Articles Tagués ‘Justice’

photo_bilger_1Depuis l’instauration de l’état d’urgence et la concrétisation – enfin ! – de la volonté de l’Etat de se donner les moyens de lutter contre le terrorisme, le débat ne cesse pas au sujet du rôle respectif des magistrats, des procureurs notamment, de la police et des préfets.

Il est normal que le nouveau projet de loi antiterroriste qui pour l’essentiel vise à élargir les pouvoirs du parquet, de la police et des préfets, tout en prévoyant certains contrôles – le parquet devra obtenir l’accord du JLD pour poser un micro ou une caméra chez un suspect, les procureurs seront tenus d’enquêter à charge et à décharge et les juges d’instruction ne pourront plus écouter parlementaires, avocats ou magistrats que sur décision motivée du JLD – suscite des réactions et puisse être perçu comme un désir d’ancrer des dispositions au caractère exceptionnel dans la justice du quotidien. Une urgence et son efficacité qui deviendraient en quelque sorte la norme (Canard enchaîné).

Faut-il s’en plaindre ?

Le 12 janvier, le tribunal correctionnel de Bordeaux a relaxé le majordome de Liliane Bettencourt qui avait enregistré durant un an les conversations de la milliardaire et les cinq journalistes qui en avaient publié des extraits choisis parce que le processus incriminé relevait « d’un acte socialement utile ». La juridiction a épinglé rudement au passage le procureur Courroye et le conseiller Justice de Nicolas Sarkozy, Patrick Ouart, qui tenaient informée l’une des parties à la procédure de l’évolution de celle-ci et de la décision à venir (Le Monde).

C’est au regard de cet épisode et de la tonalité générale d’un quinquennat, peu acceptable pour la magistrature honorable, qu’il convient d’appréhender la suite. On sait que la fonction de juge d’instruction a été paradoxalement sauvée par le cynisme intéressé du pouvoir qui a pu compter sur quelques auxiliaires bien placés.

Le quinquennat de François Hollande nous confronte à cette réalité d’une politique ministérielle calamiteuse conjuguée, il faut l’admettre, à une plus grande liberté et indépendance des pratiques dans la gestion des dossiers sensibles. Le pire et le meilleur donc depuis 2012. Avec une courtoisie à l’égard du corps judiciaire qui avait oublié durant cinq ans qu’elle pouvait exister.

Il est hors de question de relancer la problématique liée au maintien ou non du juge d’instruction. Il ne bougera plus de notre paysage judiciaire. Il est sacré mais peut-être va-t-on le priver de sa pitance ?

Le projet de loi qui va être débattu tient compte de son existence, de son influence mais réduit celle-ci. Le juge d’instruction n’est pas effacé mais contourné avec habileté et force est de reconnaître que les tragédies de janvier puis de novembre 2015 n’ont pas rendu absurde la configuration qui nous est dorénavant proposée et ne nous entraîne pas vers un Etat policier, avec ce qu’une telle définition a de négatif dans la bouche par exemple d’un Gilbert Collard.

Face à l’obligation pour le pouvoir de modifier ses paramètres et sa vision habituels, on peut considérer que la focalisation sur le parquet et surtout sur la police est susceptible de répondre, au-delà du catéchisme symbolique sur les juges du siège, à une double préoccupation.

La Justice proprement dite a-t-elle été ou serait-elle si efficace que cela ? J’ai bien compris la teneur du discours du plus haut magistrat de France, un professionnel légitimement respecté, mais le regret de Bertrand Louvel de voir les juges laissés de côté par ce dispositif de protection et d’attaque n’élude-t-il pas la question de leur véritable utilité en ces temps troublés, par rapport aux autres forces et autorités mises à contribution (Le Figaro) ?

Puisqu’aucune solidarité authentique ne s’est jamais manifestée entre police et justice et que la seconde a toujours trouvé à redire aux actions de la première, alors que pourtant, pour le combat d’aujourd’hui, la cohérence est plus que jamais nécessaire, la concentration sur le parquet et la police et, sur un autre registre les préfets, va au moins assurer une unité de vue et une coordination inspirée peu ou prou par le même esprit.

Le climat ne s’y prête pas mais il y aurait matière à ironie dans la constatation que François Hollande est vigoureusement, voire violemment décrié au moment même où il proclame et met en oeuvre une résolution qui, derrière la tactique, est toute de rigueur, de sévérité et de rupture à l’encontre du terrorisme mais le conduit à maintenir une garde des Sceaux qui, récemment encore, a été fustigée par la Conférence des procureurs à cause de l’écart choquant entre les missions multipliées et la pénurie des moyens, son président allant jusqu’à déplorer « la faillite du service public de la justice ».

Le président de la République cerné par les protestations d’une majorité des socialistes et de la gauche de la gauche d’un côté, par le supplice de Tantale que lui fait endurer la droite prête à voter le projet de révision constitutionnelle mais on ne sait jamais ! de l’autre, n’oublie pas les magistrats. Comme la justice a été déclarée clairement indésirable parce qu’il faut aller de l’avant et qu’elle serait à la traîne, François Hollande veut les apaiser par ailleurs. Il va inscrire dans le projet de révision la réforme du parquet et du CSM visant à augmenter le nombre de magistrats en son sein et à aligner le statut des magistrats du parquet sur celui du siège.

Je ne vais pas faire de surenchère mais, en cas de révision, le CSM va devenir de plus en plus corporatiste et l’assimilation du parquet et du siège ne rendra pas, pour le citoyen, le monde judiciaire plus lisible, bien au contraire. La séparation organique, dans deux univers distincts, indépendants l’un de l’autre, du siège et du parquet, loin de les affaiblir, renforcerait l’un et l’autre. On sortirait de l’air du soupçon permanent.

La justice est-elle indésirable ? En tout cas, il ne suffit pas qu’elle se déclare nécessaire mais qu’elle le démontre.

http://www.philippebilger.com/blog/2016/01/la-justice-est-elle-ind%C3%A9sirable-.html

000000000000000000000000000000000000

 

°°°°°°

————-

« Le 13 novembre 2014, le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve avait affirmé dans un courrier officiel que la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI, ex-DCRI) n’avait conservé aucun document sur un acteur clé de l’affaire Karachi, Ali Ben Moussalem, un cheikh saoudien proche de plusieurs politiques français. Une absence suspecte : l’enquête judiciaire a fait apparaître que la DGSI avait bien enquêté sur lui à l’abri du secret défense

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

 

ballamou sarko

Oh, il n’avait déjà plus très fière allure, lorsqu’on l’a pris en photo le 20 janvier 2008, dans un recoin de l’aéroport de Jeddah. En quatre années d’inactivité, l’appareil de Saudi Special Flight Services s’était en effet déjà beaucoup dégradé. Personne n’avait remarqué sa présence, ou presque. Et pourtant : ce vieux BAC 1-11 ( le « one eleven« ) anglais (c’était le 60 sème construit, sorti en … 1966) est bien le symbole d’une des pires turpitudes de Nicolas Sarkozy, comme vient de se le voir confirmer le juge Trevidic le 11 décembre dernier seulement, par les services secrets américains (du FBI) et par aussi la DST, alors qu’il n’était déjà même plus en charge d’un dossier fort spécial sur le terrorisme international. Celui des attentats des sulfureux contrats d’armement signés sous le gouvernement de Balladur, qui ont conduit on le sait à l’affaire de Karachi. L’avion appartenait en effet au Sheikh Ali Ben Moussalem, l’un des principaux financiers d’Al-Qaida ! La DST savait qui il était et qui il finançait, alors que l’équipe d’Edouard Balladur, dans laquelle Nicolas Sarkozy avait un rôle éminent, négociait des bakchichs pour les contrats d’armement passés avec l’Arabie Saoudite. En résumé, Nicolas Sarkozy ne pouvait ignorer qu’une partie de l’argent des contrats qu’il signait et via lesquels il bénéficiait de rétrocommissions  servait en fait à financer Al-Qaida ! 

Cette photo d’avion-épave est le pire secret de Nicolas SarkozyHZ-ABM2 Jeddah 8 Jan 2008

Cet avion, le voici, en piteux état, déjà le 8 janvier 2008, poussé sur un coin de tarmac avant de subir les assauts des dépeceurs (1)… Immatriculé HZ-ABM2, il était en effet le deuxième appareil particulier d’Ali Ben Moussalem (d’où l’appellation ABM dans l’immatriculation). Un biréacteur imaginé dans les années soixante sous le nom de « projet 107 », par la défunte société Hunting (créatrice de l‘étrange H 126 à volets soufflés), devenue BAC (British Aircraft Corporation). Sorte de Vickers Discount à réaction, il avait ce côté ventru et replet que présentait aussi le turbopropulseur. Un des rares avions a avoir été pensé plus long que l’appareil final, raccourci… faute de puissance motrice suffisante (il sera rallongé plus tard, avec de nouveaux réacteurs). Et un des tous premiers à succomber aux réacteurs disposés à l’arrière, juste après l’envol de la bien plus élégante Caravelle française.bac 1_11 Ce fut une semi-réussite, avec 246 avions construits, mais il fut vite talonné par la concurrence US du Douglas DC-9 qui tuera au passage aussi la Caravelle. Comme tout appareil de ce type, on le proposa en fin de carrière en version VIP, les 80 sièges du modèle d’origine laissant place à de larges fauteuils et à l’indispensable bar pour… les artistes. Bob Dylan fit quelques dates avec, avec, et Bon Jovi en acheta un (immatriculé N200EE) pour effectuer une tournée avec un appareil qui fut après soupçonné de transporter de la drogue (il finit sa carrière chez Elite Express, photographié ici à gauche en 2006). A bord il n’y avait plus que 23 places, mais deux chambres, et des téléviseurs grand-écran, plus une chaîne stéréo et des écouteurs partout. On peut voir ici sa démolition effectuée en octobre 2012.

tumblr_lxkfpcJSxq1qdtxqoo1_500

L’avion d’Ali Ben Moussalem était lui aussi une version VIP. Sorti le 6 février 1966 des usines Hunting derrière le Bournemouth Airport (appelé  aussi Hurn) , il avait été acheté au départ par National Aircraft Leasing Inc, puis vendu en 1975 à Oceanic Air Inc (de Detroit dans le Michigan), une entreprise détenue par… le mystérieux saoudien Ghaith Pharaon, amateur de yachts et propriétaire du château de Montfort, dans le Périgord Lui fera fortune dans le pétrole, mais d’une certaine manière : via sa société pakistanaise de fourniture d’essence, Attock Refinery Ltd, qui signera le 4 juin 2008, avec le Pentagone un contrat de 8 millions de dollars pour fournir les bases américaines en Afghanistan. Or lui aussi sera accusé de liens avec Ben Laden, via la BCCI et CenTrust hz-mmaL’avion passe ensuite chez Saudi Reserach & Development puis atterrit en 1979 chez la Commercial Bank of Saudi Arabia, qui le revend rapidement au Sheikh Al Amoudi, où il devient HZ-MAA. L’avion a été aménagé en VIP entretemps, le Sheikh Al Amoudi étant l’homme le plus riche d’Éthiopie et la 43e plus grande fortune mondiale en 2009. « En janvier 2008, un télégramme diplomatique américain révélé par WikiLeaks remarquait que « presque toutes les entreprises d’une importance financière ou stratégique significative privatisées depuis 1994 sont passées [sous le contrôle] d’Al Amoudi ». » Ethiopien, mais devant sa fortune à l’Arabie Saoudite : sa fortune provient en effet d’un mirifique contrat à 30 milliards de dollars signé en 1988 pour une zone de stockage pétrolier en Arabie Saoudite : le milliardaire avouera avoir eu  tout simplement « de la chance » au début de sa carrière, dans ses souvenirs d’entrepreneur.

