Articles Tagués ‘Sonatrach’

STOP GAZ DE SCHISTE ! (Ni ici Ni Ailleurs)

(!)Info minute – Revue de Presse

Article de Nordine Grim publié le 15.12.2014 sur le site du quotidien El Watan. Nous le reprenons avec l’aimable autorisation de la rédaction.

Depuis que le Conseil des ministres a donné son feu vert à l’exploitation du gaz de schiste dans le Sahara algérien, Sonatrach a entrepris avec une célérité déconcertante les premiers essais de compression à In Salah, où se trouve l’un des plus prometteurs gisements de gaz non conventionnel.

Si le test s’avère concluant, notamment au plan de l’importance des réserves, l’exploitation commerciale de ce puits pilote ne devraitLE PÉTROLE DE SCHISTE AMÉRICAIN RÉDUIT LA MARGE DE L'OPEP pas tarder à être engagée en même temps que l’exploration des gisements potentiels de Hassi Berkine, Gadamès, Timimoun, Reggane et Tindouf, desquels on prétend déjà tirer pas moins de 19 000 milliards de m3 de gaz. Cette précipitation est pour le moins troublante, et l’on se pose la question…

Voir l’article original 851 mots de plus

sipa-abdelaziz-bouteflika-algerie-president-presid-2444612-jpg_2100398

Ce que l’on pouvait lire le Samedi 22 février 2014 sur http://www.lelibrepenseur.org/2014/02/22/lalgerie-a-la-croisee-des-chemins/

°°°

Il se passe des choses sérieuses et graves en Algérie et curieusement personne n’en parle de ce côté de la Méditerranée ! Une guerre intestine est en train de se dérouler sous nos yeux, entre le clan des bouteflikistes et celui des généraux, car l’issue des prochaines élections permettra à certains de continuer leur travail de sape et de destruction, quant aux perdants, ils finiront leurs tristes jours dans les geôles de la justice. Les enjeux personnels sont immenses, que dire des vrais intérêts sous-jacents concernant les matières premières…

Si au cours des quinze dernières années, la vie politique algérienne a été particulièrement monotone voire morne et sans relief particulier, en dehors des dizaines de scandales financiers portés sur la place publique à coups de milliers de milliards de dinars – et encore par le fait de juridictions étrangères1 ! –, elle a connu ces derniers mois et particulièrement ces dernières semaines, une inquiétante accélération des événements et une intense agitation. Il faut rappeler en effet qu’une fois élu en 1999, Bouteflika mettra pas moins de « huit mois » pour former son premier gouvernement car, disait-il, il était à la recherche de ministres à la stature d’hommes d’état2. La montagne accouchera d’une souris. Certes, il y a eu cette période qui aboutira à la Charte sur la réconciliation nationale, mais il faut rappeler que cette dernière n’a été que l’aboutissement naturel et logique de la loi sur la Rahma initiée et engagée par son prédécesseur3. Et encore ! Cette Charte a sciemment fait l’impasse sur les nombreux cas d’Algériens déportés dans les camps irradiés du Sud ou carrément disparus ainsi que sur les assassinats politiques grimés en actes terroristes. Oui, l’Algérie a déporté son propre peuple par dizaines de milliers dans des camps de concentration ayant été irradiés lors des essais nucléaires français des années soixante (1960-66) ! Plusieurs de ces déportés souffrent aujourd’hui de cancers mortels.Sa nonchalance, son indifférence totale aux souffrances endurées par les Algériens4, voire son aboulie atteindront leur paroxysme lorsqu’en avril 2001, il ne réagira pas aux crimes commis en son nom, puisqu’il assumait la lourde charge de président de la république, chef des armées. Pas moins de 126 Algériens innocents venaient d’être canardés de sang-froid par les gendarmes dans leurs villages respectifs en Haute et Basse Kabylie, entraînant une crise sans précédent qui durera plus d’une année5. Il faut quand même rappeler que ces militaires étaient sous le commandement des généraux Ahmed Boustila et Toufik (Mohamed Médiène), alors que l’inénarrable ministre de l’intérieur Zerhouni, un proche et fidèle de Bouteflika, venait de commettre l’impudence de traiter de « voyou » la première victime Massinissa Guermah, un jeune Lycéen studieux de 18 ans, tombé le 18 avril dans l’enceinte même de la gendarmerie de Béni-Douala !

Et pourtant ! Dans un discours, Bouteflika n’hésitera pas à solliciter le soutien du peuple pour faire face au pouvoir omnipotent des 15, 20 ou 30 généraux (sic) et qu’il ne souhaitait pas être jeté dans l’arène face au lion, comme dans les arènes de Rome. Il disait aussi qu’il ne voulait pas être un trois quarts de président6 !

Plus tard, à une question du reporter de LCI sur l’affaire des moines de Tibhirine : « Vous pensez qu’il y a encore des parts de mystère ? » Bouteflika répondit : «  Oui, absolument, mais je pense aussi qu’il y a un problème de timing, un problème de temps, toute vérité n’est pas bonne à dire à chaud.7 »

C’est dire que la lutte prétendument engagée par Bouteflika contre les généraux ne date pas d’hier, ni même d’avant-hier et à cette époque personne n’avait relevé ce détail. Mais en vérité ni Bouteflika, ni les généraux n’ont jamais eu la ferme intention d’agir pour rétablir l’ordre. Ils s’employaient, chacun de son côté, à constituer des dossiers compromettants pour l’adversaire d’en face – en somme, une espèce de chantage réciproque qui ne dit pas son nom – et à en faire usage dans un but exclusivement dissuasif pour maintenir un certain équilibre des forces, hélas, des forces du mal qui ont érigé la corruption et le népotisme en système de gouvernance. L’Algérie dans tout cela ne sera pour eux que la vache à lait dont ils ne voudront à aucun prix se détacher de la mamelle. C’est ce bicéphalisme du pouvoir algérien qui explique par exemple qu’un criminel comme Chakib Khellil, homme du premier cercle présidentiel, proche des USA puisque double national, ait pu quitter le territoire sans être inquiété le moins du monde8.

chakib-KhelilIl faut savoir qu’en 1999, Bouteflika avait ramené dans ses malles tous les ingrédients d’une véritable désintégration de la société algérienne avec éclosion et développement de tous les maux sociaux : corruption, détournements de l’argent public et pillage des richesses nationales, gabegie, régionalisme, favoritisme, enrichissement illicite, hogra, régression de l’autorité administrative à tous les niveaux, violation ou non application des lois, bidonvilisation, justice aux ordres, trafics en tous genres (alcool, psychotropes, drogues dures, prostitution, pédophilie…). Une redoutable boîte de Pandore ! Finalement tout n’était qu’une question de timing, de temps, comme il l’avait dit lui-même au reporter de LCI.

Qu’y a-t-il donc eu de changé depuis ?

Le troisième mandat touchant à sa fin, l’élection présidentielle arrive à grands pas. C’est ce troisième mandat qui pose problème et c’est lui qui est la source des dérives de plus en plus graves que connaît actuellement l’Algérie. Il faut rappeler en effet que ce dernier n’a pu se concrétiser qu’à la faveur du viol de la constitution qui n’en prévoyait que deux. C’est dire que si Bouteflika et ses satellites n’ont pas hésité à violer la constitution pour imposer aux Algériens un troisième mandat9, que ne seraient-ils pas capables de faire pour s’assurer d’un quatrième en dépit d’un état de santé catastrophique ! Les dernières images, tournées en dérision en France, sur son état de santé sont assez humiliantes (cf. première photo de cet article). À ce rythme, le cinquième mandat présentera ses ossements aux prochaines élections de 2019.

