Articles Tagués ‘Kobané’

20141113_Kurdist-2Kurds battling Daesh terrorist in Kobani reportedly made advances in the south of the flashpoint Syrian town on the border with Turkey.

Top Kurdish officials told AFP their fighters were advancing street by street, voicing confidence that the ISIL would soon be ejected.

The Kurdish YPG recaptured streets and buildings in the south of Kobani, after a fierce battle against the Daesh-ISIL.

On Monday night, the US-led coalition hit ISIL positions in Kobani’s southeast.

Syria’s Kurds are being backed by Iraqi peshmerga fighters in their bid to reclaim the town from terrorists hands.

Syrian Kurdish chief Saleh Muslim said the YPG were advancing “street by street” and that they would “recapture the town in a very short time”. And the Kurds’ top field commander in Kobane, Narin Afrin, a 40-year-old woman, said by telephone: “We have been resisting for 56 days in very difficult conditions.”

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Source: AFP News

SFP/patriot from local agencies ~ 13/11/2014
the real SyrianFreePress.NETwork
https://syrianfreepress.wordpress.com/?p=38989

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Solidarité Ouvrière

7 sur 7, 31 octobre 2014 :

Le front nord de Kobané, troisième ville kurde de Syrie frontalière de la Turquie, est la cible de violents bombardements du groupe extrémiste Etat islamique (EI), qui retardent l’entrée des combattants kurdes irakiens arrivés jeudi en Syrie, rapporte l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

« Le groupe Etat islamique a violemment bombardé dans la nuit le secteur frontalier de Aïn al-Arab (nom arabe de Kobané) aux obus de mortier et à l’artillerie lourde, tout en lançant une nouvelle attaque contre un quartier du nord de la ville, proche du poste-frontière avec la Turquie », a déclaré le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Voir l’article original 99 mots de plus

adnan-khanpar Adnan Khan, The Globe and Mail (Canada) 22 octobre 2014 traduit de l’anglais par Djazaïri

Adnan Khan est un écrivain et photographe qui vit à Istanbul et à Islamabad

L’Etat Islamique en Irak et au Levant (Daesh), les Kurdes, la Turquie, et la lutte des classes
SOURCE:
http://lemondealenversblog.com/2014/10/30/letat-islamique-en-irak-et-au-levant-daesh-les-kurdes-la-turquie-et-la-lutte-des-classes/
http://mounadil.wordpress.com/2014/10/22/letat-islamique-en-irak-et-au-levant-daesh-les-kurdes-la-turquie-et-la-lutte-des-classes/

Une lecture intéressante du positionnement de la Turquie à l’égard de la situation à sa frontière avec la Syrie où l’Etat Islamique (EI, Daesh) cherche à s’emparer de la ville de Kobané aux dépens des Kurdes syriens.

ETAT ISLAMIQUE TURQUIE

En effet, Adnan Khan dépasse la lecture commune qui privilégie soit l’angle religieux, soit l’angle ethnique pour nous donner à comprendre ce qui se joue réellement en Turquie : la reprise du bras de fer entre un gouvernement, d’inspiration islamiste, qui a a lancé le pays, avec un certain succès, dans une expansion économique de type capitaliste et une extrême gauche qui n’a pas renoncé à faire aboutir un projet socialiste par la voie révolutionnaire.

Il s’avère que cette extrême gauche comporte une forte représentation kurde sans pour autant qu’on puisse la caractériser sous l’angle ethnique ou culturel. Et cette extrême gauche se reconnaît dans le projet politique non ethnique porté par le Parti des Travailleurs du Kurdistan et le PYD qui assure la défense de Kobané.

On comprend mieux à la fois les réticences du gouvernement turc mais aussi la réaction d’hostilité d’une partie de la population turque à l’égard des régimes occidentaux, Etats Unis en tête.

Le vrai problème kurde de la Turquie

Il y a eu peu de manifestations de joie chez les Kurdes de Turquie lorsque l’aviation américaine a commencé à larguer des bombes sur l’État Islamique (EI, Daeeh) en Syrie. Leur réaction a été pour le moins surprenante: depuis des semaines, les Kurdes protestaient à Istanbul et dans le sud à majorité kurde de la Turquie contre le manque de soutien apporté à leurs compatriotes kurdes de Kobané, la ville assiégée en Syrie, juste de l’autre côté de la frontière.

