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Le chef des FARC, Ricardo Londoño, alias « Timochenko », avait fait, mercredi, le voyage à La Havane pour une poignée de main historique avec le président colombien, Juan Manuel Santos, en présence de Raoul Castro.

Le Monde.fr | 25.09.2015 à 16h40 • Mis à jour le 25.09.2015 à 17h50

Par Marie Delcas (Bogota, correspondante)

Les pourparlers de paix entre le président colombien, Juan Manuel Santos et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, extrême gauche), la dernière grande guérilla d’Amérique latine, sont très avancés après un accord, mercredi 23 septembre, sur la mise en place d’une juridiction compétente pour juger des crimes de guerre. Le chef des FARC, Rodrigo Londoño, alias Timoleón Jiménez ou « Timochenko », avait fait, mercredi, le voyage à La Havane pour une poignée de main historique avec Juan Manuel Santos, en présence de Raul Castro. Car c’est à Cuba que se tiennent depuis trois ans les négociations de paix.

  • La guérilla la plus vieille du monde

Ce sont des guérilleros grisonnants qui négocient. Timochenko a 56 ans. Il en a passé près de quarante dans le maquis. Son prédécesseur Alfonso Cano a été tué par l’armée à l’âge de 63 ans, en 2011. Manuel Marulanda Velez, le fondateur des FARC, est, lui, mort de sa belle mort à 78 ans, en 2008.

Les FARC ont été fondées par le Parti communiste colombien (PCC) en 1964, mais la guérilla puise ses origines dans « La Violencia », période de guerre civile en Colombie, dans les années 1950. Conservateurs et libéraux se disputaient alors à feu et à sang le pouvoir et les terres. Des milliers de paysans ont trouvé refuge dans les montagnes.

Une fois la paix revenue, certains y sont restés pour tenter d’obtenir une réforme agraire. La révolution cubaine montrait la voie. « Je n’ai pas choisi la guerre, elle est venue me chercher », résumait Marulanda.

Les FARC, qui se targuent d’être la plus vielle guérilla au monde, ont fait de leur longévité vertu, et de la géographie une arme. Deux fois grande comme la France, la Colombie est traversée de trois cordillères et de jungles impénétrables. De source militaire, les effectifs des FARC se montent aujourd’hui à 8 000 hommes en armes. Ceux de l’armée, à 500 000.

Les guérilleros d’aujourd’hui sont souvent fils, petit-fils ou petites-filles de guérilleros. Près du tiers des combattants sont des femmes. Le maquis est devenu un mode de vie. Ancrées dans la misère du monde rural, les FARC continuent de se penser comme un mouvement d’autodéfense paysanne.

  • De nombreuses et vaines tentatives de paix

Au début des années 1980, le pouvoir tente une première fois de négocier la réincorporation des guérilleros à la vie civile. Les élites locales, l’armée et la mafia naissante ne suivent pas. La Colombie est en train de devenir le premier producteur de cocaïne. Plus de 3 000 membres de l’Union patriotique, le front mené par les FARC et le PCC, seront assassinés. Comme seront tués des centaines de syndicalistes, de dirigeants paysans et de militants de gauche. Les chefs des FARC qui négocient à La Havane ne l’ont pas oublié.

L’argent du narcotrafic va jeter de l’huile sur le feu du conflit. La guérilla, qui taxe les cultures de coca, s’enrichit et s’agrandit. Les milices paramilitaires d’extrême droite aussi. Enlèvements contre rançons, massacres de paysans, déplacements forcés à grande échelle : la confrontation s’intensifie. À la fin des années 1990, les FARC comptent 20 000 hommes en armes et sont en mesure d’infliger à l’armée d’humiliantes défaites, sans jamais toutefois menacer le pouvoir.

Pour la population urbaine, désormais largement majoritaire, le conflit ne fait pas sens. Au tournant du XXIe siècle, une nouvelle tentative de paix négociée – la quatrième – se solde par un nouvel échec.

  • Un mouvement affaibli par le conflit

Les électeurs colombiens se laissent alors séduire par le discours sécuritaire d’Alvaro Uribe. De 2002 à 2010, ce président à poigne livre une guerre sans merci contre les FARC. Elle est largement financée par les États-Unis, qui ont inscrit les FARC sur la liste des organisations terroristes. Juan Manuel Santos est alors ministre de la défense. Sous la pression de l’armée, les guérilleros se replient loin des centres d’activités du pays.

En 2010, devenu président, M. Santos fait volte-face. Affaiblies, les FARC acceptent la main tendue et s’assoient à la table des négociations en novembre 2012. Toutefois, la guérilla ne se sent pas vaincue militairement et entend négocier pied à pied sa reddition.

Politique agraire, lutte contre le narcotrafic, participation en politique des guérilleros démobilisés et justice transitionnelle : quatre accords ont d’ores et déjà été annoncés. Les négociateurs doivent encore convenir des conditions de la démobilisation et de la réinsertion des combattants.

Les négociations de paix sont loin de faire l’unanimité au sein de l’opinion publique. Une deuxième guérilla, l’Armée de libération nationale (ELN, castriste), plus faible que les FARC, est restée à l’écart des tractations, à attendre les résultats de La Havane.

