Articles Tagués ‘Mitterrand’

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – Trois semaines après leur sortie, les mémoires politiques de Philippe de Villiers écrasent les autres livres politiques de la rentrée, sans pourtant faire naître chez lui la tentation du retour. Explications.

Philippe de Villiers est le créateur du Puy du Fou et le fondateur du Mouvement pour la France. Il s’est présenté aux élections présidentielles françaises de 1995 et de 2007. Il est également écrivain. Son dernier livre Le moment est venu de dire ce que j’ai vu est paru le 1er octobre 2015 aux éditions Albin Michel.


LE FIGARO. – Votre livre est un triomphe public qui rappelle un peu celui du Suicide français d’Eric Zemmour. Comment l’expliquez-vous? Ces succès d’édition cachent-ils un phénomène de société?

Philippe DE VILLIERS. – Cette lame de fond s’explique par l’immense désarroi des Français lucides, désemparés, submergés par un sentiment de dépossession d’eux-mêmes et qui craignent le pire. Mais le désarroi n’est pas une explication suffisante, il y a aussi une soif de connaître, depuis la coulisse, les cheminements et officines qui nous ont conduits au désastre. Beaucoup de gens veulent savoir comment ont été descellées les pierres d’angle, comment la machine à décerveler les pensées justes a procédé pour vitrifier les esprits libres, comment se sont imposées la terreur et la haine de soi jusqu’à faire perdre à la France son âme et à la mettre en danger de mort.

Mon livre est un témoignage qui propose plusieurs clés de compréhension. Ma conscience civique s’est éveillée en mai 1968. J’ai vu derrière le grand chambardement, se profiler le boboïsme, l’idéologie en fusion du bourgeois-bohème, libéral-libertaire. J’ai connu de l’intérieur le creuset de l’ENA, cette couveuse à crânes d’œuf qui fabrique en série les «ingénieurs sociaux». J’ai regardé comment le système produisait des poulets de batterie hors sol à la Juppé-Fabius, choisissant au hasard leur emballage de sortie, leur étiquette. J’ai vu comment la grande broyeuse à apparatchiks confisquait les talents et les passait au micro-ondes pour qu’ils soient, comme la viande attendrie, aseptisés et nourris à la pensée chloroforme.

Les hasards de la vie m’ont amené à côtoyer dans leur intimité les grands fauves, Giscard, Mitterrand, Chirac, puis les lapins-tambours Duracell et ludions électroniques du Sarkhollande, qui clignotent comme des néons. J’ai vu comment ils pirouettent et toupillent non plus au service de la France, mais «de leur parcours», en pratiquant l’hédonisme politicien. Tous ces gens propres sur eux plaisaient à M. Bertin de Ingres et à la bourgeoisie française qui se voulait «anationale» comme le disait de Gaulle. Ils promenaient leurs accents de gravité, ils savaient poser la main sur le cœur, ils portaient le costume trois-pièces du VIIème arrondissement des assureurs qui rassurent. En fait ils ont coulé la France, c’étaient des naufrageurs en cravate.

LIRE sur http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/10/16/31001-20151016ARTFIG00371-philippe-de-villiers-le-pouvoir-n-a-plus-de-pouvoir-c-est-une-clownerie.php

000000000000000000000000000000000000000000

imagesVoici un sujet un sujet fondamental, au cœur de la maladie de la France, et que personne où presque ne perçoit ou n’admet.  Bien sûr il est commode, facile, vendeur de réduire les malheurs du présent à un visage, une personnalité unique: VGE, Mitterrand, Chirac, Sarkozy et pire que tout, Hollande aujourd’hui. Cependant, cette façon de raisonner est artificielle et fausse. Avec le recul, il est indéniable que depuis environ 40 ans (1975), les dirigeants français se heurtent au mur des réalités et ne parviennent pas à lutter contre les maux de la France qui ne cessent de s’amplifier, malgré de rares périodes de rémission: chômage, violence, communautarisme. Depuis 40 ans, les présidents de la République, bien différents les uns des autres, finissent tous dans une impopularité vertigineuse: VGE, Mitterrand, Chirac, Sarkozy, et bientôt Hollande. Il suffit de ne pas avoir la mémoire trop courte ou trop partiale. La France, contrairement aux autres grandes nations européennes, ne parvient plus à se gouverner. Pourquoi? Parce que ses institutions politiques, son appareil de gouvernement, est  vermoulu et sa Constitution brinquebalante. L’enjeu n’est pas de changer de République et de passer à la Sixième! Oh, non, voilà encore de la communication et des chimères. Bien au contraire, il est de revenir aux fondements de la Ve République, à sa lettre, avec un président qui préside et un Premier ministre qui gouverne, avec des ministres puissants, responsables, dignes de ce nom, adossé à une Assemblée nationale souveraine. Sous des angles différents, j’ai récemment traité cette question dans le Figaro Vox et Atlantico. Il est triste de voir que nous sommes là au coeur du malaise français, une France paralysée par l’impuissance de son pouvoir politique, mais que personne ne semble capable de voir ou vouloir comprendre… Puissent ces modestes contributions favoriser une prise de conscience!

