellement « pour évoquer le thème, de l’action de la diaspora »… et non pour évoquer le rôle de Frédéric Cilins, bien sûr… en avril, Bah annonçait d’emblée la couleur, en déclarant que « j’ai constaté, lors de mes différents entretiens que notre président Alpha Condé et son ami Bernard Kouchner, ne sont pas très populaires et notamment ici ; ils ne sont pas les bienvenus dans ce pays »… c’est clair, Bah avait clairement choisi le camp… Balkany-Steinmetz, contre le camp de Georges Soros-Kouchner. Comment en ce cas interpréter l’annonce du 30 cotobre 2012 sur le fait que « La banque d’investissement brésilienne BTG Pactual dont le patron est André Estève est sur le point de signer un contrat de consultation avec Nicolas Sarkozy, avec pour objectif de doter le consortium B&A de capacités susceptibles d’accroître l’intérêt des bailleurs de fonds pour les énormes gisements de fer du mont Simandou… » ??? Voilà qui n’était donc guère surprenant :  » En effet, selon ces sources, Sarkozy ayant participé la dernière conférence que BTG Pactual a organisée récemment à New York, serait attendu au Brésil cette semaine pour finaliser les détails relatifs à son contrat avec la banque d’investissement du Brésil. » Peu de gens en effet avaient remarqué le voyage pour faire une conférence (rémunérée !) devant la banque d’affaires brésilienne, décrite par le Financial Times comme la « Goldman Sachs des tropiques ». Les journalistes oubliant la Guinée au passage !!! Le journal l’Humanité évoquant un Sarkozy lorgnant vers le Mozambique, plutôt… Pactual ; « Une banque qui apprécie les paradis fiscaux et les coups tordus… » selon Rue 89.

L’Afrique vaut bien une mine, comme Paris avait valu un temps une messe

 » L’ironie est que Sarkozy (ici avec Alpha Condé !) – celui qui « empêchait Alpha Condé de dormir » – est devenu un lobbyiste pour BTG qui doit conseiller Alpha Condé dans les investissements d’infrastructure en Guinée » notait notre observateur attentif. Mais que ne ferait-il pas, en effet, pour garder un lien avec cette mine de fer comparable à une véritable mine d’or ? Une montagne de fer, le site de Simandou, dont la valeur baisse en flèche, aujourd’hui, avec l’effondrement des cours. Mais ce n’est pas la mine en elle-même qui semble intéresser l’ex président, mais bien les tractations autour de ses investisseurs, y compris les tous nouveaux : (les négociateurs touchant 2,5 /100 sur les différentes transactions). « Avocat d’affaires » il l’avait été jadis. Un rôle qu’il n’a jamais oublié, et que le cas de Simandou attire comme un aimant ; depuis la vente de la mine à Vale, c’est Rio Tinto, ce groupe minier multinational anglo-australien, mais dont la banque est américaine (la banque new-yorkaise JP Morgan) qui en effet est revenu à la charge et avait obtenu au final et sur le fil en 2012, l’exploitation, grâce à l’intercession du président Alpha Condé, qui a dénoncé la vente à BSGR-Vale (en empochant au passage 700 millions de dollars – 483 millions d’euros). La firme s’était associée pour cela au chinois, Chinalco. A peine annoncée, c’est le groupe suisse Glencore, très fort dans le domaine du zinc, du nickel et du cuivre, des valeurs en hausse, qui annonçait vouloir bientôt avaler Rio Tinto ! Alpha Condé cherchant depuis à revenir sur l’acccord passé, en faisant appel, justement, à BTG Pactual (et donc indirectement à Sarkozy !) ! Sacré retournement d’affaire en perspective ! Chassé par la porte de la Guinée par son nouveau président (qui avait été condamné à mort, rappelons-le par le dictateur Sékou Touré), voilà Sarkozy qui rentre à nouveau par la fenêtre… en espérant rafler quelques picaillons au passage. De quoi relire tout autrement l’infâme discours de Dakar…

Pour l’Afrique, le bilan est épouvantable

Au final, le bilan pour l’Afrique est terrible, avec ces ventes de concessions à des exploiteurs invétérés : « dans son « Rapport 2013″ consacré aux progrès de l’économie africaine, l’Africa Progress Panel examine cinq accords de cession dans les mines congolaises. Ces opérations, qui ont toutes transité par des sociétés offshore opaques, auraient fait perdre au pays deux fois le budget annuel pour la santé et l’éducation. Entre 2010 et 2012, la RD Congo a perdu au moins 1,36 milliard de dollars de recettes provenant de la sous-évaluation des actifs miniers vendus aux sociétés offshore », estime, dans un rapport paru aujourd’hui,l’Africa Progress Panel, un groupe de dix personnalités éminentes dont Kofi Annan, à l’occasion de la parution de l’édition 2013 du Rapport sur les progrès en Afrique. Cinq transactions impliquant notamment la Gécamines, une entreprise détenue par l’Etat congolais, et une ou plusieurs sociétés offshore ont été étudiées pour aboutir à ce chiffre ».

L’Afrique s’est donc appauvrie. Mal partie, avait dis jadis Dumont, on a continué à la piller. Patrick Balkany et sa femme ont fait l’inverse, entre temps… Avec sa femme Isabelle, les voici tous deux ressemblant fort à de nouveaux Thénardier, ayant fait de l’Afrique leur Cosette, des Thenardier dont il convient de relire le portrait à l’acide qu’en avait fait le grand Victor : »ces êtres appartenaient à cette classe bâtarde composée de gens grossiers parvenus et de gens intelligents déchus, qui est entre la classe dite moyenne et la classe dite inférieure, et qui combine quelques-uns des défauts de la seconde avec presque tous les vices de la première, sans avoir le généreux élan de l’ouvrier ni l’ordre honnête du bourgeois. C’étaient de ces natures naines qui, si quelque feu sombre les chauffe par hasard, deviennent facilement monstrueuses. Il y avait dans la femme le fond d’une brute et dans l’homme l’étoffe d’un gueux. Tous deux étaient au plus haut degré susceptibles de l’espèce de hideux progrès qui se fait dans le sens du mal. Il existe des âmes écrevisses reculant continuellement vers les ténèbres, rétrogradant dans la vie plutôt qu’elles n’y avancent, employant l’expérience à augmenter leur difformité, empirant sans cesse, et s’empreignant de plus en plus d’une noirceur croissante. Cet homme et cette femme étaient de ces âmes-là »… Je vous laisse méditer sur ce portrait… criant de vérité.

Sur George Forrest :

http://www.forbescustom.com/Section…

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source: http://mobile.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-balkany-les-thenardier-de-l-158402

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Larmes à gauche

Si Le Canard enchaîné et Mediapart n’existaient pas, il faudrait les inventer.

On sait ce que je pense du formidable apport, pour la démocratie, la vérité et la justice, du site créé par Edwy Plenel.

Toutes proportions gardées, je le considère comme beaucoup ont lu et admiré les romans de Balzac. Le talent et le génie de celui-ci étaient plus forts que le bric-à-brac fumeux dont il prétendait s’inspirer. Mediapart, pour l’enquête et l’investigation, réunit bien au-delà de l’idéologie de Plenel.

Si on peut regretter un point de vue parfois hémiplégique – par exemple, ce qui importe, ce ne sont jamais les blessures et les violences dont gendarmes et policiers sont victimes mais les seules atteintes causées à des manifestants forcément irréprochables ! -, reste que je n’ose imaginer ce que serait devenue notre République, toutes latitudes politiques confondues, sans l’action obstinée et efficace de ce journalisme qui n’a pour ambition que de laisser rapidement le judiciaire prendre sa relève.

Il est honteux de prétendre que Mediapart a été condamné pour fraude fiscale avec la connotation dégradante qui s’attache à cette qualification alors que personne n’ignore qu’il s’est agi d’un débat de principe ouvert et transparent sur l’application du même taux de TVA que celui de la presse aux sites d’information, conclu par une victoire de l’Etat. Une anticipation honorablement provocatrice. Rien d’indigne donc.

Longtemps, tout en lisant chaque mercredi Le Canard enchaîné, j’ai éprouvé comme une sensation d’insignifiance et d’impudeur, comme si l’on me permettait de regarder par le trou de la serrure des scènes sans réelle portée ni incidence.

Je ne le pense plus du tout aujourd’hui parce que si cet hebdomadaire demeure avec esprit l’espace privilégié pour les anecdotes et les saillies politiques, culturelles et médiatiques, il serait absurde de ne pas admettre que cette part qu’il assume et incarne avec une verve souvent sarcastique et pertinente est constitutive d’une appréhension plus vaste de l’univers et des personnalités publiques.

Il est clair que dorénavant les grandes idées ne sont pas exclusives des petits gestes et que les petites phrases ne jurent pas forcément avec les grands desseins. La personne privée et l’être politique, l’officiel des propos et l’officieux des confidences ne sont plus séparés par un gouffre et éclairent, à leur manière, le citoyen, le lecteur.

