Articles Tagués ‘François Hollande’

21 août 2016

« Conversations privées avec le Président », par Antonin André et Karim Rissouli, est un livre passionnant. Une mine psychologique et politique.

De 2012 à 2016, les auteurs ont pu s’entretenir avec François Hollande et en alternance avec des chapitres objectifs et factuels, ils nous offrent la parole aussi libre que possible du président sur une pluralité de sujets et de personnalités de droite ou de gauche.

Etrange d’abord que ces propos pour analyser les éléments saillants, les séquences fondamentales d’un mandat présidentiel qui ne se terminera qu’au mois de mai 2017. On n’attend pas en principe d’un acteur qu’il soit avant l’heure observateur ou mémorialiste. Ou bien faut-il considérer que, malgré les apparences de résolution et d’espérance, François Hollande estime déjà que son quinquennat est achevé, en tout cas sur le plan des résultats ? L’argument de l’Elysée, vantant la transparence pour justifier cette surprenante entreprise, me semble un peu court. En tout cas prématuré. (Le Point).

De la manière dont le président traite de la politique, des hommes et des femmes de pouvoir, de la pratique de l’Etat, on comprend que la substance même des actions ne le passionne pas mais que seules lui importent les forces ou les faiblesses des comportements par rapport à l’échéance présidentielle à venir. Les ministres n’ont pas été choisis parce qu’ils auraient été les meilleurs à leur poste mais seulement pour correspondre à des configurations partisanes. Non seulement la Justice n’est pas évoquée une seule fois dans ces monologues mais la mention de Christiane Taubira à plusieurs reprises n’est reliée qu’à des considérations secondaires.

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Si François Hollande ne doute pas de lui et revient souvent sur le lien qu’un président doit entretenir avec le pays parce que les citoyens attendent beaucoup de lui, et parfois des attitudes contradictoires, par exemple de normalité et d’exception, il ne semble jamais mesurer la portée, pour le discrédit de son image, de telle bévue grave, qu’il s’agisse de l’affaire Leonarda ou de son équipée ridicule et dégradante de la rue du Cirque.

Sur le fond il trouve toujours le moyen, quand il s’agit de s’expliquer sur ce qui a été perçu indiscutablement par l’opinion comme des erreurs ou des promesses imprudentes, de se défausser sur d’autres, notamment sur la mauvaise communication du parti socialiste, de sorte qu’il se préserve de toute responsabilité et ainsi cherche à apparaître comme quasiment nouveau pour la suite. Puisque l’échec n’est jamais de son fait et qu’il ne résulte pas d’une inspiration initiale défaillante.

Il n’empêche qu’il y a un régal, pour le citoyen et le lecteur, à le voir, délié de toute entrave, répondre à un questionnement qui lui permet de s’abandonner à son exercice préféré ; dire du bien ou du mal avec finesse, intelligence, cruauté subtile ou compréhension condescendante de ceux qui le soutiennent ou de ses adversaires. Il faut alors reconnaître que l’oeil est perspicace et le jugement souvent sûr.

Certains, comme Nicolas Sarkozy, sont croqués sans indulgence et le pire est que la vérité de ce personnage se dégage des scènes, des anecdotes et et des conversations qui sont rapportées. Dans son propre camp, Jean-Marc Ayrault, le fidèle et dévoué, est cependant traité avec une sévérité guère éloignée d’une forme de commisération pour son peu de finesse politique et d’intelligence tactique.

De ce jeu de massacre, il est intéressant de constater que sont sauvés Ségolène Royal jamais dans la faiblesse, Emmanuel Macron auquel le président voue une tendresse politique de plus en plus inquiète et Manuel Valls qui, en définitive, campé authentiquement dans la posture d’un républicain sourcilleux et ferme, sort grandi de beaucoup d’épisodes où sa constance et son énervement face à la mollesse et la lenteur présidentielles le sortent du lot.

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François Hollande, on s’en doutait, est tout sauf un naïf. Les conversations avec lui ne pouvaient être privées de perfidie et d’intelligence. Certaines de ses analyses sont à la fois pleines de bon sens et de justesse. Notamment celles qui sont relatives aux rapports des politiques avec les médias et au caractère suicidaire d’une stratégie qui ne viserait qu’à s’occuper des deux gauches qui ne sont pas irréconciliables pour lui, contrairement à ce que pense Manuel Valls, et non pas de la France tout entière.

On aboutit à ce paradoxe. C’est un je de massacre qui se développe, sadiquement, voluptueusement, dans un bilan avant le bilan, dans un fiasco avant son constat officiel, dans un commentaire en marge de l’action. On aurait envie d’entendre François Hollande, personnage privé, donner son avis sur le personnel politique, la conquête du pouvoir, la médiatisation mais on laisserait volontiers de côté le président que François Hollande d’ailleurs surestime. Persuadé qu’il laissera une trace dans l’Histoire, se persuadant, calculs à l’appui, que 2017 est « jouable » et si satisfait de lui que pour demain, sans discussion possible, sa candidature est la seule concevable.

Après avoir lu ce livre, chassant de soi les humeurs partisanes, les hostilités aigres et les désirs de changement, si on ne se fonde que sur l’alacrité intellectuelle, la capacité d’analyse, la finesse d’observation et une sorte de tranquillité démocratique, il faut bien admettre qu’à gauche il n’y a pas photo !

Mais, attention, le président bouge encore.

http://www.philippebilger.com/

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Afficher l'image d'origineLe président de la République a répondu récemment à une question sur ses intentions pour 2017 : « Je peux être candidat, je peux ne pas être candidat ».

Voilà qui nous avance bien !

