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Go Leaks Par Mikaël Roparz, France Bleu Armorique et France Bleu Loire Océan

Go Leaks

Le Grand Ouest (Bretagne, Pays-de-Loire et Normandie) va disposer courant mars d’une plate-forme numérique permettant à des lanceurs d’alerte de communiquer en toute confidentialité avec des journalistes. Son nom : Go Leaks.

C’est une première au niveau régional en France. Go Leaks, la première plate-forme régionale de récolte et de diffusion d’information, de « leaks », par des sources anonymes, va voir le jour courant mars. Ce sont deux Nantais qui ont lancé l’idée. Un « hacker » et un journaliste, Romain Ledroit.

Go Leaks « est un tuyau sécurité et anonyme pour que les sources puissent faire parvenir aux journalistes des informations qu’elles ne pourraient pas faire transiter autrement » explique Romain Ledroit.

Le principe c’est de permettre à une source, un lanceur d’alerte qui a des informations sensibles, de les transmettre à un journaliste sur la plate-forme sécurisée. En région, « il y a beaucoup de sujets économiques, politiques… qui ne sont jamais divulgués » poursuit Romain Ledroit. « Et les rédactions n’ont pas toujours le temps et les moyens de faire de l’investigation« . L’idée également est de donner un statut aux lanceurs d’alerte.

Un financement participatif

Go Leaks permettra d’échanger ces données d’une manière parfaitement sécurisée sur un logiciel de navigation anonyme comme Tor. « Les échanges sont cryptés » explique de son côté datapulte, à l’origine également du projet.  « Un projet comme celui-là ne sera pas financé par les collectivités locales, l’état » prévient Romain Ledroit. Pour exister, GO Leaks a eu recourt au financement participatif.

Des formations sur les protections de données seront aussi proposées aux rédactions qui le souhaitent.

GO Leaks c’est quoi ? Explication avec Romain Ledroit, à l’origine de l’idée

https://www.francebleu.fr/infos/societe/go-leaks-le-wikileaks-du-grand-ouest-1448549981

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Aviseur International

topelementInternet joue un rôle croissant dans le commerce de la drogue en Europe, «repoussant les limites de l’approvisionnement» et préservant l’anonymat, s’inquiète l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT).

Selon une étude menée en 2015 parmi 100 000 internautes dans le monde, quelque 10% des sondés ont reconnu avoir acheté de la drogue sur le web. «La vitesse à laquelle les marchés des drogues se transforment grâce à Internet» présente «des défis majeurs aux services répressifs» qui tentent de traquer les abus, prévient le rapport. Si le gros du trafic «reste fermement enraciné dans le monde physique, les marchés virtuels repoussent aujourd’hui les limites de l’approvisionnement en drogues, offrant des options plus variées aux acheteurs potentiels», relève Alexis Goosdeel, directeur de l’OEDT.

Près de 650 sites

Selon ce rapport, la distribution d’«euphorisants légaux» ou de substances concernées par un certain flou juridique se fait ouvertement sur le «web visible»…

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Par Paul Loubière
Publié le 26-01-2016 à 10h25Mis à jour à 10h33

Le moteur de recherche alternatif lancé par une start-up française reçoit le soutien d’Axelle Lemaire qui souhaite que les agents de Bercy l’utilisent par défaut au lieu de Google. Ce n’est pas le seul moteur de recherche alternatif dans le monde, mais en Europe c’est l’un de ceux qui connait la plus forte croissance.Qwant (c) Qwant

Une start-up française qui lance un moteur de recherche en 2013 pour concurrencer Google, cela pourrait faire sourire. Trois ans plus tard, la petite entreprise a grandi et reçoit le soutien d’Axelle Lemaire. Rien à voir avec un soutien financier, plus simplement il s’agit de suggérer aux agents de la fonction publique de tester Qwant au lieu de n’utiliser que Google. « Nous l’avons mis en œuvre à Bercy, explique Axelle Lemaire, nous avons procédé au déploiement expérimental du moteur de recherche Qwant qui met en avant la protection des données personnelles et le respect de la vie privée des utilisateurs. Nous avons demandé aux agents, sans naturellement les y obliger, d’utiliser par défaut ce moteur de recherche. » La nouvelle vient à point nommé pour la petite entreprise qui cherche à lever des fonds. En octobre dernier, elle a reçu le soutien de la Banque européenne d’investissement qui lui a versé 25 millions d’euros. En 2014, Axel Springer, alors qu’il tempêtait contre la position dominante de Google, avait pris 20% de Qwant. Une manière très claire de souligner que, si Google avait une position dominante, il y avait malgré tout des alternatives…

La monétisation est prévue pour 2016

Jean-Manuel Rozan, co-fondateur de Qwant, reconnaît que, pour l’instant, il « vit de l’augmentation de capital » mais il annonce que, « compte tenu de la croissance de l’audience, la monétisation est prévue pour 2016 ». Il a donc encore besoin de lever 25 millions d’euros comme annoncé en octobre dernier pour continuer à se développer. Le coup de pouce d’Axelle Lemaire ne peut qu’accélérer l’audience de Qwant.

Qwant n’est pas le seul moteur de recherche alternatif. Si en Europe 92% des requêtes sont effectuées via Google selon Stat Counter, les américains sont légèrement moins Google maniaques avec 78% des requêtes (Bing 11% et Yahoo 8%). En Russie, Google n’a plus que 50,51% du marché (devant Yandex à 41,7%) et dégringole à 1,57% en Chine, dominée par Baidu avec 83% du marché. Du côté des moteurs alternatifs européens, on trouve Ixquick ou StartPage dont l’audience reste confidentielle. « Nous sommes les seuls en Europe à avoir une croissance rapide, poursuit Jean-Manuel Rozan, parce que nous avons choisi un chemin très précis: des bonnes réponses en français, en allemand, ensuite en italien, en espagnol et après en anglais. Nous savons que nous donnons aujourd’hui de meilleures réponses en français qu’en anglais ou en arabe. Mais ça va venir. »

En tout cas, Jean-Manuel Rozan y croit dur comme fer. « Google a choisi une direction très claire, il a choisi de ne pas être agnostique, de ne pas être complet et de créer un univers qui rend des services. Cet univers a aussi des inconvénients comme le tracking ou l’intrusion dans la vie privée. » A la place, Qwant propose une indexation différente, notamment celle des réseaux sociaux, et empêche le traçage en ne relevant pas le numéro d’IP des internautes qui font une requête.

http://www.challenges.fr/high-tech/20160125.CHA4313/comment-qwant-espere-detroner-google-avec-l-appui-de-bercy.html

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Afficher l'image d'origine« La guerre contre la drogue est un peu comme la guerre contre le terrorisme », expliquait Walter Minnick, conseiller des affaires intérieures à la Maison Blanche en 1971. 

« Ce n’est pas une guerre qu’on peut gagner définitivement. Le but, c’est de contrôler le fléau. » 

Un fléau qui est de retour, à l’évidence.

Retour d’abord au Mali, avant d’évoquer des faits extraordinaires apparus ces dernières années…

LIRE sur AERONARCOTRAFIC: Coke en stock (CV) : deux « Air Cocaïne » ???

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Le darknet, une portion de la toile où la liberté est reine. Mais l’anarchie, aussi.(Photo : Artur Marciniec/Fotolia)

Pendant que le commun des mortels surfe sur Google, d’autres s’aventurent dans le gouffre du darknet, une portion de la toile où la liberté est reine. Mais l’anarchie, aussi.

Les géants du web (Google, réseaux sociaux, Youtube, Amazon, etc.) sur lesquels nous surfons au quotidien, ne sont qu’une partie émergée de l’immense iceberg d’internet. Qu’une minuscule fraction, en réalité, de ce qui est disponible en ligne. Ainsi, penser que le célèbre moteur de recherches « Google » est un mastodonte capable de tout ingurgiter est une erreur… Puisque la majorité des contenus internet n’est pas indexée par Google. C’est la partie immergée, et elle contient deux niveaux: le deep-web et le darknet

lire: http://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/data/605/reader/reader.html?t=1446052436685#!preferred/1/package/605/pub/606/page/5

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Afficher l'image d'origineLe Monde.fr avec AFP | 08.10.2012 à 10h59 • Mis à jour le 08.10.2012 à 11h12

L’ancien chef de la DST (Direction de la surveillance du territoire) Yves Bonnet a mis en cause, lundi 8 octobre, l’argent de la drogue, mais aussi celui de l’Arabie saoudite et du Qatar dans le financement de réseaux islamistes radicaux.Dans un entretien publié lundi par La Dépêche du Midi, M. Bonnet estime que ces réseaux posent la question du trafic de drogue, mais, selon lui, « il y aussi le problème de l’argent qui est alloué par des pays salafistes ». « On n’ose pas parler de l’Arabie saoudite et du Qatar, mais il faudrait peut-être aussi que ces braves gens cessent d’alimenter de leurs fonds un certain nombre d’actions préoccupantes, déclare-t-il. Il va falloir un jour ouvrir le dossier du Qatar, car, là, il y a un vrai problème. Et je me fiche des résultats du Paris-Saint-Germain. »

Les projets du Qatar en France suscitent des interrogations dans la classe politique. Après avoir investi au Paris-Saint-Germain, dans l’achat de droits de diffusion télévisuels puis sur le marché de l’art, le Qatar pourrait consacrer un fonds d’investissement de 50 à 100 millions d’euros aux banlieues françaises.

