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Le procès du Carlton a démarré avec DSK poursuivi pour proxénétismeCe qu’il y a de bien avec les médias en matière judiciaire, c’est qu’ils ne surprennent jamais !

Dans le procès dit du Carlton, après les treize relaxes sur quatorze, dont celle de DSK, je n’ai pas été déçu par les journalistes et les avocats qui ont oscillé entre « tout ça pour ça » et « un nouveau fiasco judiciaire » !

Personne n’a été véritablement étonné par ce jugement d’exonération quasi générale. Le parquet de Lille qui avait toujours adopté une position contraire à celle des juges d’instruction pour le principal prévenu, la pétition de principe du président à l’ouverture des débats, la teneur de ceux-ci, le cavalier seul de DSK sans contradicteur pugnace, les comptes rendus médiatiques annonçant, espérant sa relaxe et dénonçant le travail des magistrats instructeurs : tout concourait à ce que le tribunal correctionnel a décidé.

Je n’ai nullement l’intention, ce qui serait impudent et imprudent, de discuter la relaxe de DSK puisqu’à l’évidence, les autres mis en cause gravitant autour de lui n’avaient hérité une importance que de lui et de sa présence. Ce n’est pas mon propos même si je m’autorise seulement une question après avoir suivi en détail la relation des audiences : comment DSK a-t-il pu persuader la juridiction qu’il ignorait la qualité de prostituées des femmes concernées ? Pour moi, cela demeure un mystère.

Mon objectif est seulement d’éclairer autrement ce jugement qui, loin de constituer un désastre, représente l’aboutissement d’une convenable administration de la justice. J’entends bien que Me Henri Leclerc, l’un des avocats de DSK, a déclaré que le renvoi de DSK devant le tribunal correctionnel ne reposait « sur aucun fondement juridique sérieux mais seulement sur l’idéologie des juges d’instruction ».

Il serait absurde de dénier, de la part de ceux-ci, surtout si on a la certitude qu’ils n’ont pas permis au mis en examen DSK de s’expliquer et de s’exprimer comme il a pu le faire à l’audience, non pas une malveillance mais probablement une volonté acharnée et nullement perverse de faire coïncider morale et droit pénal, indécence et infraction, ce qu’apparemment beaucoup d’éléments en l’espèce, aussi bien matériels que personnels, paraissaient justifier.

Le parquet de Lille les a contredits juridiquement et le tribunal correctionnel a donné raison au procureur. Où est le scandale, où serait le fiasco, sauf à considérer qu’un juge d’instruction désavoué atteindrait structurellement la magistrature tout entière alors qu’au contraire, ce processus correspond à ce dont ont toujours rêvé les adeptes d’une authentique contradiction dans le registre pénal ?

Les lucidités rétrospectives sont confortables et les hauts cris, laissant présumer que l’alternative ne concernait que l’innocence éclatante de DSK ou sa culpabilité certaine, sont déconnectés de la réalité judiciaire aussi bien correctionnelle que criminelle.

En dehors des aveux – et on récuse qu’ils soient la reine des preuves ! -, la sphère qui va faire réfléchir et statuer une juridiction relève d’une zone grisailleuse qui va être appréhendée, en définitive, à charge ou à décharge. Ce n’est pas le contraste irréfutable de la nuit et du jour mais des variations et des interprétations relatives à des réalités et à des apparences qui ne deviennent aisément limpides que le jugement rendu.

Qui pourrait soutenir de bonne foi qu’il était juridiquement et pratiquement inepte d’envisager et d’ordonner la comparution de DSK au moment où cela a été décrété ?

Je ne méconnais pas l’extrême difficulté, pour admettre la validité de la démarche des juges d’instruction, d’affronter l’hiatus troublant entre la sévérité abstraite de la qualification pénale et les notions de sens commun sur les « proxénètes » et l’argent de la prostitution.

DSK a été relaxé. Tant mieux pour lui et, apparemment, pour la vérité.

Mais comment admettre cette choquante conception de l’état de droit qui semble résulter de la condescendance apitoyée et un tantinet méprisante avec laquelle on a accueilli ces relaxes ? A entendre les avocats triomphants, dorénavant il ne faudrait plus seulement leur octroyer des absolutions mais empêcher la tenue des procès les édictant. Je suis frappé par le fait qu’au gré des causes, on souhaiterait ici une justice infiniment pluraliste et contradictoire et là une justice pauvre et univoque.

Les médias judiciaires, gauche et droite confondues, ont entonné le même air. Les médias de Panurge !

Ce sont les mêmes qui sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy ont vigoureusement protesté contre la suppression du juge d’instruction. La gestion des dossiers Bettencourt a sauvé cette fonction. Initialement – et j’avais tort – j’approuvais pourtant l’opportunité d’une procédure accusatoire.

Hier, en bloc, pour maintenir le juge d’instruction et aujourd’hui, parce que DSK a été relaxé, que le Parquet l’a soutenu et que les juges, procéduralement, ont été infirmés, les médias font volte-face et d’une affaire particulière prétendent dégager une dénonciation générale (Le Parisien, Le Monde, BFM TV, Le Figaro).

Demain, si la droite au pouvoir projette de revenir à la charge en supprimant la fonction de juge d’instruction, je fais un pari.

Les médias de Panurge seront son rempart, son bouclier!

source: http://www.philippebilger.com/blog/2015/06/dsk-ou-les-m%C3%A9dias-de-panurge.html

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Du temps de Charles Pasqua, c’était la French Connexion* qui prévalait, aujourd’hui avec Emmanuel Macron, c’est la French tech!

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Macron et les jeunes milliardaires : la phrase qui consterne la gauche

Le Parisien le 07/01/2015 à 10:18

Macron et les jeunes milliardaires : la phrase qui consterne la gauche

2015 commence fort pour Emmanuel Macron. Le ministre de l’Economie est actuellement en déplacement à Las Vegas (Etats-Unis) pour le Consumer Electronics show (CES), la grand-messe de la high-tech où la France, avec 120 entreprises présentes, est le premier pays d’Europe représenté. Il a eu une formule, au sujet des jeunes patrons de start-up, qui consterne la gauche. «Il faut des jeunes qui aient envie de devenir milliardaires», affirme-t-il dans Les Echos, en guise de conclusion à un développement consacré à la force de ces petites entreprises innovantes.

«Je suis aussi ici (Ndlr : à Las Vegas) pour accompagner les start-up françaises, ce qu’on appelle avec fierté la French tech. C’est un élément clé de notre redémarrage. La France est un succès pour les start-up, Paris est déjà un vrai hub. Mais nos start-up manquent de financements, non pas pour naître mais pour grandir», explique tout d’abord le ministre. Que faire alors pour aider des entreprises ? «Améliorer les possibilités d’investissements en fond propres», assure le ministre en annonçant que la BPI, la Banque publique d’investissements, va créer «un fonds pour faire des co-investissements de business angels». Les entrepreneurs qui réinjectent leur argent en France ont un rôle fondamental à jouer».  Puis viennent ces phrases qui font débat ce mercredi matin : «L’économie du Net est une économie de superstars. Il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires».

