Par Pierre Joigneaux.

4 octobre 2021.
Tsunami mondial. 11 300 000 000 000 dollars. C’est le montant révélé par les « Pandora Papers », l’enquête la plus importante jamais menée par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ). Ces derniers mois, 600 journalistes de 150 médias répartis dans 117 pays ont épluché 11,9 millions de documents issus de 14 cabinets spécialisés dans la création de sociétés offshore. Et le résultat de l’enquête, publiée ce dimanche 3 octobre 2021, devrait provoquer un tremblement de terre sur l’ensemble du globe : ce sont plus de 11 000 milliards de dollars qui sont volés par 35 chefs d’État et 130 milliardaires. Il suffirait de 267 milliards, 2,6% de ce magot, pour éradiquer la faim dans le monde. Il suffirait de 5 milliards pour étendre le RSA aux jeunes de 18 à 25 ans. Alors que le thème de la sécurité est omniprésent dans le champ médiatique, parlons délinquance en 2022.

Un séisme. À côté les scandales des LuxLeaks, PanamaPapers et autre ParadisePapers semblent miniatures. Pour l’enquête des PanamaPapers, dont les révélations avaient provoqué une onde de choc planétaire le 3 avril 2016, seules avaient été analysées les données du cabinet d’avocats panaméen Mossack Fonseca. L’enquête publiée ce dimanche est le résultat de 11,9 millions de documents épluchés issus de 14 cabinets spécialisés, décortiqués pendant des mois par plus de 600 journalistes répartis dans 117 pays : la plus grande enquête d’investigation jamais réalisée.
Néanmoins, il y a fort à parier que ce scandale mondial suscite moins d’émotion qu’une vidéo d’un délinquant qui tabasse une passante pour lui voler son sac, comme le fait remarquer la journaliste économique Salomé Saqué. En effet, l’accumulation des scandales d’évasion fiscale ces dernières années semble avoir quelque peu blasé le grand public. Cependant, on parle ici de 11 300 000 000 000 de dollars : ce chiffre est d’un ordre de grandeur tel qu’on a peut-être plus de mal à mesurer la réalité du vol. Quand un cambrioleur pénètre chez nous et nous vole 1000 euros, le vol s’inscrit dans notre chair. Ici, le montant semble invraisemblable et rend le scandale plus lointain.

Et pourtant, les conséquences de ce cambriolage mondial sont bien concrètes : nos hôpitaux laissent mourir des patients dans les couloirs par fautes de moyens. Nos soignants ont affronté la crise sanitaire la plus dévastatrice du siècle… en sac poubelle. Nos enseignants font cours à des classes de 35 élèves et commencent avec un salaire à peine au-dessus du SMIC. Le salaire minimum justement, reste gelé, comme le point d’indice des fonctionnaires. On estime à désormais plus de 10 millions, le nombre d’être humain survivant sous le seuil de pauvreté dans notre pays. Nos étudiants font la queue pour pouvoir bouffer. Et ainsi de suite.

Pour se faire une idée de l’ampleur du braquage, un chiffre : 267 milliards, c’est le montant qu’il faudrait investir pour éradiquer la faim dans le monde. Soit 2,6% des 11 000 milliards de dollars des Pandora Papers. Nos étudiants font des queues interminables pour se nourrir ? Le coût de l’extension du RSA aux jeunes de 18 à 25 ans, réclamé par La France insoumise (LFI), a été estimé par le gouvernement à 5 milliards d’euros. Une somme bien dérisoire rapportée au magot du cambriolage.

Les conclusions de cette vaste enquête laissent sans voix. L’argent des paradis fiscaux sert toujours à acheter des jets privés, des yachts, des manoirs, des œuvres d’art de grands maîtres… L’enquête du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) confirme l’étude réalisée en 2020 par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) qui évaluait à 11 300 milliards de dollars les sommes détenues dans des places offshore, qui permettent de transférer les bénéfices des pays à forte imposition où ils sont réalisés vers des sociétés qui n’existent que sur le papier, dans des juridictions à faible imposition.