C’est après la visite officielle de Hollande en Algérie, fin 2012, qu’une succession d’événements viendra animer et bouleverser la vie politique. Rappelons que Bouteflika lui réservera un accueil des plus chaleureux et des Tlemcéniennes en costume traditionnel pousseront le zèle jusqu’à entonner une chanson à la gloire de Hollande, humiliante pour la dignité nationale10 ; nous assisterons même, interdits, au baise-main fait à Hollande par le sinistre Saci11. Le 16 janvier 2013, soitanp_tiguentourine moins d’un mois après cette visite, la plateforme gazière coexploitée par BP, Statoil et Sonatrach à Tiguentourine (In-Aménas), pourtant hautement sécurisée, sera l’objet d’une attaque massive dont les contours restent encore obscurs et suscitent des interrogations au sein de la population et des observateurs étrangers, accentuant par là même les tensions internes et régionales. Vers la même période, les forces aériennes françaises seront presque secrètement autorisées – comme dans un adultère – à survoler l’espace aérien algérien durant la sinistre opération Serval au Mali, impliquant indirectement l’Algérie dans un conflit qui n’est pas le sien. Après l’accident vasculaire cérébral ayant frappé le président, la famille Bouteflika fera le choix étrange de l’envoyer en France, qui plus est, dans une structure militaire pour y être soigné ! Son long séjour aurait été mis à profit par son frère cadet Saïd pour nouer des liens avec des responsables français et négocier avec eux un package deal à même de garantir au clan de se maintenir au pouvoir ou à défaut de trouver les voies et moyens qui lui permettent d’échapper aux poursuites judiciaires une fois en dehors du pouvoir. Le juge Trévidic sera enfin autorisé à enquêter en Algérie sur l’affaire des moines de Tibhirine12 et des contacts auraient été opérés par Saïd avec l’ambassadeur d’Israël à Paris. Les réseaux maçonniques de la Françalgérie sont puissants et effectifs. Le 24 décembre 2013, Abdelmoumen Khalifa sera extradé vers Alger. C’est alors que Bouteflika – ou du moins son entourage – estimera le moment venu de procéder à des changements importants au sein des Services avec notamment la restructuration de certaines directions et la mise au placard de nombreux officiers supérieurs et généraux dont il redoutait l’hostilité.

Le second séjour hospitalier du président entraînera l’affolement de son premier cercle car il éloigne davantage la perspective d’un quatrième mandat. Mais il rentrera à temps pour pouvoir, le 17 janvier 2014, convoquer le corps électoral. L’élection est fixée au 17 avril 2014 et la date limite de dépôt des dossiers de candidatures au 4 mars. C’est la proximité de cette date butoir qui précipite les événements et emballe la mécanique. La panique se lit dans les visages frappés par la terreur de perdre le pouvoir et de devoir rendre des comptes sur les crimes commis et les milliers de milliards de dinars disparus…

Tous ces faits ont donc changé la donne et le timing semble à présent favorable aux yeux du clan présidentiel pour porter l’estocade. Il ne le fera pas lui-même et, comme à son habitude, il chargera pour cette besogne une marionnette, en la personne d’un personnage pittoresque et haut en couleur, un ancien percussionniste, plus exactement un drabki de la troupe bédouine de Abdallah El Menai de Oued-Souf, devenu par la grâce de Saint-Abdelaziz, président de l’APN, avant d’être sacré il y a à peine quelques mois secrétaire général du sacro-saint FLN13. Qui d’autre aurait accepté une telle mission ? Oui cher lecteur, oui ! Un drabki adepte de la rechka de cabaret est à la tête du FLN ! Quel sacrilège pour ce symbole ? Cela ne pouvait que finir ainsi après 50 ans de mensonges et de rapines.

toufikCette mission, certes courageuse mais obsolète car menée trop tardivement, aurait connu un sort meilleur si elle avait été initiée au début de son premier mandat ou à la rigueur du second avec en filigrane la volonté réelle et sincère d’en finir avec l’emprise du militaire sur le civil. C’est que le bougre a osé s’attaquer frontalement au patron des Services secrets (Toufik), lui assignant à lui seul l’échec cuisant de la gouvernance durant ces quinze dernières années et même avant, donnant à sa diatribe l’allure d’un règlement de comptes. Il osera même prendre la défense de Chakib Khelil – le Georges Soros algérien – en ayant l’outrecuidance de le dépeindre sous les traits du ministre le plus compétent et le plus honnête. Mais il est intéressant d’observer que le grand tabou Toufik est tombé, cela est extrêmement important à souligner.

Il va de soi que ce personnage évalue l’honnêteté de Chakib Khellil à l’aune de la sienne, lui qui a détourné 3500 milliards du fonds de développement agricole. Il se réfère bien sûr au sens particulier qu’il donne à cette noble vertu. Ces fonds alloués à la Générale des concessions agricoles (GCA), sont évalués à plus de 500 millions de dollars et ont également été convoités par l’ancien ministre de l’Agriculture, Said Barkat, un proche de Bouteflika, que celui-ci nommera sénateur au titre du tiers présidentiel, comme pour le gratifier, lui et son ami drabki, d’avoir fait main basse sur ce magot. Curieusement cette affaire ne fera l’objet d’aucune instruction judiciaire. Le silence de Gaïd Salah – fidèle parmi les fidèles de Bouteflika –, en sa qualité de Ministre de la Défense nationale, est des plus étranges. Pourtant, dans un passé encore récent, ce ministère avait réagi pour des faits autrement moins graves.

Le DRS chargera ses relais, au sein de la société civile et des médias, de répondre à l’importun. On assistera alors à une levée de boucliers de certains générauxgaid-salah-israel à la retraite et d’un ancien ministre de la justice, s’échinant à rejeter les graves accusations portées par l’actuel secrétaire général du FLN contre le patron des Services. Nous aurons vécu une situation des plus cocasses puisque cet ancien ministre rappellera dans une contribution à El-Watan du 9 février 2014 que le nouveau patron du FLN lui avait rendu visite le jour même de son intronisation à la tête du parti, pour lui dire que s’il tenait à garder son poste de ministre de la justice, il lui conseillait amicalement d’extirper Chakib Khellil des griffes de la justice comme on retire un cheveu de la pâte14.

Un général à la retraite15, croyant bien faire en venant en aide à son ancien frère d’arme, qualifiera ce dernier de malin, ce qui arrachera cette réflexion à un citoyen dont le blog sur la Toile jouit d’une forte audience, El Erg Echergui16 : « Si pour vous, malin signifie  intelligent, alerte, l’œil fauve, etc. alors vous vouliez rire. Laissez-nous, Général, vous apprendre que cet humour n’est pas du goût de la famille de Mohamed Boudiaf, ni celle de Kasdi Merbah, ni celle de Matoub Lounes, ni celles des moines de Tibhirine, ni celles des victimes de Tiguentourine, ni… Nous ne vous fatiguons pas des familles des disparus et les centaines de milliers de laissés-pour-compte dont les proches ont péri au cours de la sale guerre. Nous savons que vous les méprisez. Mais si par malin, vous voulez dire qu’il est indéboulonnable et que ses adversaires dans le pouvoir n’auront pas sa peau, alors oui, il n’y a pas de doute. Pour ses intérêts, il est un vrai diable, Machiavel personnifié. Son cerveau ne fonctionne qu’à la préservation de son pouvoir et l’affaiblissement de ses adversaires. Il n’a pas un bataillon de colonels dans les rouages de l’État et une armée de deux millions de valets pour rien. Pour finir, on peut dire qu’il est tellement malin que vous n’avez vu que du feu de ses crimes abominables. » Pour ma part, je rajouterai à cette liste macabre le nom de Abdelkader Hachani, un homme de paix qui s’échinait, au niveau qui était le sien, à rechercher des solutions à la crise et à mettre fin à l’effusion de sang. Le souvenir des innombrables victimes est encore vivace dans nos cœurs.