Plus de six millions de Colombiens (sur une population de 50 millions), essentiellement des paysans déplacés, se sont enregistrés auprès du département administratif créé pour gérer les programmes de restitution des terres et de réparation des victimes. Pour la première fois de leur longue histoire, les FARC semblent disposées à accepter leur responsabilité historique.

  • Marie Delcas (Bogota, correspondante)
    Journaliste au Monde

source:http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2015/09/25/colombie-que-representent-aujourd-hui-les-farc-la-plus-vieille-guerilla-du-monde_4771862_3222.html

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Le président Raul Castro a rencontré, dimanche, au Vatican le pape François. Il souhaitait notamment le remercier pour sa médiation dans le rapprochement historique entre Cuba et les États-Unis.

C’était une première pour Raul Castro. Le président cubain se trouvait au Vatican, dimanche 10 mai, pour y rencontrer le pape François et le remercier de ses bons offices, qui ont permis le rapprochement historique en cours entre Cuba et les États-Unis.

Le Vatican et le pape François ont effet joué un rôle important dans le rétablissement des relations diplomatiques entre La Havane et Washington en décembre dernier, après plus de cinquante ans de tensions.

Le Vatican avait révélé une médiation personnelle du souverain pontife, qui avait écrit aux deux chefs d’État. Les délégations des deux pays avaient également été reçues au Saint-Siège en octobre. Déjà, en 1998, Jorge Bergoglio s’était intéressé personnellement à la question cubaine, écrivant un essai intitulé « Dialogue entre Jean Paul II et Fidel Castro ». Il était alors cardinal de Buenos Aires.

Annoncée en début de semaine seulement, cette visite du président de l’île communiste a, selon un communiqué du Vatican, duré un peu plus de 50 minutes et s’est déroulée de manière « très cordiale ». Elle s’est produite un peu plus de quatre mois avant celle du pape François à La Havane, prévue en septembre.

Le dirigeant communiste lui a offert le tableau d’un artiste cubain, Kcho, qui évoque le thème des clandestins naufragés de la mer, cher à Jorge Bergoglio. Celui-ci a remis à Raul Castro une médaille représentant Saint Martin de Tours, un saint français célèbre pour avoir partagé son manteau avec un mendiant.

Raul Castro sur le chemin de l’Église

Après cette rencontre, Raul Castro s’est déclaré « très frappé », saluant « la modestie et la sagesse » du Pape et assurant qu’il « se rendrait à toutes ses messes » quand il visiterait Cuba ».

« Je lis tous les discours du Saint-Père et [….] si le pape continue à parler ainsi, un jour je recommencerai à prier et retournerai à l’Église catholique. Et je ne le dis pas pour plaisanter », a affirmé le dirigeant cubain.

Les relations n’ont pas toujours été harmonieuses entre Cuba et le l’Église catholique. Devenue aujourd’hui un partenaire incontournable dans le dialogue politique, elle a longtemps été combattue par le régime castriste.

Dans les années 1960, l’Église manifeste son opposition au nouveau régime communiste, déclenchant la fureur de Fidel Castro, qui expulse une centaine de religieux et nationalise de nombreux biens lui appartenant. Une délicate cohabitation s’ensuit.

En 1996, Fidel Castro se rend au Vatican pour rencontrer Jean Paul II. Un rapprochement est amorcé et l’Église commence à s’imposer comme interlocuteur du régime communiste à partir de la visite de Jean-Paul II en janvier 1998.

Rôle déterminant de l’Église cubaine

Seule institution reconnue et non officielle à Cuba, l’Église catholique voit sa légitimité entérinée lorsque Raul Castro la choisit comme interlocutrice lors d’un dialogue inédit lancé le 19 mai 2010, qui débouche sur la libération de quelque 130 prisonniers politiques en 2010 et 2011.

Les religieux cubains obtiennent l’engagement des autorités sur la fin du harcèlement contre les « Dames en blanc », un groupe rassemblant épouses et proches d’ex-prisonniers politiques cubains.

De son côté, l’Église apporte son appui aux réformes économiques lancées par Raul Castro. En retour, le gouvernement facilite ses activités sociales: accès aux médias d’État, diffusion de revues ou lettres paroissiales, ouverture à l’automne 2010 du premier séminaire à Cuba depuis un demi-siècle.

En mars 2012, Raul Castro reçoit à Cuba le pape Benoît XVI, qui s’était également entretenu avec Fidel Castro, du même âge que lui. Le souverain pontife avait alors appelé les autorités cubaines à respecter « les libertés fondamentales » et condamné l’embargo économique imposé à Cuba par les États-Unis depuis 1962.

En 2014, le pape François écrit aux présidents Raul Castro et Barack Obama pour les enjoindre « à résoudre des questions humanitaires d’intérêt commun comme la situation de certains détenus, pour ouvrir une nouvelle phase dans les relations entre les deux pays ».

La médiation entre Cuba et l’administration américaine est un grand succès pour la diplomatie discrète du Saint-Siège. Elle a un fort impact sur le continent latino-américain, majoritairement catholique, d’où vient pour la première fois de l’histoire un pape.

Avec AFP

http://www.france24.com/fr/20150510-raul-castro-vatican-cuba-etats-unis-pape-francois-rapprochement-historique-embargo

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