Articles Tagués ‘président de la Commission européenne’

Et, bien sûr, Christine Lagarde du FMI, Michel Sapin, le père Noël de Bercy, comme le TRACFIN et la DNRED ne savaient rien!

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LuxLeaks : la page secrète de Juncker
par Bruno Odent
Jeudi, 1 Octobre, 2015
L’Humanité
AFP
Ils n’ont pas honte ! Jean-Claude 
Juncker a-t-il menti au parlement européen en niant avoir eu connaissance 
des pratiques luxembourgeoises de dumping 
fiscal ?

On sait combien le Luxembourg est « compétitif » dans l’Union européenne en matière de fiscalité sur les multinationales. Des accords secrets ont permis aux Google, Amazon, Coca-Cola, Facebook, Fiat, Ikea ou McDonald’s de réduire au strict minimum l’impôt payé en Europe en se faisant 
domicilier dans le Grand-Duché. Le « LuxLeaks » a permis de lever une partie du voile sur ces petits arrangements locaux conclus depuis au moins une vingtaine d’années. Durant une période où le petit pays n’a quasiment connu qu’un seul chef d’État, l’actuel président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. Entendu par une commission du Parlement européen le 17 septembre, celui-ci a maintenu sa ligne de défense : tout ce désordre se serait produit à l’insu de sa personne. Et il a appuyé sa démonstration en brandissant un rapport consacré à la question commandité en avril 1997 auprès du député luxembourgeois Jeannot Krecké.

Sauf que, d’après les informations obtenues par le magazine allemand Der Spiegel auprès du rapporteur lui-même, Juncker n’aurait présenté aux parlementaires européens que la version « officielle » de cette enquête alors qu’il en possédait une autre version, « confidentielle », dotée d’une page supplémentaire. Répondant au Spiegel, Krecké est formel : il a « bien transmis » les deux versions « à monsieur Juncker ». Pourquoi ce feuillet secret et que contient-il ? Le député luxembourgeois a refusé de répondre. On pourrait toutefois pouvoir avoir une idée plus précise de son contenu prochainement puisque, sur la défensive, Juncker a assuré au Spiegel qu’il allait rendre publique cette page qui a malencontreusement glissé hors du dossier transmis aux élus européens. Qu’on se le dise une bonne fois pour toutes : le gentleman gardien du temple ordo-libéral, et pourfendeur cet été « des mensonges » grecs, ne pouvait pas avoir possédé la clé du paradis fiscal luxembourgois.

source:http://www.humanite.fr/luxleaks-la-page-secrete-de-juncker-585387

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Maitres du Monde
Les organisations du pouvoir planétaire

Le gouvernement mondial

Au pouvoir déclinant des gouvernements des états-nations s’est substitué un nouveau pouvoir, planétaire, global, et échappant au contrôle de la démocratie. Les citoyens continuent d’élire des institutions nationales alors que le pouvoir réel a été déplacé vers de nouveaux centres.La planète est aujourd’hui dirigée par une constellation d’organisations au rôle exécutif ou politique.Les organisations exécutives se répartissent en 3 sphères de pouvoir:
– la sphère du pouvoir économique et financier
– la sphère du pouvoir militaire et policier
– la sphère du pouvoir scientifiqueLe pouvoir politique du système est exercé par une quatrième catégorie d’organisations: les « clubs de réflexion », réseaux d’influence, ou réunions de « global leaders » comme le Groupe de Bilderberg ou le World Economic Forum de Davos.Toutes ces organisations ne sont pas concurrentes mais étroitement liées et complémentaires.Elles forment un ensemble dont la cohésion est assurée par l’appartenance simultanée de certaines personnalités à plusieurs organisations. Ces personnes-clé peuvent être considérées comme lesMaitres du Monde. Quelques uns sont des leaders politiques de premier plan, commeGeorge Bush (le père) ou HenryKissinger. Mais la plupart d’entre eux sont inconnus du grand public.En observant le diagramme de ces organisations, ceux qui connaissent la cybernétique verront à quel point ce système a été ingénieusement conçu. Structurées en réseau, plusieurs organisations se partagent la même fonction, et les centres ainsi que les « circuits de commande » ont été doublés ou triplés, afin d’assurer plus de sécurité et de stabilité à l’ensemble.Ainsi, au cas où une organisation ou un lien devient inopérant, le contrôle global n’est pas menacé. Exactement comme Internet: un système sans centre unique, dont les flux d’information peuvent « contourner » un centre local hors service.
Les instances exécutives