Mon propos, ici, n’est pas de diriger une attaque en règle visant les services, ô que non ! Ces services qui existent dans tous les pays du monde sont une institution essentielle pour la préservation de l’intégrité de l’état et sa sauvegarde. Je dénonce par contre ceux qui ont été trop longtemps à la tête de ces services et qui, échappant à tout contrôle, ont produit et permis de se produire des dérives intolérables, croyant sans doute être au-dessus des lois et absous de tout compte à rendre au peuple qu’ils sont censés servir et protéger .

Ceci dit, il faut savoir que les criminels sont toujours rattrapés par leur passé, loi cosmique éternelle, quelle qu’ait été leur puissance du moment. Au delà d’un certain seuil d’acceptabilité, le citoyen se rebelle et n’hésite pas à crier son désarroi, même au péril de sa vie. C’est ainsi que Nezzar, l’un des responsables du parricide du 29 juin 1992, vivra une malencontreuse aventure après qu’il eut été interpellé par un groupe de citoyens et alors qu’il venait, curieusement, se recueillir pour la première fois sur la tombe du président Boudiaf à El-Alia17. Ce jour-là, il eut un avant-goût – version soft – de ce que seront les tribunaux populaires.

Le site électronique Algérie patriotique18 dont tout le monde sait qu’il s’agit d’un fake mis en place par les rejetons des généraux Médiene et Nezzar pour redorer le blason de leurs géniteurs, un blason terni par tant de crimes et de malheurs, n’hésitera pas à revendiquer les hauts faits d’armes très lointains dont la paternité revient à l’ancien patron des Services, Kasdi Merbah. Cette situation est des plus cocasses car les généraux Médiene et Nezzar avaient fermé les yeux – pour ne pas dire initié et encouragé – une campagne virulente contre le défunt Merbah dès lors qu’il eut annoncé la création de son propre parti politique, le MAJD. Cette campagne avait rebondi sur l’homme, un personnage particulièrement intègre et sourcilleux sur le respect absolu de la légalité, mais les apprentis sorciers de ces manœuvres sournoises n’avaient pas mesuré l’impact négatif qu’elles pouvaient avoir sur l’institution elle-même. Elles en paient aujourd’hui le prix. D’autant que leur propre bilan est aux antipodes de celui de Kasdi Merbah et qu’il est entaché de crimes abjects. Ne seront-ils pas à l’origine de l’interruption du processus électoral en janvier 1992 ? Une violation que Bouteflika (François Mitterrand également !) reconnaîtra comme telle dès le début de son premier mandat et qui sera la cause directe d’une guerre civile ayant entraîné plus de 200 mille morts, des milliers de disparus et d’internés dans les camps irradiés du Sud, sans omettre les assassinats politiques maquillés en actes terroristes et les pertes matérielles considérables. Le patron du FLN n’hésitera pas à accuser le DRS d’avoir tripatouillé des dossiers et d’être derrière les accusations portées contre Chakib Khellil pour nuire au clan Bouteflika.

Amar_SaidaniEn réalité, en se solidarisant avec l’ancien ministre des hydrocarbures et en prenant sa défense, le patron du FLN pense surtout à assurer sa propre défense, se sachant largement impliqué dans le scandale du détournement des fonds de la GCA, des fonds qui lui ont permis ainsi qu’à son compère du gouvernement, ancien ministre de l’agriculture, d’acquérir des biens immobiliers en Europe.

Il aura fallu attendre la terrible catastrophe aérienne du 11 février dernier pour que le président sorte d’un mutisme troublant et qu’il s’exprime enfin sur le duel opposant son homme de paille au patron des services. Il finira par le sacrifier en désavouant son initiative, soucieux dira-t-il pour se donner une certaine contenance, de protéger et maintenir la stabilité des institutions. À 18 jours de la date fatidique du 4 mars 2014, date butoir pour le dépôt des candidatures, les belligérants s’observent en chiens de faïence et se toisent.

À ce titre, il est d’ailleurs malheureux et décevant d’observer que le personnel politique algérien, vieillissant, n’ait pas été en mesure d’assurer la relève. Dans un pays comme l’Algérie, ce rôle devrait être naturellement dévolu aux jeunes élites formées dans les universités et les grandes écoles et non aux partis politiques traditionnels qui, le plus souvent, sont dirigés par des gameleurs opportunistes, khobzistes professionnels, qui n’ont aucun programme politique digne de ce nom, ne servant in fine que de faire-valoir démocratique au pouvoir. Au moment où l’Italie est gouvernée par un homme de 39 ans, en pleine force de ses moyens physiques et intellectuels, l’Algérie est prise en otage par une gérontocratie paternaliste régnant sans partage sur un peuple qu’elle a sciemment infantilisé et déresponsabilisé, se contentant de le maintenir sous perfusion pour garantir un semblant de paix sociale. D’ailleurs, chacun sait que le règne de Bouteflika s’est volontairement illustré par la mise à mort intellectuelle de tous les cadres, si bien que le champ politique ressemble plus à un désert désolant qu’à une pépinière de cadres verdoyante. Sans oublier la fuite de millions de cerveaux qui font le bonheur de l’Occident à moindre frais.

tunnel_effondréQuant au bilan des trois mandats et au plan social, il faut d’abord rappeler l’illégitimité de l’élection à la présidence, en ce sens que le taux de participation aux élections a toujours été très faible (de l’ordre de 20%), sans compter le tripatouillage du fameux fichier électoral et des urnes elles-mêmes. En ce qui concerne les réalisations, elles sont particulièrement maigres et sont frappées du sceau de la triche et de la corruption. Il n’est que de rappeler les travaux incessants de réfection de l’autoroute Est-Ouest du fait de leur très mauvaise qualité ainsi que l’effondrement récent du tunnel de Djebel El-Ouehche à Constantine. Est-il utile de rappeler que les ressources financières de l’Algérie proviennent exclusivement de l’exploitation outrancière et anarchique de notre sous-sol ? Une fausse économie qui a démantelé toutes les installations industrielles patiemment construites au cours des années 70 et qui ne s’est jamais intéressée à développer les investissements productifs ou à réduire la dépendance alimentaire. C’est ainsi que nous avons assisté au développement foisonnant d’une faune d’opérateurs économiques malfaisants, activant sauvagement dans l’import-import, et qui ont littéralement dépecé le pays. Des traîtres justiciables des tribunaux ! Cela viendra assurément …

Quant à l’administration et aux collectivités locales, elles souffrent d’une misère morale abominable et d’un déficit de crédibilité. Ce sont leurs propres agents qui, dans l’indifférence générale, violent les lois de la république et entretiennent la corruption, malgré un corps de police pléthorique et grassement rémunéré, alors qu’en face, le chômage est endémique et fait des ravages incommensurables, poussant les jeunes à se jeter à la mer dans des embarcations de fortune pour fuir des rivages hostiles et rejoindre un eldorado virtuel et trompeur. Ceux qui n’ont pas été corrompus partagent la même responsabilité du fait de leur silence. Que peut-on attendre d’une jeunesse démoralisée qui préfère être dévorée par elhout (poissons) que par eddoud (vers) ?

