Archives de la catégorie ‘5 – GUERRES & Conflits’

C’est très sérieux. C’est LE grand expert de la cybersécurité Bruce Schneier qui l’a écrit sur son blog hier “quelqu’un est en train d’apprendre à détruire Internet” ce sont ses mots. Quand Bruce Schneier dit quelque chose comme ça, il faut mieux y prêter attention….

Schneier explique que depuis un ou deux ans, les entreprises critiques de l’internet, subissent des attaques précises, calibrées, dont le but semble être de tester leurs défenses, et d’évaluer les moyens nécessaires pour les mettre à bas. C’est le cas par exemple de Verisign, dont le rapport trimestriel de ce type d’attaques. Verisgn, c’est l’entreprise américaine qui gère notamment les noms de domaine en .com et .net si Verisign tombe, c’est tout un pan de l’Internet mondial qui disparaît.

Qu’est-ce que ces attaques ont de particulier ? Schnieier l’explique très bien.

Les attaques les plus courantes sur Internet, sont ce qu’on appelle les attaques en déni de service (en Ddos). ……..Lire:

http://www.franceculture.fr/emissions/la-vie-numerique/quelquun-se-prepare-detruire-internet#

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La Russie bombarde la Syrie… avec ses armes vieillies, sinon vieillottes

Tu_22 bombing bayLa première photo parue n’est pas sans étonner, en effet. C’est celle de la soute d’un bombardier russe censé être en train de larguer ses bombes sur Daech, en Syrie (ou plutôt sur les opposants à Bachar de l’armée syrienne libre). La vue révèle une soute ancienne, avec ses câbles et tuyauteries apparents. Celle d’un bombardier Tu-22M dont la disposition interne est bien connue. Or l’avion a volé pour la première fois en… 1969, les engins de production ayant volé trois ans plus tard et la version vue en Syrie  a volé en 1976 pour la première fois. En somme, la Russie bombarde avec des avions vieux de… bientôt 40 ans. L’engin a été connu pendant la guerre d’Afghanistan, où il faisait comme le B-1 américain, à savoir qu’il servait de camion à bombes conventionnelles. : il servira de même pour pilonner et écraser Grozny ou plus tard en Georgie, où l’un d’entre eux sera abattu par un missile S-200 Dubna, qui lui était sorti en… 1966. Le bombardier de 112 tonnes à pleine charge ne peut lancer de bombes guidées, aussi se contente-t-il de les larguer de haut, bombing syria TU-22ses contres-mesures anti-missiles semblant bien vieillottes et dépassées. L’avion à un autre handicap (outre sa gourmandise en kérosène) il ne vole qu’à 2300 km maxi de sa base car il est dépourvu de perche de ravitaillement. Question précision de bombardement, la Russie est avec ce modèle fort en retard  : s’il y a bien eu un test en 2009 sur un exemplaire de conduite de tir à partir de données GPS fournies par le réseau de satellites Glonass, pour l’instant, et faute de crédits, peu d’appareils semblent en avoir été équipés, même si en 2012 on annonçait la livraison d’un premier exemplaire opérationnel du genre. Trente appareils auraient du suivre, mais en 2014 encore, Ria Novosti (le pré-Sputnik) annonçait pouvoir en recevoir « 10 au final » si tout allait bien « avant la fin de l’année« . L’analyste Piotr Bukowski,dans un numéro de Combat Aircraft de 2014, après étude d’images satellites, expliquait que sur les 500 construits, il en reste fort peu en état de fonctionner (les ukrainiens ont été détruits en 2002  à la pelleteuse, pour respecter les accords SALT) :  28 avions à Shaykovka, 40 à Belaya à et 10 à Ryaza, selon lui. Soit moins de cent exemplaires. Et même pas 10 équipés du nouveau dispositif de bombardement !!! C’est donc un bon vieux camion à bombes de la guerre d’Afghanistan qui a repris du service, bonjour les dégâts collatéraux en cas d’emploi au dessus de villes  !!! Cela n’a pas empêché le magazine pro-Poutine Sputnik de pavoiser, pourtant aussitôt après (on remarquera les bombes larguées au dessus d’un tapis de nuages, sans assistance GPS : à se demander où ça a bien pu tomber !!!). 

canard russe

su-34Le deuxième engin révélé, s’il semble lui aussi nouveau sur un conflit… n’est pas non plus un appareil neuf, loin s’en faut. Haut sur pattes, train principal à diabolo en ligne, bec de canard comme pointe avant et vaste cockpit deux places côte à côte, c’est bien le Su-34 en effet. Dérivé des Su-27, il a volé pour la première fois il y a 25 ans, déjà, pour le prototype ! Au départ, c’était un avion destiné à la… surveillance maritime longue distance : à bord, il y a même des toilettes à bord et un four à micro-ondes pour se faire à mangesu-34 constructionr !!! On ne sait pas quel menu est prévu pendant le bombardement de Daech : du bacon, peut-être ?). Mais l’engin a longtemps été laissé de côté, faute encore une fois de crédits : l’armée de l’air russe ne l’a commandé qu’en 2008, seize ans après le vol du premier avion de production!!!

« L’écraseur ultime de Daech » selon Sputnik revient de loin en effet : prévu pour remplacer les Fencer Su-24 de la Marine russe, on l’avait mis de côté en prolongeant la vie de ces derniers, qui s’étaient montrés robustes et efficaces : la Russie n’avait tout simplement pas d’argent pour le construire. On l’oublie, mais l’armée russe sort à peine de dizaines d’années de disette et de bricolages en remplacement. Décrit comme « l’avion le plus avancé envoyé en Syrie » par the Aviationist, ce qui me semble un peu abusif, l’engin n’a été déployé à Latakia qu’à six exemplaires seulement. Lors du défilé de 2015, on a pu en voir 14 en vol… mais il n’y en a pas beaucoup plus sur les 92 commandés par Poutine en 2012… les chaînes de production, restées fort archaïques, comme on peut le voir dans ce superbe reportage (et celui-ci) sont nettement à la traîne (photos English Russia).

russiancrash3L’appareil emploie à vrai dire fort peu de matériaux modernes, type composite, et son architecture générale à base d’aluminium est archi-traditionnelle, avec longerons et lisses rivetés. La grande industrie de guerre poutinienne moderne est en fait un petit artisanat spécialisé à la JP Pernaud (l’avion a 57 000 pièces paraît-il, faites ou montées à la main) ! A noter que les avions envoyés en Russie ont été pris sur les stocks existants, et leurs insignes russes... ont été masqués. Seul le numéro (« Bort »est laissé visible. Comme bombes, l’avion emporte sous le ventre une bombe guidée par satellite, de 500 kilos, la KAB-500S-E, comme on peut le voir ici. Mais celle-ci est loin d’être récente : elle est apparue pour la première fois en… 1979 (le modèle utilisé étant sa mise à jour de 2000). Aux dernières nouvelles celle de Sputnik, bien sûr, les fameux Su-34 devraient encore s’améliorer en « recevant des containers spéciaux, conçus pour être installés au-dessous du fuselage des missiles, grâce auxquels les bombardiers Su-34 pourront se défendre et mener également de puissantes attaques électroniques » : à croire qu’ils n’y avaient pas pensé, ou que leurs Su-24, destinés au départ à le faire, avaient déjà à oublié comment faire. Ou ne savaient plus faire… espérons que les pilotes russes de Su-34 seront plus doués que celui qui s’est planté en Astrakan à la base aérienne de Privolzhskiy… en août dernier. Un cheval de bois aussi parfait, c’est assez rare avec un aussi grand avion !

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-24L’autre camion à bombes (conventionnelles) favori des russes est le « cheval de trait » de l’aviation : ce bon vieux SU-24 Fencer. Le clone façon russe du F-111 américain, en plus petit et en beaucoup plus rustique (son fuselage était entièrement rectangulaire de section au départ, sur le prototype, taillé au couteau). Il a participé à tous les conflits de ces quarante dernières années, ayant commencé sa carrière en Afghanistan. Premier avion russe tous temps à calculateur digital (le Su-25 fonctionnait encore avec des tubes à vide !) il devait emporter au départ de l’étude quatre petits réacteurs centraux pour décoller court et ne pas avoir d’aile à géométrie variable. Les russes sachant revirer de concept à une vitesse grand V, c’est finalement le contraire qui a été réalisé ! Rapide (il est de la classe des Mach2) et surtout résistant, il s’est imposé dans un rôle pas prévu au départ, celui de l’attaque au sol (avec lui aussi des bombes guidées comme ici découvertes en Libye). Si c’est un avion plus équipé que ses contemporains russes en contre-mesures, ses équipements aujourd’hui vieillissants ne semblent plus pouvoir le protéger :queue su-24 libye il a été abattu en Libye et récemment en Turquie, mais il est vrai aussi par des armes de DCA conventionnelles contre lesquelles il n’y a que le blindage qui protège (en Turquie, ses contre-mesures ont failli face aux Sidewinder turc). Les syriens, qui tenaient à leurs appareils (ah, la musique qui accompagne le docu de propagande de Bachar..!!), les avaient fait garder par… des mercenaires russes, bien avant que Poutine ne se décide à intervenir de façon plus… visible. Ceux-là, on les avait retrouvés… en Ukraine.

Il a aussi été l’objet de la ferveur inattendue de l’extrême droite, qui a monté en neige tout un hoax au sujet d’un de ses passages bas en Mer Noire, en avril 2014, près d’un navire américain, l’USS  Donald Cook qui aurait selon les complo-tistes bruns complètement déstabilisé ses ordinateurs de bord. L’article, un hoax évident, avait été recopié partout, comme ici chez « Voltaire »…. tous les sites « conspis » avaient en fait recopié le même texte !!! En 2015, l’ USS Ross (DDG-71) allait lui aussi voir un passage du même type d’un Su-24, destiné selon toute vraisemblance à capter quelques émissions du destroyer, comme pour le Cook… rien de très spectaculaire : pas la peine d’écrire comme certains que les « USA ne sont même pas prêts pour la guerre » ou que « l’OTAN n’est pas rassuré « !! David Cenciotti, de chez Reuters (et du site spécialisé déjà cité), était presque lui aussi tombé dans le panneau, lui aussi en évoquant une « agression » les pilotes russes sont essentiellement casse-cous, ça on le sait. Hélas, parfois, et le passage bas une de leurs grandes spécialités. en Su-24, notamment.

putine blakcjackL’autre belle bête sortie du hangar par Poutine est son plus gros bombardier au catalogue : l’immense Tu-160 Blackjack, sorte de B-1 US qui aurait pris des stéroïdes. Conçu en même temps que l’américain (en 1981, soit il y a… 34 ans, la production du B1 avait été arrêtée avant de reprendre sous Reagan) c’est un monstre ravitaillable (capable de voler ainsi 23 heures d’affilée) qui fait ses 270 tonnes à pleine charge. Il devait être construit à 150 exemplaires à partir de 1987 mais l’implosion de l’URSS a réduit le chiffre à 35, dont à peine 14 qui volent encore sur les 16 désormais restants en stock. L’appareil a les faveurs de Poutine, et ses idées de grandeur, qui a souhaité la relance de sa chaîne de fabrication, alors qu’il n’en a pas vraiment les moyens (mais il adore bluffer, on le sait; comme il adore poser en photo). Un exemplaire a été modernisé en 2014, les autres devraient l’être dans les années à venir.. mais rien n’est sûr et rien surtout n’a été mis en chantier comme chaîne de montage remise en route : là encore, les sites d’extrême droite soutiens de Poutine mentent effrontément en affirmant leur reprise immédiate. A ce jour, seuls l’unité des moteurs a été relancée, et ce uniquement pour maintenir la flotte actuelle en état de vol.  C’est donc encore à l’état de projet, les premiers avions neufs ayant été annoncés comme étant livrables en 2023 : à savoir 42 ans après leur conception, ce qui est une totale hérésie (ne serait-ce que par l’évolution des défenses adverses) !!! La seule phase de modernisation des 14 restants devrait se terminer en… 2019, s’il n’y a aucun retard : on doute donc fortement de la relance des chaînes de fabrication pour les fameux « 50 exemplaires » neufs promis par Poutine … 

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Lourd et encombrant, en Syrie, il a surtout servi de vitrine d’armement, en qualité de lanceur de missile de croisière  à longue portée Raduga NPO kh-555 (équivalent du Tomahawk US) ou de Raduga Kh-101 arrivés en 2013, et guidés par le système Glonass (le GPS russe)filmé missile. Les missiles sont largués chez lui d’une baie rotative. Ils sont donnés pour des portées mirifiques (3000 ou même 5000 km ?), mais cela paraît très exagéré. En Syrie, leur emploi frise l’anecdotique, en réalité : 35 missiles seulement auraient été lancés sur la Syrie, dit officiellement la Russie, et par des Tu-22M, des Blackjack et même des Tu-95 Bear (2). Soit une dizaine par type d’appareil, pas plus. La sortie des Blacjacks est vraiment une manifestation de capacité de bombardement et non une attaque visant à un véritable résultat.  En effet, selon Air Et Cosmos, le 20 novembre, deux Blackjack ont décollé d’Olenegorsk, longé les côtes de Norvège, puis celles des les Britanniques pour descendre en Méditerranée via Gibraltar, puis l’ont traversée pour lancer leurs missiles et sont repartis… droits devant eux, en survolant la Syrie, l’Irak et l’Iran pour remonter ensuite en Mer Caspienne et se poser sur la base d’Engels. Le périple effectué a été de 13 000 km. Ce qui est bien une prouesse technologique, avec ravitaillements successifs… et accord des pays traversés, et pas d’opposition en vue…   le magazine révèle aussi que des missiles largués ont manqué leur cible; ou ont mal fonctionné : l’un s’est écrasé en Iran, son aile ne s’étant pas déployée. Ici à droite un missile  Kh-101 tiré d’un croiseur en Mer Caspienne en train de passer à basse altitude  au dessus du Kurdistan.

bearLes derniers avions cités sont le pompon de l’histoire : c’est la variante bombardier du Tupolev commercial  Tu-114, ou plutôt l’inverse (le commercial est bien le descendant du militaire !), qui a volé pour la première fois le 12 novembre 1952. Véritable archaïsme volant (ici à droite), c’est aujourd’hui encore le bombardier le plus bruyant au monde avec ses énormes turbopropulseurs. La Syrie a donc aussi été bombardée par un engin volant à hélices… archéologiques, car vieux de 64 ans (le record du B-52 est battu !). Bear-Bomber-600x400-490x327Un avion qui a tendance désormais à s’écraser tout seul, obligeant la Russie a les mettre à l’écart parfois quelque mois le temps de l’enquête !! Ils sortent très souvent de leur propre musée de l’aviation, selon les humeurs de Vladimir, sans doute, venant titiller les suédois ou les anglais le long des côtes, voir les USA, en Alaska, un grand sport international russe (jouer avec les nerfs des autres pays, ici le Portugal) qui perdure depuis plus de 50 ans... ils sortent plus que les Blackjacks, car ils consomment moins de kérosène que les avions à réaction ! Encore heureux que Poutine ne se soit pas entiché du M-50 Bounder pour le ressortir de la naphtaline lui aussi !!! La Russie possède encore aujourd’hui  Tu-95 dont 42 sont positionnés dans l‘oblast d’Ukraine, l’ancienne base des  Myasishchev M-4 Bison retirés du service.

