Articles Tagués ‘risque systémique’

great-financial-crisis-ahead« La plupart des gens ignorent totalement que 2007-2008 n’était qu’un avant-goût de ce que nous allons bientôt connaître. Les 60 000 milliards $ supplémentaires de crédit et de monnaie imprimée depuis, ainsi que la baisse des taux d’intérêt à zéro, ont donné au monde l’impression que tout va pour le mieux à nouveau.

Je vais être très clair : rien ne va bien. Huit ans après le début de la Grande crise financière, l’économie de la bulle spéculative s’est maintenant étendue jusqu’à la deuxième plus grande économie, la Chine. La Chine a augmenté sa dette de façon exponentielle, en la faisant passer de 2 000 milliards $ à 28 000 milliards $ depuis le début de ce siècle. Une grande partie de cette dette a servi à financer des « éléphants blancs » et des villes fantômes. Il serait surprenant que le total des mauvaises dettes de la Chine soit inférieur à 10 000 milliards $ lorsque tout cela prendra fin.

Cette bulle a aussi infecté la plupart des marchés émergents. Avec une augmentation massive des dettes, un dollar plus fort et les prix des matières premières qui s’effondrent, presque toutes les économies émergentes sont au bord du précipice. Comme Michael Snyder, du Economic Collapse Blog, l’a récemment fait remarquer, 23 Bourses mondiales sont actuellement en train de s’effondrer. Parmi ces 23, 22 sont des économies émergentes, et la 23ème est la Grèce qui, définitivement, n’est pas émergente, mais qui s’enlise dans la Méditerranée. Mais ne croyez pas que cette épidémie n’affectera que les économies émergentes… Non, cette contagion s’étend déjà vers l’Ouest et nous verrons bientôt des marchés boursiers s’effondrer, ce qui étonnera beaucoup de personnes et provoquera une panique dans l’économie mondiale. Cet automne pourrait marquer le début de la fin de cette expérience, vieille de cent ans, de manipulation et de répression du système financier par les banquiers et les banques centrales.

La Grande crise financière de 2007-2009 va se transformer en Grande catastrophe financière. Cela pourrait se traduire par une remise à zéro majeure, mais plus probablement par un effondrement de l’économie mondiale, du système financier et du système mondial politique. Et cela ne se fera pas sans heurts. Cela prendra beaucoup de temps et il y aura des faillites de pans majeurs du système financier, même de plusieurs pays. Cela provoquera aussi des troubles sociaux, une hausse des conflits, de la pauvreté et de la famine.

Je suis conscient que ces prédictions sont alarmistes et ressemblent à un scénario d’Apocalypse. J’espère sincèrement me tromper. Mais, malheureusement, le risque que cela se réalise, au moins partiellement, est très grand, après cent ans d’excès dans un monde bâti sur aucune fondation solide, mais plutôt sur un océan de dette et de monnaie imprimée. Tous ces prix Nobel d’économie, ces banquiers centraux, et les gens ordinaires se rendront compte, dans la douleur, que les morceaux de papier sans valeur qu’ils appellent « monnaie » ne peuvent pas créer de richesse véritable et durable.

Pour les quelques privilégiés qui ont un patrimoine à protéger, il est essentiel de posséder de l’or et de l’argent en-dehors du système bancaire. À la fin de cette remise à zéro, il est à souhaiter que l’on assiste à l’émergence d’un monde basé sur la récompense du vrai travail et du vrai investissement, ayant de réelles valeurs éthiques et morales, ainsi qu’un système monétaire sain. Mais le chemin pour y arriver sera long et difficile ».