Au plan international, la politique étrangère connaît une indigence inquiétante qui ravale notre pauvre pays au rang de ceux qui ne comptent plus, alors qu’il avait connu naguère une position autrement plus brillante et particulièrement enviée.

Que pourrait-il donc se passer dans les tout prochains jours ?

De tout ce qui précède, il est aisé de comprendre que le clan Bouteflika, fortement impliqué dans de très nombreuses affaires de corruption et de malversations, craigne par dessus tout, de devoir rendre des comptes au lendemain du scrutin, si d’aventure le pouvoir venait à lui échapper. Le spectacle qu’offre le pays, à l’approche de cette élection déterminante pour son avenir et celui du clan, s’apparente à un chaudron sous pression qui, s’il venait à exploser, embraserait le pays tout entier.

La situation du clan opposé n’est pas plus brillante. Les généraux qui ont été impliqués dans l’action de « maintien de l’ordre » durant la sinistre décennie noire et même au delà, n’ont pas la conscience tranquille pour bon nombre d’entre eux et Bouteflika ne s’est pas gêné de le leur faire comprendre. L’allusion faite au reporter de LCI est assez éloquente en soi et les révélations faites autour de la création d’escadrons de la mort échappant à tout contrôle n’arrangent par leurs affaires. L’existence d’un service parallèle a également été révélée. En somme, ils se tiennent tous par la barbichette et n’était-ce la maladie et l’affaiblissement physique et intellectuel du président sortant, il ne fait aucun doute qu’un consensus se serait vite construit autour de sa candidature. La donne a changé du fait même de cette maladie. Cependant, si l’on devait se fier à l’analyse faite par un politologue, ancien colonel du service algérien de renseignements et familier des arcanes du système, l’entourage du Président voudra contrarier le processus naturel et interférer pour favoriser le président sortant, devenu pourtant valétudinaire voire cacochyme depuis son accident vasculaire. À défaut, il œuvrerait pour l’élection d’un allié capable d’assurer au clan une totale impunité.

Pour y parvenir, Saïd Bouteflika est capable, selon cet observateur, « de provoquer une effusion de sang et mener une politique de la terre brûlée en faisant appel à ses baltaguias économiques ».

Triste sort que celui prédit par cet observateur qui, curieusement a complètement disparu des écrans radars depuis l’ouverture de la boite de Pandore par un drabki criminel (crime économique) et débile, aux ordres d’un président par procuration. Car il faut bien se rendre à l’évidence que le président est maintenu en otage par un clan aux abois et que c’est ce clan qui agit en son nom et par procuration. La situation est tellement grave et préoccupante que des voix crédibles19 en les personnes de Ali Yahia Abdennour, Rachid Benyelles et Taleb-Ahmed Ibrahimi, se sont élevées récemment contre la perspective d’un quatrième mandat après avoir dressé, dans un communiqué commun sans complaisance, un tableau sombre et effrayant du règne de Bouteflika. Il en est de même d’anciens officiers de l’ANP parmi lesquels Ahmed Chouchane20 et Hocine Haroune21 qui vivent en exil à Londres et qui ont fait des révélations stupéfiantes22 sur les dessous de la crise et le danger qui guette l’Algérie avant et même après l’élection présidentielle. Les toutes dernières déclarations attribuées à Bouteflika obscurcissent davantage la visibilité et laissent le champ libre aux spéculations les plus farfelues et les plus folles. L’inévitable main de l’étranger a encore une fois été incriminée.

mouloud-hamroucheLa sortie médiatique d’un autre vieillard de 71 ans, homme du système, anciennement préposé à l’ouverture des portières et au port de parapluie, devenu par la suite, par la grâce de ce même système, premier ministre, a lui aussi manifesté son intention de postuler à la magistrature suprême. Un comble ! Les médias complices ont titré quasi unanimement que cet homme était sorti de sa réserve après un long silence23. Je dirais pour ma part qu’il est en fait sorti de sa planque, car il faut préciser que ces gens-là, sans étoffe, sans éclat et sans charisme attendent patiemment chez eux le coup de fil salvateur venant des Tagarins et leur ouvrant, sans encombres, la voie à El-Mouradia. Ce sombre personnage écrit : « Pour que notre pays vive ces échéances dans la cohésion, la sérénité et la discipline légale et sociale, il est primordial que les différents intérêts de groupes, de régions et de minorités soient préservés et garantis. » Il est troublant et scandaleux que cet individu ose se soucier d’intérêts de groupe lorsque l’on sait que les compromis solides et pérennes sont ceux conclus avec les forces vives de la nation en dehors de tout régionalisme, sectarisme ou clanisme. Il est vrai qu’il garde encore ses vieux réflexes d’intrigant, lui dont le groupe organisait à la fin 1988-début 1989, avec certains journaleux acquis à la cause, des rencontres nocturnes au Club des Pins et dans les salons huppés d’Alger pour préparer leurs misérables complots. Cette sortie insolite doit être interprétée comme une véritable offre de service faite à ceux qui traînent des casseroles et se tiennent par la barbichette, craignant, par dessus tout, l’arrivée d’un Monsieur Propre aux commandes. Cette offre de service stupéfiante émanant d’un homme du sérail garantirait donc aux deux clans la préservation de leurs intérêts, une garantie précieuse dans la conjoncture actuelle. C’est la raison pour laquelle il apparaît aujourd’hui comme celui qui pourrait être adoubé par les parties en conflit pour succéder à Bouteflika, sans susciter la moindre crainte pour eux.

Curieusement, dix jours avant cette sortie manifestement préparée et avec un tempo minutieusement réglé, son ancien ministre de l’économie, réfugié à Paris, avait fait une déclaration dans laquelle il fustigeait deux des candidats les plus en vue, Ali Benflis et Ahmed Benbitour24. En somme, il était chargé par son mentor de déblayer le terrain.

Il est utile de rappeler que ce ministre, d’extraction incertaine, avait fait appel aux services du Bureau d’études parisien ACT dirigé par le très sioniste Benhaïm. C’est aussi à cette période que même des oranges avaient été importées du Maroc alors qu’elles étaient infestées par le pou de Californie, une maladie qui exposait nos propres vergers à la contamination. Il y aurait tant de choses à dire sur cette période trouble !

Quoiqu’il en soit, il est certain que les grandes capitales, comme Washington ou Paris, voudront mettre leur grain de sel dans cette exécrable tambouille et qu’elles feront tout pour s’assurer la grande part du gâteau dans un pays, certes exsangue, mais dont le sous-sol recèle des richesses considérables et qui occupe une situation géostratégique de premier plan en Méditerranée.

Les jours et semaines à venir seront riches en rebondissements, car la situation est réellement gravissime, voire explosive. L’Algérie n’a jamais été autant menacée dans sa stabilité et son intégrité.

