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Opinions › Jul 5, 15 
Ben-Ali

Etant donné que durant la dictature les médias étaient muselés ou au service de l‘ATCE, de nombreux tunisiens n’ont pas pu avoir vent des incidents sécuritaires survenus à l’époque. Cet appareil de propagande avait pour principale mission de censurer les informations dérangeantes et de promouvoir une carte postale idyllique d’un pays ensoleillé avec des plages à touristes. Terrorisme, assassinats, criminalité, narcotrafic, prostitution, pauvreté, corruption, évasion fiscale… Tout était filtré pour donner au Tunisien l’illusion d’une forteresse paisible !

Ce qui est invraisemblable, c’est que plus de quatre ans après la chute de la dictature et du libre accès à l’information, beaucoup de nos concitoyens continuent d’être imprégnés de ce fantasme d’un pays jadis surprotégé et prospère, aidés incontestablement par les mêmes journalistes à la solde et les mêmes canaux de propagande. C’est la raison pour laquelle cette frange de la population a une tendance systématique à regretter le passé, à honnir la révolution et lui imputer tous les maux qu’elle vit ou observe.

Il est donc nécessaire de rappeler un certain nombre de faits et de briser ce mythe.

Les Attaques Terroristes

Il y a eu trois incidents sécuritaires majeurs lors de la dictature de Ben Ali :

  • Tamerza, en février 1995 :

Un commando du GIA algérien avait attaqué le poste-frontière de Tamerza, en plein mois de ramadan, et tué 6 gardes-frontières. Ils se sont ensuite emparés de leurs armes puis se sont retirés en territoire algérien. Blackout total dans la presse locale.

  • Djerba, en avril 2002 :

L’attentat de la synagogue de la Ghriba avait causé la mort de 16 touristes (allemands en majorité) et de 3 Tunisiens. Le gouvernement de l’époque avait tenté de camoufler les indices de l’attentat dans le but de brouiller les pistes et de minimiser les conséquences sur le tourisme, causant un grave incident diplomatique avec les autorités Allemandes qui ont par la suite opéré un forcing afin de dépêcher leurs propres enquêteurs.

  • Soliman, en décembre 2006 :

L’affrontement armé entre les forces de sécurité et des jihadistes retranchés dans leur camp d’entrainement dans la localité de Soliman avait duré 3 semaines. Il s’est soldé par la mort de 2 policiers, 12 jihadistes et une vague d’arrestations à travers tout le pays.

Les Flux de Jihadistes

Le salafisme jihadiste est apparu dans notre pays dans les années 80 avec des jeunes partis combattre l’envahisseur Russe en Afghanistan, certains d’entre eux sont même devenus des chefs Talibans. Ce sont d’ailleurs 2 jihadistes tunisiens qui, en septembre 2001, avaient assassiné le Commandant Massoud, le légendaire et charismatique leader de la résistance Afghane. Ils faisaient partie du « clan des Tunisiens », un groupe de combattants sous le commandement de Seifallah Ben Hassine, alias Abou Iyadh, et de Tarek Maaroufi.

Un deuxième flux, amplement plus important, avait concerné les jeunes tunisiens qui se sont portés volontaires pour combattre les Américains lors de l’invasion de l’Irak en 2004. Plusieurs d’entre eux ont été impliqués dans les attentats meurtriers perpétrés par Al Qaida en Irak. Les autorités tunisiennes avaient découvert à cette époque que des milliers de jeunes étaient attirés par les thèses salafistes propagées par la mouvance de Ben Laden.

Sécurité pour l’Entourage du Pouvoir, Insécurité pour le Citoyen Ordinaire

Affirmer que « les » citoyens tunisiens vivaient en toute sécurité est archi faux ! C’était le cas pour les membres du RCD et leurs proches, oui, certainement ! C’était aussi le cas pour ceux qui choisissaient de se taire et de regarder ailleurs lorsque l’injustice rodait autour d’eux, assurément !