Une cellule islamiste radicale a été démantelée samedi et l’un de ses membres, un Français de 33 ans de la communauté antillaise, a été tué à Strasbourg après avoir ouvert le feu sur des policiers venus l’interpeller. Onze personnes, toutes françaises, étaient en garde à vue lundi. « Côté renseignement, ce type de réseau est beaucoup plus difficile à identifier, car là on a affaire à des gens qui sont des convertis (…). Ils sont beaucoup plus difficiles à cerner », commente M. Bonnet.

Selon lui, il faut « s’intéresser à ces milieux de jeunes délinquants qui sont à la marge. (…) Si la police veut être efficace, elle va devoir travailler en profondeur ces milieux, liés principalement à la drogue. Cela passera essentiellement par l’infiltration ». L’ancienne DST a fusionné avec la Direction centrale des renseignements généraux (DCRG) au sein de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI).

En savoir plussur http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/10/08/financement-de-l-islamisme-radical-un-ex-chef-de-la-dst-met-en-cause-le-qatar-et-l-arabie-saoudite_1771633_3224.html#ICfJDI0wZ5gUkjAw.99

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Intervention de Yves Bonnet, ancien préfet et ancien chef de la DST dans les années 80 sur le plateau de C dans l’air le 8 octobre 2012.

Il explique d’une part les modes opératoires pour quadriller les foyers terroristes, puis d’autre part l’alliance trilatérale entre les USA, l’Arabie et le Qatar dans le financement massif des groupes djihadistes en Afrique, au Proche-Orient et en Occident.

LIRE aussi:

NARCO-TERRORISME: le Captagon, la drogue de Daech et des princes saoudiens

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Par Direct Matin, publié le 30 Septembre 2015 à 21:30

Todenhöfer a pu se rendre compte de l’extrême détermination de Daesh pour mener à bien ses objectifs.[Marwan Ibrahim / AFP/Archives]

Un journaliste allemand qui a partagé le quotidien de Daesh pendant 10 jours, affirme dans un livre que l’organisation islamiste envisage de mener une attaque nucléaire d’envergure contre les pays occidentaux.

Jürgen Todenhöfer, pictured, spent ten days with the Isis terror group researching his book on the organisationJürgen Todenhöfer écrit précisément dans son ouvrage intitulé « Inside IS – 10 jours avec Daesh » que le groupe terroriste prévoyait « un holocauste nucléaire » contre toutes puissances s’opposant à sa volonté d’établir un califat islamique dans le monde entier. L’organisation entend ainsi tuer des centaines de millions de personnes.

Au cours de son immersion, Todenhöfer a pu se rendre compte de l’extrême détermination de Daesh pour mener à bien ses objectifs. « Pour moi, personne n’a de chance de les arrêter à part les Arabes. Je suis devenu très pessimiste », a-t-il expliqué au journal The Express au cours d’une interview à propos de la sortie de son livre.

Après de nombreux échanges par Skype, Daesh a accepté d’accueillir dans ses rangs le journaliste, ancien député allemand, au motif qu’il est un critique régulier de la politique américaine menée au Moyen-Orient.

Conscient du risque qu’il encourait, Todenhöfer a confié avoir rédigé son testament avant de quitter son pays d’origine.

http://www.directmatin.fr/monde/2015-09-30/daesh-preparerait-une-attaque-nucleaire-pour-tuer-des-centaines-de-millions-de-0

Mr Todenhöfer said Isis, pictured, were the most 'brutal and dangerous' enemy he has ever seen 

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mouvement_remigration_Trafic-Sahara

08/09/2015 – 08h00 Paris (Breizh-info.com) – Le mouvement pour la remigration, dirigé par Laurent Ozon, a traduit un rapport accablant rédigé sur le site Global initiatives against transnational organized crimes. Nous le reproduisons ci-dessous. 

Et si la fabrication de réfugiés n’était qu’un secteur de la criminalité comme les autres ? 

C’est en substance la conclusion de ce document explosif. Que les motivations soient politiques, religieuses ou purement crapuleuses, les convergences d’intérêts entre les groupes armés de la moitié nord de l’Afrique et du Moyen-Orient sont au cœur du problème migratoire. Faisant feu de tous les trafics ; cigarettes, armes, drogues et surtout migrants, les criminels répartissent et élargissent leurs zones d’action. 

Loin des insinuations journalistiques, ce rapport tisse également les liens entre le trafic migratoire et le terrorisme qu’il finance, anéantissant par-là même les considérations humanitaires de ceux qui veulent nous imposer toujours plus de clandestins, alors que survivent, seulement en France 150 000 SDF et plus de 8 millions de précaires.

Les réseaux criminels sont en réalité les premiers bénéficiaires de la générosité européenne, car chaque point de passage est l’occasion de rançonner les candidats à l’exil. Sous des mots pudiques, se dessine la violence à laquelle sont soumises ces poules aux œufs d’or : racket, traite d’êtres humains, exploitation sexuelle.

Par une stratégie de dominos, les groupes armés « recrutent » ainsi toujours plus de réfugiés. Ces « migrants » deviennent à leur insu les banquiers du crime et du terrorisme, finançant du matériel, des hommes, et des armes. Et ceux qui les encouragent, les « associés » de ces trafics.

Ce rapport prouve que l’approche politique de la crise migratoire doit radicalement changer et l’on distingue pour ce faire deux solutions à mettre en œuvre simultanément. D’une part, il faut anéantir tous les espoirs d’accueil en Europe pour tarir les routes migratoires tenues par les criminels. D’autre part, il est également crucial de réaffirmer l’ancrage des réfugiés sur leur propre territoire pour ne pas céder de terrain aux terroristes.

Le rapport ne vise pas à mesurer les responsabilités politiques dans le chaos libyen mais à tracer une ébauche des voies d’action offertes aux politiques qui veulent vraiment agir. Preuve est ainsi faite que toute manœuvre gouvernementale ne suivant pas ces prescriptions ne fait que se rendre complice de ces trafics, y compris humains.

Face à l’inaction de dirigeants englués dans les bons sentiments et le marketing à visée électorale, il revient donc aux citoyens de réagir vigoureusement pour briser les pompes aspirantes migratoires qui ne servent que les mafias ; et aux élus et représentants du peuple fidèles à l’intérêt collectif, de s’associer à ce sursaut vital en partageant et en faisant connaître ce travail.

Le véritable courage, c’est de ne plus les accueillir ici pour les aider là-bas. Il fallait le démontrer, c’est maintenant fait !

Introduction

Depuis plus de mille ans, le Sahara est une région de  contrebande et de trafic de nombreux types de produits. La Libye, dont les liens avec l’Europe datent de l’Empire romain, a toujours été une destination et une voie de transit importante pour nombre de ces activités illicites. Depuis la chute de Kadhafi, la contrebande et le trafic impliquant à la fois des groupes armés et des réseaux du crime organisé a augmenté de façon spectaculaire en Libye. La chute du régime avait permis à la traditionnelle répartition tribale du commerce trans-Sahara, dans les drogues, les produits de contrefaçon, les migrants et les armes, de croître pour atteindre environ 43-80M$ au maximum, revenus réparties entre un grand nombre de trafiquants, clans et  groupes.