Je continue à être persuadé que ses tergiversations apparentes sont du vent, que son insistance sur le chômage est une manière ostensible de manifester à quel point il est conscient de ses devoirs et de sa responsabilité mais que seul compte ce qui lui permettra peu ou prou de se donner encore une chance d’être au second tour de l’élection présidentielle. Pour être efficace quand on est président, il faut laisser penser qu’on ne tient plus trop à l’être !

Si son dessein n’était pas de participer à nouveau à la joute suprême en espérant une confrontation commode avec Nicolas Sarkozy – il ne faut pas trop rêver ! -, son comportement depuis des mois serait incompréhensible, illisible et la tactique du candidat qui ne cesse pas d’étouffer l’impartialité du président, totalement vaine.

Cependant il paraît – et ces rumeurs viennent de son entourage proche – qu’il pourrait hésiter à faire don de sa personne à l’échéance présidentielle s’il avait la certitude de son élimination et donc de l’absence de la gauche – la sienne, en tout cas – au second tour. J’admets que le précédent de Lionel Jospin peut peser dans la tête de François Hollande et que même si les causes désespérées sont les plus belles, il ne serait pas assez fou pour se projeter sur un mode suicidaire dans une inévitable catastrophe (Le Monde) à cause d’une droite et d’un FN l’ayant maintenu sur son socle étriqué d’aujourd’hui (Le Point).

Donc il est légitime de s’interroger : Et si le président de la République ne se représentait pas ?

On aurait une primaire extraordinaire à gauche.

Tous ceux qui auraient refusé de se colleter à François Hollande dans une telle épreuve – s’il l’avait acceptée – participeraient avec enthousiasme à ce qui sans lui prendrait un tout autre sens.

Nous aurions le constamment défait Jean-Luc Mélenchon mais toujours aussi sûr que ses échecs signent sa qualité.

Nous aurions Arnaud Montebourg qui, pour Jean-Marc Ayrault, ne serait pas « fiable » mais dont la flamboyance, le talent et les ambitions mettraient de l’animation dans cette confrontation. Lucide, faute de pouvoir l’emporter, il serait le désordre brillant et inconstant dont la politique a besoin de se nourrir en certaines circonstances.

Nous aurions évidemment Manuel Valls qui pourrait s’en donner à coeur joie. Il aurait droit à la surabondance du volontarisme, des coups de menton, des injonctions et des banalités rafraîchies par un ton uniformément impérieux. Il ne pourrait pas s’empêcher d’adresser des semonces aux citoyens en désirant les convaincre et les séduire. Il aurait sa chance.

Et, miracle, nous aurions peut-être Emmanuel Macron. Comme disait Goethe, si la jeunesse est un défaut, on s’en corrige vite. Il ne serait pas détesté par toute la gauche et la droite ne cacherait pas sa joie d’avoir de l’autre côté une incarnation intelligente, subtile et vraiment progressiste de ce qu’elle-même n’aurait jamais su exprimer aussi bien. Un vrai transfrontières convaincant, convaincu.

Pourquoi pas aussi un frondeur ?

Et je ne peux pas concevoir que le narcissisme de Christiane Taubira ne la conduise pas à se déclarer irremplaçable avant, précisément, une compétition qui démontrerait le contraire.

De la primaire fiction ?

Si François Hollande ne se représentait pas, nous aurions enfin du neuf dans la politique française. Tout cela ne manquerait pas d’allure.

Mais je doute que le président ait envie de nous prouver que son absence serait un bienfait pour notre vie démocratique.

http://www.philippebilger.com/

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Lucette Brochet, la nouvelle conquête de François Hollande (Video)

http://www.msn.com/fr-fr/actualite/france/les-internautes-remont%C3%A9s-par-un-reportage-montrant-les-coulisses-d%E2%80%99une-visite-de-hollande/ar-BBmHdjq?li=AAaCKnE&ocid=SL5MDHP

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BFM TV a interrogé une retraitée, Lucette Brochet, après le passage du président de la République chez elle. Le résultat est gênant pour le locataire de l’Elysée.

© Fournis par Le Soir

C’était jeudi : François Hollande, en déplacement à Vandoeuvre-Lès-Nancy (Lorraine) se rend chez Lucette Brochet, une infirmière à la retraite. Ils boivent un café devant les objectifs des photographes, papotent quelques minutes. Une rencontre tout ce qu’il y a de plus classique pour François Hollande, avec comme objectif de paraître proche des Français.

Mais, ce dimanche, patatras. BFM TV a l’idée de retourner chez Lucette Brochet. Sahlia Brakhlia (ex-Petit Journal de Canal+) tend son micro. Lucette révèle alors l’envers du coup de com’. Tasses de café, chaises, fleurs et, surtout, discours : tout a été minutieusement préparé par la mairie locale et les services de communication de François Hollande.

Extrait :

– Lucette : Il y a des gens de l’Élysée qui sont venus pour me poser des questions, pour savoir si j’étais bien dans l’appartement, tout ça, pour savoir ce que je devais dire et tout, et ne pas dire. J’avais une idée, c’était de dire qu’il s’occupait beaucoup des immigrés, mais pas des clochards qui, pour ainsi dire, crèvent dans la rue. Mais ça, il fallait pas que je le dise.

– Sahlia Brakhlia : Qui vous a dit de ne pas le dire ?

– Lucette : Bah, le gars de l’Élysée.

VIDEO: http://www.msn.com/fr-fr/actualite/france/les-internautes-remont%C3%A9s-par-un-reportage-montrant-les-coulisses-d%E2%80%99une-visite-de-hollande/ar-BBmHdjq?li=AAaCKnE&ocid=SL5MDHP

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09:06 29.09.2015

Plus des trois quarts (77%) des Français pensent que François Hollande n’est pas un bon président de la République et 62% pensent la même chose du premier ministre Manuel Valls, selon un sondage Odoxa à paraître mardi.