L’avion n’est donc plus tout neuf lorsqu’Ali Ben Moussalem en hérite.  Celui-ci est aussi milliardaire, mais étrangement, son  nom n’apparaît presque nul part au sein de sociétés. Sa fortune, il la doit uniquement à sa proximité avec la famille royale saoudienne. Ce qui étonne grandement quand on sait que d’’origine yéménite, c’est un chiite, un des rares à  avoir su approcher l’entourage du roi d’Arabie saoudite !!! Son pouvoir se renforce vec l’arrivée au pouvoir du roi Fahd et du clan des Soudairi, un clan très soudé formé par la progéniture de Hassa bint Ahmad al-Sudaïri, la favorite du roi Abdelaziz, fondateur de la dynastie saoudite, et la mère de sept de ses 36 filsAli Ben Moussalem devient en effet alors « le grand chambellan du roi« , au début des années 80. On dira grand argentier, car c’est par lui que passent désormais toutes les finances du royaume, le clan Soudairi régissant son pays comme un simple domaine familial. Et parmi ce qu’il supervise, il y a les contrats d’armements qui ne se conçoivent pas dans le royaume sans graissage de patte à la famille royale, qui ainsi s’enrichit encore davantage… individuellement. Au passage, le Sheikh devient propriétaire de l’hôtel Prince-de-Galles à Paris, là où il négocie avec les vendeurs d’armes français. Sa règle est simple: pour tout contrat, c’est 8%… pour lui seul, bien sûr.

léotard frégatesSi l’on veut vendre aux saoudiens, il faut donc verser au passage une obole (bakchich)  à « Ali » : c’est un passage obligatoire !!! Mais un simple accord passé avec  ce même Ali peut devenir fort intéressant si par exemple, lors de la signature d’un gros contrat d’armement, on verse davantage que 8% en commission, mais que le Sheikh, préalablement mis dans la confiance, en cède en retour la part dépassant les 8% aux vendeurs eux-mêmes. Ça tombe bien la France alors dirigée par Balladur  (Mitterrand en est à sa deuxième cohabitation forcée) a signé en  novembre 1994 à Riyad le contrat Safari II comportant essentiellement trois frégates lance-missiles, d’un montant de 19 milliards de francs : cela vaut bien de lâcher quelques petits 8% pour obtenir le juteux contrat et les retombées indirectes. Un ministre surveille de près cette arrivée d’argent frais : c’est le ministre du budget Nicolas Sarkozy. Bien entendu, tout le monde songe à Ali, et ses pourcentages, dans ce nouveau contrat mirobolant. Un homme voit cela de loin, à cette époque , et il n’apprécie pas trop que ça lui échappe : c’est Jacques Chirac, qui a fait de Balladur son ennemi politique juré (Nicolas Sarkozy le trahira pour rejoindre le clan Balladur lors de l’élection de 1995). Balladur est longtemps annoncé comme futur vainqueur pour cette élection, mais le 11 mai 1995, l’inusable Jacques Chirac tient une revanche éclatante sur tous ses déboires passés (il s’est déjà présenté deux fois à la présidence de la République) : en battant Lionel Jospin, alors à côté de ses pompes socialistes (et bien aidé dans la défaite par JP Chevènement, qui le prive du second tour), il est devenu Président de la République, et très vite, il s’est affairé à s’en prendre non pas à la gauche qu’il vient de battre mais à ses faux amis de la droite, en l’occurence Edouard Balladur et ses proches conseillers, devenus ses ennemis jurés. ina-balladur-sarkozy-Car le rancunier Chirac n’a pas du tout apprécié que Balladur se soit aussi présenté à cette élection, alors qu’il avait conclu avec lui un accord quelques années auparavant comme quoi Balladur devait s’occuper de rester simplement premier ministre, au grand maximum, pour laisser le fauteuil ultime à Chirac et lui ouvrir ainsi un boulevard électoral présidentiel.  N’oublions pas que le tueur en politique qu’est Chirac a écarté un jour un dénommé Boulin, pour la même raison d’ambition nationale… présidentielle… l’ambition démesurée de Balladur l’avait rendu suspicieux, et dès son arrivée au pouvoir, il va très vite aller vérifier ce qu’il en a été exactement, des fameux contrats saoudiens, auquel se sont ajoutés entre temps trois sous-marins de type Agosta 90 B vendus au pakistanais.  Un contrat encore plus faramineux celui-là; puisqu à 5 milliards de francs ! Les balladuriens auraient-ils été tentés de faire la même chose au Pakistan ? C’est tout l’inquiétude du nouveau président. Chirac a du nez, car sa crainte va se révéler fondée.

gattegnoSelon le livre de Jean Gattegno, l’enquête diligentée par les services de Jacques Chirac va se montrer très fructueuse : « les recherches commandées par l’Élysée portaient sur la destination de mirobolantes commissions versées en marge d’un contrat signé en novembre 1994 par François Léotard, alors ministre de la Défense du gouvernement Balladur, avec l’Arabie Saoudite. Baptisé Sawari 2, l’accord prévoyait la livraison par les industriels français de deux frégates armées à la marine saoudienne, avec une option sur la construction d’un troisième bâtiment. Montant du contrat : entre 3 et 4,2 milliards d’euros. Durant la campagne électorale, plusieurs rapports confidentiels avaient été transmis à l’état major du candidat Chirac pour signaler qu’une partie des sommes devait alimenter les caisses du camp adverse. Au lendemain du scrutin, le Président exigea des preuves. Dominique de Villepin supervisa l’opération. En juillet 1995, le nouveau ministre de la Défense, Charles Millon, fit placer sur écoute téléphonique par la DGSE au moins trois collaborateurs de son prédécesseur. D’autres surveillances et filatures furent confiées à une équipe d’agents des services secrets. Leurs rapports soulignèrent le rôle d’un homme d’affaires saoudien, cheik Ali Ben Mussalem, introduit auprès de la famille royale à Riyad et propriétaire de l’hôtel Prince-de-Galles à Paris : négociateur du contrat, il était censé percevoir une commission de 8 %, à partager avec deux intermédiaires libanais ». Bingo : le fameux monsieur 8% était bien au milieu de l’affaire !
Un Sheik Ali qui était alors un homme très affairé, souvent aperçu… à Paris :« grâce aux confidences d’un autre protagoniste, écarté de la distribution, les hommes du Président reconstituèrent l’emploi du temps du cheik Ali au cours de ses négociations. Ils découvrirent ainsi qu’à l’inverse des intermédiaires habituels, celui-ci entretenait autant de contacts auprès des politiques que parmi les industriels. Après un entretien avec Nicolas Bazire, chef de cabinet d’Édouard Balladur à Matignon, le 30 octobre 1993, le Saoudien avait rencontré à deux reprises le Premier ministre en personne, en novembre 1993 et janvier 1994. Entre décembre 1993 et janvier 1995, onze rendez-vous – dont un déjeuner au ministère de la Défense, le 21 décembre 1994 – l’avaient mis en présence de François Léotard, parfois accompagné de Renaud Donnedieu de Vabres – alors son conseiller le plus proche et futur ministre des gouvernements Raffarin et Villepin. Au printemps 1995, le même Donnedieu de Vabres, membre du comité de campagne de Balladur, s’était entretenu deux nouvelles fois avec le cheik Ali, juste avant que ce dernier n’encaisse, le 15 avril, un premier acompte, dont le montant est toujours resté secret. C’était une semaine avant le premier tour de l’élection présidentielle ». Dans le lot de contacts figurait Nicolas Bazire, nommé en 1995 justement associé-gérant de la banque Rothschild & Cie, un homme très proche de Nicolas Sarkozy, au point d’être son témoin lors de son mariage -plutôt discret- avec Carla Bruni le 2 février 2008. Bref, le pion essentiel pour la manœuvre des frégates saoudiennes ! Un pion qui allait utiliser une société factice pour effectuer les versements discrets : une enquête  menée au Luxembourg révélera que Nicolas Sarkozy avait autorisé la création d’une société offshore baptisée Heine, et que c’est par elle que devaient transiter les commissions et rétro-commissions entre l’Etat français et la société Mercor..  celle d’Abdul Rahman el-Assir… !!!

learjet ABM1

Pour ses nombreuses escapades à Paris, « Ali » préférait utiliser un avion moins voyant. Un petit Learjet qu’il avait acheté en premier, et qui était donc immatriculé HZ-ABM (sans le « 2 ») de l’autre,  bien entendu (2). Pour l’amadouer, les balladuriens, futurs sarkozystes, avaient dépêché deux intermédiaires sulfureux : le  propriétaire de la station de ski Isola 2000 (Ziad Takieddine), et l’ancien beau-frère du célèbre marchand d’armes Khashoggi (Abdul Rahman El-Assir, ami de Azi Ali Zardari, le mari de Benazir Bhutto). Claude Thévenet ancien de la direction de la surveillance du territoire,  a ainsi décrit le second, nettement moins connu que le premier :  « nous relevons qu’en 1987, El-Assir, administrateur d’une société dénommée “Commerce extérieur”, est suspecté d’abriter des activités criminelles, en particulier des ventes d’armes et de drogue. Il agirait dans ce cadre en relation avec son frère, Mohamed Rabih El-Assir. Nous relevons qu’en 1991, le poste de la CIA de Rabat l’a soupçonné de se livrer à des blanchiments de capitaux.» Inutile d’imaginer, je pense, que la DGSE ait pu l’ignorer. Comme ait pu l’ignorer Balladur… ou Sarkozy.

jearjet2Vexé, et désireux d’empocher lui-même la rétrocommission, Chirac à peine élu, ira en personne signer le contrat avec les saoudiens, un contrat dans lequel le fameux Ali avait revu ses ambitions à la baisse. Selon Guattegno, en effet, « l’un des rapports remis aux hommes du Président indique qu’en vertu du dispositif mis en place en 1994, le cheik Ali Ben Mussalem aurait reversé une partie du paiement dans les caisses du Parti républicain pour aider à l’élection de M. Balladur ».  Soit 4% du contrat pour les deux intermédiaires, le sheikh en convervant lui aussi 4% (Mr 8% avait baissé son tarif habituel de moitié !). Sur 19 milliards de francs de contrat… la somme étant payée en plusieurs fois jusque 2001, où les paiements s’arrêteront brusquement. On pense en fait que le couple d’intermédiaires El-Assir-Takieddine aurait dû recevoir au total 87 millions, dont un quart aurait été destiné aux rétro commissions : à ce stade, les valises de Balladur ont reçu effectivement en 1995 10,25 millions de francs de l’époque. C’est très proche de la somme qui correspond à d’étranges paquets de grosses coupures aperçues au QG de campagne de Balladur lors de l’élection de 1995… 10 millions de francs, mystérieusement atterris sur le compte de campagne de Balladur le 26 avril 1995, dont plus de la moitié en coupures de 500 francs !!! ballamou sarkoPour le contrat Pakistanais, Chirac, très remonté contre les balladuriens, une fois arrivé au pouvoir coupe brusquement les vivres de tout le monde en interdisant le versement de commissions (et donc de rétro-commissions aussi) aux Pakistanais. Michel Mazens, ancien PDG de la Sofresa, la société chargée de négocier les contrats d’armement au nom de l’Etat, a confirmé cet ordre aux juges d’instruction de l’affaire. Une interdiction touchant donc aussi… Ali Ben Moussalem, qui se retrouvait donc brusquement privé de millions de francs de l’époque. Selon le même Mayens, Chirac et de Villepin avaient pourtant été informés des risques que représentait, pour le personnel de la DCNI sur place, l’arrêt de ces versements. Michel Mayens avait même raconté aux juges  sa convocation surréaliste  à l’Elysée, le jour où Dominique de Villepin lui avait  carrément demandé d’empêcher le réseau de Ziad Takkiedine et Abdul Rahman el-Assir d’encaisser les commissions !!! Pour y arriver, Mayens avait même embauché un ancien policier… capable ‘ »d’influencer » les deux hommes (voir l’épisode rocambolesque où Ziad Takkiedine subira un étrange accident de voiture, qu’il décrit dans le livre « La République des mallettes: Enquête sur la principauté française de non-droit » de Pierre Péan comme ayant été une « tentative d’assassinat » (3)). A Karachi, en représailles, le 8 mai 2002, une voiture piégée explose devant le bus des techniciens français en train de construire les sous-marins pakistanais. C’est évidemment un avertissement pour continuer à alimenter les commissions interrompues !!! Et tous les regards se tournent alors vers ceux qui auraient pu commettre l’attentat, présenté comme un attentat « terroriste » dès le départ… On songe aux généraux pakistanais, qui touchaient bien sûr individuellement, mais aussi et surtout les regards convergent vers… Ali Ben Moussalem !!!

