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Ukraine's President Petro Poroshenko. Archive photo

10:33 12.04.2015(mis à jour 11:22 12.04.2015) 

La guerre en Ukraine paraît être jugulée, mais le spectre de la reprise des hostilités hante les bureaux bruxellois. Quant à la diplomatie ukrainienne, elle cavale par monts et par vaux, avec une nouvelle approche du Quai d’Orsay effectuée sans anicroche par le Ministre des Affaires Etrangères ukrainien M.Klimkine.

En fait, il y a gros à gagner, car le président Porochenko a fait monter les enjeux: il veut cette fois-ci que les Casques bleus soient présents sur la ligne de démarcation. Le Kosovo à l’envers un peu!Georges Estievenart se préoccupe beaucoup des problèmes de la sécurité en Europe. Voici ce qu’un chercheur chevronné, ancien haut-fonctionnaire à Bruxelles, pense de la conjoncture actuelle d’un conflit qu’il suit de près.
Question. Vous êtes un haut spécialiste des problèmes sécuritaire en Europe, vous avez collaboré avec Bruxelles… Vous travaillez dans le cadre des deuxthink tanks parisiens d’une importance stratégique pour la France. Que pensez-vous de la situation actuelle en Ukraine, surtout dans le cadre de la visite à Paris de M.Klimkine, ministre des AffairesEtrangères d’Ukraine?Georges Estievenart. Evidemment je ne suis pas sur place. Je suis donc obligé d’avoir mon jugement à travers surtout l’information qui me vient de là-bas. Je constate surtout que malgré les difficultés de l’Ukraine qui sont grandes — économiques et puis celles de trouver aussi un consensus à l’intérieur du pays sur le sort à réserver dans l’avenir aux provinces de l’Est. Malgré tout cela et à la suite de la signature de l’accord de Minsk du 12 février dernier, je dois constater que la situation est bien moins mauvaise qu’elle ne paraît l’être encore aujourd’hui.

Je crois que nous venons d’avoir la visite à Paris du Ministre des Affaires Etrangères de l’Ukraine M. Pavel Klimkine. Il s’est entretenu avec le Ministre français Laurent Fabius. Je dois constater que l’on a quand même réussi pour le moment de mettre en marche une mécanique qui inclut bien entendu la Russie, l’Ukraine, les forces dissidentes ou séparatistes en Ukraine. Cette espèce de nouvel instrument qui est le format des négociations normandes. Parce ce que ce n’est que grâce à lui qu’ont abouti les accords de Minsk. Et comme cet accord est en voie de réalisation, on constate évidemment que le cessez-le-feu, bien entendu, n’est pas parfait à 100%, loin de là! Mais enfin il est toujours là et il tient pour le moment.Je crois encore une fois qu’un mécanisme de rencontre et de négociations se poursuit un petit peu partout — en Ukraine, mais aussi ici en Europe. Les passages fréquents à Paris en témoignent; Et bientôt il y aura d’ailleurs une rencontre très importante des ministres des affaires étrangères à Bruxelles.

Q. Quid des retombées pratiques de la visite de M. Klimkine, peut-on déjà se prononcer ou il est trop tôt pour cela?
Georges Estievenart. Il est un peu difficile de pouvoir juger les retombées concrètes immédiates de cette visite. Je crois d’ailleurs qu’elle avait surtout pour but de préparer les rencontres qui suivent. Et notamment la visite prévue du président Porochenko à Paris le 22 avril. Mais je crois aussi qu’ils discutent d’une mise en œuvre des 13 points des accords de Minsk qui est un accord quand même extrêmement complet. Et au fur et à mesure qu’on avance dans le temps et que les réalisations sont constatées, j’ai l’impression qu’on fait tout de même des progrès importants vers une stabilisation et peut-être une pacification du conflit;

Q. Pour ce qui est de la figure politique du président Porochenko, il s’est prononcé pour la révision des accords de Minsk en faveur de l’introduction des Casques bleus de l’ONU dans la zone du conflit. Que pensez-vous de la faisabilité de cette manœuvre?Georges Estievenart. Je pense qu’effectivement c’est un thème difficile et acceptable à la fois par les séparatistes ukrainiens et par la Russie. Ca va être certainement l’un des sujets majeurs justement qui vont faire l’objet de la discussion des ministres à Bruxelles du format Normandie. Il y a derrière ça un problème qu’il ne faut pas nier! L’OSCE rencontre des difficultés dans le contrôle de la mise en œuvre de l’accord.
Mais il y a peut-être d’autres moyens que le recours à une force internationale qui exige une décision du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Tout ça ne sera pas facile et forcément il faudra l’accord de la Russie. Si sans aller jusque là, il y a peut-être les moyens de renforcer le dispositif OSCE en place actuellement qui sont, eux, par contre négociables et qui ne reviendraient pas sur le principe même de ce contrôle exercé par l’OSCE tel qu’il est prévu dans l’accord de Minsk.