L’augmentation des flux d’argent et de marchandises illégales a des répercussions à travers l’Afrique du Nord et le Sahel. Cet argent et les armes en provenance de Libye ont contribué à faciliter la rébellion au Mali en 2010, et continuent à alimenter les conflits aujourd’hui. Plus important encore, le nombre élevé de migrants le long de la côte en Afrique du Nord a permis le développement d’un commerce de « passage » beaucoup plus lucratif, désormais évalué entre 255 et  323 millions de dollar par an, pour la seule Libye. La valeur de ce commerce surpasse de loin toutes les entreprises de traite et de trafic dans la région, et a renforcé des groupes terroristes, y compris l’État islamique.

Cette synthèse est basée sur des données accessibles à tous et de nombreux entretiens récents dans la région subsaharienne. Elle vise à mesurer la portée actuelle et l’ampleur des économies criminelles transsahariennes et souligne leurs possibles implications sur la stabilité et la sécurité. Le but de cette synthèse est de fournir une mise à jour des informations pertinentes sur les facteurs de conflits potentiels dans la grande région du Sahara, à destination des décideurs politiques, des intervenants et des chercheurs. Ce document a été établi en collaboration entre le Centre norvégien pour l’analyse globale (Rhipto) et l’Initiative mondiale contre la criminalité transnationale organisée.

Compte tenu de l’importance des revenus que peut générer le trafic migratoire, cette synthèse conclut que les principales priorités devraient être  d’une part d’empêcher Daesh et les groupes armés lybiens de tirer profit de cette activité, d’autre part de couper les voies migratoires transsahariennes établies de longue date qui passent par le Sahel vers la Libye.

Les économies criminelles trans-sahariennes

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Figure 1 : Routes de trafic à travers le Sahara

La contrebande traditionnelle, impliquant les clans dans tout le sahara, existe au moins depuis le VIIIe siècle. Depuis peu, les criminels de la région se sont concentrés par type de trafics particuliers : les trafiquants et les groupes terroristes sont spécialisés en cigarettes contrefaites,  les trafiquants de drogue opérèrent en avions légers pour le trafic de cocaïne, et les trafiquants d’armes ne travaillent presque qu’avec les groupes activistes armés, pour ne citer que trois types d’activités. 

Les valeurs de ces principaux trafics dans la région sont estimées à :

•  Trafic de drogue colombienne via Guinée-Bissau : valeur « de rue » 1,25 milliard de dollar en Europe et 150 millions en Afrique de l’Ouest, générant des revenus locaux de 10 à plus de 20 millions de dollars pour les opérateurs dans le Sahel, l’Algérie et la Libye.

• La chute du régime libyen a permis à des groupes criminels de profiter largement de tous les trafics : contrefaçon et contrebande de marchandises, y compris les cigarettes, les produits pharmaceutiques, agricoles, de construction et de transport. Le montant de ce commerce est difficile à quantifier.

• La valeur totale du commerce libyen des armes dans l’ère post-Kadhafi est probablement de l’ordre de 15 à 30 millions de dollars par an. Ces armes sont plus destinées à des groupes militants en Libye et au Sahel (dont le Mali, le Niger, et le Tchad) qu’au commerce. Ceci étant, des livraisons d’armes ont été détectées vers des pays du Golfe et ailleurs en Afrique, et les conséquences négatives du commerce des armes sont évidemment beaucoup plus élevées que sa seule valeur monétaire.

• Le traditionnel trafic de migrants à travers le Sahara était auparavant évalué de 8 à 20million$, mais avec l’augmentation récente des migrants en transit, la valeur actuelle du commerce le long de la côte (en contournant les traditionnels voies tribales) – est estimée entre 255 – 323 millions par an.

Les sections suivantes fournissent une vue des principaux trafics trans-sahariens :

Drogue

On estime à 18 tonnes la quantité de cocaïne (originaire de Colombie) qui circule par les côtes d’Afrique de l’Ouest, en particulier la Guinée-Bissau et la guinéen après un pic de 47 tonnes en 2007. Ces 18 tonnes représenteraient une valeur d’environ 1,25 milliard de dollar sur le marché européen. Leur trafic fournit donc un revenu substantiel aux trafiquants d’Afrique de l’Ouest, de l’ordre de 150 millions de dollar par an. Les revenus liés seraient d’environ 15 à 20 millions en Lybie, Tunisie et Algérie.

La cocaïne qui transite par la Lybie y arrive généralement par le sud, cheminant par les voies terrestres depuis la Guinée-Bissau jusqu’à la Méditerranée et l’Europe. Comme la cocaïne est perçue comme une menace en Europe et en Amérique du Nord, faire transiter la drogue par le Sahara et la Lybie demande de plus en plus de complicités de la part des agents chargés de la sécurité des Etats traversés.

Le cannabis et la résine de cannabis transitent eux aussi par la Lybie. Selon les calculs, le Maroc est le premier ou le deuxième producteur de cannabis. Le  produit chemine jusqu’en Europe, son principal marché, en passant par des réseaux en Egypte et dans la région des Balkans. Deux chemins existent entre le Maroc et l’Egypte. La première route passe par le sud et traverse le Sahel pour contourner la frontière fermée entre le Maroc et l’Algérie, la deuxième longe les côtes du nord du continent. Le volume de cannabis qui passe par la Lybie demeure inconnu, par manque d’analyse sur ce sujet, mais il est probablement très important et l’on sait que contrairement à la cocaïne, la majeure partie des revenus issus de ce trafic reste dans la région et finance des trafics armés.

Contrefaçon et contrebande

Les Etats du Maghreb Algérie, Lybie, Maroc et Tunisie et l’Egypte fument 44% des cigarettes de tout le continent. Le commerce illégal de tabac y serait d’environ 1miiliard de dollar par an, le Mali représentant une plaque tournante majeure grâce aux réseaux établis par Mokhtar Belmokhtar, salafiste algérien co-fondateur d’AQMI et qui gère désormais son propre réseau autonome , Al Mourabitoun (signifiant Les Almoravides, dynastie des XI et XII siècles).

Le trafic de faux médicaments ou de médicaments interdits est florissant dans la Lybie post-révolutionnaire, à la fois pour les groupes criminels en recherche de profits et pour les pharmaciens désireux de stabiliser leurs revenus dans une situation désormais chaotique d’après-guerre.  De la même façon, de nombreuses milices ont pillé des sites publics à la recherche d’équipement de construction et agricoles qu’ils ont vendus au marché noir dans toute la région, les bénéfices leur permettant de se fournir en armes et moyens de transports pour renforcer leur trafic.

En dehors du trafic de cigarettes profondément enraciné et aux réseaux bien établis, les produits contrefaits et vendus en contrebande sont surtout des opportunités saisies  au vol et ne contribuent pas de façon systématique au financement de groupes spécifiques ou d’acteurs belliqueux. Bien souvent, les produits sont simplement jetés à l’arrière d’un camion au hasard d’un voyage retour d’un autre trafic pour arrondir les bénéfices.

Armes 

En 2011, l’armée libyenne était estimée à 76000 membres actifs et 40000 agents de réserve, avec un arsenal de 250 à 700000 armes à feu, dont trois quarts de fusils d’assaut. A la chute de Khadafi et la désintégration de l’Etat libyen, ces armes sont tombées aux mains de groupes armés et de trafiquants.  Les conflits en Lybie sont toujours alimentés par les soldats et les armes qui formaient jusqu’alors la colonne vertébrale de la puissance de l’Etat.

Le prix d’un AK-47 en Lybie varie généralement de 150 à 1000 dollars, parfois plus, sachant que la moyenne sur le reste du continent avoisine les 500 dollars. Pour des armes plus évoluées, comme des MANPADS ou des SA-7 (lance-missiles sol-air portatif), il faut compter plusieurs milliers de dollars par pièce. Le trafic d’armes en Lybie varie de 4 à 15 millions par an pour les armes légères. En comptant les munitions, ce trafic atteint 15 à 30 millions, bien que la valeur réelle pourrait être double compte tenu de la grande incertitude sur le nombre d’armes impliqué.

La puissance de feu du régime a également un impact important sur les pays frontaliers. L’UNODC (Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime) a laissé entendre que l’arsenal du régime Khadafi comptait 22000 lance-missiles dont au moins 17000 sont portés manquants et 400 sont partis dans le trafic avec certitude. On estime qu’entre 10 et 20000 armes à feu libyennes ont rejoint le Mali, le Niger, le Tchad et le Soudan.  Certaines estimations donnent des chiffres bien plus importants, parfois quadruplés, suite à la chute de l’armée libyenne et des institutions de l’Etat.

