Archives de la catégorie ‘3 – POLITIQUE’

Le préfet Pierre de Bousquet de Florian, 62 ans, patron de la DST de 2002 à 2007, va diriger la task force antiterroriste voulue par le président Macron.

Le haut fonctionnaire chiraco-villepiniste sera directement rattaché au président de la République.

L’état-major opérationnel de prévention du terrorisme (EMOPT) qu’il va désormais diriger sera composé d’une trentaine de personnes et non pas d’une centaine comme annoncé jusqu’à présent. Il devrait regrouper de hauts fonctionnaires du renseignement, des spécialistes de l’islam radical et des spécialistes du Moyen-Orient. Il s’ajoutera au Coordonnateur national du renseignement, dont la fonction devrait rester inchangée. Son titulaire, le préfet Yann Jounot, a participé à l’élaboration de la task force, plaidant pour une équipe resserrée.

lire: http://www.lepoint.fr/politique/qui-est-le-monsieur-antiterrorisme-d-emmanuel-macron-07-06-2017-2133419_20.php

PLUShttps://www.franceinter.fr/info/vers-une-task-force-a-minima

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L’association Contribuables Associés, dont l’objet est la défense des contribuables, a dévoilé un nouveau scandale autour de la réserve parlementaire des députés cette semaine : Étienne Chéron, assistant parlementaire du député de la Réunion Patrick Lebreton, aurait fait payer à hauteur de 5% des subventions obtenues des associations qui demandaient à bénéficier d’une subvention sur la réserve parlementaire de son député. Selon la 1ère (France Télévisions en Outre Mer), le collaborateur parlementaire aurait démarché 700 associations pour leur proposer ses services rémunérés.

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fresnes« Ils nous ont tous souhaité la bienvenue à leur manière ! »

Dans le huis clos de l’ École militaire à Paris , quelque 300 directeurs de prisons et de services d’insertion et de probation ont été accueillis par les patrons des services de renseignements français. Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et extérieure (DGSE), renseignement douanier (DNRED), gendarmerie (SDAO), etc. Tous étaient représentés lundi pour accueillir dans leur communauté un nouveau venu : le renseignement pénitentiaire.

La réforme, chère à Jean-Jacques Urvoas , et menée au pas de course ces six derniers mois , vise à doter l’ administration pénitentiaire de techniques d’espionnage élaborées (interceptions téléphoniques, sonorisation des cellules, Imsi Catcher, captation de données informatiques , etc.) qu’elle n’avait jusque-là pas le droit d’utiliser.

Objectif  : mieux lutter contre le terrorisme et la criminalité organisée, anticiper les menaces dans et à l’ extérieur des prisons.

lire:http://www.lepoint.fr/societe/en-prison-tous-les-voyants-sont-au-rouge-01-02-2017-2101646_23.php

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La lourde rançon de l’affaire Fillon

Je ne me prononce pas sur l’aspect judiciaire ni sur le caractère dévastateur de l’indécence de ces sommes, même licites, pour le commun des citoyens.

Je reconnais que la cause du vainqueur éclatant de la primaire de la droite et du centre est aujourd’hui dramatique mais pas encore désespérée. Il y a des gouffres qui s’ouvrent après les triomphes. Il peut y avoir aussi des résurrections qui se produisent avant l’hallali.

Aussi légitime que soit, en démocratie, l’inquisition médiatique, je ne peux me déprendre cependant, face à cette curée systématique et renouvelée, d’une sensation de nausée qui n’est pas contradictoire avec l’agacement que m’inspire la médiocrité de la cellule de communication de François Fillon.

La formule est belle et percutante, mais il ne s’agit sans doute pas d’un « coup d’Etat institutionnel » même si des révélations récentes suscitent pour le moins un questionnement sur le rôle de l’Elysée. Il y a un moment où il convient d’affronter les accusations et leur substance plutôt que de se demander d’où elles viennent.
Surtout quand tout laisse penser que les aigreurs les pires surgissent de son propre camp. Donc la délation la plus laide.

La double rançon de l’affaire Fillon est politique et éthique. Elle sera à payer même si François Fillon ressort indemne, autant que faire se peut, des procès qui lui sont faits par deux médias acharnés à sa perte, les autres suivant le mouvement.

Avoir entendu Georges Fenech saisi par je ne sais quelle pulsion prendre les devants au nom de la morale en réclamant la mise hors jeu de François Fillon était déjà assez réjouissant. Que je sache, il ne s’était guère élevé, sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, contre la conception dévoyée de l’état de droit ayant gangrené le cours de certaines affaires. Mais le plus grave n’est pas là. Car si on était contraint, pour se parer des plumes du paon irréprochable, de l’être soi-même, la vie publique ne serait plus drôle ni tenable. Non, il a osé déclarer dès le premier jour que le résultat de la primaire était caduc… Il a été rembarré mais la pique avait été lancée.

220px-Georges_FenechAlors que la primaire a été un immense succès, consacré par l’électorat de la droite et du centre, et que le meilleur candidat, par sa tenue, sa radicalité et ses principes, avait été largement élu, quel étrange procédé que de prétendre discuter la validité de ce résultat !