L’OCDE , l’organisation initiatrice de l’AMI, conçoit les règles du commerce mondial et influence de très près la politique économique des pays occidentaux. Elle rassemble 30 pays développés qui « partagent les principes de l’économie de marché » Le Fond Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale dessinent l’économie et l’environnement de la planète par le biais des prêts accordés aux états du Tiers-Monde à condition qu’ils appliquent une politique économique d’inspiration ultra-libérale, au mépris des réalités humaines et écologiques. L’Organisation Mondiale du Commerce (OMC, ou WTO en anglais) fixe les règles du commerce mondial, en réduisant considérablement la marge de décision des états dans le domaine de l’économie ou de l’environnement. La Commission Européenne (ou « Commission de Bruxelles ») est le gouvernement de l’Union Européenne. Ses membres ne sont pas élus, et le public n’est jamais informé de leurs décisions. Des parts croissantes du pouvoir des états sont transférés à cette Commission qui n’est soumise à aucun contrôle démocratique. (La législation européenne représente déjà 80% des lois appliquées par les états de l’Union.)Ces transferts de souveraineté ont été réalisés par des politiciens de droite et de gauche, dans le but de faire échapper au débat public l’essentiel des décisions économiques, sociales, et environnementales.De plus, la Commission Européenne est entièrement sous l’influence des lobbies industriels qui sont les grands inspirateurs de la réglementation européenne. La politique européenne est élaborée en étroite collaboration avec l’European Round Table qui rassemble les dirigeants des grandes multinationales européennes. L’European Round Table est associée à toutes les grandes décisions en matière économique, financière, sociale, ou environnementale. Enfin, beaucoup de Commissaires Européens sont très liés à des multinationales ou à des réseaux d’influences favorables au libéralisme et à la mondialisation.

Par ailleurs, de nombreux commissaires européens sont membres du très puissant « Groupe de Bilderberg »:

– Jose Manuel Barroso (actuel président de la Commission Européenne, ancien premier ministre du portugais)
– Frits Bolkestein (le commissaire européen auteur de la « directive Bolkestein« )
– Romano Prodi (ancien président de la Commission Européenne, premier ministre italien)
– Jacques Santer (ancien président de la Commission Européenne, ancien premier ministre du Luxembourg)
– Sir Leon Brittan (vice-président de la Commission, ardent promoteur des traites AMI et NTM, ancien négociateur européen pour le GATT)
– Pascal Lamy (fervent partisan de l’AMI, et responsable de la modification de l’article 133 du Traité d’Amsterdam afin que les états donnent définitivement les pleins pouvoirs à la Commission pour la négociation et la signature des traités économiques de type AMI)
– Edith Cresson (ancien membre de la Commission, ancien premier ministre français, ancien ministre du commerce, ancien membre de la direction de Schneider)
– Emma Bonino
– Mario Monti (ex Banca Commerciale Italiana)
– Hans Van Den Broeck
– Karel van Miert
– Erkki Liikanen
– Ritt Bjerregaard

A la BCE, la Banque Centrale Européenne, on retrouve encore d’autres participants au Groupe de Bilderberg:

– Jean-Claude Trichet (président de la BCE)
– Wim Duisenberg (ancien président du directoire la BCE, ancien président de la De Nederlandsche Bank)
– Otmar Issing (membre du directoire)
– Tommaso Padoa-Schioppa (membre du comité exécutif)

 