Egon von Greyerz, GoldSwitzerland (via Goldbroker.fr), le 21 août 2015

SOURCE:https://olivierdemeulenaere.wordpress.com/2015/08/23/la-grande-catastrophe-financiere-e-von-greyerz/#more-32894

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banque-taux-interet-negatif« Au Luxembourg et en Allemagne, des banques se mettent à appliquer un taux d’intérêt négatif sur les comptes de dépôt, c’est à dire à facturer l’argent déposé sur un compte ! La DZ Privatbank au Luxembourg, la Deutsche Skatbank, un petit établissement bancaire coopératif du Land allemand de Thuringe l’ont récemment annoncé, et plusieurs banques allemandes s’apprêtent à faire de même. Le taux d’intérêt est de -0,25% pour la banque luxembourgeoise, ainsi 1.000 euros déposés deviennent 997,5 euros un an après. Le « Strafzins », le taux d’intérêt punitif, est ainsi devenu l’expression à la mode en Allemagne

Pourquoi un tel comportement ? Tout simplement, expliquent ces banques, à cause du taux de dépôt négatif pratiqué par la Banque centrale européenne (BCE) depuis juin 2014 et qui s’élève à -0,20%. Les banques perdent de l’argent en déposant leurs liquidités à la BCE, elles le répercutent donc à leurs clients. La seule façon d’y échapper consiste, pour ces clients, à placer leur argent sur des produits financiers de la banque (livret d’épargne, assurance-vie).

Il est plutôt rare qu’une entreprise punisse ses clients, mais cette bizarrerie valide le fait que le marché interbancaire en Europe est au point mort, car normalement une banque qui dispose de liquidités les prête à celles qui en ont besoin, moyennant une rémunération. Ces banques avouent ici les déposer en totalité à la BCE, en se privant ainsi d’une possibilité de gain, et ce pour une raison bien simple : elles sont certaines de retrouver cet argent, ce qui n’est pas forcément le cas en prêtant à la banque X. Cette précaution signifie qu’elles n’ont pas confiance dans le système bancaire, que le risque de faillite demeure significatif. Ces banques avouent que la crise financière n’est pas terminée, merci pour cet aveu.

Le client est incité à placer ses liquidités sur des produits d’épargne, comme des livrets ou de l’assurance-vie. Mais ceux-ci rapportent-ils vraiment ? Quasiment plus maintenant puisque les taux d’intérêts sont au plus bas. C’est aussi à cela que sert ce taux d’intérêt punitif : forcer, malgré tout, les déposants à migrer vers les produits de la banque, car ce sont eux qui la font vivre par les commissions qu’ils rapportent. Cette coercition en dit long sur le marasme de la banque aujourd’hui, il faut tordre le bras à ses clients pour continuer à vivre.

Au niveau macroéconomique on voit l’aberration que représente la politique de taux zéro de la BCE. Sensée relancer le crédit et la croissance, elle échoue misérablement, et en plus elle perturbe en profondeur le métier bancaire consistant à collecter l’épargne et à rémunérer ceux qui concourent ainsi au financement de l’économie. Quand plus aucun placement ne rapporte vraiment, la banque devient pour l’épargnant comme une nasse, un piège.

Enfin ne manquons pas de relever l’ironie d’une telle situation par rapport à l’or. L’un des principaux arguments qu’oppose un banquier lorsqu’un client lui parle d’acheter de l’or est que « ça ne rapporte pas d’intérêt ». Désormais c’est la banque en général (cash + produits d’épargne) qui ne rapporte plus d’intérêts, ou pratiquement plus. Et une banque, chacun le sait, s’avère nettement moins solide qu’un lingot d’or… Chacun en tirera les conséquences qui s’imposent ».

Philippe Herlin, Goldbroker.com, le 19 novembre 2014

A quand une véritable réglementation bancaire ?

Vous avez aimé la dernière crise financière ? Vous allez adorer la prochaine, encore plus dévastatrice… (M. Crinetz)

Vous avez aimé la dernière crise financière

« Imaginez une autoroute où la vitesse n’est pas limitée, où il est permis de boire de l’alcool, et même de faire demi-tour sans prévenir ; imaginez la kyrielle d’accidents mortels, de carambolages en chaîne…

Entre deux réglementations, laquelle préférez-vous ?

Celle qui interdit ou limite ces prises de risques pour soi-même et pour autrui ?

Ou bien celle qui oblige à épaissir les coussins gonflables et les pare-chocs ?

Le comité de Bâle, club de superviseurs bancaires, qui propose les versions successives de la réglementation bancaire mondiale, Bâle I, Bâle II, et à présent Bâle III, a choisi à peu près exclusivement la seconde méthode.