Beaucoup de preuves pointent le rôle critique d’armes et de milices venant de Lybie dans le déclenchement du mouvement séparatiste au Mali en 2011, et de façon durable en alimentant l’instabilité mais aussi des attaques contre du personnel des Nations Unies et d’autres cibles. En outre, l’accès aux armes et leur contrôle dans la région du Sahara est devenu un élément critique pour être capable de contrôler les routes de trafic et les territoires.

Le trafic de migrants

Il y a désormais un très grand nombre de trafiquants de migrants et réfugiés venant de Syrie via le Liban et l’Egypte. Les Syriens comptent en effet pour la plus grande part des migrants exploités via la Lybie, même si un nombre rapidement croissant de migrants sub-sahariens arrive aussi par ces voies. Ce business florissant est aujourd’hui la source de revenus la plus accessible pour les réseaux de crimes organisés et les groupes armés, leur permettant ensuite d’acheter des armes, de conquérir de plus grands territoires, de former des armées,  et de pratiquer du racket.

Le trafic migratoire a augmenté de façon spectaculaire à partir de la Lybie et de la Tunisie. Grâce à des moyens variés, dont des accord avec l’Italie, le régime de Khadafi avait drastiquement limité les flux migratoires et les trafics d’individus entre les deux pays : seuls 4500 réfugiés avaient été décomptés en 2010. En 2014, ce chiffre a explosé pour atteindre au moins 170 000, malgré l’insécurité croissante en Lybie et les dangers de la traversée de la Méditerranée. D’après Frontex, les migrants qui arrivent en Europe en traversant la Méditerranée depuis la Lybie (route dite de méditerranée centrale) représentent environ 60% des arrivées clandestines en Europe. Pour les 170 000 migrants qui ont utilisé cette voie en 2014, les deux premiers pays d’origine étaient la Syrie (39651 migrants) et l’Erythrée (33559), le reste venait d’Afrique sub-saharienne (26340).

Les migrations forcées et illégales (mais volontaires) ont assez augmenté pour devenir une des plus importantes sources de revenus en Lybie, et un vaste spectre de groupes en profite. Depuis la chute de Khadafi, les milices harcèlent les migrants et leur famille pour leur extorquer des fonds ou vont jusqu’à vendre des migrants aux trafiquants.

Quiconque a accès à un bateau peut tirer profit substantiel en mettant des migrants à l’eau. De façon générale, les passeurs facturent 800 à 1000 dollars par personne pour le passage vers la Lybie, et encore 1500 à 1900 pour le périple en Méditerranée, souvent en extorquant les fonds de force. Selon le type de bateau, une traversée peut accueillir plusieurs centaines de migrants. Une fois en mer, peu d’attention est portée au devenir de ces migrants ou à leur destination finale, les passeurs présument qu’ils seront secourus à un moment de la traversée. On a par ailleurs peu de preuves que les passeurs aient établi des services d’accueil pour l’arrivée en Europe.

Pour atteindre la Lybie, les réfugiés syriens passent souvent par l’Egypte ou le Soudan, deux des quelques pays qui n’exigent pas encore de visa pour les citoyens syriens. Sous le gouvernement Morsi, les Syriens étaient largement bienvenus en Egypte et nombreux s’y sont établis au début de l’exode des réfugiés. Depuis sa chute toutefois, les comportements ont changé et se sont durcis envers les réfugiés syriens de plus en plus nombreux.  Beaucoup ont donc continué leur trajet jusqu’en Lybie, d’où l’on peut partir vers l’Europe. Les difficultés d’accès grandissantes pour l’Egypte ont poussé les migrants à prendre des routes plus au sud, par le Sinaï, là où les contrôles officiels sont plus faibles, ce qui a en conséquence contribué à impliquer Daesh dans le racket et l’aide au passage illégal. Ceci crée des incitations qui permettent à Daesh d’augmenter ses profits en exacerbant les flux migratoires grâce à des attaques ciblées sur les civils dans leurs zones conquises ou en ciblant les camps de réfugiés frontaliers avec la Jordanie  et le Liban. Cette tactique a été largement utilisée par les rebelles congolais, en créant des réfugiés puis en les exploitant. Augmenter le nombre de réfugiés syriens et faciliter le commerce sur le dos des migrants peut ainsi aider Daesh à prendre position indirecte en Lybie.

 

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Figure 2 : Zoom sur certaines routes de trafic en Lybie. Les flux côtiers Est-Ouest sont 
de plus grande importance comparés aux flux traditionnels par les voies à travers 
du Sahara, y compris pour les Syriens et les Erythréens, suggérant des actions coordonnées
de l’Egypte au Sinaï, la Jordanie et le Liban. 
Le montant total sur les côtes est estimé au minimum entre 255 et 323 millions de dollars.

 

Pour la population sans cesse grandissante de migrants sub-sahariens, de nombreuses routes sont accessibles. Les réfugiées d’Erythrée, de Somalie, et de la corne de l’Afrique à traverser le Soudan, passer par la mer rouge et la péninsule du Sinaï, une région où le gouvernement égyptien perd de plus en plus contrôle. Une ancienne voie allant de Djibouti au Yemen en passant par les pays du Golfe est depuis désertée à cause des contrôles importants de ces derniers. Ajoutons que compte-tenu de l’instabilité du Yemen, les flux migratoires vont désormais en sens inverse, avec des centaines de Yéménites arrivant à Djibouti et grossissant l’exode vers l’ouest ou passant par une nouvelle route le long de la mer noire, au nord. Les Somaliens, les Erythréens, et désormais les Yéménites, sont éligibles de prime abord au statut de réfugiés en Europe, ce qui rend l’investissement du trajet pour les plages d’Europe particulièrement juteux.

Les réfugiés venant d’Afrique de l’Ouest, du Centre et plus au sud ont tendance à suivre les vieilles routes de commerce à travers le Sahel, comme la route allant du Mali à la Lybie en passant par le sud de l’Algérie ou encore par le Niger, d’Agadez (un nœud de circulation)  puis par le sud de la Lybie jusqu’à la côte. L’instabilité de la Lybie e bien évidemment offert des opportunités sans précédent d’atteindre l’Europe pour ces migrants très largement économiques. Ce business lucratif est responsable d’une augmentation énorme du nombre de groupes impliqués dans ce trafic, des habituelles tribus nomades du Sahara tels que les Touareg et les Tebou qui concourent au voyage de 5 à 20000 migrants par an, à partir de n’importe où vers la Lybie. Les migrants peuvent être obligés de travailler plusieurs mois lors d’escales sur ces routes de trafic, les abus physiques et sexuels étant assez fréquents. Orchestrer des migrations illégales massives requiert un « contrat » établi avec les passeurs des tribus, comprenant aussi des autochtones de clans au Mali, au Niger et au Tchad.

 

 

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Figure 3 : Routes de trafic rejoignant la Lybie à partir du Mali, de l’Algérie, du Tchad, 
du Soudan et de l’Egypte. Le Sinaï est un point de trafic à partir de la Jordanie 
et du Liban, et partiellement à partir du Soudan et de l’Erythrée

 

Les groupes armés et le financement du terrorisme

L’importance des activités criminelles dans le financement des groupes djihadistes ne saurait être sous-estimée. La fragmentation de la Lybie et l’insécurité régnante ont eu un effet d’entraînement dans tout le Sahel et le Maghreb, créant ainsi des havres de paix pour les groupes terroristes qui peuvent désormais opérer en complète impunité. Il semble que les opportunités d’alliance ne leur manquent pas tirer profit ou racketter les divers trafics du nombre croissant de groupes armés et de réseaux criminels dans la région.

La formation « d’économies de protection » qui peuvent au gré s’intégrer à un trafic ou le taxer a de sérieuses conséquences sur la stabilité et la sécurité régionales. Dans certaines régions, cette économie mafieuse surpasse l’activité économique légale et sape la capacité de l’Etat à gérer les affaires. Alors que différentes dynamiques et caractéristiques sont en jeu, toutes ces ressources accumulées, contrôlant ou protégeant les trafics à travers le Sahara, ne viendront en aucun cas aider à une meilleure gouvernance ou un meilleur contrôle de l’Etat. Elles serviront plutôt à perturber ou à saper le pouvoir et sa légitimité, et permettront de profiter des opportunités de trafics sur les ressources pour gagner de l’influence durant ces périodes de transition démocratiques.

