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La présidence française maintient une liste de personnes à assassiner

Par Kumaran Ira

Au nom de la lutte contre le terrorisme, l’État français accélère ses opérations clandestines visant à exécuter des personnes ciblées sans forme de procès. François Hollande maintient une liste de cibles potentielles de personnes à tuer, qu’il discute régulièrement avec de hauts responsables de l’armée et du renseignement.

Ce programme de meurtre d’État, qui viole des droits constitutionnels fondamentaux dans un pays où la peine de mort est illégale, souligne la dégénérescence profonde de la démocratie bourgeoise. Alors que les guerres impérialistes se généralisent dans l’ancien empire colonial français et que la crise sociale se généralise en France, l’État revient vers des niveaux de criminalité connus lors de la guerre d’Algérie et du régime de Vichy.

La presse a révélé le programme d’assassinat mené par Paris – notamment dans les régions où la France a lancé des interventions militaires prétendument pour lutter contre le terrorisme, en Afrique et au Moyen Orient – et l’a applaudi.

Dans un article du 8 août intitulé « Guerre contre le terrorisme – Permis de tuer », Le Point a insisté que la président français a le droit de tuer une personne qui n’a pas été accusée, et encore moins reconnue coupable, d’un crime. Le magazine écrit, « L’État de droit a sa part d’ombre. Le président de la République a le droit de tuer, malgré l’abolition de la peine de mort. Monarque républicain, le chef des armées possède la faculté de baisser le pouce en décidant, seul et de sang-froid, de faire passer un homme de vie à trépas ».

Selon Le Point, « Ce droit est incontestable, parce qu’il n’est écrit nulle part. Et parce que son exercice n’est ni discuté, ni partagé, ni contrôlé ».

Selon Slate, la liste de cibles à assassiner maintenue par Hollande « regroupe les noms des terroristes et autres ennemis déclarés dont le président de la République autorise l’élimination sans autre forme de procès. C’est à dire leur mise à mort, sans sommation, n’importe quand, dès que les services secrets ou les officiers du renseignement militaire seront parvenus à les localiser ».

Ceci souligne la complicité de toute la classe politique bourgeoisie dans la création et la promotion en France d’un appareil étatique entraîné à commettre des assassinats politiques.

Le Point révèle l’existence d’un escadron de la mort au sein des renseignements français : « Les moyens humains de conduire de telles actions existent, avec une chaîne de commandement identifiée et entraînée, aboutissant soit à des forces discrètes, celles du Commandement des opérations spéciales (COS), soit à des unités clandestines appartenant au service Action de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). Au sein même de cette dernière entité, il existe une unité plus mystérieuse et encore mieux cachée que les autres ».

Cette unité, dénommée « Alpha », fut créée aux années 1980 par le général Jean Heirich, le directeur des opérations de la DGSE, « pour enfouir leurs éventuelles actions dans les ténébreux replis du monde des ombres », selon Le Point.

Dans son livre récent, Les Tueurs de la République, le journaliste Vincent Nouzille expose le programme d’assassinat de gouvernements français successifs. Pour avancer ses intérêts en Afrique et au Moyen Orient, l’Élysée dirige secrètement une campagne de meurtre d’Etat. Vincent Nouzille révèle l’existence d’une cellule clandestine à l’intérieur du Service Action de la DGSE, dont les agents et les commandos sont formés à mener des assassinats ou « opérations homo » (homicide) autour des zones de conflit.

S’exprimant en avril auprès de Sud Ouest, il a dit: « Au sein du Service Action a été constituée au milieu des années 1980 une mini-cellule : la cellule Alpha, qui regroupe une dizaine de personnes.Des tueurs, les ‘tueurs de la République’. Ils agissent sans que l’on puisse rattacher leur action aux services français. À ce Service Action s’est ajoutée une montée en puissance des forces spéciales, qui œuvrent dans des conflits déclarés, comme c’est le cas au Mali….Au sein de ces forces ont été constitués des mini-groupes de tireurs d’élite qui peuvent identifier et tuer un individu en quelques heures ».

Pendant la guerre menée par l’OTAN en 2011 pour renverser le régime du colonel Muammar Gaddafi en Libye, ces commandos ont aidé des islamistes liés à Al Qaïda à capturer, à torturer, et à exécuter Gaddafi. « Ce fut le cas en Libye, les forces spéciales sont intervenus en civil. Elles ont joué un rôle clé pour faire tomber le régime de Kadhafi », dit Nouzille.

C’est sous Hollande et le PS que le rythme d’assassinats a été intensifié à un niveau jamais vu depuis la guerre d’Algérie de 1954-1962. Pendant cette guerre, des escadrons de la mort français ont assassiné des centaines de combattants algériens du Front de libération nationale.