Comme si les attaques contre F.Fillon avaient eu pour finalité de faire rejouer le match et qu’il convenait de leur complaire alors qu’au contraire c’est ce vainqueur précisément qui leur importe et qu’elles ciblent ! En mettant sans nécessité le débat de la primaire dans les polémiques qui ont suivi, Georges Fenech participe d’un mouvement visant à discréditer ce formidable processus démocratique au prétexte qu’il n’aurait pas désigné le bon gagnant ! (Le Figaro)

Quand Henri Guaino vitupère le système de la primaire malgré la forte légitimité qu’elle a donnée en proposant une candidature inconcevable, la sienne, qui n’a pour elle que d’être spontanée et libre, on croit rêver (BFMTV). Encore une banalisation d’une démarche spécifique au général de Gaulle et qui n’avait de sens qu’avec lui ! Où est la légitimité historique d’Henri Guaino ? Où serait celle de Michèle Alliot-Marie parce que de mauvaise ministre elle prétendrait se métamorphoser en grande présidente ?

S’il fallait trouver un argument décisif en faveur de la primaire, à l’exception d’Alain Juppé qui y a participé et qui même battu ne serait pas indigne de la charge présidentielle, qui aujourd’hui accepterait de voir François Fillon supplanté par Xavier Bertrand, Laurent Wauquiez et même François Baroin heureusement délivré, pour ceux qui l’apprécient, de la virtualité de devenir Premier ministre de Nicolas Sarkozy ?

Quant au président du Sénat, aussi poussé qu’il soit par certains, nous ne serions pas prêts à prendre ses désirs secrets pour nos réalités. Sa faconde volubile remplacerait la roideur élégante de François Fillon mais pour l’essentiel, ça ne le ferait pas comme on dit !

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La première rançon de l’affaire Fillon sera, pour demain, pour les prochaines années, une discussion sur l’utilité de la primaire, sa suppression peut-être.

La seconde sera plus accablante. François Fillon a gagné parce qu’il a été le premier, le seul, à attacher l’importance qu’elles méritaient à l’éthique personnelle, à la morale publique. On se souvient de sa phrase si juste sur la mise en examen du général de Gaulle. On se rappelle comme lui-même s’était présenté comme un modèle d’intégrité. Il peut l’être encore aujourd’hui ou non – homme probe ou homme d’argent par solidarité familiale ? -, le mal est fait dans tous les cas.

Le hiatus entre son discours victorieux et la réalité d’après, de quelque manière que les choses tournent, rendra dorénavant inaudible, lors des joutes de droite et du centre, tout propos ferme sur l’éthique, toute exigence de morale publique. On pensera à tort que toute promesse de rectitude est mensongère, tout engagement d’honnêteté est faux et hypocrite.

Au-delà de l’affaire Fillon qui est loin d’être terminée, je ne voudrais pas qu’à droite et au centre nous ayons à payer cette double rançon.

Alors que la primaire ne s’est pas trompée et qu’on a plus que jamais besoin de morale.

http://www.philippebilger.com/

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assembleeAprès la réserve parlementaire et l’indemnité représentative de frais de mandat (IRFM), l’association “Pour une démocratie directe” jette un nouveau pavé dans la mare sur la question du train de vie des membres de l’Assemblée nationale et du Sénat. L’association accuse les plus hauts dignitaires des deux chambres de se répartir près de 1,5 million d’euros. En toute illégalité.

Qui touche, et combien ?

Ils sont 80. Leur patronyme est couché sur une liste patiemment reconstituée par les militants de Pour une démocratie directe. Avec à chaque fois, à la même ligne que leur nom, une somme en euros : celle qu’ils perçoivent chaque mois au nom d’une indemnité dont ils ne parlent jamais.

La crème de la crème. Au sommet de la hiérarchie parlementaire, dont ils occupent les fonctions et les positions les plus prestigieuses, ils composent une sorte de super-élite. 45 siègent au Sénat, 35 ont leur place réservée sur les bancs de l’Assemblée nationale. Ces ténors de la politique connaissent tout des rouages de la vie du Parlement, sur laquelle ils pèsent de tout leur poids.

lire l’article: http://www.lelanceur.fr/les-indemnites-tres-speciales-des-tenors-du-parlement/

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Fasse qu’il ait cette fois-ci, les bons gestes dont notre économie a besoin!

Relire:
https://www.franceinter.fr/politique/sexisme-michel-sapin-reconnait-un-geste-inapproprie

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Le ministre de l’Économie sera mercredi aux universités d’été du Medef. Il prépare en creux l’éventualité d’une candidature sans se cacher.

L’ÉDITO POLITIQUE

Très discret depuis son grand meeting du 12 juillet, Emmanuel Macron s’apprête à faire sa rentrée. Le ministre de l’Économie est attendu mercredi aux universités d’été du Medef, qui se tiennent à partir de mardi à Jouy-en-Josas, sur le campus yvelinois d’HEC. L’an dernier, il y avait été applaudi par le patronat pour avoir, notamment, fustigé les 35 heures et égratigné la gauche. Son discours est donc, cette fois encore, très attendu. Et nombreux sont ceux qui espèrent en apprendre plus sur ses intentions pour 2017.