Kobané était encerclée sur trois côtés, la seule voie de passage sûre pour y entrer ou en sortir étant celle vers la Turquie au nord. Mais l’armée turque a fermé la frontière. Les défenseurs de la ville, une milice kurde syrienne locale, la branche armée du Parti de l’Union Démocratique (PYD) ont sollicité une aide internationale. Quand les bombardements et les largages de matériel par les Américains ont enfin contribué à faire reculer les forces de l’Etat Islamique, les Kurdes ont probablement échappé au massacre.

L’intervention [américaine] aurait dû provoquer de la joie, mais la protestation a continué, les Kurdes s’en prenant à l’Etat Islamique et condamnant les actions de la Turquie. Encore plus significatif, les manifestants se sont déchaînés contre les Etats Unis et leurs alliés, dont le Canada, dénonçant l’impérialisme et le capitalisme occidentaux.

Les manifestants étaient en majorité des socialistes, d’une tendance virulente qui reste répandue dans la population kurde de Turquie. Leur colère ne découle pas d’un nationalisme ethnique mais d’une idéologie politique. Une révolution est en cours à Kobané, disent-ils, et tout le monde – l’Occident, l’Etat Islamique, les pays arabes, le gouvernement turc – tente de la faire échouer.

Leur version des faits est préoccupante. La Turquie a connu des années de violence politique après l’effondrement d’un processus de paix avec sa minorité kurde en 1993. L’es extrémistes de gauche, principalement des Kurdes favorables au Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK interdit) étaient à la lutte contre les ultranationalistes turcs et les islamistes qui se faisaient appeler le Hezbollah turc. Le gouvernement de l’époque, fortement influencé par l’armée, était soupçonné de manipuler les islamistes et les nationalistes dans sa tentative pour écraser l’insurrection dirigée par le PKK.

Ce furent des jours sombres. Des milliers de Kurdes périrent et des centaines de milliers furent déplacés après que pas moins de 3 000 villages du sud-est du pays furent rasés par l’armée pour leur soutien présumé au PKK. « C’était comme une guerre des gangs, » affirme Tolga Baysal, un cinéaste d’Istanbul qui a vécu cette époque. « Le Hezbollah enlevait et assassinait des membres présumés dy PKK, le PKK faisait de même avec le Hezbollah. »

Aujourd’hui, l’histoire semble se répéter. Un autre processus de paix avec les Kurdes est sur le point de capoter. Le Hezbollah turc est de retour, revigoré par ce qu’il perçoit comme un renouveau islamique en Irak et en Syrie, ainsi que les penchants conservateurs de l’actuel gouvernement turc. Kobané a donné une nouvelle énergie à une extrême gauche turque inspirée par le Parti d’Union Démoocratique qui a annoncé en septembre dernier qu’il allait instaurer la société socialiste parfaite à Kobané. Une fois encore, le gouvernement turc se tourne vers les ultra-nationalistes pour les contrer.

Selon le discours prédominant, la volonté kurde d’une auto-détermination sur une base culturelle et ethnique a été réveillée par les événements de Syrie. Mais c’est une simplification excessive. L’escalade du conflit a plus à voir avec l’idéologie politique – un socialisme radical en opposition avec le projet capitaliste turc en plein essor et le gouvernement enraciné dans l’islamisme politique qui le dirige.

En effet, le Parti de la Justice et du Développement (AKP) qui gouverne la Turquie a fait des avancées significatives ces dix dernières années en reconnaissant des droits culturels aux Kurdes. Beaucoup de travail reste à accomplir, mais il n’est plus illégal de se dire kurde ou de parler d’un espace nommé Kuridtan. Un nombre limité de chaînes de télévision kurdophones onr reçu l’autorisation d’émettre et d’importants projets de développement dans le sud-est ont amélioré la situation économique des Kurdes.

Mais le Parti de l’Union Démocratique et le PKK ont un projet beaucoup plus vaste que les militants m’avaient expliqué en 2006 quand j’avais visité leur base ses monts Qandil dans le Kurdistan irakien.