A la question « Diriez-vous que François Hollande est un bon président? », 77% des sondés ont répondu non, 21% oui et 2% ne se sont pas prononcés, rapporte l’AFP.

Chez les sympathisants de gauche 48% pensent que François Hollande n’est pas un bon président, contre 50% d’un avis contraire et 2% sans opinion.

Chez les sympathisants de droite, 96% ont répondu « non », 3% « oui » et 1% ne se prononcent pas.Répondant à la même question concernant Manuel Valls, 36% des sondés considèrent qu’il est « un bon premier ministre », 62% répondent par la négative.

59% des sympathisants de gauche estiment qu’il est un bon premier ministre, contre 39% d’un avis contraire et 2% de sans opinion.

Vu de droite, 77% des sondés ont une mauvaise opinion de Manuel Valls, contre 21% et 2% de sans opinion.

L’institut note que la popularité de Manuel Valls est tombée en neuf mois de 53% à 36%.

Le classement des hommes politiques établi en fonction de deux paramètres: « Vous soutenez la personnalité » et « Vous éprouvez de la sympathie pour elle » fait apparaître Alain Juppé en tête avec 40% d’adhésion, devant François Bayrou (31%) et Emmanuel Macron (30%).

Nicolas Sarkozy arrive à la cinquième place avec 27%, devant Marine Le Pen (26%) et François Fillon se classe 9e avec 24%. Cécile Duflot (EELV) avec 12% est avant-dernière, devant Florian Philippot (FN) avec 11%.Parmi les personnalités politiques qui suscitent le plus de rejet, Marine Le Pen arrive en tête avec 53%, ex aequo avec Marion Maréchal Le Pen, et devant Florian Philippot avec 48%, autant que Nicolas Sarkozy.

A propos de la crise des réfugiés et des migrants, 70% des personnes interrogées estiment que François Hollande et Manuel Valls la gèrent mal, 29% bien et 1% n’ont pas d’opinion.

Concernant la politique économique du gouvernement, 77% des sondés la jugent « mauvaise » (35% très mauvaise et 42% plutôt mauvaise) contre 21 % (19% plutôt bonne et 2% très bonne), et 2% de sans opinion.

Sondage réalisé les 24 et 25 septembre par internet auprès d’un échantillon de 1.005 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.

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Damas
« Laisser Bachar et ses alliés combattre l’Etat islamique »

© AP Photo/ SANA
20:59 26.09.2015(mis à jour 21:07 26.09.2015)

Jacques Myard, député Les Républicains de la 5ème circonscription des Yvelines et membre de la commission chargée des affaires européennes à l’Assemblée Nationale, évoque le refus du président français François Hollande d’inclure Bachar el-Assad dans les négociations pour résoudre la crise syrienne, dans un entretien pour Sputnik.

Selon M.Myard, la France a adopté dans cette situation une position idéologique. Le député estime que pour avoir une vraie solution politique dans la crise syrienne, il est nécessaire d' »impérativement tenir compte des réalités ». Il a également souligné qu’il faudrait faire attention aux crimes commis lors du conflit sur le territoire syrien.

« J’espère qu’on va arriver sur le terrain à une position pragmatique; c’est-à-dire laisser Bachar et ses alliés combattre l’ennemi de l’humanité, à savoir l’Etat islamique », a déclaré M.Myard.

Selon lui, la France a commis une faute en rompant les relations diplomatiques avec la Syrie. Le député souligne également que dans la tradition diplomatique française, ce ne sont pas les gouvernements qui sont reconnus, mais les Etats.

« Donc, nos intérêts, notre intérêt bien senti, c’est que nous ayons à nouveau des relations avec le gouvernement de Damas, avec la Syrie, et qu’à ce titre nous sortions d’une idéologie qui est de condamner par avance toutes relations avec Bachar », a souligné le député.

Selon lui, l’objectif est de trouver des solutions politiques pour la paix en Syrie, et non d’avoir une position idéologique.

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En octobre 2014, un coup d’État renversait le président Campaoré. Aussitôt j’appelai l’homme qui à l’aéroport de Ouagadougou m’avait donné quelques tuyaux sur l’identité des passagers du vol AH5017 et les mystérieux embarquements et débarquements de personnes qui n’étaient pas passées par les contrôles de police et de douane pendant que l’avion attendait sur la piste l’autorisation de décoller. Je tentai de le convaincre que ce changement de régime le délivrait du secret professionnel qu’il m’avait objecté jusqu’ici pour refuser de me dire où se trouvait réellement l’avion après son crash au Nord Mali.

« Je n’en sais rien« , m’avoua-t-il, alors que jusqu’ici il m’avait laissé entendre le contraire, pensant sans doute que je finirais par lui proposer quelques dollars ou euros en échange du tuyau. « Le seul qui sait, c’est le général Diendéré, c’est lui qui a tout organisé avec les Français, mais il est destitué« . Puis il m’expliqua que la direction de l’aéroport composée de fidèles des clans alliés à Campaoré était en train de fuir car elle savait qu’elle allait être remplacée par des fidèles du général Traoré. C’est l’Afrique ! Je lui demandai ce que Diendéré avait organisé, mais il raccrocha brusquement. Mon enquête s’arrêtait là. Ma seule certitude étant que les parcelles d’avion trouvées sur le site désigné comme étant celui du crash du DC9 étaient celles d’un Mirage 2000 : couleur bleu-gris des rares tôles trouvées sur le site (pas de quoi reconstituer un DC9 !) et surtout un « carter diffuseur » du moteur M53 qui équipe les Mirages 2000, aisément identifiable ici par le nombre des ailettes qu’il est possible de compter sur le morceau au sol :

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Ceci est un carter diffuseur de M53 fabriqué par Bronzavia industrie. Il manque des ailettes sur le morceau au sol et on ne les voit pas toutes sur la photo, mais il est facile de calculer que le nombre est le même. Les moteurs du DC9 sont d’un diamètre beaucoup plus grand et le nombre des ailettes beaucoup plus élevé sur la pièce identique

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17 septembre 2015, Le lieutenant-colonel Mamadou Bamba, membre du Régiment de sécurité présidentielle, annonce à la télévision nationale burkinabée qu’un nouveau « Conseil national de la démocratie » (CND) vient d’être créé et remplace les autorités « de transition », le couvre-feu est déclaré à Ouagadougou, les frontières fermées.