Les plus grands criminels sont en costumes, et ils ont un nom, ils ont une adresse, ils s’appellent Tony Blair, Dominique Strauss-Kahn, le roi Abdallah II de Jordanie, Najib Mikati (Premier ministre du Liban), Andrej Babis (Premier ministre tchèque), Leonid Lebedev (proche de Vladimir Poutine)… Ils sont au total 35 chefs d’État et 130 milliardaires en bande organisée.
En cette rentrée où l’attraction médiatique s’appelle Éric Zemmour, où les thèmes sécuritaires prédominent l’agenda médiatique, parlons sécurité, parlons délinquance. En ne consacrant que des miettes à la lutte contre l’évasion fiscale et la délinquance financière, on tolère l’existence de ces paradis fiscaux, et on protège l’activité de trafiquants (de drogues, d’armes, d’organes), mafieux et meurtriers en tout genre (clients de ces « paradis » fiscaux). Cette opacité tue. Elle tue les victimes des mafias, elle tue ceux qui n’auront pas pu être soignés à temps faute d’un système de santé efficace. Elle assassine toutes les victimes collatérales de systèmes sociaux défaillants.

Mais le champ médiatique passe plus de temps à parler de la petite délinquance, celle de celui qui achète une plaquette de shit et la découpe en barrettes pour remplir le frigo. Le ministre de l’Intérieur préfère répandre des fake news, affirmant qu’un dealer de cannabis gagnerait 100 000 euros, ridicule pour qui connait la réalité sociale des quartiers populaires. Le ministre de l’Éducation préfère lui aussi répandre des fake news sur les pauvres qui utiliseraient le trésor des allocations de rentrée scolaire, pour s’acheter des écrans plats. Un mythe basé sur… aucune source, comme l’explique ici brillamment Daniel Schneidermann.

À côté de ces 11 300 milliards de dollars braqués, le « pognon de dingue » que l’on mettrait dans les aides sociales selon Emmanuel Macron, est une cacahuète. Ce séisme mondial doit être l’occasion de remettre les pendules à l’heure face à la droitisation du champ politique et médiatique : non ce ne sont pas les pauvres qui coûtent un pognon de dingue, mais bien les riches qui vivent au-dessus de nos moyens. Les plus grands délinquants ne sont pas en cols bleus mais en cols blancs. Ce qui nous coûte cher n’est pas le travail, mais bien l’accumulation du capital. Les plus grands criminels sont ces chefs d’État véreux et ces milliardaires. Parlons délinquance en 2022.

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Alors que qu’il est reconnu que l’OTAN est sortie délibérément de sa sphère revendiquée de compétence en intervenant de plus en plus loin de l’Atlantique Nord pour la seule préservation des intérêts américains.

La seule réponse à donner aux Etats-Unis et à leur président au sujet de leur coup félon quant au marché des sous-marins australiens, c’est de nous retirer de l’OTAN, sans oublier de dénoncer l’admission de l’Australie dans le club des EDAN – les Etats dotés de l’arme nucléaire, sans l’accord des autres membres du « club ». Que dirions-nous si la Russie procédait de même avec l’Italie ou l’Algérie ?

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Des données et des informations sensibles concernant monsieur Xavier Niel , les familles Dassier et Tillinac , le Général Antoine Creux et son fils Matthieu sont elles dans la nature ou tout simplement soigneusement enterrées ?
Ces informations sur des comptes de campagnes (politiques), et beaucoup plus encore sont dans la nature et cela ne perturbe personne?

Quand en plus, on a connaissance des circonstances de ce vol de données protégées par le secret professionnel…

Que l’on sait qu’un juge espagnol du ‘Juzgado numero 1 de Villarcayo‘ agissant sur un dossier civil était entouré de forces armées démesurées (USECIC) face à un seul homme sans antécédent judiciaire….Et surtout la date de cette action perpétrée en bafouant totalement les lois ainsi que les droits de l’homme.

Pour rappel, est-il concevable qu’un juge espagnol agissant dans le cadre d’une procédure civile soit accompagné de brigades spéciales de l’USECIC de la Guardia Civil, puisse faire disparaître une plaque de Commissaire aux Comptes apposée sur la porte d’entrée, et interdise à ce français, Commissaire aux Comptes près la cour d’appel de paris , l’accès à sa résidence principale officielle et décrète en sa présence : la maison est abandonnée, pas d’inventaire, tout ce qui est contenu dans cette habitation est déclaré comme appartenant au propriétaire du bien loué alors que nous savons que le concept de maison abandonnée s’applique quand l’occupant est décédé et qu’il n’a ni famille ni proche…. et que les expulsions forcées sont précisément définies dans les textes comme une violation de plusieurs droits de l’homme.