Les groupes terroristes transsahariens 

La Lybie sert de base arrière sûre à plusieurs groupes terroristes et/ou djihadistes qui opèrent dans le Sahel.  Il y a deux principales raisons à cela. Premièrement, La déchéance rapide du régime de Khadafi a laissé une vacuité à la tête de l’Etat et fourni des opportunités à des minorités comme les Touareg (victimes de persécutions sous le régime Khadafi) de prendre leur revanche et d’asseoir leur pouvoir. Deuxièmement, l’opération française Serval menée au nord-Mali a plutôt réussi à repousser les groupes armés et terroristes en dehors du pays, groupes qui ont trouvé la sécurité en Lybie.

La situation en Lybie est assez complexe, avec de nombreuses milices combattant entre elles. Al Qaida au Maghreb Islamique (AQMI) est toujours actif dans une grande partie du Sahel, mais le groupe le plus dangereux opérant en Lybie est probablement Al Mourabitoun, mené par Mokhtar Belmokhtar. S’y ajoutent, Ansar-Edine (signifiant les défenseurs de la religion), Boko-Haram et Ansar-el Sharia (les défenseurs de la loi islamique) tous respectivement très actifs au Mali, au Niger et en Lybie, il y en outre toujours eu des contacts entre Boko-Haram et les groupes agissant au Sahel.

Tous ces groupes profitent des différents trafics et commerces en expansion, étant donné qu’il y a peu de véritables opérateurs économiques dans la région du Sahel. Al Mourabitoun est le plus célèbre, son fondateur Belmokhtar disposant d’une expérience de longue date dans le trafic de cigarettes et d’armes, avec des réseaux bien établis dans tout le Sahel et le Maghreb. Ce groupe est désormais en lien avec les trafiquants de cocaïne, via une fusion avec MUJOA (Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest) en 2013. Les membres de MUJOA au Mali sont suspectés d’être liés au trafic de cocaïne. AQMI est quant à lui renommé pour ses enlèvements avec demandes de rançons servant à financer ses activités terroristes. Cette habitude semble toutefois avoir pris fin, plus faute de cibles rentables que de changement de stratégie.

Tant AQMI que Al Mourabitoun jouit d’une totale liberté de mouvement dans certaines régions du Mali, du sud de l’Algérie, mais les deux groupes conservent leurs bases arrières en Lybie. Il n’y en effet qu’en Lybie qu’ils ont pu établir des bases logistiques et des camps d’entraînement en toute quiétude et sans risque d’être détectés. Ceci étant, ils maintiennent des caches d’armes, de petits camps et des postes logistiques au Mali, Niger et en Algérie. Ces deux groupes savent tirer parti des terrains montagneux accidentés : cela leur permet de masquer leurs pistes, protéger des caches d’armes, et même de mettre en échec les scanners infrarouges (les signatures de température peuvent en effet être masquées dans les caves naturelles ou parmi les rochers chauffés par le soleil). Les régions montagneuses souvent exploités par les groupes terroristes sont notoirement difficiles à pénétrer pour les armées occidentales et l’incursion franco-tchadienne dans l’Adrar des Ifoghas en 2012 est l’une des rares exceptions.

Même une opération française continue dans la région, l’opération Barkhane, n’a eu que peu d’effets pour stopper les groupes armés. Cette opération ciblait les groupes djihadistes régionaux, basée sur une coopération entre la France et cinq pays du Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad), cette opération permettrait à la France de définir ses cibles à son souhait dans les cinq pays. Malgré un certain succès, les récentes attaques de Mokhtar Belmokhtar et de d’Al Mourabitoun ont montré que les groupes avaient assez préservé leurs capacités logistiques, leurs ressources, leur matériel et leur personnel pour attaquer des cibles stratégiques. Al Mourabitoun bénéficie largement des liens avec les cartels de la drogue depuis sa fusion avec MUJOA en 2013 ; AQMI est quant à lui plus enclin à retourner à ses méthodes de trafic et d’enlèvements pour financer ses activités.

Une autre facteur de complication est la mesure dans laquelle les groupes djihadistes et les réseaux criminels sont jumelés avec les groupes armés insurgés du mouvement de libération Azawad. Ce dernier prend officiellement part aux accords de paix avec le gouvernement malien, sous l’égide de la communauté internationale. Il est donc hors de portée même pour les forces françaises et ses activités criminelles (comprenant trafic d’armes et de drogues) ont été largement minorées dans le cadre du process politique. Des situations similaires se retrouvent en Lybie, par exemple avec les mouvements touareg qui peuvent porter des éléments djihadistes, sont très actifs dans les trafics d’être humains et le transport de cocaïne. La tribu nomade Tébou forme un groupe qui est isolé des discussions politiques  tant en Lybie qu’au Mali. Ce groupe, qui s’étend sur quatre pays au Sahel et au Maghreb, avec une concentration en sud-Lybie et au Tchad, s’est rapidement engagé sur le commerce de migrants et on dit que son contrôle territorial s’étend largement vers le sud au Niger.

Le rôle de L’Etat islamique dans le Sahara

Le rôle de l’IS dans le Sahara est en constante évolution et il est encore trop tôt pour en faire une évaluation valable. Alors que le groupe n’a fait matériellement aucune incursion de ses activités dans le Sahel, ni n’a reporté de serments d’allégeances par d’autres groupes comme Boko-Haram, l’état chaotique de la Lybie et la première apparition d’une cellule issue de l’IS en Afrique en nord rendent bien possible que l’IS décide de faire de la Lybie une base, pour l’entraînement et l’organisation ou  pour son expansion.

Le flux de migrants en plein essor sera très motivant pour une expansion de l’IS vers l’ouest et le Maghreb, considérant que les ressources jusqu’alors mobilisées (trafic de pétrole et de biens culturels) deviennent de plus en plus contraintes. Par ses activités au Moyen-Orient, Daesh a montré sa capacité à contrôler un territoire et à racketter autant l’économie légale que l’économie souterraine. Il a sans doute devenu de loin supérieur à tout autre groupe armé non-étatique dans le monde, capable d’établir efficacement des systèmes d’audit, des services sociaux et du contrôle.

Actuellement, une grande partie des réfugiés transitant par la Lybie sur le chemin de l’Europe est de Syrie, mais sont canalisés à travers une chaîne de trafic du Liban à la Lybie. IS  a délibérément mené des attaques contre les camps de réfugiés à l’Ouest de la Syrie pour augmenter le flux de migrants sur les routes des passeurs contrôlées par l’organisation, afin de générer des revenus additionnels. Il y a donc une tendance à voir une augmentation des réfugiés si les troubles en Syrie et en Irak venaient  à affecter la stabilité du Liban ou de la Jordanie.

La faiblesse du Sinaï est un véritable problème, considérant la proximité des places fortes de Daesh avec la Syrie et la Jordanie. Toutefois, il est possible que Daesh se retrouve en concurrence avec d’autres groupes armés ou djihadistes  en Lybie et au Sahel si l’organisation décidait de poursuivre son extension vers l’ouest ou le sud, conduisant ainsi à de violents conflits. Les Tebou par exemple ont établi plusieurs zones sous contrôle sur une bande est du Sahel et aux frontières tchadiennes. Ils ont également sécurisés des puits de pétrole et tiennent le monopole du trafic de migrants de la corne de l’Afrique vers la Lybie. Cependant, des alliances stratégiques ont déjà été conclues par le passé entre des groupes du Sahel, en particulier contre des ennemis communs. Il n’est donc pas possible de prédire aujourd’hui comment les interactions peuvent évoluer.

Pour le moment, il est clair que le potentiel stratégique et financier d’un engagement de Daesh au Sahel est considérable ; et les mouvements de populations forment un terreau propice au recrutement de combattants à l’étranger et à leur couverture, ce qui forme la force de l’Etat islamique de longue date.

Conclusion

Il y a peu de place pour le doute quant à l’immense inquiétude que suscite le nœud entre crime et terrorisme dans le Sahara. Il y a de plus en plus de preuve que des groupes armés, y compris des groupes extremistes ceux recourant à la violence, tirent pleinement profit des activités économiques criminelles avec une grande impunité. Avec le statu quo actuel, le scenario le plus probable est que les forces d’AQMI et d’Al Mourabitoun restent à leur niveau pendant que celles de Daesh augmentent, ce qui signifie que les attaques dans le Sahel vont se poursuivre contre des cibles de fortes valeurs, y compris des attaques suicides et visant des cibles occidentales (ambassades, hotels, night clubs) ainsi que des symboles de puissance des Etats. Plus longtemps un groupe criminel reste inattaqué par les forces légitimes, plus  ses réseaux sont établis, plus grande est son influence lors de discussions dans un process politique, sous réserve qu’ils en fassent le choix.