808812-mamadou-bambaMamadou Bamba est l’homme de confiance du général Diendéré. Si ce dernier réussit à se maintenir au pouvoir, Bamba est un homme qui a de l’avenir

François Hollande s’était visiblement satisfait du coup d’Etat du 31octobre 2014, « La France salue la démission du président de la République du Burkina Faso qui permet de trouver une issue à la crise… (le président Campaoré) prendra la bonne décision« . Il l’a prise, il a fui vers le Ghana. Le coup d’État d’octobre 2014 avait été présenté comme « une révolution populaire pacifique ouvrant la voie à une transition vers la démocratie« . Une révolution « populaire » menée par un général, le général Traoré qui s’est très vite fait doubler par le général Zida ! C’est l’Afrique, mais la France n’y était pas pour rien.

Une quinzaine de jours auparavant, François Hollande avait écrit (source Radio France International) à Camparoé pour le mettre en garde contre « les risques d’un changement non consensuel de Constitution« . Traduction du langage diplomatique en français populaire : « On va te virer, si tu n’es pas d’accord fais gaffe et barre-toi ». Il ajoutait que Blaise Compaoré pourrait « compter sur la France pour le soutenir, s’il souhaitait mettre son expérience et ses talents à la disposition de la communauté internationale » (source RFI).

En clair, il proposait son aide pour trouver une porte de sortie digne pour le président, avant qu’il ne s’entête à se maintenir au pouvoir à Ouagadougou alors que « France-Afrique », ce truc qui n’existe parait-il plus depuis l’arrivée de François Hollande au pouvoir, en avait décidé autrement. Ouverte par un amical « Cher Blaise » ajouté à la main, cette lettre de François Hollande se conclut par « bien à toi« , mais se veut claire et déterminée sur la voie d’une issue « en faveur de la paix« , remerciant dans un premier temps Blaise Compaoré, médiateur dans plusieurs crises en Afrique de l’ouest, de son engagement en faveur de la stabilité du Mali.

Le « Cher Blaise » avait d’abord répondu qu’il se sentait « trop jeune pour ce genre de poste » (source Jeune Afrique), mais le 30 octobre, veille du putsch, il faisait savoir (source télévision burkinabée RtB) : « J’ai entendu le message, je l’ai compris… ». France-Afrique est donc encore capable d’organiser « un coup d’État militaire« , comme l’a qualifié le chef de l’opposition Bénéwandé Sankara (source RFI). À ceux qui penseraient que j’affabule, voyez http://www.rfi.fr/afrique/2min/20141031-burkina-faso-compaore-insurrection-direct-coup-etat-ouagadougou-constitution-kouame.

Le « Cher Blaise » parti, c’est finalement Michel Kafando, un diplomate socialiste et franc-maçon, diplômé de Sciences Po où il s’était lié d’amitié avec DSK (tous les deux promo 1972, Hollande étant de celle de 1974), qui prit la présidence « de transition », France-Afrique l’ayant préféré à un quelconque général qui aurait décrédibilisé la thèse de la « révolution populaire pacifique« .

Hollande comptait sur les élections « démocratiques » prévues décembre 2015 au Burkina pour entonner le couplet déjà chanté au Mali : grâce à la François Hollande un nouveau pays d’Afrique connaît enfin la démocratie, suivi d’une tournée triomphale où les femmes revêtues de boubous à l’effigie de Hollande auraient crié « vive le président Hollande« . C’aurait été bon, ça, pour la campagne présidentielle.

Mais de même qu’au Mali le président mis en scène par la France, Boubakar, n’est visiblement pas à la hauteur pour faire réussir le pays qui ne tient que par les subventions et la présence de troupes étrangères, et n’est toujours pas maitre du Nord, au Burkina le président « de transition », Kafando, était en train de traficoter pour organiser des élections à l’africaine qui lui auraient permis de rester au pouvoir, notamment en écartant les candidatures des anciens partisans de Campaoré (source RFI). Mais la propagande élyséenne aurait fait le nécessaire pour présenter l’élection de Kafando comme un succès démocratique.

C’est pourquoi Hollande est fort mécontent du coup d’État du 17 septembre qui casse le coup médiatique qu’il préparait et comptait faire fructifier en pleine campagne des élections régionales françaises. Il déclare donc que le coup d’État burkinabé du 14 septembre 2015 « n’est pas bon pour le Burkina » et complètement illégal (source BFMTV). Surtout maintenant que le nouveau président est connu : c’est le général Gilbert Diendéré. Si celui-ci réussit à se maintenir au pouvoir, il sera en mesure de faire pression sur l’Elysée en lui rappelant si nécessaire qu’à la moindre contrariété il pourrait révéler le vrai lieu du crash du DC9 d’Air Algérie et tout le cinéma  compassionnel qui l’a entouré.