Maxime TANDONNET
Le crash d’une République

0000000000000000000000000000000000000000

les AZA subversifs

(Suite de l’article du 22 octobre 2014: Manipulations dans l’histoire française – épisode 3)

Une enquête de Vanessa Ratignier et Pierre Péan

On a vu que trois hommes se partage l’industrie de l’armement en France :

Jean-Louis Lagardère, « connivence soft », mais qui est aussi Hachette – 1er éditeur de texte au monde, livres et presses compris – et Matra qui est aussi un des plus grands groupes militaro-économico-mondios, qui fusionnera par la suite pour donner l’EADS. Bras droit : Jean-Louis Gergorin.

Alain Gomez, « connivence hard », mais aussi l’électroménager et multimédias Thompson, de taille mondialement reconnue.

Dassault.

1990, fin de la Guerre froide et la France est le 3ème pays constructeur-exportateur del mundo et ne tient pas à perdre sa place.

Cependant, Taïwan perçoit des menaces de la Chine et veut se réarmer. Pour cela, elle ouvre son marché et…

Voir l’article original 204 mots de plus

De Gaulle le petit !

Chacun a ses références et chaque président de la République son modèle ou son inspirateur.

Pour François Hollande, on ne le sait que trop, son ambition est de gouverner sur les traces de François Mitterrand. Entre eux il y a toute la différence qui existe entre un génie controversé de la politique et un politicien roué et habile. Entre un artiste changeant le plomb en or et un malchanceux faisant tourner l’or en plomb.

Nicolas Sarkozy a tendance, depuis que la majorité du peuple l’a obligé à quitter le pouvoir, à se prendre pour de Gaulle et à simuler l’homme de devoir et de responsabilité prêt à se sacrifier pour la France puisque François Hollande serait « nul ».

Combien de fois ai-je frémi quand, lors de son ostensible retraite qu’apparemment il souhaite écourter, il nous a fait part, par amis interposés, de son accablement devant ce que les Français prétendait-il, attendaient de lui : son retour. A contrecoeur il se résoudrait à nous sauver en empêchant le pays de sombrer.

Cette usurpation intellectuelle et politique est une offense à ce que Charles de Gaulle a eu d’intègre, de remarquable et d’unique. Ses qualités étaient exceptionnelles, ses défauts également mais rien de médiocre chez lui. Il n’imitait personne puisqu’il était à imiter.

Cette dénonciation, qui hier serait apparue partisane, aujourd’hui bénéficie d’un coup de chance. Grâce à Jean-François Copé et à l’affaire Bygmalion, l’UMP semble s’être enfin réveillée. Nicolas Sarkozy a perdu douze points dans les sondages et son image de sauveur est ébréchée (Le Monde, Le Parisien).

Mieux même, selon une enquête Ifop pour Valeurs Actuelles, Nicolas Sarkozy et Alain Juppé sont maintenant quasi à égalité auprès des sympathisants UMP et pour l’ensemble des Français, le second est crédité de 28% et le premier de 13% (Le Parisien).

C’est à cause de ce brutal changement de donne, et pour le contrer, que, comme par hasard, les amis de Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux en tête, prétendent inéluctable et nécessaire l’accession de Nicolas Sarkozy à la présidence du parti. Et, bien sûr, sans primaire, comme si un ancien président vaincu devait bénéficier d’une prime face à ses concurrents d’avenir, quel que soit leur âge. Cette entreprise concertée ne trompera personne. Le procédé qui consiste à placer sur un pavois celui que le désir de renouveau et l’exigence morale contribuent à abaisser va faire long feu (lefigaro.fr).

L’inquiétude de Nicolas Sarkozy devant les retombées du financement de sa campagne de 2012 n’était donc pas feinte ; il sentait qu’il lui serait difficile de se dissocier de ceux appelés à payer pour ses fautes et de jouer l’innocence surprise face aux évidentes connexions entre JF Copé et lui et à l’accusation de Jérôme Lavrilleux soulignant que personne n’avait osé dire « stop » à Sarkozy et que l’UMP n’avait pour objectif que de protéger celui-ci (20 minutes, RMC).