Ces faits se sont déroulés le 21 avril 2017 après-midi, le vendredi précédent le premier tour des élections présidentielles, date limite après laquelle on ne peut plus rien divulguer qui pourrait influencer le vote.

Le consulat de France à Madrid fut alerté de ce “pillage orchestr锑par les autorités judiciaires espagnoles, et ce pendant le déroulement des faits.

Le consulat de France aurait dû, ne serait-ce que par principe de prudence, mettre en œuvre des diligences pour “mettre en suspens” cette action…mais le consulat ne parut nullement étonné et a répondu :

“Pas de mort? Pas de blessés?  Donc ce n’est pas une urgence!!

(Un enregistrement de l’appel téléphonique existe !)

Et depuis ce 21 avril 2017, les ennuis, vexations et autres méfaits que seules les autorités sont capables de diligenter en toute impunité continuent sans relâche sur le commissaire aux comptes Jérôme Margulis !

Est-on encore en droit d’interpeller des autorités dédiées habituellement au respect des textes de lois, des décrets et autres jurisprudences établies ?

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De notre envoyé spécial dans la Drome
A Montélimar, ils furent entre 600 et 700, soit le double de la semaine précédente pour dire au Président Macron :
« Laisse nous la liberté de nous faire vacciner et ne nous l’impose pas ! »
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Des jeunes, des vieux et des « encore plus vieux » étaient réunis pour dire au ‘pass sanitaire’ : « No passera ».
Une femme, découragée, déplorait que son mari, en séance de dialyse soit constamment harcelé pour se faire vacciner avec à la clé la possibilité de ne plus pouvoir être dialysé….
Certains vaccinés se sont joints au cortège… pour dénoncer le « pass »…
Prochain ‘Rendez-vous’ le samedi 07 Août 2021 pour la suite du feuilleton de la guerre « Macron vs Le Peuple »

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J’accuse…

Publié: 31 juillet 2021 dans Informations générales


« J’accuse ici tranquillement, nous l’avons suffisamment documenté, et nous le documenterons encore, Gérald Darmanin, mais aussi Bruno Le Maire et bien sûr en tête de gondole Emmanuel Macron de nous prendre pour des cons, des naïfs, des décérébrés. Ils nous mentent éhontément. Et même si personne ne l’ouvre. Nous, on est vénères. Le silence gêné qui entoure cette affaire révèle d’une hypocrisie crasse. »

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Par Pascale Pascariello

Lors de la free party organisée à Redon les 18 et 19 juin, les gendarmes ont gravement blessé des teufeurs, dont un a eu la main arrachée par une grenade. Les pompiers, qui auraient pu intervenir pour secourir des jeunes dans un état sanitaire dramatique, en ont été empêchés par la préfecture.

«J’ai honte d’être pompier. Un jeune risquait de mourir. Nous le savions. Mais nous ne pouvions pas intervenir. » Lors de la free party qui s’est déroulée les 18 et 19 juin à Redon (Ille-et-Vilaine), un jeune homme de 22 ans a perdu sa main. D’autres ont été gravement blessés. Mais, selon les documents et témoignages recueillis par Mediapart, la préfecture a bloqué les pompiers à l’entrée du site. Mettant ainsi des vies en danger.

Cette nuit-là, responsable de la mise en œuvre des secours, la préfecture motive son refus par le fait qu’aucun plan d’évacuation des blessés n’a été anticipé, et que l’accès au site n’est donc pas sécurisé pour les pompiers. L’argument révèle un très haut niveau d’amateurisme dans la préparation de l’événement, un manque de discernement évident dans l’appréciation de la gravité de la situation. Mais aussi une bonne part de mauvaise foi selon le même pompier, bouleversé : « Quand il s’agissait d’aller chercher des gendarmes blessés à l’intérieur, il n’y avait pas de problème, d’autres gendarmes nous escortaient. »

Ce n’est que le lendemain, le 19 juin, aux alentours de 18 heures, que les pompiers auront accès directement au site afin de secourir des jeunes dont deux, signalés comme « urgence absolue », et « plusieurs tombés à l’eau ».