« La révolution commence avec le peuple, » m’avait-on dit. « C’est ce qui distingue notre socialisme de tout autre mouvement socialiste : l’action individuelle. Les gens doivent prendre en main leurs propres vies. Essayez d’imaginer ça : un pouvoir qui émane de la base, du peuple vers l’appareil de gouvernement d’une manière qui réduit le pouvoir de ce dernier à un rôle de coordination. C’est la vision du PKK. »

Pendant la semaine que j’avais passée avec les révolutionnaires, j’avais pu voir par moi-même ce à quoi pouvait ressembler leur utopie : une société organisée de manière rigide où tout était mis en commun, les rôles liés au genre étaient éliminés et les idéaux révolutionnaires étaient inculqués. Selon les dirigeants, ce n’était qu’un début.

« Notre mouvement est global, pas seulement limité à la région, » disaient-ils. « Mais nous nous concentrons sur le Moyen Orient comme point de départ. Nous changerons le paysage politique du Moyen Orient comme exemple pour le reste du monde. »

Maintenant, le projet révolutionnaire a trouvé son moment historique : le printemps Arabe. Dans le quartier majoritairement kurde ‘Okmeydani à Istanbul, tous les signes sont présents : des graffiti qui annoncent la résurgence du pouvoir populaire, des faucilles et des marteaux grossièrement dessinés avec de la peinture rouge vif, des portraits de Che Guevara à côté de ceux de révolutionnaires kurdes. « Kobané est notre Stalingrad, » affirme un slogan répandu.

TURQUIE PKK

« L’Etat Islamique n’est pas seul, » m’a dit un manifestant de gauche. « L’Etat Islamique attaque une révolution… Ce n’est pas une lutte contre l’Etat Islamique. C’est une lutte contre le système et ceux qui le soutiennent, dont l’Etat turc et toute une série d’autres : le Qatar, l’Arabie Saoudite, l’Angleterre, la France, les Etats Unis. On doit s’opposer à tous ces systèmes capitalistes et impérialistes. »

Pour le gouvernement turc, ce genre de ferveur menace de casser des années d’entreprise capitaliste et de ramener la Turquie à l’effusion de sang et à la ruine économique des années 1990. Dans son calcul, l’Etat Islamique est un moindre mal. L’extrême gauche turque, qui se trouve être kurde, est la boîte de Pandore – dont le couvercle doit être maintenu fermé à tout prix.

Source:http://mounadil.wordpress.com/2014/10/22/letat-islamique-en-irak-et-au-levant-daesh-les-kurdes-la-turquie-et-la-lutte-des-classes/

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Solidarité Ouvrière

Selon des dépêches publiées ce 22 octobre peu après minuit par l’Orient le Jour, citant des sources du Pentagone, les forces kurdes contrôlent la majeure partie de la ville de Kobanê à la frontière syro-turque, et les jihadistes de Daesh n’ont pas réussi à progresser sur le terrain ces derniers jours.

La situation reste « fragile », mais pour le moment les forces kurdes, récemment réapprovisionnées en armes, munitions et médicaments par des parachutages, résistent et les assauts de Daesh sont freinés.

Voir l’article original 73 mots de plus

Nucléaire: l’Iran pourrait devenir plus dangereux que l’EI

Le premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou estime qu’étant donnée l’évolution des négociations entre les Six et Téhéran sur le nucléaire, l’Iran pourrait devenir une menace plus importante que l’existence du groupe terroriste Etat islamique (EI), écrit lundi le Jerusalem Post.
 
Kobané: le zigzag de la Turquie
La Turquie a opéré aujourd’hui un changement spectaculaire de sa stratégie en Syrie en annonçant qu’elle autorisait désormais les renforts des « peshmergas » irakiens à rejoindre, via son territoire, la ville kurde syrienne de Kobané assiégée par les jihadistes.
Kobané et les Kurdes : Ankara sous pression
Dans l’ambiance délétère consécutive à la bataille de Kobané, le gouvernement poursuit le « processus de résolution » de la question kurde. La ville à la frontière syrienne continue à être le théâtre d’intenses combats. Le 20 octobre, les Etats-Unis ont envoyé des armes aux combattants kurdes après que le président turc, Recep Tayyep Erdogan, a refusé, la veille, de faire de même, qualifiant de « terroriste » le parti des résistants kurdes de Kobané (PYD, très lié au Parti des travailleurs du Kurdistan). En Turquie, la bataille a fait une cinquantaine de morts.
Trous noirs : les radiations de Hawking simulées en laboratoire
Il y a 40 ans, le célèbre astrophysicien Stephen Hawking prédisait que des particules seraient capables de s’échapper des trous noirs. Or, un physicien israëlien a créé un dispositif en laboratoire qui pourrait permettre de tester cette théorie.

