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Pourquoi les juifs de France veulent-ils quitter la France ?

Le terrorisme islamiste a frappé du 7 au 9 janvier 2015.

Si j’avais envie de rire après de telles tragédies, je tournerais en dérision ces propos politiques et médiatiques qui ne sont pas loin de faire du FN et de Marine Le Pen les responsables de ces dix-sept assassinats, alors que leur seul tort a été d’avoir eu terriblement raison trop tôt. Cela était impardonnable et, pour le sectarisme, justifiait l’ostracisme dont ils ont été l’objet et qui les a conduits maladroitement à défiler à Beaucaire.

Mais l’émotion est une compagne trop présente depuis ces jours horribles.

Ai-je le droit de m’interroger sur la raison pour laquelle les quatre victimes juives massacrées par Coulibaly ont été enterrées en Israël ? J’ai cru comprendre que mon questionnement était partagé par beaucoup (Le Figaro, Le Monde).

Je ne suis pas un spécialiste du judaïsme mais comme il y a dans nos cimetières des carrés juifs, je suppose que cette religion n’impose pas que l’office funèbre se déroule en Israël.

Alors que le 9 janvier le RAID et la BRI ont sauvé des otages juifs à l’Hyper Cacher, qu’une intense mobilisation a permis de mettre fin aux agissements de Coulibaly, qu’un hommage solennel a été rendu, en l’honneur des victimes juives et pour respecter leur mémoire, en présence du président de la République et de Benjamin Netanyahu, que la France a été clairement réunie pour mener ce combat contre l’antisémitisme criminel, je comprends mal pourquoi, sans qu’il faille engager une compétition entre les pays, Israël a été choisi quand notre pays avait assumé le pire et agi de son mieux pour que justice soit faite.

Le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur ont annoncé et mis en place un immense dispositif de protection et de surveillance pour les lieux juifs, écoles, synagogues, qui pourraient être attaqués. C’est normal et un consensus existe sur ces mesures. L’Assemblée nationale l’a démontré à sa manière, dignement, en ovationnant Manuel Valls et en chantant à l’unisson La Marseillaise.

Pourquoi, cependant, alors que le Premier ministre a proclamé que les Juifs de France étaient nécessaires à la France et que Claude Lanzmann a renchéri en écrivant que sans les Juifs la France ne serait plus la France, le Premier ministre israélien, qui a certes baissé d’un ton, et la communauté juive elle-même laissent-ils entendre, comme une perpétuelle menace, comme une forme de désaveu permanent, que le destin des Juifs de France serait en Israël parce qu’ils ne seraient plus en sécurité chez nous, donc chez eux (Le Parisien) ?

Je suis étonné de cette étrange volonté, à la fois, d’exiger du pouvoir tout ce qui aidera à leur sauvegarde en France – et qui pourrait être hostile à un désir aussi légitime ? – et, tout de même, de sans cesse insinuer, telle une suspicion chronique, que l’Etat français n’accomplirait pas son devoir et qu’ainsi les Juifs de France seraient condamnés à la quitter ?

On a en effet besoin des Juifs de France en France mais qu’ils ne rendent pas la lutte qui est menée pour leur tranquillité et leur intégrité, face au terrorisme islamiste, trop difficile et presque inutile en en récusant par avance les effets avec Israël brandi comme terre promise contre une France qui n’aurait pas été à la hauteur, ce qui est faux, et qu’ils ne reconnaîtraient plus (JDD).

Les actes antimusulmans, eux, continuent de se multiplier et j’ose dire que les musulmans de France qui respectent nos lois sont aussi nécessaires à la France.

Le temps des hommages, j’en suis sûr, va laisser place, maintenant, au temps de l’action.

C’est le pouvoir qui doit bouger, pas les Juifs de France.

http://www.philippebilger.com/

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https://i1.wp.com/www.lechorepublicain.fr/photoSRC/W1ZTJ1FdUTgIBhVOGwYSHgYNQDUVGFdfVV9FWkM-/manifestation-a-l-appel-de-l-union-des-etudiants-juifs-de-fr_1902788.jpeg

Le peuple de France est touché dans sa chair, un symbole a été touché : la presse ! Des journalistes ont été tués, de manière ignoble !