Passe donc sur le Su-25 Frogfoot, dont j’ai déjà décrit l’historique (ça paraîtra bientôt ici je pense), et déjà aussi expliqué l’arrivée des modèles iraniens en Irak (c’est à lire ici), venons-en à ce que je vous ai dit en premier. Car pour coordonner tous ces bombardements, il faut de bonnes cartes, ou de belles photos des objectifs à atteindre. Et c’est là qu’on va se permettre de sourire, sinon de rire. Car dans ce domaine, la Russie de Poutine est plus qu’en retard. Et je ne parle pas des drones (où la aussi c’est dramatique), mais des satellites bien sûr. Car dans ce domaine criant, celui de l’observation des champs de bataille, la Russie fonctionne toujours au temps de l’URSS de Kroutchev. Poutine le flamboyant, on vient de le voir, fait du neuf avec beaucoup de vieux, avec son aviation militaire. Dans le domaine de l’astronautique miliaire, c’est pire encore, et ça frise tout simplement le ridicule !
persona1Les russes ont en effet lancé le 23 juin dernier seulement leur troisième satellite militaire Persona (ici à gauche déployé) Le premier avait été lancé en… 2008, (sous le nom de Cosmos 2441) c’est un très gros satellite (il pèse 16 tonnes  !) qui n’est pas vraiment original : il n’est que la mise à jour d’un vieux projet, le Sapfir, imaginé en 1979… et tombé dans les oubliettes à la fin de l’Union Soviétique en 1990. En fait, ils ressemble à un autre engin, le Resurs-P, lui-même lancé en 2013, destiné lui au domaine civil : c’est même son cousin direct. persona2C’est tout bêtement un télescope type Korsch à 3 miroirs (c’est un système Cassegrain amélioré, pour ceux qui font de l’astronomie) dont le principal fait 1,5 mètres de diamètre (ici à droite on les distingue), et qui prend des photos qu’il envoie sur terre par radio. Les satellites James Webb, le futur remplaçant de Hubble et Euclid (qui devrait être lancé en 2020) auront le meme principe. L’engin envoie en effet ses clichés au sol par radio, au contraire de la génération précédente : enfin c’est ce qu’il devait faire, car il n’a fonctionné que quelques jours avant de tomber en panne, son électronique ayant flanché. Le second modèle lancé en 2009 (Cosmos 2486) a lui aussi bien des déboires, avant de finir par envoyer des images mais pas avant… 2014 (c’est un miraculé en astronautique). bars m goodBref, cela fait peu de temps que les militaires russes peuvent admirer des photos de champs de bataille, et encore, seulement tous les trois jours (selon la révolution des satellites, il leur faut ça pour repasser au dessus du même point). Ici un des clichés transmis par Persona en juillet 2014 lors du conflit en Ukraine (c’est un des fameux  Buk-M1 « anti-aircraft system » près de Donetsk). Bref, c’est encore loin d’être au top ! Le dernier Persona a été lancé sous le nom de Kosmos-2506. En satellites d’imagerie radar, ce n’est guère plus reluisant. Car il n’y a pas que dans ce secteur que l’équipement fait défaut. Le satellite radar Kondor, développé depuis 1993 et lancé 20 ans plus tard seulement, en 2013 !) est lui aussi tombé en panne l’année suivante de son lancement !!! La Russie dispose quand même d’un satellite de cartographie militaire récent, leur « premier satellite tout digital » le Bars-M (ici à gauche), un engin de 4 tonnes, à télescope LOMO (la même firme qui fait des appareils photo cheap) , dont le premier exemplaire a été lancé le 27 février de cette année, là encore. yantarIl est toujours exemplaire unique. Lui aussi envoie ses données par radio. Mais on ne sait pas grand chose de son fonctionnement actuel, et il semble être une solution vite construite à bas coût (3)… Ce que l’on sait en revanche c’est que la Russie a pris un incroyable retard sur les américains, dans ce domaine crucial de l’imagerie instantanée destinée aux militaires. Alors qu’eux dispose d’une mini-navette qui reste plus d’un an en l’air et se déplace où elle veut, ou presque, lorsqu’elle est en orbite… A un tel point, qu’elle s’est remise à lancer le 5 juin dernier du dernier exemplaire de la série des Kobalt-M, un satellite reposant sur la méthode désormais archaïque de réaliser des photos sur une bande de film qui s’enroule dans une capsule qui est éjectée quand on souhaite voir ce que le satellite a survolé (ses deux capsules largables sont bien visibles ici). Le procédé date de… 1960, avec le satellite Discoverer 14, premier a avoir vu sa capsule de film rattrapée au vol par un avion C-119, et qui donnera la famille des Corona et son aboutissement avec l’énorme KH-9 Hexagon, lancé pour la dernière fois en 1986 (c’était le 20 eme de la série). La première capsule de pellicules a été récupérée le 17 septembre dernier dans le Kazakhstan… juste avant que Poutine ne décide de faire bouger ses avions, direction… la Syrie !

L’usage du Kobalt-M russe, vestige de la Guerre Froide, satellite archéologique à film récupérables, est, davantage encore que ses avions, le symbole même des rodomontades d’un Vladimir Poutine qui se dit prêt à faire la guerre alors qu’il n’en a pas les moyens réels… Le Kobalt-M n’est qu’une amélioration du Yantar-4K2 qui a été lancé pour la première fois en… 1981. Les études sur le modèle remontent à 1964, aux tous débuts de l’astronautique !!!

PS: la Russie n’est pas la seule à faire dans le vieux : l’Angleterre a envoyé hier ses premiers Tornado, des avions apparus en 1974 pour la première fois (son Eurofighter pas fait pour l’attaque au sol est en train d’apprendre à le faire). La France bombarde avec des Rafale, imaginés au milieu des années 80 et mis en service en 2002 seulement, mais aussi avec le Mirage 2000D qui a volé pour la première fois en 1991…

syria-leaflet_0(1) c’est vite devenu une série de plusieurs bombardements et non un seul, et c’est bien une propagande, qui ne faisait que répondre à l’annonce des 280 camions décrits comme détruits par les bombardements US (283 ici)… deux propagandes qui se répondent mutuellement, donc, plutôt que de vraies infos… des attaques menées par des A-10 Warthogs et des AC-130 Specter Gunships, selon la presse US, dont une attaque menée à Al-Bukamal. Le Phacochère, qui ne veut pas partir en retraite et que le F-35 ne saura pas remplacer (j’y reviendrai).. Un chiffre fort variable, donc, ici 280 (au Figaro c’était « autour de 300« ) , là 116 ou bien « plus d’une centaine » pour RT Russia, qui a tout intérêt à en citer moins… côté US et 1000 au moins côté russe…. chez Silvia Cattori, chez l’égérie de la sphère Meyssan, sponsorisée par le site mondialisation.ca, encore un autre chiffre,  ils  étaient « 500 » selon elle... A ce rythme là, en tout cas, il devrait y avoir bientôt plus de camions détruits que de terroristes pour les conduire… sans compter les mêmes gogos gavés de Meyssan pour tomber dans le panneau... comme autre communication, on a eu droit aussi à cet incroyable « leaflet » (un avertissement ici) qui aurait été balancé avant les bombardements pour prévenir les conducteurs… une information donnée par le porte-parole US de la coalition anti-Daech. A cette occasion, l’armée US avait ressorti en exemple l’Operation Tidal Wave de 1943 contre les réservoirs nazis de Ploesti, en Roumanie… histoire d’enfoncer le clou, sans aucun doute.

(2) lire ici :

http://www.centpapiers.com/poutine-n’est-jamais-alle-lune-1/

http://www.centpapiers.com/poutine-n’est-jamais-alle-lune-2/

http://www.centpapiers.com/poutine-n’est-jamais-alle-sur-la-lune-3/
(4) à noter cette incroyable lien possible entre le scientifique et industriel d’origine irakienne mort à Chevaline, dont la spécialité était justement la réalisation de télescopes spatiaux à bas coûts chez Surrey Satellite Technology Ltd (SSTL). Ici à droite le télescope du satellite d’observation « low-cost »auquel a participé Saad al-Hilli.

 

kosmos

sources :

http://www.russianspaceweb.com/persona.html

sur le Su-34 et le Su-24

à noter le Leninets B005 Multimode Attack Radar phases array à l’avant du Su-34.

http://www.ausairpower.net/APA-Fullback.html

http://www.n2yo.com/satellites/?c=30

L’appli permet de suivre le Persona III – Kosmos 2506, qui est ici à gauche en train de survoler le Soudan le 3 décembre vers 8h du matin heure locale à Paris. Il fait du 7,5 km à la seconde, à 200 ou 700 km d’altitude (son orbite est elliptique)…

Sur le Lomo :

http://photography.tutsplus.com/articles/a-guide-to-russian-soviet-former-soviet-cameras–photo-3880

http://photography.tutsplus.com/articles/a-guide-to-russian-soviet-former-soviet-cameras–photo-3880

http://photography.tutsplus.com/articles/a-guide-to-russian-soviet-former-soviet-cameras–photo-3880

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-121107

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-121128

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-121180

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-121141

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-121258

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-121319

la série sur les capsules récupérables commence ici :

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-121755

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-121183

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-121418

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-121202

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-121184

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-122507

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-121661

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-121419

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-122014

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-121458

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-122879

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-121464

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-122180

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-122389

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-122876

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-121933

http://www.centpapiers.com/la-russie-bombarde-la-syrie-avec-ses-armes-vieillies-sinon-vieillottes/

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Typhoon FGR4
La Grande-Bretagne lance ses premières frappes en Syrie

© Flickr/ Alan Wilson

Quelques heures seulement après le feu vert du Parlement, la Grande-Bretagne a conduit tôt jeudi matin ses premières frappes aériennes en Syrie contre les positions de Daech.
Des Tornado de la Royal Air Force ont « effectué la première opération offensive au-dessus de la Syrie lors de laquelle ils ont conduit des frappes », a souligné un porte-parole du ministère de la Défense.

Le ministère a dans un premier temps refusé de détailler les cibles visées. Quatre Tornado ont décollé dans la nuit de la base d’Akrotiri à Chypre où la RAF dispose de huit appareils de ce type.Des chasseurs-bombardiers supplémentaires devraient être déployés dans les jours qui viennent, alors que la Grande-Bretagne devient le sixième pays à bombarder l’EI à la fois en Irak et en Syrie.

Les frappes britanniques interviennent quelques heures seulement après que le Parlement a approuvé l’extension à la Syrie des raids aériens que la Grande-Bretagne effectuait déjà en Irak contre l’EI, indique l’AFP.

La présence des avions de la RAF en Irak et le fait qu’ils effectuaient déjà des vols de reconnaissance au-dessus de la Syrie expliquent la rapidité avec laquelle ils sont entrés en action jeudi.

Le vote au Parlement, vers 22h30 GMT, a été acquis par 397 voix pour, 223 voix contre. La majorité de 174 a été rendue possible notamment par les voix de 67 députés travaillistes, qui se sont joints aux conservateurs du premier ministre David Cameron, selon le décompte des médias britanniques.