DSK de retour à Bercy. Ira, n’ira pas ? Emmanuel Macron travaille soigneusement à entretenir le doute quant à son ambition présidentielle. Reste qu’il s’est préparé à l’éventualité d’une candidature sans se cacher. Ces derniers mois, beaucoup de visiteurs du soir se sont rendus dans son QG, son appartement à Bercy. L’un d’entre eux a particulièrement attiré l’attention : des collaborateurs du ministère travaillant un peu tard ont sursauté il y a quelques temps en croisant Dominique Strauss-Kahn dans les couloirs, de retour là où il fut ministre entre 1997 et 1999. Le même DSK qui, en février 2011, avant l’affaire du Sofitel, menaçait de tordre le bras de François Hollande si ce dernier ne renonçait pas à la primaire. Preuve qu’Emmanuel Macron se sent libre, très libre.

Court-circuiter les élus de « l’ancien temps ». Quelques patrons ont également emprunté les couloirs de Bercy le soir, à l’instar de Xavier Niel, numéro un de Free. Tous encouragent le ministre de l’Économie à tenter sa chance, sortir et défier le président. Emmanuel Macron rêve de le faire et de couper l’herbe sous le pied de Manuel Valls, Arnaud Montebourg et tous ces professionnels de la politique, ces élus « d’un ancien temps » comme il dit, pour lesquels il n’a que peu de considération.

Trop tard pour partir. Mais selon Ismaël Emelien, l’un de ses proches conseiller, le ministre est actuellement le nez dans ses dossiers pas dans ses cartons. EDF, Alstom, les sujets de travail ne manquent pas. Le locataire du troisième étage de Bercy reste donc pour le moment à son poste, après avoir sous-entendu à maintes reprises qu’il était prêt à démissionner. Son problème, c’est qu’il est tard pour partir. Il aurait pu claquer la porte l’hiver dernier, sur le sujet de la déchéance de nationalité, qui plus est un marqueur de gauche. Ou encore en janvier, lorsque Manuel Valls l’a privé de sa loi Macron 2 et le recadrait publiquement et quotidiennement. Les occasions de rompre n’ont pas manqué mais, à chaque fois, Emmanuel Macron a plié. Ce qui souligne aussi, peut-être, un manque de sens et d’expérience politique.

La confiance s’étiole entre Hollande et Macron. La seule carte qui lui reste désormais pour 2017 serait l’empêchement de François Hollande, qui renoncerait à se présenter parce que trop impopulaire et contesté. Les relations entre les deux hommes sont d’ailleurs plus tendues qu’avant, selon un proche du chef de l’État. Ce dernier a peu goûté le reportage people de Paris Match sur les vacances d’Emmanuel Macron et sa femme, Brigitte Macron. Le ministre de l’Économie a eu beau expliquer qu’il avait bien repéré le photographe et était allé le voir directement pour lui demander de ne pas trop en faire, François Hollande n’a pas été vraiment convaincu. La confiance s’étiole entre le président et celui qui fut, longtemps, son protégé.

http://www.europe1.fr/politique/emmanuel-macron-fait-sa-rentree-sans-demission-en-vue-2832964

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 » Les responsables politiques ont été les fossoyeurs de la police nationale « 

Secrétaire général du syndicat Unité SGP Police Force ouvrière

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Comment ceux qui ont supprimé des milliers d’emplois de policiers et de gendarmes entre 2007 et 2012 peuvent-ils clamer avec autant de vergogne que notre pays manque de policiers ?
Nous fûmes Charlie, Bataclan, Magnanville. Nous sommes Nice… Et demain ? Je suis tristement écœuré de lire, d’entendre toutes ces stupidités et surtout de constater toute cette démagogie de celles et ceux supposés être ou avoir été nos représentants politiques d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

Comment ceux qui ont supprimé des milliers d’emplois de policiers et de gendarmes entre 2007 et 2012;

Comment ces politiciens qui ont passé sous les fourches caudines, durant le même quinquennat, les crédits de fonctionnement de la police nationale;

Comment ces technocrates qui ont réduit à néant l’efficacité des renseignements généraux en décidant la création de deux entités de police en charge du renseignement;

Comment ces femmes et ces hommes politiques qui ont tout tenté pour réduire la capacité opérationnelle des CRS;

Les responsables politiques ont été les fossoyeurs de la police nationale

Comment ces personnes ayant droit d’expression constant dans nos médias peuvent-ils clamer avec autant de vergogne que notre pays manque de policiers, que l’armement de mes collègues est insuffisant, que l’absence de forces mobiles le 14 juillet à Nice est inacceptable, que notre sécurité publique, mission régalienne de la police et de la gendarmerie devrait être confiée à des militaires équipés de lance-roquettes ?

Alors qu’ils ont été les fossoyeurs de la police nationale, supprimant postes, budgets, écoles et commissariats de police. Ceci est scandaleux !

