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Pierre Barbancey
Jeudi, 1 Octobre, 2015
L’Humanité

Alors que Mahmoud Abbas prenait hier la parole devant l’Assemblée générale des nations-Unies à New York, le drapeau palestinien a été hissé au siège DE L’ONU. Un nouvel acte symbolique de reconnaissance de L’Etat palestinien.
Photo Jewel Samad/AFP
Le président de l’Autorité palestinienne, hier devant l’Assemblée générale de l’ONU, a déclaré 
que les Palestiniens ne sont « plus liés par les accords » s’ils ne sont pas respectés.

Nations unies (New York),
envoyé spécial.

Jamais peut-être la levée d’un drapeau n’a été aussi émouvante. Pour la première fois, le drapeau rouge, noir, blanc et vert, les couleurs de la Palestine, a flotté au siège des Nations unies, à New York. Il claque maintenant, fier, au côté des 193 bannières des États membres de l’ONU et de celle du Vatican qui, comme la Palestine, a le statut d’État non membre. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, et des dizaines de responsables étrangers ont assisté à la cérémonie. Tous n’étaient cependant pas représentés, puisque la résolution autorisant le drapeau palestinien, votée le 10 septembre, a recueilli 8 refus et 45 abstentions. Les États-Unis et Israël ont voté contre, de même que le Canada et l’Australie. La France a voté pour, ainsi que la Russie et la Chine. Le Royaume-Uni et l’Allemagne se sont abstenus. Cette résolution a constitué une nouvelle étape après le vote historique de novembre 2012 à l’Assemblée générale, qui a vu la Palestine devenir un « État observateur non membre » de l’ONU. Fort de ce nouveau statut, l’État de Palestine a intégré des agences internationales et a rejoint la Cour pénale internationale. Mais il n’est pas encore devenu membre à part entière des Nations unies bien qu’il soit reconnu par plus de 130 pays.

Cette cérémonie a cependant été marquée par le discours fort et intelligent de Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne, prononcé quelques minutes auparavant. Un discours à l’allure d’une bombe politique, résultat de la lâcheté internationale et d’une complaisance jamais vue avec un État : Israël. Un discours fortement applaudi. Le premier responsable palestinien s’est d’abord appuyé sur les 70 ans de l’Organisation des Nations unies pour rappeler à ses pairs que « le problème de la Palestine n’est toujours pas résolu. C’est une injustice historique pour un peuple. Un peuple qui ne mérite pas de vivre en exil ou de passer sa vie à fuir d’un camp de réfugiés à un autre. Il est inconcevable que la question de la Palestine n’est pas été résolue après tant de décennies ». « La Palestine, qui est un État observateur non membre des Nations unies, mérite d’être reconnue comme un État à part entière », a-t-il déclaré, évoquant « les énormes sacrifices » consentis par le peuple palestinien et leur « patience au cours de toutes ces années de souffrance et d’exil ». Une patience qui est maintenant à bout.

Mettre la communauté internationale devant ses responsabilités, en rappelant la situation sur le terrain. Et surtout, en posant une question essentielle : est-ce que le vote de pays démocratiques contre les droits des Palestiniens sert la paix et la solution à deux États ou, au contraire, cela n’aide-t-il pas les extrémismes ? De manière très solennelle, Mahmoud Abbas a alors lancé un appel. « Je demande à l’ONU, à son secrétaire général, à l’Assemblée générale, d’assurer la protection du peuple palestinien. Nous en avons besoin. Nous sommes attaqués de tous côtés. Nous n’avons personne pour nous protéger. Nous vous implorons. Nous avons besoin d’une protection internationale. »

Et puis, Mahmoud Abbas en est venu aux accords d’Oslo. Des accords qui prévoyaient la création de l’État de Palestine en 1999 et soutenu par l’ensemble des pays du monde. Seize ans après, la réalité est là, terrible. « Israël est déterminée à exercer sa domination sur notre économie. Elle a sapé les fondations sur lesquelles étaient basés les accords politiques et sécuritaires. » Notamment en poursuivant sa politique de colonisation, en refusant de se retirer des zones B et C et même, en empiétant sur la zone A, pourtant sous responsabilité politique et sécuritaire de l’Autorité palestinienne.

Mahmoud Abbas, après un moment de silence a alors lancé : « Tant qu’Israël refuse de respecter les accords signés avec nous ce qui fait que notre Autorité n’a pas de réels pouvoirs, alors nous ne serons plus les seuls à rester attachés à leur mise en œuvre. Nous ne pouvons plus continuer à être liés à ces accords avec Israël. Israël devra alors prendre ses responsabilités en tant que puissance occupante. » En clair, Abbas – et avec lui l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) – ne dirigera plus les territoires palestiniens tant que les accords et les résolutions internationales continuent à être violés. « Notre patience est arrivée à bout. Israël n’écoute pas la vérité. Elle doit maintenant assumer ses responsabilités et ses devoirs. »

Pour autant, Mahmoud Abbas n’a pas fermé la porte. Il a multiplié ses appels à la paix, assuré que l’OLP poursuivra ses efforts et a même dit espérer que le drapeau palestinien, qui flotte maintenant à l’ONU, soit un jour hissé « à Jérusalem-Est, capitale de la Palestine ».

