Articles Tagués ‘Etats-Unis’

Le Blog de Philippe Waechter

A la veille des élections américaine, l’environnement économique est toujours incertain. Aux USA la croissance est affaiblie en 2016 et le profil de l’économie mondiale est sur une pente modérée. Le commerce mondial évolue peu et ne constitue pas un stimulus pour les américains.
En d’autres termes, l’économie américaine si elle veut retrouver le chemin de la croissance devra compter davantage sur son marché intérieur que sur une impulsion externe.

De ce point de vue, les programmes des deux candidats à la présidence indiquent des solutions très différentes et souvent opposées.

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Neuf points à suivre cette semaine dans la conjoncture globale

Point #1Pas d’accord à Doha, le prix du pétrole en repli
L’échec de la réunion de Doha, le dimanche 18 avril, traduit l’impossibilité d’un accord coopératif sur l’offre de pétrole.
A Doha, seize pays producteurs avaient rendez vous avec pour objectif de stabiliser la production de pétrole. Parmi les pays se trouvaient la Russie, l’Arabie Saoudite, le Qatar, le Venezuela et quelques autres. Il n’y avait pas les Etats-Unis et l’Iran n’était là qu’en observateur.
Le souhait, annoncé depuis la mi février, était de stabiliser la production de pétrole au niveau de janvier 2016 pour les pays signataires. L’objectif premier était d’éviter une baisse supplémentaire du prix de l’or noir alors qu’il était au voisinage de USD 30. La stabilisation de la production pour les 2 principaux producteurs aurait permis de prendre l’avantage lorsque la production américaine se…

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La zone Euro perméable aux chocs extérieurs.

6 éléments à retenir dans la semaine écoulée pour bien appréhender la conjoncture économique

Point #1La dynamique de la zone Euro plafonne
La publication de l’estimation avancée de l’enquête Markit pour le mois de mars suggère que l’économie de la zone Euro ralentit par rapport aux derniers mois de 2015 (point haut en novembre). Cela s’observe sur l’indice global qui au premier trimestre s’inscrit en moyenne à 52.4 contre 53.1 durant les trois derniers mois de 2015. On notera que le chiffre de mars à 52.3 est inférieur à celui de la moyenne du trimestre ce qui montre une dynamique limitée. Lire la suite

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9 éléments à suivre cette semaine pour appréhender la conjoncture

Premier pointLa dynamique mondiale reste limitée
Les chiffres du commerce mondial ont été publiés pour le mois de novembre. Sa progression sur un an est de 2%, soit une progression qui reste en-dessous de ce qui était observé avant la crise de 2008. L’Asie hors Japon est la région la plus pénalisante pour l’évolution des échanges avec une contribution négative. Les Etats-Unis n’ont pas non plus une contribution forte mais elle est positive. La zone Euro et l’Afrique et le Moyen-Orient ont une contribution positive aux échanges

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crise-bancaire-comptes-ponction

« Nous le savons, depuis le 1er janvier dans tous les pays de l’Union européenne, une banque en situation de faillite pourra ponctionner les comptes de ses clients afin de se renflouer. La directive BRRD (Bank Recovery and Resolution Directive) est désormais entrée en vigueur, un scandale que nous dénonçons ici depuis 2013. Malheureusement, cette idée – qui n’est rien d’autre qu’un vol légalisé – semble avoir du succès : elle sera sans doute bientôt mise en œuvre en Suisse. Si même la Suisse s’y met…

Et attention ce n’est pas fini : il semble que les Etats-Unis s’engagent sur la même voie ! Le 30 novembre dernier, la banque centrale américaine a pris une décision de la première importance, mais dont les médias ont peu parlé : elle a édicté une nouvelle loi qui supprime un de ses mandats originaux de 1913, celui d’être le prêteur de dernier ressort des banques, GoldBroker vous l’avait signalé. Désormais, comme l’explique CNN, « en fonction de cette nouvelle règle, les banques qui font faillite – ou semblent être en faillite – ne peuvent en aucun cas recevoir de prêts d’urgence de la Fed. »