Sous Hollande, plus d’une douzaine d’opérations homo ont été lancées entre 2012 et 2015. Selon Nouzille, « Jamais les forces spéciales et le Service Action n’ont été employés autant qu’aujourd’hui. Pour des raisons de contexte, bien sûr. À partir de 2012, on voit apparaître une pratique beaucoup plus offensive, notamment pour les répliques ».

En mai, la France a assassiné au Mali Abdelkrim al-Targui, un Touarègue et dirigeant d’Al Qaïda dans le Maghreb islamique (AQMI), accusé d’avoir participé au meurtre de deux journalistes français dans le nord du Mali en novembre 2013. Un officier français a confié au Point : « Nous avons dû prendre pied au cœur des katibas touareg d’Aqmi. Pour comprendre le milieu, trouver le bon fil à tirer, attendre le moment favorable, il a fallu cinq mois ».

Le programme d’assassinats de Hollande souligne le caractère réactionnaire de Hollande et expose la banqueroute des forces telles que le Nouveau parti anticapitaliste (NPA), qui ont appelé à voter Hollande au second tour des présidentielles de 2012. Ayant auparavant soutenu la guerre en Libye, ils maintiennent à présent un silence coupable sur les meurtres commis par l’État français.

On ne peut saisir l’importance politiques de ces meurtres qu’en examinant le contexte politique créé par l’escalade des guerres de l’OTAN et la montée des tensions sociales en France elle-même. En cherchant à recoloniser son « pré carré » africain, la classe dirigeante française craint également l’opposition sociale aux politiques d’austérité de l’Union européenne dans la classe ouvrière. Hollande est le président français le plus impopulaire depuis la Deuxième Guerre mondiale.

C’est en réponse à ces conditions que l’État développe une immense bureaucratie de répression meurtrière. Elle choisira ses cibles non seulement parmi les forces islamistes, dont beaucoup ont des liens étroits avec les renseignements occidentaux, dont la DGSE, comme l’a démontré la guerre en Libye, mais également au sein du peuple français, notamment contre l’opposition ouvrière.

Les révélations sur les opérations homo de François Hollande coïncident avec l’imposition d’une loi draconienne sur la surveillance électronique en France, qui donne de vastes pouvoirs aux services de renseignement et à la police pour espionner l’ensemble de la population.

SOURCE:

http://www.wsws.org/fr/articles/2015/aou2015/assa-a20.shtml

http://reseauinternational.net/la-presidence-francaise-maintient-une-liste-de-personnes-a-assassiner/

Lu aussi sur: https://launedekeg.wordpress.com/

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French Presidency Has “Kill List” of People Targeted for Assassination

hollande

In the name of the “war on terror,” the French state is dramatically accelerating its use of clandestine operations to extra-judicially murder targeted individuals. French President François Hollande reportedly possesses a “kill list” of potential targets and constantly reviews the assassination programme with high-ranking military and intelligence officers.

This programme of state murder, violating basic constitutional rights in a country where the death penalty is illegal, underscores the profound decay of French bourgeois democracy. Amid escalating imperialist wars in France’s former colonial empire and deepening political crisis at home, the state is moving towards levels of criminality associated with the war against Algerian independence and the Vichy regime of Occupied France.

Press reports have revealed the French state’s assassination programme—carried out particularly in the regions where France has launched military interventions supposedly to fight terrorism, in Africa and the Middle East—and applauded it.

In an article on August 8 titled “War on Terror, Licence to Kill,” news magazineLe Point asserted that the French president has the right to kill an individual who has not even been charged with, let alone convicted of, a crime. It wrote,

“The rule of law has its dark side. The president of the republic has the right to kill, despite the abolition of the death penalty. A republican monarch, the head of the army can give the thumbs-down, deciding alone and in cold blood to make a man leave the land of the living.”

Copyright © Kumaran Ira, World Socialist Web Site, 2015

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Nicolas Dupont-Aignan réclame une manifestation ouverte à tous !
Mercredi 7 janvier, ce n’est pas un attentat comme un autre qui a ensanglanté la France. C’est un acte de guerre contre un symbole de la liberté d’expression, contre une « certaine idée » de la France, la République, la Liberté, l’Egalité, la Fraternité.

La minute de silence de jeudi midi restera gravée dans ma mémoire comme dans celle de tous les Français. C’est la Nation tout entière qui s’est relevée. Chaque Français avait les larmes aux yeux, car il sentait bien au fond de lui-même que l’essentiel était en jeu.

