Articles Tagués ‘SDF’

Le maire UMP d’Angoulême a fait retirer « provisoirement » les grillages qui avaient été installés autour de neuf bancs publics pour, selon ses opposants, empêcher les sans domicile fixe de s’y asseoir (lefigaro.fr).

Et beaucoup de crier victoire comme s’ils avaient gagné la guerre contre la pauvreté !

Je ne supporte plus les dénonciations des privilégiés de la vie, les indignations commodes et les leçons de morale de ceux qui se contentent, au nom de leur inaction, de vitupérer l’action de quelques autres, les délicatesses outrées de toutes ces Antigone de pacotille contre des Créon qui font ce qu’ils peuvent.

A cause de ces grillages, une multitude qui probablement ne s’est jamais assise sur ces bancs publics s’est élevée contre ce qu’elle a qualifié d’ignominie. Des artistes, qui ont le soutien facile quand il ne coûte rien, ont affirmé qu’ils auraient justement voulu s’asseoir sur ces bancs. En quelque sorte, nous sommes tous des SDF d’Angoulême !

C’est grotesque, honteux, de faire croire à une solidarité quand d’un côté il y a misère, dénuement, violence, alcool et drogue et que de l’autre il y a simplement le confort d’une empathie abstraite, verbalement généreuse et radicalement stérile.

Le maire a justifié sa démarche par « une alcoolisation récurrente » et le trafic de drogue dans ce secteur. Même plausibles, il est évident que ses explications seront vouées aux gémonies tant le scandale est délicieux à proclamer quand il n’exige rien de vous.

Si même la volonté de l’édile était, en effet, d’interdire aux clochards l’accès à ces bancs publics – qui n’avaient rien de poétique comme dans la chanson de Brassens -, où serait le crime ? Qui aurait le droit de se poser, de s’imposer comme authentique justicier ?

Seulement ceux – et ils sont rares – qui accomplissent concrètement, quotidiennement, même modestement, des gestes pour lutter contre cette misère et cette désinsertion.

Mais pour la masse des autres, dont je suis, qui compatissent, ont pitié, s’émeuvent mais passent, qu’ont-ils donc à reprocher au courage – oui, j’ose le terme – de ce maire qui tire les conclusions pratiques, opératoires de notre indifférence, de notre répugnance, de notre exaspération muette devant ces coagulations humaines de détresse, de vin et parfois de violence ?

En réalité, on lui impute de répudier les faux-semblants et d’aller au bout des désirs secrets – les SDF sont indésirables parce qu’ils incommodent – que notre humanisme à bon marché occulte.

Je vois, devant certains commerces, de véritables campements de clochards à l’encontre desquels, in petto, on proteste en mettant en cause l’inertie des pouvoirs publics qui les laissent perdurer au prétexte de la liberté individuelle.

Mais le maire qui prétend préserver l’accès à une galerie commerciale et favoriser l’activité de professionnels qui valent en dignité et en humanité ceux qui, par leur présence, l’entravent serait une personnalité irresponsable et, pire, immorale ? Mais de qui se moque-t-on ? Notre société se voile la face mais n’estime pas les lucides ou les pragmatiques qui affrontent un réel qu’on ne veut pas voir.

Les leçons sont inconvenantes quand elles se greffent sur le comble de l’hypocrisie ou d’une impuissance qu’on s’acharne à faire passer pour du respect.

Personne n’est sauf et les comédies sont multiples.

Valérie Trierweiler a accumulé une fortune grâce à un livre vulgaire, sans générosité ni justification mais elle distribue des cadeaux sur les Champs-Élysées au nom du Secours populaire. Simulacre et pose !

Christiane Taubira a pleuré sur les prisons et les « malheureux » détenus qui s’y trouvaient mais c’aurait été trop de remédier à cette situation ! Il est jouissif de se sentir bien en déclarant que cela va mal mais sans en tirer la moindre conclusion pratique.