le parisien

sarkozy_balladur_sarkozy_insideQuestion rétro-commissions,  en tout cas, cela est acquis aujourd’hui, et on se dirige donc vers un procès : le 6 juin 2015, après une très longue procédure, la cour d’appel de Paris a rejeté les recours de la défense et validé le renvoi en correctionnelle de six personnes dans l’affaire. « Après trois ans d’investigations internationales, les juges Renaud van Ruymbeke et Roger Le Loire avaient acquis la conviction que 327 millions d’euros de commissions indues sur les contrats d’armement avaient été versés à un réseau d’intermédiaires qui n’avait pas eu d’utilité dans l’obtention des contrats. Selon l’enquête, ce réseau a été imposé à la fin du processus pour enrichir ses membres et financer la campagne d’Édouard Balladur par des rétrocommissions. Ziad Takieddine avait fini par concéder qu’il avait financé la campagne Balladur pour 6,2 millions de francs (moins d’un million d’euros), affirmant avoir été sollicité par Nicolas Bazire via Thierry Gaubert, ce que les deux hommes contestent. En juin 2014, les juges avaient renvoyé les six personnes au tribunal. » Mais un renvoi qui vient de recevoir un allié de poids, avec deux confirmations arrivées fort tardivement dans le bureau du juge Trévidic, et qui n’arrangent guère le clan Balladur et encore moins Nicolas Sarkozy. Car c’est une nouvelle passée un peu trop inaperçue, malheureusement, mais le fameux juge, qui a été obligé d’abandonner son enquête pour une raison un peu simplette (il a effectué ses dix ans au pôle anti-terroriste et ne peux en faire davantage !) avait eu la curiosité d’aller chercher ailleurs qu’en France des renseignements sur le fameux intermédiaire saoudien. Aux Etats-Unis, car il avait appris que ce pays avait lui aussi enquêté sur le personnage. Et la réponse, arrivée le 30 novembre dernier et révélée le 11 décembre par le journal Le Parisien seulement, à partir de deux notes du FBI rédigées les 16 juin et 9 septembre 2015 , est absolument claire et… sidérante, malgré les larges placards de feutre noir sur la page enregistrée et montrée par la DST… Selon le FBI, en effet, Ali Ben Moussalem n’était pas qu’un intermédiaire auprès de l’Arabie Saoudite. En qualité de responsable d’al-Taqwa, la banque alimentant Ben Laden, qui était installée à Lugano, en Suisse, « il a assuré des services financiers à Al-Qaida en investissant les fonds d’Oussama Ben Laden et en des livraisons de fonds en espèces à Al-Qaida », selon le FBI !!! Difficile d’imaginer qu’en France la DGSE, ou la DST, qui avaient pisté Ben Laden jusque dans un hôpital de Dubaï en juillet 2001 en suivant la piste de  Djamel Beghal, puissent avoir ignoré la chose….   Difficile d’imaginer que le pouvoir en place à l’époque, en l’occurrence celui d’Edouard Balladur et son grand argentier Nicolas Sarkozy ait pu l’ignorer !!! Difficile d’imaginer que Nicolas Sarkozy ait pu ne pas savoir ce que faisait exactement avec son argent l’intermédiaire qu’il avait fait approcher pour empocher les rétro-commissions visées !

et les masquesSelon un membre de la DST se faisant appeler « Verger », c’est bien le Sheikh en personne qui avait fourni l’argent en liquide au QG de Balladur : «  en 1994-1995, je me suis intéressé aux activités de cheikh Ali Ben Moussalem et de son bras droit, Ziad Takieddine. Gérard Willing [le correspondant de la DST dont Verger était l’officier traitant] m’avait indiqué que la boutique Arije était une plaque tournante de trafics en tout genre et d’armes en particulier. La DST a placé cette boutique sous surveillance. A notre grande surprise, la campagne électorale étant lancée, nous avons observé que des membres du parti républicain de François Léotard [ministre de la défense du gouvernement Balladur] se rendaient dans l’immeuble abritant Arije. (…) Donnedieu de Vabres [chargé de mission auprès de François Léotard] aurait rencontré Ben Moussalem à l’hôtel Prince de Galles. Ce dernier lui aurait remis deux valises, pleines, selon Gérard Willing, d’argent. Donnedieu de Vabres aurait alors remercié Ben Moussalem en lui disant : “Merci pour la France, elle vous le rendra » peut-on lire dans « Et les masques sont tombés…: Les coulisses du quinquennat » d’Hubert Coudurier.

bac111_armes-90253On ne sait si le plus gros des biréacteurs que possédait le Sheikh, a pu lui-même servir à alimenter en armes Al-Qaida. Ou d’autres formes de terrorisme ou de terreur. Les jets privés servent parfois à de bien étranges trafics. L’image ci-contre à gauche parle d’elle-même. Nous sommes ici à bord d’un avion, de type court-courrier…. en l’occurrence, tiens, quel hasard, un Bac-1-11. Sur chacun des 27 sièges plutôt cossus – l’avion est une version pour VIP -, une caisse de Kalachnikovs, harnachée avec la ceinture du passager et, entre chaque siège, deux autres caisses. L’avion est le BAC 111 EL-ALD destiné au départ à la destruction à Ostende, que Christopher Barratt-Jolley avait retapé sur place et repeint et enregistré au Liberia sous le nom de Balkh Air. L’homme qui a chargé l’avion a bien respecté la répartition des masses à bord : c’est un pilote chevronné, soucieux de l’équilibrage de son avion. Nous sommes le 13 mars 1999, l’avion venait auparavant de s’envoler à vide de l’Ukraine pour Ouagadougou, au Burkina Faso, où il s’était posé à côté d’un énorme an 124Antonov 124 de l’Antonov Design Bureau numéroté UR-82008, arrivé deux jours avant et affrété par une firme anglaise alors seule utilisatrice, ou presque, du monstre, Air Foyle. Un Antonov avec à son bord 67 564 kg d’armes, réparties en 3 000 fusils d’assaut AKM (Kalashnikov), 50 mitrailleuses lourdes, 25 lance-roquettes RPG, 5 missiles Strela-3 et 5 missiles anti-tanks Metis. Les caisses avaient été déchargées une par une de l’Antonov et posées telles quelles dans le Bac-1-11, avec l’aide et sous la surveillance de Joe Toah, l’assistant direct du directeur de la sécurité de… Charles Taylor. Car le déchargement final devait aboutir au Liberia, plus exactement à Monrovia, la capitale. L’avion devant même devenir par la suite l’avion présidentiel de Charles Taylor. Mais dans la précipitation, pour l’instant, personne n’avait songé à le repeindre !

b111n119gaLe contrat de livraison d’armes avait été passé par la Chartered Engineering and Technical Company, Ltd, une compagnie ayant son siège à Gibraltar. L’avion, bizarrement, n’était même pas peint aux couleurs d’une compagnie ou d’un pays. Il arborait encore les couleurs d’une équipe de basket américaine de la NBA de la côte Ouest, les Seattle SuperSonics mais portait désormais le code VP-CLM. L’avion avait été racheté 2 millions de dollars seulement à un revendeur américain, Lou Legget, le fondateur de Cortran International, et son pilote était Jorma Ijäs, un Finlandais, lui aussi de Cortran. Lors d’un interrogatoire téléphonique en 2002,, il jouera candidement le monsieur qui n’avait rien vu à bord : « Je ne peux pas dire avec certitude ce qui a été transporté. Je n’ai jamais ouvert une seule boîte« . C’était marqué dessus pourtant. A 6,5 tonnes maxi de charge par vol, les rotations s’égrènent pendant trois semaines pourtant entre Ouagadougou et Monrovia. Derrière tout cela, il y a un trafiquant, c’est l’employeur du pilote et le propriétaire du Bac 111. C’est le président d’une société de commerce de bois, Exotic Tropical Timber Enterprise. Il s’appelle Leonid Minin, et détenait aussi une société enregistrée à Monaco, mais sise en Suisse, Limad-AG. Leonid Minin, un marchand d’armes !!!
bac 1-11 talibanL’appareil deviendra ensuite Balkh Airlines, ligne aérienne fort fugace installée au Mazari Sharif Airport (il est photographié ici en 1996 à Southend – Rochford en Angleterre), appartenant au « fameux » général Dostum, aujourd’hui toujours à la tête de l’Afghanistan. L’allié des USA attend son tour, à l’évidence. Il ne semblait pas s’en servir autrement que pour transporter des armes ! A l’époque, le fameux Bac-1-11 était devenu depuis plusieurs années maintenant la coqueluche des millionnaires primeurs pour qui un Learjet était devenu bien trop petit. Aménagés en VIP, ils devenaient les premiers palaces volants (avec le Boeing 727). A l’époque les saoudiens cherchaient (déjà ?) à s’installer en Europe, et s’insinuent notamment dans les clubs de football (déjà ?). C’est le cas pour un autre acheteur de Bac-1-11, le promoteur immobilier libanais Amer Al Mouaffac Midani, ancien joueur de tennis de table installé au début des années 80 en Angleterre. Intronisbac 111 libané membre du conseil d’administration de Manchester United. En 1991, il avait tenté une OPA sur le club en poussant en avant l’ancien joueur Bobby Charlton, pour finir par abandonner en 1997 est revendre 500 000 actions à Manchester United (0,77% du club) à environ 6 £ seulement chacun, provoquant une chute de 11.5 p dans le cours de l’action. En 2002 il abandonnait tout lien avec le club… s’étant déclaré en faillite à la suite d’une dette de jeu phénoménale (2 millions de dollars perdus en 4 jours à l’hôtel Rio à Las Vegas ! Amer Al Mouaffac Milani avait acheté un Bac-111, livré le 19 mai 1978, qui avait été immatriculé HZ-MAM. On le voit ici à gauche après avoir reçu sa livrée et prêt à quitter son hangar de fabrication. Milani avait racheté la propriété d’Eugène Klein, à Beverly Hills pour y effectuer 40 millions de travaux et y faire des fêtes où l’on trouvait, quel hasard, le couple Reagan et 200 invités, par exemple… Midani versant au passage son obole à la Phoenix House ou à la fondation Nancy Reagan « Just Say No« … Reagan, à cette époque, fricotant ouvertement avec les talibans, des seigneurs de guerre présentés par lui comme aussi importants que la navette spatiale (4) pour lutter contre les communistes….