L’idéal serait que ces deux clans se neutralisent mutuellement et que le pouvoir revienne enfin au peuple longtemps spolié. La solution consisterait, si par malheur des apprentis sorciers se mettaient en tête de vouloir contrarier le processus démocratique, à se mettre en désobéissance civile et à observer une « grève générale illimitée » dès le premier jour du scrutin. Il s’agit de rester chez soi et de ne pas en sortir plusieurs jours durant, en signe de protestation. Pour cela, il convient de préparer un ravitaillement suffisant en denrées alimentaires et médicaments pour soi-même et pour le voisinage immédiat qui pourrait être dans le besoin. Cette solution ultime, totalement pacifique et ne mettant en danger ni les citoyens, ni les infrastructures, ni les équipements, est à même de prendre de court les artisans démoniaques et maléfiques qui ont œuvré au démantèlement de la nation, en les désarçonnant totalement. C’est aussi le moyen idéal de prouver au reste du monde que le peuple algérien se désolidarise complètement de ceux qui ont spolié le pouvoir depuis quinze années et qui s’y accrochent désespérément au risque d’exposer le pays au chaos. Il y va du salut du peuple déjà meurtri par plus d’une décennie de guerre civile et des fondements mêmes de la nation. Enfin, il est à souhaiter que l’armée algérienne, une armée populaire issue du peuple et héritière de l’armée de libération nationale, comportant en son sein de jeunes officiers de valeur, sache garder sa neutralité et œuvrer dans le sens de la préservation de l’intégrité territoriale, du maintien de la cohésion nationale, de la sécurité et de la sauvegarde des institutions. Que les septuagénaires et les octogénaires rentrent définitivement chez eux et fassent pour une fois usage de raison en laissant les forces vives de la nation prendre leur destin en main.

Le peuple algérien est complètement démoralisé et nombre d’Algériens sont quasiment dévoyés et dégénérés, la maçonnerie étant passée par là. Il n’arrive plus à réagir et se laisse doucement couler dans les abysses de l’indignité et du dhoull. Nombre de ses étudiantes s’amusent en s’alcoolisant dans les cabarets25 des grandes villes au lieu d’étudier. Nombre de ses enfants dansent au rythme du raï dégénéré des Japoni et autres Taliani ! Voire même d’homosexuels aux paroles sans équivoque ! Que peut-on espérer de positif et de sain de la part d’un peuple aussi égaré et éloigné de la rectitude divine et que la « Baraka » céleste a définitivement quitté ?

Dieu fasse qu’il soit épargné à notre pays des épreuves supplémentaires que seuls des ennemis acharnés et sans foi ni loi voudraient lui infliger. En attendant la Providence.

Docteur Salim Laïbi (LLP)
22 février 2014

http://www.jeuneafrique.com/Article/JA2720p047_049.xml0/
http://www.algeria-watch.org/farticle/concorde/gouvnouv1.htm
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2012/11/25/article.php?sid=141909&cid=2
4 http://www.youtube.com/watch?v=8jZrxAznzyc&sns=em
5 http://www.kabyle.mobi/fr/images/la-kabylie-au-souvenir-de-massinissa-guermah-19686.html
https://www.youtube.com/watch?v=k1fXJh-msLU
https://www.youtube.com/watch?v=N1FGNIvAjws
http://www.liberte-algerie.com/actualite/chakib-khelil-quitte-l-algerie-par-oran-deux-jours-apres-la-perquisition-de-ses-proprietes-197086
http://www.lematindz.net/news/9603-sarkozy-jean-daniel-et-le-secret-du-3e-mandat-9e-partie.html
10 https://www.youtube.com/watch?v=-PsmPmpMqJ0
11 http://lequotidienalgerie.org/2013/01/12/la-courbette-et-le-baisemain-au-royaume-de-sa-majeste-le-roi-tab-jnanou/
12 https://www.youtube.com/watch?v=N1FGNIvAjws
13 http://www.tsa-algerie.com/entretiens/item/4593-exclusif-amar-saadani-toufik-aurait-du-demissionner
14 http://www.liberte-algerie.com/actualite/graves-revelations-de-charfi-sur-saadani-l-ancien-ministre-de-la-justice-sort-de-sa-reserve-215421
15 http://www.elwatan.com/actualite/hocine-benhadid-bouteflika-doit-partir-dignement-et-gaid-salah-n-est-pas-credible-12-02-2014-245523_109.php
16 http://elergechergui.wordpress.com/2014/02/12/la-garande-blague-du-general-hocine-benhadid/#more-26184
17 https://www.youtube.com/watch?v=hr3xDskPYuU
18 http://www.lelibrepenseur.org//?s=fake&x=0&y=0
19 http://www.liberte-algerie.com/actualite/un-requisitoire-contre-la-gestion-de-bouteflika-declaration-d-ali-yahia-abdennour-ahmed-taleb-ibrahimi-et-rachid-benyelles-215579
20 https://www.youtube.com/watch?v=4yz9qPthRIs
21 https://www.youtube.com/watch?v=0k_I6-Im4n4
22
https://www.youtube.com/watch?v=Yq3pRMoKmZ0
23 http://www.elwatan.com/actualite/l-appel-de-mouloud-hamrouche-18-02-2014-246220_109.php
24 http://www.tsa-algerie.com/actualite/item/5018-ghazi-hidouci-ancien-ministre-sous-hamrouche-benflis-est-regionaliste-et-benbitour-est-pire-que-lui
25 http://www.youtube.com/watch?v=fglNdoF0ngw

0000000000000000000000000

À qui profite l’ascension fulgurante du clan de l’argent sale en  Algérie ?

“Doing business in Algeria”, c’est le sigle alléchant que la bourgeoisie compradore algérienne est partie vendre récemment au centre capitaliste à Washington, l’option ultralibérale du quatrième mandat du président impotent n’ayant jamais été aussi visible qu’en ce moment. Un seul mot revient de façon récurrente dans les démarches de ce gouvernement de faillite et de misère : « brader ». Comme si l’économie ruineuse s’appuyant sur l’import-import ne suffisait pas, la règle 51/49 est destinée à disparaître dans la loi de finance 2015, livrant le pays aux diverses multinationales qui feront de l’Algérie ce qu’elles voudront. Mais à quels investisseurs et à quels investissements fait référence le ministre de l’Industrie et des mines Abdeslam Bouchouareb ? Celui des Emirati qui, d’après nos sources au sein même du port d’Alger, n’ont pas versé un centime pour investir dans le terminal portuaire d’Alger dont ils tiennent les commandes, alors que celui-ci génère des profits de plusieurs milliards de dollars ? La visite aux USA du ministre Bouchouareb était destinée à sceller le partenariat entre Varian et Ali Haddad, ce dernier étant du voyage pour diversifier son activité du bâtiment vers la pharmacie. Haddad, prédateur national qui nomme et dégomme PDG et cadres de l’Etat à sa guise, est le porte-étendard du clan de l’argent sale et de la bourgeoisie compradore sur lesquels s’appuie le règne du président Bouteflika et de son frère cadet Saïd. L’appui du ministre de l’Industrie et des mines dans les tractions aux USA entre Haddad et Varian nous renseigne sur le poids du clan de l’argent sale et de son chef Saïd Bouteflika, dans la décision politique en Algérie.

photo: http://www.lematindz.net/thumbnail/size/article_medium/file/oldpics/said-bouteflika_copy_273303791.jpg