Kurdistan

En regardant les Kurdes de Syrie se faire massacrer sans réagir, tout en laissant passer les djihadistes, la Turquie est un allié objectif de l’Etat islamique, écrit Marie-Hélène Miauton. Ainsi, «avoir démasqué l’ami turc sera sans doute le seul effet collatéral positif du chaos qui règne au Proche-Orient»

Depuis près d’un mois, la ville syrienne kurde de Kobané, juste sur la frontière turque, n’en finit plus de résister face à l’Etat islamique (EI). L’enjeu est de taille. Pour les Kurdes, il s’agit de défendre leur territoire et leur peuple. Pour les attaquants, c’est une pièce maîtresse de leur propagande. Pour la coalition, c’est d’assumer sans broncher le massacre de la population qui n’a pas encore fui.

Qui se bat sur place? Au sol, les Kurdes, et seulement les Kurdes. Les Etats-Unis mènent des frappes ciblées qui sont adaptées pour détruire des chars en plein désert, mais perdent leur efficacité contre un ennemi installé au cœur de la ville. Les Français ont déplacé quelques Rafale mais n’ont jusqu’ici mené que de rares interventions. La Turquie a fermé ses frontières à l’aide destinée aux Kurdes mais laisse passer les djihadistes allant rejoindre l’EI sur place. Elle refuse l’usage de la base d’Incirlik aux Américains pour mener leurs interventions. Elle ne veut évidemment pas envoyer des troupes au sol pour assister les Kurdes qu’elle déteste et dont elle a peur, et qui d’ailleurs ne le leur demandent pas. Ils n’exigent que des armes qu’on ne leur fournit pas.

Mardi, une réunion a eu lieu à Washington, en présence du président américain, entre les chefs des armées des vingt-deux pays de la coalition. Il s’agissait avant tout d’harmoniser les points de vue entre les partisans de seules frappes aériennes et les tenants d’une intervention au sol. Qu’en est-il ressorti? Qui l’a emporté? Personne, évidemment, puisque chacun défend des intérêts divergents et reste empêtré dans ses contradictions. Ainsi, malgré l’urgence, rien de concret ne sera entrepris, ce qui prouve encore une fois combien la conscience internationale est à géométrie variable. Pourtant, le danger que représente l’EI, ses méthodes, sa barbarie face aux populations civiles, son embrigadement de jeunes de nos contrées prêts à revenir y semer la terreur, devrait susciter des actes au lieu des bavardages.

D’ailleurs, la composition de la coalition signe d’emblée son inefficacité. On y trouve, auprès du gendarme américain, les nations occidentales flanquées des principaux pays arabes, dont les amis inavoués de l’EI qu’il s’agirait de combattre. Quant aux Etats-Unis, on peut douter de leur bonne foi quand on entend John Kerry affirmer qu’au bout du compte «ce sera aux Irakiens de reprendre l’Irak». Après avoir fait de ce pays ce que l’on sait, l’avoir attaqué par deux fois, affamé, détruit ses structures et démantelé son armée, cette phrase ne manque pas de cynisme.

Mais le pire vient de la Turquie qui joue un double jeu évident dans ce conflit. Pour elle, la fin des Kurdes de Syrie permettrait de résoudre son problème de frontières au sud. Pour cette raison-là au moins, à laquelle s’ajoute sa détestation de Bachar el-Assad, elle est un soutien objectif de l’EI. Erdogan a beau jeu de prétendre que ceux qui l’incitent à s’engager sont de «nouveaux Lawrence d’Arabie qui se cachent derrière la liberté de la presse, la guerre d’indépendance ou le djihad». Quel culot de la part d’un membre à part entière de l’OTAN, dont il était même question qu’il rejoigne l’UE, perspective sans doute écartée pour longtemps. Avoir démasqué l’ami turc sera sans doute le seul effet collatéral positif du chaos qui règne au Proche-Orient.