C’est pourquoi d’ailleurs les palinodies sur qui a le droit de participer à la manifestation de dimanche sont particulièrement indécentes, comme si le vieux régime des partis ressuscité se remettait à faire « les petites soupes sur les petits feux » selon l’indémodable expression du général de Gaulle.

L’enjeu est bien sûr tout autre avec un double objectif :

  • Premier objectif : le rassemblement de tous les Français, bien sûr, car on ne luttera pas contre les ennemis de l’intérieur sans que chacun de nos concitoyens prenne conscience de l’urgence et conserve tout son sang-froid.
  • Second objectif : l’action, car le plus grand péril aujourd’hui est la naïveté, l’angélisme qui paralysent la victime face à l’agresseur.

La France s’est engagée dans une guerre extérieure contre Daesh au Moyen-Orient et le fondamentalisme islamique en Afrique Noire. On ne peut pas être en guerre à l’extérieur et vivre comme si de rien n’était à l’intérieur de nos frontières. D’autant que des centaines de djihadistes français sont partis affronter nos soldats ou nos alliés et reviennent pour certains d’entre eux sur notre sol.

La France affronte un ennemi de l’intérieur, ce n’est pas de notre fait. C’est lui qui nous a désignés comme son ennemi. Ouvrir les yeux sur cette réalité et lutter, ce n’est en rien nourrir l’amalgame. C’est au contraire réconcilier les Français. Chacun aura compris que les Français musulmans sont les premières victimes de la nouvelle inquisition des intégristes. Il n’y a donc aucun complexe à combattre ces derniers.

La France n’a aucun problème avec l’islam. En revanche, une petite minorité fanatique de l’islam a un vrai problème avec la République. Il faut mettre les mots sur les faits et ne rien concéder. C’est l’intérêt de chacun, quelque soit sa confession.

Pour cela, il faut maintenant passer aux actes, sans faiblesse. Faire la guerre et la gagner.

Comment ?

Par quatre mesures immédiates :

  • En proclamant l’état d’urgence par décret en Conseil des Ministres pour une période provisoire. Cela n’a rien d’extravagant et a déjà existé par le passé, par exemple en 2005. L’état d’urgence permettrait de simplifier considérablement les procédures juridiques et renforcerait d’autant l’efficacité des forces de l’ordre : d’indispensables mesures d’exception seraient alors possibles, comme l’assignation à résidence, des perquisitions sans contrôle judiciaire, l’instauration de couvre-feu, la confiscation des armes de toutes catégories, etc…
  • En suspendant Schengen, possibilité prévue par les traités, par le rétablissement aussi longtemps que nécessaire des contrôles fixes aux frontières ;
  • En renforçant la présence des effectifs de militaires dans nos rues pour la surveillance des bâtiments publics pour pouvoir concentrer les forces de police et de gendarmerie sur leurs missions d’enquête ;
  • En augmentant les moyens de la Police et de la Gendarmerie, notamment en armement lourd, afin que les forces de sécurité publique puissent faire face efficacement aux actions de guerre des terroristes.

Ces quatre mesures immédiates ayant été prises, il faudra plusieurs semaines pour mettre en œuvre des actions utiles dans différents domaines.

  • En faisant voter par le Parlement une loi permettant de mieux contrôler les djihadistes de retour sur le territoire national (déchéance de nationalité possible pour les binationaux et incarcération ou assignation à résidence en territoire éloigné pour ceux de seule nationalité française) ;
  • En démantelant les filières de recrutement sur Internet ;
  • En intensifiant les efforts de la coalition contre Daesh et en dénonçant son financement par certains pays ;
  • En clarifiant notre politique étrangère, notamment à l’égard de la Syrie.

Dans le cadre de l’état d’urgence, il faudra aussi compléter cette action contre le terrorisme par une politique de sécurité publique l’extirpant à la racine, en détruisant notamment les trafics d’armes et de drogue, ainsi que tous les circuits de financement liés à l’économie dite « parallèle », qui pourrissent nos quartiers et constituent un terreau vivace pour le crime, crapuleux comme fanatisé. La plupart des intéressés sont connus, et avec des forces de Police et de Gendarmerie soutenues, la peur changera enfin de camp.

Enfin, bien évidemment, il faut conforter les Français musulmans qui pratiquent leur foi dans la paix et le respect de la République. Cela exige de parvenir enfin à l’organisation d’un islam de France structuré et parfaitement intégré à la République, ne disposant plus de financements étrangers.

La France est rassemblée dans le deuil et l’indignation. Elle doit maintenant se rassembler dans l’action.

 

Nicolas Dupont-Aignan

Député de l’Essonne

Président de Debout la France