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Le Royaume-Uni bombarde Daech, Hollande et Poutine se félicitentJ.Cl. | 03 Déc. 2015, 07h10 | MAJ : 03 Déc. 2015, 10h37

Base militaire d'Akrotiri (Chypre), jeudi vers 1h30. Quatre avions de combat britanniques ont décollé de la base de la RAF pour bombarder des positions de Daech en Syrie.
Base militaire d’Akrotiri (Chypre), jeudi vers 1h30. Quatre avions de combat britanniques ont décollé de la base de la RAF pour bombarder des positions de Daech en Syrie. (Capture Sky news)

http://www.leparisien.fr/international/syrie-le-royaume-uni-bombarde-daech-57-minutes-apres-le-go-de-son-parlement-03-12-2015-5335631.php

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Syrie : la perfide Albion attaque notre valeureux porte-avions
24 novembre 2015 — François Cornut-Gentille

Afficher l'image d'origineLe premier ministre britannique a proposé hier, à l’occasion de son entretien avec François Hollande, de mettre à disposition de l’armée de l’air française la base aérienne britannique d’Akrotiri, sur l’île de Chypre, pour bombarder les positions de l’Etat islamique en Syrie.

On ne sait pas ce que lui a répondu le chef des armées mais c’est un cadeau empoisonné que vient d’offrir David Cameron. Pourquoi empoisonné ? Parce qu’il rend inutile le déploiement du porte-avions. Une fois de plus diront les mauvaises langues…

Or, à en croire les communiqués et reportages effectués à la gloire du Charles-de-Gaulle, sans l’aéronavale point de salut. Pour mémoire, les frappes aériennes s’effectuent depuis les airs. Aux premières loges, l’armée de l’air agit depuis plusieurs mois et sans discontinuité depuis sa base d’Abu Dhabi et une base en Jordanie, à la frontière syrienne. Disposer d’une base aérienne à Chypre permettrait de frapper l’ouest syrien distant alors seulement de 250 kilomètres : la ville de Homs est à 350 kilomètres (voir carte).

Petit problème : que faire des Rafale de l’aéronavale qui aimeraient bien avoir leur part du gâteau, et les primes qui vont avec ? Les pilotes peuvent très bien décoller d’une base terrestre, eux qui réussissent le réel exploit de décoller et atterrir d’une plateforme navale. Mais, dans un souci d’économies peu évidentes, l’état-major des armées préfèrent envoyer un porte-avions, deux frégates, un sous-marin nucléaire d’attaques et un ravitailleur pour effectuer des frappes moins massives car les avions ne peuvent être « chargés » comme ceux de l’armée de l’air, décollage du porte-avions oblige.

Le Président de la République a appelé à la solidarité européenne pour lutter contre Daesh. David Cameron a répondu positivement en proposant les infrastructures britanniques. Va-t-il oser dire non ?

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Avion abattu par la Turquie : le pilote rescapé témoigne

25Nov
Le capitaine Konstantin Mourakhtine est présenté comme un « pilote hors pair » dans les médias russes.
Sauvé, le capitaine Konstantin Mourakhtine, copilote du bombardier russe SU-24 abattu le 24 novembre par les forces armées turques, affirme que son appareil n’a pas violé l’espace aérien turc.

« C’est totalement exclu, même rien qu’une seconde. D’autant que nous étions à une altitude de 6 000 mètres et que le temps était clair. Je contrôlais totalement notre vol jusqu’au moment de l’explosion. Je voyais parfaitement, sur la carte et en l’air, où se trouvait la frontière, et où nous nous trouvions, nous, déclare Konstantin Mourakhtine, soulignant : Nous ne menacions même pas de passer en Turquie. »

Le pilote affirme également n’avoir reçu aucun avertissement de la part de la Turquie avant l’attaque du F-16 – ni visuelle, ni radio, alors qu’Ankara a assuré avoir averti l’appareil « dix fois en cinq minutes ». « Il n’y a eu absolument aucun contact, insiste-t-il. C’est pour cela que nous allions à une vitesse de combat normale. Vous savez quelles vitesses peuvent atteindre un bombardier, d’un côté, et un chasseur F-16, de l’autre ? S’ils avaient voulu nous prévenir, il leur suffisait de se montrer, en volant sur une trajectoire parallèle. Mais ils n’ont rien fait de tel. »

Selon M. Mourakhtine, le missile est arrivé « brusquement au niveau de la queue ». « Nous n’avons même pas eu le temps de le voir arriver et de lancer une manœuvre anti-missile », explique-t-il.

L’aviateur russe ajoute que l’équipage connaissait en outre bien cette zone de vols. « Nous avions effectué plusieurs vols de combat à cet endroit et connaissions le coin comme notre poche, déclare le pilote. Je pourrais m’y orienter même sans équipement. »

Konstantin Mourakhtine confie enfin attendre « avec impatience » sa sortie de l’hôpital, « pour reprendre immédiatement du service » : « Je vais demander au commandement qu’on me laisse sur cette base aérienne – j’ai le devoir de venger la mort du commandant [le colonel Oleg Pechkov, décédé lors de son éjection]. »

Cliquer sur la photo pour l'agrandir.

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Le capitaine Konstantin Mourakhtine est présenté comme un « pilote hors pair » dans les médias russes. Il a été reconnu « meilleur pilote navigateur de Russie » par le concours international Aviadarts 2014 dans l’équipe du centre d’aviation de Lipetsk, considéré comme l’un des meilleurs établissements de recherche et de formation des forces aérospatiales russes.

Rappelons qu’un bombardier russe Sukhoi Su-24 engagé dans l’opération contre le groupe terroriste Etat islamique (EI) en Syrie s’est écrasé mardi 24 novembre sur le territoire syrien, à 4 km de la frontière turque. Selon le président russe Vladimir Poutine, le Su-24 a été abattu dans l’espace aérien syrien par un missile air-air tiré par un chasseur turc F-16. La Turquie affirme que l’avion russe a violé son espace aérien. D’après le ministère russe de la défense, l’avion se trouvait dans l’espace aérien syrien, à 1 km de la frontière turque.

https://histoireetsociete.wordpress.com/2015/11/25/avion-abattu-par-la-turquie-le-pilote-rescape-temoigne/

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Pilote survivant du Su-24 répond aux questions des journalistes sur la base aérienne russe de Hmeimim en Syrie
Pilote survivant du Su-24: aucune mise en garde de la part de la Turquie

© Sputnik. Dmitry Vinogradov

International

15:26 25.11.2015
La Turquie abat un Su-24 russe (52)
 Le pilote survivant du Su-24 exclut formellement toute violation de l’espace aérien turc, car selon lui, l’équipage de l’avion connaissait « comme les doigts de sa main » la zone où l’incident a eu lieu.
 En outre, le pilote a indiqué qu’il n’y avait eu aucune mise en garde de la part de la Turquie, ni visuellement, ni à la radio.

« Il n’y a eu aucun contact. C’est pourquoi nous nous sommes préparés à la manœuvre de tir comme prévu. Il faut se rendre compte de la vitesse du bombardier et quelle est celle d’un F-16. Si on avait voulu nous mettre en garde, ils auraient pu se montrer, prenant une direction parallèle. Mais rien de tel n’a eu lieu. Et un missile a frappé subitement la queue de notre avion. Nous ne l’avons même pas observé visuellement afin d’entreprendre une manœuvre anti-missile », a-t-il déclaré.

 

Le pilote du Su-24 abattu dans le ciel de la Syrie a été sauvé par les unités spéciales russes et l’armée syrienne lors d’une opération qui a duré 12 heures.Un bombardier russe Sukhoi Su-24 engagé dans l’opération contre le groupe terroriste Etat islamique (EI) en Syrie s’est écrasé mardi sur le territoire syrien, à 4 km de la frontière turque. Selon le président russe Vladimir Poutine, le Su-24 a été abattu dans l’espace aérien syrien par un missile air-air tiré par un chasseur turc F-16.

La Turquie affirme que l’avion russe a violé son espace aérien. D’après le ministère russe de la Défense, l’avion se trouvait dans l’espace aérien syrien, à un kilomètre de la frontière turque.

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Saved: Captain Konstantin Murahtin was one of the two pilots of the Russian fighter jet shot down by Turkish F16 pilots near the Syrian border on Tuesday

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14:58 25.11.2015U
Gazeta.ru

Après que la Turquie a abattu un avion russe hier, le conflit syrien pourrait encore dégénérer.Et tous les scénarios sont envisageables.

La CNN rappelle que la guerre en Syrie a déjà provoqué « la plus terrible attaque terroriste en Europe » depuis la Seconde Guerre mondiale — les attentats de Paris du 13 novembre. Le pape François Ier, pour sa part, voit dans la tragédie qui a touché la capitale française le « début de la troisième guerre mondiale ». En lui-même, le conflit en Syrie se transforme déjà en principale guerre du siècle.

Le conflit syrien a provoqué une « tourbillon de violence » selon la CNN. Pour commencer, la guerre s’est étendue au-delà des frontières du pays. Après cela, les chiites ont commencé à s’opposer directement aux sunnites, les arabes ont commencé à combattre les Iraniens, les organisations terroristes Al-Qaïda et Daech sont entrés en compétition, pendant que les Kurdes décidaient de mener une guerre contre l’armée syrienne et Daech, et que la Turquie choisissait d’éliminer les Kurdes.

Dans ce contexte, les réfugiés de Syrie se sont installés partout dans le monde et les attentats ont fait des morts non seulement en Syrie, en Irak, au Liban et en Turquie, mais également au Canada, en France, au Nigeria, au Danemark, en Australie et dans d’autres pays.Des alliances de circonstance, des actes controversés et un partenariat étrange: voilà à quoi ressemble une guerre mondiale selon la CNN. Et le fait que plus de 60 pays soient déjà plus ou moins impliqués dans le conflit syrien complexe permet de conclure que la situation au Moyen-Orient pourrait dégénérer en troisième guerre mondiale.

Le crash du Su-24 pourrait aggraver davantage la situation en Syrie.

Al-Qaïda et Daech sont des organisations terroristes interdites dans plusieurs pays, dont la Russie.

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vlora

Face à la migration déclenchée en partie par un certain Nicolas Sarközi, prenant la tête d’une coalition en Libye, contre son ex-ami dictateur, pour, d’après quelques mauvaises langues, effacer une dette, les historiens nous rappellent de temps en temps que nous avons souvent la mémoire courte.

Aujourd’hui, on voit des murs, des barbelés, s’élever un peu partout, pour contrer l’immigration, pour empêcher l’entrée des réfugiés politiques, de ces femmes, ces enfants et ces hommes fuyant la guerre, mais il n’y a pas si longtemps, le 8 août 1991, 20 000 albanais prenaient à l’abordage un navire, le Vlora, un vieux navire marchand albanais, espérant trouver la liberté en Italie, le capitaine du bateau étant sous la menace d’un simple tournevis.

Dès l’arrivée en Italie, à Bari, cette marée humaine qui croyait être arrivé dans un paradis, avait été promptement enfermée dans le stade de la ville, et, à l’exception de 1500 d’entre eux qui ont pu s’échapper, tous les autres ont été rapatriés en Albanie.

Ce triste événement a été l’objet d’un documentaire, tourné en 2012 « la nave dolce  » sous la houlette du réalisateur italien Daniele Vicarilien

Présenté à la Mostra de Venise, le 2 septembre 2012, le film a remporté un prix largement mérité : le « premio pasinetti ».

Un extrait du film est sur ce lien

L’histoire de notre planète est une longue suite d’exils, de migrations, et ce qui est moins connu c’est que le 28 juillet 1951, une convention relative au statut de réfugiés, a été adoptée à Genève lors d’une conférence de plénipotentiaires, convoquée par l’ONU(organisation des nations unies), convention qui semble être tombée dans un oubli profond, vu qu’elle n’est pas souvent prise en compte. lien

Qui se souvient des centaines de milliers de catalans, (entre 350 000 et 550 000) qui quittèrent l’Espagne de Franco en janvier/février 1939, pour se mettre à l’abri en France ?

Les 2/3 d’entre eux furent reconduits à la frontière par le soin des autorités françaises. lien

Pourtant, si on veut bien prendre un peu de recul, on s’aperçoit que le phénomène d’immigration, qu’elles qu’en soient les raisons, a toujours été présent sur notre planète.

En 1960 notre terre comptait 2,3% de migrants, et elle en compte aujourd’hui 2,9%, ce qui prouve que la situation n’est pas si tragique, alors que les mouvements ultranationalistes, racistes, tentent d’affoler la population, évoquant des « envahisseurs » évidemment musulmans, voire terroristes.

En réalité, sur 7,3 milliards d’êtres humains, seulement 230 millions sont des immigrés.

En Europe, laquelle compte depuis janvier 2015 508 millions d’habitants, le nombre d’immigrés entrés clandestinement n’est que de 274 000, ce qui représente somme toute un assez faible pourcentage.

L’augmentation de son taux d’habitants n’est que de 2,6%, et ce n’est que grâce à l’immigration qu’il a pu atteindre ce seuil, sans lequel en 1 an, la population n’aurait augmenté que de 200 000 personnes, ce qui est largement insuffisant pour maintenir la croissance à un seuil compétitif. lien

En fait, il y a une grande part de fantasme dans cette notion de « hordes d’immigrés venant envahir notre pays ». Il suffit pour s’en convaincre de regarder la réalité des chiffres.

Tout d’abord, la France est de loin l’un des pays les plus prisés par les immigrés.

On évoque souvent les 6000 immigrés qui hantent la région du Pas de Calais, dans des conditions dramatiques, oubliant que si ceux-ci sont bloqués là, c’est qu’ils veulent rejoindre l’Angleterre, et que celle-ci ne le souhaite pas.

Le chiffre officiel annuel de ceux qui entrent en France voisine les 300 000, alors que l’Espagne est autour des 900 000…l’Italie frôle les 600 000 et l’Allemagne les dépasse tout juste. lien

En réalité, le pourcentage d’étrangers en France est bien inférieur à celui des autres pays : alors qu’il est de 5,9% chez nous, il est de 11% en Autriche, en Belgique et en Espagne, de10,6 en Irlande, et de 9,1 en Allemagne.