Aussi, il est étrangement voluptueux de lire que des ministres se laissent aller à déclarer, au sujet de l’affaire Jouyet : « C’est un coup supplémentaire porté au système hollandais…Tout ça a un côté Pieds Nickelés…On ne sait pas sur quoi ça peut déboucher…Il va rester de toute cette affaire un pouvoir un peu plus déstabilisé… », avec ce résumé cinglant par l’un d’eux : « Pour la plupart d’entre nous, Jouyet est un irresponsable, Hollande un rigolo, Sarkozy un truand, et les journalistes (du Monde) des dingues » et, pour tel autre, cette charge : « Le résumé de la situation est simple : il y a un traître à l’UMP, Fillon ; des amateurs, les socialos ; un branquignol, Hollande ; et un Sarko aux anges ».

Le reste qui serait trop long à citer nous annonce tout de même, de la part d’un pessimiste clairvoyant : « Si l’élection présidentielle avait lieu aujourd’hui, Marine Le Pen serait à 30%. Tout cela va mal finir ».

Pourquoi ai-je évoqué une « étrange volupté » ? Parce que percevoir, derrière la façade des mots creux et de la langue de bois, des soutiens et des apologies mécaniques, de la part d’un camp – en l’occurrence celui de la gauche -, une lucidité amère, une cruauté d’autant plus acide qu’elle accable d’abord ce à quoi on a cru et ceux qu’on a surestimés, représente un plaisir intellectuel pour un citoyen qui place au-dessus de tout sincérité et vérité, le contraire donc de l’attitude présidentielle à l’égard du démenti démenti de Jean-Pierre Jouyet et de l’entêtement à le maintenir à son poste comme si de rien n’était.

Je sais bien que ces aperçus dévastateurs ne seront jamais confirmés publiquement mais cela fait du bien de pouvoir considérer qu’il y a une entente des intelligences, des analyses et des dérisions sous le velours lassant et conventionnel des cocoricos partisans, des affrontements de comédie.

Sous la guerre affichée, le consensus obligatoire qu’impose, dans une discrétion prudente, l’attention au réel. Le caractère univoque du désastre. Il y a des connivences qui dament le pion, en profondeur, aux proclamations. Pourquoi l’officieux, en politique, n’ose-t-il jamais venir à la surface pour enrichir l’officiel et lui donner sens et authenticité ?

Le Canard enchaîné, dont sa longue histoire, démontre qu’il a été très rarement poursuivi et encore moins condamné, en offrant ces phrases à notre réflexion civique participe, sur son registre qui n’est pas mince, à l’émergence décapante d’un sentiment de plus en plus vif, de plus en plus inquiétant : un désabusement partout et de la part de tous.

Que la lucidité soit aussi à gauche ne console pas de ce sombre tableau. On va vers le pire mais, progrès, on le sait de plus en plus et de mieux en mieux.

Ma Photo

Philippe Bilger

http://www.philippebilger.com/blog/2014/11/la-lucidit%C3%A9-est-aussi-%C3%A0-gauche.html

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Après Cahuzac, Le Guen, Thévenoud, Carrez et les autres, c’est donc l’Elysée qui est frappé. Contrairement aux autres, celui-ci n’est pas élu. Les fois précédentes, le peuple n’avait pas eu le droit de se prononcer sur la révocation de ces élus voyous. Cette fois, Jouyet n’est pas élu. Il se contente de bouffer à tous les râteliers. Il n’en occupe pourtant pas moins un poste décisionnel de premier rang dans la République. Si le peuple ne peut pas le sanctionner, son patron Hollande le peut et le doit. Faute de quoi le protecteur du menteur deviendrait son complice.

François Cocq

Jean-Pierre Jouyet a donc été contraint d’avouer dimanche 9 novembre qu’il avait menti. Le secrétaire général de l’Elysée a cette fois dû lâcher à l’AFP l’exact contraire de ce qu’il déclarait 72 h plus tôt. Bien sûr, le fond de l’affaire entre Fillon et Sarkozy est scandaleux. Mais la Droite n’a besoin de personne pour pourrir dans son fumier. Par contre, que la tête de pont du système élyséen se croit autorisée à mentir en toute impunité n’en est pas moins choquant. De cela, l’Elysée et Hollande doivent rendre des comptes.

Voir l’article original 380 mots de plus

Ma PhotoNicolas Sarkozy, Premier ministre de rattrapage ?

François Bayrou qui ne parle jamais pour ne rien dire a déclaré que le président de la République ne pourrait pas continuer ainsi, avec une majorité déchirée, jusqu’à la fin du quinquennat et que donc, à un moment ou à un autre, la dissolution serait inévitable.

Il a ajouté qu’avec cette éventualité hautement prévisible, Nicolas Sarkozy, président de l’UMP, pourrait devenir un Premier ministre de cohabitation et qu’une telle perspective était sans doute inscrite dans sa tête (Le Grand rendez-vous-Europe 1-Le Monde-i-Télé, repris par Le Figaro).

Même si je n’apprécie pas ces atteintes subtiles ou brutales, par sadisme ou lucidité, à la légitimité de François Hollande, force est de considérer que l’hypothèse évoquée par ce centriste libre et conséquent est tout à fait plausible.

J’ajoute qu’elle réparerait une injustice ou consolerait d’un malentendu démocratique.

En effet, après avoir fait un bilan de son quinquennat, il était incontestable qu’on pouvait créditer Nicolas Sarkozy d’une énergie jamais lassée, d’un sens du mouvement, d’une appétence démesurée pour l’action, d’une aptitude à l’animation de ses équipes, d’une volonté de surmonter tous les obstacles et d’un orgueil, voire d’une vanité certaine. A rebours, lui ont manqué l’allure, l’impartialité dans l’arbitrage, la sérénité, les vertus de retenue et d’élégance, le respect de la République dans ce qu’elle doit avoir d’exemplaire et d’équitable, la pensée à long terme.

Alors qu’à l’évidence il était infiniment doué pour la gestion dans l’urgence, l’opératoire à court terme et l’immédiateté des situations de crise où son agitation a pu apparaître alors comme la seule réponse adaptée.

On devine où je veux en venir.

Nicolas Sarkozy aurait été probablement un Premier ministre d’exception. S’il s’était arrêté là, son destin déjà n’aurait pas été médiocre. S’il avait aspiré ensuite à la charge suprême, nul doute que le président n’aurait pas oublié les enseignements et les leçons du Premier ministre, les avertissements prodigués par le réel et par l’incarnation discutable ou non de sa personnalité dans l’espace de ce pouvoir encore dépendant.

Sans qu’il soit coupable puisque, contre son gré, son ambition n’a pas pu être alors satisfaite, l’avoir obligé à sauter par-dessus la case de Premier ministre l’a projeté, trop vite, sans préparation ni précaution, dans un monde trop grand, trop raffiné, trop majestueux pour lui. Sa victoire de 2007, nette, loin de faciliter son apprentissage présidentiel, lui a fait perdre d’emblée tout sens des choses et il a cru connaître de toute éternité ce qu’en réalité il n’avait jamais su.

On ne passe pas impunément, en une seule fois, en un unique saut, de l’effervescence quotidienne et de la proximité souhaitable et rude du ministère de l’Intérieur à la distance et à la réserve que l’Elysée aurait dû imposer. Monter les marches du Palais en jogging, le visage suant, était la traduction vulgaire de ce contraste éclatant.

En effet,il est dur, après avoir tapé sur les épaules, de quitter ce ministère, la familiarité et la brutalité de l’univoque, le narcissisme inévitable sécrété par une omniprésence techniquement et politiquement justifiée, pour le royaume de l’équivoque, du ralenti, de la litote et de l’allusif. Une maîtrise ostensible, pragmatique et directe pour une domination subtile et raffinée. N’est pas Mitterrand qui veut après avoir été Sarkozy !

Nicolas Sarkozy avait trop payé de sa personne pour accepter de se faire rembourser plus tard par un silence et une classe de bon aloi.

Il n’a pas été Premier ministre. Il le sera peut-être demain, mais dans la cohabitation.

Pour lui, ce ne sera pas la même chose que d’être appuyé même du bout de l’esprit par un président complice et solidaire ou de devoir exercer son pouvoir sous la vigilance et la tutelle négatives d’un chef de l’Etat plus soucieux de compter ses outrances ou ses bévues que ses réussites.

Mais ceci sera une autre histoire.

Philippe Bilger

http://www.philippebilger.com/

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Voilà maintenant le nom même de Nicolas Sarkozy sur les listings ! On ne peut plus attendre : Gergorin transmet anonymement les listings au juge Van Ruymbeke. Le Point en fait sa Une en juillet 2004. Le feuilleton médiatique commence alors que le juge découvre que les listings sont faux. Entièrement faux ? Trop tard : l’affaire se retourne contre ses initiateurs. Au passage, Denis Robert est aspiré, puis traîné dans la boue. La logique judiciaire oblige chacun à sauver sa peau, alors que Nicolas Sarkozy promet de pendre le coupable « à un croc de boucher ». Deux procès délivrent une vérité judiciaire. Mais un mystère plane toujours autour du mobile du falsificateur Imad Lahoud. Pourquoi a-t-il fait cela ? A-t-il agi seul ? Il manquait une clé pour tout comprendre. Pierre Péan, au bout de son enquête, pense l’avoir trouvée…

les AZA subversifs

(Suite de l’article du 23 octobre 2014 : Manipulations dans l’histoire française – épisode 5)

Une enquête de Vanessa Ratignier et Pierre Péan

Nous avons vu, dans l’épisode n°5, que le 1er janvier 2004, Gergorin va trouver Villepin auprès duquel il va donner les noms qui paraissent sur les listings de Clearstream.