Mais pour le reste, vivre en Tunisie pouvait être un vrai calvaire : combien de citoyens ont été arbitrairement emprisonnés, arrêtés ou virés de leur travail pour ne pas s’être soumis aux dictats de Ben Ali ou du RCD ? Combien de syndicalistes l’ont été pour avoir osé évoquer des problèmes sociaux ? Combien d’hommes d’affaires et d’artistes ont fait l’objet de procès préfabriqués pour s’être trouvé sur le chemin des puissants ? Combien de jeunes des quartiers populaires ont été embarqués de force et violentés dans les « bagas » pour avoir simplement osé s’attabler dans un café ? Combien de jeunes couples ont été humiliés par la police et emmenés au poste pour avoir osé se tenir la main en public ? Combien de femmes ont été sexuellement harcelées la nuit par la police, avant que Ben Ali interdise les contrôles nocturnes des femmes ?

La mafia des Trabelsi humiliait et tabassait à tour de bras ceux entravaient leur business ou ceux qui leur causaient simplement une gêne dans la rue, les commerces, les cafés ou les restaurants.

Les opposants étaient constamment arrêtés, tabassés ou torturés. Leurs familles étaient constamment harcelées dans leur vie quotidienne, dans la rue, à l’école, au travail, dans leur quartier… Les pratiquants étaient arrêtés et interrogés au poste de police lorsqu’ils fréquentaient les mosquées ou qu’ils portaient une barbe. Les femmes voilées étaient arrêtées et humiliées dans la rue avant de signer un engagement à ne plus porter le foulard.

Les Conséquences de la Répression

L’adage est connu de tous : la violence engendre la violence ! Ce n’est pas un hasard que la Tunisie compte le plus gros contingent de jihadistes en Syrie, car notre société est violente, on s’en aperçoit au quotidien. On en fait les frais quand on circule en voiture, quand on fréquente les stades de foot ou les réseaux sociaux. Régionalisme, racisme, misogynie et intolérance sont devenus ordinaires. Notre société traine des traumatismes et des plaies qui n’ont jamais cicatrisé : la colonisation, la guerre civile entre les Youssefistes et les Bourguibistes, la dictature de Bourguiba puis celle de Ben Ali. Cette dernière est sans aucun doute celle qui a été la plus violente et la plus traumatisante.

La première des conséquences de la répression sous la dictature de Ben Ali, c’est la production d’un terreau fertile à la haine, au désir de vengeance, au mépris, à l’intolérance et à l’extrémisme religieux ou laïc.

La deuxième conséquence, c’est l’enfantement d’un corps des forces de l’ordre incapable d’accomplir son devoir de protection et de vigilance. Comment va-t-on sécuriser nos frontières avec une douane gangrenée par la corruption ? Comment va-t-on combattre le terrorisme avec une gendarmerie qui participe à la contrebande et une police qui depuis des décennies n’a été formée que pour réprimer, tabasser et racketter ses citoyens ? La dernière tragédie de Sousse a mis nos services de sécurité à nu : des policiers tétanisés par la peur qui n’ont pas osé intervenir, des dysfonctionnements et des failles sécuritaires sur toute la chaine de commandement qui ont laissé au terroriste 35 longues minutes pour accomplir sa besogne avant l’intervention des troupes d’élite.

Et la dernière des conséquences, c’est l’injustice sociale qu’a engendré la Médiocratie. Celle qui a produit de graves disparités dans la redistribution des richesses et le développement des régions. Celle qui a développé l’exclusion sociale et la pauvreté. Celle qui a affaibli notre système éducatif, marginalisé la culture et produit une misère intellectuelle. Celle qui a provoqué une crise identitaire.

Tout cet héritage constitue un véritable handicap pour la Tunisie de demain, ce sera un frein pour son développement économique et une menace sur sa paix sociale ;

Si des citoyens ont des proches qui se sont fait tuer, torturer ou violer pendant la dictature et qui voient leurs bourreaux se balader tranquillement dans la rue, comment va-t-on les dissuader de se faire justice eux-mêmes ? Si des citoyens ont été empêchés de pratiquer librement leur religion, comment va-t-on les dissuader de sombrer dans le fondamentalisme et de combattre les « taghouts qui ont mené une guerre contre leur foi » ? Si des citoyens se retrouvent enclavés dans la misère et exclus du développement économique simplement parce qu’ils sont nés du mauvais côté du territoire, et qu’ils voient autour d’eux d’autres tunisiens menant la belle vie, comment va-t-on les dissuader d’accepter l’argent et la promesse d’une vie meilleure que leur proposent les recruteurs de DAECH ?