«C’est un objectif qui a pu être le sien dans le passé. Je trouve cela un peu réducteur comme objectif de vie», sourit l’ancien Premier ministre François Fillon (UMP) sur Bfm TV, incarnant le versant le plus modéré des réactions. Car, à gauche surtout, la phrase est répétée, commentée… et assassinée. «Des jeunes Français» devient ainsi «Les jeunes Français»… Le discours du Bourget, où le candidat François Hollande désignant la finance comme son …

Lire la suite de l’article sur Le Parisien.fr

SOURCE: http://www.boursorama.com/actualites/macron-et-les-jeunes-milliardaires–la-phrase-qui-consterne-la-gauche-20c4609105e1b635b4f92373336a79ef

* http://fr.wikipedia.org/wiki/French_Connection

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A chacun son Jihad !

Entre les monstruosités et les crimes ordinaires, si on peut les qualifier tels, il y a un point commun en amont : jamais, de la part de ceux qui ont connu leurs auteurs avant, la moindre réserve, le plus petit bémol. Non, les assassins étaient serviables, gentils, on n’aurait jamais pu soupçonner que le pire surviendrait.

En effet, le crime n’imprime pas sa marque sur les visages, comme pour nous prévenir. Il surgit à la suite de circonstances qui laissent croire à celui qui l’accomplit qu’il n’avait pas d’autre choix. Ou pour des motifs obscurs et délirants quand il aboutit aux massacres ignominieux de Daesh. Alors, on ne dissimule plus ce qu’on est, ce qu’on fait, parce qu’on n’en a pas honte et qu’on espère que cette transparence attirera, convaincra, mobilisera. Que le visage de la terreur sera contagieux.

On a beaucoup évoqué le parcours de Maxime Hauchard et Mickaël Dos Santos, qui ont rejoint Daesh en Syrie et participé, sûrement pour l’un d’eux, aux décapitations de prisonniers syriens et de l’otage américain (Le Figaro, Le Parisien).

Le message d’adieu de Dos Santos à sa mère au cours de l’été 2013 donne évidemment une idée de ce qui l’animait : « Convertis-toi à l’Islam, maman, et tu auras le bonheur ».

On peut sans doute considérer que cette attitude est révélatrice de la démarche de quelques-uns de ces jeunes gens s’étant convertis à l’Islam, souvent par réaction – 80% des familles concernées seraient athées et de classe moyenne ou aisée (Le Monde) – et désireux de quitter une France trop tiède pour eux et sans espoir.

Il me semble que ce sentiment de vacance, cette attente, cette intuition d’avoir un vide à combler, une mission à accomplir, cette incertitude sur demain et sur son sort sont propres à un âge – 15, 16, 17 ans – où dans l’ambiguïté on cherche, on se cherche un chemin. Il n’est pas besoin, face à un tel désir équivoque avant qu’il identifie sa voie, de s’étonner, tant il y a là quelque chose de général.

La quête d’un destin à la hauteur de ses exigences relève de la banalité honorable de jeunes existences qui, la plupart du temps, découvriront l’ancrage qui leur convient et le futur qui les justifiera. A chacun son rêve de Jihad en quelque sorte !

Ce qui est singulier et déplorable à cause des horreurs collectives qui vont suivre tient au choix non pas évidemment de l’islam en tant que tel – j’ai besoin de continuer à croire que cette religion est fidèle à elle-même aussi dans la paix et la modération – mais de sa forme extrême, la plus sanglante, la plus radicale. Comme si cette foi n’avait été adoptée qu’à cause de son intégrisme sans limite et des débordements meurtriers qu’elle semble légitimer.

Quel besoin auraient donc eu Hauchard et Dos Santos, si l’islam seul avait conquis leur coeur et leur tête, de passer de cette croyance même cultivée dans l’exaltation à cette barbarie ? Si ce glissement a été si vite effectué qu’en réalité chez eux il est apparu instantané, c’est que la passion de tuer, l’obsession de faire mal, le sadisme, les tortures et la provocation suprême qu’est l’assassinat perpétré de sang-froid au nom d’une prétendue bonne cause, se sont trouvés au coeur de ces humains singuliers. Ils ont choisi ce type de destin parce qu’il impliquait la destruction des autres, les mécréants, les ennemis.

On peut soutenir qu’une conception perverse de l’islam a engendré ces monstruosités mais aussi que celles-ci ont pu d’autant mieux être accomplies que la religion semblait les cautionner. Est-ce elle la coupable, ou le jeune homme qui portait en lui des dispositions pour la radicalité à l’encontre d’un monde trop mou, trop tolérant, trop consensuel ?

J’incline à concevoir ces folies meurtrières comme la possibilité donnée à certains esprits malades de commettre le pire, avec l’assurance absurde que leur action est nécessaire puisque pour eux, de la mort surgit le Bien. C’est se donner le droit de tuer impunément en plaidant sa totale innocence, sa parfaite éthique, la pureté de son âme. Le comble de l’hypocrisie ou le paroxysme du délire.

C’est une différence essentielle avec les cours d’assises où les accusés, avouant ou non, ne mettent pas en question le caractère gravement transgressif des agissements qui leur sont imputés. Même un Maxime Brunerie ayant tenté d’assassiner Jacques Chirac pour mettre de l’éclat dans sa vie, de la célébrité dans sa grisaille et être promu au rang de personnage historique n’avait absolument rien de comparable avec ces fous d’eux-mêmes plus que d’un Mahomet dévoyé par leur aveuglement et leur bêtise. Son narcissisme était modeste et national quand leur démence est internationale, politique et sauvage.

Impossible de faire l’économie du point de départ qui est l’être lui-même, sa résolution et ses choix. C’est d’abord là que réside le mal et que le remède devrait s’appliquer.

Ma Photo

Philippe Bilger

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Ma PhotoLa « gauche passéiste » est au sein du gouvernement…

Manuel Valls redevient très courageux. Il rejoint, enfin, le candidat de la Primaire socialiste qui n’avait pas sa langue dans sa poche et n’était soucieux que de faire valoir un point de vue, sans naïveté mais avec la volupté de se sentir à la fois minoritaire et en avance. En quelque sorte, le seul progressiste.

Comme le pouvoir est au fond du trou, le Premier ministre n’a plus la moindre précaution à prendre. Il cogne et bouscule de tous côtés. On le sent libéré. Quand il n’y a plus d’espoir dans le présent mais que l’avenir dans quelques années pourrait lui sourire, les prudences ne sont plus de mise et François Hollande, avec sa social-démocratie à l’efficacité quasi nulle, n’est pas loin d’être superfétatoire.