Il faut bien comprendre que lorsqu’on a une version des faits qu’on relate au juge d’instruction, on ne va pas en dire plus aux journalistes, c’est aussi un truc qu’il faut retenir ! Toujours se tenir à sa version !

Il fera une note au président de la République qui est alors Chirac sur l’affaire de la Chambre de compensation et l’exécutif entre dans la danse.

Imad Lahoud sort l’histoire de boxa Sarkozy du listing, ce qui va faire bondir Villepin.

Réunion du 9 janvier 2004, le nom de Sarkozy est prononcé corroboré par le Général Rondot.

L’appât…

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00:20
CASH Investigation a téléchargé une nouvelle vidéo.

Teaser J-3 CASH Investigation – mardi 7 à 20h45 sur France 2
« Industrie du tabac : la grande manipulation »

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Le quinquennat qui a laissé mourir les fumeur

Publication: 05/04/2012 07h08 CEST Mis à jour: 04/06/2012 11h12 CEST

Dans le domaine du contrôle du tabac, première cause de mort évitable en France avec 200 décès ce 4 avril 2012 comme chaque jour de l’année, la France vient de vivre la magistrale démonstration de l’influence du président de la République sur les politiques de contrôle du tabac en faisant alterner le meilleur et le pire dans les décisions et dans les conséquences sanitaires et financières de ces décisions.

Le quinquennat qui sauve

La France a connue de 2002 à 2007 avec le quinquennat de Jacques Chirac un des meilleurs résultats du contrôle du tabac jamais observé dans le monde. Ce changement s’est fait dans le calme à l’exception de quelques manifestations de buralistes, plutôt plus, que moins, pilotées par l’industrie du tabac, alors que globalement les revenus que les buralistes tiraient du tabac continuaient à augmenter. Si dans d’autres domaines le quinquennat de Jacques Chirac n’a pas été un modèle, il fut exemplaire dans le domaine du tabac grâce à sa résistance ferme aux lobbyistes du tabac.

Le quinquennat qui laisse mourir

Le quinquennat 2007-2012 de Nicolas Sarkozy a permis au président d’apporter des réformes indispensables à la France que ses prédécesseurs n’avaient pas su imposer. En revanche, la politique objectivement opposé à la réduction du tabagisme du quinquennat a été une catastrophe que des milliers de français payent dans leurs corps et leurs vies.

Là encore les résultats en témoignent: une politique catastrophique en termes de contrôle du tabac donnent des résultats implacables, prenant la vie à une dizaine de milliers de français qui auraient pu être sauvés si on avait seulement repris en France la politique d’avant 2002 et le premier plan cancer. Dans le même temps la politique de Nicolas Sarkozy va enrichir les buralistes qui auront par exemple entre 2007 et 2011 reçu en cumulé 1 milliards d’euro de plus pour vendre le même nombre de cigarettes et offrir des cadeaux à l’industrie du tabac qui va elle aussi recevoir un milliard de plus que sous le quinquennat précédant.

Les lobbies du tabac au cœur du pourvoir

La seule explication plausible à cette différence caricaturale entre 2 présidents qui avaientt la même majorité, ont partagé longtemps le même ministre de la santé, est la réponse faite au lobbying du tabac. En 1995 Nicolas Sarkozy, ministre du Budget avait travaillé lors de privatisation de la Seita avec Vincent Bolloré. A cette époque un certain Jean Dominique Comolli était directeur général des douanes et un certain Frédéric Lefèvre était depuis longtemps son conseiller. Certains la qualifiaient déjà de « porte flingue de Sarkozy ».

Vincent Bolloré et Nicolas Sarkozy, des amis de 25 ans

Vincent Bolloré après une plus-value de 85 millions en 5 ans sur l’achat de 5% de la Seita alors que Nicolas Sarkozy était ministre du budget aura une plus-value de 200 millions d’Euros sur les seules parts rachetés à la Seita en moins d’un an sur la filiale africaine Coralma. Cette plus-value a permis à Vincent Bolloré d’acheter une magnifique bateau pour 3 millions d’euros, de la retaper pour 5 millions et vous connaissez la suite de l’histoire de ce Paloma qui a accueillera Nicolas Sarkozy en mai 2007 et qui aura marqué le début du Quinquennat.

Jean Dominique Comolli au cœur des liens d’intérêts entre Bercy et les cigarettiers

Entre 1995 et 2007, Jean Dominique Comolli est passé de la fonction de directeur général des douanes à celle de PDG de la Seita, puis co-président d’Altadis lors de la fusion de la Seita avec le groupe espagnol Tabacalera, puis vice-président d’Imperial Tobacco lors du rachat d’Altadis par Imperial Tobacco. Tout en étant administrateurs de ces multinationales du tabac, il gardera des bonnes relations avec Bercy. Fin 2010 Nicolas Sarkozy le nomme à nouveau à Bercy pour diriger les participations de l’Etat (dans les sociétés) et il est administrateurs d’un très grand nombre de sociétés nationalisées au nom de l’Etat, SNCF, Areva…, y compris l’Opéra-comique!

Ainsi avec une bonne dose d’humour noir, chacun peut être rassuré, il n’y a pas de problèmes de communication entre l’industrie du tabac et Bercy. Pensons comme nos responsables des finances aux 11 milliards de taxes que le tabac rapporte en droits d’accises, ne pensons pas aux 18 milliards du cout du traitement de ces maladies ou aux 47 milliards du coût social global du tabac pour la France.

Fréderic Lefebvre, un lobbyiste conseiller devenu député, puis ministre des buralistes

Fréderic Lefebvre a participé de 1993 à 1995 la privatisation de la Seita. Dès 1996, quand Nicolas Sarkozy, sans poste, ne pouvait l’occuper qu’à mi-temps il a créé la société Pic Conseil communication, puis d’autres sociétés de lobbying. Pic assurait le lobby de tabac, en particulier d’Altadis. Avec Pic, Fréderic Lefebvre aurait selon la presse en particulier participé au lobbying contre le décret Bertrand d’interdiction de fumer alors que Nicolas Sarkozy était ministre de l’intérieur, et que bizarrement Pic conseil avait à disposition une secrétaire, une ligne téléphonique et un bureau au ministère de l’intérieur. Frédéric Lefebvre dit avoir abandonné tout revenu de cette société de lobbying mais il apparait dans les comptes de ses sociétés 200.000 euros en sa faveur en 2006 en disant que ce n’est que du revenu du capital et non des salaires!

Si la présidence montre l’exemple, les ministères et les assemblées suivent

Le ministère de la Justice essaye par exemple d’introduire un cavalier dans une loi pour organiser la quasi impunité pénale pour les délinquant du tabac Les députés suivent l’exemple discutant la commercialisation du Snus, la fin des subventions aux associations, l’autorisation de placer le tabac dans les publicités « artistiques », l’assouplissement de l’interdiction de fumer, etc.

Il faut sans retard reprendre le contrôle du tabac qui a prouvé son efficacité

Chaque jour perdu dans le contrôle du tabac représente 130 millions d’euros dépensés, chaque jour perdu équivaut à 200 morts supplémentaires en France. Le contrôle du tabac doit repousser les lobbies du tabac et trouver un pilote en France, par exemple un haut-commissaire au contrôle du tabac, à l’image de celui de la sécurité routière comme le propose le rapport remis en mars 2012 par Yves Bur au ministre de la santé (1).
Monsieur les candidats à la présidentielle dites aux français qui sont 70% a vouloir un renforcement du contrôle du tabac ce que vous allez faire durant le prochain quinquennat et donner votre réponse à l’Alliance contre le tabac qui vous a interrogé pour répondre avant le 11 avril.

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(1) Yves Bur: Propositions pour une nouvelle politique de lutte contre le tabac. Rapport remis au ministre du Travail et de la santé en 2012.

A lire : La république enfumée : Les lobbies du tabac sous Chirac et Sarkozy, du meilleur au pire, par le professeur Bertrand Dautzenberg, OFT-entreprise 2012, Paris, 20euros, www.ofta-asso.fr

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Résistance Inventerre

valérie PécresseDes rivaux pugnaces, des sondages en demi-teinte, une affaire Bygmalion qui suit son cours: loin d’être le tsunami annoncé, le come-back de Nicolas Sarkozy s’avère délicat malgré des « prises de guerre » comme la filloniste Valérie Pécresse.
« Tout se joue maintenant, il jette beaucoup de forces dans la bataille », décrit une source UMP au sujet de l’ancien chef de l’Etat, candidat à la présidence de l’UMP face à Bruno Le Maire et Hervé Mariton.
Si l’issue de cette élection semble ne pas faire de doute, tant M. Sarkozy reste l’homme providentiel de militants UMP déboussolés par les guerres fratricides qui sévissent depuis deux ans, son retour dans l’arène politique est plus chaotique que prévu.
« Un tsunami finit toujours par se retirer », prédisait il y a quelques semaines François Fillon. Mais l’ex-Premier ministre de M. Sarkozy ne s’attendait sans doute pas à ce que la vague médiatique se retire si…

Voir l’article original 608 mots de plus

le monde à l'ENVERS

Un rapport de synthèse de la gendarmerie accrédite l’authenticité du document officiel libyen, révélé par Mediapart, sur le financement occulte de Nicolas Sarkozy en 2007. Entendu au Qatar par les juges, l’ancien chef des services secrets du régime Kadhafi, Moussa Koussa, a de son côté affirmé que le contenu du document « n’(étai)t pas faux ».

mouammar-kadhafi_sarkozy Mouammar Kadhafi & Nicolas Sarkozy

« Sur la Libye, les juges savent que les documents sont faux », a déclaré, péremptoire, Nicolas Sarkozy la semaine dernière dans Le Journal du Dimanche à propos du document officiel libyen, publié parMediapart, sur le financement de sa campagne présidentielle de 2007.