Depuis la photo du petit Aylan Kurdi, découvert mort sur une plage de Turquie, une prise de conscience s’est faite auprès des populations, rappelant qu’entre Janvier et mars 2015, près de 500 migrants sont morts noyés, ou sont portés disparus. lien

Le conflit syrien a fait plus de 200 000 morts en 4 ans, et ce n’est hélas pas fini. lien

Face à la situation on a découvert des postures pour le moins discutables de la part d’élus, déclarant ne vouloir accepter que des migrants chrétiens, se mettant en infraction avec les principes de la convention de Genève.

En effet le texte est explicite : elle prévoit que « les états accordent aux réfugiés un traitement au moins aussi favorable que celui accordé aux nationaux, en ce qui concerne la liberté de pratiquer leur religion et en ce qui concerne la liberté d’instruction religieuse de leurs enfants ».

Berlusconi a d’ailleurs été condamné par la Cour Européenne de Justice pour avoir négligé les règles essentielles du droit de la mer, et refusé l’obligation de secours. lien

Comme l’explique Jean-Louis Borloo, sur l’antenne de France Culture, le 2 novembre 2015, le monde est un village, et il nous faut prendre du recul en constatant les différences de fertilité d’un continent à l’autre.

Lorsqu’une population met au monde moins de 2,1 enfants, par femme, le renouvellement des générations n’est pas assuré.

Or, à ce jour, l’Europe est en perte de vitesse avec son taux de 1,6… l’Amérique se trouvant légèrement au dessus avec 1,9 alors que l’Afrique culmine avec ses 4,7, dépassant l’Océanie, l’Asie, et l’Amérique du sud…qui sont quand même au dessus des 2

Comme l’écrit Emilie Lanez dans un article du « Point » récent, (n° 2245) les vieux sont au Japon, les jeunes en Afrique ! lien

Mais remontons un peu plus en en avant dans le temps…

Grâce au généticien Spencer Wells, et à quelques autres avant lui, il est possible de connaître un peu mieux l’histoire des migrations.

En s’aidant du chromosome Y et des mitochondries, il a réussi à dresser une carte des migrations mondiales depuis 60 000 ans.

Sa méthode est assez simple : il propose un bâtonnet à embout de coton à la personne qui l’intéresse, lui demande de se frotter l’intérieur de la joue, de façon à prélever quelques cellules, ce qui lui permet de retrouver quelques unes des origines de la personne en question.

Cette pratique s’inscrit dans un vaste projet, baptisé Génographic, financé par la NGS(National Geographic Society) avec comme but final de retracer les grandes migrations humaines en analysant quelques éléments du génome de personnes vivantes.

On sait aujourd’hui, qu’à part les chasseurs cueilleurs d’Afrique australe, toute l’humanité, à99,9% descend d’un même groupe ayant quitté l’est de l’Afrique, atteignant l’Asie du sud au bout de 10 000 ans, puis s’aventurant jusqu’en Sibérie 15 000 ans après, faisant leur apparition sur le continent américain il y a 15 000/25 000 ans. lien

La guerre de Syrie, déclenchée par la chute du dictateur Libyen, a provoqué un exil massif de femmes et d’hommes.

Aujourd’hui, les ultranationalistes et les mouvements racistes utilisent cet épisode douloureux pour affoler les populations, et les dresser contre les réfugiés.

comment ne pas s’étonner de l’évidente contradiction de Robert Ménard, né pourtant à Oran, le 6 juillet 1953, rapatrié et réfugié en métropole, puis, devenu maire à Béziers s’adressant aux migrants syriens, en leur déclarant : « vous n’êtes pas les bienvenus à Béziers ». lien

Mais tous les exilés ne sont pas des humains fuyant les conflits, ils sont aussi parfois poussés par la volonté de sortir du carcan d’un pays dont l’administration est trop lourde, et vont chercher l’aventure ailleurs… aux USA, au Canada, en Belgique, en Angleterre,provoquant une véritable fuite des cerveaux… lien

Dans ce pays pourtant très conservateur, si un postulant à du talent, qu’importe son apparence physique…il peut avoir une épingle dans la joue et arborer une coiffure extravagante, et se trouver aux postes de responsabilité dans une banque ou ailleurs. lien

Situation peu probable en France

Cette France a-t-elle beaucoup changé depuis 1831, à l’époque où un gouvernement avait décidé d’exhiber dans un zoo toute une tribu de Canaques, sous l’étiquette « cannibales », juste à coté de l’emplacement des crocodiles. lien

Bien sur, depuis l’empire colonial français a fondu comme neige au soleil, mais pour autant, il a gardé une emprise solide et discutable en Afrique et ailleurs.

La France continue de piller, avec d’autres, les richesses du continent Africain, pour ne parler que de lui, provoquant la pauvreté des populations, et l’exil économique.

Personne n’a oublié l’épisode militaire décidé par François Hollande au Mali, dans lequel il s’agissait aussi de défendre les intérêts d’Areva au Niger, qui voyait ses mines d’uranium menacées, d’autant que des employés de l’entreprise avaient été pris en otage, et se trouvaient au Mali. lien

Mais pour revenir à l’essentiel, le parti le plus raciste du pays, le FN, se réjouit d’avoir attiré dans ses listes régionales une dizaine d’adhérents « républicains »…lien

Comme dit mon vieil ami africain :  « Ils ne sont pas plus grands que toi, tu es seulement à genoux».

L’image illustrant l’article vient de migrantsatseau.org

Merci aux internautes pour leur aide précieuse.

Olivier Cabanel

http://www.centpapiers.com/la-memoire-courte/

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BOMBE© Fournis par Express.be

« L’Histoire retiendra peut-être, à Dieu ne plaise, que le troisième conflit mondial a débuté, à bas bruit, mercredi 30 septembre 2015 »

Cette introduction inquiétante, c’est celle d’un article d’anticipation, si l’on peut dire, de Vincent Jauvert du Nouvel Obs. Selon le journaliste, nous venons de vivre deux événements apparemment anodins et sans rapport, mais qui pourraient se combiner pour prendre une ampleur bien plus grande. Jauvert rappelle qu’en 1914, l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand à Sarajevo ne fournissait pas matière au déclenchement d’une guerre mondiale à première vue, mais que c’est pourtant ce qui s’est produit.
Le premier évènement est la montée des tensions entre l’Arabie Saoudite, pays sunnite, et l’Iran, chiite

L’Arabie saoudite a intercepté des navires iraniens chargés d’armes destinées aux rebelles yéménites. Un geste qui pourrait être interprété comme une provocation belliqueuse, et qui intervient alors que l’Iran a vivement critiqué l’Arabie Saoudite d’avoir échoué à assurer la sécurité des pèlerins de la Mecque.
Le second évènement est l’intervention de la Russie en Syrie

La Russie a lancé ses frappes aériennes en Syrie, et ainsi renforcé son soutien à Bachar al-Assad, allié de l’Iran. Les bombardements russes auraient potentiellement infligé des pertes à des rebelles syriens « modérés » alliés des Américains.
Conclusion

Il semble que le risque de l’affrontement des deux camps, celui des Occidentaux alliés à l’Arabie Saoudite sunnite, et celui de la Russie alliée à l’Iran chiite, soit de plus en plus élevé, d’autant que le Kremlin pourrait y voir une manière de détourner la population russe des graves problèmes économiques du pays.

« Evidemment, ce scénario catastrophe n’est pas sûr », écrit Jauvert pour nous rassurer. Mais il conclut que « certains auteurs de cette partie sont tellement à cran qu’on ne peut pas l’exclure tout à fait ».

http://www.msn.com/fr-fr/actualite/monde/venons-nous-de-vivre-les-pr%C3%A9mices-de-la-3%C3%A8me-guerre-mondiale/ar-AAf2iFP?li=AAaCFan&ocid=SL5MDHP

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Attali craint une Troisième Guerre mondiale

Jacques Attali (https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Attali) fut conseiller de Mitterrand, est un observateur attentif des évolutions stratégiques et inspire une double expo à Paris et Bruxelles. Souvent à contre-courant, il craint une 3ème guerre mondiale.

Analyse de Michel Collon.

La longue interview d’Attali au Soir contient trois thèmes-clés que nous allons analyser un par un :

1° Il est pour la liberté de circulation des migrants et réfugiés.

2°Il craint une Troisième Guerre mondiale très « probable » mais inquiète aussi en disant : « Il y a des moments où la guerre est nécessaire. »

3° Il appelle les citoyens à réagir pour plus de « fraternité ». Sur certains points, nous pouvons le rejoindre, sur d’autres nous pensons que son diagnostic est faussé et donc aussi ses solutions.

A contre-courant du refrain général en Europe occidentale « Nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde. », Attali souligne l’hypocrisie de ce refrain : « A partir du moment où on admet que les libertés sont fondamentales, la première liberté, c’est celle de circulation. » Rappel salutaire.

Mais il poursuit : « Et donc les gens vont venir et c’est très bien. Il faut se doter des politiques d’intégration et ces gens-là vont faire de l’Europe la première puissance du monde. » Là, on suit moins : le but de cette « générosité », c’est que l’Europe devienne plus forte que ses rivaux ?

lire sur http://www.michelcollon.info/Attali-craint-une-Troisieme-Guerre.html

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Publié le 02-10-2015 à 18h16

Les experts et les responsables de la lutte antiterroriste craignent que la France ne soit la cible de nouveaux attentats « impossibles à déjouer ».

"Pour l'instant, nous avons eu des attentats de cour de récréation", craignent les responsables de la lutte antiterroriste en France. (THOMAS OLIVA/AFP)« Pour l’instant, nous avons eu des attentats de cour de récréation », craignent les responsables de la lutte antiterroriste en France. (THOMAS OLIVA/AFP)

Le pire serait à venir. A en croire les déclarations faites cette semaine dans « Paris Match » par l’ancien juge antiterroriste Marc Trévidic, la France doit s’attendre à subir un attentat d’une envergure semblable à ceux du 11 septembre 2001 à New York.

Selon de nombreux responsables de la lutte antiterroriste, seules la maladresse et la malchance des auteurs d’attaques ou de tentatives d’attaques sur le territoire français auraient pour l’instant empêché que la France ne soit touchée par des attentats d’une ampleur inégalée jusqu’ici.
La France, cible n°1 de l’Etat islamique

« La menace est à un niveau maximal, jamais atteint jusqu’alors. D’abord, nous sommes devenus pour l’Etat islamique [EI] l’ennemi numéro un. La France est la cible principale d’une armée de terroristes aux moyens illimités […] Ils sont en train de penser à quelque chose de bien plus large, visant en tout premier lieu l’Hexagone », croit savoir l’ancien magistrat Marc Trévidic.
Il faut le dire : devant l’ampleur de la menace et la diversité des formes qu’elle peut prendre, notre dispositif de lutte antiterroriste est devenu perméable, faillible, et n’a plus l’efficacité qu’il avait auparavant. »

« Et puis, il reste ‘le prix ­Goncourt du terrorisme‘ à atteindre, et je fais là référence aux attentats du 11 septembre 2001 […]. Je n’imagine pas un instant qu’un homme tel qu’Abou Bakr ­al-Baghdadi et son armée vont se satisfaire longtemps d’opérations extérieures de peu d’envergure. Ils sont en train de penser à quelque chose de bien plus large, visant en tout premier lieu l’Hexagone. »

D’après lui, « si l’on prend l’exemple des frères Kouachi, […] ils étaient, au vu de ce que l’on sait, ‘en route’ pour une campagne d’attentats. On y a échappé parce que, dans un accident de voiture, l’un des frères a perdu sa carte d’identité. C’est cela qui a permis de les identifier et de lancer la chasse à l’homme qui s’est soldée par la mort des deux terroristes, tués par le GIGN. Les Kouachi n’étaient pas partis pour une opération suicide ! S’ils avaient pu, ils auraient continué à frapper. »

Marc Trévidic raconte enfin qu’il a démantelé une filière menaçante l’an dernier :
J’ai fait neutraliser un réseau de djihadistes très dangereux qui voulait créer un commando de dix ‘Merah’ autonomes, opérant simultanément sur l’ensemble du territoire. »

« Pour l’instant, nous avons eu des attentats de cour de récréation »

Pas très rassurant, d’autant que le tableau présenté par les responsables de la lutte antiterroriste n’est pas plus optimiste :

« Le thermomètre grimpe. Pour l’instant, nous avons eu des attentats de cour de récréation« , confie à l’AFP, sous le sceau de l’anonymat, un responsable de la lutte antiterroriste. « Si l’attaque dans le Thalys avait fonctionné, on était très mal. Le gars avait mal engagé le chargeur de sa kalachnikov. Nous pensons que Sid Ahmed Ghlam (auteur de l’attaque avortée contre une église à Villejuif) s’est dégonflé au dernier moment et s’est tiré dans la jambe ».
La mode est désormais celle des attaques à la kalachnikov, qui vont durer ».

« Les modes opératoires ont changé : avant on mettait des bombes. Aujourd’hui il faut tenir dans le temps, pour que les médias puissent s’accrocher à l’événement, le diffuser en direct pour un maximum de publicité », ajoute-t-il.
Jusqu’à aujourd’hui, on a eu les peintres en bâtiment. Ce qu’on craint vraiment, ce sont les professionnels qui vont suivre », énonce un autre responsable antiterroriste.

Les centres commerciaux visés ?