Source Le Temps 17/10/2014

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/25af32e6-5559-11e4-b9f9-6d062b046f6b%7C1

 Survivre dans le piège de Kobané

PAR DELPHINE MINOUI ENVOYÉE SPÉCIALE À MURSITPINAR (FRONTIÈRE TURCO-SYRIENNE)/Le Temps 20/10/14

Assiégés depuis un mois dans la cité martyre, les combattants kurdes résistent aux assauts des djihadistes de l’Etat islamique. Reportage aux portes d’un enfer au quotidien

Un tonnerre de pluie et d’obus s’acharne sur Kobané. Il est 17h, suffisamment sombre pour franchir en douce les barbelés et rallier, malgré le danger, la cité martyre à travers champs. Pull vert sur débardeur noir, Ghamgin, 19 ans, embrasse une dernière fois son père. «N’y retourne pas! Si les gardes-frontière turcs ne t’abattent pas, c’est Daech qui aura ta peau. Cette ville est un piège!» sanglote le vieillard, les souliers crottés de boue. Dans le brouillard du soir, le jeune combattant kurde a déjà disparu de l’autre côté. Le voilà, le «piège», à quelques encablures d’ici: un méli-mélo d’immeubles grisâtres, au pied de deux collines, carte postale sanglante de détresse, assiégée depuis un mois par les djihadistes de l’Etat islamique. «Des monstres!» s’insurge le docteur Mohammad Arif Ali. Contacté par cellulaire – la ville kurde de Syrie est si proche de la frontière que le réseau téléphonique turc y fonctionne à la perfection –, il est l’un des quelques centaines de civils restés à Kobané. Ce jeudi après-midi, le quartier qui héberge sa clinique de fortune, au premier étage d’un immeuble anonyme, a essuyé des tirs de mortiers. «On a reçu deux morts, dont un civil, et six blessés», raconte le médecin.

Radiologue de formation, il se retrouve à tout faire, appuyé par une équipe médicale de dix personnes: nettoyage des plaies, points de suture, perfusion, transfusion sanguine. Il y a deux jours, il a même donné son sang à une combattante de 27 ans, blessée d’un tir de sniper dans la poitrine. «Les combattants font couler leur sang pour défendre notre terre. Je suis heureux que le mien puisse aider», dit-il. Les cas graves sont évacués dans des hôpitaux en Turquie pour être opérés d’urgence. «Parfois, ils doivent patienter jusqu’à dix heures au poste frontière pour qu’on les laisse passer. Malheureusement, cette attente peut s’avérer fatale. Certains blessés meurent avant d’arriver», s’attriste-t-il. En fonction des jours, et de l’intensité des attaques, Mohammad Arif Ali reçoit quotidiennement entre 6 et 30 patients. «Parfois, on voit arriver des blessés qui ont perdu une jambe, un bras. L’autre jour, on nous a amené une femme dont la tête avait été arrachée par un obus», poursuit-il. Imprimées à jamais dans sa mémoire, ces scènes de chaos de la fin septembre, quand les soldats du califat d’Al- Bagh­dadi ont fait irruption en centre-ville: «Ça tirait de partout à l’arme lourde. Dans les rues, c’était la panique. Les gens couraient sans se retourner. Ce jour-là, on a reçu une quarantaine de blessés, dont des gamins, et dix combattants. Des femmes hurlaient: où est mon fils? Où est ma sœur? Seule la moitié des blessés a survécu. Les médecins et infirmiers étaient à bout de nerfs. Une dizaine d’entre eux n’ont pas tenu. Ils sont partis.»

Depuis le 16 septembre, date du début de l’offensive des islamistes au drapeau noir, près de 600 personnes ont péri, en majorité des combattants, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme. La semaine dernière, l’espoir est revenu timidement: l’intensification des frappes de la coalition a freiné la progression de l’Etat islamique, chassant même ses soldats de plusieurs artères stratégiques. Mais Daech, qui encercle la ville, continue à pilonner la frontière, dernière issue de secours, et à refermer le piège sur les combattants kurdes. «Quand on entend les avions, on applaudit en direction du ciel. Dès que ça s’arrête, les guerriers de Daech se remettent à tirer au canon. Et là, on se sent de nouveau vulnérable. Parfois, on doit se réfugier au sous-sol», confie Mohammad Arif Ali. Sa voix se perd dans un énorme «boum», suivi de rafales de tirs. «Vous entendez? Ça tire de nouveau!» lance l’imperturbable médecin. En un mois, il a dû changer plusieurs fois de clinique de campagne au gré des nouvelles lignes de front, constamment changeantes. L’hôpital principal, évacué au début de l’offensive, a été défiguré par un attentat à la voiture piégée. «Les djihadistes s’infiltrent partout, dans les rues, sur les toits, dans les maisons», dit le praticien. Par précaution, les sorties sont limitées au maximum, juste le temps de fumer une cigarette à la va-vite, de s’approvisionner en pain ou d’aller chercher l’eau au puits. «Ensuite, on la fait bouillir, car il n’y a plus d’eau potable», ajoute-t-il.

