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Multiples voyages financés par le narcotrafic!

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Par Eugénie Bastié

    • Mis à jour le 28/06/2015 à 09:33
    • Publié le 27/06/2015 à 20:32

Le journaliste Alex Jordanov a écrit un récit documenté sur l’affaire Merah. Il revient sur les évènements de mars 2012 et met en garde contre certains tabous qui nous empêcheraient de voir la réalité de la détermination des nouveaux terroristes, dont fait désormais partie Yassin Salhi.

LE FIGARO: Vous publiez Merah, l’itinéraire secret (Nouveau monde, 2015). Nemmouche, Kouachi, Coulibaly, Ghlam et maintenant Salhi.. diriez-vous que Mohamed Merah a été le pionnier et modèle d’une «génération djihadiste»?

Merah est effectivement une «idole». C’est lui qui a inauguré cette longue liste, donc un pionnier. Il est souvent cité comme l’exemple à suivre dans les vidéos de propagande francophone diffusées par l’État islamique. Ce qui m’inquiète ce sont les conférences de presse de M. Cazeneuve après chaque attentat. Le temps passe, elles restent identiques. Tout comme Merah, Salhi avait «une fiche S et était connu comme salafiste». Bernard Cazeneuve a certes injecté «200 millions et 1 500 agents supplémentaires» à la lutte anti-terroriste, mais cela ne veut rien dire. 200 millions pour quoi? On ne peut pas jeter de l’argent à un problème sans connaître la nature de celui-ci. Le député Eric Ciotti qui se veut le champion de la lutte contre l’islamisme n’a pas voulu d’une commission d’enquête après Merah, ne voulant pas «d’un procès des services». Il est resté étrangement silencieux sur ce sujet après Charlie. C’est à croire que la classe politique ne veut pas définir la problématique, donc de penser des solutions. Les services les premiers semblent démunis parce qu’ils ne se sont pas adaptés au mode de pensée et à l’idéologie propagée. «Ils ont la tête dans le guidon, sont dans la procédure et débordés», me disait un haut gradé du renseignement. Tout est dit. Sans vouloir être alarmiste, je crains que le pire soit à venir. C’est notre réalité.

Quels sont les points communs entre ces terroristes?

Ce sont les envoyés spéciaux de l’islam radical. Ils sont les représentants d’une vague terroriste qui a décidé de frapper chez nous, à travers de petites structures, et ce selon les préceptes élaborés par Al-Souri, théoricien du nouveau djihad, ou encore de al-Awlaki, l’américain qui a influencé le psychiatre musulman auteur de la fusillade de Fort Hood en 2009. Leurs cibles sont précises: les juifs (éviter les synagogues), les évènements sportifs, et les apostats militaires ou policiers. Le dernier en date, Ahmed Ghlam était le mauvais exécutant d’une chaine extrêmement bien organisée, provenant de Syrie.

A Toulouse, véritable place forte de l’islamisme français, ces écrits circulent. La forte immigration notamment d’anciens militants FLN dans le Languedoc-Roussillon pendant les années 1960, couplée a «l’apartheid» social des quartiers dont parle Manuel Valls a créé cette troisième génération «djihadiste» déboussolée, en quête d’identité. Dans le quartier des Izards, Merah est l’idole absolue. Faire ce qu’il a fait, passer le palier psychologique et oser agir seul en France, affronter la police les armes à la main, comme il l’a fait, c’est «maximum respect» comme on dit dans les cités. Le profil de ceux qui osent «porter l’étendard» (selon les mots de Merah) en France n’est pas forcément le même que celui des ados qui partent en Syrie après avoir été radicalisé sur Facebook. Ils ont souvent une expérience, des années à esquiver les surveillances, de la délinquance à leur actif, plus la case prison et le voyage à l’étranger: Yémen pour les frères Kouachi, la Syrie pour Nemmouche qui îdôlatrait Merah. Lui même est allé dans 14 pays différents au Moyen-Orient, par des routes extrêmement détournées: en Algérie, en Afghanistan, en Irak, au Pakistan, en Syrie, au Liban, et même en Israël, à la rencontre de frères et de causes auxquels se dévouer. Ces multiples voyages étaient financés par des braquages et le narcotrafic, dont je retrace l’itinéraire dans mon livre.

Des dizaines d’ouvrages ont été écrit sur le terroriste de Toulouse et Montauban. Qu’apporte le vôtre de nouveau?

ALEX JORDANOV*: Beaucoup de livres ont été publiés juste après l’affaire. Quand j’ai récupéré le dossier en tant que journaliste j’ai été stupéfait par le volume des choses que l’on ne savait pas. J’ai voulu poser les bonnes questions. Et la plus importante: nos services de renseignement sont-ils vraiment outillés pour faire face à des terroristes type Merah? Je crois qu’il y a une méconnaissance absolue de la manière dont pense le terroriste nouveau. Il y a aussi un problème de rivalité entre les différents services, qui se font des croche-pattes. Le déficit de communication(collaboration) entre les spécialistes parisiens et les hommes de terrain à Toulouse a été frappant dans l’affaire Merah.