Si la réponse à toutes ces questions c’est d’avantage de répression, alors notre pays n’est pas prêt de sortir de l’ornière de l’insécurité et du désastre que nous vivons….

http://nawaat.org/portail/2015/07/05/le-mythe-de-la-securite-sous-ben-ali-la-grande-imposture/

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Jeux, prostitution, trafic de drogue: pour les parrains mafieux, la Corse est le paradis des « affaires ». Mais pour qu’elles prospèrent comme ils l’entendent, ils ont besoin du plus grand laxisme administratif, doublé de la plus grande bienveillance policière et judiciaire. Ce qui explique, d’une part, les accointances du « milieu » avec des soutiens haut placés en métropole et, d’autre part, l’intrication du combat indépendantiste et des actions criminelles commanditées par des truands désireux d’asseoir leur mainmise sur l’île de Beauté. De la French Connection à l’assassinat du préfet Érignac, des bases africaines de la mafia corse aux cercles de jeu parisiens, l’enquête de Pierre Péan retrace la guerre ouverte entre hors-la-loi et tenants de l’ordre républicain qui sévit depuis les années 1930.

 

Livre Compromissions par Pierre Péan : La République et la mafia corse.

http://www.leblogtvnews.com/2015/04/livre-compromissions-par-pierre-pean-la-republique-et-la-mafia-corse.html

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Daily-Mirror-front-page-2782014-RotherhamRevenons sur l’affaire de Rotherham, en Angleterre, d’autant plus intéressante qu’en France aussi on parle de prostitution dès le collège. Rotherham, c’est cette ville ouvrière de 250.000 habitants où on estime que 1.400 adolescentes ont été exploitées sexuellement par des groupes de pakistanais, en l’espace de 16 ans. Si aujourd’hui le scandale commence vaguement à sortir, on se demande par quel miracle ces groupes de proxénètes ont pu agir sans aucun problème durant toutes ces années.

 

En fait, la réponse est toute simple, et on s’en doute tous : les flics n’ont rien fait et les autorités non plus. Ou plutôt si, ils ont passé leur temps à dissuader par tous les moyens les victimes de porter plainte et d’obtenir justice.

Aujourd’hui, un coin du voile sur cette histoire commence à se lever, et on se demande jusqu’à quel point il est devenu normal que des adolescentes de 11, 12, 13 ans, soient exploitées par des réseaux de prostitution pakistanais.

A Rotherham, où on a appris qu’en 16 ans, au moins 1.400 mineures sont tombées entre les mains de gangs de proxénètes, il y a un lieu qui s’appelle l’Interchange, où les bus, les trains, les taxis, se croisent. C’est là qu’ont lieu nombre de « rencontres » entres ces gangs de pakistanais adultes et leurs victimes, des gamines paumées. L’histoire glauque de la plupart des 1.400 gamines victimes a commencé là.

Une adolescente qui s’appelle Emma explique qu’en 2003, on l’a agressée à cette station de transports géante, dans un coin où personne ne passait. Très vite, elle a été prostituée par ces types qui se revendiquent musulmans mais ne savent que donner dans la perversion pour leur intérêt personnel. Au bout d’un moment, elle a parlé à ses parents et aux flics, mais évidemment rien ne s’est passé. Les flics ont dit que c’était sa parole contre celle du violeur, et ils ont perdu les preuves.

20140830-IMG-6080Car, elle avait donné aux flics un tas de vêtements bourrés de tâches de sperme, mais comme par hasard les flics ont « perdu » ces pièces à conviction.