Manuel Valls jette des pierres dans plusieurs jardins : ceux des frondeurs, de l’extrême gauche, des écologistes, de Martine Aubry, des nostalgiques du marxisme, de ceux qui n’ont rien appris et tout oublié. Il n’est pas faux de souligner qu’à ce rythme il pourrait devenir le meilleur candidat centriste !

Selon lui, en effet, « il faut en finir avec la gauche passéiste, celle qui s’attache à un passé révolu et nostalgique, hantée par le surmoi marxiste… »

Il ajoute, suprême offense qui fait réagir les gardiens du temple de plus en plus branlant, en particulier Jean-Christophe Cambadélis qui dans sa fonction pourrait difficilement se taire, qu’on pourrait envisager de changer le nom du parti socialiste. Pourquoi pas ? C’est à la mode : FN, UMP et, demain, PS ? Cette réconfortante et stupide illusion qui fait croire qu’avec une autre étiquette, les flacons gagneraient en substance !

Tout cela est bel et bon mais je ne peux m’empêcher de reprocher à Manuel Valls d’avoir un discours pour l’extérieur et une pratique pour l’intérieur, un refus pour préparer et sauvegarder son futur mais une adhésion choquante dans son quotidien de Premier ministre.

Cette gauche « passéiste » qu’il dénonce, elle est sous ses yeux, au moins chaque mercredi, il l’entend, il a à la subir, il ne la conteste pas cependant, par son silence et son approbation implicite il la valide, il la consacre, il lui assure l’impunité. Il la flatte même.

Christiane Taubira, au sein de son gouvernement, bien au chaud, confortablement et durablement installée, est la représentante de cette gauche qu’il déteste. Il la tolère parce que François Hollande qui ne cesse de jouer sur l’ambiguïté entre une gauche pragmatique – si peu de gauche donc – et une gauche irénique et dogmatique – tellement de gauche donc – a qualifié Christiane Taubira de « marqueur de gauche ». Il serait inconcevable de priver les attardés du socialisme de la dernière branche qu’il leur reste.

Cette gauche, comme on n’ose plus la porter nulle part, elle est bien assez bonne pour le peuple français. Pour les choses sérieuses et quand il faut aller plaider à Bruxelles, on présente l’autre, on met en avant le réalisme et la lucidité.

Les citoyens, eux, n’ont droit qu’à Christiane Taubira. Elle n’a pas à leur plaire mais à un petit cercle qui ne tient plus qu’à un fil au pouvoir officiel.

Pour démontrer à quel point cette gauche du verbe et de l’exclusion – on a jeté le vrai peuple avec ses attentes, ses peurs et ses désespoirs au profit d’un autre fantasmé et commode – est désastreuse parce qu’elle est surtout inefficace, cette histoire martiniquaise est révélatrice : une prison, là-bas, était connue pour être dans un état indigne. Croyez-vous que l’Etat, le ministère, Christiane Taubira auraient bougé d’un pouce, d’une réaction ?

C’est un tribunal administratif qui, saisi par l’OIP ne se contentant pas d’éprouver une compassion unilatérale mais se battant pour que la matérialité de l’enfermement change, a ordonné des aménagements à opérer d’urgence pour que la décence et l’humanité trouvent droit de cité entre ces murs.

N’est-il pas scandaleux qu’une ministre vantée pour sa parole et qualifiée d’icône pour son inaction (elle ne se salit pas au contact du réel) puisse ainsi ne pas encourir les foudres d’un Premier ministre pourfendant la gauche « passéiste » ?

Manuel Valls en est à une contradiction près. Ce n’est pas sa faute.

source: http://www.philippebilger.com/

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photo: http://www.gouvernement.fr/sites/default/files/imagecache/carousel_home/photoministre_taubira.jpg

La facile victoire de deux provocateurs : Lavrilleux et Taubira

Je suis obligé de revenir vers Christiane Taubira. Je la remercie du fond de l’esprit parce qu’elle a superbement démontré à quel point le président de la République avait été à la fois injuste, naïf et pour tout dire ridicule en la préservant, elle seule, de l’exclusion. Et le Premier ministre abusé.

Alors qu’on pouvait penser qu’elle n’avait pas dû cacher à Manuel Valls ses sympathies intellectuelles et politiques pour Arnaud Montebourg, sa mouvance et les Frondeurs, par « le fait du Président » elle avait bénéficié d’une grâce et de son maintien. Pourtant, selon un proche du Premier ministre, lors de sa rencontre avec celui-ci, elle avait manifesté son soutien total à la ligne économique et sociale du gouvernement. Qui croire ? Serait-elle, cette intègre affichée, une adepte du double jeu ?

Connaissant la psychologie de notre garde des Sceaux, je ne doute pas une seconde qu’elle a été en même temps comblée et presque humiliée par cette mansuétude qui faisait passer l’audace du côté de ceux qui étaient chassés. Plus que jamais tentée aussi d’exploiter une équivoque qui d’un côté lui garantissait un soutien officiel et de l’autre une aura de dissidente à bon compte.

Il était évident qu’elle n’allait pas en rester là. Par une provocation facile puisqu’elle ne ferait pas bouger à son détriment les chefs de l’exécutif, elle les tournerait pourtant en dérision l’un et l’autre.

Au cours de la matinée du 30 août, elle a rendu visite aux Frondeurs qui l’ont accueillie avec bonheur, ne lui tenant pas rigueur du fait de n’avoir pas été sacrifiée. Feignant de s’étonner devant l’émoi de sa venue, elle a déclaré notamment qu' »on a laissé se perdre le moral et les Français ne plus croire en leur avenir(…)on doit avoir le courage de s’interroger sur les choix politiques ». Elle a ajouté qu’elle « assumait les conséquences de ses déclarations face aux frondeurs »… « Nous n’avons pas le choix, ce matin j’ai pris ma partie et j’en tirerai les conséquences » (son propos rapporté dans un tweet d’un député PS).

Jérôme Guedj, dont l’alacrité intellectuelle et la passion de la discussion m’ont à plusieurs reprises séduit, se photographie avec elle : « Heureux d’avoir accueilli Christiane Taubira à la rencontre de « Vive La Gauche » à UEPS. Bravo Madame ». Pour le député François Lamy : « ça va faire mal ! ».

On sent bien que le souci à La Rochelle n’est pas la justice ni la sécurité des Français mais des jeux, des rapports de force internes, une profusion d’encens ou du mépris à foison.

Ce qui est indécent tient à la manière dont cette ministre repêchée spécule sur un double registre pour satisfaire sa vocation à être célébrée par les uns et par les autres, légitimistes et opposants. Par cette démarche qui survient quelques jours après Valls 2, elle affecte gravement une autorité dont le Premier ministre avait été crédité – une autorité de quatre jours, selon Eric Ciotti – et offense le président de la République qui se voit bien mal récompensé pour son aveugle obstination à la faire durer comme ministre.