Où en est l’enquête trois ans après les massacres de Toulouse et Montauban?

Aujourd’hui l’enquête est finie, les familles ont demandé que le dossier soit clos. Il y aura un procès, mais personne dans le box des accusés. Du point de vue de la justice, c’est un fiasco absolu. Abdelkader, le frère de Mohamed, nargue les juges depuis sa prison de Villepinte. Sabri Essid le «beau-frère» de Merah, sans doute celui-qui en sait le plus, joue les bourreaux YouTube en Syrie pour l’Etat islamique.

Avez-vous l’impression que toutes les leçons ont été tirées de l’affaire Merah?

Du point de vue du renseignement, il y a eu une prise de conscience. Qui n’a pas pu empêcher la tuerie de Charlie Hebdo rendue possible par de nouvelles failles dans le renseignement. Mais le politiquement correct reste un frein qui, aux dires des policiers, empêche de parfois de voir le réel. L’affaire des voitures folles fonçant sur des foules à Nantes et Dijon à Noël qu’on a attribué à des «déséquilibrés» en dit long sur notre incapacité à saisir la détermination des nouveaux terroristes.

 

Alex Jordanov est journaliste d’investigation et documentariste, spécialiste notamment de l’islamisme. Il publie ces jours-ci une enquête documentée sur le clan Merah et la nébuleuse salafo-terrosiste de Toulouse, intitulé Merah, l’itinéraire secret (Nouveau monde, 2015).

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/06/27/01016-20150627ARTFIG00157-de-merah-a-salhi-il-y-a-une-meconnaissance-absolue-de-la-maniere-dont-pense-le-terroriste-nouveau.php#auteur

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By Anthony Torres

9 May 2015

The arrest of an arms dealer linked to the neo-fascist National Front (FN) and the French police points to the possible role of the state and the far right in the terrorist attacks carried out in January in Paris by Amedy Coulibaly on the Hypercacher kosher supermarket, and by the Kouachi brothers on Charlie Hebdo magazine.

In late January, Claude Hermant, his partner, and another man were arrested for having repaired “many” decommissioned weapons from Eastern European countries. According to La Voix du Nord, the local paper near Lille, where Hermant lives, these weapons “were then delivered to criminal gangs, and not only those in Lille.”

Hermant reportedly sold Coulibaly, directly or through third persons, the weapons which he used to carry out the Hypercacher killings, according to the same newspaper: “It’s a very serious lead, which we hope to confirm soon.” The trail points to Belgium, where “Hermant apparently had ties in the context of his broader network. Let us recall that Coulibaly obtained his weapons at Charleroi,” in Belgium, the newspaper said.

La Voix du Nord published some extracts of emails sent between Hermant and police in November 2014. In one email, the policeman writes: “Hi Claude, we discussed things with our superiors. … We are OK with the two subjects you raised with us (weapons, Charleroi).”

These emails strongly suggest that Hermant could have received the support of intelligence services or of police to deliver weapons to Coulibaly or other Islamists. The newspaper continues, “Suppose that you found such messages (a dozen in all) that a policeman sent to Hermant, on November 21, 2014, at 8:47 a.m. Suppose that a close associate of the accused certified, ‘Claude Hermant has covered his bases’.”

Police officials were thus aware that Hermant was trafficking weapons and who he was selling them to. This again raises, very directly, the question of the role of the state in the deadly attacks of January 2015 in Paris.

It is already documented that Coulibaly and the Kouachi brothers were known to the intelligence services and to police. The Kouachi brothers were under intelligence surveillance from November 2011 to June 2014; they were also placed on British and US surveillance lists. From 2011 to 2013, one of the brothers repeatedly traveled to Islamist training camps in Yemen.

As for Coulibaly, he was convicted for having plotted the jailbreak of an Islamist activist. He met Cherif Kouachi in prison.

The French state is complicit in the arming of the Islamist networks that are active in this social layer in France, and which Paris is using as part of its proxy war to topple Syrian President Bashar al-Assad. In an interview with Le Monde, President François Hollande even insisted that France had been arming Syrian Islamist forces as far back as the spring of 2013. Such forces, when deployed in Syria, can rely on training and operational assistance from French soldiers and CIA agents.

These Islamist groups are used to foment terrorist attacks and wage a neo-colonial war aimed at installing a pro-imperialist regime in Syria.

The reports of Hermant’s weapons-dealing activities raise the most serious questions: did sections of the state with ties to the far right encourage or at least tolerate the preparation of the January attacks for political reasons? Hollande exploited the attacks to shift the political atmosphere, place 10,000 soldiers in the streets, accelerate attacks on democratic rights and promote the FN as indispensable to mainstream politics. After the attacks on Charlie Hebdo and Hypercacher, Hollande invited FN leader Marine Le Pen to the Elysée presidential palace.

Hermant’s comments suggest that he believed he was acting on behalf of the state. The weapons trafficker and police informant insists that he “will not be the next Marc Fievet,” referring to a former customs inspector tasked with infiltrating organized crime circles, but arrested by Canadian authorities and abandoned by his superiors.