Selon les services antiterroristes, les centres commerciaux seraient particulièrement menacés et pourraient être la cible d’une attaque par un commando armé.  La hantise des responsables de la lutte antiterroriste : un attentat en France calqué sur celui survenu dans le centre commercial Westgate à Nairobi, en septembre 2013, qui avait fait 67 morts et près de 200 blessés en septembre 2013.

« S’ils s’enferment dans un grand magasin, c’est le cauchemar pour les trouver », a confirme le premier responsable antiterroriste.
Rien que pour savoir combien il y a de tireurs, puis pour les trouver, les neutraliser, il faut des heures. Le jour où on tombe sur deux bons vétérans des combats en Syrie, on est mal »,


(Capture d’écran/ »L’Obs »)

L’hypothèse de voir des centres commerciaux pris pour cible n’est pas nouvelle. Au mois de février déjà, l’organisation terroriste des shebabs, branche d’Al-Qaida en Somalie, appelait dans une vidéo à commettre des attentats dans des centres commerciaux européens, et notamment français, dans le quartier des Halles et de la Défense à Paris… en prenant exemple sur l’attaque du centre commercial  Westgate à Nairobi.

L.B. avec AFP

source:http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20151002.OBS6971/les-services-de-renseignement-redoutent-un-11-septembre-francais.html

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Par Direct Matin, publié le 30 Septembre 2015 à 21:30

Todenhöfer a pu se rendre compte de l’extrême détermination de Daesh pour mener à bien ses objectifs.[Marwan Ibrahim / AFP/Archives]

Un journaliste allemand qui a partagé le quotidien de Daesh pendant 10 jours, affirme dans un livre que l’organisation islamiste envisage de mener une attaque nucléaire d’envergure contre les pays occidentaux.

Jürgen Todenhöfer, pictured, spent ten days with the Isis terror group researching his book on the organisationJürgen Todenhöfer écrit précisément dans son ouvrage intitulé « Inside IS – 10 jours avec Daesh » que le groupe terroriste prévoyait « un holocauste nucléaire » contre toutes puissances s’opposant à sa volonté d’établir un califat islamique dans le monde entier. L’organisation entend ainsi tuer des centaines de millions de personnes.

Au cours de son immersion, Todenhöfer a pu se rendre compte de l’extrême détermination de Daesh pour mener à bien ses objectifs. « Pour moi, personne n’a de chance de les arrêter à part les Arabes. Je suis devenu très pessimiste », a-t-il expliqué au journal The Express au cours d’une interview à propos de la sortie de son livre.

Après de nombreux échanges par Skype, Daesh a accepté d’accueillir dans ses rangs le journaliste, ancien député allemand, au motif qu’il est un critique régulier de la politique américaine menée au Moyen-Orient.

Conscient du risque qu’il encourait, Todenhöfer a confié avoir rédigé son testament avant de quitter son pays d’origine.

http://www.directmatin.fr/monde/2015-09-30/daesh-preparerait-une-attaque-nucleaire-pour-tuer-des-centaines-de-millions-de-0

Mr Todenhöfer said Isis, pictured, were the most 'brutal and dangerous' enemy he has ever seen 

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"La France est l'ennemi numéro un de l'Etat islamique"Exclusif.
Vendredi 25 septembre, le juge Trévidic est à Paris pour évoquer ses dossiers avec ses successeurs.
© Noël Quidu
Le 30 septembre 2015 | Mise à jour le 30 septembre 2015
Interview Frédéric Helbert

Pendant dix ans, il a animé le Pôle judiciaire antiterroriste. Forcé de quitter ses fonctions en pleine tempête pour devenir vice-Président du tribunal de grande instance de Lille, Marc Trévidic nous parle sans tabous.

Paris Match. Pouvez-vous estimer aujourd’hui le niveau de risque que courent les Français ?
Marc Trévidic. La menace est à un niveau maximal, jamais atteint jusqu’alors. D’abord, nous sommes devenus pour l’Etat islamique [EI] l’ennemi numéro un. La France est la cible principale d’une armée de terroristes aux moyens illimités. Ensuite, il est clair que nous sommes particulièrement vulnérables du fait de notre position géographique, de la facilité d’entrer sur notre territoire pour tous les djihadistes d’origine européenne, ­Français ou non, et du fait de la volonté clairement et sans cesse exprimée par les hommes de l’EI de nous frapper. Et puis, il faut le dire : devant l’ampleur de la menace et la diversité des formes qu’elle peut prendre, notre dispositif de lutte antiterroriste est devenu perméable, faillible, et n’a plus l’efficacité qu’il avait auparavant. Enfin, j’ai acquis la conviction que les hommes de Daech [acronyme de l’Etat islamique] ont l’ambition et les moyens de nous atteindre beaucoup plus durement en organisant des actions d’ampleur, incomparables à celles menées jusqu’ici. Je le dis en tant que technicien : les jours les plus sombres sont devant nous. La vraie guerre que l’EI entend porter sur notre sol n’a pas encore commencé.

Pourquoi un constat si alarmant ?
Nous avons en face de nous un groupe ­terroriste plus puissant que jamais. Bien plus puissant qu’Al-Qaïda à sa grande époque. L’EI, fort d’environ 30 000 “soldats” sur le terrain, a recruté plus de membres que l’organisation fondée par Ben Laden en quinze ans ! Et ce n’est pas fini. La France est, de fait, confrontée à une double menace. Celle du déferlement de ce que j’appelle les “scuds” humains du djihad individuel, ces hommes qui passent à l’action sans grande formation ni préparation, agissant seuls, avec plus ou moins de réussite, comme on a pu le voir ces derniers temps. Et celle, sans commune mesure, que je redoute : des actions d’envergure que prépare sans aucun doute l’EI, comme celles menées par Al-Qaïda, qui se sont soldées parfois par des carnages effroyables.

LIRE sur http://www.parismatch.com/Actu/Societe/La-France-est-l-ennemi-numero-un-de-l-Etat-islamique-837513

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10:06 21.09.2015

Le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian est arrivé dimanche soir aux Emirats arabes unis pour des entretiens sur le Moyen-Orient et des questions militaires.

Depuis septembre 2014, la France utilise la base aérienne d’Al-Dhafra, près d’Abou Dhabi, pour mener des missions contre le groupe Etat islamique (EI) en Irak. Mercredi, M. Le Drian a déclaré que la France effectuerait « dans les prochaines semaines » ses premières frappes aériennes contre l’EI, cette fois en Syrie.

Peu après son arrivée aux Emirats, le ministre est allé voir l’homme fort des Emirats, cheikh Mohammed ben Zayed Al-Nahyane, prince héritier d’Abou Dhabi et commandant en chef adjoint des forces armées, selon la source diplomatique, citée par l’AFP.

Outre la Syrie et des questions militaires bilatérales, le conflit au Yémen devait figurer en bonne place dans les entretiens.

C’est un grand sujet de préoccupation pour les Emirats, qui ont perdu plus de 50 soldats ce mois-ci dans le cadre d’opérations militaires visant à venir à bout d’une rébellion chiite.

Abou Dhabi invoque une « menace iranienne » au Yémen pour justifier sa participation à une coalition militaire sous commandement saoudien depuis mars.

Il s’agit de la quinzième rencontre entre Mohammed ben Zayed et Jean-Yves Le Drian. Les Emirats et la France sont des alliés très proches.

Les Emirats sont en deuil depuis samedi à la suite du décès d’un des fils de Cheikh Mohammed ben Rachid al-Maktoum, le vice-président de la fédération et émir de Dubaï.

M. Le Drian doit aller présenter ses condoléances à Cheikh Mohammed lundi avant de se rendre au Qatar.

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08/09/2015 – 08h00 Paris (Breizh-info.com) – Le mouvement pour la remigration, dirigé par Laurent Ozon, a traduit un rapport accablant rédigé sur le site Global initiatives against transnational organized crimes. Nous le reproduisons ci-dessous. 

Et si la fabrication de réfugiés n’était qu’un secteur de la criminalité comme les autres ? 

C’est en substance la conclusion de ce document explosif. Que les motivations soient politiques, religieuses ou purement crapuleuses, les convergences d’intérêts entre les groupes armés de la moitié nord de l’Afrique et du Moyen-Orient sont au cœur du problème migratoire. Faisant feu de tous les trafics ; cigarettes, armes, drogues et surtout migrants, les criminels répartissent et élargissent leurs zones d’action. 

Loin des insinuations journalistiques, ce rapport tisse également les liens entre le trafic migratoire et le terrorisme qu’il finance, anéantissant par-là même les considérations humanitaires de ceux qui veulent nous imposer toujours plus de clandestins, alors que survivent, seulement en France 150 000 SDF et plus de 8 millions de précaires.

Les réseaux criminels sont en réalité les premiers bénéficiaires de la générosité européenne, car chaque point de passage est l’occasion de rançonner les candidats à l’exil. Sous des mots pudiques, se dessine la violence à laquelle sont soumises ces poules aux œufs d’or : racket, traite d’êtres humains, exploitation sexuelle.

Par une stratégie de dominos, les groupes armés « recrutent » ainsi toujours plus de réfugiés. Ces « migrants » deviennent à leur insu les banquiers du crime et du terrorisme, finançant du matériel, des hommes, et des armes. Et ceux qui les encouragent, les « associés » de ces trafics.

Ce rapport prouve que l’approche politique de la crise migratoire doit radicalement changer et l’on distingue pour ce faire deux solutions à mettre en œuvre simultanément. D’une part, il faut anéantir tous les espoirs d’accueil en Europe pour tarir les routes migratoires tenues par les criminels. D’autre part, il est également crucial de réaffirmer l’ancrage des réfugiés sur leur propre territoire pour ne pas céder de terrain aux terroristes.

Le rapport ne vise pas à mesurer les responsabilités politiques dans le chaos libyen mais à tracer une ébauche des voies d’action offertes aux politiques qui veulent vraiment agir. Preuve est ainsi faite que toute manœuvre gouvernementale ne suivant pas ces prescriptions ne fait que se rendre complice de ces trafics, y compris humains.

Face à l’inaction de dirigeants englués dans les bons sentiments et le marketing à visée électorale, il revient donc aux citoyens de réagir vigoureusement pour briser les pompes aspirantes migratoires qui ne servent que les mafias ; et aux élus et représentants du peuple fidèles à l’intérêt collectif, de s’associer à ce sursaut vital en partageant et en faisant connaître ce travail.

Le véritable courage, c’est de ne plus les accueillir ici pour les aider là-bas. Il fallait le démontrer, c’est maintenant fait !

Introduction

Depuis plus de mille ans, le Sahara est une région de  contrebande et de trafic de nombreux types de produits. La Libye, dont les liens avec l’Europe datent de l’Empire romain, a toujours été une destination et une voie de transit importante pour nombre de ces activités illicites. Depuis la chute de Kadhafi, la contrebande et le trafic impliquant à la fois des groupes armés et des réseaux du crime organisé a augmenté de façon spectaculaire en Libye. La chute du régime avait permis à la traditionnelle répartition tribale du commerce trans-Sahara, dans les drogues, les produits de contrefaçon, les migrants et les armes, de croître pour atteindre environ 43-80M$ au maximum, revenus réparties entre un grand nombre de trafiquants, clans et  groupes.

L’augmentation des flux d’argent et de marchandises illégales a des répercussions à travers l’Afrique du Nord et le Sahel. Cet argent et les armes en provenance de Libye ont contribué à faciliter la rébellion au Mali en 2010, et continuent à alimenter les conflits aujourd’hui. Plus important encore, le nombre élevé de migrants le long de la côte en Afrique du Nord a permis le développement d’un commerce de « passage » beaucoup plus lucratif, désormais évalué entre 255 et  323 millions de dollar par an, pour la seule Libye. La valeur de ce commerce surpasse de loin toutes les entreprises de traite et de trafic dans la région, et a renforcé des groupes terroristes, y compris l’État islamique.

Cette synthèse est basée sur des données accessibles à tous et de nombreux entretiens récents dans la région subsaharienne. Elle vise à mesurer la portée actuelle et l’ampleur des économies criminelles transsahariennes et souligne leurs possibles implications sur la stabilité et la sécurité. Le but de cette synthèse est de fournir une mise à jour des informations pertinentes sur les facteurs de conflits potentiels dans la grande région du Sahara, à destination des décideurs politiques, des intervenants et des chercheurs. Ce document a été établi en collaboration entre le Centre norvégien pour l’analyse globale (Rhipto) et l’Initiative mondiale contre la criminalité transnationale organisée.

Compte tenu de l’importance des revenus que peut générer le trafic migratoire, cette synthèse conclut que les principales priorités devraient être  d’une part d’empêcher Daesh et les groupes armés lybiens de tirer profit de cette activité, d’autre part de couper les voies migratoires transsahariennes établies de longue date qui passent par le Sahel vers la Libye.

Les économies criminelles trans-sahariennes

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Figure 1 : Routes de trafic à travers le Sahara

La contrebande traditionnelle, impliquant les clans dans tout le sahara, existe au moins depuis le VIIIe siècle. Depuis peu, les criminels de la région se sont concentrés par type de trafics particuliers : les trafiquants et les groupes terroristes sont spécialisés en cigarettes contrefaites,  les trafiquants de drogue opérèrent en avions légers pour le trafic de cocaïne, et les trafiquants d’armes ne travaillent presque qu’avec les groupes activistes armés, pour ne citer que trois types d’activités. 