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Maroc : l’ennemi venu du palais

LE MONDE | 06.09.04 | 14h46
Hicham Mandari, un Marocain de 32  ans, qui avait autrefois ses entrées à la cour de Hassan  II, a été assassiné, le 4  août, en Espagne. L’épilogue d’un destin météorique pour un intrigant plein de ressources, qui menaçait de révéler les secrets de la monarchie chérifienne.

L’assassin n’a pas mis de silencieux. C’est l’unique dérogation à la sobriété du meurtre, très professionnel, de Hicham Mandari, le 4 août, près de Marbella (Espagne). Dans le dernier quart d’heure avant minuit, ce Marocain de 32 ans tombe face à terre, tué d’une seule balle – calibre 9 mm – tirée à bout portant dans la nuque, du bas vers le haut. Une mort par excès de confiance qui ne ressemble pas à la victime. En cavale depuis six ans, depuis qu’il avait fui le Maroc ou, plus précisément, le palais royal, Hicham Mandari nourrissait une méfiance grandissante envers tout et tout le monde : les galeries marchandes sans issue, les rendez-vous fixés trop longtemps à l’avance, les faux opposants, les gardes du corps « retournés » par les services secrets de son pays, constamment à ses trousses.

Une tentative d’enlèvement, puis trois tentatives d’assassinat – la dernière, à Paris, dans la nuit du 22 au 23 avril 2003, l’avait envoyé à l’hôpital avec trois balles dans le corps – avaient transformé ce golden boy de la jet-set marocaine. Gonflé de corticoïdes, il marchait avec une canne-épée, claudiquant du pied droit. Mais, dans sa tête, sa fuite en avant s’emballait, la martingale de ses révélations-chantages touchait au va-tout final. Amplifié par l’écho fou dans le parking fermé où s’est produit le crime, le règlement de comptes a été sonore. « Un bruit s’était échappé du méchouar », la cour du palais, commentera, en privé, un grand commis du pouvoir royal marocain. « Il a fait le tour du monde, mais il a été rattrapé. »

Hicham Mandari embrasse le béton dans le garage no 5 du complexe résidentiel de Molinos de Viento, à Mijas, une localité entre Malaga et Marbella. Sous sa chemise arrachée du pantalon, également ouvert, perce le gilet pare-balles léger qu’il s’était habitué à porter. Ce n’était pas une découverte pour son assassin. Celui-ci l’a fouillé pour enlever de la petite boîte noire en plastique que la victime portait cachée sous l’aisselle, une clé parmi des versets du Coran. La police espagnole ne trouve que ces bouts de sainte écriture et, joli pied de nez de quelqu’un qui brassait l’argent comme d’autres l’air, 170 euros. Une misère.

A quel trésor la clé dérobée donne-t-elle accès ? Ce n’est pas la seule question sans réponse. La Guardia Civil recueillera les témoignages contradictoires de plusieurs habitants. L’un affirme avoir vu « trois Arabes » se disputer, peu avant le crime, sur le trottoir, dehors. Un autre dit avoir aperçu des hommes s’engouffrer dans le parking au moment où en sortait une voiture. Un troisième, un enfant, prétend avoir vu deux hommes s’enfuir du parking, après le coup de feu, puis monter dans une fourgonnette blanche qui les attendait, avec un troisième homme au volant… « On n’a qu’une seule certitude, confie une source proche de l’enquête. Mandari a été tué le jour même de son arrivée en Espagne. En fait, il s’est rendu directement à ce rendez-vous fatal. »

Mais qui pouvait bien être la connaissance intime qui lui inspirait confiance au point de le faire accéder à l’immeuble par le parking fermé où il a été abattu, sans offrir de résistance, surpris avant d’atteindre l’une des deux portes permettant de monter dans les appartements, dont beaucoup sont loués par des Marocains ? « On va le savoir, et même assez rapidement », assurent les enquêteurs espagnols.

Ces derniers ont fait preuve d’habileté. Pendant huit jours, ils n’ont pas rendu publique l’identité de la victime, officiellement parce que la police française a tardé, jusqu’au 11 août, à répondre à leur requête lancée, via Interpol, à partir d’une carte téléphonique France Télécom et d’un – faux – permis de conduire italien trouvés sur Mandari. En fait, le ministère de l’intérieur espagnol a attendu jusqu’au 13 août avant de révéler l’assassinat, pour repérer les proches du Marocain et « voir qui allait s’inquiéter de sa disparition ».

La ruse a permis de remonter jusqu’à un Franco-Algérien domicilié en région parisienne, qui avait fourni à la victime le faux permis italien. C’est lui, aussi, qui avait vu Mandari juste avant son départ en avion, le mercredi 4 août, en fin d’après-midi. « Je vais pour deux jours en Espagne, et peut-être en Italie. Si je reste plus longtemps, tu me rejoins », lui avait-il dit autour d’un café. Geste sans précédent, même s’il ne semblait traduire aucune inquiétude particulière, il lui avait confié l’un de ses téléphones portables et, surtout, son agenda.

La police espagnole espère trouver dans cet agenda le nom qui manque au rendez-vous avec la mort sur la Costa del Sol. Peine perdue, selon plusieurs proches de Hicham Mandari. « Chez lui, tout était codé », affirment-ils à l’unisson. « C’était un rendez-vous galant, glisse l’un d’eux, sans dire d’où il tient cette information. Hicham allait voir une femme dont il était fou, qu’il couvrait d’or. » Et de citer le nom, très connu, d’une fille de la nomenklatura du royaume, qui, comme tant d’autres, était en effet en vacances à Marbella au début du mois d’août.

Se non è vero, è ben trovato : l’homme qui devait tout aux femmes, sa jeunesse dorée, son entrée au palais, « son » argent et son butin de secrets, aurait péri par la faute, volontaire ou involontaire, de l’une d’entre elles.

Le quartier Hassan, à Rabat, dans les années 1980. Fils d’un couple séparé, élevé par sa mère, Sheherazade Mandari, née Fechtali, le jeune Hicham grandit, en fait, au foyer de Hafid Benhachem, futur directeur de la Sécurité nationale, dont les deux fils adoptifs forment avec leur copain un trio inséparable. Jamais à court d’argent, ils sont les premiers à avoir des motos pétaradantes, les premiers aussi à fréquenter la boîte de nuit la plus huppée de la capitale marocaine, le Jefferson, dont Hicham est la star-caïd dès l’âge de 15 ans. S’ensuit une fugue amoureuse qui aurait pu mal se terminer. Hicham ravit Hayat Filali, fille du conservateur du palais royal de Bouznika. Les jeunes amoureux sont rattrapés. En lieu et place du châtiment redouté, ils obtiennent la bénédiction du roi – indispensable aux parents de tous les serviteurs en vue au palais – pour pouvoir s’unir légalement.

La responsable de ce miracle est une tante de Hayat, Farida Cherkaoui, concubine favorite du souverain, le grand amour de sa vie. C’est elle qui apaise l’orgueil bafoué du père et obtient l’arbitrage du roi. Celui-ci fait même entrer le jeune Hicham dans ses services, comme « chargé de mission » au département de la sécurité que préside Mohamed Médiouri. Hassan II ne se doute pas qu’il provoque ainsi le premier court-circuit qui fera disjoncter le centre névralgique du makhzen, le pouvoir traditionnel au Maroc, fondé sur l’accumulation de richesses – le mot est à l’origine du terme « magasin », en français – et sur des réseaux personnels d’allégeance. Mohamed Médiouri était en effet épris de l’épouse légitime de Hassan II, « la mère des princes ». Il l’épousera après la mort du roi, en 1999, et vit aujourd’hui avec elle entre Versailles et Marrakech.

Le roi connaissait-il les sentiments de l’homme qui veillait sur sa sécurité ? Nul ne le sait avec certitude. Mais Mandari, lui, n’ignorait rien du secret de son supérieur, sans doute grâce à sa grande amie Farida Cherkaoui. D’ailleurs, il n’était pas à un viol d’intimité près. A peine admis au palais, il commençait à apporter des cadeaux aux femmes du harem, avant de distribuer aux recluses du roi, interdites d’accès au téléphone, des portables, dès que ceux-ci ont été mis en vente au Maroc…

Un futur chroniqueur de la dynastie chérifienne, vieille de quatorze siècles, devra consigner le nom de Hicham Mandari comme celui de l’homme qui perça les murs épais du palais et éventa les arcanes d’une monarchie de droit divin rendue mortelle par les mœurs humaines, trop humaines, de la famille régnante. Il devra ajouter, s’il est scrupuleux, que le même Hicham Mandari vola son roi, quand celui-ci fut à l’article de la mort, et tenta de faire chanter son fils et successeur, Mohammed VI.