D’un point de vue politique, les réponses apportées aux conflits, à l’instabilité et au terrorisme doivent être réinterprétées sur ces bases. Les décisions par défaut qui consistent à renforcer les frontières risquent de n’avoir que peu d’impact compte tenu des grands territoires et de l’utilisation des voies maritimes ainsi que de la dispersion des groupes sur les différents territoires. En outre, l’enchevêtrement d’intérêts politiques, terroristes et criminels porte de grandes implications sur les stratégies de retour à la paix. En effet, il est d’autant plus difficile d’intégrer les groupes criminels dans un processus de paix qu’ils bénéficient des divers trafics et rackets qui disparaitraient en temps de paix. Ils manquent donc de motivations à rejoindre un Etat structuré sauf à légaliser des économies criminelles sous couvert d’un processus démocratique et diplomatique, mais fournissant peu de retour réel de stabilité et de développement pour les populations.

De toutes ces activités criminelles, la plus urgente à traiter est celle du trafic de migrants à travers la Méditerranée car l’augmentation des flux finance en retour les groupes radicaux impliqués dans les trafics au Sinaï et en Egypte, liés à la Lybie, la Syrie, l’Irak, y compris Daesh. Une plus grande implication des réseaux de crimes organisés dans les trafics est possible sur les voies venant et allant vers la Jordanie, ainsi que sur celles qui transitent vers la Lybie ou l’Egypte. L’augmentation du nombre de réfugiés syriens, en particulier résultant d’attaques de Daesh près de Damas (comme nous avons observé autour des camps de réfugiés)  est susceptible d’alimenter les trafics de migrants et la traite d’êtres humains. Cela augmente nettement a capacité des groupes armés à se retrancher plus profondément en Libye et à capter des sources de revenus en dehors de l’Irak et la Syrie.

S’attaquer aux flux migratoires est un véritable enjeu et les interventions au large des côtes libyennes ont peu de chance de faire réduire les flux de migrants compte tenu de l’étendue de la zone de repêchage. Au contraire, elles peuvent augmenter les départs, étant donné le peu d’attention que les trafiquants portent au sort des migrants qu’ils mettent sur les bateaux une fois les plages libyennes quittées. Ainsi toute intervention pour secourir les bateaux de réfugiés doit s’accompagner d’une analyse ciblée  sur comment réduire les bénéfices de trafics et comment faire en sorte que les sauvetages ne fassent qu’alimenter le modèle économique de Daesh, ce qui va bien au-delà de l’ère libyenne.

Recommandations

Il est vital de réduire la motivation des migrants et des réfugiés à passer en Lybie par les maillons du crime organisé. Non seulement pour réduire les risques physiques des migrants eux-mêmes mais aussi pour porter atteinte à la plus grande opportunité financière de Daesh  en Afrique du Nord. La meilleure façon de faire est :

  • Améliorer les aides d’urgence aux réfugiés au Liban, en Syrie et en Jordanie en augmentant significativement l’aide portée et la protection aux camps de réfugiés,
  • Faire des campagnes de promotion auprès des refugiés pour les informer des risques d’abus, d’esclavage et même de mort inhérents  au recours de réseaux de passeurs,
  • Cibler plus efficacement les réseaux de passeurs et les points de passage (ndt : points d’étranglement dans le texte), comme les côtés libanaises, le Sinaï, l’Egypte et le Soudan, détourner et faciliter les flux migratoires par des voies terrestres. Le Sinaï devrait être l’objet d’une attention particulière, ainsi que les flux en provenance du Yemen vers cette voie,
  • Améliorer significativement les renseignements et les analyses sur les routes, les points de passage et les organisations structurées de trafic migratoire, au plus près des pays d’origine,
  • Sur le long terme, réduire l’exode des réfugiés fuyant les zones de conflit est la seule solution. Cependant, les mesures ci-dessus sont des actions de court terme qui peuvent être prises et empêcher l’afflux de ressources financières vers les groupes radicaux, mais aussi empêcher la déstabilisation complète du Liban ou de la Jordanie et par voie de conséquence le financement de groupes armés dans le Sinaï en Egypte et en Lybie.
Bibliographie

Mark Shaw and Fiona Mangan, Illicit Trafficking and Libya’s Transition: Profits and Losses, United States Institute for Peace, Washington DC 2014

Tuesday Reitano and Mark Shaw, Fixing a Fractured State? Breaking the cycles of crime, conflict and corruption in Mali and the Sahel, Global Initiative against Transnational Organized Crime, Geneva 2015

Arezo Malakooti, Mixed Migration: Libya at the Crossroads, Mapping of Migration Routes from Africa to Europe and Drivers of Migration in Post-revolution Libya, UNHCR, Tripoli 2013

Brian McQuinn, After the fall: Libya’s evolving armed groups, Small Arms Survey, Geneva 2012 Frontex, Annual Risk Analysis 2015, Warsaw 2015

About 

This brief was prepared as a joint collaboration between:

RHIPTO, the Norwegian Center for Global Analysis, set up to support the UN with rapid response capacities regarding acute and timely information and analysis relating to risks to the environment, development, peace and security.

The Global Initiative against Transnational Organized Crime (www.globalinitiative.net), an independent network of prominent law enforcement, governance and development practitioners who are dedicated to seeking new and innovative strategies to end organized crime.

Document publié sur le site internet Global initiatives against transnational organized crimes, traduit de l’anglais par le Mouvement pour la Remigration le 30 Août 2015. 

http://www.globalinitiative.net/download/global-initiative/Libya%20Criminal%20Economies%20in%20the%20trans-Sahara%20-%20May%202015.pdf

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2015, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine

source: http://www.breizh-info.com/30671/actualite-internationale/immigration-et-crime-organise-le-rapport-choc-qui-accable/

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Aviseur International

Le bitcoin et l’ombre de l’économie informelle

Nessim Ait-Kacimi / Journaliste

BITCOIN« Nous avons gagné la guerre sur les drogues grâce à bitcoin. » Ross Ulbrich, le fondateur de Silk Road, le supermarché en ligne des drogues qui a été fermé par les autorités fin 2013, avait de quoi être satisfait. Entre 2012 et septembre 2013, la croissance de ses ventes a été de 600 %, de 14,4 millions de dollars à près de 90 millions. Selon Nicolas Christin de Carnegie Mellon, en 2012, les transactions en bitcoins sur le site représentaient entre 4,5 % et 9 % des volumes traités sur toutes les Bourses mondiales du bitcoin.

Une myriade de sites

Depuis la chute de Silk Road, le marché des drogues en ligne autrefois concentré sur un nombre réduit d’acteurs (Black Market Reloaded, Atlantis, Open Vendor Database, Farmer’s Market) s’est morcelé en une myriade de sites, des centaines mais de plus petite taille. Il est très…

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Cybercriminalité

Les avertissements sur la faiblesse des mots de passe et les risques encourus sont le plus souvent ignorés des internautes. Résultat, plus de la moitié des mots de passe pourraient être « craqués » en 24 heures, selon le rapport 2015 mondial de la société de sécurité informatique Trustwave.
88% des mots de passe piratables en 15 jours

La firme américaine, qui a effectué des tests de robustesse sur 499 556 mots de passe hachés l’an dernier, estime que 51% d’entre eux peuvent être piratés en l’espace de 24 heures et 88% dans les deux semaines. Autre enseignement de l’étude, « Password1 » est toujours le mot de passe le plus utilisé et 39% des mots de passe testés ne dépassaient pas les 8 caractères. Ces derniers ont été reconnus par les hackers testeurs de Trustwave en une journée environ.

En savoir plus sur http://www.silicon.fr/un-mot-de-passe-sur-deux-craque-24-heures-119613.html#af2mtk4cVx1xc8IK.99

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Cybercriminalité

Au moment où la France décide de réviser à la hausse le budget de la Défense, le Pentagone américain énonce que les menaces de cyberguerre dépassent désormais celles du terrorisme. C’est la première fois depuis le 11 septembre 2001 que les Etats-Unis inversent ainsi l’ordre des menaces.
Voir le document

(Fichier PDF)

Le document de 33 pages [PDF, en anglais] du Département de la Défense américain sur la « cyberstratégie » pour les cinq prochaines années est particulièrement éclairant sur l’analyse des nouvelles menaces vues de Washington.

Et il définit une stratégie « offensive », et plus seulement « défensive » ; un glissement qui n’est pas que sémantique, aux conséquences potentiellement lourdes, similaire à une évolution constatée également en France.