Les « clubs de réflexion »
Le Word Economic Forum est une organisation qui rassemble les hommes les plus puissants et les plus riches de la planète. Le critère d’admission au sein de ce réseau est le niveau de pouvoir, de richesse, et d’influence du candidat, dans le domaine de l’économie, de la politique internationale, de la technologie, ou des médias. La principale réunion du World Economic Forum a lieu chaque année à Davos, en Suisse, à la fin du mois de Janvier. Tout au long de l’année, les membres les plus importants de cette organisation sont reliés par un super-réseau de vidéo-conférence, « Wellcom », qui leur permet de se concerter à tout moment sur les décisions mondiales importantes. Exactement comme dans le film « Rollerball« , qui décrit un monde futur où les cartels économiques ont pris le pouvoir et où une élite planétaire prend ses décisions lors de vidéo-conférences similaires.  Site officiel
La Trilateral Commission est un organisme de réflexion international co-fondé en 1973 par David Rockefeller et Zbigniew Brzezinski (ancien conseiller du président Jimmy Carter). Il réunit des dirigeants des 3 zones économiques principales: Amérique du Nord, Europe de l’Ouest, Japon.  Site officiel

 

Le CFR (Council on Foreign Relations) est une organisation américaine qui rassemble des leaders politiques ou économiques de haut niveau (comme George Bush père, Henry Kissinger, ou David Rockefeller, le président du CFR). Depuis le début du 20è siècle, presque tous les présidents américains sont des membres du CFR. Le Comité consultatif du CFR comprend des représentants étrangers, comme Michel Rocard (ancien premier ministre français), Otto Lamsdorf (ancien ministre des finances allemand), Brian Mulroney (ancien premier ministre canadien), ou Lord Conrad Black (président du groupe de presse Hollinger, et par ailleurs proche de l’administration Bush).  Site officiel
Le Groupe de Bilderberg , fondé en 1954, est sans doute le plus puissant des réseaux d’influence. Il rassemble des personnalités de tous les pays, leaders de la politique, de l’économie, de la finance, des médias, ainsi que quelques scientifiques et universitaires. Pour ceux qui enquêtent sur les réseaux de pouvoir, le Groupe de Bilderberg est le véritable gouvernement mondial. Le président et co-fondateur du Bilderberg Group est David Rockefeller.
Voici les listes par pays des membres du Groupe de Bilderberg: USA, Canada, Grande Bretagne, France, Belgique, Suisse, Hollande, Allemagne, Autriche, Italie, Espagne, Portugal, Norvège, Suède, Danemark, Finlande, Luxembourg, Irlande, autres pays
Le Siècle est un club de reflexion qui rassemble les membres les plus puissants et influents de la classe dirigeante française: responsables politiques, présidents de grandes entreprises, et journalistes des médias qui « font l’opinion ».
La Fondation Saint-Simon est une organisation très similaire au Siècle. Elle s’est dissoute en 1999 après avoir beaucoup contribué à la conversion idéologique de la gauche française au libéralisme.

L’IFRI (Institut Français des Relations Internationales) est une sorte de CFR à la française. On y retrouve des politiciens de droite et de gauche, des patrons de grandes entreprises, des journalistes, et quelques universitaires.

Le Club de Rome est un « club de réflexion » de leaders politiques et économiques, principalement européens.
Les sociétés secrètes

Le Bohemians Club
Une société secrète où les puissants de ce monde se retrouvent pour d’étranges cérémonies au parfum de satanisme.