General Gilbert Diendere sits at the presidential palace in Ouagadougou, on September 17, 2015 after Burkina Faso's presidential guard declared a coup, a day after seizing the interim president and senior government members, as the country geared up for its first elections since the overthrow of longtime leader Blaise Compaore. Diendere, Compaore's former chief of staff, was appointed head of a governing council, which announced a nighttime curfew and shut down the borders. AFP PHOTO / AHMED OUOBAGeneral Gilbert Diendere sits at the presidential palace in Ouagadougou, on September 17, 2015 after Burkina Faso’s presidential guard declared a coup, a day after seizing the interim president and senior government members, as the country geared up for its first elections since the overthrow of longtime leader Blaise Compaore. Diendere, Compaore’s former chief of staff, was appointed head of a governing council, which announced a nighttime curfew and shut down the borders. AFP PHOTO / AHMED OUOBA

 

Parce que ce Diendéré (surnommé « Golf » au Burkina) n’a aucune moralité ! Ayant fait avec Thomas Sankara le coup d’État qui porta celui-ci au pouvoir en 1983, il a aussi dirigé le commando qui l’a assassiné en 1987. Impliqué dans la guerre du Libéria et accusé de multiples tortures, il a été poursuivi par l’ONU pour trafic d’armes en contrepartie de diamants. Devenu chef du RSP, le Régiment de Sécurité Présidentiel, il s’est accroché à son poste, refusant même les mutations avantageuses que lui proposait Campaoré, car il s’y savait intouchable. Il a la réputation de « prévoir les coups d’État » dans la région et d’être « un faiseur de rois » (source Le Faso). Limogé le 31 octobre 2014, il est revenu à son poste dès décembre 2014.

Kafando n’avait pas les épaules pour tenir à l’écart un homme qui a le soutien de la majeure partie de l’armée et des alliés tribaux puissants. Diendéré a été un temps chef des Renseignements généraux burkinabés (source Jeune Afrique), Lefaso.net affirme qu’il est « l’homme de main » de la CIA et des Service français (DGSE) au Burkina. Il faut le croire, puisqu’il est resté proche de l’ex-commandant de la force Licorne et ancien ambassadeur de France au Burkina, le général Emmanuel Beth. Beth est un Pied-noir, officier parachutiste français de la Légion étrangère, général de corps d’armée, directeur de la Coopération militaire et de défense (source Wikipédia). Gilbert Diendéréil a même été décoré de la légion d’honneur en 2008 des mains de Nicolas Sarkozy, pour avoir aidé à la libération de plusieurs otages détenus entre autres par Al Qaïda, avec Frédéric Beth, le frère d’Emmanuel, général commandant les « Opérations spéciales », chargé de retrouver les otages de Vinci et Areva.

Sachant tout cela, on comprend mieux pourquoi c’est Diendéré qui a rapidement été chargé d’organiser en personne, dès le matin de bonne heure, une « visite » avec ses hommes sur le site où l’on pouvait prétendre que le DC9 d’Air Algérie pouvait s’être écrasé dans la nuit puisqu’il y avait déjà les traces d’un crash, celui d’un Mirage 2000, et pourquoi lorsqu’une journaliste d’un journal très connu, avec qui j’en ai parlé après qu’elle l’eût rencontré, lui a posé des questions gênantes, elle lui a trouvé « le regard fuyant » et « des réponses vagues« .

Autant vous dire que maintenant qu’il est au pouvoir au Burkina Faso, un poste qu’il ne lâchera pas facilement, et à moins qu’il ne se décide à mettre l’affaire sur la place publique pour nuire à Hollande, nous ne sommes pas près de savoir la vérité sur ce crash du vol AH 5017 !

Maurice D.

SOURCE: http://www.minurne.org/?p=3670

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Burkina Faso : la médiation propose de restaurer le président Kafando et d’amnistier les putschistes

Les médiateurs ont proposé dimanche soir un « projet d’accord politique de sortie de crise » au Burkina Faso, prévoyant de restaurer le président Kafando, renversé jeudi par un coup d’Etat militaire, et d’amnistier les putschistes.

lire:http://www.france24.com/fr/20150920-burkina-faso-mediation-propose-restaurer-le-president-kafando-amnistier-putschistes-Diender

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Par Alexandre Devecchio
Mis à jour le 11/09/2015 à 09:37

FIGAROVOX/EXTRAIT – Le philosophe s’interroge sur le traitement médiatique de la crise des migrants. Il regrette que la raison cède le pas à l’émotion et que le peuple soit mis en accusation pour son égoïsme supposé.

LE FIGARO – L’insoutenable photo de l’enfant kurde mort sur une plage de Turquie a conduit François Hollande à modifier la position de la France sur la crise des migrants. Que cela vous inspire-t-il?

Michel ONFRAY – Penser une photo est déjà la chose la plus difficile qui soit car on ignore tout de ce qui a présidé aux intentions et au geste du photographe: pourvu qu’elle soit bonne, une photo est toujours une idée. De plus, on sait qu’à l’ère numérique, une photo peut-être une manipulation à la portée du premier venu. On ne sait donc jamais si une photo est ce qu’elle dit a priori ou ce que la légende lui fait dire. Il existe des détournements célèbres par les légendes. Ce que l’on sait, c’est que dans notre monde où n’existe plus que ce qui est montré dans un média, une photo bien légendée fait plus qu’un long discours argumenté.

L’émotion a-t-elle remplacé la raison? Cela nous empêche-t-il de percevoir les véritables enjeux géopolitiques contemporains?

Oui, bien sûr. Il faut des bons mots, des petites phrases, des images chocs avec lesquelles on retient bien plus volontiers son public qu’avec une longue analyse fine, précise, argumentée, savante. Un clou chassant l’autre, ce qui est majeur un jour cesse de l’être….

LIRE http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/09/10/31003-20150910ARTFIG00382-michel-onfray-on-criminalise-la-moindre-interrogation-sur-les-migrants.php

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Hollande-FailLe Président de la République, François Hollande, risque de laisser après lui une France endettée jusqu’au cou.