reagan talibans

En France, il y a un quinzième mort oublié à cette sombre affaire Karachi, et un douzième français. Encore un oublié. Il s’appelle Akim Rouchi; un jeune homme qui a été retrouvé pendu chez lui le 22 août 1995, d’une bien étrange façon : la corde était fixée à une planche qui reposait elle même sur deux portes ouvertes !!! Or ce même Akim Rouichi avait eu une démarche étonnante juste avant les élections de 1995 : il avait à tout prix voulu rencontrer le directeur de campagne de Balladur, à savoir, Nicolas Bazire. Celui-ci qui absent, on l’avait dirigé vers Jean-Charles Brisard. Or ce que celui-ci a confié après à la police est tout bonnement sidérant : « Akim Rouichi a ouvert son sac et en a sorti un ordinateur, s’est-il souvenu. Il contenait des fichiers numérotés qui cachaient des enregistrements de conversations téléphoniques. Il se plaignait d’avoir été « lâché » par les chiraquiens. Il prétendait nous vendre ses enregistrements pour que nous révélions les méthodes illégales utilisées par nos adversaires. » Pour appuyer ses dires, il lui fait écouter des extraits des écoutes. Brisard affirme y avoir distinctement reconnu les voix de François Léotard et de Renaud Donnedieu de Vabres s’entretenant au sujet de contrats d’armement : « la livraison de missiles sol-air à Chypre » et « l’état d’avancement du programme Agosta »- c’est-à-dire la fameuse vente de sous-marins au Pakistan qui est au coeur de l’enquête sur l’attentat de Karachi… La mémoire de Brisard est précise : parmi les personnalités espionnées, il assure avoir identifié de hauts responsables de l’industrie militaire de l’époque – ce qui recoupe partiellement les déclarations du frère d’Akim. ballamouIl se souvient aussi s’être étonné que leurs téléphones puissent être si facilement « piratés ». Akim lui aurait répondu qu’il « disposai[t]d’un scanner fréquentiel et qu’on lui fournissait les numéros et les codes de chiffrement des téléphones à surveiller ». A en juger par le nombre de fichiers stockés sur son ordinateur, la méthode fonctionnait. » Il y a plus encore : soucieux de ne pas garder pour lui cet épisode troublant, Jean-Charles Brisard en consigna par écrit l’essentiel dans une note confidentielle adressée à Nicolas Bazire le 5 avril 1995 (5). Une copie de ce document figure à présent au dossier des juges Van Ruymbeke et Le Loire. Selon son auteur, il est resté lettre morte. Aucune instruction ne lui a été donnée. Akim le relança deux ou trois fois par téléphone, lui dit qu’il était « menacé à cause des enregistrements ». Puis le contact fut rompu ». Dans le lot des enregistrés, on entendait distinctement la voix de stentor de… Charles Pasqua, dont je ne rappelle pas ici la carrière et la spécialité : les coups tordus ! Selon le propre frère de Rouichi, ce dernier aurait cité un autre personnage encore : « c‘est là que mon frère a évoqué, alors qu’il était au téléphone avec une de ses sources aux RG, un homme qu’il appelait “l’autre de Neuilly”, avec un nom à consonance étrangère qui venait de l’Est. Je pensais à un nom polonais. Puis il a cité son nom. Il l’a cité au moment où il a eu entre les mains ce document sur une société au Luxembourg, qu’il appelait “la tirelire” », confie François Rouichi. M. Rouichi avoue qu’il ne savait pas à l’époque qui était Nicolas Sarkozy. Les choses, depuis, ont changé… »  Rouichi n’est certainement pas mort comme on voudrait nous le faire croire… Et un homme le sait : Jean-Charles Brisard, qui doit fortement aussi se douter des raisons véritables de son décès.

trio infernalL’affaire continue à suivre ses méandres sulfureux. En quittant le pouvoir en 2012, le clan Sarkozy a passé auparavant toutes les archives de Karachi au… Kärcher (tout a été détruit en 2011 selon le consultant Gérard Willing).« Le 13 novembre 2014, le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve (qui est aussi quel hasard l’ ancien rapporteur de la mission d’information de l’Assemblée nationale sur l’affaire Karachi (6) !), avait affirmé dans un courrier officiel que la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI, ex-DCRI) n’avait conservé aucun document sur un acteur clé de l’affaire Karachi, Ali Ben Moussalem, un cheikh saoudien proche de plusieurs politiques français. Une absence suspecte : l’enquête judiciaire a fait apparaître que la DGSI avait bien enquêté sur lui à l’abri du secret défense. »Comme une impression de ménage qui aurait été fait. Le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve affirme dans un courrier officiel, dont Mediapart et France Inter ont eu connaissance, que la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI, ex-DCRI) n’a conservé aucun document sur un acteur clé de l’affaire Karachi, Ali Ben Moussalem, un cheikh saoudien proche de plusieurs hommes politiques français. Cette absence de documents sur Ben Moussalem dans les archives du ministère est pour le moins suspecte, l’enquête judiciaire ayant clairement laissé apparaître ces derniers mois que la DGSI avait bel et bien enquêté sur lui à de nombreuses reprises.  » Car c’est bien une affaire à tiroirs, mais avec les mêmes  tireurs de poignées partout : « mais Ben Moussalem, qui avait confié une partie de ses fonds offshore au gestionnaire suisse Jacques Heyer, un proche de Nicolas Sarkozy, est aussi celui qui a probablement perdu le plus d’argent – au-delà de 100 millions d’euros d’aujourd’hui en comptant l’inflation, malgré quelques compensations – après la décision de Jacques Chirac de couper court, une fois élu président en 1995, aux versements des sommes dues aux intermédiaires balladuriens ». Heyer, qui avait un autre client qui s’appelait Balkany ! Heyer, qui avait tendance à faire fondre l’argent de ses clients (comme celui du tennisman Henri Leconte: « avant de s’exiler aux Bahamas, puis à Saint-Domingue, Didier Schuller avait été discrètement hébergé pendant deux à trois semaines chez son ami et « banquier » suisse Jacques Heyer. Au sous-sol de la villa de ce dernier, à Chêne-Bougeries, près de Genève, Schuller en fuite était installé dans la salle de billard, près de l’imposante cave à vin. Comme il l’a raconté au juge de Créteil Philippe Vandingenen, il avait confié à son ami environ 2,5 millions d’euros (16,4 millions de francs), que le financier gérait depuis Genève sous couvert de sociétés offshore. Depuis, Jacques Heyer a dilapidé l’argent d’une centaine de clients, et il est mis en examen par la justice suisse pour « gestion déloyale ».

L’avion abandonné à la mort de son propriétaire (Ali Ben Moussalem est mort  à Genève  (« dans des circonstances qui ont longtemps interrogé les services de renseignements » (7) et depuis détruit était le symbole même de cette incroyable constat: le clan d’Edouard Balladur, dans lequel Sarkozy jouait au grand argentier, a donc négocié avec un homme dont les liens avec le terrorisme d’Al-Qaida étaient manifestement connus de beaucoup de monde, les américains y compris. L’affaire de Karachi est déjà un scandale en lui-même, cette découverte et cette confirmation ajoutent encore à l’infamie qu’elle constitue.  On est loin, très loin, de la « grotesque fable«  décrite en juin 2009 par un certain… Nicolas Sarkozy.

 

(1) Google Earth nous révèle qu’il a été définitivement scrappé en 2014 seulement… comme le montre ce résumé photographique et historique : il est déplacé en 2012 de son emplacement de stockage d’origine, là où il avait été pris en photo en 2008, pour être définitivement détruit entre le 16 juin 2014 et le 13 août 2014:

scrapp plus grand

 

photo bac 1-11L’avion est bien le Bac 1-11, reconnaissable à ses ailes courtes et étroites, son fuselage large, se réacteurs bien décalés et sa queue relativement large (voir ci-contre à droite).

 

 

 

 

 

(2) l’avion qui date de 1979 était toujours déclaré « actif » sous l’immatriculation N747RY de chez Gplus Inc, enregistré en 2011 après avoir été mexicain chez Servicios de Taxis Aereos S.A. sous l’immatriculation XA-THD. Le 13 mars 2014, il effectuait encore un vol entre Opa Locka (Floride) et l’aéroport d’Albrook Marcos A. Gelabert, au Panama.

(3)  « Ziad Takieddine s’estime aujourd’hui lâché par Claude Guéant et Nicolas Sarkozy, au profit d’un autre intermédiaire, Alexandre Djouhri, désormais proche du pouvoir. Un temps patron de la station de sports d’hiver Isola 2000, M.Takieddine a noué des liens d’amitié avec des proches du chef de l’Etat, comme Brice Hortefeux, Thierry Gaubert, Dominique Desseigne, ou avec le patron de l’UMP Jean-François Copé. Au point que ce dernier organisa la prise en charge sanitaire de M.Takieddine, alors que ce dernier avait été victime d’un étrange accident sur l’ile Moustique en avril2004. L’intermédiaire assure avoir été victime d’une tentative d’assassinat, qu’il impute, sans preuve, à son ennemi et rival, M.Djouhri ».

(4) extrait de Power of Nightmares, l’indispensable documentaire.

https://archive.org/details/ThePowerOfNightmares-Episode1BabyItsColdOutside

(5) faut voir qui l’a « traitée » cette note : selon Le Point, « la note adressée à Nicolas Bazire désigne par ailleurs les commanditaires pour lesquels Akim Rouichi disait avoir effectué ses missions clandestines : deux hauts policiers à la réputation sulfureuse, le contrôleur général Jacques Delebois et le commissaire Patrick Rougelet. Ces deux hommes avaient déjà été soupçonnés, en 1996, de mener des enquêtes parallèles en usant des moyens de leurs services respectifs. Ancien de la DST, Delebois a été impliqué dans l’affaire des micros du Canard enchaîné, en 1973, puis dans celle du « vrai-faux passeport » de l’affaire Carrefour du développement, un scandale politico-financier qui avait marqué le premier septennat de François Mitterrand. Rougelet, lui, appartenait aux RG ; il a été révoqué en 1998. Le Point n’a pas réussi à entrer en relation avec le premier. Le second nous a affirmé n’avoir « jamais rencontré M. Rouichi » ni « traité d’informateurs sans rendre compte » à sa hiérarchie. » Comme autre suicide étrange de l’affaire, il y a aussi celui d’André Rigault, ingénieur au centre d’essais de la DCN, chargé des moteurs de sous-marin. Lui aussi retrouvé pendu… avec une sacoche à documents vide à ses côtés.

cazeneuve(6) Alors qu’il n’était encore simple député PS de Cherbourg, Bernard Cazeneuve, avait dénoncé le « mépris d’Etat » dans un livre réquisitoire, sorti en 2011, « Karachi, l’enquête impossible », il y déplorait déjà que Sarkozy avait en effet fait place nette :  « dire que Nicolas Sarkozy est au cœur de cette affaire, je ne le dis pas, parce que je ne l’ai pas matérialisé (…) quand le gouvernement ne transmet rien, il agit avec un mépris total pour le Parlement et fait preuve d’un cynisme absolu ». » En France, en effet, une mission d’enquête parlementaire n’a d’avis que consultatif et n’impose rien à l’Etat : résultat, jusqu’en 2012, on avait eu largement le temps de tout faire disparaître ! Est ce que devenu ministre (de l’Intérieur), Cazeneuve continue à chercher à retrouver les indices laissés par Ali Ben Moussalem, dont le président précédent à fait effacer toutes les traces compromettantes  ?

(7) difficile d’avoir des détails sur la circonstance de sa disparition.

 

Pour tout savoir sur le Bac 1-11, c’est ici:

http://www.bac1-11jet.co.uk/bac1-11jet.co.uk%20Contents.htm

les deux seuls B-1-11 volants sont les N162W et N164W qui servent de bancs d’essais divers chez Grumman. Ici le N162W testant le radar et la pointe avant du F-35.