Les Illuminati sont une « élite dans l’élite » qui se réunit au sein d’une organisation secrète fondée sous sa forme actuelle au 17è siècle. Originellement, leur projet était de changer radicalement le monde, en anéantissant le pouvoir des régimes monarchiques qui, à cette époque, entravaient le progrès de la société et des idées. La Révolution Française et la fondation des Etats-Unis auraient été des résultats de leur stratégie. Pour les Illuminati, la démocratie politique était un moyen et non une fin en soi. Selon eux, le peuple est par nature ignorant, stupide, et potentiellement violent. Le monde doit donc être gouverné par une élite éclairée. Au fil du temps, les membres de ce groupe sont passés du statut de conspirateurs subversifs à celui de dominateurs implacables dont le but essentiel est de conserver leur pouvoir.Le terme « Illuminati » signifie littéralement « les Illuminés » (du latin « illuminare »: illuminer, connaître, savoir)Leur symbole est présent sur les billets de 1 dollar: une pyramide dont le sommet (l’Elite) est éclairé par l’oeil de la conscience et domine une base aveugle, faite de briques identiques (la population).Les deux mentions en latin sont très significatives. « NOVUS ORDO SECLORUM » signifie « nouvel ordre pour les siècles ». En d’autres termes: nouvel ordre mondial. Et « ANNUIT CŒPTIS » signifie: « notre projet sera couronné de succès ».Un projet aujourd’hui proche de sa réalisation finale.
pour plus d’infos, voir la page Illuminati…© Syti.net, 2001
Qui sont les Maitres du Monde?…Voici quelques participants aux organisations des Maitres du Monde.Sur leur visage se lisent des caractéristiques communes: grande intelligence, subtilité, cynisme, dureté, détermination, absence de scrupules (« la fin justifie les moyens »), sans oublier cet ineffable plaisir d’appartenir à une élite et pouvoir contempler le monde vu d’en-haut…

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De haut en bas, et de gauche à droite:1
Henry Kissinger (ministre des affaires étrangères de Nixon, président de Kissinger Associates Inc.)
George Bush (ancien président des Etats Unis, ancien directeur de la CIA de 1976 à 1977)
2
Philippe Jaffré (ex président d’Elf Aquitaine, ex PDG du Crédit Agricole)
Giovanni Agnelli (président de Fiat)
Michel Camdessus (ancien président de la Banque Mondiale, ex gouverneur de la Banque de France)
Jean-Claude Trichet (gouverneur de la Banque de France, président de la BCE, la banque centrale européenne)
Etienne Davignon (président de la Société Générale de Belgique)
3
Giulio Andreotti (l’homme qui a dirigé l’Italie durant presque 30 ans; impliqué dans de multiples scandales en relation avec la mafia, la loge maçonnique P2, et les attentats d’extrême droite en Italie dans les années 70)
Leon Brittan (vice président de la Commission Européenne, négociateur européen pour le GATT, ardent promoteur des traités AMI et NTM)
Hillary Clinton (sénateur du Parti Démocrate, épouse de Bill Clinton)
Tony Blair (premier ministre de Grande Bretagne)
Ernest Antoine Seillière (président des holdings Wendel Investissement et CGIP, président du MEDEF, l’organisation des chefs d’entreprise de France)
4
James Wolfensohn (président de la Banque Mondiale)
David Rockefeller (président de la Chase Manhattan Bank)
Bill Gates (président de Microsoft)
5
Franz Vranitzky (ancien Chancellier d’Autriche)
Hilmar Kopper (président du directoire de la Deutsche Bank)
Vernon Jordans (directeur général de la Banque Lazard)
Zbigniew Brzezinski (membre du CFR, ancien conseiller du président Jimmy Carter)
6
Bertrand Collomb (président de Lafarge)
Andre Levy-Lang (ex président de la banque Paribas)
Thierry de Montbrial (directeur de l’Ecole Polytechnique, membre de la Trilatérale, directeur de l’IFRI)
7
Pascal Lamy (Commissaire Européen, et fervent partisan de l’AMI)
Giulio Tremonti (ministre italien des Finances, député de Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi)
Maurice Lippens (président de Fortis Bank) Source http://www.syti.net/Organisations.html

source:https://internationalinformant.wordpress.com/wp-admin/post-new.php

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Françoise Compoint

Yannick Jaffré a plus d’une corde à son arc. Agrégé de philosophie, auteur d’un livre aussi édifiant qu’original intitulé Vladimir Bonaparte Poutine, il nous a livré son analyse du discours de Poutine au dixième forum du club Valdaï.

Discours de Valdaï. Poutine, un westphalien à toute épreuve

Le dernier discours de Vladimir Poutine au club Valdaï a surpassé de par sa force celle de Munich en 2007.

Bien que les thèses avancées par le Président russe s’inscrivent toujours dans une optique polycentrique, souverainiste et rationnellement respectueuse du droit international, il n’en demeure pas moins que le développement qui leur a été donné la semaine dernière est sans précédent.