Alors spontanément le peuple de France se mobilise, se rassemble par milliers, par centaines de milliers; les partis politiques et les corps constitués s’activent afin de faire de ce Dimanche un rassemblement mémorable, peut-être le plus grand que notre pays ait connu.

Je tiens à le dire, je suis heureux, très heureux que spontanément la France se soit mobilisée, enfin, contre le crime odieux dont a été victime Charlie Hebdo et ces valeureux journalistes et dessinateurs avec qui, on ne partageait pas tout, mais avec qui on partageait l’essentiel , c’est-à-dire, notre soif de liberté et de démocratie.

Mais cette mobilisation, à laquelle j’adhère totalement et sans réserve, me laisse, tout de même, une tâche d’amertume dans mon cœur car quand on a tué des juifs et notamment des enfants juifs, nous n’avons pas constaté, loin de là, la même mobilisation. Cela pourrait se comprendre quand on connait la symbolique que représente une attaque mortifère contre un journal et des journalistes, mais peut-être qu’on aurait pu espérer 50%,  10%, voire même 1% de cette mobilisation spontanée lorsqu’il s’agissait de compatir avec les familles des enfants juifs assassinés, ou avec une de nos communautés nationales meurtrie dans sa chair, ou quand il s’agissait de crier sa révolte contre les émeutes anti-juives de l’été dernier, nous ne l’avons pas eue !

Je ne veux nullement ternir l’image d’unité et l’unanimisme face à la barbarie dont a été victime Charlie Hebdo. Mais je ne pouvais pas, je n’avais pas le droit de laisser passer sous silence cette réflexion.

Je le devais, non seulement, à la communauté juive de France mais surtout à nos martyrs juifs que ce soit à Toulouse, à Bruxelles ou ailleurs en France.

L’assassinat de journalistes a, certes, une résonance symbolique forte, très forte, mais l’assassinat du jeune Ilan Halimi avec une barbarie inouïe, ou celui d’enfants juifs pour la seule raison qu’ils étaient juifs, et de plus, dans le pays qui a osé rafler et déporter ses citoyens juifs pour le seul fait qu’ils étaient Juifs, n’était-ce pas là aussi une symbolique forte, peut-être encore plus forte ?

Dans la Bible, dans le livre de Samuel, Aga, Roi d’Amalec, s’exprimant face à sa mort imminente, et entendant ce déchirement suprême auquel nous sommes tous condamnés s’interroge: « Est-ce ainsi que la mort amère doit nous séparer ? » . Dans le cas présent, nous devons , bien entendu, répondre NON ! Bien sûr que NON !

Car la mort n’est pas naturelle mais cruelle quand elle frappe la jeunesse alors qu’une longue vie se dessinait devant elle, elle est atroce et odieuse quand elle frappe par la main d’un bourreau, mais elle est encore plus odieuse quand ces bourreaux assassinent des personnes pour leur idéologie, leur croyance ou leur non-croyance.

Mais pour les Juifs de France, cette phrase a un sens encore plus lourd. En effet, elle a un sens très fort quand nous apprenons soudainement que la mort de citoyens juifs fait apparaître que leur mort les sépare du reste de la France, du reste de leurs concitoyens.

En effet, on ne peut que constater que la réaction du peuple français est différenciée face à la mort de victimes innocentes, elle différencie la mort d’un Juif, de la mort d’un non-juif !

Nous avions déjà constaté qu’elle différenciait la mort d’un enfant israélien de celle d’un enfant palestinien, mais aujourd’hui, nous avons la tristesse de constater qu’elle différencie la mort d’un citoyen français juif de celle d’un citoyen français non-juif !

Ainsi, il y a tout juste un mois, après une attaque antisémite ignoble, un rassemblement républicain a eu lieu à Créteil. A peine un millier de citoyens ! Le Premier Ministre s’interrogeait et s’étonnait du manque de mobilisation des Français. Il avait raison. Mais, comme je l’avais écrit récemment, cette indifférence citoyenne ne visait que nos frères Juifs.  La situation aujourd’hui le démontre !