Pas d’enquête, donc, pas de jugement, rien [1]. En tout cas, et on connaît bien le refrain ici, la «  » »justice » » » a considéré qu’il n’y avait pas assez d’éléments pour poursuivre, sans toutefois prendre le temps de mener une enquête digne de ce nom, ou même une enquête tout court.

Selon les flics et la justice, malgré de nombreuses plaintes similaires, il n’y avait rien qui posait problème.

Si les flics avaient juste été voir sur le terrain, ce qui n’est que la première étape de toute enquête qui se respecte, ils auraient parlé à un des employés de l’Interchange. Mais, ils ne l’ont pas fait, bien-sûr. Aujourd’hui, même la BBC fait mine d’être outrée par ces pratiques, alors qu’elle n’a jamais écrit une seule ligne sur le sujet en 16 ans de temps.

Un de ces employés de l’Interchange, âgé de 19 ans, a assisté à des scènes qui l’ont complètement traumatisé, mais jamais les flics n’ont pris ses déclarations au sérieux. Il était chargé de la sécurité et a vu des filles de 15 ou 16 ans se faire tabasser par ces pakistanais (il y avait aussi des kurdes, des irakiens, des afghans…), sans que personne n’intervienne et surtout, sans que son témoignage ne soit pris en compte par « la police », dont on se demande bien à quoi elle peut servir à part taper sur les manifestants et coller des PV.

Les médias anglais ont vite dénoncé des « manquements » dans la protection de toutes ces gamines, mais en réalité, si tous ces refus de travailler correctement sont considérés comme des « manquements », c’est que l’Angleterre va très mal.  Je vous le dis tout de suite: c’est pareil en France.

L’employé de la sécurité, ce jeune qui voyait le cirque se dérouler jour après jour, avait bien compris en 2005 que les choses ne tournaient pas rond. Les pakistanais terrorisaient les filles, qui circulaient d’un groupe à l’autre, étaient frappées, violées.

Il a été plusieurs fois en parler à la police, sans que cela ne serve à rien. En février 2006, les caméras ont filmé le viol collectif suivi du tabassage d’une adolescente de 16 ans. La police n’est arrivée que 45 minutes plus tard, les agresseurs étaient tous déjà connus des « forces de l’ordre », mais la victime a refusé de porter plainte et ils n’ont jamais été inquiétés. Ce jeune homme a aussi contacté les services sociaux, l’administration de la ville, la justice, mais personne n’a bougé.

C’est seulement en novembre 2010, cinq pakistanais ont été arrêtés pour une série d’agressions sexuelles sur des mineures (certaines n’avaient que 12 ans), et parmi eux deux avaient agressé l’adolescente de 16 ans.

En 2011, un travailleur social prend le témoignage de ce gardien, et fait remonter le rapport au conseil local, qui ne fait rien. Ce travailleur social a même été traité de « raciste » par ses chefs parce qu’il dénonçait ces gangs de pakistanais.

 

Etouffement

2014-10-30_200205Pourtant, on sait aujourd’hui que les toutes premières enquêtes, non abouties en général, et les touts premiers rapports de travailleurs sociaux [2] sur le sujet des réseaux de prostitution de mineures remontent au début des années 90.

En 2001, un membre du gang, très moche et en fauteuil roulant, a été cité comme leur « boyfriend » par 18 adolescentes qu’il avait violées et maltraitées. l’une d’elles n’avait que 12 ans, pourtant il ne s’est strictement rien passé, le type n’a même pas été interrogé. Elle était consentante, peut-être? Ou est-ce parce que le chef du conseil municipal était un cousin et le fils de celui-ci était flic? D’ailleurs, on se rend compte que d’autres politiques de la même origine ont protégé des dealers de leur famille, et que des trafiquants de drogue ont ainsi été protégés dès les années 80.