Mais alors, comment les banques américaines feront-elles en cas de pertes majeures mettant en cause leur existence ? Justement, il ne reste plus beaucoup de possibilités, il n’en reste même qu’une : ponctionner les comptes des clients. C’est précisément ce qui inquiète le blog The Economic Collapse : « Fondamentalement, ce qui arrive, c’est que la responsabilité a été transférée des acteurs bancaires à la banque elle-même pour maintenir sa solvabilité. […] Et si leurs «avoirs» [des créanciers et des actionnaires] ne sont pas assez importants pour sauver la banque, ceux qui détiennent des comptes bancaires privés (les déposants) seront ponctionnés comme nous l’avons déjà vu à Chypre. » Selon The Examiner : « Avec le Dodd-Frank Banking Reform Act, qui permet maintenant aux banques de ré-hypothéquer l’argent et les comptes de leurs propres clients dans le cas d’une crise de liquidité, […] c’est maintenant le public qui fournira les fonds pour sauver les banques lors des futures crises. » D’autant que désormais – scandale supplémentaire – les produits dérivés que détiennent les banques deviennent prioritaires sur les comptes des clients : « En principe, les déposants sont les premiers créanciers d’une banque. Cependant, cela a changé avec le Bankruptcy Act de 2005, qui modifia le statut des dérivés en créances senior donc prioritaire. » (GoldBroker via Web of Bebt Blog).

Europe, Etats-Unis, on parie que la Japon va s’y mettre, si ce n’est déjà fait ? Puis la Chine ? Les pays émergents ne devraient pas manquer de reprendre cette excellente idée… C’est dans la logique des choses, enfin la logique étatique surtout : les Etats sont surendettés, ils ne peuvent plus, comme en 2008, lever plusieurs centaines de milliards pour faire face à une crise financière. D’un autre côté, ils n’ont pas le courage de réformer en profondeur le secteur bancaire (séparation banque de dépôt/banque d’affaire, nette élévation des fonds propres, faire la vérité sur les produits dérivés). Mais ils savent qu’une crise surviendra un jour ou l’autre, les programmes d’assouplissement quantitatif des banques centrales ont généré des bulles mais pas de croissance réelle, le réveil sera douloureux. Aux épargnants de payer, voici la solution ! »

Philippe Herlin, Goldbroker.fr, le 7 janvier 2016

https://olivierdemeulenaere.wordpress.com/2016/01/07/ponction-comptes-bancaires-etats-unis-aussi/#more-35945

A propos Olivier DemeulenaereOlivier Demeulenaere, 50 ans Journaliste indépendant Macroéconomie Macrofinance Questions monétaires Matières premières

 

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Periscope – BCE, Fed et Emploi US

Le Periscope fait à 1600 est en ligne dans la vidéo ci-dessous.
Philippe Waechter évoque les enjeux de la politique monétaire de la BCE, la stratégie de la Fed et le profil de l’Emploi américain pour le mois de novembre.

Voici 3 graphes que j’évoque dans la vidéo
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L’indice ISM du secteur manufacturier n’était pas tombé sous le seuil de 50 depuis novembre 2012. Il avait alors été calculé à 48.9 avant de rebondir à 50 en décembre. L’épisode de novembre 2015 durant lequel l’indice est tombé à 48.6 sera -t-il similaire? C’est la première interrogation.
L’autre question est que cette faiblesse de l’activité manufacturière ne va pas pousser la Fed à agir dans la précipitation. Depuis 1986, la banque centrale américaine n’a jamais remonté son taux de référence lorsque l’ISM manufacturier est en dessous du seuil de 50.
La probabilité de voir la Fed changer de stratégie s’est nettement atténuée après la publication de l’indicateur (inférieure à 50%)
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Interview sur la politique monétaire américaine publiée sur le site Atlantico.fr
Retrouvez le sur le site ici