Saïd, qui se positionne d’ores et déjà dans un projet présidentiel, sait très bien que pour briguer le poste suprême, il faut mettre tous les atouts de son côté, l’argent étant le nerf de la guerre. Le projet de transmission de pouvoir se confirme donc avec ces nouveaux riches, véritables piliers de l’ordre nouveau impulsé par Saïd Bouteflika. Les accords du Val-de-Grâce ne suffisant pas, il fallait rassurer tout le capital dans toutes les capitales, l’axe Paris-Washington étant le ticket gagnant du frère cadet du président. Quel meilleur gage de bonne foi que de renoncer à la règle 51/49 et pourquoi ne pas brader tous les bijoux de famille, comme Gara Djebilet, ou privatiser l’Algérie au profit d’Aigle Azur (dont on connaît les liens avec le clan) et autres compagnies internationales ? Nous ne croyons pas les démentis du ministre de l’Industrie, comme on n’a pas cru davantage les mensonges du ministre des Transports, Amar Ghoul, qui passe son temps à nous raconter des bobards sur l’état de santé du président alors que toute la planète sait que celui-ci est malade, ou concernant la gestion désastreuse de son secteur quand des avions tombent et des trains déraillent sans qu’il juge bon de démissionner. Peut-on croire un seul membre du gouvernement actuel ? La réponse est bien entendu NON, et ce n’est pas un remaniement ministériel qui renverra au placard les ministres de l’Intérieur, de la Communication, de la Pub et de la Vertu, des Affaires religieuses, de l’Education, etc. qui pourra nous leurrer. Il ne suffit pas de permuter les sièges ministériels ou d’offrir des retraites dorées à des gens qui ont échoué dans leur mission, nous aurions préféré que l’esprit de démission s’installe en Algérie, mais, hélas, chacun s’accroche à son fauteuil en attendant d’être muté ou « appelé à d’autres fonctions », bricolage et amateurisme étant les caractéristiques majeures du règne de Bouteflika. Certes, nous ne pleurerons pas le départ de Hamid Grine qui a échoué lamentablement en instrumentalisant l’argent de la publicité publique pour faire pression sur les titres de presse à des fins politiques. Il n’a pas été en mesure de remplir la tâche souhaitée par son maître Saïd Bouteflika qui voulait briser les reins de la presse, mais de manière plus subtile. Grine n’a pas su non plus gérer l’affaire d’Abdessami Abdelhai, journaliste incarcéré depuis des mois sans jugement, et dont le cas est en train de provoquer un tollé au sein des instances européennes à Bruxelles sans que le ministre daigne lever le petit doigt pour résoudre le problème, alors que l’Algérie pourrait être sanctionnée par l’Europe. De quoi ce journaliste est-il coupable ? A-t-il pu commettre autant de méfaits que ceux imputables au clan de l’argent sale ? C’est à la Justice de trancher et si l’on veut appliquer la Loi, il faudrait l’utiliser également pour punir Chakib Khelil et tous les prédateurs qui ont saigné l’Algérie. Même si c’est un vœu pieux et irréalisable d’avoir une Justice transparente, indépendante et impartiale avec le gang de la chaise roulante aux commandes du pays, il serait temps de cesser de bidouiller des affaires qui peuvent nous coûter très cher en termes politiques. Et ce n’est pas avec des journalistes emprisonnés pour des raisons obscures que le clan va attirer des investisseurs occidentaux. Mais, en Algérie, le pouvoir est passé maître dans la navigation à vue, et tout le monde gère les affaires courantes sans se soucier le moins du monde d’exercer une véritable politique. Hamid Grine paiera son incompétence de son poste, rejoignant ainsi sa maison-mère Djezzy et redevenant ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être, un délégué commercial faisant du porte-à-porte pour vendre des abonnements téléphoniques. Par ailleurs, son départ nous épargnera beaucoup d’encre. Quant au ministre des Transports, Amar Ghoul, il doit reprendre la route suite à ses ravages dans l’économie nationale. Après le scandale de l’autoroute Est-Ouest lorsqu’il était ministre des Travaux publics, Ghoul, au lieu d’être jugé pour sa nuisance, a été parachuté dans un autre ministère pour nous présenter à nouveau des résultats catastrophiques avec des crashs aériens et des accidents ferroviaires sans qu’il y ait la moindre sanction, parce que Monsieur Ghoul est un proche et un fidèle exécutant du clan, comme tous ses compères au gouvernement. En Algérie, la règle d’or veut que l’on soit promu quand on échoue. De son côté, Tayeb Belaiz, le ministre de l’Intérieur, n’a rien vu venir au sujet de la contestation des policiers et écopera certainement pour sa « distraction ». Sans parler du ministre de l’Agriculture Abdelouahab Nouri qui a réussi à patauger dans la régularisation du prix de la pomme de terre qui s’est envolé, atteignant des sommets inégalés pour un légume de consommation courante. Tout le monde attend le remaniement, y compris les walis (préfets) qui ont la bougeotte, chacun restant suspendu au journal télévisé pour savoir si son nom figure sur la liste. Tout en étant caduc, le procédé de remaniement est fondamentalement vicieux, car les nominations reposent essentiellement sur le régionalisme, principal critère de désignation au détriment de la compétence et de l’intégrité. En changeant des têtes au sein de l’exécutif, au niveau des walis  ou dans le corps diplomatique, le frère cadet du président impotent donne une illusion de changement de façade tout en laissant penser qu’il y a encore un pilote aux commandes du pays et que ces décisions proviennent du président mourant qui, en fait, ne décide plus de rien. Hélas, ce jeu pervers va s’étaler durant tout le reste du mandat infâme du président agonisant. Jusqu’au-boutiste comme son frère, Saïd Bouteflika sait que s’il perd le pouvoir maintenant, tout son clan passera à la trappe. Il doit donc créer l’initiative, même au prix d’une imposture. La survie du clan et les enjeux colossaux sont au-delà de toute autre considération. Dans cette optique, le clan de l’argent sale gagne du temps pour mieux s’organiser et placer leur joker.

Le système Bouteflika a vu surgir des comportements de voyous de la part des nouveaux riches, ces maquignons devenus potentats et responsables grâce à l’argent sale et à la politique de la « chkara » où tout s’achète et où tout est permis. Leurs rejetons multiplient les frasques et défraient la chronique tous les jours, comme insulter des policiers ou des gendarmes qui font leur travail, quand ils ne les agressent pas physiquement. Le mépris des institutions sécuritaires n’a jamais atteint un tel degré. Ces gens-là se croient intouchables parce qu’ils sont « les fils de » et se comportent avec arrogance, montrant que le respect de la loi ne les concerne pas. Les exemples ne manquent pas et les scandales se produisent quasi quotidiennement. Sachant que chaque gang produit ses affranchis, le clan de Bouteflika a produit une génération de vauriens qui provoquent la société en brûlant des billets de banque, en se vantant de leurs privilèges et d’être au-dessus des lois, quand ils ne se donnent pas en spectacle dans les cabarets à coups de « rechkas » à la santé de tel responsable ou de tel copain affairiste pourri, dans un grand étalage d’opulence. Pourquoi respecteraient-ils les institutions, sachant que le premier magistrat du pays lui-même n’a pas obéi à la Constitution ? Le modèle de gouvernance de Bouteflika n’a inculqué d’aucune façon la culture de l’Etat puisque lui-même a réduit les institutions à une peau de chagrin. Jamais, dans l’histoire de l’Algérie, on n’a assisté à une telle dégradation. Lorsque le peuple algérien, à bout de patience, en aura assez et que les caisses vides ne permettront plus d’acheter la paix sociale, le retour de manivelle sera à la mesure de toutes les trahisons et des offenses subies. Moralité : le clan de l’argent sale est en train de ruiner l’Algérie, non seulement sur le plan économique mais sur le plan moral, historique, au niveau des repères, et la relation entre le citoyen et l’Etat qui a souffert de différentes crises, a atteint son apogée. Le risque d’une déflagration n’est pas à exclure et les responsables sont clairement identifiés. Le clan du président, son frère et leur entourage immédiat qui, tous, ont véhiculé de fausses valeurs à l’opposé de notre culture et de notre histoire, risquent de goûter les fruits amers de la chute. Après ce qu’ils ont fait à l’Algérie, eux et leurs rejetons, il ne faut pas demander au peuple de respecter quoi que ce soit alors que la loi de la jungle est devenue constitutionnelle. N’oublions pas que c’est à cause de ce type d’injustices que la Révolution a eu lieu, mais les nouveaux colons qui répètent cette partition déjà jouée dans d’autres temps ne semblent pas s’en rendre compte. Le destin de l’Algérie, confrontée à la menace interne et externe, et face aux enjeux stratégiques du moment, dépasse de loin la vision nombriliste de la horde sauvage qui entoure la chaise roulante présidentielle et notre nation se passerait volontiers d’un tel pouvoir, antinational par essence.