Hermant’s ties with the police point to the growing integration of the FN in the security forces, who emerged politically strengthened from the attacks carried out by the Kouachi brothers and Coulibaly. Since then, the Socialist Party (PS) government has voted new intelligence law and boosted the defense budget, while the FN is continuing its normalization in mainstream bourgeois politics.

These events constitute a warning to the working class. A reactionary milieu tied to the security services, involving both far-right operatives and Islamist terrorists, is being brought forward as shock troops to attack the working class.

Hermant was trained as a paratrooper in the 1980s and reportedly went on to fight in Croatia. In the 1990s, he joined the FN’s security service, the Department of Protection and Security (DPS), a paramilitary group modeled on the special forces. It was led by Bernard Courcelle, the former captain of a parachute regiment and informer for military intelligence. The DPS was reportedly financed by weapons sales, according to Liberation, including to Chechen forces through Croatia.

The gun dealer was thus connected to paramilitary organizations composed of former soldiers carrying out missions involving critical interests of the French state, both at home and internationally.

Hermant reportedly infiltrated activist groups such as SOS-Racism, and led punitive actions in impoverished French suburbs. He left for Congo-Brazzaville in 1999, tasked with a mission by the Congolese government of President Denis Sassou Nguesso, who is closely tied to French interests. Hermant was incarcerated there before being released by a presidential pardon and leaving the DPS.

He led the Flemish House at Lambersart, a far-right association that was shut down in 2012. He reportedly now works in a restaurant in the Lille metropolitan area.

SOURCE: https://www.wsws.org/en/articles/2015/05/09/herm-m09.html

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La justice bulgare a annoncé mardi qu’un Français arrêté le 1er janvier pour avoir tenté de se rendre en Syrie était soupçonné de liens avec l’un des auteurs de l’attentat contre Charlie Hebdo.

Chérif Kouachi, 32 ans, recherché avec son frère Said, 34 ans, dans l’enquête sur l’attentat à Charlie Hebdo, est un jihadiste bien connu des services antiterroristes français, condamné une première fois en 2008 pour avoir participé à une filière d’envoi de combattants en Irak.

Né en novembre 1982 dans le Xe arrondissement de Paris, de nationalité française, surnommé Abou Issen, Chérif Kouachi a fait partie de ce qui a été appelé «la filière des Buttes-Chaumont», qui visait, sous l’autorité de «l’émir» Farid Benyettou, à envoyer des jihadistes rejoindre en Irak les rangs de la branche irakienne d’Al-Qaïda, dirigée à l’époque par Abou Moussab al Zarkaoui. Interpellé juste avant de s’envoler à destination de la Syrie, puis de l’Irak, il a été jugé en 2008 et condamné à trois ans de prison, dont 18 mois avec sursis.

Deux ans plus tard, son nom a été cité dans le projet de tentative de faire évader de prison l’islamiste Smaïn Aït Ali Belkacem, ancien membre du Groupe islamique armé algérien (GIA), condamné en 2002 à la réclusion criminelle à perpétuité pour avoir commis l’attentat à la station RER Musée d’Orsay en octobre 1995 à Paris (30 blessés).

Chérif Kouachi était notamment soupçonné d’être proche de Djamel Beghal, une autre figure de l’islam radical français, qui a purgé dix ans de prison pour la préparation d’attentats, avec lequel il était soupçonné d’avoir participé à des entraînements.

Après avoir été mis en examen dans cette affaire, il a toutefois bénéficié d’un non-lieu.

Crâne rasé et ovale, bouc clairsemé sur la photographie diffusée par la police, Chérif Kouachi est susceptible d’être «armé et dangereux», tout comme son frère Said, né en septembre 1980 également dans le Xe arrondissement parisien.

Ce dernier, lui aussi de nationalité française, apparaît sur l’appel à témoins les yeux marrons, de courts cheveux bruns et un collier de barbe peu fourni.

Les deux frères sont soupçonnés d’être les auteurs de la tuerie à Charlie Hebdo, qui a fait douze morts mercredi en fin de matinée. La carte d’identité d’un des deux hommes avait été retrouvée dans la voiture abandonnée porte de Pantin.

Dans un premier avis de recherche diffusé en début de soirée auprès des forces de l’ordre figurait le nom d’un troisième suspect, Mourad Hamyd, 18 ans. Ce dernier est le beau-frère de Chérif Kouachi. Il était soupçonné d’avoir aidé les tireurs. Un témoin avait fait état de la présence d’un troisième complice dans la voiture au moment de la fuite.

Il s’est rendu mercredi en fin de soirée à la police à Charleville-Mézières, dans les Ardennes, «après avoir vu que son nom circulait sur les réseaux sociaux», a expliqué à l’AFP une source proche du dossier.

Des internautes se présentant comme ses camarades de classe avaient auparavant affirmé sur Twitter que Mourad Hamyd était en cours avec eux au lycée au moment de l’attaque, utilisant le mot-clé #MouradHamydInnocent.

AFP

source: http://www.liberation.fr/societe/2015/01/08/charlie-hebdo-le-suspect-cherif-kouachi-jihadiste-connu-de-l-antiterrorisme_1175960
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