Atlantico : La Fed a annoncé qu’elle laisserait inchangé ses taux d’intérêts mais qu’elle pourrait procéder à l’amorce d’un resserrement en décembre. Ce qui a, en partie, pu surprendre les marchés financiers. Cette décision peut-elle est interprétée comme un durcissement de la politique monétaire américaine ?
Philippe Waechter : Lors de la conférence de presse de septembre, la Fed était sortie du jeu alimentant l’idée que toute hausse des taux était potentiellement exclue pour 2015.
En supprimant la référence aux évolutions externes (volatilité des marchés et croissance globale) et en ajoutant une référence à ce qui pourrait être fait lors du prochain meeting, la Fed est revenue dans le jeu. Il n’était pas attendu de changement de politique monétaire lors de cette réunion, il n’y en a pas eu mais la Fed s’est…

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Le chiffre de l’emploi est en net ralentissement depuis le mois d’août. En septembre, 142 000 emplois ont été créés simplement et le chiffre de créations d’août a été nettement révisé à la baisse à 136 000 contre 173 000 initialement annoncé.
Depuis le début de l’année le chiffre moyen de création d’emplois est de 198 000 contre 238 000 en 2014 sur la même période.
Sur le graphe on observe clairement le changement de tendance. Les chiffres de 2015 sont sur les 2 derniers mois nettement en-dessous de ceux de 2014.
Il est cependant clairement trop tôt pour parler de changement de régime.

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Dans sa décision de ne pas augmenter ses taux d’intérêt, la Fed suggère simplement qu’elle préfère agir plus tard que trop tôt. Elle a encore le sentiment, notamment au regard de l’environnement global et du risque qui y est associé, que c’est un peu trop tôt. Un choc sur l’économie globale pourrait modifier la trajectoire de l’économie US et cela la Fed ne le souhaite. Elle préfère que la trajectoire de cette économie soit plus robuste.

Est ce que les conditions auront changé en décembre ? Ou sera t il nécessaire d’attendre 2016? Il est encore trop tôt pour le dire mais la Fed ne semble pas pressée d’agir.

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Retrouvez le document Perspectives Economiques – Septembre 2015

Ce qu’il faut retenir

  • La dynamique du commerce mondial est réduite. Les échanges sont à un haut niveau mais ils n’accélèrent plus
    Il n’y a pas de moteur fort capable d’entrainer la croissance mondial
    Chaque pays ou zone géographique doit définir par lui-même les moyens de sa croissance en renforçant sa demande interne
    Les politiques économiques seront durablement accommodantes
  • Pas de tensions sur l’appareil productif => inflation basse
  • Pas d’attentes fortes sur les Etats-Unis et l’économie chinoise est en phase d’ajustement durable
  • La zone Euro connait une reprise modérée – Elle ne doit pas hésiter à utiliser l’arme budgétaire pour soutenir sa demande interne
  • Les excès passés (endettement privé) pèsent sur la capacité de tous ces pays à retrouver une allure plus robuste
  • La conséquence majeure de cette dynamique conjoncturelle réduite est la baisse durable du prix des matières premières et du…

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Dans une maison de courtage à Kuala Lumpur, en Malaisie, le 24 août 2015. 

Crise chinoise : les Bourses européennes clôturent en forte baisse, Paris chute de 5,35%

Les investisseurs s’alarment, lundi, des conséquences du ralentissement chinois sur la croissance mondiale.

LIRE: http://www.francetvinfo.fr/monde/asie/direct-inquietes-pour-l-economie-chinoise-les-bourses-europeennes-decrochent_1054549.html#xtor=EPR-51-%5Bdirect-inquietes-pour-l-economie-chinoise-les-bourses-europeennes-decrochent_1054549%5D-20150824-%5Bbouton%5D

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L’économie globale manque de perspectives de croissance à moyen terme (voir ici).
Si l’on veut comprendre la dynamique récente des marchés financiers et des matières premières c’est par ce prisme qu’il faut commencer.
Cette perception s’est accentuée récemment avec l’évolution de la situation en Chine. Jusqu’à présent, les autorités chinoises avaient géré le ralentissement de leur croissance avec des mesures internes. Cela s’était traduit notamment par des évolutions rapides de l’endettement des entreprises publiques. Cela n’a fonctionné qu’un temps (voir ici). Le soutien via le marché des actions n’a pas bien fonctionné non plus.