En trente-huit ans de règne, Hassan II a fait trembler ses sujets, jamais à l’abri d’une arrestation arbitraire, d’un passage à tabac dans un commissariat, d’une séance de torture dans un « point fixe » du réseau parallèle des centres de détention, voire d’une « disparition » ou de l’envoi dans un bagne secret, tel que celui de Tazmamart.

Mais, à la fin de sa vie, l’autorité du souverain, rongé par la maladie, ne suffisait plus à contenir la rapacité de ses serviteurs les plus proches. Craignant la remise en question de leur rente de situation à l’heure de la succession, ceux-ci se sont mis à piller le palais, à en emporter tout ce qui pouvait l’être : vaisselle, tableaux, tapis et meubles… Or seul Hicham Mandari, grâce aux complicités féminines, mais, aussi, en associant d’autres courtisans au partage, a eu le bras assez long pour atteindre le saint des saints, la chambre servant de coffre-fort au palais de Rabat.

Qu’a-t-il subtilisé ? Une dizaine de chèques du roi, c’est sûr. Des bijoux de famille, selon certains. Des « documents secrets » et, en particulier, l’inventaire du patrimoine royal placé à l’étranger, selon ses propres dires. Vrai ou faux ? En tout cas, Mandari a fait de cette rumeur, pendant six ans, un moyen de chantage très efficace et un feuilleton médiatique à rebondissements.

Mais, d’abord, il lui a fallu fuir, quand le secrétaire particulier de Hassan II, Abdelfettah Frej, après un séjour à l’hôpital, a été joint par une banque luxembourgeoise lui demandant d’authentifier le paraphe royal au bas d’un chèque portant sur une forte somme. Quand Hassan II l’a appris, les murs du palais ont tremblé. Cependant, son « chargé de mission » lui a échappé. Prévenu par ses complices bien placés, Hicham Mandari, sa femme Hayat et leur bébé, une fille, ont pu gagner l’étranger, aussitôt pris en chasse par les services secrets marocains.

« Sa Majesté m’a confié l’enquête sur ces vols », raconte au Monde Driss Basri, qui fut pendant vingt ans l’inamovible ministre de l’intérieur de Hassan II, son « grand vizir » comme on aurait dit du temps du sultanat. « Par déférence pour le roi », Driss Basri n’a pas cherché à savoir ce qui s’était passé à l’intérieur du palais. Mais, dès l’été 1998, spécialement envoyé à Paris pour quérir le concours des autorités françaises, il avait conclu au sérieux de l’affaire. « Je pense que Mandari détenait effectivement trois ou quatre secrets d’Etat. » M. Basri aurait-il livré cette confidence s’il n’était pas lui-même, aujourd’hui, en froid glacial avec Mohammed VI, s’il n’était pas de fait exilé à Paris, sans passeport marocain valable ni titre de séjour en France ?

Via Paris, Bruxelles et Francfort, Hicham Mandari et sa famille finissent par gagner les Etats-Unis, sur les conseils d’un avocat américain, Me Ivan Stephen Fisher. C’est lui, aussi, qui mènera, à Chicago, des négociations avec des représentants du Maroc, l’ambassadeur à New York, Ahmed Snoussi, le numéro deux du secrétariat particulier de Hassan II, Abdelkarim Bennani, et Driss Benomar, alors au ministère de l’intérieur à Rabat. Un grand cabinet d’avocats à Washington, Zuckerman, est commis pour prodiguer ses conseils au royaume. Dès lors, les quatre fils conducteurs de l' »affaire Mandari » – les tractations, les chantages par voie de presse, les violences et l’assourdissement judiciaire – ne cesseront plus de s’enchevêtrer, dans une spirale ascendante.

L’échec du tour de table de Chicago précède de peu la publication, le 6 juin 1999, dans le Washington Post, d’un encart publicitaire dans lequel Mandari s’adresse au roi chérifien. Le fugitif s’y affirme « victime de mensonges », demande la restitution de ses « bijoux » en même temps qu’une « grâce royale », mais prévient aussi, sans détour : « Comprenez, Majesté, que, pour ma défense et celle de mes proches, j’ai préparé des dossiers qui contiennent des informations (…) dommageables pour votre image à travers le monde. » Douze jours plus tard, Mandari fait l’objet d’une tentative d’enlèvement à Miami, en Floride, où il s’est installé. Il en réchappe.

En juillet 1999, Hassan II meurt. Mais, pour le moins, l’arrivée au pouvoir du prince héritier ne vide pas l’abcès d’un scandale que Mohammed VI s’emploiera également à étouffer par tous les moyens. La présence de Hicham Mandari aux Etats-Unis commence à peser sur les relations entre Rabat et Washington, comme l’atteste une note, datée du 5 août 1999, du Diplomatic Security Service du département d’Etat, qui souligne le « très grand intérêt » que le royaume attache à la récupération de ce ressortissant en situation irrégulière sur le sol américain.

L’ex-ministre marocain de l’intérieur, Driss Basri, confirme avoir diligenté des démarches officielles auprès du gouvernement américain, sur instruction de Mohammed VI, afin d’obtenir l’extradition de l’ancien courtisan, voleur mué en marchand de secrets. M. Basri se souvient aussi à quel point le dossier des « faux dinars du Bahreïn » – la contrefaçon et la mise en circulation de l’équivalent de 350 millions de dollars, dans laquelle Hicham Mandari est impliqué – a été une aide providentielle pour envoyer le racketteur du roi en prison et, par la même occasion, l’assécher financièrement par le blocage de ses comptes.

En août 1999, dans le cadre des poursuites engagées contre les faussaires de dinars bahreïnis, Mandari est arrêté aux Etats-Unis. Débute alors, pour lui, la période la plus noire de sa longue épreuve de force avec le trône alaouite. Il va se ruiner en frais d’avocat, en honoraires pour un détective privé, et finira « essoré » par des « amis » qui lui proposent une aide dont il pense ne pas pouvoir se passer. Il restera presque trois ans enfermé dans une cellule de la prison fédérale de Miami, se battant pied à pied pour éviter ce qui aurait été la fin pour lui : son extradition au Maroc.

Dans ce combat inégal, il se trouve un allié, un autre courtisan tombé du carrosse royal, Ali Bourequat, l’un des trois frères à la double nationalité française et marocaine, qui, pour s’être également mêlés de secrets d’Etat et d’alcôve, avaient été emmurés pendant dix-huit ans dans le bagne-mouroir de Tazmamart. Après leur libération et leur arrivée en France, le 3 janvier 1992, les frères Bourequat, eux aussi, avaient « négocié » avec Hassan II leur silence et obtenu, chacun, 10 millions de francs qu’ils avaient encaissés dans une banque à Genève. Mais c’est son statut de réfugié politique aux Etats-Unis qui rend Ali Bourequat particulièrement précieux pour son compatriote aux abois. Car Ali Bourequat ne s’est pas vu octroyer cette protection, le 31 mars 1995, en raison du calvaire subi au Maroc, mais à la suite de menaces pesant sur lui… en France et dans lesquelles serait impliqué l’ancien ministre de l’intérieur Charles Pasqua !

En gagnant Ali Bourequat comme « témoin expert » à son procès, Mandari espère bâtir une défense contre son éventuelle extradition vers la France, antichambre d’un renvoi au Maroc, puisque Paris, à la différence de Washington, est lié par un traité d’entraide judiciaire avec Rabat. En effet, c’est la justice française qui a lancé le mandat d’arrêt international en vertu duquel, pour l’affaire des faux dinars, Hicham Mandari a été placé sous écrou extraditionnel.

Jamais le pouvoir chérifien n’aura été aussi près de faire rendre gorge à Mandari que du temps de sa détention en Floride, entre 1999 et 2002. Parce que ce qui est dur pour le prisonnier est à la limite du supportable pour sa femme Hayat et sa petite fille. Hayat vit à Miami sans papiers et presque sans argent, à la merci de la générosité occasionnelle de proches. Une fois par semaine, elle se rend à la prison – un trajet d’une heure et demie – pour soutenir le moral de son mari. Celui-ci payera mal en retour sa loyauté. Mais, en attendant, le couple fait face au pouvoir royal, qui pense avoir opté pour la bonne stratégie. L’affaire des faux dinars du Bahreïn lui permet, avec l’aide de la France, d’actionner le bras de la justice, sans parler de l’embarrassante effraction au palais de Rabat. Encore que ce transit par la France n’inspire rien qui vaille au roi. « En France, la justice et la presse ne sont plus tenues. On va avoir des problèmes », aurait-il maugréé, selon Driss Basri. C’était bien vu.

Hicham Mandari mènera grand train à Paris. Extradé par les Etats-Unis, en mai 2002, sous réserve que la France ne le livre pas au Maroc (un engagement – public – cependant jamais formellement acté dans le dossier d’instruction), l’homme qui veut faire chanter le roi du Maroc finit par être remis en liberté provisoire et retrouve sa marge de manœuvre, considérable à en juger les résultats : il roule dans des Mercedes 4 × 4 aux vitres fumées, précédé et suivi de ses propres motards, entouré de gardes du corps, avec oreillettes et lunettes noires… Il fait des Champs-Elysées son golden mile, s’installe à demeure dans des hôtels de luxe, distribuant des pourboires faramineux, entretenant toute une cour de Franco-Maghrébins et de Franco-Libanais, de « Tony », le loueur de limousines, à « Amina », qui coiffe et masse le seigneur de l’argent facile.