Sources :

http://www.verite-attentat-karachi.org

le rapport Cazeneuve à l’Assemblée :

http://www.assemblee-nationale.fr/13/rap-info/i2514-tI.asp

http://www.franceinter.fr/emission-lenquete-ali-ben-moussalem-le-fantome-de-laffaire-karachi

http://www.denistouret.net/constit/Donnedieu.html

http://tempsreel.nouvelobs.com/justice/20151113.OBS9364/attentat-de-karachi-les-secrets-de-la-dst-se-devoilent.html

http://le-blog-sam-la-touch.over-blog.com/2014/11/karachi-les-armoires-vides-de-la-dgsi-mediapart.html

excellente infographie ici :

http://www.lemonde.fr/politique/infographie/2010/11/29/comprendre-l-affaire-karachi-en-trois-minutes_1446518_823448.html

https://www.frenchleaks.fr/-Affaire-Karachi-.html

le « dossier Nautilus« , un rapport apparu dans les médias rédigé par Claude Thévenet, un ancien agent du contre-espionnage français (DST) « : « Le rapport Nautilus -un document interne à la DCN fruit d’un travail de renseignement aux sources multiples (contacts diplomatiques au Pakistan, enquêteurs des Nations unies, agents des services secrets britanniques et français, membres du Foreign Office, etc) »…

Nautilus

https://www.frenchleaks.fr/IMG/pdf/NAUTILUS-good-2.pdf

http://www.rediff.com/news/special/claude-arpi-on-a-fable-of-blood-and-bribes/20090701.htm

http://download.pro.arte.tv/uploads/L_affaire-Karachi.pdf

http://www.francaisdeletranger.org/en/2012/08/15/karachigate-xxxii-edouard-balladur-le-point-cardinal/

http://www.metronews.fr/paris/quand-balkany-schuller-et-sarkozy-comparaient-la-taille-de-leur-zizi-sous-la-douche/mmjq!xDcUxx2VkNYyI/

Dans le chapitre « C’est Dallas à Genève » on y lira l’usage qu’ont fait Balkany, Schuller et Sarkozy de coupures de 1000 francs suisses toutes droit sorties de chez Heyer. Ça donne une juste idée de ce que ces lascars peuvent avoir comme souci de la nation…

Nota : sur la famille Ben Laden, un doute a subsisté sur Salem, mort accidentellement mais pas à bord de son jet privé un BAC 1-11 lui aussi :

PterodactylAscenderII-B202« Les liens d’amitié membres de la famille Ben Laden liant au roi Fahd et ses frères en font les confidents et les conseillers principaux. Ils jouent un rôle consultatif évident dans les relations yéméno-saoudiennes. Pourtant, ils détiennent très peu d’intérêts économiques ou financiers dans leur patrie ancestrale et ne font pas étalage de leur origines familiales. Les deux amis les plus proches du roi Fahd étaient le prince Mohammed Ben Abdallah (fils d’Abdul Aziz), qui est décédé au début des années 80 et dont le frère, Khaled Ben Abdullah (un associé de Sulaiman S.Olayan), a toujours eu accès au roi ; et Salem Ben Laden, qui est décédé en 1988. Comme son père en 1968, Salem est décédé dans un accident d’avion … en 1988 au Texas. » En fait d’avion, c’était un petit ULM, un modèle Pterodacty AscenderII-B202 et le terrain d’aviation celui de  Kitty Hawk Field, et non son BAC-1-11 VIP d’usage courant.

hz-bl1shiekh-salem-bin-laden« Il volait souvent à bord d’un BAC 111 qui avait été acheté en juillet 1977 par le prince Mohammed Ben Fahd. Les plans de vol de l’avion ont longtemps été au centre d’un certain nombre d’enquêtes. Selon l’un des pilotes américains de l’avion, il avait été utilisé en octobre 1980 pendant les réunions secrètes à Paris entre les États-Unis et des émissaires iraniens. Rien n’a jamais été prouvé, mais la mort accidentelle de Salem Ben Laden a relancé des spéculations selon lesquelles il aurait été « éliminé » comme témoin gênant. En fait, une enquête a eu lieu pour déterminer les circonstances exactes de l’accident. Ses conclusions n’ont jamais été divulguées. De tout ceux qui étaient là, personne ne pouvait comprendre pourquoi il avait essayé de survoler les lignes électriques », a déclaré Gerry Auerbach, 77, de New Braunfels, un pilote à la retraite pour Saudi Arabian Airlines et pour le BAC 1-11  des frères Laden, les constructeurs multimillionnaires qui aspirent a désavouer Oussama. » L’avion qu’utilisait le plus souvent Salem, en dehors de l’ULM qui lui a coûté la vie, était en effet le Bac-1-11 immatriculé HZ-BL1 (parfois appelé par erreur HZ-BLI, c’était le 80 ème construit, avec BL pour Ben Laden bien sûr). Avant d’appartenir au clan Ben Laden, il était la propriété de la Wells Fargo Bank Northwest (en 2001), après avoir été celui de la First Security Bank (en 2000).

GhostofMomo

Le journal citoyen est une tribune.  Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

http://www.centpapiers.com/cette-photo-davion-epave-est-le-pire-secret-de-nicolas-sarkozy/

0000000000000000000000000000000000000000000000000000000000

hicham

24 novembre 2015

En cherchant des éléments d’explication sur les attentats de Paris, je suis bien entendu tombé sur les groupes extrémistes belges, mais aussi sur leurs opposants, tous ceux qui d’une manière ou d’une autres ont largement cherché à manipuler les informations pour promouvoir leurs propres desseins politiques. Vous pensez aux mêmes que moi, je suppose. Toute cette agitation médiatique peut se résumer en un seul exemple, celui de la dérive somme toute très rapide d’un jeune gamin prénommé Brian, promis à un bel avenir de footballeur qui s’est retrouvé propulsé en Syrie, le cerveau nettoyé de fond en comble par des manipulateurs d’une bêtise insondable. Ce garçon a a été l’objet en même temps d’une double récupération : son corps même pas encore froid, sa mort était annoncé par l’armée syrienne de Bachar el Assad, qui réglait ainsi ses comptes avec les islamistes, ceux-là mêmes que le régime avait emprisonné, puis torturé, pour les relâcher dans la nature, espérant qu’ils s’en prendraient d’abord aux autres groupuscules islamistes sans se retourner contre le pouvoir.

Voici la tragique histoire de Brian de Mulder, mort à 20 ans d’avoir trop écouté  les sirènes jihadistes.

Une histoire qui résume toute la tragédie actuelle, et montre la bassesse de certains manipulateurs, qui, eux, sont toujours vivants.

201303210821-2_als-brian-de-mulder-in-syrie-sterft-vervolg-ik-belkacem-Brian était un adolescent comme beaucoup, un beau garçon plein de vie qui prenait plaisir à faire des selfies avec sa famille, d’origine brésilienne. Arrivé sur terre à Anvers comme un beau bébé (il était arrivé deuxième à l’élection du plus beau bébé en Belgique !), il effectuait plus tard une scolarité classique au Sint-Jan Berchmans College rue Jodenstraat, dans le centre d’Anvers. Il s’en échappait le midi pour aller dévorer du pudding chaud, son plat préféré chez sa grand-mère Georgette qui le vénérait, et avec qui il allait prier à l’église. Catholique.. et footballeur, comme tout brésilien serait-on tenté de dire : le voici en effet qui rêve d’une entrée au club du Beerschot (le Koninklijke Beerschot Antwerpen Club) en jouant sur le square avec ses potes, en rêvant à Lionel Messi.

LIRE sur http://www.centpapiers.com/manipulateurs-et-recuperateurs/

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Lire aussi

00000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000

00000000000000000000000000000000000000

A la Une de « l’heure du crime » de Jacques Pradel, les révélations d’un journaliste d’investigation sur un des plus grands secrets de la République…

Comme le secret est en train d’être éventé, on peut dire aussi qu’il s’agit d’un des grands tabous de la cinquième République : l’existence d’un groupe ultra secret de tueurs professionnels qui exerceraient, au nom de la France une sorte de droit de représailles de l’Etat, face à ses ennemis, par exemple les terroristes qui menacent depuis de longues années nos institutions…La décision de créer ce groupe au sein du service action de la DGSE aurait été prise après l’affaire du Rainbow Warrior, au milieu des années 80. Les Présidents de la République qui ont succédé à François Mitterrand ont toujours nié officiellement l’existence de ce groupe, baptisé « Alpha » dont certains membres ont accepté de parler à mon invité, Vincent Nouzille qui publie son enquête dans un livre qui vient de paraître aux éditions Fayard.

Avec lui, nous allons revenir sur cette guerre de l’ombre dont les échecs ou les victoires ne sont jamais officiellement revendiqués..

Vincent Nouzille a passé trois ans à recueillir les témoignages d’anciens ou d’actuels membres des services de renseignements français. Il en sort un ouvrage époustouflant, où la réalité semble parfois dépasser la fiction.

C’est en 2002 qu’un événement lui met la puce à l’oreille : deux agents de la DGSE sont arrêtés en Espagne, alors qu’ils transportaient des faux passeports et un vrai arsenal de guerre… Ces agents, bien plus secrets que des agents secrets, faisaient partie de la « Cellule alpha »… Une appellation que le journaliste a tenté de comprendre, et de mettre à jour. Une cellule constituée d’une dizaine d’électrons libres, capables de mener des doubles vies sans éveiller l’attention, et de tuer sans poser de questions. Ce dispositif, créé sous Mitterrand, a été utilisé par tous les présidents depuis.

A commencer par François Hollande…

***

Philippe Rondot à son arrivée le 11 décembre 2007 au pôle financier du palais de justice de Paris.

Quand le gang des « has been » d’Amérique latine et d’Espagne se mobilise contre le Venezuela

Publié: 29 avril 2015 dans 1 - Revue de presse - Journaux télévisés - Videos, Amérique centrale, Amérique du sud
Tags:, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Par Pizzicalaluna

Par Maurice LEMOINE

Panama Summit of the Americas

Le 9 avril, en prélude au Sommet des Amériques, en compagnie des ex-chefs d’Etat Felipe Calderón (Mexique), Jorge Quiroga (Bolivie) et de l’ancien chef du gouvernement espagnol José María Aznar, l’ex-président colombien Andrés Pastrana a présenté en grandes pompes aux médias, dans les salons d’un luxueux hôtel, une « Déclaration de Panamá ». Egalement signé par d’autres ex-gouvernants latino-américains, ce texte dénonce « la grave altération démocratique et constitutionnelle dont souffre le Venezuela » et « exige l’immédiate remise en liberté des prisonniers politiques et le rétablissement des conditions nécessaires pour l’exercice des droits fondamentaux et des libertés publiques dans ce pays ». Bénéficiant d’une ample publicité, cette déclaration a été remise aux participants au Sommet, à l’Organisation des Etats américains (OEA) et à l’Organisation des Nations unies (ONU). « Nous faisons cela pour attirer l’attention de la communauté internationale sur ce qui se passe au Venezuela avec les droits de l’homme », a déclaré Andrés Pastrana.

On ne peut que se féliciter de voir d’aussi éminentes personnalités politiques – dont la liste figure ci-dessous – se préoccuper pour la démocratie et le respect des droits de l’homme à Caracas, tant les compétences et l’expérience de chacun sont dignes du plus grand respect. Qu’on en juge…

Andrés Pastrana. Président colombien de 1998 à 2002, période pendant laquelle, d’après la Commission des droits de l’homme de l’ONU, la situation des droits en question s’est considérablement aggravée, essentiellement du fait de la montée en puissance des groupes paramilitaires liés à l’armée et agissant en toute impunité dans l’ensemble du pays. La signature, avec Washington, du « plan Colombie » (sans que le Congrès national n’ait été consulté) a eu pour principale conséquence de prolonger et radicaliser le conflit armé interne.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Felipe Calderón. Personne n’aurait pu imaginer que son sexennat (2006-2012) conduirait le Mexique à une situation aussi épouvantable : sa désastreuse stratégie de militarisation de la lutte contre les narcotrafiquants a fait exploser l’usage de la torture par les forces armées, s’est soldée par 60 000 morts violentes auxquelles on rajoutera plus de 26 000 « disparitions », sans faire aucunement reculer le crime organisé. En revanche, le taux de la population vivant sous le seuil de pauvreté (moins de 100 dollars par mois) est passé de 43 % à 46 %.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Jorge Quiroga. N’a jamais été élu président de Bolivie ; vice-président, il n’a accédé brièvement à la fonction (du 7 août 2001 au 6 août 2002) que parce que le président Hugo Banzer, victime d’un cancer, a dû démissionner.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Foto: El expresidente del Gobierno, José María Aznar (EFE)José María Aznar. Chef du gouvernement espagnol du 4 mai 1996 au 17 avril 2004 ; on lui doit la « position commune » de l’Union européenne (UE) adoptée en 1996 – sanctions limitant les échanges politiques, diplomatiques et culturels avec Cuba – au nom de l’alignement sur la politique étrangère des Etats-Unis. Dès le 12 avril 2002, au nom de l’UE dont il assurait la présidence en tant que président du gouvernement espagnol (mais dont il n’avait consulté aucun dirigeant), Aznar a reconnu, en compagnie de George W. Bush, le gouvernement putschiste du patron des patrons vénézuélien Pedro Carmona, qui avait participé la veille au coup d’Etat contre Hugo Chávez. Son expertise en matière de « droits de l’homme » lui a permis de devenir conseiller de Barrick Gold, numéro un mondial dans l’extraction minière de l’or, et d’intégrer le conseil d’administration de News Corporation, l’empire de Rupert Murdoch (The Times, Wall Street Journal, Fox News, etc.).