Dehors, la ville a perdu son âme: rideaux de fer baissés, salons de beauté fermés, écoles vides. A Kobané, il n’y a plus d’enfants. Seulement des combattants – environ 5000, dont de nombreuses femmes. Et autant de civils, affirme Mohammad Arif Ali – même si ce chiffre est invérifiable. Dans les rues, l’écho des canons a chassé le chant des oiseaux. Et puis, ce spectacle sordide des cadavres «ennemis» qui jonchent les trottoirs. La semaine passée, le docteur Mohammad Arif Ali en a vu, de ses propres yeux. «Ils étaient Tunisiens. C’était écrit sur leurs papiers d’identité. J’étais choqué. L’année passée, j’ai travaillé à Tunis: une ville accueillante, sympathique. Ce n’est pas la Tunisie que je connais!» dit-il, consterné par ce Printemps arabe, parti de Tunisie, si vite métamorphosé en hiver djihadiste.

Il est revenu il y a 5 mois en Syrie pour aider les siens, et sa vie est aujourd’hui un enfer au quotidien. «Parfois, on ne se douche pas pendant 5 jours. Le soir, on dort à peine. En fait, de jour comme de nuit, on ferme l’œil quand on peut, entre deux soins d’urgence», confie-t-il. Avant d’ajouter, pragmatique: «De toute façon, dans la clinique, il n’y a pas assez de place pour tout le monde pour dormir!» Les repas, eux, sont sommaires: du pain et des conserves. «Pour garder le moral, on chante, on joue au tambourin, on fume la chicha», dit le docteur. A cause des combats, Mohammad Arif Ali n’est pas rentré chez lui depuis un mois. Son appartement, situé dans la partie ouest, sous le contrôle de l’YPG [les Unités de protection du peuple, la milice kurde], est néanmoins resté intact. «L’autre jour, un combattant kurde m’a appelé pour me dire qu’il était dans ma cuisine, en train de manger mon fromage. Bon appétit, je lui ai répondu!» rigole le médecin. L’humour, une carapace de protection en ces heures difficiles.

Fayza Abdi, elle, ne reverra jamais sa maison, dans le quartier de Sina. «Les djihadistes l’ont bombardée», raconte cette membre du Conseil municipal de Kobané, en visite éclair à Suruç, première ville turque après la frontière. Les photos qui commencent à circuler sur Internet montrent l’ampleur des dégâts: des bâtisses éventrées, des couloirs de ruines, des places méconnaissables. Un mini-Srebrenica aux portes de la Turquie. Car, pour les Kurdes, c’est bien d’un nettoyage ethnique qu’il s’agit. «Les djihadistes nous détestent. Ils nous traitent de kafir (infidèles). Ils ne supportent ni nos idées égalitaires, ni notre vision modérée de l’islam, ni l’importance donnée aux femmes», dit-elle. Elle non plus n’en revient pas de la vitesse à laquelle Kobané a sombré dans l’enfer.

Après le début de l’insurrection anti-Assad, en 2011, la minorité kurde (15% de la population syrienne) était pourtant parvenue à faire renaître son rêve d’indépendance. En marge de la guerre civile, le Rojava fut déclaré l’année suivante région auto-administrée, composée de trois cantons autonomes: Kobané, Afrine, à l’ouest, et Djazira, à l’est. Un rêve aujour­d’hui menacé par Daech. Et que la Turquie fait tout pour briser. «Pendant trois ans, elle a fermé les yeux sur le passage de rebelles syriens islamistes. Et, aujourd’hui, elle bloque la frontière aux combattants pro-kurdes. Ankara joue la carte djihadiste pour nettoyer le nord de la Syrie de la présence kurde», enrage Idris Nassan, un autre représentant politique de Kobané. Collé à son oreille, le portable ne cesse de sonner. Egalement de passage à Suruç, il a un agenda saturé: faire libérer ses confrères du Conseil municipal, arrêtés par les autorités turques, appeler à l’aide ses contacts occidentaux, convaincre les ambassades européennes de pousser Ankara à ouvrir un corridor… «A force de pression, les soldats nous ont laissé envoyer quelques camions de nourriture. Mais ce n’est pas suffisant», dit-il.