Je me dois de rappeler que ce sont nos collègues, Gradés, Gardiens de la Paix et ADS du commissariat de Nice qui, au péril de leur vie, ont su mettre fin à la tuerie de masse, n’en déplaise à certains « démagos ».

Comment peuvent-ils s’exprimer ainsi aujourd’hui, alors que notre pays est en deuil ?

OUI, les policiers sont exténués et écœurés, dès lors que la tension terroriste tend à se calmer, d’être confrontés à une méritocratie impulsée par la politique du chiffre initiée par ces mêmes hommes politiques.

OUI, nous manquons encore cruellement d’effectifs sur le terrain et ce, malgré un effort significatif bien qu’encore insuffisant eu égard à la menace qui pèse sur notre pays et à la charge de travail supportée par tous mes collègues.

OUI, nous méritons plus de reconnaissance.

OUI, nous voulons que les violences et les insultes à notre encontre cessent et que ceux qui les profèrent soient enfin punis à hauteur des faits reprochés.

OUI Mesdames et Messieurs les « démagos politicos », entende, mais surtout, écoutez la gronde des bleus de la police nationale.

Vous savez, celles et ceux qui exercent le noble métier de « Gardien de la Paix », qui assurent au quotidien la sécurité de nos concitoyens car ils aiment leur métier par-dessus tout.

Ils vous expliqueront ce que veut dire solidarité, comme cela fut le cas encore à Nice le 14 juillet quand mes collègues, en repos, s’équipèrent pour venir d’initiative apporter leur aide et leur professionnalisme aux équipages engagés sur le terrain et confrontés à l’horreur.

Celles et ceux qui vous expliqueront qu’être policier aujourd’hui, cela veut dire encore plus d’heures de travail et encore moins de vie de famille.

Celles et ceux qui vous expliqueront comment on peut atteindre un stock de 20 millions d’heures supplémentaires pour servir son pays, notre République.

Sortez de vos postures électoralistes car l’heure est grave

Il suffit maintenant ! Élus « démagos » et « populistes », sortez de vos postures électoralistes et venez œuvrer à l’amélioration de notre sécurité intérieure car l’heure est grave, très grave. Nos concitoyens attendent autre chose que cela en pareil moment. Les chantiers sont nombreux et trop de rigueur administrative entrave l’aboutissement de ce qui doit nous permettre d’améliorer notre sécurité intérieure.

Quand allons-nous enfin ouvrir le chantier d’une seule direction générale du ministère de l’Intérieur englobant Police et Gendarmerie, permettant d’avoir une seule entité globale de sécurité d’essence civile ? Cette DGMI devra se décliner au niveau le plus proche de la territorialisation afin de pouvoir en temps réel adapter sa capacité opérationnelle à agir.

Quand allons-nous revoir la répartition de la charge de travail entre les CRS et les gendarmes mobiles? La répartition des forces mobiles doit être revue sans délai et surtout sans clivage, la définition des priorités doit être repensée. Pour une sécurité au service de tous.

Quand allons-nous imposer à l’administration de la fonction publique que le métier de fonctionnaire de police ne peut être considéré comme les autres métiers placés sous son autorité ?

Quand allons-nous enfin obliger ces mêmes autorités de tutelle à faciliter l’accès au métier de gardien de la paix pour mes collègues adjoints de sécurité ayant courageusement servi notre pays pendant 6 années ? Une France qui vit des scènes de guerre, des policiers exténués mais toujours aussi volontaires et déterminés qui méritent autre chose que ces déclarations de caniveau.

La solidarité s’impose également pour que, sans clivage, nous puissions enfin créer un véritable service du renseignement pénitentiaire.

La solidarité s’impose pour que la redéfinition des missions de la police nationale puisse enfin voir le jour.

La solidarité s’impose pour que mes collègues des services judiciaires cessent de crouler sous des stocks de procédures de plus en plus alourdies.

La sécurité n’a pas d’étiquette politique

Que ces quelques lignes du syndicaliste policier que je suis, puisse vous permettre de réfléchir à la véritable amélioration de la sécurité intérieure pour nos concitoyens, aux véritables enjeux pour notre pays. Il s’agit là d’une urgence vitale.

Mesdames et messieurs les responsables politiques, la France, pays des droits de l’homme, ne peut vaciller face au terrorisme.

Plus que jamais, nous devons être unis et solidaires pour faire face à cette menace qui concerne chacun d’entre nous en tout point du territoire.

La sécurité n’a pas d’étiquette politique, elle est l’affaire de tous, et de chacun.

Les policiers attendent encore plus de protection et de reconnaissance, plus de soutien, pour protéger tous leurs concitoyens.

Soyez assurés qu’ils le feront avec force, alors de grâce, soyez à la hauteur de leurs attentes. Pour notre pays, pour la France, cette belle démocratie. Parole de flic !

http://www.marianne.net/agora-sortez-vos-postures-lettre-ouverte-policier-colere-aux-politiques-100244620.html

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Général Desportes : «Les intérêts politiciens désorganisent l’armée française»

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN
Le président de la République a présenté ses voeux aux armées le 14 janvier. Dans un livre qui en appelle au renouveau stratégique de la pensée militaire française, le général Vincent Desportes estime que, dans une société occidentale qui rejette le soldat hors de son monde, l’armée est menacée.