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Eduardo Duhalde. Vice-président de l’ultralibéral Carlos Menem de 1989 à 1991, Duhalde n’a pas été élu, mais, en pleine crise de la dette, est devenu chef de l’Etat « intérimaire » de l’Argentine – nommé par l’Assemblée législative après la démission de Fernando de la Rúa – du 2 janvier 2002 au 25 mai 2003. Alors qu’il se trouvait à la Casa Rosada (la présidence), la police a réprimé brutalement les manifestants, notamment lors de ce qui est demeuré dans les mémoires sous le nom de « massacre de Avalleneda » (deux morts, trente-trois blessés par balles). Devant l’indignation populaire, il a dû organiser des élections anticipées.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Sebastián Piñera. Doté d’une fortune de 2,4 milliards de dollars, ce « Berlusconi chilien » (2010-2014), qui n’a pas hésité à faire entrer d’anciens collaborateurs du régime militaire du général Augusto Pinochet dans son gouvernement, a durement réprimé en 2011 les innombrables manifestations étudiantes – certaines d’entre elles se terminant par des centaines d’arrestations (870 le 4 août) – qui réclamaient une éducation publique, gratuite et de qualité. Contre les Mapuches – communautés autochtones qui protègent leurs terres ancestrales de l’expansion de projets d’exploitation forestière –, le pouvoir a appliqué la loi anti-terroriste héritée de la dictature de Pinochet. En vertu de l’article 269 de la loi Hinzpeter, ceux qui participaient aux « désordres de l’ordre public » ou tout autres actes de violence pouvaient être punis d’une peine de prison de 541 jours à trois ans de prison.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Álvaro Uribe. Proche du « narco » Pablo Escobar lorsqu’il était maire de Medellín (1982), principal promoteur et initiateur des Coopératives de sécurité rurale – les Convivir, ultérieurement ralliées aux paramilitaires – quand il a exercé la fonction de gouverneur de l’Antioquia (1995-1997). Ses deux mandats présidentiels (2002-2006 ; 2006-2010) ont été marqués par une succession de scandales sanglants. Dans celui dit « de la parapolitique », plus de soixante députés et sénateurs (dont son cousin Mario Uribe) appartenant à sa mouvance politique ont été mis en examen, en détention ou condamnés (trente-deux) pour leurs liens avec les narcoparamilitaires des Autodéfenses unies de Colombie (AUC). Dans le cadre des « chuzadas », le président de la Cour suprême, ainsi que de nombreux magistrats, journalistes et opposants ont été espionnés par la police politique (Département administratif de sécurité ; DAS). La pratique des « faux positifs » a vu des membres de l’armée colombienne assassiner des civils innocents – 2 700 d’après le parquet général (en septembre 2011) – afin de les faire passer pour des guérilleros morts en combat. Chef de la sécurité et homme de confiance d’Uribe au Palacio de Nariño (le palais présidentiel), le général Mauricio Santoyo, a été condamné en décembre 2012, aux Etats-Unis, à treize ans d’incarcération pour ses liens avec le narcotrafic.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Belisario Betancur. Sous sa présidence, le 6 novembre 1985, un commando du M-19 a investi le Palais de justice de Bogotá, où siégeait la Cour suprême, retenant en otage plus de 300 personnes. Alors que les guérilleros exigeaient de négocier avec le président, celui-ci refusa et l’assaut donné par l’armée se transforma en boucherie : une centaine de morts, guérilleros pour la plupart, onze juges de la Cour suprême et des employés du palais, auxquels s’ajoutent onze disparus.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Miguel Ángel Rodríguez. Président du Costa Rica de 1998 à 2002, brièvement (un mois !) secrétaire général de l’Organisation des Etats américains (OEA) en 2004, il a été condamné le 27 avril 2011 à cinq ans de prison pour corruption aggravée (un pot-de-vin de 819 000 dollars pour l’adjudication d’un contrat de téléphonie mobile à Alcatel), avant d’être acquitté en appel. Contestant cette décision, la Cour suprême l’a remis en examen en novembre 2014.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

PortraitRafael Ángel Calderón. Président du Costa Rica de 1990 à 1994. Accusé d’avoir perçu des commissions sur l’achat de matériel médical effectué en 2002 pour le compte de la sécurité sociale, il a été condamné à cinq ans de prison, pour corruption, en octobre 2009, et n’a pu prendre part, comme il le souhaitait, à l’élection présidentielle de février 2010.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Laura Chinchilla. Lorsqu’elle a quitté la présidence du Costa Rica, le 8 mai 2014, une grève générale des enseignants inondait les rues de manifestants dénonçant des retards de salaires. Il restera de son mandat le scandale qui a éclaté lorsque a été révélé que, en mars et mai 2013, à cause de l’incurie de son ministre de la Communication et du chef des services de renseignements (qui ont dû démissionner), elle a utilisé, pour un déplacement officiel, puis un voyage privé au Pérou, un jet mis à sa disposition par Gabriel Morales Fallon, un homme d’affaires colombien soupçonné dans son pays d’être lié à des trafiquants de drogue.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Óscar Arias SánchezÓscar Arias. Lui aussi ex-président du Costa Rica, il a reçu le prix Nobel de la paix en 1987 pour son rôle dans les processus de paix en Amérique centrale (Salvador, Nicaragua, Guatemala) – bien qu’il ait en permanence tenté de marginaliser le Nicaragua sandiniste. Pour éviter que l’OEA (dominée par des gouvernements de gauche et de centre gauche) ne gère la crise née au Honduras après le renversement, en juin 2009, du président Manuel Zelaya, il s’est vu confier le rôle de « médiateur » grâce aux manœuvres de la secrétaire d’Etat Hillary Clinton. Jouant la montre, il a permis aux putschistes de consolider leurs positions tout en empêchant le retour de Zelaya dans son pays avant l’organisation d’élections sous contrôle (le 29 novembre 2009) permettant de « laver » le « golpe ».

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Luis Alberto Monge. Elu président du Costa Rica en 1982. Bien que déclarant son pays neutre, il a fermé les yeux sur les activités des groupes antisandinistes en échange d’une importante aide économique des Etats-Unis de Ronald Reagan. C’est durant son mandat que l’ambassadeur américain Lewis Tamb et la CIA, avec l’appui des forces de sécurité costariciennes, ont ouvert une piste d’atterrissage utilisée pour approvisionner le Front sud de la « contra » en armes – financées par le trafic de cocaïne organisé en lien avec le cartel de Medellín par la CIA.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Osvaldo Hurtado. Vice-président équatorien, arrivé au pouvoir sans être élu, après la mort, en 1981, dans un accident d’avion, du chef de l’Etat progressiste Jaime Roldós. Candidat à trois reprises à la magistrature suprême, il a chaque fois été battu ; lors de sa dernière tentative, en 2002, il a rassemblé… moins de 1 % des voix.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Lucio Gutiérrez. Président équatorien destitué par le Parlement le 20 avril 2005, au terme d’un soulèvement populaire, il a été impliqué dans la tentative de coup d’Etat fomenté le 30 septembre 2010 par des policiers mutins contre le président Rafael Correa.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Alfredo Cristiani. Au pouvoir au Salvador de 1989 à 1994, il a été élu sous les couleurs de l’Alliance républicaine nationaliste (Arena), parti associé aux escadrons de la mort d’extrême droite fondés par le major Roberto D’Aubuisson pour étouffer toute opposition. Sous son mandat, au prétexte de lutter contre la guérilla du Front Farabundo Marti de libération nationale (FMLN), l’armée a assassiné six prêtres jésuites, dont le recteur de l’Université Centraméricaine (UCA), Ignacio Ellacuria, très impliqué dans la recherche de la paix. Pour apaiser l’indignation de la communauté internationale, Cristiani a promis que les responsables seraient jugés. La plupart seront acquittés par un jury en 1991, avant que Cristiani ne décrète une amnistie en avril 1993… quelques jours avant la publication d’un rapport d’enquête des Nations Unies démontrant la compromission des plus hautes autorités de l’armée (et des Etats-Unis). Lorsque, à New York, le 31 décembre 1992, un accord de paix a été signé avec le FMLN, Cristiani n’a pas paraphé personnellement le document.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Armando Calderón Sol. Successeur d’Alfredo Cristiani à la présidence du Salvador (1994-1999) pour le compte, lui aussi, de l’Arena dont il est l’un des fondateurs. Son gouvernement s’est essentiellement distingué par l’ampleur des « réformes » et des privatisations.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Vicente Fox. Président de Coca-Cola pour le Mexique et l’Amérique latine, il a été élu pour six ans chef de l’Etat du Mexique le 2 juillet 2000, pour le compte du Parti d’action nationale (PAN). Dans son zèle néolibéral, il a multiplié les privatisations (eau, électricité, parcs naturels, sites archéologiques, etc.), dans le contexte des méga-projets continentaux prévus par le Plan Puebla – Panama (PPP), lui-même conçu en vue de la concrétisation de la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA), chère aux Etats-Unis. Ces projets se heurtant à une vive résistance, la répression s’est déchaînée à travers la militarisation et l’émergence de groupes paramilitaires, en particulier dans les États (Chiapas, Guerrero, Michoacán, Oaxaca) où survit 80% de la population indigène.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Alejandro Toledo. A la tête du Pérou de 2001 à 2006, ennemi des entreprises publiques et continuateur des politiques néolibérales du dictateur Alberto Fujimori, qui a fui le pays, il s’est montré particulièrement complaisant avec le capital étranger. Il a terminé son mandat très impopulaire, les Péruviens lui reprochant de ne pas avoir bénéficié des fruits de la croissance alors que l’économie était au mieux depuis cinq ans. Se représentant à la présidentielle d’avril 2011 (remportée par Ollanta Humala), il n’a obtenu que 16 % des voix.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Luis Alberto Lacalle. Représentant l’aile droite du parti Blanco, partisan déclaré des politiques économiques néolibérales, il a été président de l’Uruguay de 1990 à 1995. Le 13 décembre 1992, un référendum d’initiative populaire a annulé (avec près de 75 % des voix) cinq des trente-deux articles de sa loi générale sur les privatisations, laborieusement approuvée après seize mois de débat. Le 28 août 1994, ce peuple décidément insoumis, rejettera (63 % des voix) une réforme constitutionnelle confuse prévoyant, entre autres, une réforme du système électoral et des prestations sociales.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Nicolás Ardito Barletta. Technocrate panaméen, vice-président de la Banque mondiale pour l’Amérique latine et les Caraïbes (1978-1984), vainqueur de l’élection présidentielle de mai 1984, il a été poussé à la démission le 28 septembre 1985 par le général Manuel Antonio Noriega.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Mireya Moscoso. A gouverné le Panama de 1999 à 2004 et a défrayé la chronique du fait de son goût pour les vêtements de luxe et les bijoux payés sur le budget de l’Etat. Un temps inquiétée pour l’usage irrégulier, par une fondation que dirigeaient des proches, d’un don de 45 millions de dollars effectué par Taiwan, elle a réussi à se sortir de ce mauvais pas. Proche alliée des Etats-Unis, elle a, sur demande pressante de Washington, le 26 août 2004, dernier jour de son mandat, amnistié « pour raisons humanitaires » le terroriste anticastriste Luis Posada Carriles. Arrêté alors qu’il préparait un attentat à la bombe contre Fidel Castro en visite au Panamá en novembre 2000, il avait été condamné à huit années d’incarcération. Agent de la CIA, auteur intellectuel de l’attentat contre un DC-8 de la Cubana de Aviación qui fit soixante-treize victimes, à La Barbade, en 1976, Posada Carriles vit actuellement, en toute impunité, à Miami (où réside également Mireya Moscoso).

