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Attali craint une Troisième Guerre mondiale

Jacques Attali (https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Attali) fut conseiller de Mitterrand, est un observateur attentif des évolutions stratégiques et inspire une double expo à Paris et Bruxelles. Souvent à contre-courant, il craint une 3ème guerre mondiale.

Analyse de Michel Collon.

La longue interview d’Attali au Soir contient trois thèmes-clés que nous allons analyser un par un :

1° Il est pour la liberté de circulation des migrants et réfugiés.

2°Il craint une Troisième Guerre mondiale très « probable » mais inquiète aussi en disant : « Il y a des moments où la guerre est nécessaire. »

3° Il appelle les citoyens à réagir pour plus de « fraternité ». Sur certains points, nous pouvons le rejoindre, sur d’autres nous pensons que son diagnostic est faussé et donc aussi ses solutions.

A contre-courant du refrain général en Europe occidentale « Nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde. », Attali souligne l’hypocrisie de ce refrain : « A partir du moment où on admet que les libertés sont fondamentales, la première liberté, c’est celle de circulation. » Rappel salutaire.

Mais il poursuit : « Et donc les gens vont venir et c’est très bien. Il faut se doter des politiques d’intégration et ces gens-là vont faire de l’Europe la première puissance du monde. » Là, on suit moins : le but de cette « générosité », c’est que l’Europe devienne plus forte que ses rivaux ?

lire sur http://www.michelcollon.info/Attali-craint-une-Troisieme-Guerre.html

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Originally posted on triton95:

 Un penseur atypique et salubre

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La confusion la plus totale semble régner dans les partis politiques français  sur la nature et l’urgence des réformes à mener ; et les lignes de clivages ne sont plus celles d’antan.
Pour le comprendre, il faut  replacer ce débat  dans un cadre plus vaste : Partout dans le monde, on voit lentement bouger, dans la pratique des gouvernements, les frontières entre la gauche et la droite, sans que les  partis, les doctrines et les programmes ne veuillent l’admettre : comme souvent, la pratique précède la doctrine et l’invente.
Certes, il y a toujours d’un côté les puissants et de l’autre les faibles ; d’un côté les riches et de l’autre les pauvres ; d’un côté ceux qui disent que les pauvres n’ont qu’à s’en prendre qu’à eux-mêmes s’ils le sont ; et de l’autre ceux qui soutiennent que l’avenir des pauvres passe par leur prise du pouvoir  politique.
Malgré ces constantes universelles, on assiste  partout,  à d’étranges glissements de frontières :   on voit, à droite,  des gens proposé de renforcer l’État,  au lieu de l’affaiblir ; et, à gauche, des gens proposer de démanteler les rentes,  mêmes quand elles se dissimulent sous le nom  d’ « avantages acquis ».
En Europe,  en particulier, on sent bien qu’il y a des conservatismes dans les droites et dans les gauches ; qu’il y a dans les deux camps  des gens qui pensent que c’était mieux avant et d’autres qui croient que le changement peut être porteur de mieux être.
Cette mutation s’explique très largement par  l’apologie universelle de la liberté individuelle, qui détermine très largement les idéologies, comme les  technologies ;  et qui porte ravages et promesses. Auxquelles chacun réagit à sa façon.
De fait, une nouvelle dualité est en train d’apparaitre, qui ne remplace pas le clivage ancien, mais  qui s’y superpose. Entre ceux qui veulent le mouvement et ceux qui préfèrent le statuquo. Entre les nomades et les sédentaires.
Selon cette grille de lecture, les rapprochements sont explosifs, de l’extrême gauche à l’extrême droite d’une part ;  du centre gauche au centre droit d’autre part.
C’est  d’abord vrai en matière de géopolitique, avec des  peuples remettant en cause de plus en plus fréquemment les frontières  des nations. C’est aussi vrai en matière de défense, où nous avons construit nos armées autour de la perspective d’avoir à combattre des nations,  alors que nous affronterons de plus en plus des  ennemis sans territoire. C’est aussi vrai en matière d’économie, où tout devient de plus en plus nomade, flexible, précaire, changeant.
On peut préférer hier à demain ; mais l’avenir l’emporte toujours sur le passé ; le sédentaire est toujours battu par le nomade, qui apporte le neuf  ou qui  part le chercher ailleurs, si on ne l’accueille pas.
Le choix d’avenir est donc d’encourager à prendre des risques,  en y  préparant les plus jeunes et en protégeant tous contre l’échec, plutôt que de tout faire pour éviter d’en prendre.  Pour cela, l’État doit protéger et inciter ; plus de sécurité et plus de flexibilité : comme toujours, le ET est mieux que le OU. En particulier,  il  faut une politique industrielle tournée vers le soutien à la création d’entreprises et à l’innovation, plus qu’à la préservation de l’existant,  en considérant la formation des chômeurs comme une activité socialement utile méritant rémunération.
C’est exactement ceux à quoi on assiste  déjà dans les social-démocraties les plus avancées, qui n’ont pas honte d’organiser  à la fois des transferts sociaux considérables et  la flexibilité de leur marché du travail ;  pour libérer la croissance ; pour aider chacun à devenir soi, tout au long de sa vie.
C’est une tâche immense, qui suppose un État fort (en particulier  en reprenant des missions imprudemment décentralisés) et beaucoup de  dépenses publiques, (pour assurer l’égalité de tous devant l’éducation, la santé, le logement, l’accès à l’art, et à la famille) en même temps qu’une concurrence beaucoup plus grande et une  flexibilité absolue. Le meilleur du libéralisme et de la social-démocratie.
Pourquoi s’en priver ? Parce que ce n’est pas politiquement correct ? Qui y perd ? Les partis, et tous ceux, qui , comme eux, vivent de rentes. C’est-à-dire tous ceux qui s’accrochent à leurs privilèges et abandonnent les jeunes générations. C’est parce qu’on n’a pas osé cela qu’on croit  qu’il ne reste plus qu’à tomber dans les bras des extrêmes.
j@attali.com