Poutine, aurait-il lancé un défi aux USA, considérant que le traitement actuel du dossier ukrainien ne laisse plus aucune place aux formules hautement diplomatiques ? La nouvelle idéologie d’Etat russe, permettrait-elle enfin de faire face, avec beaucoup plus d’efficacité qu’auparavant, au néo-impérialisme thalassocratique anglo-saxon et notamment à la théorie du Heartland mackindérien ou encore du containment de Kennen qui en sont les expressions les plus révélatrices? En serait-on venu à un stade où l’hégémonie transatlantique serait dépassée par l’ascendance économique des BRICS, si bien que la Russie n’hésite plus à dévoiler le jeu des puissances dites démocratiques en pointant du doigt, argumentaire détaillé à l’appui, les responsables d’un chaos déjà si peu contrôlable qu’il pourrait conduire à une guerre généralisée ?

Yannick Jaffré a plus d’une corde à son arc. Agrégé de philosophie, auteur d’un livre aussi édifiant qu’original intitulé Vladimir Bonaparte Poutine, il nous a livré son analyse du discours de Poutine au dixième forum du club Valdaï.

La Voix de la Russie. Le dernier discours de Poutine au club Valdaï a frappé plus d’un par sa tonalité. En effet, le Président russe remet en cause, clairement et radicalement, les fondements du leadership américain et la manière dont celui-ci s’opère. Pourquoi maintenant? La coupe, serait-elle sur le point de déborder? Peut-on considérer qu’il s’agit d’une réaction au discours d’Obama où ce dernier a comparé la menace russe à celle que présente l’EI ou le virus Ebola?

Yannick Jaffré. Je crois que cette déclaration d’Obama qui d’ailleurs est tout à fait symptomatique de la façon dont les USA, leurs alliés occidentaux et, pour ma grande honte, les Français conçoivent les relations internationales, n’a certes pas arrangé les choses. Ceci dit, je pense qu’en l’occurrence Poutine réagit à l’attitude américaine et européenne au cours de la crise ukrainienne et plus généralement encore à la conception du monde monopolaire ou maniaco-polaire qui est celle des atlantistes.

En effet, ladite conception détruit les conditions de cette rationalité qui devrait définir les relations internationales en garantissant la conservation d’un horizon de paix sans pacifisme. On passe par les rapports de force mais on ménage les portes de sortie. Or, la rhétorique obamienne fait penser à celle de Laurent Fabius lorsqu’il dit que « Bachar el-Assad ne mériter[ait] pas d’être sur terre » (août 2012). Elle détruit ainsi les conditions d’un dialogue diplomatique qui n’est certes pas un dialogue angélique mais qui permet à l’adversaire ou à l’antagoniste de formuler sa propre réponse. Or, quand on incarne le Mal absolu, quand on ne mérite pas d’être sur terre, ce droit nous est automatiquement refusé.

Je préciserai, pour ponctuer cette réflexion, que Poutine me semble encore plus dur vis-à-vis de l’UE que vis-à-vis des USA nonobstant leur rôle de meneur à l’échelle mondiale. Poutine n’a pas lancé dans ses discours d’appels forts en direction de l’UE, celle-ci étant au contraire l’objet de ses critiques. Il y a une belle mention vers la fin d’un partenariat entre l’Europe occidentale et l’Eurasie mais une mention assez peu accentuée, constat qui me semble être l’inflexion principale de ses discours.

La Russie a été profondément déçue par l’attitude de l’UE au cours de la crise ukrainienne. Les Européens ont joué aux va-t-en-guerre en renforçant une crise qui était parfaitement évitable et dont Poutine a énuméré d’une façon succincte les étapes de l’escalade provoquée par l’action conjointe de l’UE et des USA. A cet égard, on pourrait évoquer l’affaire du coup de fil entre Poutine et Barroso il y a quelques mois. Ce dernier avait affirmé que le Président russe était prêt à entrer à Kiev. En réalité, Poutine qui répugnait à parler directement au Président de la Commission européenne considérant qu’il n’était pas un chef d’Etat, avait fait remarquer qu’il se trouvait dans une posture de négociations et qu’il pourrait être à Kiev dans 15 jours. La déclaration de Barroso est tout aussi emblématique que celle d’Obama que vous avez évoquée. Elle témoigne du refus occidental d’entamer un dialogue raisonnable et raisonné avec la Russie.