LE FIGARO. – Alors que le 11 janvier 2016 marque le troisième anniversaire de l’engagement de l’armée française au Mali, vous estimez que celle-ci est atteinte du «syndrome de Sisyphe guerrier», reconquérant le matin ce qu’elle a abandonné la nuit précédente. Comment expliquer cette surexploitation de l’armée française?Général Vincent DESPORTES. – Ce qui mine l’armée française, c’est la dégradation continue, depuis plus d’un quart de siècle, des moyens budgétaires dont elle dispose… et donc de ses capacités opérationnelles globales. L’évolution qu’a connue l’armée correspond à l’idée fausse que la guerre n’existe plus. L’armée s’est transformée progressivement, par contractions successives, en un kit expéditionnaire dont les résultats sont excellents… mais seulement aux niveaux techniques et tactiques, sur des espaces réduits, sur un temps court, alors qu’elle est déployée sur de vastes espaces (par exemple la zone sahélo-saharienne, plus vaste que l’Europe!) et que la guerre se gagne toujours sur le temps long: en bref, si les armées françaises sont toujours capables de gagner brillamment des batailles, elles peinent à gagner les guerres.

On se désengage toujours trop tôt, sans avoir eu le temps de transformer les victoires tactiques en résultats stratégiques. De fait, la France s’engage sur un théâtre, puis, beaucoup trop rapidement, elle est obligée de se désengager pour aller s’engager ailleurs. C’est ce que j’appelle le syndrome de Sisyphe guerrier. Ce phénomène est caractéristique des opérations au Mali, puis en Centrafrique, puis dans la bande sahélo-saharienne, l’opération Barkhane. Après avoir brillamment remporté la bataille des Ifoghas au Mali, la France a été obligée de diminuer ses effectifs pour s’engager dans l’opération Sangaris – qui patine aujourd’hui, faute d’effectifs, puisque l’armée, a été obligée de monter l’opération Barkhane. Bref, on déshabille Pierre pour habiller Paul, puis Paul pour habiller Jacques…

Dans un chapitre sur le mythe du soldat Ryan, vous écrivez que les Européens n’ont jamais autant délaissé leur autonomie stratégique aux Etats-Unis, notamment par le biais de l’OTAN. Comment cet abandon se manifeste-t-il?

Notons que la France a été moins frappée que les autres pays européens par ce mythe dangereux. La pensée gaullienne persiste en France, ce qui fait que nous avons, à juste titre, moins tendance que les autres à faire confiance aux Etats-Unis pour la gestion de nos affaires militaires, malgré l’épisode du retour dans le commandement intégré de l’OTAN en 2008 sous Nicolas Sarkozy. Progressivement, les différents pays d’Europe ont profité de l’aubaine qu’était l’OTAN pour faire des économies à bas coût politique sur la défense, en expliquant à leurs citoyens qu’ils étaient défendus dans le cadre de l’OTAN, et que par conséquent, les investissements en matière de défense étaient devenus superflus. Le bilan est terrible: aujourd’hui, l’Europe est largement désarmée – à l’exception de la France, qui a conservé un volume de forces, certes insuffisant, mais bien réel. Finalement, l’OTAN est devenue une menace pour la sécurité des Européens, car elle les empêche de trouver leur autonomie stratégique. Ils s’en remettent, à tort, aux Américains pour les défendre.

Stratège avisé, de Gaulle avait compris dès la fin des années 1950 que les Américains ne reviendraient plus jamais défendre la «grand-mère patrie» européenne. Les liens entre Européens et Américains se sont distendus au fil des ans. A partir de 2040, la majorité des Etats-Uniens ne sera plus d’origine européenne et «Ramos» ne viendra plus se faire tuer pour nous. Le réflexe naturel de défense de la «grand-mère patrie» n’existera plus. Par ailleurs, il faut rappeler qu’en 1917 et en 1942, les Américains étaient avant tout venus remettre de l’ordre dans leur marché naturel, l’Europe. Aujourd’hui, les intérêts économiques étasuniens ont basculé de l’Atlantique vers le Pacifique. Enfin, les Etats-Unis sont fatigués par leurs guerres: ils ne peuvent que constater que, malgré leur énorme puissance, ils ont perdu toutes leurs guerres depuis un demi-siècle, l’Irak et l’Afghanistan n’étant que les derniers exemples d’une longue série de défaites.

Le meilleur service que les Américains pourraient rendre aux Européens (et à eux-mêmes!) serait de sortir eux-mêmes de l’OTAN pour nous imposer ainsi notre prise de conscience et notre autonomie stratégique.

Vous dénoncez également la dérive atlantique mortifère de notre modèle de forces et la transformation à l’américaine des armées de l’OTAN. Quel basculement s’est-il opéré entre le stratégique et le technique? L’engouement technologique est-il en train de tuer l’armée française?