A tous ces signataires de la « Déclaration de Panamá », regroupés au sein de l’Initiative démocratique d’Espagne et des Amériques (IDEA), s’est joint le « socialiste » Felipe González. Au sein de cette belle brochette, il ne dépare pas. Le 26 septembre 1983, alors chef du gouvernement espagnol, il a décoré l’amiral Rubén Franco, l’un des chefs de la dictature argentine (depuis condamné pour « vol de bébés »), de la Grande Croix de l’Ordre du Mérite Aéronautique. Le contre-amiral Ciro García, collaborateur du dictateur Jorge Videla, lié aux services de renseignements, recevra également de ses mains la même distinction. C’est également sous le gouvernement de González que, de 1983 à 1986, émanation du pouvoir, l’escadron de la mort des Groupes antiterroristes de libération (GAL) ont assassiné dix-sept séparatistes basques sur le sol français.

********************************

Ajouté par Marc Fievet, NS 55 DNRED, infiltré dans quelques opérations de narcotrafic organisées par le GAL.

Photo de Rafael Vera

Le financement du GAL* et des opérations terroristes du gouvernement espagnol émanait de deux sources:

-les fonds secrets qui finissaient dans les poches de Rafael Vera et autres José Barrionuevo, Miguel_Planchuelo

-le narcotrafic organisé et couvert par la « policia » et la « guardia civil » à très grande échelle sur l’Espagne et l’Europe

*: http://fr.wikipedia.org/wiki/Groupes_antiterroristes_de_lib%C3%A9ration

Lucien Aimé-Blanc a aussi fait quelques révélations sur l’implication de la France dans les activités du GAL

lire et écouter: FRANCE (RTL): Yves Calvi et Jacques Pradel ont reçu le vendredi 6 septembre 2013 : Marc Fievet, infiltré au coeur de la mafia..

******************************

« Bien que [leur ] prise de position soit purement symbolique, a commenté le politologue Daniel Lansberg-Rodriguez dans la revue américaine Foreign Policy (reprise sans une once de réflexion par Courrier International), elle contribue à démonter le récit officiel de la solidarité entre pays latino-américains face à l’impérialisme américain » Ce qui s’appelle prendre ses désirs pour des réalités. En effet, cette bande de « has been » dépourvus de légitimité pour donner des leçons à qui que ce soit a été clairement désavouée par les chefs d’Etat en exercice. Face au décret du président Barack Obama qualifiant le Venezuela de « menace pour la sécurité nationale des Etats-Unis », tant l’Union des nations sud-américaine (Unasur) que la Communauté des Etats latino-américains et caraïbes (Celac) ont manifesté un rejet unanime et, déclarant que l’ingérence des Etats-Unis dans la région « crée une très forte tension », ont réclamé son abrogation [1]. Par ailleurs, lors du Sommet des Amériques que la machine à simplifier médiatique a résumé à « l’historique poignée de main entre Raúl Castro et Obama », les pressions et interventions américaines ont été vigoureusement dénoncées par les chefs d’Etat de la Bolivie (Evo Morales), de l’Equateur (Rafael Correa), du Venezuela (Nicolás Maduro) et de l’Argentine (Cristina Kirchner), avec l’assentiment de leurs homologues continentaux et insulaires – la Communauté des Caraïbes (Caricom ; treize Etats) se distinguant dans sa solidarité avec Caracas. Enfin, et après qu’Obama ait abandonné l’assemblée plénière pour éviter d’entendre les critiques adressées aux Etats-Unis, aucune « déclaration finale » n’a été signée, faute de consensus entre « yankees » et « latinos ».

Maurice Lemoine

Maurice Lemoine : auteur de Les enfants cachés du général Pinochet. Précis de coups d’Etat modernes et autres tentatives de déstabilisation, Don Quichotte, Paris, 2015.

http://blogs.mediapart.fr/blog/pizzicalaluna/220415/quand-le-gang-des-has-been-d-amerique-latine-et-d-espagne-se-mobilise-contre-le-venezuela#comments

http://www.medelu.org/Quand-le-gang-des-has-been-d/
http://www.legrandsoir.info/quand-le-gang-des-has-been-d-amerique-latine-et-d-espagne-se-mobilise-contre-le-venezuela.html/

00000000000000000000000000000000000000000000000

Par Gérard Faure-Kapper

aplombUn avocat de la BNP m’a expliqué au bar en face du tribunal d’instance dans le quinzième, comment les avocats des banques s’enrichissent en bloquant les procédures.

Dans le cadre de conflits contre les banques, on néglige souvent le rôle de leurs avocats. Au-delà de leur mission de défense de leur cliente, ils ont monté un système très astucieux et légal, pour gonfler leur facturation.

Explication.

Vous assignez votre banque en justice. Celle-ci va confier le dossier à son avocat. A charge pour lui d’établir des « conclusions », en général une dizaine de page, qui représente la défense de la banque.

Inutile de dire que celles-ci sont toujours les mêmes et que le seul travail de l’avocat est de faire du copié collé.

Ces conclusions, il doit vous les faire parvenir dans un temps raisonnable, disons une bonne semaine, avant la date d’audience. Vous avez ainsi le temps d’y répondre.

Or, systématiquement, je dis bien systématiquement, l’avocat va les remettre la veille, si ce n’est à l’audience.

Vous n’avez donc pas le temps matériel d’y répondre et vous demandez un report d’audience.

Report d’audience ? L’avocat de la banque facture de nouveau celle-ci (environ un millier d’euros).

Vous répondez aux conclusions et les transmettez à l’avocat de la banque. Celui-ci va établir un nouveau jeu de conclusion. Nouvelle facturation pour la banque.

Et ces conclusions, il vous les remettra la veille de l’audience. Nouveau report, nouvelle facturation.

Le contenu de ses conclusions ? Très souvent hors sujet. Puis la réponse à vos conclusions ? Il modifie une phrase ou deux, mais c’est un dialogue de sourd.

Pour prendre l’exemple d’une banque, nous en sommes à 7 jeux de conclusions. Le litige était de l’ordre de 10.000€ et je sais par une taupe que la facture de l’avocat est déjà de 16.852,40€. Les banques préfèrent se ruiner en avocat plutôt que de trouver un arrangement.

Ces informations sont précieuses pour l’APLOMB. Avec la cassation du 8 juillet 2014, nous changeons toute notre stratégie d’attaque. En multipliant les procédures, les banques se ruineront en frais d’avocat et devront payer à la fin.

Source : http://antibanque.blogspot.co.uk/2014/09/un-avocat-de-la-bnp-se-lache-au-bar-et.html

APLOMB : https://susauxbanques.wordpress.com/l-a-p-l-o-m-b/

0000000000000000000000000000000000

Les services étrangers se servent eux aussi allègrement dans les données volées par la France à ses citoyens et aux internautes étrangers. Selon Le Monde, l’Agence nationale de sécurité américaine (NSA) et son homologue britannique, le GCHQ, s’adressent régulièrement à la DGSE pour récupérer des « blocs » concernant des régions du monde particulièrement surveillées par la France, dont notamment le Sahel.

Olivier Demeulenaere - Regards sur l'économie

france surveillance massive« Les services secrets volent « des milliards de données » aux Français avec la plateforme nationale de cryptage et de décryptement (PNCD), selon « Le Monde ».

C’est bien pire que ce que l’on craignait. Selon les informations du Monde, la France a mis en place depuis 2007 un système de surveillance massive qui dépasse les pires craintes des défenseurs des libertés. La plateforme nationale de cryptage et de décryptement (PNCD), installée « pour l’essentiel » dans les bâtiments du siège de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) à Paris, dispose des plus puissants calculateurs de France et intercepte puis stocke « des milliards de données françaises et étrangères ».

Gérée par la DGSE, les espions qui assurent la préservation des intérêts français hors du territoire national (en théorie…), la PNCD est aussi une source majeure d’informations pour les autres services de renseignement, tels que la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), mais aussi…

Voir l’article original 648 mots de plus

Du dogmatisme à la naïveté : un itinéraire judiciaire de gauche

La loi sur la contrainte pénale a placé, au cœur de la démocratie, un dispositif calamiteux et inutile.

Pour prétendument prévenir la récidive des majeurs et lutter contre une surpopulation carcérale qu’on a déplorée sans tenter de la réduire par des moyens qui n’auraient pas mis la société en danger.

Maintenant il s’agit, pour le pouvoir et Christiane Taubira, de se pencher – le risque est pour ce sur quoi ils se penchent ! – sur la délinquance des mineurs et des adolescents.

Le dogmatisme d’hier, avec la volonté d’imposer au peuple ce qu’il ne veut pas parce qu’il le sent, le sait désaccordé à ses attentes et à ses besoins, est remplacé aujourd’hui par une naïveté partisane. On récusait que notre monde fût sombre. On s’obstine à le concevoir rose.

La garde des Sceaux a tellement favorisé des consultations sectaires et hémiplégiques – ce qui était à droite et peu enthousiaste d’une vision à la fois compassionnelle et rigide étant écarté sans ménagement – qu’on est obligé de prendre pour un acquis ce qui devrait être une démarche normale en République : le projet de réforme va être soumis, du 5 au 13 janvier, aux syndicats et autres organisations concernés par le sujet et il n’y aura pas moins de vingt-quatre rendez-vous à cette fin.

J’espère, sans trop y croire, que l’Institut pour la justice qui a le tort, pour la place Vendôme, de ne parler qu’au nom des victimes ne sera pas à nouveau oublié (Le Figaro).

Par ailleurs, si c’est un point secondaire, il convient tout de même de saluer la création d’un « dossier unique de personnalité ».

Il aurait fallu aller plus loin et veiller, sur le fond, également pour les majeurs, à simplifier celui-ci en évitant les doublons et les approches superfétatoires. Il s’agit en effet, souvent, moins d’une pluralité intéressante de regards et d’analyses que d’une évaluation surabondante, enflée et dont la tonalité est faite d’apports quasiment identiques.

Ce double aspect positif admis, l’essentiel est marqué par ce qui demeure le vice fondamental de cette gauche persévérant dans l’erreur.

Elle défait ce qu’il aurait fallu maintenir.

Les tribunaux correctionnels pour les mineurs récidivistes de 16 à 18 ans, créés en 2011, étaient une excellente initiative de Nicolas Sarkozy et le fait que les magistrats ne l’aient pas approuvée ne la rendait pas pour autant moins nécessaire. Une circulaire de 2013 avait déjà mis fin à cette pratique et cette nouvelle juridiction va officiellement disparaître. L’idéologie sera assouvie et l’insécurité tranquillisée.

Elle invente une césure pénale qui va dissocier culpabilité et sanction.

Il paraît que des psychologues de l’enfance – on en trouve toujours au service de la cause qu’on décrète légitime – ont validé un tel processus qui semble pourtant battu en brèche par l’expérience et accessoirement par le bon sens.