Là-bas, de l’autre côté, Asya Abdullah en supervise la distribution, avec une équipe de bénévoles. Retranchée dans un endroit secret de Kobané, la coprésidente du PYD (Parti de l’union kurde) affirme que les combattants kurdes, appuyés par des rebelles syriens, contrôlent désormais «70% de la ville, y compris le carré sécuritaire, repris aux djihadistes». «Dans chaque quartier, derrière chaque ligne de front, nous pouvons également compter sur le courage des civils, eux aussi armés. A Kobané, chacun met le pied à l’étrier: il y a des femmes qui font le pain chez elles, des jeunes qui en assurent la livraison», dit-elle, au bout d’une ligne téléphonique parasitée par de nouvelles violentes détonations. «Tout va bien, si, si, tout va bien», insiste-t-elle, presque vexée, quand on lui demande si elle a peur. Fidèle à la doctrine du PYD, un parti à la discipline de fer, héritée de l’idéologie marxiste des rebelles du PKK turc, elle enchaîne d’une voix martiale: «Daech est bien plus fort en armes et nombre, mais nous nous battrons jusqu’à la dernière balle!»

Pas de discours formaté pour Bavé Renas. Mais plutôt une détermination à toute épreuve. A 48 ans, cet agriculteur aux yeux turquoise a abandonné ses champs de pistaches pour endosser le treillis et protéger sa «terre» et son «honneur» contre Daech. «Jamais je n’avais touché à une arme de ma vie», dit-il, encore surpris par son geste. Ce jeudi, c’est lui qui nous accoste à quelques mètres des barbelés du poste frontière de Mursitpinar. Le temps d’une pause salutaire, il est venu embrasser sa famille, réfugiée dans un camp, avant de repartir au front. Il raconte Kobané: «La moitié de la ville est détruite. Il n’y a plus d’électricité. Les rues sentent la morgue, tant il y a de cadavres d’ennemis abandonnés.» Preuve, dit-il, du mépris des djihadistes pour la mort: «Ils s’en fichent de mourir. Je me souviens d’un combat de rue, début octobre. Avec mes hommes, on en a tué 65. Des renforts sont arrivés de leur côté. Ils ont formé un mur en empilant les 65 cadavres et ils ont continué, impassibles, à nous tirer dessus.» Lui qui a vu, fin septembre, un compagnon d’armes se faire décapiter sous ses yeux connaît le danger de ce combat. «Mais c’est mon devoir de résister. Ces gens-là violent les femmes, ils kidnappent les enfants, ils s’accaparent les terres. Si on cède, ils ne s’arrêteront pas à Kobané», insiste Bavé Renas, avant de repartir franchir les barbelés. En quelques secondes, l’obscurité du soir l’a déjà englouti. De l’autre côté, le piège de Kobané s’est refermé.

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/0e59a5c4-5886-11e4-b7f4-d2d5f283df81/Survivre_dans_le_pi%C3%A8ge_de_Koban%C3%A9

Les Américains larguent des armes PAR AFP 20/10/14

La Turquie fait un geste pour aider les peshmergas à Kobané

La pression internationale s’accentue sur les djihadistes à Kobané avec une première livraison d’armes aux Kurdes et la promesse de la Turquie de faciliter l’arrivée de combattants kurdes irakiens pour défendre la ville syrienne. Ces nouveaux développements interviennent alors que les combattants kurdes ont réussi ces derniers jours à freiner l’avancée des combattants de l’Etat islamique (EI) grâce notamment à l’augmentation des raids aériens de la coalition internationale.

 Pour la première fois depuis le début de l’offensive de l’EI, trois ­avions cargos C-130 américains ont largué à l’aube des armes, des munitions et du matériel médical, sur les positions des Unités de protection du peuple (YPG), qui contrôlent encore environ 50% de Kobané. Ces armes, fournies par les autorités kurdes d’Irak, vont être «d’une grande aide», s’est félicité le porte-parole des YPG. Le secrétaire d’Etat américain John Kerry a affirmé qu’il serait «irresponsable» pour les Etats-Unis et «moralement très difficile de tourner le dos à une communauté combattant» l’EI.