En moins de trois mois, la France aurait perdu 54 milliards d’euros.

C’est ce qu’affirme Emmanuel Roussel, chef d’entreprise, auteur de l’article consacré à ce sujet paru dans Boulevard Voltaire: « Même si le temps passe vite, on peut constater qu’en trois ans, le chef de l’exécutif n’a pas mesuré ses efforts pour laisser une ardoise assez abyssale. Sans même se focaliser sur les grands indicateurs économiques calamiteux du pays, deux feuilletons estivaux illustrent assez bien l’ampleur de la catastrophe. En à peine trois mois, Hollande nous aura plombé de 54 milliards ».

Première erreur géopolitique en date: la vente des avions Rafale. Dans une interview à la radio Sputnik, Emmanuel Roussel rappelle les coulisses du contrat juteux de 24 chasseurs pour un montant de 5,2 milliards d’euros. L’Egypte va financer sur ses fonds propres un peu moins de 50%, soit plus de 2 milliards. Pour le reste, le pays va emprunter de l’argent à des banques françaises, à des taux inférieurs à ceux du marché. Ces prêts seront intégralement garantis par la Coface (compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur). « On peut se poser la question qui va payer les Rafale, précise Emmanuel Roussel.

Vient ensuite la résiliation du contrat des Mistral avec la Russie dont la note serait de plus de deux milliards d’euros, selon Le Canard enchaîné. La dérussisation et la décustomisation (par exemple, la proue des navires ou les télécommunications sont des équipements russes) coûterait près de 200 millions d’euros. Ajoutez à cela le gardiennage et la maintenance à Saint-Nazaire (5 millions d’euros par mois) et le remboursement à la DCNS, Thales et Safran.

L’avenir des Mistral est terne, selon Emmanuel Roussel: « Fort à priori, François Hollande qui était en Egypte pour l’inauguration du deuxième canal de Suez, a annoncé que l’Egypte était un acheteur potentiel. Si on a le même montage que pour la vente des Rafale, on peut se poser des questions en tant que contribuables français. Il parle également de l’Arabie Saoudite, voire du Canada, voire de la Chine. Pour l’instant, ce ne sont que des supputations… »

Tous les facteurs réunis, la parole du politique est totalement discréditée en France, s’agace Emmanuel Roussel.

le chasseur russe Su-35

Primo: dix jours après la vente des Rafale en Egypte, François Hollande affirme avoir signé un contrat MMRCA sur 126 chasseurs avec l’Inde, ce qui n’était pas le cas. L’Inde a finalement préféré les Sukhoï russes, entrainant l’annulation de l’achat de 126 Rafale par l’Inde. Manque à gagner: 48 milliards d’euros. .

Secundo: lors de sa traditionnelle conférence de presse du 14 juillet dernier, le président annonce que la croissance est là, tandis qu’en réalité, le taux de croissance vient de tomber pour le deuxième trimestre en France.

« En somme, conclut Emmanuel Roussel, le compromis diplomatique des Rafale contre les Mistral ressemble à un marché de dupes et les milliards de la rupture du contrat russe vont s’ajouter aux montants maintenant colossaux » de déficit, de dettes, de crise de l’agroalimentaire due, en partie, à l’embargo respectif entre Paris et Moscou. Pire: « le gouvernement ne montre aucune capacité à savoir résoudre le problème, même de loin ».

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FRANCE (ENA): les privilégiés de la promotion Voltaire

Publié: 24 août 2015 dans 1 - Revue de presse - Journaux télévisés - Videos, 3 - POLITIQUE, Informations générales, Les Menteurs, Les tartuffes, Paris, Société
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ENA : le destin «normal» de la promotion Voltaire

Par Vincent Nouzille

INFOGRAPHIE – De l’Élysée au CAC 40, des stars de la politique aux placards dorés de l’administration, voici l’itinéraire de la promotion 1980, celle de François Hollande, une génération bien arrimée au pouvoir.

«C’est une exception politique!» La plupart des énarques que nous avons interrogés jurent que la promotion Voltaire (1978-1980) est assez singulière. «En général, chaque promotion recèle une ou deux personnalités qui font une carrière politique. La promotion Voltaire, c’est toute une génération!», estime Christine Demesse, qui préside l’Association des anciens élèves de l’ENA. L’élection de Mitterrand en 1981 et les alternances suivantes ont favorisé cette floraison de vocations. «Comme nous étions assez politisés, nous avons vite été propulsés dans les cabinets ministériels ou la vie publique», résume Claude Boulle, un «Voltaire» passé par le cabinet de Roger Fauroux, aujourd’hui à la tête de l’Union du grand commerce de centre-ville.

François Hollande et Ségolène Royal ont ainsi commencé leur ascension comme conseillers à l’Élysée avant de s’enraciner en terres corrézienne et picto-charentaise. Michel Sapin a entamé dès 1981 une carrière parlementaire comme député PS de l’Indre. Formée dans les cabinets de Jack Lang puis à l’Élysée, Frédérique Bredin a été député-maire de Fécamp et ministre des Sports de 1991 à 1993, avant de rejoindre le groupe Lagardère. Jean-Marie Cambacérès, quant à lui, a été député PS du Gard, puis il s’est reconverti dans le privé chez Transasia. Proche de Laurent Fabius, Yvon Robert a été élu maire adjoint du Grand-Quevilly dès 1989. La conseillère d’État Marie-Françoise Bechtel, passée par les cabinets de Jean-Pierre Chevènement et ancienne directrice de l’ENA, vient d’entrer à l’Assemblée nationale comme élue de l’Aisne. À droite, le diplomate Dominique de Villepin a suivi l’ascension d’Alain Juppé, et Renaud Donnedieu de Vabres celle de François Léotard. Raymond-Max Aubert a été élu député RPR de Corrèze en 1993 et maire de Tulle en 1995, puis nommé secrétaire d’État au Développement durable de 1995 à 1997. Françoise Miquel, ex-conseillère du ministre de la Fonction publique Jean-Paul Delevoye en 2002, s’est présentée sous l’étiquette UMP aux législatives de 2007 dans l’Eure. Mais, au-delà de ces comètes politiques visibles, les autres «Voltaire» ont suivi des destinées plus représentatives des énarques, naviguant dans les hautes sphères des grands corps de l’État, des institutions publiques et des grandes entreprises.