Le pire est qu’elle sait ne rien risquer. Le gouvernement ne va pas s’engager dans une crise qui, après trois ministres, lui en ferait chasser, trop tard, un quatrième qui aurait dû l’être en même temps qu’eux si la cohérence avait été respectée et la compétence privilégiée. Mais il est vrai qu’il ne s’agit pas d’un garde des Sceaux mais d’une icône qui circule modestement à vélo ! Manuel Valls nous affirme que « la cohésion du gouvernement est maintenue ». Le Premier ministre n’entend vraiment que ceux qu’il a programmé d’écarter.

Je n’aime pas ces ambiguïtés calculées qui laissent forcément indemne. Ces provocateurs trop habiles. Christiane Taubira joue sur du velours : gagnante partout.

Le rapprochement que j’opère avec Jérôme Lavrilleux n’est pas incongru. Dans tous les partis, à gauche comme à droite, il y a des personnalités qui s’estiment tellement qu’elles sont prêtes à tout pour se garder.

Jérôme Lavrilleux a osé : « Si on m’exclut de l’UMP, je parlerai ».

Comment comprendre autrement cette affirmation que comme une menace, un chantage à parti ouvert, un ultimatum sans fard ? Cela signifie à l’évidence que des secrets devraient être révélés, que la morale publique le justifierait, que des agissements et des turpitudes devraient être dénoncés, que l’honnêteté républicaine l’exigerait. Derrière cette intimidation, il y a la certitude d’un homme : il dispose de tout ce dont il aura besoin si jamais on en venait à ces extrémités regrettables pour le parti.

Si jamais une imprudente éthique incitait à le priver de l’UMP à cause de trop de scrupules et de conscience et contre un sage réalisme, quelle catastrophe tomberait non pas sur lui mais sur elle !

Provocateur facile, Jérôme Lavrilleux, car, comme il l’avait sans doute prévu avec cet avertissement même pas voilé, on a vite commencé à rentrer dans le rang à l’UMP, on s’est dit que Lavrilleux sera moins dangereux au sein de l’UMP qu’en dehors et « qu’il vaut mieux l’avoir avec nous que contre nous » (Le Parisien).

Son passage devant la commission des recours a déjà été reporté à sa demande et je suis persuadé, à moins que la justice se mêle efficacement de tous ceux qui ont trempé dans cette gravissime affaire de comptes truqués, que Jérôme Lavrilleux sera, dans un proche avenir, plus courtisé que dédaigné. Il va remonter dans l’estime à proportion des confidences explosives qu’il ne fera pas.

Il a des armes. Mieux vaut être Fouché, pour se sauver, que Louis XVI par exemple.

Reste que l’odeur démocratique de cet épisode et des coulisses qu’il laisse entrevoir n’est pas bonne et imposera le premier chantier du futur président de l’UMP. Celui de la propreté et de la tenue.

Avec l’obligation d’une parfaite exemplarité pour celui qui assumera cette mission, cet honneur.

Comme la provocation est facile et la menace commode quand l’une et l’autre ont victoire acquise !

SOURCE: http://www.philippebilger.com/

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Hollande-Poutine: danse avec les ours

Poutine, un tyran ?

Nous avons tous en tête la belle et provocatrice définition, par Winston Churchill, de la démocratie « qui est le pire des régimes après tous les autres ».

Il me semble que ce jugement demeure pertinent même si les temps de crise et l’urgence qu’ils requièrent nous conduisent de plus en plus à nous interroger sur ce modèle à la fois noble et critiquable.

Ce questionnement, également, incite des citoyens, dans les démocraties classiques, à appréhender avec une fascination inquiète mais presque admirative les démarches politiques d’un Vladimir Poutine tant sur le plan national qu’international.

Il est clair qu’on ne peut pas se débarrasser des préoccupations à son sujet en le qualifiant sommairement de dictateur. On doit tenter d’être honnête face à cette image équivoque qui nous est renvoyée de là-bas et qui ne saurait se résumer à cette déclaration sans nuance de Philippe de Villiers : « L’Amérique veut abattre Poutine pour installer son modèle de société en Russie ».

Pas davantage, la bienveillance de Marine Le Pen à son égard ne doit nous dispenser de scruter cette personnalité singulière, dans le pouvoir et l’emprise dont elle dispose quasiment sans partage et les modalités de ses actions, de ses abstentions ou de ses audaces multiples.

Ce n’est pas aussi parce que Gérard Depardieu est grotesque dans son inconditionnalité que le problème que pose Poutine est facile à régler.

L’embarras face à Poutine vient d’abord précisément du statut original de sa pratique présidentielle. On perçoit en effet que « dictateur » n’est pas le bon mot et que « démocrate » à son sujet serait naïf. Qu’il y a, qu’il est autre chose, quelqu’un d’autre. Une sorte de satrape, de tyran dans sa définition antique, un Pisistrate des steppes ayant redonné fierté au peuple russe par l’expression ostensible et machiste d’une virilité destinée aussi bien aux ennemis de l’intérieur qu’aux adversaires du dehors.

Ensuite, pour beaucoup, avec l’affirmation tranquille, sans l’ombre d’un doute, d’un conservatisme qu’il ne prétend même pas éclairé, en usant souvent d’une grossièreté du verbe pour mieux manifester à quel point il n’a pas peur de mettre ses pieds dans le plat et sa résolution dans la complexité, il apparaît comme le représentant quasi unique d’une espèce rare.

Qui non seulement n’a pas peur des attitudes et des pulsions réactionnaires de la société mais les accompagne si elle ne les précède pas. Ce n’est pas signifier que l’ensemble de ce que développe Poutine avec un art consommé de la rupture et de la brutalité, mais sans jamais perdre de vue la finalité de l’ambition personnelle et du gain politique, doit être accueilli sans réserve ni circonspection. Mais cette transparence dans l’expression de concepts, d’idées et de sentiments généralement retenus ou à peine murmurés dans nos sociétés frileusement consensuelles et héroïquement démocratiques n’est pas pour rien dans l’adhésion trouble que Poutine suscite un peu partout, quoi qu’on en ait.

Si j’ose et pour me faire bien comprendre, il n’y a pas de contraste plus éclatant qu’entre Poutine et sa vision de la société et de l’ordre naturel d’un côté et François Hollande de l’autre avec sa soumission au fil du temps qui serait forcément progressiste.