Les valeurs de ces principaux trafics dans la région sont estimées à :

•  Trafic de drogue colombienne via Guinée-Bissau : valeur « de rue » 1,25 milliard de dollar en Europe et 150 millions en Afrique de l’Ouest, générant des revenus locaux de 10 à plus de 20 millions de dollars pour les opérateurs dans le Sahel, l’Algérie et la Libye.

• La chute du régime libyen a permis à des groupes criminels de profiter largement de tous les trafics : contrefaçon et contrebande de marchandises, y compris les cigarettes, les produits pharmaceutiques, agricoles, de construction et de transport. Le montant de ce commerce est difficile à quantifier.

• La valeur totale du commerce libyen des armes dans l’ère post-Kadhafi est probablement de l’ordre de 15 à 30 millions de dollars par an. Ces armes sont plus destinées à des groupes militants en Libye et au Sahel (dont le Mali, le Niger, et le Tchad) qu’au commerce. Ceci étant, des livraisons d’armes ont été détectées vers des pays du Golfe et ailleurs en Afrique, et les conséquences négatives du commerce des armes sont évidemment beaucoup plus élevées que sa seule valeur monétaire.

• Le traditionnel trafic de migrants à travers le Sahara était auparavant évalué de 8 à 20million$, mais avec l’augmentation récente des migrants en transit, la valeur actuelle du commerce le long de la côte (en contournant les traditionnels voies tribales) – est estimée entre 255 – 323 millions par an.

Les sections suivantes fournissent une vue des principaux trafics trans-sahariens :

Drogue

On estime à 18 tonnes la quantité de cocaïne (originaire de Colombie) qui circule par les côtes d’Afrique de l’Ouest, en particulier la Guinée-Bissau et la guinéen après un pic de 47 tonnes en 2007. Ces 18 tonnes représenteraient une valeur d’environ 1,25 milliard de dollar sur le marché européen. Leur trafic fournit donc un revenu substantiel aux trafiquants d’Afrique de l’Ouest, de l’ordre de 150 millions de dollar par an. Les revenus liés seraient d’environ 15 à 20 millions en Lybie, Tunisie et Algérie.

La cocaïne qui transite par la Lybie y arrive généralement par le sud, cheminant par les voies terrestres depuis la Guinée-Bissau jusqu’à la Méditerranée et l’Europe. Comme la cocaïne est perçue comme une menace en Europe et en Amérique du Nord, faire transiter la drogue par le Sahara et la Lybie demande de plus en plus de complicités de la part des agents chargés de la sécurité des Etats traversés.

Le cannabis et la résine de cannabis transitent eux aussi par la Lybie. Selon les calculs, le Maroc est le premier ou le deuxième producteur de cannabis. Le  produit chemine jusqu’en Europe, son principal marché, en passant par des réseaux en Egypte et dans la région des Balkans. Deux chemins existent entre le Maroc et l’Egypte. La première route passe par le sud et traverse le Sahel pour contourner la frontière fermée entre le Maroc et l’Algérie, la deuxième longe les côtes du nord du continent. Le volume de cannabis qui passe par la Lybie demeure inconnu, par manque d’analyse sur ce sujet, mais il est probablement très important et l’on sait que contrairement à la cocaïne, la majeure partie des revenus issus de ce trafic reste dans la région et finance des trafics armés.

Contrefaçon et contrebande

Les Etats du Maghreb Algérie, Lybie, Maroc et Tunisie et l’Egypte fument 44% des cigarettes de tout le continent. Le commerce illégal de tabac y serait d’environ 1miiliard de dollar par an, le Mali représentant une plaque tournante majeure grâce aux réseaux établis par Mokhtar Belmokhtar, salafiste algérien co-fondateur d’AQMI et qui gère désormais son propre réseau autonome , Al Mourabitoun (signifiant Les Almoravides, dynastie des XI et XII siècles).

Le trafic de faux médicaments ou de médicaments interdits est florissant dans la Lybie post-révolutionnaire, à la fois pour les groupes criminels en recherche de profits et pour les pharmaciens désireux de stabiliser leurs revenus dans une situation désormais chaotique d’après-guerre.  De la même façon, de nombreuses milices ont pillé des sites publics à la recherche d’équipement de construction et agricoles qu’ils ont vendus au marché noir dans toute la région, les bénéfices leur permettant de se fournir en armes et moyens de transports pour renforcer leur trafic.

En dehors du trafic de cigarettes profondément enraciné et aux réseaux bien établis, les produits contrefaits et vendus en contrebande sont surtout des opportunités saisies  au vol et ne contribuent pas de façon systématique au financement de groupes spécifiques ou d’acteurs belliqueux. Bien souvent, les produits sont simplement jetés à l’arrière d’un camion au hasard d’un voyage retour d’un autre trafic pour arrondir les bénéfices.

Armes 

En 2011, l’armée libyenne était estimée à 76000 membres actifs et 40000 agents de réserve, avec un arsenal de 250 à 700000 armes à feu, dont trois quarts de fusils d’assaut. A la chute de Khadafi et la désintégration de l’Etat libyen, ces armes sont tombées aux mains de groupes armés et de trafiquants.  Les conflits en Lybie sont toujours alimentés par les soldats et les armes qui formaient jusqu’alors la colonne vertébrale de la puissance de l’Etat.

Le prix d’un AK-47 en Lybie varie généralement de 150 à 1000 dollars, parfois plus, sachant que la moyenne sur le reste du continent avoisine les 500 dollars. Pour des armes plus évoluées, comme des MANPADS ou des SA-7 (lance-missiles sol-air portatif), il faut compter plusieurs milliers de dollars par pièce. Le trafic d’armes en Lybie varie de 4 à 15 millions par an pour les armes légères. En comptant les munitions, ce trafic atteint 15 à 30 millions, bien que la valeur réelle pourrait être double compte tenu de la grande incertitude sur le nombre d’armes impliqué.

La puissance de feu du régime a également un impact important sur les pays frontaliers. L’UNODC (Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime) a laissé entendre que l’arsenal du régime Khadafi comptait 22000 lance-missiles dont au moins 17000 sont portés manquants et 400 sont partis dans le trafic avec certitude. On estime qu’entre 10 et 20000 armes à feu libyennes ont rejoint le Mali, le Niger, le Tchad et le Soudan.  Certaines estimations donnent des chiffres bien plus importants, parfois quadruplés, suite à la chute de l’armée libyenne et des institutions de l’Etat.

Beaucoup de preuves pointent le rôle critique d’armes et de milices venant de Lybie dans le déclenchement du mouvement séparatiste au Mali en 2011, et de façon durable en alimentant l’instabilité mais aussi des attaques contre du personnel des Nations Unies et d’autres cibles. En outre, l’accès aux armes et leur contrôle dans la région du Sahara est devenu un élément critique pour être capable de contrôler les routes de trafic et les territoires.

Le trafic de migrants

Il y a désormais un très grand nombre de trafiquants de migrants et réfugiés venant de Syrie via le Liban et l’Egypte. Les Syriens comptent en effet pour la plus grande part des migrants exploités via la Lybie, même si un nombre rapidement croissant de migrants sub-sahariens arrive aussi par ces voies. Ce business florissant est aujourd’hui la source de revenus la plus accessible pour les réseaux de crimes organisés et les groupes armés, leur permettant ensuite d’acheter des armes, de conquérir de plus grands territoires, de former des armées,  et de pratiquer du racket.

Le trafic migratoire a augmenté de façon spectaculaire à partir de la Lybie et de la Tunisie. Grâce à des moyens variés, dont des accord avec l’Italie, le régime de Khadafi avait drastiquement limité les flux migratoires et les trafics d’individus entre les deux pays : seuls 4500 réfugiés avaient été décomptés en 2010. En 2014, ce chiffre a explosé pour atteindre au moins 170 000, malgré l’insécurité croissante en Lybie et les dangers de la traversée de la Méditerranée. D’après Frontex, les migrants qui arrivent en Europe en traversant la Méditerranée depuis la Lybie (route dite de méditerranée centrale) représentent environ 60% des arrivées clandestines en Europe. Pour les 170 000 migrants qui ont utilisé cette voie en 2014, les deux premiers pays d’origine étaient la Syrie (39651 migrants) et l’Erythrée (33559), le reste venait d’Afrique sub-saharienne (26340).

Les migrations forcées et illégales (mais volontaires) ont assez augmenté pour devenir une des plus importantes sources de revenus en Lybie, et un vaste spectre de groupes en profite. Depuis la chute de Khadafi, les milices harcèlent les migrants et leur famille pour leur extorquer des fonds ou vont jusqu’à vendre des migrants aux trafiquants.

Quiconque a accès à un bateau peut tirer profit substantiel en mettant des migrants à l’eau. De façon générale, les passeurs facturent 800 à 1000 dollars par personne pour le passage vers la Lybie, et encore 1500 à 1900 pour le périple en Méditerranée, souvent en extorquant les fonds de force. Selon le type de bateau, une traversée peut accueillir plusieurs centaines de migrants. Une fois en mer, peu d’attention est portée au devenir de ces migrants ou à leur destination finale, les passeurs présument qu’ils seront secourus à un moment de la traversée. On a par ailleurs peu de preuves que les passeurs aient établi des services d’accueil pour l’arrivée en Europe.

Pour atteindre la Lybie, les réfugiés syriens passent souvent par l’Egypte ou le Soudan, deux des quelques pays qui n’exigent pas encore de visa pour les citoyens syriens. Sous le gouvernement Morsi, les Syriens étaient largement bienvenus en Egypte et nombreux s’y sont établis au début de l’exode des réfugiés. Depuis sa chute toutefois, les comportements ont changé et se sont durcis envers les réfugiés syriens de plus en plus nombreux.  Beaucoup ont donc continué leur trajet jusqu’en Lybie, d’où l’on peut partir vers l’Europe. Les difficultés d’accès grandissantes pour l’Egypte ont poussé les migrants à prendre des routes plus au sud, par le Sinaï, là où les contrôles officiels sont plus faibles, ce qui a en conséquence contribué à impliquer Daesh dans le racket et l’aide au passage illégal. Ceci crée des incitations qui permettent à Daesh d’augmenter ses profits en exacerbant les flux migratoires grâce à des attaques ciblées sur les civils dans leurs zones conquises ou en ciblant les camps de réfugiés frontaliers avec la Jordanie  et le Liban. Cette tactique a été largement utilisée par les rebelles congolais, en créant des réfugiés puis en les exploitant. Augmenter le nombre de réfugiés syriens et faciliter le commerce sur le dos des migrants peut ainsi aider Daesh à prendre position indirecte en Lybie.

 

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Figure 2 : Zoom sur certaines routes de trafic en Lybie. Les flux côtiers Est-Ouest sont 
de plus grande importance comparés aux flux traditionnels par les voies à travers 
du Sahara, y compris pour les Syriens et les Erythréens, suggérant des actions coordonnées
de l’Egypte au Sinaï, la Jordanie et le Liban. 
Le montant total sur les côtes est estimé au minimum entre 255 et 323 millions de dollars.

 

Pour la population sans cesse grandissante de migrants sub-sahariens, de nombreuses routes sont accessibles. Les réfugiées d’Erythrée, de Somalie, et de la corne de l’Afrique à traverser le Soudan, passer par la mer rouge et la péninsule du Sinaï, une région où le gouvernement égyptien perd de plus en plus contrôle. Une ancienne voie allant de Djibouti au Yemen en passant par les pays du Golfe est depuis désertée à cause des contrôles importants de ces derniers. Ajoutons que compte-tenu de l’instabilité du Yemen, les flux migratoires vont désormais en sens inverse, avec des centaines de Yéménites arrivant à Djibouti et grossissant l’exode vers l’ouest ou passant par une nouvelle route le long de la mer noire, au nord. Les Somaliens, les Erythréens, et désormais les Yéménites, sont éligibles de prime abord au statut de réfugiés en Europe, ce qui rend l’investissement du trajet pour les plages d’Europe particulièrement juteux.

Les réfugiés venant d’Afrique de l’Ouest, du Centre et plus au sud ont tendance à suivre les vieilles routes de commerce à travers le Sahel, comme la route allant du Mali à la Lybie en passant par le sud de l’Algérie ou encore par le Niger, d’Agadez (un nœud de circulation)  puis par le sud de la Lybie jusqu’à la côte. L’instabilité de la Lybie e bien évidemment offert des opportunités sans précédent d’atteindre l’Europe pour ces migrants très largement économiques. Ce business lucratif est responsable d’une augmentation énorme du nombre de groupes impliqués dans ce trafic, des habituelles tribus nomades du Sahara tels que les Touareg et les Tebou qui concourent au voyage de 5 à 20000 migrants par an, à partir de n’importe où vers la Lybie. Les migrants peuvent être obligés de travailler plusieurs mois lors d’escales sur ces routes de trafic, les abus physiques et sexuels étant assez fréquents. Orchestrer des migrations illégales massives requiert un « contrat » établi avec les passeurs des tribus, comprenant aussi des autochtones de clans au Mali, au Niger et au Tchad.

 

 

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Figure 3 : Routes de trafic rejoignant la Lybie à partir du Mali, de l’Algérie, du Tchad, 
du Soudan et de l’Egypte. Le Sinaï est un point de trafic à partir de la Jordanie 
et du Liban, et partiellement à partir du Soudan et de l’Erythrée

 

Les groupes armés et le financement du terrorisme

L’importance des activités criminelles dans le financement des groupes djihadistes ne saurait être sous-estimée. La fragmentation de la Lybie et l’insécurité régnante ont eu un effet d’entraînement dans tout le Sahel et le Maghreb, créant ainsi des havres de paix pour les groupes terroristes qui peuvent désormais opérer en complète impunité. Il semble que les opportunités d’alliance ne leur manquent pas tirer profit ou racketter les divers trafics du nombre croissant de groupes armés et de réseaux criminels dans la région.