Risque d’autant plus préoccupant que la flèche l’atteignant avait cette fois sa cible en plein coeur de l’UMP et des militants abusés.

Même Bernard Tapie, un spécialiste, qui éprouve « une grande admiration » pour Nicolas Sarkozy – cela me réjouit – , lui enjoint de ne pas revenir.

Mais ce dernier ne tiendra pas compte du conseil parce que jusque-là, les casseroles, avec d’éventuelles conséquences judiciaires, n’étaient pas susceptibles de dégrader la bienveillance que lui manifestait ce parti hermétique à l’éthique pour ce qui concernait son ex et peut-être futur champion.

Cependant, pour déplorer l’attitude de Nicolas Sarkozy en recours gaulliste, il y a bien plus, et qui démontre la validité paradoxale de ce point de vue : Nicolas Sarkozy a déçu bien davantage depuis que François Hollande l’a défait, avec l’aide de beaucoup de citoyens non socialistes mais lassés de son rival dans le paysage républicain. Ce n’est pas parce que François Hollande les a oubliés qu’ils ont envie de voir renaître ce passé rejeté.

Je ne parle pas du désir du président revanchard, dissimulé sous une indifférence fabriquée, de verrouiller la droite pour l’empêcher de lui échapper. Il fallait qu’elle ne changeât pas pour qu’il garde ses chances, sa place, son influence. Heureusement l’UMP s’est ébrouée, et certains de ses responsables avec elle. Tardivement certes, mais clairement. Pour un Hortefeux, un Guéant et une Morano qui n’ont rien appris et tout oublié, que d’impatiences, de réveils et de révoltes. Enfin !

Non, ce qui m’importe relève de ce que l’on pourrait qualifier de déontologie d’un président battu. A partir du moment où Nicolas Sarkozy ne s’est pas encore explicitement impliqué dans le débat public et les joutes politiques, je suis choqué par le rôle international qu’il s’assigne sans aucun mandat.

C’est une manière inélégante d’agir en mettant sa présence et son entregent dans les roues du pouvoir socialiste et dans les desseins de François Hollande. Un besoin de faire partie du jeu et d’exposer son je, contre toute décence. En devenant une sorte de trouble-politique internationale. Un messager mais de lui-même.

Qui peut penser que la seule passion amoureuse l’entraîne, comme une sorte d’imprésario ravi de son épouse à la voix certes à soutenir mais tout de même, vers tant d’autres pouvoirs ?

Que les chefs d’Etat le reçoivent en sa qualité d’ancien président est sans doute conforme à la politesse internationale mais Sarkozy manifeste un tel empressement à doubler ses voyages, en passant du dérisoire artistique au grave diplomatique, que le procédé à la longue devient caricatural.

A l’évidence il s’agit de refuser de faire de la figuration. Peut-on croire qu’avec son caractère, son engagement, il ait parlé avec Poutine favorablement de François Hollande et de la diplomatie de la France ?

Avec cette personnalité dont le classicisme n’a jamais été le fort et que Poutine a finalement manipulée avec la Géorgie, on espère que toute obligation de réserve n’a pas été répudiée. Je n’ose imaginer des échanges risquant d’être fondés sur une complicité acerbe, ironique et déplacée à l’encontre de notre président.

Imagine-t-on un Charles de Gaulle rendu à ses pénates à l’issue d’une défaite présidentielle se livrer à cette tournée pour continuer à troubler et à énerver ? Pour faire acte de présence tout de même ?

Imagine-t-on Valéry Giscard d’Estaing, dont l’humilité n’était pas le trait principal, pousser pourtant le ridicule, après 1981, jusqu’à damer officieusement le pion à un Mitterrand en charge officielle des responsabilités de la France ?

François Hollande est trop aimable. Il devrait monter sur ses grands chevaux pour dénoncer le comportement de Nicolas Sarkozy et ce maintien dans les lieux sans titre.

Et si sans cesse on doit revenir à lui, c’est parce qu’il nous menace sans cesse de son retour ! Il serait vain de lui rappeler que, pour d’autres que lui, un lien rompu avec la France et les Français n’était pas guérissable.

Et j’ai donc le droit, à un niveau infiniment modeste, de me prendre pour un Victor Hugo minuscule en mettant en garde contre de Gaulle le petit !

00000000000000000000000000000000000000000000000