LVdlR. « La prospérité des USA repose en grande partie sur la confiance des investisseurs et des détenteurs étrangers de dollars et de valeurs mobilières étasuniennes. Cette confiance est mise à mal et des signes de désillusion quant aux fruits de la mondialisation sont maintenant visibles dans de nombreux pays ». A votre sens, peut-on interpréter cette phrase comme une allusion (entre autres) au fait que la Chine puisse finir par bouder la dette étasunienne? Si c’est le cas, à quoi rime-t-elle?

Yannick Jaffré. Je ne pense pas qu’il s’agisse exactement de cela. Les intentions des dirigeants chinois me semblent assez opaques dans leurs détails mais claires dans leur généralité. La Chine étend son Empire au moyen de lois qui sont plutôt celles de la pénétration économique. Effectivement, les banques chinoises pourraient mettre en défaut les USA mais je ne crois pas que cela soit dans leur intérêt immédiat, surtout que les liens entre les élites chinoises et les USA mériteraient sans doute d’être éclairés par de véritables journalistes qui feraient leur travail.

Je pense que Poutine essaye de créer à travers l’Organisation de coopération de Shangai et les BRICS une alternative au pétrodollar et aux excess dollars mais il est difficile de dire quelle est l’attitude de Pékin à cet égard.

En tout cas, quand Poutine en appelle dans son discours de Valdaï à la rationalité libérale du marché global qui est rompue par la logique des sanctions infligées par les USA et leurs alliés à la Russie, il essaye de retourner le libéralisme à l’envoyeur libéral et de construire des aires de cohérence économique qui échappent à la mainmise américaine.Mais tant que le dollar reste la monnaie de référence internationale soutenue par la puissance militaire des USA, les entreprises de Poutine – et il en a conscience – auront des effets limités.

Pour en revenir à la mise en défaut des USA par les banques chinoises, je n’y crois pas pour le moment. Ce qui en revanche est flagrant, c’est l’inspiration quasi-gaulliste de Poutine. Le remplacement en 1965 de l’étalon OR par le dollar avait suscité chez le Général des inquiétudes tout à fait prémonitoires dont on a pu constater depuis le bien-fondé : un pays, les USA, peut produire la monnaie d’échange de référence autant qu’elle le juge bon suivant ses intérêts. Il semblerait donc que Poutine essaye de contrer ce phénomène en impliquant la Chine mais étant assez sinosceptique je ne suis pas vraiment convaincu de ses succès dans l’immédiat.

LVdlR. Poutine parle de résoudre le dilemme entre les actions de la communauté internationale et les principes de la souveraineté nationale (clin d’œil à l’Ukraine). On peut se demander si ce dilemme est résoluble en pratique. Le gouvernement russe, croirait-il encore qu’une réactualisation d’Helsinki soit possible?

Yannick Jaffré. Il y a plusieurs aspects à relever sur ce point. Je l’écris dans l’ouvrage que je lui ai consacré (Vladimir Bonaparte Poutine, NDLR), Poutine est un westphalien, c’est-à-dire un tenant de la souveraineté nationale et territoriale ce qui est son attitude la plus constante. Il y a en effet une contradiction potentielle entre ce principe et ce qui serait le droit international ou une convergence internationale qu’il réfère à Helsinki. Assez curieusement, il y a comme une trace d’un Poutine soviétique derrière un Poutine westphalien. Ceci étant, je pense qu’il faut inscrire cette contradiction apparente dans une conception plus large. Poutine est westphalien. Il est diplomate et juriste et tient donc à la conception de l’équilibre des forces contre le messianisme américain aggravé par la situation d’hyperpuissance solitaire des USA portés à déifier leur mission hier au nom de Dieu, aujourd’hui, au nom des droits de l’homme.