La formation « d’économies de protection » qui peuvent au gré s’intégrer à un trafic ou le taxer a de sérieuses conséquences sur la stabilité et la sécurité régionales. Dans certaines régions, cette économie mafieuse surpasse l’activité économique légale et sape la capacité de l’Etat à gérer les affaires. Alors que différentes dynamiques et caractéristiques sont en jeu, toutes ces ressources accumulées, contrôlant ou protégeant les trafics à travers le Sahara, ne viendront en aucun cas aider à une meilleure gouvernance ou un meilleur contrôle de l’Etat. Elles serviront plutôt à perturber ou à saper le pouvoir et sa légitimité, et permettront de profiter des opportunités de trafics sur les ressources pour gagner de l’influence durant ces périodes de transition démocratiques.

Les groupes terroristes transsahariens 

La Lybie sert de base arrière sûre à plusieurs groupes terroristes et/ou djihadistes qui opèrent dans le Sahel.  Il y a deux principales raisons à cela. Premièrement, La déchéance rapide du régime de Khadafi a laissé une vacuité à la tête de l’Etat et fourni des opportunités à des minorités comme les Touareg (victimes de persécutions sous le régime Khadafi) de prendre leur revanche et d’asseoir leur pouvoir. Deuxièmement, l’opération française Serval menée au nord-Mali a plutôt réussi à repousser les groupes armés et terroristes en dehors du pays, groupes qui ont trouvé la sécurité en Lybie.

La situation en Lybie est assez complexe, avec de nombreuses milices combattant entre elles. Al Qaida au Maghreb Islamique (AQMI) est toujours actif dans une grande partie du Sahel, mais le groupe le plus dangereux opérant en Lybie est probablement Al Mourabitoun, mené par Mokhtar Belmokhtar. S’y ajoutent, Ansar-Edine (signifiant les défenseurs de la religion), Boko-Haram et Ansar-el Sharia (les défenseurs de la loi islamique) tous respectivement très actifs au Mali, au Niger et en Lybie, il y en outre toujours eu des contacts entre Boko-Haram et les groupes agissant au Sahel.

Tous ces groupes profitent des différents trafics et commerces en expansion, étant donné qu’il y a peu de véritables opérateurs économiques dans la région du Sahel. Al Mourabitoun est le plus célèbre, son fondateur Belmokhtar disposant d’une expérience de longue date dans le trafic de cigarettes et d’armes, avec des réseaux bien établis dans tout le Sahel et le Maghreb. Ce groupe est désormais en lien avec les trafiquants de cocaïne, via une fusion avec MUJOA (Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest) en 2013. Les membres de MUJOA au Mali sont suspectés d’être liés au trafic de cocaïne. AQMI est quant à lui renommé pour ses enlèvements avec demandes de rançons servant à financer ses activités terroristes. Cette habitude semble toutefois avoir pris fin, plus faute de cibles rentables que de changement de stratégie.

Tant AQMI que Al Mourabitoun jouit d’une totale liberté de mouvement dans certaines régions du Mali, du sud de l’Algérie, mais les deux groupes conservent leurs bases arrières en Lybie. Il n’y en effet qu’en Lybie qu’ils ont pu établir des bases logistiques et des camps d’entraînement en toute quiétude et sans risque d’être détectés. Ceci étant, ils maintiennent des caches d’armes, de petits camps et des postes logistiques au Mali, Niger et en Algérie. Ces deux groupes savent tirer parti des terrains montagneux accidentés : cela leur permet de masquer leurs pistes, protéger des caches d’armes, et même de mettre en échec les scanners infrarouges (les signatures de température peuvent en effet être masquées dans les caves naturelles ou parmi les rochers chauffés par le soleil). Les régions montagneuses souvent exploités par les groupes terroristes sont notoirement difficiles à pénétrer pour les armées occidentales et l’incursion franco-tchadienne dans l’Adrar des Ifoghas en 2012 est l’une des rares exceptions.

Même une opération française continue dans la région, l’opération Barkhane, n’a eu que peu d’effets pour stopper les groupes armés. Cette opération ciblait les groupes djihadistes régionaux, basée sur une coopération entre la France et cinq pays du Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad), cette opération permettrait à la France de définir ses cibles à son souhait dans les cinq pays. Malgré un certain succès, les récentes attaques de Mokhtar Belmokhtar et de d’Al Mourabitoun ont montré que les groupes avaient assez préservé leurs capacités logistiques, leurs ressources, leur matériel et leur personnel pour attaquer des cibles stratégiques. Al Mourabitoun bénéficie largement des liens avec les cartels de la drogue depuis sa fusion avec MUJOA en 2013 ; AQMI est quant à lui plus enclin à retourner à ses méthodes de trafic et d’enlèvements pour financer ses activités.

Une autre facteur de complication est la mesure dans laquelle les groupes djihadistes et les réseaux criminels sont jumelés avec les groupes armés insurgés du mouvement de libération Azawad. Ce dernier prend officiellement part aux accords de paix avec le gouvernement malien, sous l’égide de la communauté internationale. Il est donc hors de portée même pour les forces françaises et ses activités criminelles (comprenant trafic d’armes et de drogues) ont été largement minorées dans le cadre du process politique. Des situations similaires se retrouvent en Lybie, par exemple avec les mouvements touareg qui peuvent porter des éléments djihadistes, sont très actifs dans les trafics d’être humains et le transport de cocaïne. La tribu nomade Tébou forme un groupe qui est isolé des discussions politiques  tant en Lybie qu’au Mali. Ce groupe, qui s’étend sur quatre pays au Sahel et au Maghreb, avec une concentration en sud-Lybie et au Tchad, s’est rapidement engagé sur le commerce de migrants et on dit que son contrôle territorial s’étend largement vers le sud au Niger.

Le rôle de L’Etat islamique dans le Sahara

Le rôle de l’IS dans le Sahara est en constante évolution et il est encore trop tôt pour en faire une évaluation valable. Alors que le groupe n’a fait matériellement aucune incursion de ses activités dans le Sahel, ni n’a reporté de serments d’allégeances par d’autres groupes comme Boko-Haram, l’état chaotique de la Lybie et la première apparition d’une cellule issue de l’IS en Afrique en nord rendent bien possible que l’IS décide de faire de la Lybie une base, pour l’entraînement et l’organisation ou  pour son expansion.

Le flux de migrants en plein essor sera très motivant pour une expansion de l’IS vers l’ouest et le Maghreb, considérant que les ressources jusqu’alors mobilisées (trafic de pétrole et de biens culturels) deviennent de plus en plus contraintes. Par ses activités au Moyen-Orient, Daesh a montré sa capacité à contrôler un territoire et à racketter autant l’économie légale que l’économie souterraine. Il a sans doute devenu de loin supérieur à tout autre groupe armé non-étatique dans le monde, capable d’établir efficacement des systèmes d’audit, des services sociaux et du contrôle.

Actuellement, une grande partie des réfugiés transitant par la Lybie sur le chemin de l’Europe est de Syrie, mais sont canalisés à travers une chaîne de trafic du Liban à la Lybie. IS  a délibérément mené des attaques contre les camps de réfugiés à l’Ouest de la Syrie pour augmenter le flux de migrants sur les routes des passeurs contrôlées par l’organisation, afin de générer des revenus additionnels. Il y a donc une tendance à voir une augmentation des réfugiés si les troubles en Syrie et en Irak venaient  à affecter la stabilité du Liban ou de la Jordanie.

La faiblesse du Sinaï est un véritable problème, considérant la proximité des places fortes de Daesh avec la Syrie et la Jordanie. Toutefois, il est possible que Daesh se retrouve en concurrence avec d’autres groupes armés ou djihadistes  en Lybie et au Sahel si l’organisation décidait de poursuivre son extension vers l’ouest ou le sud, conduisant ainsi à de violents conflits. Les Tebou par exemple ont établi plusieurs zones sous contrôle sur une bande est du Sahel et aux frontières tchadiennes. Ils ont également sécurisés des puits de pétrole et tiennent le monopole du trafic de migrants de la corne de l’Afrique vers la Lybie. Cependant, des alliances stratégiques ont déjà été conclues par le passé entre des groupes du Sahel, en particulier contre des ennemis communs. Il n’est donc pas possible de prédire aujourd’hui comment les interactions peuvent évoluer.

Pour le moment, il est clair que le potentiel stratégique et financier d’un engagement de Daesh au Sahel est considérable ; et les mouvements de populations forment un terreau propice au recrutement de combattants à l’étranger et à leur couverture, ce qui forme la force de l’Etat islamique de longue date.

Conclusion

Il y a peu de place pour le doute quant à l’immense inquiétude que suscite le nœud entre crime et terrorisme dans le Sahara. Il y a de plus en plus de preuve que des groupes armés, y compris des groupes extremistes ceux recourant à la violence, tirent pleinement profit des activités économiques criminelles avec une grande impunité. Avec le statu quo actuel, le scenario le plus probable est que les forces d’AQMI et d’Al Mourabitoun restent à leur niveau pendant que celles de Daesh augmentent, ce qui signifie que les attaques dans le Sahel vont se poursuivre contre des cibles de fortes valeurs, y compris des attaques suicides et visant des cibles occidentales (ambassades, hotels, night clubs) ainsi que des symboles de puissance des Etats. Plus longtemps un groupe criminel reste inattaqué par les forces légitimes, plus  ses réseaux sont établis, plus grande est son influence lors de discussions dans un process politique, sous réserve qu’ils en fassent le choix.

D’un point de vue politique, les réponses apportées aux conflits, à l’instabilité et au terrorisme doivent être réinterprétées sur ces bases. Les décisions par défaut qui consistent à renforcer les frontières risquent de n’avoir que peu d’impact compte tenu des grands territoires et de l’utilisation des voies maritimes ainsi que de la dispersion des groupes sur les différents territoires. En outre, l’enchevêtrement d’intérêts politiques, terroristes et criminels porte de grandes implications sur les stratégies de retour à la paix. En effet, il est d’autant plus difficile d’intégrer les groupes criminels dans un processus de paix qu’ils bénéficient des divers trafics et rackets qui disparaitraient en temps de paix. Ils manquent donc de motivations à rejoindre un Etat structuré sauf à légaliser des économies criminelles sous couvert d’un processus démocratique et diplomatique, mais fournissant peu de retour réel de stabilité et de développement pour les populations.

De toutes ces activités criminelles, la plus urgente à traiter est celle du trafic de migrants à travers la Méditerranée car l’augmentation des flux finance en retour les groupes radicaux impliqués dans les trafics au Sinaï et en Egypte, liés à la Lybie, la Syrie, l’Irak, y compris Daesh. Une plus grande implication des réseaux de crimes organisés dans les trafics est possible sur les voies venant et allant vers la Jordanie, ainsi que sur celles qui transitent vers la Lybie ou l’Egypte. L’augmentation du nombre de réfugiés syriens, en particulier résultant d’attaques de Daesh près de Damas (comme nous avons observé autour des camps de réfugiés)  est susceptible d’alimenter les trafics de migrants et la traite d’êtres humains. Cela augmente nettement a capacité des groupes armés à se retrancher plus profondément en Libye et à capter des sources de revenus en dehors de l’Irak et la Syrie.

S’attaquer aux flux migratoires est un véritable enjeu et les interventions au large des côtes libyennes ont peu de chance de faire réduire les flux de migrants compte tenu de l’étendue de la zone de repêchage. Au contraire, elles peuvent augmenter les départs, étant donné le peu d’attention que les trafiquants portent au sort des migrants qu’ils mettent sur les bateaux une fois les plages libyennes quittées. Ainsi toute intervention pour secourir les bateaux de réfugiés doit s’accompagner d’une analyse ciblée  sur comment réduire les bénéfices de trafics et comment faire en sorte que les sauvetages ne fassent qu’alimenter le modèle économique de Daesh, ce qui va bien au-delà de l’ère libyenne.

Recommandations

Il est vital de réduire la motivation des migrants et des réfugiés à passer en Lybie par les maillons du crime organisé. Non seulement pour réduire les risques physiques des migrants eux-mêmes mais aussi pour porter atteinte à la plus grande opportunité financière de Daesh  en Afrique du Nord. La meilleure façon de faire est :

  • Améliorer les aides d’urgence aux réfugiés au Liban, en Syrie et en Jordanie en augmentant significativement l’aide portée et la protection aux camps de réfugiés,
  • Faire des campagnes de promotion auprès des refugiés pour les informer des risques d’abus, d’esclavage et même de mort inhérents  au recours de réseaux de passeurs,
  • Cibler plus efficacement les réseaux de passeurs et les points de passage (ndt : points d’étranglement dans le texte), comme les côtés libanaises, le Sinaï, l’Egypte et le Soudan, détourner et faciliter les flux migratoires par des voies terrestres. Le Sinaï devrait être l’objet d’une attention particulière, ainsi que les flux en provenance du Yemen vers cette voie,
  • Améliorer significativement les renseignements et les analyses sur les routes, les points de passage et les organisations structurées de trafic migratoire, au plus près des pays d’origine,
  • Sur le long terme, réduire l’exode des réfugiés fuyant les zones de conflit est la seule solution. Cependant, les mesures ci-dessus sont des actions de court terme qui peuvent être prises et empêcher l’afflux de ressources financières vers les groupes radicaux, mais aussi empêcher la déstabilisation complète du Liban ou de la Jordanie et par voie de conséquence le financement de groupes armés dans le Sinaï en Egypte et en Lybie.
Bibliographie

Mark Shaw and Fiona Mangan, Illicit Trafficking and Libya’s Transition: Profits and Losses, United States Institute for Peace, Washington DC 2014

Tuesday Reitano and Mark Shaw, Fixing a Fractured State? Breaking the cycles of crime, conflict and corruption in Mali and the Sahel, Global Initiative against Transnational Organized Crime, Geneva 2015

Arezo Malakooti, Mixed Migration: Libya at the Crossroads, Mapping of Migration Routes from Africa to Europe and Drivers of Migration in Post-revolution Libya, UNHCR, Tripoli 2013

Brian McQuinn, After the fall: Libya’s evolving armed groups, Small Arms Survey, Geneva 2012 Frontex, Annual Risk Analysis 2015, Warsaw 2015

About 

This brief was prepared as a joint collaboration between:

RHIPTO, the Norwegian Center for Global Analysis, set up to support the UN with rapid response capacities regarding acute and timely information and analysis relating to risks to the environment, development, peace and security.