Des parcours balisés et des fauteuils enviés au sein de l’État

Après plus de trente ans de vie professionnelle, ils ne sont pas à plaindre, si l’on en croit leurs CV, que nous avons épluchés. Des réussites «normales» et méritées? Voire. Des parcours balisés? Sûrement, car les élites françaises savent s’aider et se protéger. François Hollande a fait venir à l’Élysée ses anciens comparses, le préfet Pierre-René Lemas et la conseillère d’État Sylvie Hubac. Son ami Jean-Pierre Jouyet (passé par le Trésor, le gouvernement Fillon et l’Autorité des marchés financiers) a été nommé en juin dans le fauteuil courtisé de directeur général de la Caisse des dépôts. D’autres hauts fonctionnaires «Voltaire» ont des postes en vue, comme Pierre-Yves Duwoye, directeur de cabinet du ministre de l’Éducation nationale Vincent Peillon, et l’ex-sarkozyste Dov Zerah, qui dirige l’Agence française de développement, où a aussi officié une autre «Voltaire», Louise Avon.

Symboles de ces parcours dorés, le discret Jean-Ludovic Silicani préside l’Autorité de régulation des télécoms (Arcep) et la magistrate Claire Bazy-Malaurie siège au Conseil constitutionnel. L’ancien chef de cabinet de Balladur à Matignon, Pierre Mongin, préside quant à lui la RATP, où travaillent ses anciens camarades Colette Horel et Jean-Marc Janaillac.

Les diplomates étiquetés «Voltaire» ont eu, eux aussi, de belles trajectoires, comme Jean-François Blarel, actuel secrétaire général adjoint du Quai d’Orsay, Philippe Etienne, qui représente la France auprès de l’Union européenne, Stanislas de Laboulaye, qui vient de récupérer sur consigne de l’Élysée le dossier afghan, après avoir été en poste à Moscou et au Vatican. D’autres ambassadeurs ne déparent pas cette liste de VIP, tels Jean-Maurice Ripert, ex du cabinet Jospin, représentant de l’Union européenne auprès de la Turquie, Pierre Duquesne, passé par Matignon, le Trésor et le FMI, Philippe Carré, ex-ambassadeur en Autriche, Philippe Thiébaud, actuellement au Pakistan, ou Henri Paul, ex-ambassadeur en Roumanie.

Dans le secteur privé, les reconversions des «Voltaire» ont été plutôt confortables, avec en premier lieu une figure du CAC 40, Henri de Castries, PDG d’Axa, mais aussi Loïc Armand, qui préside L’Oréal France, Jean-Jacques Augier (ex-G7) et Bernard Cottin (ex-Numéricable).

De belles reconversions dans la banque et l’industrie

Conformément aux traditions de l’énarchie, le secteur bancaire a été très accueillant, notamment pour Nicolas Duhamel, directeur général finance du groupe Banques populaires-Caisses d’épargne, Jean Chodron de Courcel, banquier d’affaires chez Hawkpoint Partners, Pierre Pissaloux chez HSBC, François Morlat passé de HSBC à KBL Richelieu, Agnès de Clermont-Tonnerre chez LCL, Jean-Yves Colin, Jean-Luc Perron et Jérôme Brunel au Crédit agricole, Philippe Bordenave chez BNP Paribas.

Certains occupent des postes enviés dans des groupes privés, tels que Hubert Loiseleur des Longchamps Deville, directeur des affaires publiques de Total, Patrick O’Quin, directeur des affaires multilatérales chez Danone, ou Jérôme Bédier dans la distribution (FCD, Carrefour).

L’ancien fiscaliste Dominique Villemot dirige à Paris un prospère cabinet d’avocats, tout comme Jérôme Turot, major de la promotion.

Quelques-uns se sont convertis au conseil, comme Claude Revel, spécialiste de l’intelligence économique, Christian Poirier, administrateur de sociétés, ou Claire Mialaret, experte en ingénierie sociale.

Naturellement, la promotion conserve son lot de hauts fonctionnaires bien installés dans de nobles institutions comme la Cour des comptes (Jean-Christophe Chouvet, Pascal Duchadeuil, Philippe Gros, Sophie Moati-Gourdon), les tribunaux administratifs (Hervé Saluden, Guy Roth, Bernard Leplat), le Conseil d’État (André Schilte, Jean Gaeremynck, Maurice Meda, Jean-Pierre Jouguelet, Sophie-Caroline Jacquin de Margerie-Tarnowski) et le corps préfectoral (Pierre Bayle, Michel Cadot, Pierre Dartout, Christian Decharrière, Michel Delpuech, Roger Silhol, Hervé Masurel, Michel Jau).