Nous ne pouvons pas, non plus, passer sous silence la réaction de la presse qui a été pendant des années l’incubateur de la violence qui pointe son nez aujourd’hui, en minimisant, voire en occultant ce qui se préparait sous nos yeux.

Jeudi, une jeune policière, Clarissa Jean-Philippe, 26 ans, a tristement perdu la vie en rencontrant Amedy Coulibaly qui allait faire oeuvre de boucherie contre une Ecole juive à Montrouge. La vie de cette policière a sauvé celle de nombreux enfants, et personne ne connait son nom ! Car c’était bien une Ecole Juive qui était la cible à Montrouge ! Jamais au cours de ces longues heures répétitives de reportages la mémoire de cette policière n’a été évoquée ! Les véritables héros restent dans l’anonymat ! Les médias sont-ils incapables de s’indigner pour le meurtre de ceux qui ne font pas partie de leur corps ?

Que dire encore d’un Aymeric Caron qui vient justifier devant les téléspectateurs, avec des précautions oratoires peu audibles, l’assassinat d’un Ilan Halimi ? Mais, malheureusement, il n’est pas le seul !

Et que dire encore de ceux qui se mettent aujourd’hui en première ligne pour manifester : le Parti Communiste, les Verts, le N.P.A, le Front de Gauche,… Tous ceux qui ont manifesté sous le drapeau de la Barbarie Islamique, ou qui ont levé une barricade pour protéger les terroristes en tous genres, pire qui les ont décorés quand ils étaient en responsabilité et en possibilité de le faire.

Voilà donc que les incendiaires veulent devenir pompiers bénévoles ! Et, comble du comble, le corps des pompiers les accepterait en son sein et les embaucherait dans ses rangs ! Cela est absurde et immoral !

Et à la horde de ces indésirables, voilà que le Premier Ministre Turc, Ahmet Davutoğlu, se rajoute à la fête ! Incongru et honteux que ce gouvernement turc qui a condamné Charlie Hebdo, pourchasse les journalistes indépendants et attise l’antisémitisme vienne participer à ce rassemblement !

Que penser encore de la présence dans ce rassemblement des représentants des Frères Musulmans, l’U.O.I.F, qui a été placé dans la liste des groupes terroristes par les Etats du Golfe ! Et la présence du Hamas qui feint de se joindre aux condamnations des attaques contre Charlie Hebdo, peut-être afin de renforcer son soutien aux attaques qui ont touché les Juifs de France. Ils sont les représentants de ceux qui financent l’islamisme radical qui tue non seulement les chrétiens et les juifs mais surtout les musulmans modérés !

Que penser du silence face à ce qui s’est passé jeudi et vendredi, dans les écoles et les lycées de Seine-Saint-Denis ? Le journal « Le Monde » rapporte ce qui s’est passé au Lycée Paul-Eluard de Saint-Denis et d’autres établissements et qui est inadmissible: le refus de la minute de silence et du soutien à Charlie Hebdo !

Que penser de la fête qui a été organisée dans différentes villes d’Algérie et d’ailleurs, à l’annonce de l’attaque contre Charlie Hebdo ?

Voilà toutes les questions auxquelles nous attendons des réponses concrètes avant de festoyer sur l’Unité Nationale !

En lieu et place de s’interroger sur la place du Front National dans le cortège de Dimanche, c’est à la place de ces commanditaires des assassins au sein de la République que l’on devrait se préoccuper !!!

A moins que, tristement, le rassemblement de ce Dimanche ne soit plus un rassemblement contre le terrorisme et la barbarie de l’islamisme radical mais qu’il ne se transforme en un rassemblement, inutile et illusoire, pour un « Vivre Ensemble », insipide et anesthésiant, qui ne serait alors qu’un étouffement supplémentaire du sursaut face au vrai danger qui menace la France. Il ne deviendrait alors qu’un nième slogan incantatoire à un fantasme illusoire !

Oui, pour toutes ces raisons, une tâche d’amertume fait saigner mon cœur !

Cependant, dans un infinitésimal espoir, j’appelle tous nos concitoyens à venir manifester Dimanche avec deux badges: « Je suis Charlie » et « Je suis Juif » !