Suite à l’arrestation des cinq pakistanais, des journalistes ont compris que le problème était d’une toute autre ampleur, et une enquête a été lancée en 2013 par une ancienne responsable des services sociaux Alexis Jay afin de comprendre comment on avait pu ignorer la catastrophe aussi longtemps. Ce rapport a été publié en août 2014, il a dénoncé les manquements des autorités mais surtout il a calculé que pas moins de 1.400 gamines avaient été victimes de ces gangs depuis 1997. Plus de 30% d’entre elles étaient déjà connues par les services sociaux qui, visiblement, ont commis quelques ratés.

Les autorités de Rotherham ont alors expliqué que s’ils ont tout fait pour étouffer cette crise, c’est pour ne pas avoir l’air racistes et préserver la bonne entente entre les communautés.

367274Comme d’habitude,  une grande enquête a été lancée en septembre pour comprendre comment tout cela a pu être étouffé avec autant de force et de persistance depuis 16 ans, mais bien-sûr ce ne sera la faute à personne et on pointera au mieux des « dysfonctionnements systématiques« . Certains politiques, comme le conseiller Shaun Wright qui était chargé de la protection de l’enfance, ont du démissionner. De fait, il est impressionnant de constater la somme d’incompétence réunie dans cette ville, dans tous les secteurs concernés par la protection de l’enfance.

On a appris que les flics avaient reçu l’ordre par le conseil politique local de lever le pied sur les enquêtes concernant ces gangs de proxénètes.  En 2012, aucune enquête de la police de Rotherham n’a abouti sur les agressions sexuelles organisées de mineures. Même un type de 22 ans coincé dans sa voiture avec une gamine de 12 ans dont il avait des photos équivoques dans son téléphone et qu’il avait manifestement poussée à boire de la vodka a pu s’en tirer. De nombreux cas similaires ont été relatés par les médias.

Une travailleuse sociale qui a travaillé pour le ministère de l’Intérieur en 2002, et qui avait compilé de nombreuses informations sur les gangs de proxénètes pakistanais à Rotherham, a un jour constaté que ses fichiers avaient disparu de son ordinateur sans que des traces d’effraction ne soient visibles. Cette femme a même été virée à force de vouloir alerter sa hiérarchie sur la catastrophe en cours, elle a été harcelée et menacée pour modifier son rapport. Aucune des autorités de la ville n’a voulu entendre.

Une femme de 21 ans qui a été placée dans des foyers, à Bradford (à 20 km au nord de Rochdale), a expliqué que dès ses 13 elle a été sous l’emprise d’un de ces gangs, que les repsonsables du foyer le savaient parfaitement mais qu’ils n’ont pas du tout cherché à la protéger.

2014-10-30_201258Des dossiers concernant plusieurs victimes de ces gangs et les lieux où des viols avaient lieu ont disparu à Rotherham. Des dossiers concernant les manquements des autorités ont aussi disparu. « La prolifération des révélations au sujet de dossiers que nous n’arrivons plus à localiser entraîne la suspicion du public au sujet d’un étouffement délibéré« , a déclaré Keith Vaz, qui pilote la commission d’enquête sur Rotherham, avant de réclamer une enquête indépendante.

On s’est aussi rendu compte que des familles de victimes, en plus des victimes elles-mêmes, ont été littéralement harcelées et terrorisées par les types des gangs. Là non plus, les flics ne sont jamais intervenus. Alors évidemment, certains victimes sont retournées dans le réseau pour que leur famille ait la paix.

La chef du service de protection de l’enfance, Joyce Thaker, a commencé par minimiser le problème demandant qu’on « garde un sens des proportions » dans cette affaire, puis elle a refusé de démissionner quand on a compris qu’elle n’avait pas bougé le petit doigt pour protéger les enfants.  Elle qui gagne (accrochez vous hien) 115.000£ par an pour ne rien faire, préfère enlever des enfants à leurs familles plutot que de protéger ceux qui doivent l’être car ils sont menacés dans les rues. Mieux: en 2000 elle avait ordonné qu’on saisisse les ordinateurs des travailleurs sociaux. Ce qui a été saisi, ce sont toutes les données concernant des victimes.