Moi, je crois, à titre de conclusion générale, bien difficile de bouger au cours de cette année-là par rapport au texte de Minsk 2. Le respect du texte de Misnk 2 et son exploitation maximale me paraissent vraiment une solution optimale dans l’immédiat.

Q. M. Porochenko s’est prononcé dernièrement sur le rôle joué par Staline. Il l’a comparé à celui de Hitler. Ce qui n’est pas sans être explicable par la jeunesse du pays. Christine Dugpoin-Clément a traité l’Ukraine de « pays jeune qui ne possède pas d’histoire démocratique et reste marqué par des tensions affectives et passionnelles énormes ». Alors peut-on dire que M.Porochenko est allé un peu trop vite en besogne pour cette comparaison historique?Georges Estievenart. Je ne sais s’il y est allé un peu vite, mais il est sûr qu’il est allé un peu trop loin en tout cas dans ses comparaisons! (Rire) Tous les jours sur la scène politique entre des adversaires on a ce genre d’échanges. On peut bien que M.Porochenko est soumis à l’intérieur même de son pays à des pressions et des tensions énormes. Mais je crois que personne n’a intérêt à cautionner ou à prendre à son compte ce genre de propos.

J’ai l’impression encore une fois qu’il faut attacher beaucoup d’importance au rôle qui était joué par le tandem franco-allemand dans ce processus et au fait que la Russie semble en avoir tenu compte puisque bon an mal an la mise en œuvre de l’accord de Minsk progresse pour l’instant. Et on espère que ça va continuer ainsi. Du côté franco-allemand, à l’intérieur de l’UE à 28 partenaires, on a des positions qui sont intermédiaires entre ceux qui auraient plutôt une attitude dure et, le cas échéant, belliqueuse vis-à-vis de la Russie et puis ceux qui pensent qu’il vaut mieux être complètement passifs.

Les positions franco-allemandes ne sont pas celles-là. La traduction d’une position raisonnable et raisonnée et qui tient compte dans le processus des intérêts russes et qui va essayer de pousser à chercher avec l’UE à retrouver une relation vraiment constructive, indispensable entre l’UE et la Russie; Je crois beaucoup plus à ce genre d’attitude et certainement que ce tandem franco-allemand ne va pas du tout reprendre à son compte des comparaisons historiques que tout le monde peut faire et qui, en même temps, n’ont pas de substance.

Commentaire. Croire ou ne pas croire en bonne volonté de M.Porochenko relève de la quadrature du cercle. En attendant les émissaires de l’OSCE égrènent mélancoliquement et méthodiquement les exactions commises par la prétendue armée ukrainienne. On dit bien « prétendue », car elle n’obéit pas à son président, mais aux seigneurs de la guerre qui ont fait renaître le phénomène des mercenaires européens du temps des guerres de religion en France. Qu’importe! Le tout c’est de savoir qui est le bon et qui le méchant. Les troupes dites séparatistes ont beau se battre pour leur domicile et la survie de leurs enfants sous les bombes du Président Porochenko, ils resteraient toujours dissidents aux yeux de Kiev. Même s’ils ont cessé les hostilités et ne répondent même pas aux provocations de l’adversaire.Les opinions exprimées dans ce contenu n’engagent que la responsabilité de l’auteur.

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Sergueï Lavrov : « On ne peut pas considérer comme mauvais seulement ceux des terroristes qui assassinent des Américains »

Sergueï Lavrov

Sergueï Lavrov. Crédits : MID Russie

Sergueï Lavrov revient sur les raisons profondes de l’actuelle confrontation entre la Russie et le monde occidental.

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Piatïi Kanal : Lors du forum Seliger-2014, vous avez déclaré que les attaques de l’Occident contre la Russie avaient commencé bien avant que ne surgisse la « question ukrainienne »…

S.V. Lavrov : Effectivement. Nous avons connu des périodes de discussions extrêmement vives, lors desquelles nos partenaires occidentaux ont tenté d’obtenir certains arrangements non sur une base d’égalité et de prise en compte des intérêts mutuels, mais à leur seul avantage unilatéral. Il y a eu également des attaques concrètes : souvenez-vous de l’« affaire Magnitski », quand nous avons été accusés de tous les « péchés mortels » et que des sanctions ont été introduites avec la plus grande arrogance contre une série de hauts fonctionnaires russes.