Enfin, la politique internationale de Poutine nous montre à la fois son incroyable culot et les faiblesses de l’Union européenne engluée dans un système qui fait à la fois son honneur et son inefficacité. Comment, en effet, ne pas déplorer, dans le désordre, la lenteur des délibérations collectives, les dissensions des égoïsmes nationaux persistant ici ou là, les atermoiements scrupuleux de la pluralité et le volontarisme verbal des responsables européens face à la solitude terriblement efficiente d’un Poutine ?

Comment ne pas regretter que l’éthique partagée et la passion commune du droit, le désir de paix quand tout respire la conflictualité pèsent si peu, si maladroitement en face du cynisme et de la provocation calculée d’un joueur gagnant à tout coup malgré des reculs tactiques, d’un génie du rapport de force, de l’incroyable et formidable disponibilité et liberté d’un homme méprisant des alliés qui, pour lui, sont devenus des adversaires parce que de fait ils ne lui ont jamais donné l’opportunité de de l’admiration et de l’estime, la chance d’un respect, l’angoisse d’une véritable menace ?

Sur un certain plan abusivement et sommairement métaphorique, l’Union européenne en face de Poutine, c’est, comme Chamberlain confronté à Hitler et le prenant pour un politicien traditionnel alors que l’un croyant aux règles du jeu était déjà vaincu par l’autre sortant de ce jeu pour inventer le sien. Tragiquement.

Cet adverbe est probablement la clé de tout. Sûrement de l’impression dominatrice diffusée par Poutine dans les manoeuvres diplomatiques et guerrières de cette dernière année, notamment pour Kiev et l’Ukraine. Raymond Aron faisait le reproche à Valéry Giscard d’Estaing de ne pas savoir que l’Histoire était tragique.

Poutine le sait, ne fait qu’agir sous l’égide de ce constat implacable et en tire les conséquences. Quand les autres l’oublient et n’opposent à ce dur réalisme que la bonne conscience d’un humanisme international qui n’est qu’une manière indolore de nommer l’impuissance.

Tyran comme Pisistrate, Poutine ? Pourquoi pas ?

Mais qu’attendent donc nos démocraties pour s’armer dans tous les sens du mot ?

http://www.philippebilger.com/

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p bilgerLe Général, le particulier et l’illusion

Le Conseil constitutionnel a amputé le pacte de compétitivité mais presque validé la réforme de Christiane Taubira. Apparemment, il se montre plus regardant pour le social que pour le pénal !

Au sujet de ce dernier, on n’a pas assez dénoncé la promotion-sanction du général Soubelet appelé à diriger la gendarmerie d’outre-mer. On lui a fait scandaleusement payer sa lucide intervention – alors qu’il était le numéro trois dans la hiérarchie de la gendarmerie – devant une commission parlementaire de l’Assemblée nationale : il avait notamment souligné « le décalage entre la progression des interpellations de délinquants (+ 4%) et la diminution du nombre des incarcérations (-33%). Ce constat accablant pour le garde des Sceaux n’a pas plu au ministre de l’Intérieur Valls qui désirait qu’elle fût ménagée (Le Figaro Magazine, Valeurs actuelles).

Comment ne pas approuver ce général surnommé « général courage », tant aujourd’hui il convient de féliciter celui qui ose proférer les vérités même les plus criantes, les plus évidentes ?

Deux tragédies criminelles récentes, chacune avec sa spécificité de lieu et d’action, ont montré à quel point la France endure le hiatus entre une réalité trop souvent terrifiante et un humanisme conseilleur mais des victimes pour payeurs.

A Dolomieu (Isère), après le braquage d’un tabac-presse le 29 juillet commis par deux malfaiteurs, Hugo Villerez, courageux client, était abattu parce qu’il tentait d’intervenir à l’extérieur pour permettre l’interpellation de l’un d’eux.

Mukaël Erdem, qui s’est vu reprocher cet acte, a été mis en examen, notamment pour vol accompagné de violences ayant entraîné la mort, puis incarcéré. De même que Morgan Vert qui l’accompagnait et s’est malheureusement suicidé en se pendant (jdd.fr).

Une troisième personne qui aurait fourni l’arme a été mise en examen du chef de complicité et placée sous contrôle judiciaire (le Figaro).

Un immense émoi après ce désastre humain : près de 700 personnes aux obsèques de la victime.

A l’Alma, dans un quartier de Roubaix déshérité dont les habitants se sentent abandonnés par les pouvoirs publics, un père de famille de 27 ans unanimement apprécié, courageux – il avait sauvé quelqu’un d’une noyade – a été tué par deux jeunes gens qui faisaient des rodéos en pleine nuit avec une voiture volée et qu’il avait interpellés de sa fenêtre pour les faire cesser.

Ulcérés, ils l’ont cherché puis trouvé dans cet immeuble délabré et au moins un coup de couteau dans la gorge lui a été porté avec un effet mortel.

Rapidement, l’un des protagonistes a été interpellé puis l’autre s’est livré plus tard : petit délinquant pour le premier, selon le procureur adjoint de Lille, et jeune majeur au casier chargé pour le second.

Le nouveau maire UMP de Roubaix Guillaume Delbar est conscient de « devoir reprendre le pouvoir dans ces quartiers que l’on a abandonnés », où la police n’ose plus aller de peur de susciter des réactions de rejet avec la conséquence que des drames comme celui dont Ahmed Boudaoud a été victime se produisent (Le Parisien).

Mukaël Erdem a écrit une lettre à la mère d’Hugo Villerez pour exprimer ses remords et expliqué qu’il avait tiré, « paniqué », parce que celui-ci venait vers lui. Selon son avocate, sa démarche était spontanée et sincère et il désirait l’accomplir immédiatement.

Je n’ai aucune raison de considérer ce geste comme tactique, d’abord parce qu’il est très rarement mis en oeuvre à ce stade initial alors qu’en cours de procédure et avant l’audience, il risque d’être perçu pour seulement habile. Que ce jeune homme ait éprouvé le besoin de s’adresser à cette mère donne de sa personnalité une image que le crime n’a pas totalement dégradée.

Mais il n’y a aucun rapport avec ce mouvement intime que la procédure va intégrer et cette justice « réparatrice » qui pousserait victimes et condamnés à se rencontrer et à dialoguer. Cette éventualité est réglementée par une longue procédure et, à supposer que la psychologie de certains y trouve son compte, peu appréciée par l’administration pénitentiaire puisque seule la Maison Centrale de Poissy en permet la réalisation depuis 2010 mais en confrontant des groupes, sans lien direct entre un criminel et sa victime.

Il paraît que, l’un en face de l’autre, le criminel avouerait pourquoi il est passé à l’acte et, devant la victime prendrait conscience des faits.

Stéphane Jacquot qui a créé l’Association nationale de la justice réparatrice prétend que cette interrogation et cette exigence sont « très peu développées au cours d’un procès », ce qui est totalement faux.