D’où lui viennent les sommes considérables qu’il dépense sans compter, entre autres en cadeaux encombrants pour des récipiendaires qui ne lui ont parfois rien demandé ou craignent les « services » qu’ils auront un jour à rendre à leur munificent bienfaiteur ? De son temps de missi dominici au palais chérifien, Hicham Mandari a gardé de lucratives relations, de sincères amitiés comme des liens plus interlopes, les deux n’étant d’ailleurs pas exclusifs.

C’est ce qu’illustre l’affaire des « faux dinars du Bahreïn ». Lié au prince héritier bahreïni de l’époque, entre-temps devenu roi dans son émirat, Mandari fréquente également un Zaïrois proche de la famille de feu le maréchal Mobutu, Richard Mwamaba, qui songe à une variante d’un tour de passe-passe inventé par l’ancien maître de Kinshasa. Celui-ci fit imprimer, à l’étranger, des « double séries » de sa monnaie non convertible, alimentant ainsi l’hyperinflation, mais, aussi, sa cour, son armée, ses services de sécurité tentaculaires.

Cette fois, l’idée consiste à imprimer, avec un mandat légal de l’autorité monétaire du Bahreïn, une monnaie convertible : de vrais-faux billets de 20 dinars, en de telles quantités que la mise en circulation devait s’opérer simultanément dans de nombreux pays, les « changeurs » obtenant une commission de 10 pour 100. Huit tonnes de coupures, dont chacune valait environ 50 euros, devaient faire l’affaire de beaucoup de monde, dont des chefs d’Etat… Mandari ne cherchait qu’à encaisser son « courtage », en plaçant, sous sa vraie identité, plusieurs millions de dinars dans des bureaux de change sur les Champs-Elysées et à Beyrouth. Mais c’est ainsi qu’il s’est fait ferrer dans un dossier qui ne devait être, pour lui, qu’une levée de fonds parmi d’autres.

« Il croyait qu’on pouvait tout acheter, que chacun d’entre nous avait un prix. » Anas Jazouli, demandeur d’asile en France, garde des souvenirs mitigés de son aventure au côté de Mandari. Marocain, ancien organisateur de concours de beauté, en délicatesse à la fois avec les islamistes et avec le pouvoir, il a monté en France l’Association des opposants marocains à l’étranger, qui recrute parmi les jeunes de la banlieue parisienne. « Vous avez besoin d’argent et moi de troupes », lui avait expliqué Mandari, avant de fonder avec lui et un pseudo-opposant vite approché par les services secrets du royaume, le Conseil national des Marocains libres (CNML). C’était en mai 2003, à peine un mois après le second attentat, sur le sol français, contre Mandari, atteint de trois balles, dont une avait failli toucher la moelle épinière.

Dans ce contexte, le CNML lui sert de sigle à apposer sur des communiqués incendiaires, lui confère une légitimité politique pour publier des interviews-chocs dans la presse espagnole et algérienne, parfois en rémunérant le journaliste. L’été 2003, pour narguer les dignitaires marocains sur leur plage préférée, des « militants » du CNML, une dizaine d’hommes recrutés pour l’occasion, exhibent, à Marbella, des T-shirts portant l’inscription « Le Maroc en danger ! Ensemble, réagissons ! ».

A la même période, en juin 2003, l’ultime lien qui amarrait Hicham Mandari à un bonheur autre que l’amour de l’argent et la haine du palais se brise : délaissée à Miami, abandonnée avec sa petite fille, Hayat négocie avec le pouvoir royal son retour au pays. Perdant ainsi son dernier centre de gravité, Hicham Mandari sort de l’orbite, plonge dans le vide. Il affirme désormais urbi et orbi être le fils de Hassan II et de sa favorite Farida Cherkaoui, et donc le frère de l’actuel souverain, Mohammed VI.

La dernière négociation entre l' »opposant » et le palais sera le bouquet final d’une mauvaise foi partagée. Surnommé dans son pays « le banquier du roi », Othman Benjelloun, président de la Banque marocaine du commerce extérieur et du Groupement professionnel des banques du Maroc, en même temps que patron du groupe de presse qui édite Le Matin du Sahara, le journal officiel du royaume, se déclare victime d’un « chantage » et porte plainte pour « extorsion de fonds » contre Mandari. Ce dernier prétend que son interlocuteur, en mission commandée pour le roi, a tenté de lui racheter ses fameux secrets, de le réduire au silence sous un épais matelas de billets.

Le fait est que les deux hommes ont déjeuné, le 11 septembre 2003, dans l’un des meilleurs restaurants de Paris. Le banquier a donné à l’ennemi public numéro un du Maroc d’abord 230 000 euros, puis, le lendemain, en l’emmenant dans son jet privé à Genève, 2 millions d’euros de plus, le tout en liquide. Ce n’est que sept jours plus tard, lors du rendez-vous pour un deuxième versement, qu’Othman Benjelloun fait intervenir la brigade de recherches et d’investigations financières, qui arrête Mandari dans un hôtel de la place Vendôme. Il y attend de se faire payer 2,2 millions d’euros supplémentaires par Othman Benjelloun. Celui-ci explique avoir accepté de payer pour préserver sa bonne réputation professionnelle qu’aurait menacé de salir le destinataire de ses fonds…

Mandari repart en prison. Remis en liberté provisoire en janvier 2004, il enfreint le contrôle judiciaire qui lui est imposé en voulant se rendre en Espagne, en voiture. Il est intercepté par la police près de Bordeaux, lors d’un contrôle de routine, auquel il tente de se soustraire en usurpant l’identité d’un membre de la famille royale marocaine. De nouveau incarcéré, il sortira seulement le 15 juillet de la maison d’arrêt de la Santé, à Paris. Il ne lui reste alors que vingt jours à vivre.

L’épilogue est digne d’un destin d’exception, même si Hicham Mandari ressemblait plutôt à une fleur du mal. « Il était comme une orchidée, opine l’un de ses amis, beau à regarder, mais enraciné dans la boue. » S’étant répandu en confidences sur de prochaines « révélations », il devait annoncer, à Marbella, l’ouverture d’une station de radio-télévision locale émettant en direction du Maroc. Dans un communiqué publié le 2 août, une association marocaine implantée sur la Costa del Sol avait d’ailleurs fait savoir qu’elle ne se laisserait pas embrigader dans ce énième chantage d’apparat. Deux jours plus tard, Mandari s’est écroulé dans le parking de Mijas.

Qui l’a tué ? L’un de ses anciens obligés cite, sans preuve, le nom de « son garde du corps russe », en fait un Caucasien qui lui aurait initialement servi de « protecteur » à la Santé, où Mandari a en effet été sévèrement tabassé par un codétenu, le 8 mai 2004. « Le Russe lui a été mis dans les pattes pour exécuter un contrat. » En admettant que cela soit vrai, qui a été le commanditaire du crime ? Toutes les pistes, aussi crapuleuses, restent ouvertes, même si l’on ne peut qu’être intrigué par un coup de pouce du sort qui a, peut-être, expédié de vie à trépas l’ex-courtisan transformé en « vengeur d’argent », selon l’heureuse expression d’un enquêteur espagnol. Le 27 juillet, Le Journal hebdomadaire, un magazine indépendant édité à Casablanca, a publié une interview fracassante de Mandari et plusieurs articles le concernant, tout un dossier titré – de façon prémonitoire – « Du méchouar à Marbella : l’énigme Mandari ». Y était annoncée, pour le 1er août, « une campagne de communication particulièrement nuisible pour le Maroc ». Mais, surtout, y étaient reproduits, en fac-similé, deux des chèques dérobés au palais de Rabat. Pour la première fois, après tant d’années de vaines menaces, une preuve matérielle du butin secret était ainsi jetée sur la place publique, qui plus est au Maroc. Cette fois, Hicham Mandari allait donc franchir la ligne rouge, commencer à « déstocker ». Tout le monde l’a pensé. Or Le Journal avait omis de préciser que ces fac-similés lui avaient été fournis non pas par Mandari, mais, depuis les Etats-Unis, par Ali Bourequat, auquel l’ancien détenu à Miami les avait confiés dans un moment de désespoir, quand il n’avait plus cru à sa bonne étoile…

Stephen Smith

 ARTICLE PARU DANS L’EDITION DU 07.09.04
SOURCE:
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photo_bilger_1Faut-il avoir pitié du président de la République ?

La pitié n’est pas un sentiment qui a cours en politique. Il signifie faiblesse, échec, compassion, condescendance, on n’est plus craint, on ne fait plus peur, on a perdu.

J’avoue pourtant que je l’éprouve à l’égard du président de la République pour lequel je n’ai toujours pas honte d’avoir voté.