Les banques prennent de plus en plus de risques en spéculant sur les produits financiers dérivés et en finançant les fonds spéculatifs ? Aucune limite, aucune interdiction. Seulement des coussins de fonds propres plus épais de retitrisation, de liquidités, contra-cycliques et autres petits buffers systémiques ou de contrepartie, qui triplent ou quadruplent les exigences de Bâle II, mais trois fois rien, ce n’est pas grand-chose.

Et ces exigences restent calculées par les banques elles-mêmes à partir des probabilités mathématiques des événements adverses, probabilités qui, en vérité, n’existent pas : les conditions du théorème central limite ne sont pas respectées, notamment l’indépendance des variables, lesquelles varient en même temps et dans le même sens. Pour HSBC par exemple, avec son modèle à la carte, les prêts qui sont la moitié des actifs causeraient 80 % des risques, tandis que trading et produits dérivés qui sont 22 % des actifs ne causeraient que 6 % des risques (calculés avec les exigences augmentées de Bâle III !) : une incitation irrésistible à spéculer davantage.

Elles grossissent en spéculant et deviennent d’énormes bombes à retardement ? Aucune limite absolue n’est imposée à leur taille. Seulement un ratio de levier minimum de 3 % de fonds propres sur le total du bilan ; qu’une banque perde 3 % de ses actifs et elle fait faillite. En Bourse, une baisse de 3% des cours, cela peut arriver en un ou deux jours ; dans l’immobilier, en quelques mois ; dans le trading à haute fréquence, toujours autorisé, en moins d’une seconde. Un ratio de levier serait utile, à condition qu’il ne soit pas si ridiculement bas…

Et puis les fonds propres ne sont pas la solution à tout !

Les grosses banques font circuler entre elles des risques de plus en plus contagieux ? Pour les banques considérées comme systémiques, un plafond de 10 % du total du bilan était prévu pour chaque contrepartie, lequel vient d’être discrètement augmenté à 15 %, et encore, en compensant les créances et les dettes sur produits dérivés, ce qui, en droit des faillites européen, est inopérant : le liquidateur de la contrepartie exigera le paiement intégral des dettes mais suspendra le paiement des créances et ne les remboursera qu’au marc le franc. La banque pourra ainsi perdre jusqu’à 15 % de son bilan quand une contrepartie fera faillite, donc perdre cinq fois ses fonds propres.

Et les traders fous, les contrôleurs internes ou externes somnolents, les méchants juges américains ? Va-t-on élargir le coussin prévu pour les risques opérationnels ? Non. Pas de sanctions ni civiles ni pénales envers les dirigeants qui prennent trop de risques. Et rien sur le contrôle interne, ni sur les bonus incitant à prendre des risques.

Vous avez aimé la dernière crise financière ? Vous allez adorer la prochaine, encore plus dévastatrice… »

Le Nouvel Economiste.fr, le 26 septembre 2014 (via Faits et analyse économiques)

Par Michel Crinetz, ancien contrôleur à l’Autorité de Contrôle Prudentiel (ACP)

source: http://olivierdemeulenaere.wordpress.com/2014/09/26/vous-avez-aime-la-derniere-crise-financiere-vous-allez-adorer-la-prochaine-encore-plus-devastatrice-m-crinetz/

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Olivier Demeulenaere - Regards sur l'économie

« Le dollar a basculé de son trône. L’écuyer fidèle du pétrodollar, ce dollar vert, vit son déclin. La guerre en Ukraine constituera pour le dollar son Waterloo. Le refus des Saoudiens de négocier leur pétrole uniquement en dollars sera le facteur de cette chute qui résonnera aux quatre coins du globe.

chute dollar jim willie

La politique de la Réserve Fédérale US détruit le système financier. En fait, ce qu’ils appellent une politique de stimulation, constitue en réalité le sauvetage camouflé de Wall Street, où les dettes des banquiers sont transférées sur l’Etat US (et l’ensemble du monde, d’autre part). Les USA ont renoncé à fixer un plafond de la dette, parodie amère de l’économie réelle. Les USA font penser chaque mois un peu plus à un pays du tiers-monde, avec son immense fraude, son effondrement économique, la guerre, les sanctions, et son absence de direction. La FED s’est engagée en terrain très dangereux…

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