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http://www.ariva.de/1393776116_a620346Les services de renseignements allemands sont à nouveau dans la tourmente.

Der Spiegel a révélé que le BND a aidé, au moins depuis 2008, la NSA dans ses activités d’espionnage industriel en Europe, outrepassant largement la coopération contre le terrorisme.

Les services de renseignements allemands sont de nouveau au centre d’un scandale. Jeudi, le Spiegel a révélé un nouveau faux pas du BND, qui semble avoir largement outrepassé son mandat. Depuis plus de dix ans, l’agence coopère avec la NSA pour surveiller certaines cibles. Mais ce qui devait être cantonné aux actions antiterroristes s’est étendu à d’autres domaines.

Dans sa quête d’information, le renseignement américain s’est intéressé à des grands groupes industriels sensibles comme EADS ou Eurocopter, à des responsables politiques allemands ou à l’administration français, écrit Der Spiegel, sans donner plus de détails. Selon le journal, le BND l’y a aidé.

Techniquement, la NSA demandait au BND de surveiller certaines adresses électroniques IP ou des numéros de téléphone particuliers. Mais les renseignements allemands n’ont pas cherché à vérifier systématiquement la nature des cibles identifiées par les Américains. Plus de 40.000 données auraient été collectées selon la presse allemande, sans lien avec l’antiterrorisme.
Plus de 40.000 données auraient été collectées

L’affaire a atterri sur le bureau de la chancelière sans attendre. Le porte-parole d’Angela Merkel, Steffen Seibert a critiqué «des manquements techniques et d’organisation» de la part du BND. L’opposition au Bundestag a réclamé la démission du chef des services de renseignements Gerhard Schindler. «C’est trop tôt», temporise cependant un membre de la commission d’enquête au Bundestag sur les écoutes de la NSA. «Il faut en savoir davantage». «Le procureur général va enquêter», a annoncé vendredi le président de la commission, le député Patrick Sensburg. Quoi qu’il en soit, ce nouvel épisode dans le scandale des écoutes de la NSA, qu’Angela Merkel et son gouvernement trainent comme un boulet, ébranle déjà la grande coalition.

Depuis la révélation des écoutes américaines, qui sont allés jusqu’à intercepter les communications de la chancelière, le renseignement allemand est dans la tourmente. Puis, l’année dernière ce sont des affaires d’espionnage par les États-Unis au sein même du BND qui ont été révélés. Quant à la commission d’enquête, elle s’est ensuite plainte du manque de coopération des services de renseignements, qui n’ont pas livré les documents qu’elle avait réclamés. Enfin, en début de semaine, la plus importante plateforme internet du monde, DE-CIX, installée en Allemagne, a décidé de porter plainte contre le BND en «doutant de la légalité» des opérations de surveillance informatique qu’il a menées.

source: http://www.lefigaro.fr/international/2015/04/24/01003-20150424ARTFIG00264-nouveau-scandale-au-sein-du-renseignement-allemand.php

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Et aussi:

L'ancienne station d'écoute de la NSA de Bad Aibling, dans le sud de l'Allemagne. -  AFP PHOTO/CHRISTOF STACHEAirbus aurait été espionné par les services de renseignement allemands pour le compte des Etats-Unis
Mis à jour le 24/04/2015 à 11:49

L’ancienne station d’écoute de la NSA de Bad Aibling, dans le sud de l’Allemagne. AFP PHOTO/CHRISTOF STACHE

Ces dernières années, les services de renseignement allemands ont espionné des entreprises, des responsables politiques et des hauts fonctionnaires européens pour le compte des Etats-Unis, a révélé le Spiegel Online, jeudi 23 avril. Parmi ces entreprises, figurerait le groupe aéronautique EADS, renommé Airbus Group l’année dernière.

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Cybercriminalité

La cybercriminalité s’est hissée au rang du terrorisme en tant que première menace mondiale pour la société, a assuré vendredi 17 avril le directeur d’Europol, saluant la création d’une plateforme mondiale contre les crimes commis grâce à l’internet.

« La menace en ligne est énorme, c’est actuellement la plus grande préoccupation pour la sécurité, avec le terrorisme », a déclaré Rob Wainwright, directeur de l’organisation policière européenne Europol.

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Cybercriminalité

Lancé en juillet 2013, le moteur de recherche franco-européen Qwant se pare de nouvelles fonctionnalités et joue la carte du respect de la vie privée pour séduire les internautes face à Google.

http://www.itespresso.fr/le-moteur-de-recherche-europeen-qwant-soffre-un-lifting-pour-concurrencer-google-93933.html

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Cybercriminalité

Imposer unencadrement des moteurs de recherchepour préserver la liberté d’entreprendre des opérateurs économiques français, ainsi que le droit à une existence numérique qui en découle : tel était l’objectif de l’amendement au projet de loi Macrondéposé le 7 avril dernier par Catherine Morin-Desailly, sénatrice UDI de Seine-Maritime.
En savoir plus sur http://www.itespresso.fr/encadrement-moteurs-recherche-google-vise-senat-94062.html#SGl1HROrv3RQkizJ.99

http://www.itespresso.fr/encadrement-moteurs-recherche-google-vise-senat-94062.html

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Les services étrangers se servent eux aussi allègrement dans les données volées par la France à ses citoyens et aux internautes étrangers. Selon Le Monde, l’Agence nationale de sécurité américaine (NSA) et son homologue britannique, le GCHQ, s’adressent régulièrement à la DGSE pour récupérer des « blocs » concernant des régions du monde particulièrement surveillées par la France, dont notamment le Sahel.

Olivier Demeulenaere - Regards sur l'économie

france surveillance massive« Les services secrets volent « des milliards de données » aux Français avec la plateforme nationale de cryptage et de décryptement (PNCD), selon « Le Monde ».

C’est bien pire que ce que l’on craignait. Selon les informations du Monde, la France a mis en place depuis 2007 un système de surveillance massive qui dépasse les pires craintes des défenseurs des libertés. La plateforme nationale de cryptage et de décryptement (PNCD), installée « pour l’essentiel » dans les bâtiments du siège de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) à Paris, dispose des plus puissants calculateurs de France et intercepte puis stocke « des milliards de données françaises et étrangères ».

Gérée par la DGSE, les espions qui assurent la préservation des intérêts français hors du territoire national (en théorie…), la PNCD est aussi une source majeure d’informations pour les autres services de renseignement, tels que la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), mais aussi…

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NARCO-BUSINESS: l’implication du pouvoir… et des banques.

Les généraux sont en cause, on l’a vu. Mais pour mettre à l’abri leurs fortunes longuement amassées, ils ont dû faire appel à des banques. Celles du blanchiment, qui sont bien entendu les mêmes que celles des trafiquants. La coke, et l’argent qu’elle génère, corrompt tout (*), au plus haut niveau. Jusqu’aux chefs d’Etat, parfois, ou bien leur famille, comme en Colombie. A ce stade, il n’y a plus à parler d’éthique. C’est à celui qui va empocher la mise le premier, car le flux est tel que tout le monde en profite. Devant cette chienlit qui envahit tous les rouages d’un Etat, certains se lèvent et résistent, comme un certain juge, qui, en France, avait fait front devant les mafieux. Son équivalent hondurien, Julian Aristides Gonzalez, a connu hélas le même sort… mais depuis quelque temps, ça se lézarde, et des rats quittent le navire vénézuélien. Et viennent raconter, une fois avoir mis leur famille à l’abri, les turpitudes d’un régime qui parle un double langage constant.

Un document implacable

Un excellent rapport de mai 2011 de l’ OFDT (**), signé David Weinberger, de l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ) nous dresse un tableau éloquent de la tendance générale du circuit de cocaïne désormais autour du Venezuela : « depuis 2005 et 2006, du fait des bouleversements régionaux susmentionnés, les États vénézuéliens du Zulia, du Táchira mais surtout d’Apure, limitrophes de la Colombie, deviennent ainsi, les principaux lieux de départ de la cocaïne colombienne vers le marché nord-américain, notamment au moyen du vecteur aérien. Si le crash d’un DC9 à Playa del Carmen avec 5,5 t de cocaïne à son bord en 2005 a marqué les esprits, il n’en reste pas moins exceptionnel car le trafic par les airs est majoritairement le fait de petits avions qui ne rejoignent que très rarement le Mexique sans escale. Ils atterrissent généralement dans des zones où l’espace aérien est moins contrôlé, comme en République Dominicaine et Haïti jusqu’en 2009, puis au Honduras, au Guatemala, au Costa Rica ou au Belize. » Exactement ce que je vous ai décrit ici en de multiples épisodes de la série « Coke en Stock » ! « Ces États, dotés de faibles moyens, sont désormais profondément déstabilisés par la mainmise partielle des organisations criminelles, notamment mexicaines, qui acheminent la drogue vers le nord par la voie terrestre ou maritime ». L’emprise de l’argent de la coke devenant le principal levier de corruption des hommes politiques dans ces pays.