Les armées françaises ont continué à suivre le modèle américain, fondé sur la recherche permanente du meilleur technologique, sans souci de l’efficacité globale des systèmes. Cette logique est compatible avec les budgets militaires américains supérieurs à 600 milliards de dollars par an. Pas avec les budgets européens en général, français en particulier.

Les Américains réussissent à conserver à la fois le meilleur technologique et les volumes de forces suffisants pour faire face à leurs missions. Mais le surinvestissement technologique français a conduit inexorablement l’armée à réduire ses volumes. La technologie a dévoré les formats, rendant finalement un bien mauvais service aux armées, parce qu’elle ne confère pas le don d’ubiquité. Quand les terrains d’interventions sont multiples, la réduction des formats, «l’échantillonnage» des forces, imposés par la dérive technologiste ne permet plus de faire face à la multiplication des missions. Cette dérive non maîtrisée de la technologie a conduit l’armée française à devenir une «armée coup de poing», incapable de gagner les guerres.

Ce constat est d ‘autant plus aberrant que le modèle américain que nous nous acharnons à singer s’est avéré parfaitement inefficace: les Etats-Unis ont perdu toutes leurs guerres depuis cinquante ans.

Depuis la publication de La France et son armée de Charles de Gaulle en 1938, nul n’ignore que «la France fut faite à coups d’épée» estimez-vous. Y a-t-il un lien spécifique entre la France et son armée?

Parce que depuis des siècles nos valeurs se sont répandues dans le monde, nous pensons qu’elles sont naturelles et immortelles, qu’elles se défendent d’elles-mêmes parce qu’elles s’imposent, parce qu’elles sont espérées, ailleurs, par les Autres. Nous nous aveuglons.

Les valeurs, quelles qu’elles soient, ne valent que par la puissance de l’épée qui les répand ou les défend. La France est la France pour maintes raisons, mais ce sont ses valeurs qui font sa grandeur, sa place éminente dans le monde, souvent démesurée par rapport à sa réalité matérielle. Son histoire, sa vision d’elle-même, lui ont conféré des responsabilités auxquelles elle ne peut moralement échapper. Si la France est encore un acteur majeur des affaires du monde malgré ses difficultés économiques, c’est parce ce qu’elle en est moralement capable, parce qu’elle en a tant bien que mal préservé les moyens, qu’elle a le courage politique – à droite comme à gauche – de s’engager dans les crises et d’y jouer un rôle central.

Notre place extraordinaire au Conseil de sécurité des Etats-Unis ne va pas de soi aujourd’hui, d’autant que les critères d’hier – démographiques en particulier – ne valent plus. Cette place est chaque jour remise en cause par d’autres postulants. Nul ne conteste la place des Etats-Unis, de la Chine et de la Russie. En revanche, celles de la Grande-Bretagne et de la France sont fragiles et doivent être défendues. Si Washington se charge personnellement de la Grande-Bretagne, la France est seule pour préserver la sienne. Elle ne peut affirmer sa légitimité qu’en montrant chaque jour sa capacité diplomatique mais surtout militaire à intervenir concrètement dans les affaires du monde et à prendre toute sa place dans leur règlement. Une France incapable d’intervenir militairement dans le règlement des conflits serait une France qui, en quelques mois, devrait laisser sa place à des puissances démographiques ou économiques plus légitimes. Ce que disait Bismarck est toujours vrai: «La diplomatie sans armées, c’est comme un chef d’orchestre sans orchestre!»

Vous écrivez que «l’européisme militaire est un opium dangereux pour les peuples». Qualifiée d’«impasse conceptuelle» par un rapport du Sénat paru en 2013, la défense européenne est-elle néanmoins envisageable?

Notre horizon doit demeurer celui de la mise en place d’une armée européenne. Mais force est de constater que malgré plus de soixante ans d’efforts, cette idée n’a débouché que sur des résultats dérisoires. Tant que l’Europe restera incapable d’assurer la défense des pays européens, chaque pays devra conserver les moyens nécessaires pour assurer la sécurité et la défense de ses citoyens et de son territoire. Ce constat est particulièrement valable pour la France: surexposée stratégiquement, elle est sur-menacée par rapport aux pays qui ne s’engagent pas dans le monde. La France ne peut pas à la fois diplomatiquement prétendre défendre ses valeurs dans le monde, jouer un rôle important dans les relations internationales sans se doter d’une force armée capable de résister aux menaces ou aux risques qu’elle engendre en partie par sa propre posture. C’est une affaire de cohérence d’ensemble et de responsabilité vis-à-vis des citoyens

Vous pointez du doigt l’effet pervers de la dissuasion nucléaire. Quels sont les esprits que ce «marchand de sable nucléaire» a endormis?

Pour pouvoir réduire le budget des armées sans coût politique, les gouvernements successifs ont sacralisé l’arme nucléaire en expliquant aux Français qu’ils n’avaient rien à craindre: quoiqu’il arrive, ils seraient défendus par l’assurance-vie nucléaire. Les forces conventionnelles ont donc pu être continuellement réduite sans que cela émeuve grand monde ; hélas aujourd’hui, l’évidence de cette tromperie éclate au grand jour. On a ainsi endormi les Français dans un faux sentiment de sécurité en leur faisant croire qu’ils étaient défendus.