Comment les pays occidentaux notamment – eux qui, à l’exception de la Suède – ne reconnaissent toujours pas l’État de la Palestine. Mahmoud Abbas a lancé un véritable pavé dans une mare de lâcheté qui fait que près de 70 ans après, le peuple Palestinien attend toujours son État.

http://www.humanite.fr/palestine-mahmoud-abbas-reclame-une-reconnaissance-part-entiere-585449

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Le responsable palestinien Ziad Abou Eïn (G) interpelle des soldats israéliens quelques instants avant de trouver la mort, lors d'une manifestation à Turmus Ayya, en Cisjordanie, le 10 décembre 2014.
Le responsable palestinien Ziad Abou Eïn (G) interpelle des soldats israéliens quelques instants avant de trouver la mort, lors d’une manifestation à Turmus Ayya, en Cisjordanie, le 10 décembre 2014. (ABBAS MOMANI / AFP)
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Publié le 10-12-2014 à 13h41Mis à jour à 15h21

TOURMOUS AYA, Cisjordanie, 10 décembre (Reuters) – Un ministre de l’Autorité palestinienne est décédé mercredi peu de temps après une altercation avec des gardes-frontières israéliens en Cisjordanie, lors de laquelle un soldat l’a attrapé par le cou.

Ziad Abou Ein, 55 ans, ministre sans portefeuille dans le gouvernement du président palestinien, Mahmoud Abbas, participait à une manifestation contre des implantations israéliennes lorsqu’il s’est trouvé mêlé à des échauffourées impliquant une trentaine de militaires israéliens et des gardes-frontières, a constaté un journaliste de Reuters.

Un garde-frontière l’a alors attrapé par le cou et l’a brièvement tenu d’une main. Quelques minutes après, le ministre s’est effondré en se tenant la poitrine. Il est décédé lors de son transport vers la ville voisine de Ramallah.

On ignorait dans l’immédiat les causes exactes de sa mort.

Mahmoud Abbas a qualifié la mort d’Abou Ein « d’acte barbare qui ne peut être ni toléré, ni accepté ». Il a décrété trois jours de deuil national et a promis de prendre « les mesures nécessaires » au terme d’une enquête.

L’armée israélienne a dit étudier les circonstances de l’accident et un porte-parole du Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré que les faits ayant conduit au décès du ministre palestinien faisaient l’objet d’investigations.

Ce décès intervient dans un contexte de regain des violences entre Palestiniens et Israéliens depuis plusieurs semaines notamment autour de l’Esplanade des mosquées, troisième lieu saint de l’islam, à Jérusalem-Est.

Ziad Abou Ein avait été condamné pour le meurtre de deux jeunes Israéliens dans un attentat à la bombe en 1979 puis libéré dans le cadre d’un échange de prisonniers en 1985.

Mercredi, avec une centaine de militants étrangers et palestiniens du Comité de résistance à la colonisation, une organisation gouvernementale palestinienne qu’il dirigeait, il participait à une marche pour aller planter des arbres près d’une colonie de peuplement lorsque le cortège a été arrêté à un point de contrôlé improvisé, ont rapporté des témoins.

Peu avant de décéder, Ziad Abou Ein a parlé à des journalistes de télévision pour dénoncer, d’une voix essoufflée « le terrorisme de l’occupation » visant le peuple palestinien.

« Nous sommes venus planter des arbres en terre palestinienne et ils nous attaquent immédiatement. Personne n’a jeté la moindre pierre », a-t-il dit.

Les commerçants de Ramallah ont fermé leurs boutiques en signe de protestation et des jeunes ont lancé des pierres en direction des forces de sécurité israéliennes protégeant une colonie en périphérie de la ville, ont dit des sources des services de sécurité palestiniens. (Ali Sawafta et Mohammed Torokman; Pierre Sérisier et Marc Angrand pour le service français)

source: http://www.challenges.fr/monde/20141210.REU2298/lead-1-deces-d-un-ministre-palestinien-lors-de-heurts-en-cisjordanie.html

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Cinq Israéliens ont été tués mardi matin dans l'attaque d'une synagogue à Jérusalem par deux Palestiniens qui ont été abattus par la police, a affirmé une porte-parole de la police.

Deux hommes armés de couteaux et de hachoirs ont tué quatre Israéliens mardi matin dans un quartier ultra-orthodoxe de la ville. Le premier ministre israélien accuse le Hamas et Mahmoud Abbas.