Dans la nuit du 18 au 19, 400 gendarmes mobilisés pour empêcher une fête qui n’a pas été autorisée font face à des jeunes venus rendre hommage à Steve, décédé deux ans plus tôt lors de la fête de la musique après une intervention policière. « À partir de minuit, nous avons commencé à recevoir de nombreux appels de jeunes qui étaient sous les tirs de grenades lacrymogènes », nous confie un pompier. « Certains étaient pris de panique, d’autres suffoquaient », poursuit-il.

« Nous suivions ce qu’il se passait sur les réseaux sociaux. Cela en dit long sur notre absence d’information », précise un autre secouriste.

À 2 h 45, les pompiers reçoivent un appel pour « un blessé main arrachée par grenade ». Il s’agit d’une « urgence vitale ». Quatorze minutes plus tard, le camion des pompiers arrive à quelques centaines de mètres du site, mais privé d’accès sécurisé, il reste immobilisé sur un rond-point.

À l’entrée du site sont aussi bloqués depuis minuit deux responsables de l’association Techno+, Ombline Pimond et Sébastien Petit. Près de l’ancien hippodrome, ils suivent à distance la situation de gendarmes qui tentent d’empêcher l’organisation de la fête.

« Depuis 1995, nous intervenons notamment sur les free parties et les raves. Nous sommes une association reconnue par le ministère de la santé et notre mission consiste à réduire les risques liés aux pratiques festives, à la prise de drogue ou d’alcool. » Cette fois, l’accès leur est donc refusé par les gendarmes. « Nous avons appelé la préfecture du Morbihan, département voisin qui était initialement prévu pour l’organisation d’une free party. Nous avons alors demandé à être mis en contact avec une personne de la préfecture d’Ille-et-Vilaine et nous avons également appelé l’Agence régionale de santé [ARS]. »Quels ordres a donnés la préfecture ? En tout cas, elle a interdit l’accès aux pompiers pour secourir les jeunes

Il est 2 h 33 lorsque la personne d’astreinte à l’ARS décroche et découvre alors la situation. « “Je vais appeler la préfecture”, nous a-t-elle dit. Elle n’avait été informée ni de la free party ni de l’intervention des gendarmes », explique Ombline Pimond.

Alors que les forces de l’ordre intensifient les tirs de LBD, de grenades lacrymogènes, de grenades de désencerclement et de type GM2L (à composition pyrotechnique), les volontaires de Techno+ restent toujours bloqués.

Quand la situation de la main arrachée se confirme, les gendarmes ne permettent toujours pas aux pompiers d’accéder au site pour secourir le jeune mutilé. Ils laissent passer l’association pour qu’elle aille chercher le blessé. « Quels ordres a donnés la préfecture ? En tout cas, elle a interdit l’accès aux pompiers pour secourir les jeunes, selon l’un des responsables de Techno+, Sébastien Petit. C’est une hérésie de nous avoir demandé d’aller le secourir compte tenu de l’extrême gravité de sa blessure », déplore-t-il.

« Tout le monde à ce moment-là autour de nous parlait de cette mutilation. Je ne parvenais pas à imaginer que ce soit possible », rapporte la présidente de Techno+, Ombline Pimond, qui tient cependant à préciser : « Si certains volontaires se forment aux premiers secours, nous ne sommes pas des secouristes. Nous n’intervenons que dans des fêtes et nous ne sommes absolument pas formés à ce genre de blessures ni pour intervenir au milieu de tirs de grenades. »

À tel point que seuls dix d’entre eux décident d’aller sur la zone des tirs. « Je suis la seule infirmière de l’association sur le site à ce moment-là, donc je n’ai pas hésité, bien sûr. Mais je devais également protéger les autres volontaires de l’association. C’est pourquoi nous avons formé un petit groupe plus aguerri pour aller secourir les jeunes. » " J’ai regardé hélas vers le bas de son bras, en lambeaux. C’était hyper choquant. Une mutilation de guerre que je n’oublierai jamais. " - Thomas, 30 ans, venu en aide au jeune mutilé

Le problème est qu’au milieu des gaz lacrymogènes, sans être guidés et sans expérience, les bénévoles de Techno+ ne trouvent pas le jeune mutilé.