D’après Simon Danczuk, ce sont les leaders politiques d’origine asiatique, des pakistanais, irakiens et autres, qui ont poussé pour étouffer le scandale. Mais on peut aussi penser que chacun ayant envie de mener sa carrière sans encombre, tout le monde, du politique aux sévices sociaux en passant par les flics, a mis l’affaire sous le tapis.

 

2014-10-30_201948Epidémie

Des réseaux similaires ont été en partie démasqués à Rochdale, la ville du député Cyril Smith, devenue un vrai trou paumé livré à la débauche de jeunes, à Oxford, à Sheffield, Bradford, ou encore à Manchester. C’est la région qu’on appelle le Great Manchester, où ces gangs sont particulièrement actifs parce qu’on les a laissés faire sans entraves.

En 2012, un gang de 12 pakistanais et d’irakiens a été arrêté à Rochdale [3], à 50 km de Rotherham, et à 10 km au nord de Manchester. Là aussi, des gangs d’asiatiques ont exploité sexuellement des mineures, mais seulement quelques uns sont tombés et on n’a pas cherché à savoir combien de victimes existaient au total, même si depuis 2003 on estime qu’elles sont plusieurs centaines.

Un député local, Simon Danczuk, qui a dénoncé Cyril Smith et ses protections cet été, a aussi déclaré que la police avait dissuadé les victimes de porter plainte. Sur 17 organismes chargés de la protection des mineurs, aucun n’a fait son travail à Rochdale.

Les gamines, elles, étaient droguées, frappées, et envoyées chez des clients un peu partout dans la région. Dans le cas d’une ado de 15 ans qui est tombée entre les mains de ce gang, les flics ont dit aux parents qu’elle avait fait « un choix de vie ».

Cela faisait déjà un an qu’elle était violée par ces types, et elle a pu s’échapper, seule, un an plus tard. Il n’a jamais été question de poursuites judiciaires contre les violeurs qu’ils soient proxénètes ou clients. Là aussi, on a pointé des « manquements », des « dysfonctionnements », et même d’ « erreurs » de la police qui ont permis à ces gangs de se multiplier, mais finalement rien n’a changé. Et puis tout cela, c’était seulement pour ne pas avoir l’air raciste. Alors les gamines en difficulté violées à une échelle industrielle, on s’en fout.

A-room-in-the-Nanford-gue-010A Oxford, un réseau similaire a pu se développer entre 2002 et 2012. En 2012, seulement neuf types ont été arrêtés pour viols et prostitution de mineurs, les plus jeunes âgées d’à peine 11 ans. Là aussi, ils accrochaient les gamines vulnérables (dont certaines étaient placées dans des foyers) avec des « cadeaux », de l’alcool et de la drogue, et une fois qu’elles étaient ferrées on les mettait dans la prostitution. Certaines filles étaient visées uniquement pour devenir des enfants prostituées, victimes de viols collectifs parfois pendant plusieurs jours. Elles étaient battues et même torturées si elles refusaient.

De nombreux lieux ont servi à les prostituer, dont la Nanford Guest house, où plusieurs filles étaient exploitées. Le leader du gang, Mohammed Karrar, disait qu’il ne serait jamais arrêté, ce qui a été vrai pendant longtemps. Il faisait payer 400 à 600£ pour violer une gamine de 12 ans qu’ilavait tatouée avec un « M ». 400 £, c’est à peu près 500€: quel prolétaire ou smicard a les moyens de se payer ça?

En cette rentrée de 2014, c’est à Sheffield, à 3 km de Rotherham, que cinq pakistanais ont été arrêtés et condamnés, pour les mêmes raisons: exploitation sexuelle et viols de mineure, mais cette fois il n’y avait qu’une seule victime, une gamine de 13 ans qui avait fugué de chez elle un an plus tôt. Au bout de quelques jours elle est tombée sur le gang, et a été libérée près une semaine de viols collectifs. Mais à Sheffield aussi, on sait bien que des centaines d’enfants sont passés par ces gangs, dans l’indifférence la plus totale même si, dès 1997, une équipe a été mise en place pour lutter contre ce phénomène.