Naguère, dans un contexte nettement moins dramatique, les français défilaient en criant nous sommes tous des juifs allemands !

Nous osons espérer qu’aujourd’hui nous puissions entendre dans les bruissements de nos villes et de nos villages, cette phrase qui réchaufferait le coeur d’une communauté meurtrie et désespérée par l’indifférence citoyenne: «Nous sommes tous des Juifs de France ».

Richard C. ABITBOL Président

Richard C. Abitbol

Président des associations : C.J.F.A.I (Confédération des Juifs de France et des Amis d’Israël) AGIR ENSEMBLE, pour la République, dans la République SOS VICTIMES Loge Deborah Sam Hoffenberg du B’nai B’rith Vice-Président du B.N.V.C.A (Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme) Membre du “Board of Governors du B’nai B’rith International” Membre de la Commission Israël du B.B.E Membre du Bureau de l’U.P.J.F Membre de la Commission de Lutte Contre l’Antisémitisme du Consistoire Central Ancien Président de la L.I.C.R.A Val-de-Marne

source: http://frblogs.timesofisrael.com/nous-sommes-tous-des-juifs-francais/

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À Roubaix, dans le nord de la France, comme un peu partout sur le territoire, des mots emplis de haine envers les Juifs résonnent encore.

Philippe Huguen/AFP

Mort aux Juifs ! » À Paris et dans d’autres villes françaises, ces mots emplis de haine résonnent encore. Plusieurs synagogues ont fait l’objet d’attaques, pour la première fois depuis l’affaire Dreyfus de la fin du XIXe siècle. Au sein des banlieues parisiennes, parmi lesquelles la ville de Sarcelles, pourtant connue pour son climat de tolérance religieuse et ethnique, plusieurs groupes de jeunes ont délibérément pris pour cible un certain nombre de bâtiments juifs.
Confrontée à l’escalade spectaculaire d’un populisme français opposé à l’immigration, et désormais en proie à des manifestations antisionistes (bien souvent synonymes d’une version revisitée de l’antisémitisme), la communauté juive de France est plongée dans l’inquiétude et la perplexité. Plusieurs de ses membres vont même jusqu’à s’interroger en silence sur la question de savoir s’il existerait encore pour eux un avenir au pays des droits de l’homme.

(Lire aussi : « Ils manifestent contre Israël, mais aussi et surtout contre Hollande et sa politique »)
Les Juifs de France redécouvrent ce double traumatisme qu’ils ont connu au XXe siècle : déportation vers les camps de la mort au cours de la Seconde Guerre mondiale, et exil d’Algérie à l’issue de l’indépendance du pays en 1962. Il est à prévoir que ces épisodes passés colorent – et tendent à exacerber – les émotions du présent.
Les descendants français des Juifs d’Europe de l’Est ne se sont à ce jour pas pleinement réconciliés avec un continent – celui du régime français de Vichy – qu’ils associent encore aujourd’hui à l’Holocauste, tandis que les Juifs issus du Maghreb ont tendance à déplorer le fait qu’ils demeurent, au sein même du territoire français, entourés d’« Arabes. » En effet, une proportion significative de la communauté juive du sud de la France n’hésite pas à voter en faveur du Front national d’extrême droite, qui, depuis l’avènement de Marine Le Pen, concentre sa xénophobie sur les musulmans.
Dans un contexte aussi tendu, pas étonnant que resurgisse dans la presse internationale la question de savoir si l’antisémitisme aurait fait son retour en France, après une absence de quelque soixante-dix ans. Les médias britanniques et américains soulèvent une comparaison avec l’ère nazie, certains reportages allant même jusqu’à évoquer une Kristallnacht version française, au lendemain des attaques menées contre des synagogues françaises.
Il convient de rejeter fermement un tel parallélisme, tant il s’inscrit en offense de la mémoire de tous ceux qui ont souffert de la collaboration nouée entre la France de Vichy et l’Allemagne nazie. Après avoir été arrêté par la Gestapo à Nice en 1943, mon père fut escorté par des gendarmes français en direction du camp de transit de Drancy, en banlieue parisienne, avant d’être déporté vers Auschwitz. Aujourd’hui en 2014, l’État français défend ses synagogues et dénonce toute forme d’antisémitisme.