The Global Initiative against Transnational Organized Crime (www.globalinitiative.net), an independent network of prominent law enforcement, governance and development practitioners who are dedicated to seeking new and innovative strategies to end organized crime.

Document publié sur le site internet Global initiatives against transnational organized crimes, traduit de l’anglais par le Mouvement pour la Remigration le 30 Août 2015. 

http://www.globalinitiative.net/download/global-initiative/Libya%20Criminal%20Economies%20in%20the%20trans-Sahara%20-%20May%202015.pdf

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2015, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine

source: http://www.breizh-info.com/30671/actualite-internationale/immigration-et-crime-organise-le-rapport-choc-qui-accable/

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jacqueshenry

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Il y a 70 ans presque jour pour jour Harold Agnew sortait en souriant d’un baraquement du projet Manhattan à Los Alamos avec une petite valise spéciale contenant le cœur de plutonium de la bombe « Fatman » qui allait être larguée le 9 août 1945 sur la ville de Nagasaki provoquant la mort instantanée d’environ 80000 personnes. Triste anniversaire que de voir cet homme souriant, un simple ingénieur et employé de haut rang de l’armée américaine, alors qu’il savait que ce joujou allait être utilisé contre le Japon pour détruire une ville, tuer des civils et mettre fin à la guerre tout en assurant par la suite l’emprise hégémonique des USA sur le Japon et quelques autres pays de la région qui perdurera jusqu’à nos jours. La charge de plutonium d’environ 7 kilos – la taille d’une balle de tennis – conduisit à la fission effective de moins de un kilo…

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Olivier Demeulenaere - Regards sur l'économie

Les tensions au sein des Etats baltes et de la Pologne ont atteint leur paroxysme ces jours derniers alors qu’il est devenu de plus en plus évident que les Russes n’avaient aucun plan d’aucune sorte pour attaquer l’un ou l’autre de ces pays. Pendant l’année écoulée, la Pologne, la Lettonie, la Lituanie et l’Estonie ont lancé un crescendo d’avertissements concernant une invasion russe, et ont tenté de convaincre le reste du monde qu’il devait prendre des mesures radicales afin d’empêcher le président Vladimir Poutine de mener à bien son projet de recréer l’Union soviétique, cette fois de Vladivostok à Johannesburg.

non-invasion russe

Cependant, malgré ces alertes répétées d’un péril imminent, les Russes n’ont pas encore pointé le bout de leur nez, et semblent même soutenir qu’ils ont mieux à faire de leur temps. Pas plus tard que la semaine passée, Monsieur Poutine a déclaré lors d’une interview avec le quotidien italien Il…

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Selon un document de la DIA l’Occident facilite la montée de l’Etat islamique « afin d’isoler le régime syrien »

diaDéfense Intelligence Agency (DIA)

Le lundi 18 mai, Judicial Watch, le groupe de vigilance du gouvernement conservateur, a publié une sélection de documents autrefois classifiés obtenus du Département américain de la Défense et du Département d’Etat grâce à un procès fédéral.

Alors que les grands médias se concentraient sur le traitement par la Maison Blanche de l’attaque du consulat de Benghazi, un bien plus «grand tableau» se dégage de la lecture d’un document de la Defense  Intelligence Agency rédigé en 2012: à savoir que l’avènement d’un «État islamique» dans l’est de la Syrie est souhaitable pour que l’Occident puisse arriver à ses fins dans la région.

De manière surprenante, le rapport récemment déclassifié stipule que pour «l’Occident, les pays du Golfe et la Turquie [qui] soutiennent l’opposition [syrienne]… il y a la possibilité d’établir une principauté salafiste officielle ou pas, dans l’est de la Syrie (Hasaka et der Zor), et c’est exactement ce que veulent les puissances qui soutiennent l’opposition, afin d’isoler le régime syrien …».

Le rapport de la DIA, anciennement classé «SECRET // NOFORN*» et daté du 12 août 2012, a été largement diffusé dans les divers organes gouvernementaux, y compris CENTCOM, la CIA, le FBI, le DHS, NGA, le Département d’État et beaucoup d’autres.

Le document montre que, dès 2012, le renseignement américain avait prédit la montée de l’Etat Islamique en Irak et au Levant (ISIL ou ISIS), mais au lieu de désigner clairement le groupe comme un ennemi, le rapport considère le groupe terroriste comme un atout stratégique américain.

Bien qu’un certain nombre d’analystes et de journalistes documentent depuis longtemps le rôle des agences de renseignement occidentales dans la formation et l’entrainement de l’opposition armée en Syrie, ce document constitue la confirmation par les plus hautes sphères du Renseignement étasunien de l’idée que les gouvernements occidentaux voient essentiellement ISIS [EIIL] comme le meilleur moyen de parvenir à un changement de régime en Syrie. Non seulement ce document le dit clairement mais il le dit comme si c’était la chose la plus naturelle qui soit.

Des preuves matérielles, des vidéos, ainsi que les récents aveux de hauts fonctionnaires impliqués (voir l’aveu de l’ancien ambassadeur des Etats-Unis en Syrie, Robert Ford, ici et ici), ont, depuis, prouvé que le soutien matériel des terroristes d’ISIS sur le champ de bataille syrien par le Département d’État et la CIA remonte à au moins 2012 et 2013 (pour un exemple clair de «preuves matérielles»: voir le rapport de l’organisation anglaise, Conflict Armement Research, qui, en remontant la trace des roquettes anti-chars croates récupérées auprès de combattants ISIS, est arrivée à un programme conjoint CIA /Arabie Saoudite via des numéros de série identifiables).

On peut résumer ainsi les points clés du rapport de la DIA, concernant «ISI» (en 2012 : «Etat Islamique en Irak») et son futur compère ISIS, qui vient d’être déclassifié  :

  • Al-Qaïda conduit l’opposition en Syrie
  • L’Occident s’identifie avec l’opposition
  • L’établissement d’un Etat Islamique naissant n’est devenu réalité qu’avec la montée de l’insurrection syrienne (il n’y a aucune raison de penser que le retrait des troupes américaines d’Irak ait joué le rôle de catalyseur dans l’essor de l’Etat Islamique, comme l’affirment d’innombrables politiciens et experts; voir la section 4 .D. ci-dessous)
  • La mise en place d’une «principauté salafiste» en Syrie orientale est «exactement» ce que veulent les puissances extérieures qui soutiennent l’opposition (identifiées comme «l’Occident, les pays du Golfe, et la Turquie») pour affaiblir le gouvernement d’Assad
  • Il est suggéré de créer des «lieux de refuge sûrs» dans les zones conquises par les insurgés islamistes comme cela a été fait en Libye (ce qui dans les faits, se traduit par une soi-disant zone d’exclusion aérienne comme premier acte d’une «guerre humanitaire»; voir 7.B.)
  • L’Irak est identifié à «l’expansion chiite» (de 8.C)
  • Un « «état islamique» sunnite pourrait empêcher «l’unification de l’Irak» et pourrait «faciliter à nouveau l’entrée d’éléments terroristes de tout le monde arabe dans l’arène irakienne.» (Voir la dernière ligne du PDF.)

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Ce qui suit est extrait du rapport de sept pages déclassifié de la DIA (C’est nous qui soulignons ) :

 

dia-2012-syria-islamic-state1

R 050839Z 12 août

La situation générale:

  1. A l’intérieur, les événements prennent une tournure clairement sectaire.
  2. Les Salafistes [sic], Les Frères musulmans et Al-Qaïda – Irak, sont les forces principales de l’insurrection en Syrie.
  3. L’Occident, les pays du Golfe et la Turquie soutiennent l’opposition, tandis que la Russie, la Chine et l’Iran soutiennent le régime.

  1. (C) Al-Qaïda – Irak (IQA): … B. IQA soutient l’opposition syrienne depuis le début, à la fois idéologiquement et dans les médias …

4.D. IQA a perdu du terrain dans les provinces de l’ouest de l’Irak en 2009 et 2010. Cependant, après la montée de l’insurrection en Syrie, les pouvoirs religieux et tribaux régionaux ont sympathisé avec le soulèvement sectaire. Cette (sympathie) s’est concrétisée par l’appel à bénévoles pour soutenir les sunnites [sic] en Syrie, dans les sermons du vendredi.

  1. (C) Hypothèses sur le développement futur de la crise:
  2. le régime va survivre et garder le contrôle du territoire syrien.
  3. Evolution de la situation actuelle en guerre par procuration: … les forces d’opposition tentent de contrôler les zones orientales (Hasaka et Der Zor), qui touchent les provinces irakiennes orientales (Mossoul et Anbar), en plus des frontières turques voisines. Les pays occidentaux, les pays du Golfe et la Turquie soutiennent ces efforts. Cette hypothèse, qui est le plus probable étant donné ce que nous savons des événements récents, permettra de préparer des lieux de refuges sûrs sous contrôle international comme cela a été fait en Libye quand Benghazi a été choisi comme centre de commande du gouvernement provisoire.

8.C. Si la situation se détériore,  on pourra établir une principauté salafiste officielle ou pas, dans l’est de la Syrie (Hasaka et Der Zor), Et c’est exactement ce que veulent les puissances qui soutiennent l’opposition, afin d’isoler le régime syrien qui est considéré comme l’extrémité stratégique de l’expansion shiite (Irak et l’Iran)

8.D.1. … ISI pourrait aussi constituer un Etat islamique en s’unissant avec  d’autres organisations terroristes en Irak et en Syrie, ce qui mettrait gravement en danger l’unification de l’Irak et la défense de son territoire.

Brad Hoff, Levant Report | Mai 19, 2015

Note : * no foreign nationals : ne pas communiquer aux étrangers

Traduction : Dominique Muselet 

Article original : http://levantreport.com/2015/05/19/2012-defense-intelligence-agency-document-west-will-facilitate-rise-of-islamic-state-in-order-to-isolate-the-syrian-regime/

Chacun est libre de diffuser les articles publiés par Arrêt sur info à condition de mentionner le nom de l’auteur et le lien

Source: http://arretsurinfo.ch/selon-un-document-de-la-dia-de-2012-loccident-facilitera-la-montee-de-letat-islamique-afin-disoler-le-regime-syrien/

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US Department of Defense Admits Supporting ISIS, Buffer Zones In Syria

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While the Western mainstream media and even independent gatekeepers like Noam Chomsky for years spread the lie that any suggestion that the United States and NATO were supporting ISIS was a “conspiracy theory,”recently uncovered and declassified documents from the Defense Intelligence Agency have proven the Western press and the likes of Chomsky wrong and, yet again, the so-called “conspiracy theorists” right.

This is because, on May 18, Judicial Watch published a selection of recently declassified documents that were obtained from the US Department of Defense and the US State Department as a result of a lawsuit filed against the US government. The lawsuit and most of the documents contained within the release revolved around the Benghazi scandal but a deeper look into the documents dating back to 2012 reveal an even bigger story – that the US and NATO have admitted in their own documents to supporting al-Qaeda and ISIS in Syria and Iraq.

MORE: http://www.globalresearch.ca/us-department-of-defense-admits-supporting-isis-buffer-zones-in-syria/5451809

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Maxime Tandonnet - Mon blog personnel

4773659_48be540dad9d3d53a39c234049512add7f417ede_545x460_autocropL’Etat islamique Daesh poursuit sa progression au Moyen-Orient et la carte des zones occupées s’étend comme une flaque d’huile, un incendie de broussailles, couvrant désormais l’essentiel de la Syrie et de l’Irak. Cet expansionnisme qui bouscule la planète, poussé par une mystérieuse et incompréhensible puissance,  donne le vertige. Le monde occidental, à l’origine des frontières et des Etats en voie de destruction, est désormais vaincu, balayé, inerte, les genoux à terre.  Il paye sa folie furieuse d’avoir voulu imposer un ordre mondial à cette région du monde et ainsi provoqué le chaos. Maintenant, il tremble. Tout s’effondre sous les assauts de Daesh, les droits de l’homme, la démocratie, la mondialisation. Les idiots qui prédisaient « la fin de l’histoire » dans la globalisation heureuse et la démocratie universelle en sont pour leurs frais. Le silence assourdissant des gouvernements, des médias, des intellectuels, sur la tragédie en cours, va-t-il enfin céder devant l’apocalypse? 2014-2015: Nous venons d’entrer dans le XXIe siècle, comme un siècle auparavant, nous…

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