Pour régler une fois pour toutes cette dispute incessante mais dérisoire, je précise. Comme ceux qui ont fait élire Nicolas Sarkozy en 2007 n’étaient pas prêts à valider l’ensemble de ce qui a suivi, notamment la dévastation de l’état de droit, le fait d’avoir donné ma voix à François Hollande en 2012 ne me rendait pas naïf au point de présumer que tout ce qui émanerait de son pouvoir serait remarquable. J’admets qu’aujourd’hui, il y a beaucoup de marge !

Bizarrement, cette commisération m’est venue d’abord en regardant une photographie de François Hollande en vacances à La Garde-Freinet, en train de lire, torse nu, dans une chaise longue (Voici). Rien de choquant ni d’anormal, sinon qu’il était difficile de banaliser plus médiocrement l’image du président de la République et que j’ai ressenti un malaise à le voir ainsi fixé et figé.

Mais l’essentiel est ailleurs. Le pessimisme et la contestation n’ont plus de limites.

Que le président et le Premier ministre aient prédit dès le mois de juillet que « la rentrée serait difficile » et qu’ils aient tenté, autour d’une table ronde à Brégançon, de montrer à la fois qu’ils travaillaient – personne de sensé n’en doute – et qu’ils avaient trouvé des solutions – personne de sensé n’y croit – ne rend sans doute pas moins douloureuse l’avalanche morose et aigre de ce mois d’août en cours.

Photo: http://www.lopinion.fr/17-aout-2014/trop-serieux-tue-serieux-15369

Cécile Duflot : « François Hollande ? J’y ai cru, je me suis trompée » (nouvelobservateur.fr).

Pascal Canfin : « Quand Valls dit que les partisans d’une autre politique à gauche sont irresponsables, c’est le degré zéro de l’argumentaire » (Libération).

Pierre-Alain Muet, député PS : « Je ne comprends pas l’autisme du gouvernement ! C’est ne rien comprendre de la crise que traversent l’Europe et la France » (Le Figaro).

« La faillite c’est maintenant » en couverture de L’Express.

Franz-Olivier Giesbert, qui n’est pas dénué d’intuition politique, dans un entretien stimulant dans Voici, notamment au sujet de François Hollande : « Je me pose cette question, comment quelqu’un d’aussi intelligent a-t-il pu autant foirer le début de son quinquennat ? »

Plus grave : « Les firmes françaises détiennent la palme mondiale de la rémunération des actionnaires au deuxième trimestre. Un trophée embarrassant en période de crise » (Libération).

Les frondeurs sont-ils des « irresponsables », comme les a qualifiés le Premier ministre, parce qu’ils n’ont pas été mécontents de la récente censure par le Conseil constitutionnel de l’article qui avait permis de les amadouer sur le plan parlementaire, qu’il voudraient réduire les baisses de prélèvements pour les entreprises de 41,5 milliards d’euros à 22,5 milliards et qu’ils sont plutôt favorables à une politique de la demande qu’à celle de l’offre ?

Je ne suis pas sûr que ce qui apparaît aujourd’hui à leurs yeux comme un marché de dupes soit de nature à les freiner, bien au contraire. Le pouvoir concède mais le patronat ne jouerait pas le jeu. Ce n’est pas pour rien que certains envisageraient de s’autonomiser en choisissant un provocant « Vive la gauche ».

Pour tous ceux que la chose publique passionne, les frondeurs, au sein du parti socialiste, avec de possibles alliances et complicités idéologiques et économiques entre eux et les communistes, le Front de gauche et une part des écologistes, constituent actuellement le principal danger pour le président de la République. Que celui-ci soit détesté par la droite est de bonne guerre et en quelque sorte de tradition partisane mais qu’il ne parvienne plus à inspirer son camp, et à imprimer dans la tête de la plupart des socialistes, est infiniment préoccupant pour lui.

Les frondeurs sont d’autant plus au cœur du débat que l’opposition, si elle est persuadée qu’elle aurait fait mieux, sait aussi dans le secret de ses délibérations que peu ou prou elle aurait engagé les mêmes mesures pour réduire les déficits, favoriser la croissance et faire baisser le chômage. Mais avec plus de force, de vigueur et de compétence.

Pour le reste, entre le libéralisme assumé par François Fillon, le social libéralisme de certains autres, le centrisme humaniste revendiqué par Raffarin et Bussereau, où se situe véritablement la ligne économique de l’UMP ?

Aujourd’hui le chômage augmente, la croissance est nulle et les déficits explosent : aucune des promesses n’a été tenue, aucun engagement respecté. Cela ne suffira pas, pour calmer non seulement les socialistes, le peuple de gauche mais tous les Français, de répéter qu’il faut du temps – plus de deux ans après l’élection de François Hollande ! – et que l’Europe est coupable, la France victime alors que celle-ci n’a pas su accomplir ce que d’autres pays ont mené à bien, en tout cas sans commune mesure avec notre déconfiture.

Oui, il faut avoir pitié de François Hollande parce qu’il n’y arrive pas, que les citoyens de gauche et de droite le perçoivent et que cela ajoute à la crise de notre nation.

Dans ces conditions, ne pas changer de politique – il en est d’autres concevables en effet – relève, pour ce pouvoir, d’un stupéfiant masochisme.

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p bilgerUn présumé innocent à la tête de l’UMP ?

On ne va jamais naturellement vers l’élégance, l’allure. Ce qui y mène plus souvent tient à la volonté de porter au plus haut une certaine image de soi. On a envie de pouvoir se regarder sans honte dans la glace.

Pourquoi une telle esthétique de l’honneur ne concernerait-elle que le singulier et jamais l’esprit collectif d’un parti ?

Pourquoi l’UMP ne pourrait-elle pas, un jour, se réveiller en éprouvant l’envie, en ayant l’ambition d’être considérée, respectée tant en raison de son fonctionnement interne, de sa gestion financière, de la qualité de sa réflexion que de l’exemplarité de son chef ? Pourquoi ce parti semble-t-il actuellement si peu soucieux de redorer son blason en tenant au moins à distance celui qui ne va pas l’ennoblir en se faisant élire à sa tête ?

Avec Nicolas Sarkozy, l’incroyable est vrai et l’inconcevable certain. Rien de ce qui est non pas illicite, illégal, mais vulgaire et indécent ne lui est, ne lui demeure étranger.

Pourtant ce n’était pas rien, déjà, que de violer allègrement son engagement, au soir de la défaite de 2012, d’abandonner la politique en affichant, depuis, pratiquement jour après jour, à la fois son désir de revanche personnelle et sa détestation agissante à l’égard de quelques-uns.

Ceux qui avaient eu le front de prétendre occuper un espace qu’il estimait lui être dévolu quasiment de droit présidentiel, malgré l’élection de François Hollande que sa personnalité, pourtant, avait largement facilitée.

Mais apparemment il y aurait bien plus.

Dans les premiers jours de septembre, il fera connaître sa décision au sujet de l’UMP comme si quiconque encore ignorait ses desseins, selon sa méthode habituelle qui pratique une discrétion ostensible et feint une réserve que son ego fait sans cesse voler en éclats.

Se présenteront contre lui deux candidats qui le valent bien et que leur moralité qualifierait plus que lui pour remettre l’UMP sur la voie du redressement : Bruno Le Maire et Hervé Mariton.

Persuadé de l’emporter, Nicolas Sarkozy a osé, si on en croit Charles Jaigu et Le Figaro généralement bien informés, poser deux conditions comme si, par avance, il se considérait comme un cadeau pour l’UMP et non tel un concurrent à égalité avec les autres.

La première lui permettrait de conserver son bureau d’ancien président rue de Miromesnil et la seconde ne le priverait pas de ses conférences juteuses dont beaucoup, paraît-il, sont déjà programmées pour l’automne.

La dernière l’a vu, au Congo, empocher une énorme somme dans des conditions où l’organisateur – la société Forbes Group Summit – entretenait des liens troubles avec le président Sassou Nguesso (Mediapart).

Que l’UMP, la date venue, puisse, après avoir accepté ce double diktat – je parie qu’elle n’aura pas officiellement la moindre opposition mais grondera dans les coulisses comme d’habitude -, porter à sa tête Nicolas Sarkozy révélera à quel point ce parti s’estime peu. En consentant à se laisser diriger par un homme qui lui dictera sa ligne politique pour sa stratégie personnelle en même temps qu’il s’abandonnera à sa passion du « fric » si voluptueusement goûtée depuis plus de deux ans.

L’UMP, en tout cas pas assez fière d’elle-même pour rejeter l’emprise d’un présumé innocent englué dans des procédures qui, si elles n’aboutissent pas, façonneront cependant une étrange et délétère atmosphère pour le principal parti d’opposition classique.

On ne sait jamais, l’UMP peut encore faire, lors du moment fatidique, la fine démocratie !

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comolliPortrait de Jean Dominique Comolli, « un homme de valeur issu de la gauche » (dixit Sarkozy)

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Voila ce que l’on pouvait lire en 2010

 

Jean-Dominique Comolli, ancien élève de l’ENA, ex collaborateur de Laurent Fabius puis Directeur de Cabinet de Michel Charasse avant d’être nommé Directeur des Douanes est « issu de la gauche » et c’est un homme de grande qualité », dixit Sarkozy qui vient de le nommer à la tête de l’Agence des Participations de l’Etat, un machin stratégique qui a la tutelle sur des centaines de milliards d’euros appartenant à la puissance publique, placés ici ou là.