376655_children-abuseCette semaine, 11 types ont été arrêté à Manchester sud, pour viols de mineures, enlèvements et prostitution de mineures, mais ils ont été vite relâchés sans charges retenues contre eux. A Keighley (30 km de Rochdale), 28 types ont été arrêtés en août pour avoir violé quatre gamines. Un peu plus loin à Calderdale, entre Keighley et Rochdale, 31 autres ont été mis sous le verrous début septembre pour avoir exploité sexuellement des adolescentes. Depuis deux ou trois mois, environ 70 types ont été arrêtés dans la région pour avoir participé à ces gangs de proxénètes. En juillet, c’est un « businessmen » d’origine pakistanaise qui a été condamné à 8 ans de prison à Leeds pour avoir violé une gamine de 12 ans durant plusieurs mois.

Aujourd’hui, on se rend compte que l’exploitation sexuelle de mineurs dans le Great manchester est devenue la norme, une banalité connue de tous. Rochdale n’était pas un cas isolé, Rotherham non plus, Oxford non plus… Depuis 1997, pas moins de 13.000 cas d’abus sexuels contre mineurs de moins de 16 ans ont été portés à la connaissance des autorités du Great Manchester, pour à peine 1.000 condamnations (les proprotions sont encore pire sen France).

On ne sera pas étonné: depuis des dizaines d’années, ce pays est occupé à étouffer toutes les affaires de réseaux pédophiles, alors forcément ça donne des idées. l’impunité a été la règle, la destruction des victimes, le quotidien. Comment un pays dirigé par des pédophiles impunis pourrait-il enrayer le phénomène des gosses prostitués?

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Si on n’y prend pas garde, dans 2 ou 3 ans, des gangs similaires commenceront à s’implanter en France. Paradoxalement, alors qu’une campagne choc est menée contre la protitution au collège, un clip pro pédophile est diffusé sans problème sur nos écrans, avec une gamine au comportement hyper sexualisé. Il y a un an à Cannes, on avait été choqués par ces deux ados de 14 et 15 ans qui se prostituaient juste pour se payer des fringues et des sorties. A Lille cette année, une gamine de 12 est régulièrement retrouvée sur le trottoir, et elle a ses clients, tout comme sa soeur de 13 ans. A Lille, des dizaines de mineures se prostituent [4] dans les coins à prostitution, mais personne n’en parle. On dit que 5 à 8.000 mineurs se prostituent aujourd’hui en France, et je crains qu’avec les programmes scolaires actuels, dans lesquels on banalaise à l’extrême la sexualisation des enfants et le corps des adultes, le problème ne fasse que s’amplifier dans une france qui tombe en ruine économiquement et socialement.


[1] En fait, les flics lui ont filé 140£ pour les vêtements qu’ils avaient fait disparaitre.

[2] En 1997, un rapport des services sociaux estimait déjà qu’environ 270 filles de 11 à 25 ans étaient victimes de ces gangs.

[3] Rochdale est la ville où le député libéral et obèse Cyril Smith a pu violer des dizaines d’enfants, y compris dans les foyers pour enfants défavorisés qu’il avait lui-même créés, et cela sans qu’aucune de la quarantaine de plaintes contre lui n’ait jamais été prise en compte par la justice. Cyril Smith a donc été protégé tout au long de sa carrière. Il était aussi un des clients d’Elm Guest house, un bordel pédophile actif à londres de 1979 à 1982, et était un ami de jimmy Savile. la police a aussi mis à jour des connexions entre Smith, Savile et le tueur pédophile Sidney Cooke.

[4] En une seule semaine, en juillet, les flics de Lille ont interpellé douze mineures pour racolage. Une bonne partie a fui les sévices sociaux. Et comme derrière, ledits sévices sociaux sont incapables d’agir efficacement, on les retrouve très vite au même endroit. Quant aux plaintes contre les clients, ‘cest très simple: elles sont classées sans suite, comme quasiment toutes les plaintes en france.

 

source: http://dondevamos.canalblog.com/archives/2014/10/29/30858120.html#utm_medium=email&utm_source=notification&utm_campaign=dondevamos

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