Quatre Israéliens ont été tués et six autres blessés, mardi matin, lors d’une attaque conduite par deux Palestiniens dans un quartier résidentiel de Jérusalem-Ouest. Munis de hachoirs, de couteaux et d’une arme de poing, ceux-ci ont pénétré vers 7h15 dans la synagogue Bnei Torah de Har Nof, où une trentaine de fidèles étaient rassemblés pour la prière du matin. Des coups de feu ont retenti, provoquant l’intervention des forces de l’ordre. Une fusillade a alors éclaté, lors de laquelle les deux assaillants ont été blessés tandis qu’un policier a été touché d’une balle dans la tête.

«Lorsque je suis arrivé, un homme portant un châle de prière ensanglanté était assis sur les marches de la synagogue, raconte Akiva Pollack, l’un des premiers secouristes dépêchés sur place. Il m’a dit qu’on lui avait tiré dessus mais, en soulevant sa chemise, j’ai découvert plusieurs coupures très profondes. Quelques mètres plus loin, je suis tombé sur un corps étendu dans une mare de sang. C’est alors que les terroristes se sont mis à tirer et que j’ai dû me mettre à l’abri. Quelques instants plus tard, un policier s’est effondré à côté de moi. Je l’ai intubé et nous l’avons transféré à l’hôpital Shaare Tzedek.»

Shlomo Benlolo, un habitué de cette synagogue, a assisté à l’intervention de la police depuis son balcon situé de l’autre côté de la rue. «J’aurais dû prendre part à cette prière, glisse-t-il, à l’évidence bouleversé, mais je ne me sentais pas très bien – si bien que ma femme m’a conseillé de rester à la maison.» Des cris, puis une série de détonations, l’ont cependant mis en alerte. «Par la fenêtre, j’ai vu des gens qui couraient dans tous les sens. Jamais je n’aurais pu imaginer qu’une chose pareille arriverait dans un quartier aussi paisible…»
Une banlieue résidentielle majoritairement peuplée de juifs ultraorthodoxes

Posé sur une colline boisée à l’écart du centre de Jérusalem, Har Nof est une banlieue résidentielle majoritairement peuplée de juifs ultraorthodoxes. «On s’y sent d’autant plus en sécurité que plusieurs députés du parti Shas [formation ultraorthodoxe séfarade], toujours accompagnés de leurs gardes du corps, habitent à proximité», explique Ezra Batzri, un étudiant inscrit dans le séminaire talmudique voisin. Vu de Har Nof, les heurts incessants entre émeutiers palestiniens de Jérusalem-Est et forces de l’ordre semblent bien loin. «S’ils attaquent jusqu’ici, c’est que plus aucun endroit n’est sûr», soupire Sarah Abraham, une Franco-israélienne qui a emménagé il y a un peu plus d’un an.

L’attaque de la synagogue Bnei Torah constitue l’événement le plus meurtrier depuis que l’enlèvement et le meurtre de trois étudiants juifs, suivi par celui d’un adolescent palestinien, ont déclenché début juillet une vague de violences à Jérusalem. «Nous venons de franchir un seuil dans l’horreur, dénonce Uri Maklev, député du parti ultraorthodoxe Torah unifiée et vice-président de la Knesset. Les monstres qui ont fait ça voulaient tuer des juifs en train de prier. Il est temps que le gouvernement révise sa doctrine pour mieux nous protéger des arabes de Jérusalem-Est.»

Sitôt les deux meurtriers identifiés, la police israélienne a perquisitionné leurs domiciles dans le quartier de Jabal Moukaber, à Jérusalem-Est. Des heurts entre jeunes Palestiniens et forces de l’ordre ont alors éclaté. Selon leur entourage, Ghassan et Odeih Abou Jamal, deux cousins âgés respectivement de 32 et 22 ans, étaient ouvriers dans le bâtiment. L’aîné était marié et père de trois enfants. «Ce sont les assauts répétés des Israéliens contre la mosquée al-Aqsa, ainsi que les conditions de vie faites à notre peuple, qui les ont poussés à commettre cet acte», explique Soufian Abou Jamal, l’oncle des deux hommes, qui refuse de condamner leur équipée meurtrière.

Nir Barkat, maire de Jérusalem, a dénoncé «des meurtres bestiaux, commis avec des couteaux de boucher», avant de pointer un doigt accusateur vers les responsables palestiniens. «C’est le chef de l’Autorité palestinienne, avec ses alliés du Hamas et du Djihad islamique, qui sème dans les esprits la haine et l’envie de tuer», a-t-il déploré. Au même moment, le président Mahmoud Abbas condamnait «l’attaque contre des fidèles juifs dans leur lieu de culte, ainsi que les meurtres de civils, quels qu’ils soient». Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a pour sa part promis de «répondre avec une poigne de fer à ce meurtre de juifs». Première illustration concrète, le ministre de la Sécurité intérieure a annoncé que les autorités entendaient lever certaines restrictions sur le port d’armes afin de renforcer l’autodéfense. Une mesure qui concernerait les Israéliens déjà détenteurs d’un port d’armes.

http://www.lefigaro.fr/international/2014/11/18/01003-20141118ARTFIG00173-attaque-meurtriere-dans-une-synagogue-de-jerusalem.php

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