Au même moment, Thomas∗, un ingénieur du son de 30 ans venu de Toulouse avec son amie pour faire la fête, se retrouve coincé à bord de son camion, en file indienne derrière d’autres véhicules, sur un petit chemin menant vers l’entrée de l’hippodrome, à quelques dizaines de mètres des tirs des gendarmes.

« L’air était irrespirable. On y voyait presque rien. » Après avoir mis à l’abri son amie dans la cour d’une ferme, Thomas retourne près de son camion. « Il y a toute ma vie dedans. Depuis le Covid, nous y habitons avec mon amie pour des raisons financières. » Après des tirs incessants de grenades lacrymogènes, « d’autres à fortes détonations explosaient à intervalles réguliers. J’attendais que ça passe avec la boule au ventre. C’était effrayant. »

Il retrouve Armel∗, un de ses amis, et ensemble ils patientent alors près du camion. Lorsqu’il entend soudain « quelqu’un hurler “Ne regardez pas” ». Il voit deux personnes en train de soutenir un « jeune qui semblait en état de choc, sonné ,et j’ai regardé hélas vers le bas de son bras, en lambeaux. C’était hyper choquant. Une mutilation de guerre que je n’oublierai jamais. »

« Au cours de la soirée, certains disaient que les pompiers ne pouvaient pas venir », précise-t-il. Thomas et Armel décident donc de dégager un chemin pour que le véhicule à bord duquel le jeune homme a été installé puisse rejoindre au plus vite la route. « Certains avaient quitté leur voiture en laissant les clefs sur le contact. On en a profité. D’autres non, et nous les poussions à la main. Mais tout m’a semblé rapide, peut-être parce que nous étions dans un état d’une telle urgence que rien d’autre ne semblait exister. »

Anéanti, Thomas est aujourd’hui encore traumatisé. « Comment peut-on arriver à perdre autant d’humanité ? Détruire une vie pour interdire une fête alors que nous n’étions pas une menace… »

Heureusement, une jeune femme a réussi à conduire le jeune homme mutilé à l’hôpital. Les pompiers l’apprennent à 3 h 30. « C’était un soulagement mais qui n’efface pas la colère », nous raconte un pompier. À 3 h 48, Sébastien de Techno+ échange à nouveau avec l’Agence régionale de santé sur la situation dangereuse et sur le besoin de faire venir des secours.

Aux alentours de 4 heures, les volontaires de l’association prennent en charge un premier blessé. Une jeune fille qui a reçu des éclats de grenade à la cheville. « Aidée par une de ses amies, elle a quitté les lieux en empruntant un chemin dans les ronces. Depuis, nous l’avons eue au téléphone. Elle nous a expliqué s’être rendue aux urgences par ses propres moyens. Elle a eu un traumatisme de la malléole et une infection de la jambe due à sa prise en charge tardive », déplore Ombline.

À 4 h 8, les pompiers reçoivent un appel d’un « gendarme blessé » léger. Deux minutes plus tard, il est pris en charge, et conduit à l’hôpital où il est admis vers 4 h 30. Lorsque les gendarmes sont pris en charge, l’ambulance est parfois « encadrée par un groupe d’intervention de gendarmerie spécialisé dans la récupération des GD [gendarmes] blessés », précisent les pompiers.

Vers 6 heures, « alors que le jour se levait, la situation a commencé à s’apaiser et nous avons pu arriver vers une autre partie du site, un autre champ où nous avons pu commencer à souffler », explique la présidente de Techno+.

L’association monte alors une tente pour continuer de venir en aide aux jeunes, mais « il fallait une unité de soins avec des secours ». L’infirmière doit soigner une personne qui « semble avoir reçu un tir de LBD entre les deux yeux. Là encore, ce sont ses amis qui l’ont évacuée. »

À 7 h 29, puis à 8 h 28 et encore à 9 h 36, l’association réclame à nouveau à l’ARS des équipes de secours. En vain. Pourtant, à 8 h 25, les pompiers sont intervenus. Mais c’était, de nouveau, pour venir soigner un gendarme dont l’état ne nécessitera pas son évacuation.