Ensuite, à propos de la crise syrienne, on a accusé la Russie d’être l’unique et entière responsable du problème, pour avoir refusé de donner sa « bénédiction » au Conseil de sécurité de l’ONU afin de renverser le régime légitime. Puis, sans crier gare, ce fut le tour d’Edward Snowden de se retrouver en Russie, comme une « patate chaude », et nous ne savions que faire de cet homme parce que les Américains avaient annulé son passeport. Nous ne pouvions même pas le laisser quitter le pays sur une base légale.

Enfin, il y a eu les Jeux olympiques de Sotchi, que nos partenaires ont tenté par tous les moyens possibles et imaginables de présenter comme l’apothéose des tentatives d’un certain « régime dictatorial autoritaire » de renforcer ses positions. Nous avons été accusés de corruption sans précédent et d’avoir dilapidé toutes nos ressources dans cet événement au détriment du développement normal de l’économie et du secteur social. Je suis absolument convaincu que, s’il n’y avait pas eu l’Ukraine, quelque chose d’autre aurait été inventé.

Malheureusement, la vérité est que nos partenaires occidentaux ne sont toujours pas parvenus à dépasser un raisonnement de « guerre froide ». Nous nous efforçons depuis plusieurs années – et nous continuerons – de tenter de convaincre l’Occident de l’absolue nécessité de respecter les accords que nous avons obtenus au début des années 1990, puis 2000 : au moment où, dans le cadre de l’OSCE et du Conseil Russie-OTAN, a été proclamé le principe de l’indivisibilité de la sécurité. À l’époque, il avait été déclaré au plus haut niveau que la sécurité doit être égale et indivisible, et qu’aucun État ne doit renforcer sa propre sécurité sur le compte de la sécurité des autres.

Toutefois, ce principe n’a pas été appliqué : l’OTAN a commencé de s’élargir au mépris des promesses données, on a vu le début de la création du système de « bouclier antimissile », et l’infrastructure militaire de l’Alliance s’est mise à s’approcher de nos frontières. Nous avons alors proposé de traduire ces déclarations politiques dans la langue juridique d’un accord. Mais cela nous a été refusé. On nous a expliqué que des garanties de sécurité portant obligation juridique ne pouvaient être fournies qu’aux pays-membres de l’OTAN. Et puis c’est tout – c’est-à-dire que nos partenaires occidentaux n’ont jamais voulu parler sérieusement de la moindre « sécurité égale et indivisible ». Ils voulaient seulement maintenir les lignes de séparation et les rapprocher de plus en plus de nos frontières, en appâtant par là-même les pays de l’espace post-soviétique (comme ils avaient appâté à l’époque les pays d’Europe orientale) avec des promesses de possible entrée dans l’OTAN.

Les « têtes brûlées » dans divers pays ont compris cela comme le signal que tout était désormais permis. Ainsi, lors du sommet de l’OTAN de 2008 à Bucarest, il a été annoncé que l’Ukraine et la Géorgie allaient rejoindre l’Alliance – et quelques mois plus tard, M. Saakachvili décidait de conquérir par la force l’Ossétie du Sud, qui était une région géorgienne en état de conflit. Il y avait sur place des forces de maintien de la paix russes, géorgiennes et ossètes du Sud, ainsi que des observateurs de l’OSCE. Saakachvili a décidé d’agir de cette façon parce que l’OTAN avait promis de faire entrer la Géorgie dans ses rangs.

Ensuite, notre partenaire l’Union européenne a tenté d’obtenir de façon unilatérale des avantages économiques grâce à la conclusion avec l’Ukraine de l’accord d’association et de libre échange, qui contredisait pour une part significative les obligations prises par ce pays dans le cadre de l’accord sur la zone de libre échange en CEI. Cette zone de libre échange fonctionnait et continue de fonctionner – et s’entendre avec l’UE sur un régime de commerce qui va à l’encontre des obligations de l’Ukraine face à nous tous était, probablement, une décision incorrecte. Le président russe V.V. Poutine l’a souligné à plusieurs reprises. Et quand l’ex-président ukrainien V.F. Ianoukovitch a déclaré qu’il voulait réfléchir encore un peu avant de signer cet accord, « Maïdan » a été organisé, et vous connaissez la suite…

Si je reviens là-dessus, c’est pour dire que les difficultés ont commencé il y a assez longtemps ; et l’Ukraine n’est probablement que la manifestation la plus éclatante – et la plus tragique – de problèmes qui se sont créés de façon systématique sur l’étendue de nombreuses années.