Des avions, mais aussi des bateaux et des containers

Car il n’y a pas bien sûr que les avions pour transporter la drogue : « cependant, le moyen le plus usité reste celui des containers. Ceux-ci partent des grands ports vénézuéliens comme Maracaibo pour acheminer la drogue dans le monde entier, notamment vers le Panama et le cône sud du continent américain. Selon l’ONUDC, plus de la moitié de la drogue saisie en 2013 au Brésil proviendrait du Venezuela. Mais les portes-containers transitent généralement aussi en Colombie et il est donc difficile d’identifier le lieu précis de chargement de la drogue. Hormis ces routes, l’ONUDC observe, depuis 2005, une nette augmentation du trafic transatlantique destiné à l’Europe en provenance du Venezuela. Jusqu’en 2009, de nombreuses saisies maritimes ont été opérées, comme celle du Doña Fortuna arraisonné au milieu de l’Atlantique avec cinq tonnes de cocaïne (un petit bateau de pêche (ici à droite) ayant contenu 5 tonnes de cocaïne d’une valeur de 250 millions d’euros. En 2009, une frégate anglaise, l’HMS Iron Duke, avait arraisonné le MV Cristal (à gauche) au large des Caraïbes, il contenait lui aussi la même quantité en 212 ballots de cocaine de 26kg chacun..) ,  « mais depuis 2011 plus aucune saisie maritime majeure n’a été réalisée. Il semblerait que les trafiquants privilégient aussi les routes transatlantiques aériennes par avions privés au départ du Venezuela. La saisie la plus médiatisée est sans nul doute celle surnommée « Air Cocaïne », concernant un Boeing 727, chargé de plusieurs tonnes de drogues, retrouvé incendié au Mali en 2009  (c’est le point de départ fondamental de toute cette série !). Les radars vénézuéliens avaient détecté l’avion entrant dans l’espace aérien vénézuélien, avant de perdre sa trace dans la région d’Apure où vraisemblablement le Boeing a pris possession du chargement illicite. L’aéronef fut de nouveau observé au niveau de Valencia se dirigeant vers l’Atlantique. Fait notable, les pilotes vénézuéliens, deux frères, se trouvaient aussi à bord de l’avion retrouvé à Playa del Carmen (qui avaient donc été relâchés ou avaient bénéficié de complicités dans la police mexicaine…). Et ce n’est pas un cas isolé puisque nombre d’avions s’envolent depuis les aéroports côtiers du Venezuela vers l’Afrique mais aussi directement vers l’Europe. Ainsi, en 2011, les pilotes d’un jet privé ont été obligés par une dizaine de membres de la Garde nationale vénézuélienne de transporter 1,2 t de cocaïne qui a été interceptée aux Iles Canaries (Espagne). C’est le fameux Gulfstream 9H-FED Global Express 9234 qui a été ici l’objet ici d’une étude plus approfondie dans l’épisode précédent). » Partant des zones de stockage à la frontière colombienne, la cocaïne est chargée dans les aérodromes de Valencia et Barcelona, ou dans les ports de Maracaibo, La Guaira et Puerto Cabello. Les avions et les navires traversent alors l’Atlantique pour atteindre l’Afrique de l’Ouest, en passant notamment par l’archipel des Bijagos (Guinée-Bissau) et le Cap-Vert : cette route est surnommée l’« autoroute 10 » car elle longe approximativement la latitude 10″… l’autoroute maritime ou aérienne de la drogue !!

 

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Olivier Demeulenaere - Regards sur l'économie

projet de loi renseignement

« Après les associations de défense des libertés, le Syndicat de la magistrature ou bien encore les géants du Web communautaire (Facebook, Google…), voilà que des hébergeurs français critiquent vertement le projet de loi sur le renseignement, toujours en débat à l’Assemblée nationale. Alors que le gouvernement fait face à une situation économique difficile, ceux-ci menacent de délocaliser une partie de leurs infrastructures et de leur personnel si le texte venait à être voté en l’état.

« Il faut doter la France des moyens de renseignement nécessaires pour lutter contre le terrorisme. Il n’y a aucun débat là-dessus : l’actualité souligne régulièrement l’importance de la lutte contre le terrorisme. Là où le projet de loi renseignement pose problème, c’est qu’en voulant être capable de capter en permanence toutes les données personnelles des utilisateurs, notamment par le biais de « boîtes noires », le projet de loi du gouvernement est non seulement liberticide…

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Aux États-Unis, la surveillance de masse a commencé 10 ans avant le 11 Septembre
Michelle Leonhart dirige la DEA, l'agence de lutte contre le trafic de drogue à l'origine du programme de surveillance.

Une enquête du quotidien USA Today livre les détails d’un programme de surveillance de masse lancé en 1992 visant les citoyens américains et les ressortissants de 116 pays liés au trafic de drogue.

George Bush n’est pas le premier de sa famille à autoriser un programme de surveillance de masse. Son père, George H. W. Bush, président des États-Unis entre 1989 et 1993, a lancé le sien en 1992. Presque dix ans avant les attentats du 11 septembre 2011, le Patriot Act, et l’extension des pouvoirs de la NSA. Le quotidien américain USA Today dévoile l’ampleur de ce programme, baptisé USTO, arrêté en 2013 après les révélations d’Edward Snowden sur les pratiques de la NSA.

À l’époque, l’ennemi n’est pas le terrorisme, mais la drogue, principalement en provenance d’Amérique du Sud. Et l’agence américaine ne s’appelle pas NSA, mais DEA, pour Drug Enforcment Administration, la police fédérale qui lutte contre le trafic de drogue. «La DEA débute un programme de collecte de données dans les années 1980, alors que l’État cherche de nouvelles manières de lutter contre les cartels colombiens», explique USA Today. L’agence commence à s’intéresser aux communications de ces groupes en récupérant les données des appels (numéro composé, date, durée…), personne par personne.

 

DEALa DEA peut récupérer tous les appels vers un pays ciblé

Aidée par le Pentagone, qui lui fournit ses «superordinateurs» et son expertise acquise en espionnant les communications des Soviétiques, la DEA possède «une énorme collection de données pour cartographier le trafic de drogue et le blanchiment d’argent, aux États-Unis comme à l’étranger», raconte le quotidien.

En 1992, le procureur général (l’équivalent du ministre de la Justice) autorise la DEA à élargir drastiquement le périmètre de sa collecte de données. «Au lieu simplement de demander aux opérateurs téléphoniques les registres des appels passés par des personnes suspectées de trafic de drogue, le département de la Justice leur ordonne de livrer les listes de tous les appels depuis les États-Unis vers des pays où l’État estimait que des trafiquants de drogue opéraient». Le premier programme de surveillance de masse américain est né. Les agents de la DEA le surnommeront USTO, pour «US to other countries», un jeu de mot en rapport avec l’espionnage d’appels depuis les États-Unis vers l’étranger.

L’ampleur d’USTO s’étend à la fin des années 1990, lorsque le département de la Justice simplifie les conditions pour espionner les appels passés vers un pays étranger, relate encore USA Today. Un pays est ajouté à la liste si on y trouve «des groupes qui produisent ou font du trafic de drogue ou sont impliqués dans du blanchiment d’argent ou d’autres crimes liés à la drogue.» Une définition tellement large qu’elle pourrait s’appliquer à presque tous les pays du monde.

Résultat: jusqu’à 116 pays ont été concernés à un moment ou un autre par USTO. La liste exhaustive des pays n’a pas été révélée, les seuls cités nommément sont l’Afghanistan, le Pakistan, l’Iran, l’Italie, le Mexique et le Canada. Plusieurs pays européens auraient également été visés.

USTO aurait servi de base aux opérations de surveillance de masse de la NSA, mais a été arrêté en 2013 après les révélations d’Edward Snowden, car il semblait difficile de défendre ces deux programmes à la fois auprès du public.

source: http://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/2015/04/08/01007-20150408ARTFIG00151-aux-etats-unis-la-surveillance-de-masse-a-commence-10-ans-avant-le-11-septembre.php

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