Vers 9 h 40, les pompiers s’apprêtent à envoyer des équipes. Ils prévoient de mettre en place un poste médical avancé (PMA) mais aussi, « en prévision d’interventions des forces de l’ordre », ils préparent 3 bateaux ainsi que des plongeurs « pour la fin d’après-midi ».

Mais à 12 h 12, toujours rien. La présidente de Techno+ demande des précisions au sous-préfet Jacques Ranchère. « “Il faut qu’on s’organise”, m’a-t-il dit. »

À 16 heures, alors que la rumeur d’une nouvelle charge des gendarmes s’amplifie, la présidente de l’association interroge de nouveau le sous-préfet et l’alerte sur les dangers que représente une telle opération, certains jeunes étant alors épuisés, alcoolisés et « le site étant en bordure de rivière ». Mais il la rassure et « lui garantit qu’aucune charge n’est prévue », rapporte-t-elle. Les pompiers, eux, s’y préparent depuis le matin.

Et effectivement, vers 17 heures, des tirs de grenades lacrymogènes recommencent. Une jeune femme reçoit des éclats de grenade au visage. Cette fois sur place, les pompiers la prennent en charge vers 18 h 30 ainsi que « cinq raveurs dont deux en urgence absolue » et « plusieurs personnes tombées à l’eau ». Dix gendarmes seront également pris en charge, « classés urgence relative ».

Mediapart a pu consulter des documents de secouristes d’Ille-et-Vilaine ainsi que les alertes lancées à la préfecture et à l’Agence régionale de santé (ARS) par l’association de prévention Techno+. Difficile de savoir combien de jeunes ont été blessés puisqu’ils sont nombreux à avoir dû se débrouiller par leurs propres moyens comme ça a été le cas pour le jeune homme dont la main a été arrachée.

L’association Techno+ a cependant réalisé un premier bilan qui chiffre à 22 le nombre de jeunes auxquels elle a pu apporter les premiers soins. Deux étaient en état de détresse psychologique et vingt autres blessés. Parmi les blessures, l’association a notamment relevé une joue transpercée et une mâchoire touchée par des éclats de grenade, des traumatismes, certainement causés par des tirs de lanceurs de balle de défense (LBD), notamment au front. Sur ces 22 blessés, seuls quatre ont pu être pris en charge par les pompiers, entrés sur le site le 19 juin, vers 18 heures.

L’un des pompiers que nous avons interrogé reste encore choqué par cette soirée. « Nous ne pouvions pas nous engager en tant que pompiers dans cette zone. C’était trop dangereux. Mais la préfecture comme la gendarmerie n’ont pas réfléchi à la mise en danger qu’ils faisaient courir à ces jeunes. C’est si inquiétant de voir cela. Ce sont nos enfants. »

« J’ai eu l’impression d’être isolée et enfermée en criant à l’aide sans être vraiment entendue », explique Ombline, qui déplore que le ministère de la santé ne l’ait pas rappelée « alors qu’il nous soutient et nous finance ».

Contactée par Mediapart, la préfecture d’Ille-et-Vilaine déclare qu’« à 1 h 51, un chef de groupe, un infirmier et une ambulance ainsi qu’un engin-pompe étaient sur place. Des moyens supplémentaires ont été engagés à plusieurs reprises au cours de la nuit pour prendre en charge des victimes, dont certaines s’étaient entre-temps rendues à l’hôpital par leurs propres moyens ». Mais la préfecture n’apporte aucune réponse concernant l’absence de plan d’évacuation des blessés ou d’accès sécurisé pour les pompiers.

Elle ne livre pas plus d’explications sur l’absence de prise en charge de nombreux blessés, parmi lesquels le jeune homme mutilé. »

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L’étude déplore un « manque de profondeur », c’est-à-dire l’incapacité des militaires français à poursuivre un effort soutenu sur le long terme, malgré leur vaste éventail de compétence qui leur permet d’accomplir presque toutes les missions. En cause notamment, des déficits dans le transport aérien de troupes, un stock de munitions insuffisant, et l’indisponibilité récurrente des hélicoptères de combat comme de la flotte de surface ou encore une artillerie peu adaptée aux frappes à longues distances. « Déployer des forces additionnelles en Europe de l’Est en nombre significatif exigerait très probablement de retirer des moyens des missions actuelles », note également Rand Corporation.