En effet, ce que la transgression commise par un adolescent exige est, au contraire, une décision la plus rapide possible, qu’elle le condamne ou l’exonère. Rien de pire pour ces jeunes personnalités que l’attente, l’atermoiement, le retard, même apparemment pour d’excellents motifs. Ce que l’adulte confronté à l’autorité judiciaire perçoit déjà imparfaitement, pourquoi voudrait-on que le mineur, par miracle, l’appréhendât autrement ?

Si ce délai de six mois pouvant être prorogé de six mois sera rarement mis à profit par l’adolescent déclaré coupable, dans la majorité des cas, en revanche, ce délai aura une tonalité d’indulgence, un parfum d’atténuation anticipée et pour tout dire la déclaration de culpabilité risquera de lui apparaître comme une mesure purement symbolique puisqu’elle ne sera pas accompagnée sur-le-champ par la traduction concrète de cette dernière.

C’est mal mesurer la nature de ces mineurs au demeurant déjà singuliers, car impliqués dans une délinquance légère ou grave, que de leur octroyer un laps de temps considérable pour réfléchir et démontrer quand ils auront tendance à l’exploiter sinon pour le pire, du moins pour n’en rien faire.

Sous ces erreurs aussi bien psychologiques que techniques, se dissimule l’obsession de contrarier les évidences et de prétendre à toute force leur substituer un irénisme qui n’est ni conforme à l’évolution de la minorité depuis 1945 ni favorable à la sauvegarde de la société.

Il y avait consensus, pourtant, sur le fait que l’ordonnance de 1945, si on décidait de la modifier pour en faire « un Code de la justice pénale des enfants et des adolescents » – comme ce pouvoir adore les sigles solennels qui lui donnent l’impression d’avoir amélioré le réel ! – ne pouvait pas l’être dans un sens qui amplifierait l’éducatif au détriment du répressif. Pour le moins, il convenait de donner toute sa part à celui-ci ou, au mieux, de l’accroître.

Le projet de réforme s’applique à l’inverse en vertu d’une tendance dévastatrice qui, du dogmatisme à la naïveté, est fondée sur le même terreau : occulter ce qui crève les yeux et l’esprit, nier ce que le quotidien fait subir, plaquer sur une réalité éprouvante des concepts inadaptés, se donner bonne conscience en traitant ces « enfants et adolescents » comme si rien ne les distinguait de tous les autres.

Le premier trimestre 2015 était prévu pour l’examen de ce projet mais le calendrier parlementaire ne le permettra pas.

Il est triste de devoir compter, pour la sécurité et la justice, plus sur les embarras législatifs que sur la lucidité de nos gouvernants.

http://www.philippebilger.com/

000000000000000000000000000

Roberto Saviano, infiltré dans les archives policières, pour écrire « EXTRA PURE » par Marc Fievet (NS 55 DNRED)

Publié: 27 octobre 2014 dans 1 - Revue de presse - Journaux télévisés - Videos, 36, Cannabis, Cocaïne, DNRED, Douane, Gendarmerie, Informations générales, Justice, Narcotrafic, OCRTIS, Police, Réflexions, Secret défense, Services de renseignement, TRACFIN
Tags:, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Aviseur International

J’ai acheté ce livre voici quarante huit heures.

Je me suis précipité sur les pages qu’il consacre à Claudio Pasquale Locatelli que j’ai bien connu, Roberto Severa que j’ai connu , Loredana Ferraro que j’ai bien connue, Pasquale Ciolla que j’ai bien connu , Heidi que j’ai bien connue et que j’ai présentée à Locatelli, au magistrat Domenico Catenacci que j’ai connu et à qui Locatelli offrait mensuellement une valise d’argent et quelques sorties dans les clubs de Marbella accompagné de Skora (Tiens, il n’apparait pas dans le récit de Roberto Saviano).

Pourquoi n’a-t-il pas parlé de l’OCTRIS et du commissaire Mario Le Corff?
Pourquoi n’a-t-il pas parlé de Carlos Hernandez Rumbault?
Pourquoi n’a-t-il pas parlé des contacts pris à Zagreb avec l’aide des services officiels de Croatie?
Pourquoi n’a-t-il pas parlé des opérations menées par la GRC-RCMP? (5 TONNES 400 de cocaïne saisies sur le Cargo PACIFICO) ?
Pourquoi…

Voir l’article original 229 mots de plus

le monde à l'ENVERS

Un rapport de synthèse de la gendarmerie accrédite l’authenticité du document officiel libyen, révélé par Mediapart, sur le financement occulte de Nicolas Sarkozy en 2007. Entendu au Qatar par les juges, l’ancien chef des services secrets du régime Kadhafi, Moussa Koussa, a de son côté affirmé que le contenu du document « n’(étai)t pas faux ».

mouammar-kadhafi_sarkozy Mouammar Kadhafi & Nicolas Sarkozy

« Sur la Libye, les juges savent que les documents sont faux », a déclaré, péremptoire, Nicolas Sarkozy la semaine dernière dans Le Journal du Dimanche à propos du document officiel libyen, publié parMediapart, sur le financement de sa campagne présidentielle de 2007.

Voir l’article original 301 mots de plus

LES ACTUALITES DU DROIT

Ce 9 août 2014 est marqué par des développements très importants, que je reproduis dans la langue d’origine, pour que chacun puisse garder intact ces documents.

maja1_large

 1/ M. Saleem AL SAQQA, ministry of Justice : Palestine will not withdraw their complaint to the ICC

Palestinian Justice Minister Salim Al-Saqqa affirmed that the Palestinian complaint to the ICC against Israeli war crimes had not been withdrawn, Palestinian newspaper Al-Resalah reported on Saturday.

Several sources reported on Friday that the Palestinian Authority (PA) President Mahmoud Abbas had withdrawn the complaint under international pressure.

Al-Saqqa recognised that there is international and regional pressure on the PA to withdraw the complaint. He did not name any of the bodies exerting that pressure, but he affirmed that the complaint is still « active. »

He said that he is the only person « authorised » to deal with the complaint and he did not « withdraw » it. « I will…

Voir l’article original 565 mots de plus

conseil4

Ne pas confondre l’Etat de droit et le Droit de l’Etat

Olivier Demeulenaere - Regards sur l'économie

Les victimes, c’est-à-dire les collectivités locales et donc leurs contribuables. Une loi scélérate qui permettra aux banques françaises de ne pas assumer les conséquences de leurs actes délictueux, et à l’Etat de conserver 17 milliards d’euros frauduleux en tant qu’actionnaire de Dexia… OD

amnistie-banques-gouvernement« Alors que la justice vient de donner raison à une cinquième collectivité engagée dans un procès contre la banque Dexia à propos des emprunts toxiques, le Conseil constitutionnel, au nom de « l’intérêt général », a validé une loi d’amnistie bancaire !

Après son adoption définitive au Sénat le 17 juillet 2014, le groupe UMP à l’Assemblée nationale contestait la légalité de trois des quatre articles de la loi de « sécurisation des contrats » de prêts structurés (comprenez toxiques) souscrits par les personnes morales de droit public, en réalité une loi d’amnistie bancaire aux frais des collectivités territoriales.

La France est un pays de droit. Cependant, aussi étonnant que…

Voir l’article original 514 mots de plus

p bilgerUn présumé innocent à la tête de l’UMP ?

On ne va jamais naturellement vers l’élégance, l’allure. Ce qui y mène plus souvent tient à la volonté de porter au plus haut une certaine image de soi. On a envie de pouvoir se regarder sans honte dans la glace.

Pourquoi une telle esthétique de l’honneur ne concernerait-elle que le singulier et jamais l’esprit collectif d’un parti ?

Pourquoi l’UMP ne pourrait-elle pas, un jour, se réveiller en éprouvant l’envie, en ayant l’ambition d’être considérée, respectée tant en raison de son fonctionnement interne, de sa gestion financière, de la qualité de sa réflexion que de l’exemplarité de son chef ? Pourquoi ce parti semble-t-il actuellement si peu soucieux de redorer son blason en tenant au moins à distance celui qui ne va pas l’ennoblir en se faisant élire à sa tête ?

Avec Nicolas Sarkozy, l’incroyable est vrai et l’inconcevable certain. Rien de ce qui est non pas illicite, illégal, mais vulgaire et indécent ne lui est, ne lui demeure étranger.

Pourtant ce n’était pas rien, déjà, que de violer allègrement son engagement, au soir de la défaite de 2012, d’abandonner la politique en affichant, depuis, pratiquement jour après jour, à la fois son désir de revanche personnelle et sa détestation agissante à l’égard de quelques-uns.

Ceux qui avaient eu le front de prétendre occuper un espace qu’il estimait lui être dévolu quasiment de droit présidentiel, malgré l’élection de François Hollande que sa personnalité, pourtant, avait largement facilitée.

Mais apparemment il y aurait bien plus.

Dans les premiers jours de septembre, il fera connaître sa décision au sujet de l’UMP comme si quiconque encore ignorait ses desseins, selon sa méthode habituelle qui pratique une discrétion ostensible et feint une réserve que son ego fait sans cesse voler en éclats.

Se présenteront contre lui deux candidats qui le valent bien et que leur moralité qualifierait plus que lui pour remettre l’UMP sur la voie du redressement : Bruno Le Maire et Hervé Mariton.

Persuadé de l’emporter, Nicolas Sarkozy a osé, si on en croit Charles Jaigu et Le Figaro généralement bien informés, poser deux conditions comme si, par avance, il se considérait comme un cadeau pour l’UMP et non tel un concurrent à égalité avec les autres.

La première lui permettrait de conserver son bureau d’ancien président rue de Miromesnil et la seconde ne le priverait pas de ses conférences juteuses dont beaucoup, paraît-il, sont déjà programmées pour l’automne.

La dernière l’a vu, au Congo, empocher une énorme somme dans des conditions où l’organisateur – la société Forbes Group Summit – entretenait des liens troubles avec le président Sassou Nguesso (Mediapart).

Que l’UMP, la date venue, puisse, après avoir accepté ce double diktat – je parie qu’elle n’aura pas officiellement la moindre opposition mais grondera dans les coulisses comme d’habitude -, porter à sa tête Nicolas Sarkozy révélera à quel point ce parti s’estime peu. En consentant à se laisser diriger par un homme qui lui dictera sa ligne politique pour sa stratégie personnelle en même temps qu’il s’abandonnera à sa passion du « fric » si voluptueusement goûtée depuis plus de deux ans.

L’UMP, en tout cas pas assez fière d’elle-même pour rejeter l’emprise d’un présumé innocent englué dans des procédures qui, si elles n’aboutissent pas, façonneront cependant une étrange et délétère atmosphère pour le principal parti d’opposition classique.

On ne sait jamais, l’UMP peut encore faire, lors du moment fatidique, la fine démocratie !

http://www.philippebilger.com/blog/

000000000000000000000000000

*****************

 Que locura!

Mes coups de coeur

par Alice Bernard

Trois cents syndicalistes espagnols risquent un total de 120 ans de prison. Pour les soutenir, des milliers de travailleur se sont rassemblés dans les rues des grandes villes du pays le 9 juillet.

La suite sur : http://www.solidaire.org/index.php?id=1340&tx_ttnews%5Btt_news%5D=38709&cHash=b991ece29d07ba73c20cc6d47e61f031

Voir l’article original

Un dessin par jour

pizzaOn en apprend plus sur la garde à vue de l’ancien président. Ah oui, la pizza, on allait oublier la pizza.

Voir l’article original

Allain Jules

Isabelle Balkany Isabelle Balkany

La cour d’appel de Paris a confirmé jeudi la caution d’un million d’euros que doit payer Isabelle Balkany après sa mise en examen pour blanchiment de fraude fiscale, a-t-on appris de source judiciaire. L’élue UMP devra régler la somme avant la fin août. Elle fait partie du contrôle judiciaire imposé à l’épouse et première adjointe du maire de Levallois-Perret, Patrick Balkany, par les juges du pôle financier du tribunal de grande instance de Paris. 

Voir l’article original 158 mots de plus


%d blogueurs aiment cette page :