Il me semble donc que Poutine aspire à former un espace intellectuel encadrant la rigidité du droit international en vue de contester le manichéisme des conceptions atlantistes. Pratiquement parlant, il s’agit pour lui de laïciser ou de rationaliser les rapports internationaux qui sont marqués par une logique religieuse. Ce n’est plus au nom de Dieu que l’on justifie aujourd’hui un certain nombre d’interventions militaires mais au nom de l’Homme et de ses droits. Dans ce cadre-là que Poutine conteste, on est condamné au manichéisme. Pourtant, Carl Schmitt, et bien d’autres avant lui, avertissaient qu’il fallait toujours considérer l’ennemi comme relatif et développer un discours qui puisse être entendu par un pair, c’est-à-dire un être humain. Pas un Dieu ou un Homme en général mais par d’autres nations, à savoir par l’ennemi.

Dans le cadre qui est celui que définissent les interventions américaines depuis 25 ans, il n’y a pas de dialogue possible. Il n’y a que le Mal, aspect qui exclue tout discours diplomatique et rationnel. C’est bien cette vision réductionniste que Poutine conteste et c’est bien dans cet esprit qu’il brandit la logique du droit international malgré la prédominance sous-jacente des rapports de force qui sont à sa racine.

Je pense donc que la maxime de Poutine n’est pas celle de l’impératif catégorique kantien selon lequel les principes de l’action d’une personne doivent fonder une morale universelle mais que le sens de cette maxime avoisine une stratégie qui pousse l’adversaire à reconnaître ta force et à accepter ton droit dans la mesure où tu reconnais le sien ou, a minima, fait en sorte que tu puisses revendiquer ton action devant un tiers, c’est-à-dire en l’occurrence l’ensemble des nations dans un contexte de multilatéralité, d’où la référence à l’ONU. Non pas que Poutine soit particulièrement épris du cadre des Nations Unies mais celui-ci permet malgré tout de construire une véritable multilatéralité.

Il y a en parallèle une référence à Helsinki qui à son tour s’inscrit dans une double référence à la guerre froide puisque, d’une part, Poutine semble considérer que les USA s’arrogent d’une manière abusive le titre de vainqueurs de cette guerreet que, de l’autre, ils la perpétuent puisqu’il leur faut des ennemis imaginaires, par exemple l’Iran, la Russie ou les rogue States (les Etats voyous) du début des années 2000. C’est en ce sens qu’Helsinki lui paraît une référence employable. Mais en pratique je suis d’accord avec vous, cette référence est quelque peu obsolète ce qui n’amoindrit nullement la portée du discours prononcé par Poutine.

Lire la suite: http://french.ruvr.ru/radio_broadcast/5646129/279388184/

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L’administration du président russe prête à publier la discussion téléphonique de Poutine avec Barroso

L’administration du président russe prête à publier la discussion téléphonique de Poutine avec Barroso

Par La Voix de la Russie | L’administration du président de Russie est prête à publier le contenu de la conversation téléphonique entre le président russe Vladimir Poutine et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, a déclaré le représentant de la Russie auprès de l’UE Vladimir Tchijov.

Le quotidien italien La Repubblica rapportait qu’au cours de la discussion téléphonique avec Barroso, Poutine a indiqué que « s’il le voulait, il pourrait prendre d’assaut Kiev pour deux semaines ».

L’assistant du président russe Iouri Ouchakov a déclaré que les propos du leader russe ont été pris hors de leur contexte. La divulgation des détails de la conversation téléphonique avec le président de la Commission européenne est « incorrecte et sort complètement du cadre de la pratique diplomatique », a ajouté Ouchakov.
Lire la suite: http://french.ruvr.ru/news/2014_09_02/L-administration-du-president-russe-prete-a-publier-la-discussion-telephonique-de-Poutine-avec-Barroso-6509/

source:http://philippehua.com/2014/09/02/ladministration-du-president-russe-prete-a-publier-la-discussion-telephonique-de-poutine-avec-barroso/

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