Il est inutile d’énumérer tous les départs prévus qui donnent l’impression que le gouvernement est un hall de gare où chacun fait les cents pas en attendant sa prochaine destination, et dénombrer la liste des ministères, dont certains sont en hibernation totale pendant que d’autres sont en proie à des gesticulations désespérées de dernière minute pour éviter d’être touchés par le remaniement prochain, serait un gaspillage de temps. Cependant, ce grand cafouillage cache un véritable jeu d’ombres qui consiste à déblayer le terrain pour le frère cadet du président. L’après-Bouteflika est désormais dans l’air et la machine bien huilée de la succession est organisée avec soin par les jeunes loups. Saïd est en train d’œuvrer à tous les niveaux, et notamment auprès des partis politiques dont le FFS, appelé à intégrer le gouvernement et enthousiaste à l’idée de partager la rente tout en réalisant son plus vieux rêve, la fin programmée des services de renseignement, le DRS, dans l’optique d’une amnistie générale sur laquelle reposera le règne du frère cadet du président impotent. Si l’acharnement contre le DRS de la part de Saïdani et du FLN – parti qu’il a dévoyé – est récent, celui du FFS est mythique. Il ne faut pas oublier que le FFS était un fervent défenseur de Sant’ Egidio, qu’il a été le fer de lance des cercles du « qui-tue-qui » et qu’il a flirté avec les islamistes du FIS en vue de partager le pouvoir, et, soudain, on voit émerger une alliance entre le FLN de Saïdani, version argent sale, et le FFS de l’Internationale socialiste. Rappelons aussi que le FFS et le FLN de Saïdani font tous deux partie de l’Internationale socialiste à laquelle appartient le parti socialiste de François Hollande, dont Mitterrand était un membre très actif et qui a fait des pieds et des mains pour isoler l’Algérie sur le plan international via cette organisation lors de l’arrêt du processus électoral en 1992. Dans une tentative de sauver le règne de Bouteflika alors que d’autres partis de l’opposition réclament son départ, l’implication du FFS n’est rien d’autre qu’une feuille de route concoctée dans les laboratoires des services français, manœuvre destinée à préparer l’après-Bouteflika de façon à préserver les intérêts de la France du CAC 40 en Algérie, et qui n’a strictement rien à voir avec ces concepts creux nommés hypocritement « transition démocratique », « Etat civil », etc. Tous ces mots ne sont que du baratin. Bien sûr, il existe peut-être une tendance qui préfère Washington à Paris, mais ce n’est jamais qu’une question de goût éloignée de toute stratégie. On appréhende mieux le décret que l’on prête au président alors qu’il émane de Saïd, et qui exclut les colonels du DRS des entreprises. Il est clair que ce décret n’a pas été signé à des « fins démocratiques », la dernière préoccupation de Saïd étant la démocratie. Le but était de neutraliser le DRS qui a toujours été la hantise du clan de l’argent sale, dans la mesure où nos services de renseignement sont les seuls à pouvoir l’atteindre par l’élaboration de dossiers, comme dans l’affaire Chakib Khelil. Les espaces desquels a été chassé le DRS ont été immédiatement repris par le clan de l’argent sale pour aboutir à un seul centre de décision aux mains du frère cadet du président mourant et son gang de vautours. La genèse de toute cette affaire qui n’est pas terminée a commencé avec l’entrée en scène du drabki Saïdani, lors de sa célèbre danse du ventre contre le général de corps d’armée Mohamed Mediène, dit Toufik. Pour mieux avancer leurs pions, les voyous de l’argent sale doivent affaiblir le DRS, car les épais dossiers que celui-ci a constitués sur tous ces pantins et leurs maîtres font grincer les dents des innombrables ennemis de la nation. Y a-t-il un seul pays au monde où les services de renseignement sont conspués régulièrement par des minables issus du pouvoir politique, comme ce sinistre Saïdani ou son chef Saïd qui veut créer des services à sa mesure ? Dans les pays qui se respectent, ces cafards seraient punis avec fermeté. C’est encore une exception algérienne que d’attaquer nos propres services de renseignement, véritable rempart face aux ennemis d’hier et d’aujourd’hui. Pour plaire à Paris, doit-on discréditer l’institution qui est la colonne vertébrale de notre armée ? Essayer d’imaginer un scenario identique aux USA, en France ou ailleurs, tiendrait de la science fiction. A-t-on jamais vu les politiciens d’un autre pays jeter l’opprobre sur leurs propres services de renseignement ? En outre, le DRS n’a pas été importé, il s’agit de notre armée, de notre police et de notre gendarmerie, issues de notre peuple !

argent-sale-2

Photo D.R.

PHOTO: http://files.newsnetz.ch/story/2/7/5/27521673/1/topelement.jpg

Dans l’ombre du président mourant se planque une horde sauvage rodée dans l’ultralibéralisme qui ne connait aucune limite et qui attend son heure pour prendre le pouvoir de manière affichée.

 