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imageLe projet du Pentagone, dévoilé par le New York Times, vise avant tout à envoyer un message de fermeté à l’attention du Kremlin et à rassurer les pays de l’OTAN qui sont à la frontière russe et s’inquiètent de la guerre en Ukraine.

Si la proposition du Pentagone était validée par la Maison Blanche, les Etats-Unis pourraient déployer jusqu‘à 5 000 hommes et entreposer des armes lourdes, dont des chars dans les 3 pays baltes ainsi qu’en Pologne, en Roumanie en Bulgarie et éventuellement en Hongrie.

Cette force de dissuasion symbolique serait la réponse des Etats-Unis à l’annexion de la Crimée par la Russie en mars 2014 et ce serait la première fois que les Etats-Unis disposeraient d’armes lourdes dans ces pays qui appartenaient à la sphère d’influence soviétique jusqu’en 1991.

Source : http://fr.euronews.com/2015/06/14/les-etats-unis-envisagent-d-etablir-une-presence-militaire-sur-la-frontiere/

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Pierre Carles* : « En France, c’est l’omerta médiatique sur l’Équateur »

Pierre Carles - D.R

Pierre Carles – D.R

*http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Carles

Pourquoi la politique du président équatorien Rafael Correa, qui va à l’encontre des plans d’austérité et enregistre depuis huit ans des succès économiques, a-t-elle aussi peu d’écho en France ? Bien connu pour son travail de critique des médias, le documentariste Pierre Carles s’est penché sur la question dans son dernier film « Opération Correa Épisode 1 : Les ânes ont soif ».

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Entretien.

Qu’est-ce qui vous a poussé à parler de Rafael Correa ?

À l’origine, Le Monde Diplomatique m’a demandé d’enquêter sur le fait que le journal n’est jamais cité dans les revues de presse radiophoniques, alors qu’il a pourtant le plus grand rayonnement à l’étranger [35 éditions internationales, 19 langues, ndlr]. À côté de ça, le Monde diplomatique a retranscrit la conférence de Rafael Correa du 6 novembre 2013 à la Sorbonne. Je me suis aperçu que ces propos n’avaient pas été repris par les grands médias français. C’était le silence total sur la politique menée depuis huit ans en Équateur. Mes collaborateurs Nina Faure, Aurore Van Opstal, Julien Brygo et Brice Gravelle sont donc allés au contact des responsables d’information français pour les interpeller au sujet de cette omerta médiatique.

Le président Rafael Correa reçu à l'Élysée en 2013 - D.R

Certains journalistes comme Ivan Levaï refusent de traiter ce sujet et d’autres, comme Christophe Barbier, estiment plus subtilement qu’il s’agit d’une pensée trop complexe pour être synthétisée à une heure de grande écoute…

Correa avait toutes les qualités pour être invité dans un grand média : il parle français, possède un certain charisme, il est économiste – non orthodoxe certes, mais reconnu. Et il est à la tête d’un pays qui, selon les standards traditionnels des grands médias, a des résultats économiques supérieurs à ceux de l’Allemagne. On pourrait se dire : « Tiens, il y a d’autres politiques que l’austérité. » Mais non! On répond par des arguments totalement fallacieux : « On ne peut pas traiter ces sujets à 20 heures sur TF1. Les gens n’en veulent pas! » Ivan Levaï a eu une réplique qui a donné son titre au film : « On ne donne pas à boire aux ânes qui n’ont pas soif ». Ça dénote un certain niveau de mépris pour l’auditeur. Et c’est une conception assez étrange de l’information que de fabriquer cette censure préalable.

C’est un peu ce que dit Christophe Barbier aussi, avec d’autres arguments. Ce qui se passe en Équateur va à l’encontre des politiques néo-libérales et reaganiennes que ces éditocrates nous présentent comme inéluctables. Alors ils préfèrent ne pas en parler. C’est un travail de flic de la pensée, destiné à maintenir un ordre établi injuste. Ils n’ont pas intérêt à ce que ça change s’ils veulent maintenir leur position de pouvoir, leurs privilèges, ceux de leurs propriétaires et de la classe dirigeante à laquelle ils appartiennent.

