Articles Tagués ‘Jean Dominique COMOLLI – Ex D.G des Douanes’

NARCO-BUSINESS: l’implication du pouvoir… et des banques.

Les généraux sont en cause, on l’a vu. Mais pour mettre à l’abri leurs fortunes longuement amassées, ils ont dû faire appel à des banques. Celles du blanchiment, qui sont bien entendu les mêmes que celles des trafiquants. La coke, et l’argent qu’elle génère, corrompt tout (*), au plus haut niveau. Jusqu’aux chefs d’Etat, parfois, ou bien leur famille, comme en Colombie. A ce stade, il n’y a plus à parler d’éthique. C’est à celui qui va empocher la mise le premier, car le flux est tel que tout le monde en profite. Devant cette chienlit qui envahit tous les rouages d’un Etat, certains se lèvent et résistent, comme un certain juge, qui, en France, avait fait front devant les mafieux. Son équivalent hondurien, Julian Aristides Gonzalez, a connu hélas le même sort… mais depuis quelque temps, ça se lézarde, et des rats quittent le navire vénézuélien. Et viennent raconter, une fois avoir mis leur famille à l’abri, les turpitudes d’un régime qui parle un double langage constant.

Un document implacable

Un excellent rapport de mai 2011 de l’ OFDT (**), signé David Weinberger, de l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ) nous dresse un tableau éloquent de la tendance générale du circuit de cocaïne désormais autour du Venezuela : « depuis 2005 et 2006, du fait des bouleversements régionaux susmentionnés, les États vénézuéliens du Zulia, du Táchira mais surtout d’Apure, limitrophes de la Colombie, deviennent ainsi, les principaux lieux de départ de la cocaïne colombienne vers le marché nord-américain, notamment au moyen du vecteur aérien. Si le crash d’un DC9 à Playa del Carmen avec 5,5 t de cocaïne à son bord en 2005 a marqué les esprits, il n’en reste pas moins exceptionnel car le trafic par les airs est majoritairement le fait de petits avions qui ne rejoignent que très rarement le Mexique sans escale. Ils atterrissent généralement dans des zones où l’espace aérien est moins contrôlé, comme en République Dominicaine et Haïti jusqu’en 2009, puis au Honduras, au Guatemala, au Costa Rica ou au Belize. » Exactement ce que je vous ai décrit ici en de multiples épisodes de la série « Coke en Stock » ! « Ces États, dotés de faibles moyens, sont désormais profondément déstabilisés par la mainmise partielle des organisations criminelles, notamment mexicaines, qui acheminent la drogue vers le nord par la voie terrestre ou maritime ». L’emprise de l’argent de la coke devenant le principal levier de corruption des hommes politiques dans ces pays.

Des avions, mais aussi des bateaux et des containers

Car il n’y a pas bien sûr que les avions pour transporter la drogue : « cependant, le moyen le plus usité reste celui des containers. Ceux-ci partent des grands ports vénézuéliens comme Maracaibo pour acheminer la drogue dans le monde entier, notamment vers le Panama et le cône sud du continent américain. Selon l’ONUDC, plus de la moitié de la drogue saisie en 2013 au Brésil proviendrait du Venezuela. Mais les portes-containers transitent généralement aussi en Colombie et il est donc difficile d’identifier le lieu précis de chargement de la drogue. Hormis ces routes, l’ONUDC observe, depuis 2005, une nette augmentation du trafic transatlantique destiné à l’Europe en provenance du Venezuela. Jusqu’en 2009, de nombreuses saisies maritimes ont été opérées, comme celle du Doña Fortuna arraisonné au milieu de l’Atlantique avec cinq tonnes de cocaïne (un petit bateau de pêche (ici à droite) ayant contenu 5 tonnes de cocaïne d’une valeur de 250 millions d’euros. En 2009, une frégate anglaise, l’HMS Iron Duke, avait arraisonné le MV Cristal (à gauche) au large des Caraïbes, il contenait lui aussi la même quantité en 212 ballots de cocaine de 26kg chacun..) ,  « mais depuis 2011 plus aucune saisie maritime majeure n’a été réalisée. Il semblerait que les trafiquants privilégient aussi les routes transatlantiques aériennes par avions privés au départ du Venezuela. La saisie la plus médiatisée est sans nul doute celle surnommée « Air Cocaïne », concernant un Boeing 727, chargé de plusieurs tonnes de drogues, retrouvé incendié au Mali en 2009  (c’est le point de départ fondamental de toute cette série !). Les radars vénézuéliens avaient détecté l’avion entrant dans l’espace aérien vénézuélien, avant de perdre sa trace dans la région d’Apure où vraisemblablement le Boeing a pris possession du chargement illicite. L’aéronef fut de nouveau observé au niveau de Valencia se dirigeant vers l’Atlantique. Fait notable, les pilotes vénézuéliens, deux frères, se trouvaient aussi à bord de l’avion retrouvé à Playa del Carmen (qui avaient donc été relâchés ou avaient bénéficié de complicités dans la police mexicaine…). Et ce n’est pas un cas isolé puisque nombre d’avions s’envolent depuis les aéroports côtiers du Venezuela vers l’Afrique mais aussi directement vers l’Europe. Ainsi, en 2011, les pilotes d’un jet privé ont été obligés par une dizaine de membres de la Garde nationale vénézuélienne de transporter 1,2 t de cocaïne qui a été interceptée aux Iles Canaries (Espagne). C’est le fameux Gulfstream 9H-FED Global Express 9234 qui a été ici l’objet ici d’une étude plus approfondie dans l’épisode précédent). » Partant des zones de stockage à la frontière colombienne, la cocaïne est chargée dans les aérodromes de Valencia et Barcelona, ou dans les ports de Maracaibo, La Guaira et Puerto Cabello. Les avions et les navires traversent alors l’Atlantique pour atteindre l’Afrique de l’Ouest, en passant notamment par l’archipel des Bijagos (Guinée-Bissau) et le Cap-Vert : cette route est surnommée l’« autoroute 10 » car elle longe approximativement la latitude 10″… l’autoroute maritime ou aérienne de la drogue !!