De manière plus discrète, plusieurs dizaines de «Voltaire» sont cependant recasés au sein de l’État dans des postes aux intitulés assez flous. Certains ont des titres ronflants de conseillers économiques (Paul Hunsinger, Edouard Sicat), de contrôleurs budgétaires (Jean-Luc Pain), de contrôleurs généraux (Marie-Claire Beltrame-Devoti, Christian Bodin, Mireille Dietrich, Jean-Paul Holz, Christian Farlin, Michel Hourcade, Michel Pot, Françoise Miquel, Gilles Marchandon, Christian Tardivon, Dominique Viel), d’inspecteurs généraux de l’Éducation nationale (Jean-François Cervel, Alain Dulot, Gérard Ghys, Alain Perritaz, Henri Peretti) ou de contrôleurs généraux des armées (Éliane Loquet, Olivier Rochereau).

Mais ces titres ne correspondent pas toujours à des missions très prenantes. «Il y a beaucoup de hauts fonctionnaires en fin de carrière, dont l’État ne sait pas quoi faire, qui peinent comme des âmes errantes dans les ministères», admet un «Voltaire» qui a suivi de près la destinée de ses camarades. Signe que l’administration est inventive, on trouve même, dans la promotion, un secrétaire délégué en charge du comité d’histoire des politiques, des institutions et des métiers du ministère de l’Écologie (Patrick Février), un ambassadeur pour les commissions transfrontalières au Quai d’Orsay (Nicolas Mettra).

Ou, plus cocasse, un haut fonctionnaire de terminologie et de néologie au ministère des Sports (Jean-Michel Fay)! Il faut bien occuper tout ce beau monde et quelques-uns se contentent de placards dorés.

SOURCE: http://www.lefigaro.fr/politique/2012/09/21/01002-20120921ARTFIG00427-ena-le-destin-normal-de-la-promotion-voltaire.php

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La promotion Voltaire est-elle inépuisable ?

Par Philippe BilgerMa Photo

Suis-je absolument naïf ou pourra-t-on un jour, malgré les déconvenues multipliées par la réalité, être présidé par une personnalité qui respectera les citoyens ?

On sait ce qu’il était advenu avec le quinquennat de Nicolas Sarkozy qui avait fait procéder à des nominations inspirées par l’amitié, la récompense ou le clientélisme le plus ostensible. Est-il besoin de rappeler que son emprise ne s’arrêtait pas là et que notamment sur le plan médiatique, il n’hésitait pas à conseiller des exclusions et des mises à l’écart – n’est-ce pas, Alain Genestar et Patrick Poivre d’Arvor ? – qui étaient concrétisées car les désirs d’un président de la République sont des ordres sauf résistances suicidaires.

On aurait pu espérer que de telles dérives susciteraient au moins une pratique présidentielle inverse. Ce n’était pas tant parce que François Hollande avait promis un retour à la normalité démocratique mais à cause de la constatation généralement partagée qu’une République ne pouvait pas durablement tenir avec des transgressions aussi cyniquement affichées et incarnées par rapport à son esprit.

François Hollande, il convient de tristement l’admettre, s’est moqué comme d’une guigne des engagements qu’il avait pris et comment ne pas considérer, face à la constance de ses trahisons, qu’il avait formulé ses propos de campagne comme autant de vœux qu’il savait pieux ?

Il y a des traumatismes encore plus graves certes mais il n’empêche qu’un écœurement saisit le citoyen, de droite bien sûr qui a oublié hier et de gauche, je l’espère, s’il a un peu de conscience, face à un aussi cynique et solidaire favoritisme. C’est une honte.

A lire « Les parasols dorés de la République exemplaire » (Le Canard enchaîné), on est effaré par l’exploitation jusqu’à plus soif de la promotion Voltaire comme s’il suffisait d’avoir été alors au côté de François Hollande, qui ignorait que ses ambitions seraient couronnées de succès, pour être touché par la grâce et miraculeusement investi d’une compétence universelle.

D’une certaine manière, ce favoritisme est pire que le précédent car purement relié au décret subjectif et arbitraire du président de la République considérant, au mépris de toute vraisemblance, que tous ceux qui l’avaient approché, écouté et admiré méritaient d’être promus à des postes de très haute responsabilité. C’est l’expression d’un narcissisme qui dépasse les bornes. L’État c’est moi, mes appétences, mon humeur !

A qui fera-t-on croire qu’il y avait dans cette promotion Voltaire une mine tellement riche et inépuisable qu’elle puisse être ainsi cultivée avec une désinvolture et un systématisme aussi accablants ?

Ce serait à mourir de rire si ce n’était pas démocratiquement à pleurer.

Encore ce clientélisme ne se limite-t-il pas à cette promotion bénie de François Hollande mais bénéficie au « Chiracopinage, aux Préfets à l’abri, aux Cabinets particuliers et aux Chics apparatchiks… » selon les dénominations acides choisies par cet hebdomadaire attendu chaque mercredi avec crainte ou espoir, c’est selon.

La dernière foucade mêlant magouille parlementaire et risque pour l’éthique publique concerne le député socialiste François Brottes à la tête du Réseau de transport d’électricité. Les protestations n’auront pas plus d’effet que d’habitude ! Si le fait du Prince pouvait être contredit, il perdrait tout son charme.

Pour montrer à quel point cet impérialisme du bon plaisir présidentiel est scandaleux, il suffit de le comparer avec certaines pratiques ministérielles qui ont tenté autant que possible d’introduire un peu de cohérence et d’objectivité dans leurs nominations. Je songe, par exemple, hier à Aurélie Filippetti et à Christiane Taubira qui sur ce plan au moins n’a pas été catastrophique.

Je ne sais si la promotion Voltaire est inépuisable. En revanche, l’exemplarité d’un pouvoir présidentiel en France est une exigence qui a de l’avenir, une idée neuve.

Elle est intacte : jusqu’à aujourd’hui, personne ne l’a altérée en tentant d’en imprégner la pâte du réel

source:http://www.philippebilger.com/blog/2015/08/la-promotion-voltaire-est-elle-in%C3%A9puisable-.html

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