En salle, le film est projeté avec votre court-métrage « J’ai mal à la dette », où l’on voit notamment Susan George (Attac), les économistes Aurélie Trouvé, Jean Gadrey, Bernard Friot, Michel Husson…

Ce court-métrage porte sur le chiffrage de la part illégitime de la dette publique française. Selon le rapport du Collectif pour un Audit Citoyen de la dette publique, 59% de cette dette est illégitime. Elle devrait donc faire l’objet d’un défaut de paiement. À nouveau, il faut lire des médias indépendants pour prendre connaissance de cette idée.

Concrètement, quelles sont les solutions préconisées par les économistes que vous mettez en avant ?

Réguler la finance, les excès des dominants. Ce qui n’est pas très révolutionnaire en soi. Expliquer que la dette est une manière de faire la guerre… sans armée. Quand on endette un pays, on l’occupe. C’est ce qui est arrivé à la Grèce : le taux de pauvreté a augmenté, le chômage a explosé, et le Produit Intérieur Brut (PIB) a chuté de 25%.

Pour que l’entreprise d’occupation financière cesse, il faut opérer un défaut de paiement. Dire qu’une grande partie de la dette a servi des intérêts particuliers, et non la collectivité. En chiffrer la part illégitime. Sur ce point, le Comité de l’annulation de la dette du Tiers-monde (CADTM) recense quatre niveaux, en fonction des ravages commis : part illégale, part illégitime, part odieuse, et part insoutenable. En Grèce, on n’est pas loin de la dette odieuse, qui porte atteinte aux droits fondamentaux des citoyens : se loger, se nourrir…

Il faut établir un rapport de force avec les créanciers qui continuent à ponctionner, pomper, exploiter. Avant, on faisait la guerre pour piller des ressources. Maintenant le pillage se fait de manière plus maline et plus « light ».

Est-ce que les mouvements de gauche radicale, comme le gouvernement de Syriza en Grèce, ou Podemos en Espagne, sont réceptifs à l’expérience équatorienne?

En 2008, l’Équateur a effectué un défaut de paiement sur la dette publique en la considérant comme illégitime. Il n’y a pas de raison pour qu’on ne puisse pas le reproduire ailleurs. Ce n’est pas un hasard si Eric Toussaint, l’un des fondateurs du CADTM, a participé à l’audit de la dette équatorienne et à la commission qui chiffre la part illégitime de la dette publique grecque. Les dirigeants grecs et Podemos regardent de très près comment fait l’Équateur pour rendre sa dette soutenable. Retrouver des marges de manœuvre financière. Injecter une partie de l’argent économisé dans des programmes d’investissement public, dans l’éducation, la santé. Ce que la Grèce ne peut pas faire aujourd’hui, tant qu’elle est confrontée à cette dette insoutenable.

La pression de la dette grecque est exercée par l’Allemagne. Comment l’Équateur s’est-il affranchi des États-Unis ?

Il a bénéficié de l’élection d’Hugo Chavez en 1998, qui a marqué un changement des relations entre une partie de l’Amérique latine et les États-Unis. À son arrivée au pouvoir, Correa a fermé la base étasunienne de Manta, sur la côte pacifique. Officiellement dédiée à la lutte contre le narcotrafic, elle constituait en réalité une ingérence très claire dans la souveraineté du pays. Leurs premières mesures ont donc été de retrouver leur souveraineté en fermant ces bases ou en récupérant les ressources minières pillées par les compagnies pétrolières, dont les profits partaient à l’étranger.

L’Équateur a contracté un important emprunt avec la Chine, qui est devenu son premier investisseur. N’est-ce pas juste une façon de déplacer le problème ?

La différence avec les dettes antérieures, c’est que la Chine n’interfère pas dans la politique du pays. Quand le FMI prête de l’argent, il demande des ajustements structurels. La Troïka et les organismes prêteurs ordonnent à la Grèce des mesures. Le rapport de force n’est pas le même.