Le plus souvent, sauf à l’égard de faits délictuels ou criminels simples et utilitaires, le prévenu ou l’accusé ont du mal à démêler les motivations profondes de leurs agissements et s’ils n’y parviennent pas à l’audience malgré son caractère irremplaçable, ils demeureront encore plus inconnus à eux-mêmes en face de leurs victimes.

Parlons net : cette justice réparatrice est, au pire un gadget pour curiosités malsaines, au mieux une relation qui n’aura aucune incidence sur le cours de la justice pénale puisqu’elle se déroulera, la sanction infligée.

Il y a bien mieux à faire en suivant l’avertissement du général Soubelet et tant de pistes seront à explorer quand un pouvoir prendra enfin l’univers pénal au sérieux : défendre la police, ne pas la noyer sous une bureaucratie étouffante, refuser qu’une certaine magistrature défasse ses réussites ou rende vaines ses enquêtes, instaurer ou restaurer confiance et estime du citoyen à l’égard des magistrats qui auront beaucoup de chemin à faire, réfléchir à une articulation plus cohérente entre justice et police sur le plan ministériel, construire des prisons, rendre l’exécution des peines enfin efficace…

Il ne suffira pas de succéder à Christiane Taubira : il conviendra de refaire là où elle a défait et de faire là où elle n’a rien fait.

SOURCE: http://www.philippebilger.com/blog/2014/08/le-g%C3%A9n%C3%A9ral-le-particulier-et-lillusion.html

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Lutte contre l’insécurité : Général Bertrand SOUBELET, directeur des opérations et de l’emploi de la Gendarmerie Nationale
Intégralité de l’audition du 19/12/2013 à l’Assemblée Nationale

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Un dessin par jour

martyrLe Parisien est obligé cet après-midi de démentir un article paru ce matin.
Merci à Zgur pour l’idée de départ.

Voir l’article original

A peine a-t-on dénoncé une justice d’exception à Cayenne qu’up bilgerne autre affaire vient – dans un tout autre registre car criminel – mettre en cause le fonctionnement de la justice ordinaire à Nanterre au cours de l’année 2013.

Alors qu’un jugement du tribunal correctionnel de Cayenne a condamné à neuf mois de prison ferme une prévenue exclue du Front national parce qu’elle avait comparé Christiane Taubira à un singe, Sofiane Rasmouk avait été placé sous le régime de la semi-liberté le 12 avril 2013.

Quand une action engagée par une association co-fondée par Christiane Taubira a donné lieu à une citation directe approuvée par cette dernière et a abouti à cette sanction disproportionnée à Cayenne, le 7 août 2013 Sofiane Rasmouk avait agressé avec sauvagerie, en lui portant de multiples coups et en tentant de la violer, Priscilla A., âgée de 32 ans, la laissant pour morte, le cerveau gravement endommagé.

Avant que les magistrats de Cayenne condamnent financièrement le Front national pour sa responsabilité parce qu’il aurait dû s’assurer préventivement des convictions républicaines d’Anne-Sophie Leclère, dans cette même soirée du 7 août, Rasmouk avait tabassé et violé à deux reprises Sandra G., une jeune fille de 20 ans, qui survivra.

Avant que cette argumentation politique aberrante soit développée à Cayenne, Sofiane Rasmouk avait regagné son centre de détention à neuf reprises « avec un retard important sans justification », avait fourni de fausses excuses, n’avait pas dormi une nuit à la prison, avait été absent sans motif durant deux jours dans un emploi d’insertion au service d’une supérette et s’était adonné à l’alcool.

Alors qu’à Cayenne, la justice se félicitait d’avoir montré de quoi elle était capable, Ghislaine Stenger, la mère de Priscilla, s’était angoissée parce que l’agresseur de sa fille n’avait pas été réincarcéré, alors qu’il n’avait pas respecté les règles de sa semi-liberté et qu’il avait ainsi pu s’en prendre violemment à elle et à Sandra.

Tandis que d’aucuns, rares, n’ont pas hésité à vanter cette choquante application de la loi à Cayenne, Ghislaine Stenger a déposé plainte contre X pour mise en danger de la vie d’autrui et déclaré avoir « renoncé à une partie de moi-même pour me consacrer à ma fille, elle est mon trésor, ma fille unique » (Le Parisien).

Quand l’effervescence médiatique a accompagné l’injustice exceptionnelle de Cayenne, qui, vraiment, suivra l’information ouverte à Bobigny chargée de faire la lumière sur ce constat : on n’a pas peur de libérer contre toute prudence sociale mais on répugne à remettre en prison par paresse, par inconséquence ou indifférence. On fait sortir de prison parce qu’on se sent bien indulgent et compréhensif mais on ne réincarcère pas parce qu’on est fatigué de tirer les conclusions de ses propres règles. On se préfère négligent que sévère.

Justice d’exception à Cayenne, justice ordinaire à Nanterre. Contraste entre une comparaison odieuse et de gravissimes offenses. Entre une atteinte raciste et des crimes, des corps, des sensibilités détruites.

Certes, on n’est plus sûr de rien. Lola a menti mais est déséquilibrée. L’ex-Femen n’a pas été tondue.

Mais Sofiane Rasmouk réincarcéré seulement le 12 août 2013, Priscilla et Sandra constituent, eux, un trio qu’on n’oubliera pas.

Parce que le premier doit beaucoup à la justice et que les secondes ne lui doivent rien.

source: http://www.philippebilger.com/blog/2014/07/scandale-%C3%A0-cayenne-scandale-%C3%A0-nanterre-.html

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ImageDSK n’a pas tout perdu…

On ne devrait pas s’étonner qu’une part fondamentale de la personnalité de DSK soit demeurée à l’abri des tempêtes de sa vie personnelle et des tentations auxquelles il n’avait pas à résister puisqu’apparemment il se considérait comme invité permanent au festival du désir et du sexe.

Des propos et des jugements de DSK, tenus auprès de ses collaborateurs, ont été recueillis (JDD) et ils font apparaître que sa machine intellectuelle continue à tourner à plein régime.

On s’en était déjà aperçu lors de l’émission sur l’euro (France 2) où de manière limpide, même pour le profane, il avait su exposer les erreurs commises lors de la gestion de la crise grecque. Il s’agissait là d’un domaine technique qui n’avait pas de secret pour lui.

Ce qui nous est révélé aujourd’hui se rapporte davantage à l’appréhension de problèmes politiques et à la perception des compétences ministérielles. C’est anecdotique mais éclairant.

Il raconte par exemple la différence radicale d’attitude entre Angela Merkel et Nicolas Sarkozy quand, patron du FMI, il était reçu par l’une ou l’autre.

Avec la première, l’entretien durait deux heures et tout était décortiqué de manière approfondie : le sujet était traité à fond et on ne parlait pas d’autre chose. Une rigueur et un sérieux tenant à la fois au style allemand et au tempérament de cette femme dominant l’Europe avec une feinte retenue.