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https://www.cnews.fr/emission/2021-05-15/face-linfo-du-14052021-1081863

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Ces derniers jours, les rues de Cali, ville du sud-ouest de la Colombie, ont pris des allures de guerre civile. Depuis le début de la forte mobilisation contre la réforme fiscale souhaitée par le gouvernement du président Ivan Duque, plus d’une vingtaine de manifestants ont été tués par la répression de l’armée et de la police.

Mathilde Allain est maîtresse de conférences en sciences politiques à l’Institut des hautes études de l’Amérique latine. Elle décrypte la situation : « Le 28 avril, il y a eu un appel à manifester par le Comité national de grève. Depuis, il y a des mobilisations tous les jours. Revendications des paysans, de travailleurs, d’organisations sociales, de défense des droits humains, d’indigènes, d’étudiants qui réclament une plus grande gratuité pour l’accès à l’éducation… Tout le monde se mobilise, c’est un mouvement social de fond. »

Les véhicules blindés font désormais partie du paysage dans les villes. (Photo : Nathalia Angarita / Reuters)

« Quand la nuit tombe, la police a carte blanche »

Que ce soit dans la capitale, Bogotá, ou ailleurs, la mobilisation se poursuit chaque jour. « La situation se dégrade dans toutes les villes du pays : Cali, Medellín, Santa Marta, témoigne Quentin Brugier Kerhoas, 27 ans, un Français venu en Colombie pour voyager et travailler dans les fermes de café et cacao. Il y a des barrages pacifiques un peu partout dans le pays, faits par les manifestants. La nuit dernière, je l’ai passée bloqué dans les montagnes pour rejoindre Bogotá. »

Car à la nuit tombée, les manifestations presque sans violences de la journée laissent place au chaos. « La journée, ce ne sont « que » des gaz lacrymogènes. Le soir, à partir de 18 h, quand la nuit tombe, c’est comme si la police avait carte blanche pour tirer sur les gens et les tuer », explique Sebastian Gomez, étudiant, rentré en France pour ses études cette semaine, à Lyon, après être lui aussi descendu dans la rue le 28 avril.

Des morts, des centaines de blessés… et des disparus

Documenter les événements actuels en Colombie est d’ailleurs l’une des préoccupations chez les différentes personnes interrogées. Sur place, impossible de diffuser les photos ou les vidéos des affrontements. « Le gouvernement commence à couper la communication sur internet, pour éviter la rediffusion des images », fait remarquer Soraya Vitola, journaliste franco-colombienne vivant à Nantes (Loire-Atlantique).

Le partage s’effectue donc sur des groupes de messagerie privés, où sont publiées photos et vidéos de blessés ou de corps sans vie. Ou bien directement sur les murs de la ville : « ll y a de nombreux messages dans Bogotá pour retrouver des personnes disparues », reprend Quentin Brugier Kerhoas.

Les médias locaux, eux, « ne rendent pas compte des événements ou alors ont tout déformé », raconte Laura Restrepo, professeure dans un collège de Bogotá.

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DEMAIN…

Publié: 1 mai 2021 dans Informations générales

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Lettre ouverte adressée au général d’armée François LECOINTRE Chef d’Etat-Major des Armées (CEMA)

Le vendredi 30 avril 2021

Mon général,

Vous êtes le Chef d’Etat Major des Armées et à ce titre votre premier devoir est de défendre et soutenir les militaires d’active ou retraités. Manifestement vous préférez la chasse aux sorcières.

Par votre discipline intellectuelle servile et sans faille, votre carriérisme consternant, votre soumission lamentable au pouvoir politique, vous faites le contraire et êtes prêt par complaisance et bassesse à couper la tête à tous vos pairs et vos Anciens. Lamentable !

Vous le savez, le devoir d’un chef digne de ce nom est de protéger ses subordonnés, ses frères d’armes, ses Anciens au lieu de les livrer en pâture à la vindicte d’un pouvoir politique aux abois.

Sans doute avez-vous peur de déplaire à la ministre des Armées que vous servez avec un zèle sans égal et un comportement de carpette !

Etant au sommet de la hiérarchie militaire qu’attendez vous donc ? Les étoiles de Maréchal de France ?