La dissuasion nucléaire n’assure pas la paix et ne dissuade pas de tout ; elle a des angles morts de plus en plus ouverts, pour reprendre l’expression d’Alain Juppé: effectivement la dissuasion nucléaire dissuade l’étatique alors que les menaces sont essentiellement désormais infra-étatiques, le terrorisme par exemple. Ces «angles morts» de la dissuasion se multiplient quand la part budgétaire prise par notre arsenal nucléaire s’accroît. Or, la dissuasion nucléaire ne peut pas fonctionner sans forces conventionnelles robustes: la stratégie atomique suppose une approche intégrale dont les forces conventionnelles ne peuvent être exclues.

En stratégie de défense – et c’est particulièrement vrai en termes de dissuasion – ce qui compte, c’est l’équilibre d’ensemble plus que la puissance de chacune des composantes. Dans le contexte budgétaire actuel, vouloir à tout prix préserver en l’état notre arsenal nucléaire, c’est altérer sa valeur dissuasive et mettre la France en danger. Stricte suffisance et équilibre global, voilà le véritable objectif! L’intelligence stratégique ne consiste pas à sacraliser notre arsenal nucléaire, mais à assurer l’équilibre dissuasif entre les deux types de forces, nucléaires et conventionnelles, entre nos capacités de dissuasion et nos capacités d’action. Le coût d’opportunité de la sacralisation du nucléaire, c’est la mort de sa pertinence: sanctuariser la dissuasion, c’est la condamner. C’est cher payé.

Quelle place le soldat occupe-t-il dans notre société?

Pour de multiples raisons, historiques et culturelles, la société française a mis au pas le soldat avant de le rejeter de son monde. Cette spécificité nous vient de la Révolution française qui a fait de l’État le référent suprême. Les armées doivent se plier sans un murmure au pouvoir politique ; c’est un changement complet par rapport aux usages en cours avant la Révolution où un équilibre harmonieux permettait au soldat de tenir toute sa place dans la Nation. Depuis la Première guerre mondiale, la voix des militaires a perdu en légitimité. Deux coups fatals leur ont été portés: la défaite de 1940 – et pourtant c’était la défaite d’un peuple et non pas simplement celle d’une armée – et le putsch des généraux du 21 avril 1961 à Alger. Depuis, l’expression militaire a été considérablement marginalisée et contenue aux problématiques technqiues et tactiques. Pourtant, l’expression libre des militaires sur les problèmes stratégiques n’est pas seulement légitime, elle est nécessaire: les restrictions à la liberté d’expression sont les meilleures ennemies de la défense de la France. L’équilibre ne peut s’établir par décret, mais il est sûr que, dans l’intérêt même de la France, l’homme d’Etat doit tout mettre en œuvre pour favoriser l’esprit et l’expression critique dans les armées: or, force est de constater que la tendance est exactement inverse. Les Français doivent en être sûrs, parce qu’ils l’ont payé très cher, en souffrances et en humiliations: la négation des dimensions politique et stratégique du soldat, son cantonnement toujours plus étroit dans ce que l’on baptise à tort son «cœur de métier» constituent une menace directe sur leur sécurité.

Aujourd’hui, l’image du soldat est rejetée par les nations européennes, qui se veulent «post-modernes», parce qu’il correspond à l’image même d’un monde que l’on souhaite oublier. Nous vivons dans une fausse bulle de sécurité dans laquelle nous voudrions que la violence soit exclue. Mais malheureusement, ce monde exécré existe: il reprend forme aujourd’hui sous ses expressions les plus barbares

La pensée stratégique militaire est-elle bâillonnée?

Depuis une quinzaine d’années, les officiers ont repris la plume et s’expriment plus fréquemment. Hélas, les publications de la très grande majorité d’entre eux constituent d’excellentes vitrines de leurs propres actions professionnelles au cours des engagements qu’ils vivent au quotidien sur le terrain… et donc d’excellentes vitrines de l’excellence encore maintenue des armées françaises. Mais le propos s’arrête là, parce que l’interdiction faite au militaire de participer au débat stratégique, sauf à exprimer la pensée officielle, a fini par l’écarter de la pensée stratégique qu’il a le devoir d’enrichir mais qu’il n’ose plus exprimer.

C’est grave. Quand les militaires ne sont pas autorisés à formuler des idées ni à élaborer des stratégies, ils se cantonnent à la pure technicité de leur métier. Ils perdent le goût de la pensée et de son expression, et les meilleurs, ceux dont la France aura besoin aux heures noires ne sont plus attirés par une profession réduite à son rôle technique où ils ne pourront plus faire grandir le meilleur d’eux-mêmes.

Le problème, c’est que les armées, bien que piliers de la nation, ne sont défendues par personne. Il n’existe pas d’organisme ou de syndicat dont la mission soit la défense des militaires. Le rôle du ministre de la Défense est d’abord d’être loyal vis-à-vis du président, pas de protéger les armées de la France. Depuis trop longtemps, les hommes politiques ont oublié l’intérêt général de la France vite sacrifié sur l’autel des intérêts politiciens ; c’est la première raison de la désorganisation de l’armée française.