L’Équateur a besoin d’argent pour ces projets dans l’éducation, la santé, la sécurité sociale, l’augmentation des salaires. Avec des prêts de la Chine et du Vénézuela, dix milliards de dollars ont également été investis dans une raffinerie géante, la Raffinerie du Pacifique, afin de pouvoir exporter un pétrole raffiné. À terme, il y a une volonté de souveraineté économique et de production locale. Aujourd’hui, l’Équateur, qui exporte son pétrole brut à un prix relativement faible, se retrouve obligé d’en importer pour sa consommation locale, raffiné ailleurs, à un prix plus élevé. La différence va dans des poches étrangères.

Pour autant, peut-on parler de miracle équatorien ?

La Colombie, en guerre civile depuis des dizaine d’années, voit avec envie ce qui se passe chez son voisin. Depuis l’arrivée de Correa, les inégalités entre les 10% les plus riches et les 10% les plus pauvres ont baissé. Des routes ont été construites et réparées. L’État est relativement présent sur l’ensemble du territoire. Il y a des hôpitaux, des dispensaires, des écoles gratuites. C’est le résultat de luttes. Ces avancées impressionnent les pays voisins. Néanmoins, c’est un modèle productiviste et centralisé, ce qui est critiquable.

Qu’est-ce qui lie ces nouveaux états sud-américains, souvent d’inspiration bolivarienne?

Chavez, Correa, Morales ou Kirchner en Argentine sont arrivés au pouvoir de manière différente. Ils se sont entraidés en créant des organismes de coopération importants, se passant des États-Unis. Quand il y a eu des tentatives de coup d’état – au Vénézuela en avril 2002, en Équateur en septembre 2010 – les autres pays se sont montrés solidaires. Pour eux, ce n’est plus possible qu’on remette en place des dictatures de droite appuyées par les États-Unis.

On reproche à ces gouvernements de faire preuve d’autoritarisme, voire d’être des dictatures…

Dans un reportage, Arte avait qualifié Chavez de dictateur quand il a été victime du coup d’état d’avril 2002. C’est un retournement incroyable. Le sujet racontait qu’il avait démissionné. Ce qui était complètement faux. Il y a de la désinformation dans des journaux comme Libération. Paulo Paranagua, responsable du service Amérique latine du Monde est un anti-castriste et anti-chaviste primaire. Si on veut s’informer sur ce qui se passe dans ces pays, il vaut mieux lire Le Monde Diplomatique, l’Humanité ou les articles de Patrick Bèle dans Le Figaro.

On voit dans votre film que Correa a fermé trois chaînes de télévision et une radio en 2008. Son rapport aux médias est controversé

Je ne suis pas sûr que le premier reproche qu’on puisse lui faire soit d’avoir régulé l’audiovisuel en 2013, en inscrivant dans la Constitution une part de 33% de médias publics, 33% de médias privés et 33% de médias communautaires et associatifs. On ferait mieux de s’en inspirer. Une journaliste espagnole a reproché à Correa d’avoir fermé des médias2 appartenant aux banquiers de la Filanbanco, les frères William et Roberto Isaias, en exil à Miami et accusés de détournement de fonds. Elle trouve inconvenant qu’une partie du capital ait été redistribuée aux salariés. Or c’est plutôt une bonne chose que les salariés soient propriétaires de leur outil de travail. Car ces médias ne sont pas neutres : ils appartiennent à des gens qui sont dérangés dans leur business, à des banquiers qui ont pillé le peuple équatorien au moment de la fermeture des banques en 1999. Les intérêts de ces médias détenus par des groupes industriels ne vont pas forcément dans le sens de l’État équatorien.

On ne peut pas dire que tout est rose en Équateur…

Non. Par exemple, les mouvements sociaux qui contestent des aspects de la politique de Correa ne sont pas pris en compte. En avril dernier, à Quito, des manifestations ont dénoncé la politique extractiviste qui consiste à puiser dans les ressources minières et pétrolières pour développer le pays… en occasionnant des ravages environnementaux – et sans qu’il y ait forcément de concertation. On attendrait aussi d’un régime progressiste des mesures envers les femmes, comme la légalisation de l’avortement. Au bout de huit ans, des penchants autoritaires se révèlent et dérangent à la gauche de Correa. Quand on enquêtera sur place, on parlera des avancées mais aussi de ces aspects problématiques.