Avec notre ancien président, sans que la désinvolture soit forcément française, les échanges professionnels et financiers ne prenaient pas plus d’un quart d’heure puis Nicolas Sarkozy ne cessait pas de parler d’autre chose et sans doute – je l’ajoute – de lui-même, ce qui confirme l’impression de beaucoup de visiteurs invités pour un dialogue et condamnés au monologue du chef de l’Etat.

Sur Manuel Valls également, DSK vise juste puisqu’il souligne, ce qui va de soi, que son gouvernement n’est pas le sien mais celui de François Hollande, qu’il n’a pas d’espace, que le président et lui sont « dans la même cuisine gouvernementale » et que le premier s’implique trop (Le Parisien).

DSK va plus loin dans le sarcasme en qualifiant la moitié des ministres de « brêles ».

Pour sa propre défense, il ne nie pas sa responsabilité pour les 35 heures mais n’imaginait pas que cette réduction du temps de travail qui a désorganisé beaucoup de secteurs d’activité serait appliquée de manière aussi bureaucratique.

Pour en revenir à la composition du gouvernement, sans être sûr de penser forcément aux mêmes que lui, je partage son constat et éprouve en effet l’impression qu’il y a trop d’amateurs pour trop peu de professionnels.

Cette tendance a été amorcée sous Nicolas Sarkozy et il me semble qu’il existe là une étrange et paradoxale continuité entre la droite et la gauche.Sans se pousser du col, il n’était pas outrecuidant de s’estimer hier aussi capable que certains ministres et de se sentir aujourd’hui aussi fiable et compétent qu’une partie du gouvernement.

C’est d’ailleurs l’un des problèmes récents de notre démocratie. Qu’il y ait rien moins qu’un gouffre entre tel ou tel citoyen et plusieurs serviteurs de l’Etat peut apparaître comme l’expression d’une heureuse égalité républicaine mais l’amateurisme au pouvoir de nombre de ceux-ci renforce la dérision, voire le mépris dont la société accable souvent injustement la classe politique.

La quadrature du cercle : les ministres doivent être comme nous et à la fois mieux que nous. On en est de plus en plus loin.

On ne se débarrassera pas aisément de DSK parce qu’il n’a pas tout perdu. Il a conservé l’essentiel.

Sa lucidité.

Philippe Bilger

http://www.philippebilger.com/blog/2014/06/dsk-na-pas-tout-perdu.html

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En privé, l’ancien patron du FMI dit tout le mal qu’il pense du président François Hollande et du gouvernement actuel, selon « Le Point ».

« Hollande s’implique trop dans le quotidien, Manuel n’a pas d’espace. Il est ficelé dans un gouvernement composé par Hollande dont la moitié sont des brêles. Il n’a pas fait le gouvernement qu’il voulait ».
LIRE: http://www.bfmtv.com/politique/dsk-moitie-ministres-sont-breles-801737.html

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p bilgerLa France un grand pays ou un jardin d’enfants ?

On a le droit de se poser la question.

Certes il n’est pas de jour où on n’entende le président de la République, le Premier ministre et les ministres déclarer que la France est un grand pays, pour compenser évidemment ce que son état d’aujourd’hui a de médiocre sur les plans économique, social et culturel. On dore la pilule précisément parce qu’elle est amère.

D’autant plus que sous l’apparence de ces discours de substitution et de cette réalité décevante, on est en train de nous fabriquer une France de la peur, de pleutres à foison. De futures fragilités. La République dont rêve ce pouvoir est de régression infantile.

On n’a même plus besoin d’évoquer l’affaire Dieudonné où il convenait de gouverner les choix des spectateurs en leur interdisant de se rendre où bon leur semblait.

Pas davantage que cette tentation perverse, dès lors que surgit une dispute intime, un contentieux familial, de s’en mêler et de prétendre régir, avec une bonne conscience dévastatrice et un totalitarisme de velours, ce qui relève de chacun dans la conduite normale d’existences qui n’ignorent pas que le paradis n’est pas sur cette terre. Mais que les larmes, la sueur et les joies sont leur lot quotidien.

Tout n’a pas commencé, il est vrai, avec ce pouvoir de gauche. L’absurde principe de précaution, quand il est poussé à un paroxysme qui condamne à l’inaction et suscite l’irresponsabilité, est dû à Jacques Chirac.

L’interdiction d’exploitation du gaz de schiste demeure comme le symbole, aujourd’hui, de cette retenue qui cherche à se faire passer pour de la sagesse alors qu’elle nous met en retard et nous prive d’un capital.

Force est de reconnaître que l’idéologie de gauche, plus que toute autre, est parfaitement accordée à ce qui dépouille le citoyen et enrichit l’assisté. L’audace d’entreprendre, la volonté de réussir, l’exigence de la compétition sont détestées en tant que telles, malgré les mots qui parfois leur concèdent un peu de vertu, et ainsi se trouvent généralisés l’abstention, le nivellement, une égalité orientée, une faiblesse théorisée, le souci sans élan de soi et la considération inhibitrice des autres.

Les cellules de soutien, à chaque bouleversement, préparées même avant le plein accomplissement de la catastrophe, complètent ce tableau d’une France qu’on souhaite gémissante, incapable de répondre au moindre défi de la vie en commun, des aléas professionnels et des mille entraves qui empêchent forcément notre condition humaine d’être au zénith.

Le comble, pour cette déplorable tendance, nous est véritablement tombé dessus avec Benoît Hamon qui refuse notre système d’évaluation scolaire, pourtant bien indulgent, et pourfend la note sanction (Le Parisien).

Cela devait survenir mais j’aurais espéré que cela ne fût pas à l’initiative de ce ministre que j’apprécie par ailleurs. J’abuse sans doute du coefficient personnel et de la sympathie que m’inspire ou non telle ou telle personnalité mais je ressens, avec cette importance donnée aux êtres plus qu’aux idées parfois antagonistes, un trait spécifique de la droite tolérante.

Alors que le collège et le lycée, le quotidien des établissements ne cessent pas de multiplier les problèmes et les difficultés tant pour l’autorité, les rapports entre parents et enseignants, le respect dû aux éducateurs et battu en brèche que pour le contenu même des matières et l’abandon du pédagogique sérieux au profit du ludique volatile, il aurait fallu au contraire, pour un gouvernement digne de ce nom, resserrer, contraindre, réorganiser, soutenir, défendre et avoir pour visée le retour de l’excellence à tous points de vue et partout.

L’inverse est programmé qui consiste à favoriser ces dérives faute de savoir y résister. La répudiation de la note sanction est en profondeur le refus de la note et l’égalité exploitée jusqu’à la corde représente une exigence dévoyée quand elle a pour ambition de ne plus distinguer les meilleurs et les pires, de consoler ceux-ci pour ne pas flatter ceux-là.