 

(Lire aussi : « Votre arrivée en Israël est la meilleure réponse à nos ennemis »)
Mais bien que l’État français ne soit plus antisémite, l’antisémitisme existe bel et bien sur son territoire – peut-être même encore plus présent dernièrement qu’à l’époque d’avant-guerre. L’aggravation de la situation au Moyen-Orient a bien entendu joué un rôle prépondérant à cet égard, notamment au travers des images terrifiantes qui nous parviennent de Gaza. Cette guerre asymétrique qu’y mène actuellement Israël apparaît disproportionnée aux yeux d’une part majoritaire de l’opinion mondiale, et pas seulement aux yeux des Arabes et des musulmans.
De toute évidence, nul État ne saurait accepter de manière passive les tirs de roquettes destinées à frapper ses villes. Et c’est bien délibérément que le Hamas choisit de dissimuler son arsenal militaire au cœur de régions densément peuplées, sous le bouclier protecteur involontaire de civils innocents – ceux auxquels les responsables israéliens font parfois référence en tant que « non impliqués », selon une méfiance à peine dissimulée.

(Lire aussi : L’immigration des juifs de France, une nouvelle priorité d’Israël)
Il n’en demeure pas moins que la stratégie de terreur utilisée par les autorités israéliennes, censée dissuader de nouvelles attaques, ou à tout le moins restaurer un « calme » provisoire, se révèle aussi coûteuse en termes de vies palestiniennes que de soldats israéliens tués, contribuant par ailleurs à mettre à mal la sécurité des Juifs autour du monde. En France également, beaucoup d’entre eux – bien souvent en secret – expriment à la fois un amour profond à l’égard de ce qu’est Israël, et une profonde inquiétude quant à la manière dont agit actuellement Israël.
Tous s’entendent sur la nécessité de veiller à ce que le conflit du Moyen-Orient ne s’exporte pas vers la France. Mais combien sont disposés à admettre cet impact inévitable qu’engendrent les images de femmes et d’enfants palestiniens morts sur des communautés françaises se sentant proches de la Palestine de la même manière que les Juifs se sentent proches d’Israël. Si les images de Gaza semblent si fortement résonner en France, c’est en partie une simple question de chiffres : la plus importante communauté musulmane d’Europe y est confrontée à la plus grande communauté juive du continent.
Mais il ne s’agit pas uniquement d’une question de chiffres. Ces jeunes voyous qui ont attaqué des synagogues sont pour la plupart de jeunes individus frustrés et sans emploi. Ils passent leur colère sur un système qui ne les intègre pas. Ces jeunes vont jusqu’à mépriser le devoir de mémoire que voue la République à l’égard de la souffrance des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Pour eux, les horreurs du passé revêtent un caractère abstrait ; seules les horreurs du présent apparaissent palpables.
La rencontre qui s’opère actuellement entre les images du Moyen-Orient et celles de la colère des minorités musulmanes (parfois influencées par des idéologies fondamentalistes radicales) ne doit pas pour autant faire oublier l’antisémitisme français traditionnel, cet antisémitisme bourgeois à la peau blanche, qui demeure persistant et ne se terre jamais très profondément en dessous de la surface. Grâce à Internet, celui-ci commence également à émerger plus fréquemment.
L’État français fournit néanmoins tous les efforts pour réprimer et endiguer l’antisémitisme. Les comparaisons consistant à évoquer l’Europe du nazisme ne contribueront en rien à rassurer une communauté qui, malgré les différences historiques majeures opposant cette époque à la période actuelle, ne connaît que trop bien le sentiment d’évoluer au bord du précipice.

Dominique Moisi, professeur à l’Institut d’études politiques de Paris (Sciences po), est conseiller principal à l’Institut français des relations internationales (Ifri). Il est actuellement professeur intervenant au King’s College de Londres.

 

Traduit de l’anglais par Martin Morel. © Project Syndicate, 2014.

SOURCE: http://www.lorientlejour.com/article/878583/le-traumatisme-des-juifs-de-france.html

http://isranews.com/43789/le-traumatisme-des-juifs-de-france/#comment-48040

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