Il y a également une volonté d’adopter le tout électrique qui n’est pas sans poser problème…

Aujourd’hui, les habitants cuisinent au gaz, ce qui coûte très cher à l’État, qui subventionne les bouteilles de gaz importé. Celui-ci veut généraliser le passage aux plaques à induction, et un programme d’équipement et de subvention est à l’oeuvre. Correa a également lancé la construction de huit barrages hydro-électriques très importants qui devraient, à court terme, permettre au pays d’être autonome en énergie renouvelable. Sur le papier, ça tient la route. Mais ce programme ne tient pas compte des habitudes culturelles des habitants. D’où des résistances et des contestations de pans entiers de la population qui ne se sentent pas associés à cette politique.

Comment avez-vous préparé l’enquête qui doit faire l’objet de cette deuxième partie?

En mars, avec Nina Faure, on a fait un repérage de trois semaines sur le terrain. Voir comment ça se passe. Sentir le pays. Rencontrer des pro-Correa et des opposants de gauche, des déçus. On n’est pas allés voir l’opposition de droite issue de l’oligarchie. On est allés dans la campagne voir d’autres réalités que celles des trois grandes villes de Quito, Cuenca et Guayaquil.

On a une idée, forcément imparfaite, de ce qui fonctionne et de ce qui pose problème. On va essayer de la sortir en début d’année prochaine. Peut-être qu’on l’appellera « Révolution et induction », en référence à ces plaques à induction qui cristallisent à la fois des aspects intéressants et problématiques.

Selon vous, Correa est soutenu par les classes populaires…

En 2013, il a été réélu [pour la troisième fois] au premier tour avec 57% des voix, dans un pays où il n’y a pas d’abstention car le vote est obligatoire. C’est une assise très large. Comme en Bolivie, où Morales a été élu avec 61% des voix au premier tour. Ces gouvernements ont une légitimité populaire énorme. Les gens ont vu les améliorations de leur niveau de vie, avec une retraite supérieure à ce qu’ils avaient avant – quand ils en avaient une. Avant, vous pouviez crever dans un hôpital parce que vous n’aviez pas d’argent! Maintenant les hôpitaux privés ont l’obligation, en cas d’urgence, de vous recevoir, et on peut désormais s’y faire soigner avec la sécurité sociale. Faire des études gratuites. Ces mesures ont amélioré le sort des plus pauvres et énervé les plus riches.

N’y a t-il pas un risque de vous laisser fasciner par le personnage?

Chaque fois qu’on fait des films, on peut se laisser fasciner. Mais on ne travaille pas seul. Le travail collectif permet de limiter ce risque. On présente des versions de travail à un public restreint pour recevoir des critiques, s’améliorer. Les retours critiques ne nous font pas peur. C’est comme ça qu’on fait des films qui tiennent la route.

Pierre Carles - D.R.

En 2012, Correa a donné asile à Julian Assange, le fondateur de Wikileaks, dans son ambassade de Londres. Pourquoi, selon vous?

Peut-être pour un enjeu de politique intérieure. C’était une façon pour Correa, très contesté par l’opposition sur son rapport aux médias, de leur faire un pied de nez en disant : « Je suis un grand défenseur de la liberté d’expression. Je donne l’asile à Julian Assange. » Toujours est-il qu’il fallait avoir le courage de le faire et de se mettre à dos les États-Unis, très fâchés de ne pas pouvoir l’extrader.

En 2013, l’avion d’Evo Morales a été stoppé à Vienne par la France, l’Italie, l’Espagne et le Portugal, car les États-Unis le soupçonnaient de transporter Edward Snowden. Ça a fait un scandale en Amérique latine. Il y a eu des manifestations devant l’ambassade de France à la Paz. Des drapeaux français ont été incendiés. Evo Morales a expliqué qu’il a été séquestré. On a même tenté de fouiller son avion présidentiel, qui bénéficie pourtant d’un statut d’extraterritorialité. C’est une ingérence des États-Unis dans les affaires de ces quatre pays européens, qui se sont comportés comme des vassaux. Tout ça aurait dû faire l’objet d’enquêtes et la Une des journaux. Mais il y a un tel parti-pris pro-américain que c’est passé, en France, comme une lettre à la poste.