Charasse-e6a4dCet homme qui a pratiqué dans le savant mélange des genres a été propulsé à la tête de la SEITA en 1993, quand cette entreprise disposait du monopole du tabac en France. Salaire annuel: équivalent de  180.000 euros.

En 1995, au nom de la libre concurrence (dogme imposé par Bruxelles), le monopole est mis à bas, la privatisation décidée et les premiers plans sociaux (saignants) arrivent. Pour prendre sa part des sacrifices subis par les salariés (ou pour s’en consoler), le PDG Comolli porte ses émoluments à 1 million d’euros.Puis c’est la fusion avec la Tabacalera SA, pour composer Altadis qui lui assure une rémunération portée à 1,2 millions d’euros à laquelle il faut ajouter deux plans de stocks options très conséquents.

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Nicolas-Sarkozy Altadis devient alors une société entièrement privée, les états français (sous DSK) et espagnols ayant vendu toutes leurs participations (à un prix très amical… pour les acheteurs)

Altadis, sans aucun « noyau dur » protecteur et de surcroît très rémunératrice est à la merci du premier prédateur venu. En 2007,  Imperial Tobacco lance une OPA que le Conseil d’administration et Comolli applaudisent. Il faut dire que les Stock-Options de ce dernier en sont très valorisées, qu’on lui en a attribuées deux paquets supplémentaires ainsi, pour faire bonne mesure, que 35.000 actions gratuites.

Pour faire bonne mesure, une modeste pension (485.000 euros annuels indexés sur l’inflation) lui est promise. Les futurs retraités bientôt spoliés si les projets sarkozystes aboutissent apprécieront ce genre de pratiques.

Comolli, décidément insatiable, se fait alors bombarder administrateur de Casino, Pernod-Ricard et Calyon, selon les bonnes vieilles habitudes du capitalisme français, foncièrement consanguin: ils sont une centaine tout au plus, les heureux administrateurs qui se croisent dans les quelques conseils qui comptent et surtout dans leurs comités de rémunération: « passe moi la rhubarbe, je te passe le séné »

« Il est important de mettre à la tête de la gestion des actifs de l’État quelqu’un qui ait à la fois une autorité politique et une expérience forte du privé », justifie le Ministère de l’économie et des finances. C’est sûr: une telle habileté de navigateur au gré des divers courants, un tel sens de l’intérêt général et un tel altruisme qui lui fera sûrement oublier ses intérêts propres nous rassurent quant à la gestion des biens publics qui sera faite, n’en doutons pas, dans le sens de l’intérêt général. 

Sources: le Canard Enchaîné de cette semaine; les échos.

http://borghesio.typepad.com/benjamin/2010/08/portrait-dun-homme-de-valeur-issu-de-la-gauche-dixit-sarkozy-1.html

Mise en ligne le 17 févr. 2009

Interview by Nicolas Burdett

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photo_bilger_1Les couvertures des hebdomadaires ne m’ont jamais choqué. La plupart du temps, vulgaires, outrancières ou partisanes, je les perçois comme une rançon inévitable de la liberté d’expression.

Par exemple, si j’éprouve une saturation face à Paris Match qui nous propose de manière lassante et répétitive Sarkozy avec Carla, Carla avec Sarkozy, le possible retour de celui-ci ou les vacances des deux, je ne suis pas indigné. Je ressens seulement une tristesse devant cet encens promotionnel alors que Paris Match sait donner sur d’autres sujets le meilleur de lui-même.

Plus sérieusement, je me trouve en complet désaccord avec la couverture provocatrice de Valeurs Actuelles qui traite, en très gros, François Hollande de « roi fainéant » et, en sous-titre, de « président potiche ».

Je conçois bien qu’un hebdomadaire de droite ou de gauche a besoin, pour attirer le lecteur, de lui imposer un choc qui rejoint son opinion profonde ou la contredit brutalement. Il faut qu’une couverture de magazine résume, sans se préoccuper d’une quelconque nuance, avec la force du péremptoire et le sommaire de la polémique, le point de vue qui sera développé dans les pages intérieures.

Par ailleurs, je n’oublie pas que durant cing ans Nicolas Sarkozy a été moqué, caricaturé, ridiculisé, dégradé, voire souillé par une multitude de « une » éclatantes par leur excès et rentables pour la vente.

Tout de même, comment oser résumer l’analyse politique cohérente, certes unilatérale mais admissible, de l’excellent Raphaël Stainville par cette indélicatesse et cette humiliation ostensibles présentant le président de la République comme un « roi fainéant » avec tout ce que nos mémoires charrient de négatif au sujet de cette appellation ?

François Hollande a été élu président de la République. Il est clair que depuis plus de deux ans, il a déçu la gauche qui ne rêvait pas de social démocratie et la droite transfuge de 2012 qui aspirait à une forme tempérée, intelligente et équitable du pouvoir. La première a été trompée et la seconde a été trahie.

François Hollande est un président de la République qui échoue, d’autant plus rudement que son optimisme tactique a récemment été contraint de s’amender, de s’infléchir. D’autant plus tristement que son Gouvernement et lui font tout ce qu’ils peuvent avec une bonne volonté et une énergie constantes mais qu’à l’évidence, la réalité et ses problèmes demeurent plus forts qu’eux, leur imposent d’insolubles interrogations.

Le président de la République n’est pas plus « un roi fainéant » qu’une « potiche ». Il travaille, il se dépense, il se déplace, il organise, il parle, il nomme, il annonce : par quelle perversion, par quelle malédiction, cette volonté de se camper sur tous les fronts, de se montrer à la fois « normal », efficient et plausible, ne parvient-elle pas à démentir l’impression que la France tourne cependant à vide, comme un pédalier dont la chaîne aurait déraillé ?

Je ne suis pas persuadé que cette offense en couverture, paradoxalement, tellement contraire à la quotidienneté de ce président qui, pour n’être pas agité, s’emploie sans cesse, ne lui rende pas service, tant même ses pires adversaires lui dénient beaucoup mais pas le fait de n’être pas un paresseux.

Ni roi fainéant ni président potiche.

Mais un président qui fait du surplace. Et la France avec lui. Depuis longtemps nous ne sommes plus à la tête du peloton mais maintenant nous frôlons sa queue.

Déplorer l’échec d’un président en le respectant est plus salubre que de lui offrir la chance d’une invraisemblable dérision.

SOURCE: http://www.philippebilger.com/

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Allain Jules

Isabelle Balkany Isabelle Balkany

La cour d’appel de Paris a confirmé jeudi la caution d’un million d’euros que doit payer Isabelle Balkany après sa mise en examen pour blanchiment de fraude fiscale, a-t-on appris de source judiciaire. L’élue UMP devra régler la somme avant la fin août. Elle fait partie du contrôle judiciaire imposé à l’épouse et première adjointe du maire de Levallois-Perret, Patrick Balkany, par les juges du pôle financier du tribunal de grande instance de Paris. 

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Un dessin par jour

pyjama rayéNicolas Sarkozy gardé à vue à Nanterre puis mis en examen (dans l’affaire des écoutes), c’est du jamais vu dans la Ve République, ce n’est pas qu’un mauvais rêve dû à un pyjama en solde, et ce pourrait bien ne pas être la dernière affaire.

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 Par IVOIREBUSINESS – Ecoutes de Sarkozy. Thierry Herzog, Gilbert Azibert, et P. Sassoust, placés en garde à vue.

Thierry Herzog, avocat de Nicolas Sarkozy.

Thierry Herzog, l’avocat de Sarkozy, Gilbert Azibert, haut magistrat, et P. Sassoust, avocat général à la chambre criminelle de la Cour de Cassation, ont été placés en garde vue lundi 30 juin au matin, à l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) de la police judiciaire, selon BFM TV, l’AFP, et le journal Le Monde.
Le magistrat Gilbert Azibert a été arrêté tôt lundi matin à son domicile de Bordeaux.

Les trois hommes ont été interpellés dans le cadre de l’enquête pour « trafic d’influence » et « violation du secret de l’instruction » en relation avec les Ecoutes téléphoniques de Sarkozy par rapport à l’Affaire Liliane Bettencourt, enquête menée par les juges d’instruction Patricia Simon et Claire Thépaut…

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L’ancien président français Nicolas Sarkozy aime les potins et commenter sans détour la personnalité des dirigeants étrangers, raconte dans son nouveau livre l’ex-chef de la diplomatie américaine Hillary Clinton, selon un extrait diffusé lundi par le site américain Politico.

« La plupart des dirigeants étrangers sont plus calmes en privé qu’en public. Pas Sarkozy« , écrit Hillary Clinton dans « Hard Choices », ses mémoires revenant sur ses quatre années passées à la tête du département d’Etat de 2009 à 2013 (« Le temps des décisions » en France), dont la publication aura lieu mardi aux Etats-Unis. Un journaliste de Politico a eu accès au livre et publié un extrait d’un paragraphe relatif à M. Sarkozy.

« Il racontait des potins, décrivait nonchalamment d’autres dirigeants étrangers comme fous ou infirmes; l’un d’eux était un ‘fou accro aux drogues’; un autre avait une armée ‘qui ne savait pas se battre’; et encore un autre descendait…

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