 

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CASH Investigation a téléchargé une nouvelle vidéo.

Teaser J-3 CASH Investigation – mardi 7 à 20h45 sur France 2
« Industrie du tabac : la grande manipulation »

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Le quinquennat qui a laissé mourir les fumeur

Publication: 05/04/2012 07h08 CEST Mis à jour: 04/06/2012 11h12 CEST

Dans le domaine du contrôle du tabac, première cause de mort évitable en France avec 200 décès ce 4 avril 2012 comme chaque jour de l’année, la France vient de vivre la magistrale démonstration de l’influence du président de la République sur les politiques de contrôle du tabac en faisant alterner le meilleur et le pire dans les décisions et dans les conséquences sanitaires et financières de ces décisions.

Le quinquennat qui sauve

La France a connue de 2002 à 2007 avec le quinquennat de Jacques Chirac un des meilleurs résultats du contrôle du tabac jamais observé dans le monde. Ce changement s’est fait dans le calme à l’exception de quelques manifestations de buralistes, plutôt plus, que moins, pilotées par l’industrie du tabac, alors que globalement les revenus que les buralistes tiraient du tabac continuaient à augmenter. Si dans d’autres domaines le quinquennat de Jacques Chirac n’a pas été un modèle, il fut exemplaire dans le domaine du tabac grâce à sa résistance ferme aux lobbyistes du tabac.

Le quinquennat qui laisse mourir

Le quinquennat 2007-2012 de Nicolas Sarkozy a permis au président d’apporter des réformes indispensables à la France que ses prédécesseurs n’avaient pas su imposer. En revanche, la politique objectivement opposé à la réduction du tabagisme du quinquennat a été une catastrophe que des milliers de français payent dans leurs corps et leurs vies.

Là encore les résultats en témoignent: une politique catastrophique en termes de contrôle du tabac donnent des résultats implacables, prenant la vie à une dizaine de milliers de français qui auraient pu être sauvés si on avait seulement repris en France la politique d’avant 2002 et le premier plan cancer. Dans le même temps la politique de Nicolas Sarkozy va enrichir les buralistes qui auront par exemple entre 2007 et 2011 reçu en cumulé 1 milliards d’euro de plus pour vendre le même nombre de cigarettes et offrir des cadeaux à l’industrie du tabac qui va elle aussi recevoir un milliard de plus que sous le quinquennat précédant.

Les lobbies du tabac au cœur du pourvoir

La seule explication plausible à cette différence caricaturale entre 2 présidents qui avaientt la même majorité, ont partagé longtemps le même ministre de la santé, est la réponse faite au lobbying du tabac. En 1995 Nicolas Sarkozy, ministre du Budget avait travaillé lors de privatisation de la Seita avec Vincent Bolloré. A cette époque un certain Jean Dominique Comolli était directeur général des douanes et un certain Frédéric Lefèvre était depuis longtemps son conseiller. Certains la qualifiaient déjà de « porte flingue de Sarkozy ».