Le but est d’étaler ces films jusqu’aux présidentielles 2017, avec un financement participatif…

Le premier épisode a été financé avec très peu. On l’a sorti au cinéma pour le faire circuler et rapporter un peu d’argent. Le deuxième est en train d’être financé par les internautes. Toutes les ressources sont les bienvenues, à condition qu’elles ne nous lient pas. Pas question de recevoir d’argent du gouvernement équatorien. Quant aux chaînes de télévision françaises, l’Équateur n’a pas l’air d’être leur priorité. Et mes films en sont bannis. En dix-sept ans, aucun de mes huit long-métrages n’a été diffusé sur une chaîne de télévision. On n’a pas d’autre choix que d’aller chercher un financement auprès des spectateurs, des internautes.

Est-ce une façon de s’adresser aux futurs candidats de 2017, tout comme le précédent film « DSK, Hollande, etc. » se référait aux élections de 2012?

En 2012, on a voulu montrer à quel point le jeu est faussé. Les grands médias orientent le vote des électeurs, construisent des catégories de gros et de petits candidats, et fabriquent un duo jugé « sérieux ». Ils arrivent à mettre dans la tête des gens qu’il n’y pas d’autres choix possibles que ces deux là, dont les programmes sont en réalité très proches. C’est pour cela que les médias ont promu les candidatures de DSK et François Hollande, tous les deux issus de l’aile droite du Parti Socialiste. Tout en prenant au sérieux la candidature de Nicolas Sarkozy. Le choix proposé, c’était droite-droite et non droite-gauche, comme on l’a fait croire au deuxième tour.

Avant l’élection de mai 2017, on va essayer avec ces films de contribuer à l’enrichissement du débat politique. Faire connaître aux citoyens l’existence d’autres modèles de société. Il ne faut pas compter sur ces grands médias pour nous en informer.

Vous avez participé à l’expérience de Pour lire pas lu / Plan B, « le journal qui mort et fuit » dont le nom est inspiré de votre film « Pas vu pas pris ». Où en est la presse alternative ?

Il y a pas mal de journaux indépendants comme Fakir, CQFD la Décroissance, la Brique, Silence, l’Envolée… Mais pas de radio ou de télé alternative. Pour l’instant, les médias indépendants ne constituent pas une alternative aux médias dominants pour le grand public.

Si on veut qu’il y ait un jour des médias alternatifs, il faudrait déjà que les médias traditionnels aient moins d’espace. Je milite pour une réduction de leur l’espace. Pour la suppression de certaines chaînes et radios hégémoniques. Si on veut voir émerger de véritables radios ou télévisions de gauche, communiste, il faudrait que les médias de droite privés et publics cèdent un peu leur place. Qu’ils cessent de nous asphyxier avec leur pensée néo-libérale. Ce qui passe par des mesures coercitives, parce que si on leur demande ils ne le feront jamais. On en est encore loin. Mais on a vu en Équateur qu’il est possible de réguler le spectre audiovisuel. J’espère que ça sera fait ici un jour.

 

Notes

1 En 2008 les chaînes de télévision Gamavision, TC Television et Cablevision appartenant aux frères Isaias ont été saisies. La radio Sucre a également été fermée

2En 2011, après une plainte de Rafael Correa, quatre dirigeants du journal de droite conservateur El Universo ont été condamnés pour diffamation à trois ans de prison, dont l’éditorialiste Emilio Palacio, frère de l’ancien président Alfredo Palacio, depuis parti aux États-Unis

Julien Le Gros

Julien Le Gros est un journaliste indépendant, spécialisé sur les cultures d’Afrique.
Il a notamment écrit dans pour Jazzman – Jazz magazine, Afriscope, Mondomix.. mais aussi sur Internet avec Africultures, Mondafrique, Tribune 2 l’artiste, International Hip Hop. Il a fait des reportages au Kenya, Cameroun, Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Sénégal et récemment en Guinée Conakry sur le virus Ebola.
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