Les hypocrites d’Angoulême et d’ailleurs vont gagner. Je suis persuadé que ce « provisoire » va durer et que le maire sera obligé de céder. Pourquoi pas ? Mettre des grillages autour des bancs publics ne suscite aucune allégresse chez personne.

Mais, de grâce, que ceux qui se bouchent le nez ne viennent pas sans cesse reprocher à ceux qui ont la charge de tous les habitants d’une ville de ne pas avoir de cœur.

J’en ai assez de la France qui juge la France qui agit.

Philippe Bilger

http://www.philippebilger.com/

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Solidarité Ouvrière

huffingtonpost.fr, 9/11/2014

En 2012, ils étaient plus de 100.000 sur tout le territoire. L’Insee révèle dans son portrait social de la France, publié ce mercredi 19 novembre, que « dans les agglomérations métropolitaines d’au moins 20.000 habitants, on compte 81.000 adultes et 31.000 enfants sans domicile ». Un chiffre qui a augmenté de 44% entre 2001 et 2012.

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Confrontés à la difficulté de les recenser, les deux auteurs de l’étude (Françoise Yaouancq et Michel Duée) se sont intéressés aux personnes qui sont utilisateurs de services d’hébergement ou de distribution de repas. Ils ont donc pris en compte toutes « les personnes privées de logement personnel, dormant dans un endroit non prévu pour l’habitation ou bien hébergées en urgence, ou pour une durée plus longue, par un organisme d’aide ou une association ».

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À Paris, le nombre de SDF a augmenté de 84% en dix ans

sdfIls dorment dans la rue, dans des hébergements provisoires, bénéficient de la soupe populaire ou font la manche dans les coins de rue. En 2012, les sans domicile fixe (SDF)* à Paris étaient au nombre de 28.800 dans l’agglomération parisienne : une augmentation de 84% depuis 2001. La capitale regroupe en tout près de 43% des SDF du pays. Les chiffres ont été obtenus grâce à une longue étude menée en parallèle par l’Insee et l’Apur (l’Atelier parisien d’urbanisme).

Si la précarité a explosé dans les rues de Paris, elle touche désormais des profils bien plus divers qu’il y a dix ans. Plus jeunes (23% ont moins de 30 ans) et plus féminisés (41% d’entre eux sont des femmes), les SDF sont plus régulièrement accompagnés d’enfants : 29% des personnes interrogées ont déclaré être à la rue avec des enfants. « C’est un constat simple et terrifiant, martèle Dominique Alba. La précarité a changé de visage. » Par ailleurs, 56% des SDF sont des étrangers. « C’est notamment dû aux changements géopolitiques, par exemple dans le monde arabe », explique Dominique Alba, directrice générale de l’Apur.

La suite sur: http://www.metronews.fr/paris/a-paris-le-nombre-de-sdf-a-augmente-de-84-en-dix-ans/mnfs!G6ngKbxfoQg/

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Les News

1605-NorvegeAu Royaume-Uni, les SDF sont rejetés dans la rue par les propriétaires d’immeubles. En Norvège, la mendicité est illégale. Les mesures pour empêcher les pauvres à proliférer dans les rues des grandes villes rivalisent d’imagination. 

A Londres, des propriétaires d’immeubles sont de plus en plus nombreux à installer des des petits pics en acier autour de leur bâtiment afin d’empêcher les SDF de faire leur nid là. Seulement, même si c’est une pratique répandue, elle n’en reste pas moins choquante pour la population qui a pris des photos d’un immeuble dans le quartier de Southwark pour les diffuser sur les réseaux sociaux. Le maire de la ville en a vite été informé qui a immédiatement demandé leur retrait estimant que cela était « moche, inefficace et stupide ». Il a également rappelé que sa ville avait dépensé près de 34 millions de livres pour les sans-abris. Pourtant depuis une dizaine d’années, les dispositifs anti-SDF…

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