Ces dernières semaines, les Kurdes avaient multiplié les appels à renforcer les moyens des combattants des YPG, moins nombreux et moins bien armés que ceux de l’EI qui veulent conquérir la troisième ville kurde de Syrie. Mais désormais «l’équilibre des forces peut basculer à tout moment», a estimé l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

D’autant que la Turquie a surpris en annonçant qu’elle aidait «les forces des peshmergas kurdes» d’Irak «à franchir la frontière pour aller à Kobané». Malgré les pressions de ses alliés, Etats-Unis en tête, le gouvernement islamo-conservateur d’Ankara a jusqu’à présent toujours refusé d’intervenir pour venir en aide aux combattants kurdes syriens. Mais, a assuré le chef de la diplomatie turque Mevlut Cavusoglu, «nous n’avons jamais voulu que Kobané tombe». Dimanche encore, le président Recep Tayyip Erdogan avait rejeté catégoriquement les appels lancés à son pays pour qu’il fournisse directement des armes aux YPG.

SOURCE: http://leblogalupus.com/2014/10/21/kobane-par-marie-helene-miauton/

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source:http://emmerdeurdunet.wordpress.com/

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220px-Nabeel_Rajab_at_his_officeNabeel Rajab, militant des droits de l’homme au Bahreïn, a été arrêté le 1er octobre pour un tweet qui a déplu aux autorités de son pays. Sans doute habitué aux arrestations et aux réactions excessives de son gouvernement, dans un monde incompréhensible où les réseaux sociaux ont été créés pour la liberté de tous mais où même l’informatique ne peut résoudre l’obscurantisme de certains esprits qui nous gouvernent, Nabeel Rajab a été « convoqué pour expliquer des tweets offensants », d’après un communiqué officiel. Dans ce tweet, « il affirme que d’anciens membres des services de sécurité du Bahreïn sont partis se battre en Syrie, dans les rangs de l’organisation Etat Islamique » (RFI) et il soulève ainsi un problème plus large concernant l’Etat Islamique, celui du rôle de certains gouvernements dans la montée du terrorisme au Moyen-Orient.

« Beaucoup de Bahreïniens qui ont rejoint le terrorisme et l’Etat islamique viennent des institutions…

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Carte de la zone contrôlée par l'Etat islamique, de Rojava (Kurdistan Syrien) avec ses trois principales villes Afrin, Kobané et Kameshli<br /><br /> Date : 9 octobre 2014
Les jihadistes ont pris le contrôle du «carré de sécurité» de la ville syrienne frontalière de la Turquie.

Les jihadistes de l’Etat islamique (EI) se sont emparés vendredi du quartier général des forces kurdes à Kobané, dans le nord de la ville syrienne kurde frontalière de la Turquie, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

«Les jihadistes ont pris le contrôle du « carré de sécurité » à Kobané» qui comprend le complexe militaire des Unités de protection du peuple (YPG, principale milice kurde syrienne), la base des Assayech (forces de sécurité kurde) et le siège du conseil local de la ville, d’après l’ONG.

LIRE sur http://www.liberation.fr/monde/2014/10/10/l-etat-islamique-a-pris-le-qg-des-forces-kurdes-a-kobane_1118943

De la fumée au-dessus de la ville de Kobané pendant des frappes aériennes de la coalition contre des positions jihadistes, le 9 octobre 2014 en Syrie

De la fumée au-dessus de la ville de Kobané pendant des frappes aériennes de la coalition contre des positions jihadistes, le 9 octobre 2014 en Syrie (Photo Aris Messinis. AFP)

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Solidarité Ouvrière

Malgré la présence de l’armée turque, des centaines de jeunes kurdes de Turquie ont forcé la frontière avec la Syrie pour aller combattre aux côtés des forces de la résistance à Kobanê contre les réactionnaires fanatiques de Daesh (info parvenue ce 7 octobre vers 17 h).

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Solidarité Ouvrière

La voie du jaguar, 4 octobre 2014 :

Depuis plusieurs jours, la ville de Kobané subit les attaques de Daech (État islamique en arabe), provoquant un exode massif de la ville par les Kurdes.

De nombreux Kurdes reviennent pour se battre et défendre la ville malgré leur refoulement à la frontière par les forces turques. Les forces kurdes continuent à se battre contre Daech à l’intérieur de la frontière aux côtés de l’Armée syrienne libre. Parmi ceux qui vont soutenir et défendre Kobané se trouvent des camarades du groupe anarchiste turc Devrimci Anarşist Faaliyet (DAF, Action révolutionnaire anarchiste).

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