Vincent Bolloré et Nicolas Sarkozy, des amis de 25 ans

Vincent Bolloré après une plus-value de 85 millions en 5 ans sur l’achat de 5% de la Seita alors que Nicolas Sarkozy était ministre du budget aura une plus-value de 200 millions d’Euros sur les seules parts rachetés à la Seita en moins d’un an sur la filiale africaine Coralma. Cette plus-value a permis à Vincent Bolloré d’acheter une magnifique bateau pour 3 millions d’euros, de la retaper pour 5 millions et vous connaissez la suite de l’histoire de ce Paloma qui a accueillera Nicolas Sarkozy en mai 2007 et qui aura marqué le début du Quinquennat.

Jean Dominique Comolli au cœur des liens d’intérêts entre Bercy et les cigarettiers

Entre 1995 et 2007, Jean Dominique Comolli est passé de la fonction de directeur général des douanes à celle de PDG de la Seita, puis co-président d’Altadis lors de la fusion de la Seita avec le groupe espagnol Tabacalera, puis vice-président d’Imperial Tobacco lors du rachat d’Altadis par Imperial Tobacco. Tout en étant administrateurs de ces multinationales du tabac, il gardera des bonnes relations avec Bercy. Fin 2010 Nicolas Sarkozy le nomme à nouveau à Bercy pour diriger les participations de l’Etat (dans les sociétés) et il est administrateurs d’un très grand nombre de sociétés nationalisées au nom de l’Etat, SNCF, Areva…, y compris l’Opéra-comique!

Ainsi avec une bonne dose d’humour noir, chacun peut être rassuré, il n’y a pas de problèmes de communication entre l’industrie du tabac et Bercy. Pensons comme nos responsables des finances aux 11 milliards de taxes que le tabac rapporte en droits d’accises, ne pensons pas aux 18 milliards du cout du traitement de ces maladies ou aux 47 milliards du coût social global du tabac pour la France.

Fréderic Lefebvre, un lobbyiste conseiller devenu député, puis ministre des buralistes

Fréderic Lefebvre a participé de 1993 à 1995 la privatisation de la Seita. Dès 1996, quand Nicolas Sarkozy, sans poste, ne pouvait l’occuper qu’à mi-temps il a créé la société Pic Conseil communication, puis d’autres sociétés de lobbying. Pic assurait le lobby de tabac, en particulier d’Altadis. Avec Pic, Fréderic Lefebvre aurait selon la presse en particulier participé au lobbying contre le décret Bertrand d’interdiction de fumer alors que Nicolas Sarkozy était ministre de l’intérieur, et que bizarrement Pic conseil avait à disposition une secrétaire, une ligne téléphonique et un bureau au ministère de l’intérieur. Frédéric Lefebvre dit avoir abandonné tout revenu de cette société de lobbying mais il apparait dans les comptes de ses sociétés 200.000 euros en sa faveur en 2006 en disant que ce n’est que du revenu du capital et non des salaires!

Si la présidence montre l’exemple, les ministères et les assemblées suivent

Le ministère de la Justice essaye par exemple d’introduire un cavalier dans une loi pour organiser la quasi impunité pénale pour les délinquant du tabac Les députés suivent l’exemple discutant la commercialisation du Snus, la fin des subventions aux associations, l’autorisation de placer le tabac dans les publicités « artistiques », l’assouplissement de l’interdiction de fumer, etc.

Il faut sans retard reprendre le contrôle du tabac qui a prouvé son efficacité

Chaque jour perdu dans le contrôle du tabac représente 130 millions d’euros dépensés, chaque jour perdu équivaut à 200 morts supplémentaires en France. Le contrôle du tabac doit repousser les lobbies du tabac et trouver un pilote en France, par exemple un haut-commissaire au contrôle du tabac, à l’image de celui de la sécurité routière comme le propose le rapport remis en mars 2012 par Yves Bur au ministre de la santé (1).
Monsieur les candidats à la présidentielle dites aux français qui sont 70% a vouloir un renforcement du contrôle du tabac ce que vous allez faire durant le prochain quinquennat et donner votre réponse à l’Alliance contre le tabac qui vous a interrogé pour répondre avant le 11 avril.

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(1) Yves Bur: Propositions pour une nouvelle politique de lutte contre le tabac. Rapport remis au ministre du Travail et de la santé en 2012.

A lire : La république enfumée : Les lobbies du tabac sous Chirac et Sarkozy, du meilleur au pire, par le professeur Bertrand Dautzenberg, OFT-entreprise 2012, Paris, 20euros, www.ofta-asso.fr

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Solidarité Ouvrière

Ouest France, 11 septembre 2014 :

Ils ont obtenu quelques avancées en matière d’indemnités, mais veulent continuer à négocier. Ils occupent le terrain en attendant une rencontre à la préfecture.

Après le coup de tabac de mardi qui s’est traduit par la destruction d’un stock de filtres et de cigarettes, les salariés de la Seita occupent le site dont la fermeture est programmée en janvier 2015. Bilan de la casse : 327 emplois.

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