Pourtant les armées françaises ont été profondément réorganisées?

Oui, et le résultat est catastrophique car ces réorganisations se sont majoritairement faites au mépris de ce qu’est le soldat et de ce qui fait l’efficacité des armées, leur essence.

En trois couches successives, au mépris de la spécificité de ce ministère et de sa fonction essentielle, un terrible excès d’interarmisation, de mutualisation mais aussi de civilianisation est venu à bout du bon fonctionnement des armées.

L’application brutale de la LOLF (Loi organique relative aux lois de finances), en 2006, a constitué un premier coup majeur. Par un double mouvement d’effacement des chefs d’état-major d’armée et de rehaussement des autres grands subordonnés du ministre, le chef d’état-major des armées reste le seul chef militaire en relation directe avec le ministre, à égalité désormais avec le Secrétaire général pour l’administration (SGA) et le Délégué général pour l’armement (DGA). Le ministère oublie définitivement qu’il est le ministère des armées et que les branches administratives sont là pour les soutenir ; le vieux principe militaire «soutenu/soutenant» est oublié.

La deuxième étape, en 2009, c’est la RGPP ou révision générale des politiques publiques. Le ministère est profondément affaibli par l’application excessive de principes contraires à l’efficacité militaire. Il va se retrouver «matricialisé» – c’est-à-dire «déresponsabilisé», ce qui va produire le désastre du système de solde Louvois ou le scandale du dépôt de munition de Miramas – et «mutualisé», avec l’aberrante création des Bases de défense.

Le troisième coup, depuis 2012, c’est la soi-disant «nouvelle gouvernance» du ministère, avec de nouveaux pans de responsabilité enlevés aux chefs militaires et attribués désormais aux grands directeurs: le commandement est dépossédé de la politique des ressources humaines, bien que «l’homme ait toujours été l’instrument premier du combat» et de la réflexion stratégique avec la création de la DGRIS. Au dysfonctionnement global s’ajoute hélas la décrédibilisation des chefs militaires qui se retrouvent impuissants à corriger les disfonctionnements et carences matérielles.

Ignorante d’une histoire qu’elle préfère ignorer, la société oublie que «l’homme est l’outil premier du combat» selon l’expression d’Ardan du Picq. On constate une double banalisation, celle des armées au sein du ministère, et celle du soldat. Mais on ne peut pas traiter un soldat comme un fonctionnaire ordinaire. Lorsqu’il s’engage pour la France, il reçoit une plaque qui symbolise son destin. Cette plaque a une valeur symbolique

La plaque du soldat est composée de deux parties - plaque du général Vincent Desportes - crédits: Eléonore de Vulpillières

extrêmement forte ; le nom et le numéro de matricule sont inscrits sur les deux parties de la plaque. S’il meurt au combat, que l’on perd sa trace, on y retrouvera son indentité, lorsque on le retrouvera plus tard. On coupe alors la plaque en deux, en en laissant une partie sur le cadavre et en conservant l’autre, que l’on ramène à l’arrière. Comme l’a écrit le colonel Michel Goya, pour le militaire, «la mort est la première hypothèse de travail». Le mépris du soldat, de sa spécificité est une très grave erreur politique.

La morale chrétienne voudrait qu’on protège le muet. Ici, c’est le contraire. On tire profit du silence de la Grande Muette pour l’affaiblir à moindre coût politique et utiliser son budget comme une variable d’ajustement.

Après les attentats du 13 novembre, des milliers de jeunes Français ont manifesté leur désir de s’engager dans l’armée. L’espoir est-il possible?

La France ne s’en sortira que si elle recrée l’État régalien qui a été bradé au profit de l’État providence. Les armées, la police, la justice, la diplomatie sont aujourd’hui dans un état lamentable. La dégradation des armées est un symbole fort de la déliquescence d’un État régalien qu’il faudra impérativement reconstruire.

En effet, les jeunes Français se pressent à la porte des bureaux de recrutement. Cela s’inscrit dans un phénomène historique: la guerre appelle le soldat. Un état de guerre engendre la mobilisation. Le deuxième phénomène à souligner, c’est que les citoyens français sont désormais en avance sur leurs politiques. Ils sont prêts à entendre un discours fort, ils sentent que leur patrie est à défendre, et ils attendent que leurs politiques les conduisent vers cette France nouvelle à laquelle ils aspirent. L’indispensable prise de conscience du politique devra être à la hauteur du destin français.

Saint-cyrien, ingénieur, docteur en Histoire et ancien directeur de l’Ecole de guerre, le général de division Vincent Desportes est aujourd’hui professeur associé à Sciences Po Paris et enseigne la stratégie à HEC.

Son livre

La dernière bataille de France est paru fin octobre 2015 aux éditions Gallimard.

 

source: http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2016/01/15/31001-20160115ARTFIG00310-general-desportes-les-interets-politiciens-desorganisent-l-armee-francaise.php