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            Vous savez combien nous possédons de richesses naturelles et d’esprits brillants

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Piatïi Kanal : On ne peut s’empêcher de se poser la question, naïve mais sincère : qu’est-ce qu’ils veulent de nous ?

S.V. Lavrov : C’est une bonne question. Je pense que les agissements de l’Occident sont animés pour beaucoup par la nostalgie de la période qui a immédiatement suivi l’effondrement de l’URSS, de ce moment où l’on a proclamé des slogans d’amitié éternelle sur le fait que la Russie avait désormais rejoint le système des États civilisés…

Piatïi Kanal : C’est-à-dire qu’ils avaient besoin de la Russie dans le système des États civilisés ?

S.V. Lavrov : Évidemment – vous savez combien nous possédons de richesses naturelles, d’esprits brillants, de gens qui créent des produits, font des découvertes intéressantes… Malheureusement, beaucoup d’entre eux travaillent aujourd’hui en Occident, contribuent au bond technologique aussi bien des USA que de nombreux pays d’Europe occidentale. Mais je suis certain qu’à mesure que nous récupérons nos positions sur l’arène mondiale, à mesure du développement de notre économie, ces gens vont revenir – nous en avons déjà des exemples.

Pour revenir à votre question, je disais qu’à l’époque, nous étions déjà considérés comme faisant partie de l’Occident, comme une chose allant de soi. Et puis, la Russie a commencé de sortir de la lourde crise financière qu’elle avait traversée, de reprendre des forces sur le plan économique, de résoudre ses questions sociales et, sur l’arène mondiale, de parler d’une voix indépendante et non plus seulement de suivre les recettes dictées depuis les capitales occidentales, et en premier lieu depuis Washington. Et vraisemblablement, cela a déplu à certains. Mais si c’est effectivement la perception d’une Russie nouvelle, sûre d’elle-même, qui a déclenché les agissements que nous observons aujourd’hui, c’est que, vraisemblablement, l’Occident n’a plus de spécialistes de notre pays dignes de ce nom.

C’est certainement la conséquence de l’affaiblissement de la pensée qui a suivi la débâcle de l’URSS, quand on a dit que la « fin de l’Histoire » avait sonné, que l’histoire ne se développerait plus dans aucune direction et que le monde entier allait désormais vivre selon les « calibres » occidentaux. Quand ces prévisions se sont avérées illusoires, cela en a chagriné beaucoup, et ils ont commencé de rejeter sur nous leur mauvaise humeur et leurs négligences.

Piatïi Kanal : Pourquoi, à votre avis, nous parle-t-on aujourd’hui d’un ton si hautain ?

S.V. Lavrov : On voit se glisser ici, de plus en plus évidemment et fortement, une chose parfaitement inadmissible pour des politiciens dignes de ce nom : l’agacement personnel. Les déclarations personnifiées à l’adresse de la Russie et de ses dirigeants ne sont pas à l’honneur de ceux qui les prononcent.

Piatïi Kanal : Le quotidien The Times a récemment publié un article qui mentionne les « ennemis de l’Occident » : l’« État islamique » et, après une virgule, la Russie. Comment devons-nous réagir à cela ?

S.V. Lavrov : Il me semble même que nous sommes mentionnés en premier. Cela ne rentre dans aucun cadre, cela se situe tout simplement « au-delà du bien et du mal ». Au moment précis où cet article, signé B. Obama et D. Cameron, a été écrit et publié, les Américains se sont adressés à nous en nous proposant de réfléchir à la meilleure façon de collaborer dans la lutte contre le terrorisme, notamment contre ce fameux « État islamique ».

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 Si l’on combat le terrorisme, il faut le faire en tout temps et en tous lieux

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Piatïi Kanal : Y a-t-il en fonctionnement, à l’heure actuelle, des programmes russo-américains de lutte contre le terrorisme, le trafic de stupéfiants, la piraterie… ?