Au demeurant, est-il inconcevable de savoir avec humanité et rigueur, pour le plus grand bien de tous, partager, avec une hiérarchie assumée, la tête d’une classe et sa queue ? Quelle funeste conception de l’égalité que celle qui prend pour modèle sa plus navrante illustration au lieu de choisir, pour finalité, sa plus éclatante démonstration ! Est-il nécessaire, pour apaiser les professeurs, dorloter les parents, ménager les enfants et les adolescents, de préparer un dispositif aberrant puisqu’il aboutira à dégrader encore davantage ce qu’on n’a pas su corriger ?

TOUT LIRE: http://www.philippebilger.com/blog/2014/06/la-france-un-grand-pays-ou-un-jardin-denfants-.html

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Journal d'un #antifa (parmi d'autres)

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Comment rendre un syndicat impopulaire ? Prenez une boite de sondages pas trop regardante, un journal pas vraiment réputé pour sa déontologie, et faites donc une enquête d’opinion au lendemain d’une grève qui a gêné les usagers du service public où ce syndicat est majoritaire, et vous aurez une bonne recette de manipulation médiatique ordinaire.

Pourtant, je suis désolé (ou pas) de décevoir les lecteurs du Parisien, les anti-cégétistes primaires aux concepts surprenants, le patronat majoritairement acquis à la cause et au résultat de ce sondage, ainsi qu’aux fauxcialistes alliés du même conglomérat idéologique libéral, mais la CGT est un syndicat plus fort que ce que ne dit ce sondage. Tout d’abord, c’est le seul en France à dépasser la barre des 30 %, et donc le seul qui peut signer un accord sans aucun autre… si 3 autres syndicats ne s’y opposent pas.

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source :la représentativité…

Voir l’article original 268 mots de plus

p bilgerLa gauche aurait besoin d’une bonne droite !

Rien n’y fait.

Un jeune Rom se trouve dans le coma après avoir été lynché, roué de coups par une douzaine de personnes qui le soupçonnaient d’avoir cambriolé l’appartement d’une habitante de Pierrefitte-sur-Seine dans le 93.

Le Premier ministre a évidemment condamné cet acte odieux et il a raison. Et, pour faire bonne mesure, le président de la République en a rajouté.

Mais ils ont tort de s’arrêter là et de ne pas faire un examen d’intelligence et de conscience qui leur imposerait d’incriminer, derrière la détresse sociale et le racisme ambiant, le désarmement de l’Etat dans sa mission de sécurité et de protection.

A cause d’une philosophie pénale inversement proportionnelle à l’inquiétude légitime de la société. Avec, pour conséquence gravissime, des comportements qui se laissent aller au pire parce que la confiance en l’autorité et l’efficacité publiques fait de plus en plus défaut.

Le hasard de l’actualité conduit, dans un quotidien que j’apprécie, au rapprochement de cette violence collective à cause d’un soupçon de cambriolage avec le désir du Sénat de « gauchir » la réforme pénale en supprimant par exemple les peines de prison pour les atteintes aux biens (Le Figaro).

Rien ne m’étonnera jamais de la part du sénateur Michel, rapporteur du texte, mais tout de même une telle inadaptation à la réalité quotidienne de l’insécurité, un tel mépris, au fond, pour nos concitoyens – les plus modestes, paradoxalement, étant les plus touchés car leur sûreté est leur bien principal – qui supportent vols, cambriolages, agressions et transgressions de toutes sortes, sont scandaleux.

Les victimes, elles, n’ont pas le loisir de théoriser en se consolant parce qu’elles n’auraient été offensées que dans leur qualité de détentrices ou de propriétaires : elles ont la faiblesse de tenir à leurs biens, moins qu’à leur vie certes, mais pas au point d’éprouver de l’indulgence pour les spoliateurs, les voleurs à l’arraché ou autres spécialistes de l’appropriation frauduleuse, brutale ou parfois sanglante.

Qu’une telle idée ait pu germer dans la tête d’un socialiste montre à quel point le socialisme est désaccordé d’une France qui n’a plus l’ombre d’une illusion sur ce plan. Et qui combat toute seule, et à force dangereusement pour elle, et pour les malfaiteurs quelquefois.

En contrepoint conceptuel mais cependant révélateur, je souhaiterais attirer l’attention sur un entretien accordé par Jean-Marie Delarue pour une sorte de bilan de son activité comme Contrôleur général des lieux de privation de liberté (Le Parisien).

Il va être remplacé probablement par Adeline Hazan et puis-je dire que je crains beaucoup avec cette promotion partisane, compensation d’un échec aux élections municipales. L’idéologie de cette femme, dans un tel poste, va pouvoir se donner libre cours !

Jean-Marie Delarue est une personnalité intelligente, estimable, sensible, indulgente pour tous ses collaborateurs et en définitive assez satisfaite de son action puisqu’elle affirme « avoir réussi à obtenir des changements en prison ».

Ce qui m’a fait sursauter est un bout de phrase. Il compare les criminels comme Tony Meilhon qui ne seraient pas comme nous – il y en aurait à peu près 2000 selon lui en prison – et tous les autres – 66 000 – seraient « des gens comme vous et moi ».

Je ne comprends pas ce type d’assertion. Sur le plan de l’essence humaine, les criminels et les autres appartiennent à notre monde et l’humanité, dans sa fraternité abstraite et de principe, ne les distingue pas.

Mais, pour le concret, les 66 OOO condamnés qu’évoque Jean-Marie Delarue ne sont pas « des gens comme nous ». Ou alors seulement si on ajoute cette précision capitale : des gens qui ont commis des infractions et qui ont été sanctionnés à cause d’elles.

C’est de la démagogie que d’oublier, dans l’appréciation qu’on porte sur les lieux d’enfermement, cette nuance fondamentale. Ils ne sont pas comme nous puisque, jusqu’à nouvel ordre, nous n’avons perpétré ni crimes ni délits. J’entends bien que personne ne peut se dire à l’abri de telles dérives mais on peut raisonnablement supputer que par exemple un Jean-Marie Delarue ne s’y abandonnera jamais.

Ce n’est pas rien que de feindre d’abolir par une générosité mal placée cette frontière radicale qui sépare le mal parfois seulement fortuit du bien. C’est persuader les détenus, les transgresseurs qu’au fond, ils n’ont pas de comptes à rendre et que la prison est une punition injustifiée. Bien sûr, c’est la société qui est coupable !

Avec un tel propos, le ver est dans la justice et le poison dans l’équité. La rigueur s’affaiblit d’elle-même. Et la gauche se cultive et se félicite.

Cette gauche aurait vraiment besoin d’une bonne droite !

http://www.philippebilger.com/blog/2014/06/la-gauche-aurait-besoin-dune-bonne-droite-.html

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