Il est bien loin le temps des Juin, De Lattre, Leclerc, Bigeard adorés de leurs hommes et parlant d’égal à égal avec le pouvoir politique. Au lieu de cela, votre autorité morale ne sert qu’à mettre le genou en terre et le petit doigt sur la couture du pantalon. Vous reste-t-il donc encore un peu de fierté ?

Comme beaucoup de Français et de militaires, j’ai pour vous un immense dédain.

Oui, j’ai été radié des cadres par décret du Président de la République du 23 aout 2016 suite à l’avis du Conseil Supérieur de l’Armée de Terre (CSAT) réuni disciplinairement (6 officiers généraux d’active ayant, à la majorité des voix, demandé ma radiation des cadres) mais je ne regrette rien. Face au non-respect de l’état de droit à Calais, j’ai été un lanceur d’alerte qui a permis la modification de la situation de la jungle par l’Etat.

Vous avez osé écrire dans le Figaro, me concernant : « Je vais lui envoyer une lettre pour lui dire qu’il est indigne, salit l’armée, la fragilise en en faisant un objet de polémique nationale« .

Mon général ne vous fatiguez pas, ne perdez pas de temps à écrire, je n’ouvrirai même pas votre torchon. Celui qui salit l’armée, c’est vous, uniquement vous, ne vous méprenez pas. Les Français qui le savent ont choisi leur camp et ne s’y trompent pas.

Oui, je préfère être dans ma peau que dans la vôtre. Sachez-le, l’opinion et le jugement de vos pairs et de vos subordonnées ne sont pas flatteurs et c’est un euphémisme ! Je peux me regarder dans une glace, je crains pour vous que ce ne soit pas votre cas.

Vous préférez « couper des têtes », sanctionner des pairs, courber l’échine et servir avec un zèle sans égal le pouvoir politique. Non, le jour de votre départ sachez que vous ne serez pas regretté.

Pour terminer, je vous rappellerai deux citations qui illustrent parfaitement votre comportement !

« Quand la prudence est partout, le courage n’est nulle part ». Cardinal Mercier

« En France, on laisse en repos ceux qui mettent le feu et on persécute ceux qui sonnent le tocsin ». Nicolas de Chamfort

Avec votre soumission et votre assujettissement au pouvoir politique, votre comportement est plus celui d’un technocrate que d’un militaire. Le vrai déshonneur d’un général est bien le vôtre.

Avec mon profond mépris.

Général de corps d’armée (ER) Christian Piquemal

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Fear is a political weapon

Many citizens are the victims of the lies of our political, economical, financial but also administrative, military, sanitary leaders. For years, whistleblowers from all backgrounds have proved that the truth scares and isolates. It is easier to destroy the lives of the ones who act in conscience, with all goodwill for the sake of the community rather than proposing long-term solutions. However, whistleblowers as defined by the French Sapin II law are not the only ones who alert about the State’s wrongdoings:  the movie Gibraltar was inspired by the Customs agent Marc Fievet’s story. In the numerous interviews given to media, he has for years explained that he had been abandoned by the French administration.

His web site details the situation he had to face: « Undercover as of 1988 on the Costa del Sol and the drug hug GilbratarMarc Fiévetage 43 at the time, operated during six years within the international drug dealers networks.The French Customs teamed up with him to open a restaurant in Estepona, Spain and financed a cargo for him to better infiltrate thworld of drug traffickingHe was introduced by the French Customs authorities to the Spanish Customs authorities (SVA), to the British Customs authorities (HM Customs and Excise) and to the US DEA service as being the agent on duty on the Costa del Sol and the Gibraltar zones. During his activity, he contributed to have 100 tons of drugs seized and 97 drug dealers arrestedHowever, he was also arrested and then sentenced in 1994 in Canada for drug traffickingwithout Paris coming to his rescue. Transferred to France, it is only in 2005 that he got out of prison, after ten and a half years in prisonFor Marc Fiévet, it is unbelievable that his employer – or his appropriate Minister – has ‘abandoned’ him in this manner and that the State continues to deny compensationIn 2005, the France 3 program Pièces à conviction disclosed the incredible story of NS55, agent Fiévet’s code name whom they met when he got out of prison. Mr. Fievet has since continued to fight for his rehabilitation« . His story being « Classified« , not a single authority wants to hear about this story anymore.

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