S.V. Lavrov : Tous ces programmes ont été gelés sur l’initiative du côté américain. Mais quand l’« État islamique » est aujourd’hui déclaré « ennemi numéro un » des États-Unis, on est tenté de rappeler qu’il est constitué précisément de ces gens qui ont reçu un puissant financement de l’étranger au moment de la mise en œuvre du changement de régime en Libye et des tentatives de faire de même en Syrie. À l’époque, les Américains aussi bien que les Européens ont annoncé qu’ils soutenaient la lutte contre ce qu’ils appelaient les régimes « antipopulaires » de Libye et de Syrie. Et quand nous avons, de notre côté, attiré leur attention sur le fait que le camp des adversaires des régimes dans ces pays abritait une grande quantité de combattants extrémistes et terroristes, on nous a répondu : « Ça passera. Commençons par renverser le régime, et nous nous occuperons des terroristes ensuite. »

Mais tout s’est enchaîné très différemment, en réalité. Les terroristes ont renversé Kadhafi en Libye puis sont passés au Mali, où ce sont les Français – qui les avaient eux-mêmes armés – qui ont dû les combattre. Les Français ne s’en sont pas cachés, ils en ont parlé publiquement.

Mais si l’on combat le terrorisme, il faut le faire en tout temps et en tous lieux. On ne peut pas considérer des terroristes comme « bons » simplement parce qu’ils aident à renverser un leader qui ne vous plaît pas, bien qu’il ait été élu, qu’il soit légitime et qu’il dirige un État-membre de l’ONU. Et on ne peut pas considérer comme « mauvais » seulement ceux des terroristes qui assassinent des Américains.

Je veux rappeler que les Américains n’ont commencé de réagir qu’après que la télévision a montré des images abominables de châtiments de journalistes américains. C’est une chose inadmissible et inhumaine. Ce genre d’individus, il faut les combattre de toutes ses forces. Mais pourquoi est-ce que les Américains n’ont pas vu cette menace plus tôt ? C’est parce qu’ils ont pratiqué, quant à la lutte contre le terrorisme, une approche basée sur des doubles standards. Et qu’ils ne nous ont pas écoutés quand nous avons appelé à unir nos efforts pour aider ce même gouvernement syrien à créer, en collaboration avec l’opposition patriotique modérée, un front commun contre les terroristes qui ont, au sens littéral du terme, submergé la République arabe syrienne.

On ne nous a pas écoutés. Nous assistons aujourd’hui à la création d’une coalition de lutte contre le terrorisme. Mais je vais vous dire : nous n’avons, ici, absolument rien à nous reprocher. Depuis longtemps et sans la moindre coalition, nous aidons l’Irak, la Syrie et d’autres pays de la région à renforcer leur potentiel dans la lutte contre ce mal. Nous fournissons un armement contemporain et efficace à l’Irak, la Syrie, l’Égypte et le Yémen, un armement qui renforce, en pratique, leur capacité de résister à la terreur.

Mieux vaut tard que jamais. Si les autres pays occidentaux sont aujourd’hui prêts à aider le gouvernement légal irakien, nous ne pouvons que le saluer. Et s’ils veulent lutter contre le terrorisme sur le territoire d’autres États, notamment la Syrie, ils devront évidemment obtenir l’accord des gouvernements correspondants. Pour parler de la Syrie, les dirigeants de ce pays ont déclaré à plusieurs reprises qu’ils étaient prêts à collaborer avec les partenaires étrangers dans la mise en œuvre de l’objectif d’éradication du terrorisme sur leur terre.

http://www.lecourrierderussie.com/2014/10/serguei-lavrov-terroristes-americains/

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Opération à Gaza: 91 morts vendredi15:10MOSCOU, 2 août – RIA Novosti

Le territoire russe pilonné depuis l’Ukraine (garde-frontières)14:45ROSTOV-SUR-LE-DON, 2 août – RIA Novosti

Vol MH17: découverte des dépouilles d’autres victimes22:23DONETSK, 1er août – RIA Novosti

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ImageLes Européens sont prêts à soulever la question de la fédéralisation comme une mesure pour régler ce conflit qui dure depuis fin 2013. Cette position a été publiquement énoncée pour la première fois par le ministre polonais des Affaires étrangères Radoslaw Sikorski.

Dans l’ensemble, les parties campent sur leurs positions: la Russie exige de stopper immédiatement l’opération militaire contre les habitants du sud-est, de cesser l’effusion de sang et d’entamer un dialogue pour définir la structure politique de l’Ukraine à venir.

LIRE: http://fr.ria.ru/presse_russe/20140611/201503186.html

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