Alors que l’Algérie est menacée sur le plan régional et que le roi du Maroc prononce un discours de guerre accusant l’Algérie de tous les maux de la terre, peut-on résister et garder notre souveraineté sous le règne d’une bourgeoisie compradore qui, quand elle n’est pas au service de la France, se soumet aux dictats des Etats-Unis ? Le pouvoir antinational qui a vu surgir le frère cadet du président qui signe tous les décrets à la place de son frère et qui prépare minutieusement le tremplin qui le mènera à la tête du consensus entre le clan de l’argent sale, le FFS, plus vieux parti d’opposition, et bien d’autres acteurs et clients du régime, donnera naissance à un nouveau pouvoir. Saïd Bouteflika n’a désormais plus rien en face de lui pour contrer ses projets. Comme derniers remparts, il reste quelques patriotes ici et là, et quelques titres de presse qu’il n’aura aucune peine à asphyxier ou à corrompre, leur intimant de choisir entre le bâton et la carotte. Dans son équation, il ne mentionne guère le peuple relégué aux abonnés absents, car il a dépensé des fortunes en distribuant l’argent à foison pour acheter la paix sociale. Rien n’arrêtera les jeunes loups de la bourgeoisie compradore et de l’argent sale qui ont fait fortune dans l’informel, au point où leurs chaînes de télévision off-shore émettent en dehors de toute légalité, à partir de territoires échappant au contrôle de l’Etat. Ces chaînes hors-la-loi font partie du dispositif mis en place par le clan pour faire sa propagande, conscient de l’importance de la manipulation de l’info. Dans le même temps, il faut vendre et brader, encore et encore, même à Lakshmi Mittal, patron gangster décrié en Europe, mais reçu avec tous les honneurs par le Premier ministre Sellal bien qu’il ait failli à tous points de vue dans la gestion du complexe sidérurgique d’El Hadjar. Que cache cette rencontre entre Sellal et Mittal ? Des sources évoquent l’éventualité d’offrir Gara Djebilet à Mittal, l’un des éléments les plus représentatifs de la bourgeoisie compradore, voleur et pilleur au service du grand capital, et qui est tout sauf un investisseur. Chacun sait qu’il a établi sa fortune en magouillant comme Haddad, et il n’est pas nécessaire d’être un expert pour deviner ce qui ce trame derrière notre dos. Tout se sait aujourd’hui, cessez tous de nous prendre pour des imbéciles ! On comprend aisément pourquoi, préoccupés par leur participation à la grande bouffe, les ministres français se bousculent à Alger, quand ce ne sont pas les Américains, les Qatari, les Emirati, les Allemands, etc. tous intéressés à se positionner favorablement dans le festin des fauves. Le pouvoir de Bouteflika et de son clan a transformé l’Algérie en un immense gâteau dont chacun veut sa part. Hier, c’était le gaz de schiste, avant c’était la loi infâme des hydrocarbures de 2005 retirée de justesse, demain ce sera Sonatrach, Sonelgaz, Air Algérie, Gara Djebilet… ils finiront par vendre le sous-sol, le sol et le ciel de l’Algérie, hypothéquant éternellement l’avenir des Algériens. Est-ce cela le « pouvoir civil » de Saïdani le pilleur, lui qui a détourné des milliards pour les placer dans les banques françaises ? En exécutant la feuille de route des Français, à savoir le démantèlement du DRS au profit de ces parvenus que sont les membres omniprésents du clan de l’argent sale, l’Algérie va-t-elle se transformer en Etat moderne ? Bien sûr que non, c’est même tout le contraire. Nous sommes plus que jamais acculés dans une impasse caractérisée par la dangerosité, les secteurs de l’éducation nationale et de la santé sont en ébullition permanente, les policiers ont mené leur action avec détermination, et les protestations se multiplient dans le pays, reflétant le mécontentement populaire. Les gangsters de la bourgeoisie compradore dont l’unique préoccupation est d’appartenir à la confrérie des pirates des Bouteflika et des Haddad, n’ont qu’un seul projet, celui de leur maître-marionnettiste qui les a mis en place et qui tire les ficelles et, pourquoi pas, faire partie des brigades de choc pour porter le nouveau règne qui se dessine dans l’ombre d’une chaise roulante. Qu’ils nous épargnent leurs valses entre Paris et Washington, et leurs formules magiques bidon sur l’investissement, car ils ne disposent d’aucune vision stratégique, ni de l’économie, ni de la politique, ni de quoi que ce soit d’autre, seuls les privilèges dont leurs maîtres les ont gavés leur importent. Le coq de bassecour, Saïd Bouteflika, aidé de son acolyte Haddad, distribue les grains à picorer et la volaille servile obéit en caquetant de concert, du plus bas de l’échelle jusque tout en haut. L’Algérie ne peut pas s’offrir le luxe d’être dirigée par des corrompus faibles et inaptes qui s’enfuiront au moindre pépin, au moment où les menaces pèsent de plus en plus sur les frontières, où notre armée est confrontée à des attentats terroristes quasi quotidiens et quand l’instabilité régionale a atteint son paroxysme dans tout le Sahel. Le pouvoir de Bouteflika est-il en mesure de garantir la stabilité, slogan que nous ont vendu les missionnaires du quatrième mandat pendant la campagne électorale du candidat invisible ? A quelle stabilité faisaient-ils allusion ? A celle de leurs comptes en banque à l’étranger, à celle de leur train de vie de nababs, ou à celle des privilèges de leur progéniture arrogante et mal élevée ?

Le dispositif de la succession s’est mis en place, chacun prend position, et au diable l’Algérie ! nous disent-ces chacals. Saïd Bouteflika, devenu la pièce maîtresse du pouvoir en place, a plus que jamais le champ libre pour faire ce qu’il veut. Rien ne se décidera sans lui, il continuera à signer des décrets au nom de son frère, à pactiser avec le diable s’il le faut, afin de rester au pouvoir et de garantir les intérêts de sa famille et de la bourgeoisie compradore, et bien évidemment, ceux du grand capital, dont lui et son frère sont les fidèles serviteurs. Seules deux options peuvent contrarier ce plan machiavélique pour s’emparer du pouvoir d’une manière directe : soit une chute brutale du pétrole qui entraînera une rébellion, soit le décès de l’actuel président. Nous n’avons pas besoin d’investisseurs étrangers, l’Algérie a des potentialités inouïes et elle peut se relever si elle le veut, car elle en a les moyens. Il est plus que certain qu’il y aura toujours des patriotes à tous les niveaux pour combattre le projet de Saïd Bouteflika et de son clan, mais tant que les voyous et les gangsters de l’argent sale règneront avec le clientélisme, le régionalisme, et la corruption qui ont gangréné toute la sphère politique et économique, nous ne pourrons pas décoller. Il n’y a rien de pire que des anciens dirigeants des services publics qui se convertissent dans le privé tout en fredonnant en chœur des airs ultralibéraux, ni des idéologues de gauche qui deviennent champions du libéralisme pur et dur. Nous ne sommes pas près de sortir de la dépendance à 100% des hydrocarbures, l’argent coule à flots mais ne va pas là où il faut et se disperse dans un gigantesque gaspillage. Cette manne échoue directement dans la poche des prédateurs économiques, cette voyoucratie, cette bassecour qui engloutit des milliards pour les jeter par les fenêtres. Le constat est que cette bourgeoisie compradore hétéroclite composée de maquignons et de bagarras issus de divers horizons est l’une des plus ultralibérales au monde, ce qui fait d’elle une cible de choix pour tous les patriotes qui ont le devoir de résister face à ses effets dévastateurs et de l’anéantir totalement. L’heure est grave pour les patriotes. Il ne sert à rien de changer les têtes et de remanier, c’est tout le système de Bouteflika dans son ensemble qui doit partir, parce qu’il a échoué. S’il a garanti les intérêts du capital et des multinationales, il n’a jamais préservé les intérêts de la nation. La nécessité de briser les reins au clan de l’argent sale est plus que vitale, c’est une question de survie de l’Etat algérien. Néfaste et antinational, le système politique actuel est en fin de vie, à l’image de son président, il faut juste l’aider en le poussant dans le précipice avant qu’il ne nous entraîne dans son autodestruction.

Mohsen Abdelmoumen

Published on Oximity, November 10, 2014:https://www.oximity.com/article/%C3%80-qui-profite-l-ascension-fulgura-1#.VF_8V2VSYzw.twitter

on Whatsupic:http://fr.whatsupic.com/sp%C3%A9ciale-monde/1415624555.html

and Palestine Solidarité:http://www.palestine-solidarite.org/analyses.mohsen_abdelmoumen.101114.htm

SOURCE: http://philippehua.com/2014/11/12/a-qui-profite-lascension-fulgurante-du-clan-de-largent-sale-en-algerie/

00000000000000000000000000000000000