Articles Tagués ‘Taubira’

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Et si on essayait la compétence pour un ministre ?

Ce n’est pas ma participation, aux côtés de Bernard Tapie et de Fabrice Arfi, à l’émission animée par Franz-Olivier Giesbert « Les Grandes Questions », qui m’a donné envie d’écrire ce billet sur le choix des ministres, et plus précisément celui des gardes des Sceaux. Nulle influence, nulle contagion !

Ce désir m’est venu de la conscience que depuis 2007 nous n’avions pas été gâtés sur ce plan avec, essentiellement, ce trio qui, bien que peu homogène par sa tonalité politique, doit être réuni par un même échec et la déception qu’il a suscitée : Rachida Dati, Michèle Alliot-Marie et Christiane Taubira.

Cette lucidité guère bouleversante n’aurait rien mérité de plus que ce constat si nous n’avions eu, il y a quelques semaines grâce à François Hollande et tout récemment par un aveu de Nicolas Sarkozy, un éclairage inquiétant sur la manière dont certaines personnalités étaient imposées Place Vendôme.

Le président de la République avait dévoilé le fin mot de l’histoire quand, pour justifier la nomination et la reconduction de Christiane Taubira malgré un bilan aussi pauvre et dogmatique que son image d’elle-même était riche et flatteuse, il avait évoqué « le marqueur de gauche » qu’elle était. La pire gauche, celle qui n’avait pas encore fait son « Bad Godesberg français ».

Naïvement j’imaginais que la Justice, dans son appréhension et sa gestion, n’était pas réductible aux notions de droite ou de gauche mais qu’elle se devait de satisfaire les exigences d’efficacité, d’indépendance, d’impartialité tant pour elle que pour ceux qui l’administrent et la dirigent, d’écoute populaire et, à la fois, en matière pénale, d’humanisme et de rigueur.

Rien à voir, donc, avec une quelconque idéologie.

Mais il faut croire que l’idéologie n’aime pas être expulsée même d’un ministère si contradictoire dans son esprit et ses virtualités avec les préjugés. Au point de conduire un président de la République à l’y réinstaller avec la personne la plus apte à l’incarner dans ses extrémités : Christiane Taubira.

Un « marqueur de gauche » certes. Mais pas seulement. Aussi, celle qui, ministre de la République française, tweete avec partialité, ignorance, imprudence et impudence sur une affaire de la justice américaine à laquelle son inaction face aux tragédies nationales – l’augmentation de la criminalité et des délits contre les personnes, l’état des prisons, la pénurie affectant certaines juridictions et, sans ironie, sa propre loi sur la contrainte pénale – ne l’autorise en aucun cas à donner des leçons mélodramatiquement superficielles (Le Monde).

Dans un état de droit – et celui-ci n’est compatible, en dépit du poncif contraire, qu’avec une autorité de l’Etat affirmée, assumée -, Christiane Taubira, à la suite d’une telle foucade arrogante et déplacée, aurait été priée de regagner la société civile.

Mais contentons-nous de ce qu’on nous offre. C’est mieux que rien. Stéphane Le Foll, qui parvient à ne pas sombrer dans un gouvernement qui bat de l’aile, l’a recadrée. On verra si cela aura été utile (lefigaro.fr).

S’il ne s’était agi que de Christiane Taubira, j’aurais eu scrupule à énoncer ces banalités qui ne sont plus discutées par personne à l’exception de quelques chevaliers blancs qui raffolent des causes désespérées.

Mais Nicolas Sarkozy, lors d’une réunion, a vendu une autre mèche. Il ne nous a pas confirmé que Rachida Dati avait été choisie comme garde des Sceaux sous l’influence de son ex-épouse Cécilia ou de ce vibrion souvent de mauvais conseil Alain Minc, comme on l’avait allégué alors, tant il convenait de fournir une explication cohérente à cette distinction erratique.

Nous savons dorénavant que Rachida Dati a occupé la Chancellerie parce qu’elle avait eu la chance d’avoir des parents algérien et marocain. « Pour la politique pénale, cela avait du sens », dit Nicolas Sarkozy. Comment qualifier une telle absurdité ?

Je ne doute pas une seconde de l’honorabilité de ses parents et des vertus qu’ils ont tenté d’insuffler à la nombreuse fratrie Dati mais je m’interroge sur la validité de ce critère de sélection à ce poste prestigieux. Il est évidemment totalement inadéquat. On en a subi les effets.

Non pas que je doive être suspecté si peu que ce soit de racisme. A ma connaissance, Michèle Alliot-Marie est née de parents français et, on ne le sait que trop, sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, elle a été, de loin, le pire ministre de la justice des trois : il ne faut pas en effet oublier Michel Mercier, qui a apaisé, n’a pas démérité parce qu’en réalité, il l’a admis, il n’avait plus qu’à laisser faire ou défaire). Ce qui démontre que l’origine des parents des personnes sollicitées est indifférente à la qualité ou à la médiocrité des ministres.

Point commun entre Nicolas Sarkozy et François Hollande : ils ont manqué de talent, d’intuition et d’objectivité pour le choix de leur ministre de la Justice. Une charge pourtant à ne pas confier à n’importe qui.

Pourquoi ?

Parce qu’ils ne se sont jamais dit pour espérer ne pas se tromper : et si, pour une fois, on essayait, pour un ministre, la compétence ?

http://www.philippebilger.com/

uncitoyenindigné

Le business familial de Christiane Taubira.

Gouverner, c’est prévoir. Gérer son patrimoine aussi. Christiane Taubira, femme avisée, a pourvu ses quatre enfants d’un terrain idéalement placé à Cayenne et acheté dans les meilleures conditions. De même a-t-elle eu le nez creux en mettant fin à une de ses sociétés deux jours avant son entrée au gouvernement. Prenez un garde des Sceaux, ses enfants, son ex-époux, ajoutez du business et de la politique à la mode guyanaise, et vous aurez la famille Taubira au complet.

Certes, Cayenne, préfecture de la Guyane, n’est pas Cannes ou Menton. L’immobilier n’y atteint pas les sommets que l’on connaît sur les bords de la Méditerranée. Mais là comme partout, les prix grimpent. Prenez le terrain de 290m2 que Christiane Taubira s’est offert en 1987. A l’époque, elle l’a acquis pour 205.000 francs, soit 31.252,05 euros. Un achat qui n’a pas nécessité l’intervention d’un agent immobilier…

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Philippe Bilger au salon du livre 2014 de…Cosne sur Loire

 

Au cours de ma présence au Salon du livre de Nice remarquablement organisé, une polémique m’a concerné sur Twitter parce que j’avais tweeté sur le conflit d’intérêts de Jean-François Boutet conseiller spécial de Christiane Taubira en soulignant que la Chancellerie n’était pas « un sanctuaire ».

Mon tweet faisait référence à l’article très documenté d’Aziz Zemmouri (lepoint.fr) qui lui-même poursuivait une controverse ancienne sur le même sujet. J’avais d’ailleurs évoqué cette difficulté dans mon dernier livre qui – sans référence aucune au Mondial – infligeait un « carton rouge » à la ministre de la Justice.

En réplique ultime à mon tweet, Sihem Souid me déniait le droit de critiquer Christiane Taubira parce que j’étais « réac » et « fils de collabo (condamné) ». Il était évidemment hors de question d’aborder le fond de cette appréciation – j’aurais eu beaucoup à dire – mais de cibler seulement sa bêtise insultante.

LIRE: http://www.philippebilger.com/blog/2014/06/twitter-a-de-la-morale-.html

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