sources:

http://blogs.lexpress.fr/attali/2015/03/09/penser-autrement-la-droite-et-la-gauche/
https://bramemagazine.wordpress.com/2015/03/09/penser-autrement-la-droite-et-la-gauche/
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Jacques Attali a-t-il basculé du côté obscur de la force ?
BERNARD.BISSON/JDD/SIPA

BERNARD.BISSON/JDD/SIPA

Dimanche 14 Décembre 2014 à 05:00

Omniprésent dans les médias pour faire la promo de son dernier ouvrage, Jacques Attali, tel un phare dans la nuit, n’est interrogé que sur la politique gouvernementale. En cette fin d’année, « Marianne » s’est donc imposé une épreuve : lire « Devenir soi », son best-seller du moment. L’ancien conseiller de François Mitterrand s’y donne le rôle de coach universel de l’humanité, ultralibéral et un peu bouddhiste. La politique ne peut plus rien pour vous ? Attali a la solution à tous vos problèmes ! Une lecture loin d’être indispensable.

On avait connu Jacques Attali en sherpa de François Mitterrand, puis cher — très cher — président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), fondateur de Planet finance, mais aussi chef d’orchestre, essayiste un peu plagiaire, rédacteur de rapports pour Sarkozy, conseiller officieux d’Hollande et tout récemment tuteur légal d’Emmanuel Macron. On le retrouve dans son dernier livre en coach new age, tendance bouddhiste 2.0.

Dans Devenir soi, Attali endosse son costume à col mao de gourou universel. Il tente de définir une nouvelle forme de spiritualité du mieux-être libéral, sans aucune contrainte, alliant les objectifs d’enrichissement financier et spirituel. Un « ultralibéralisme bouddhiste » de bazar adapté à la mondialisation pour les gens « qui n’en veulent » mais qui ont du mal quand même. Et c’est la faute à qui ? A l’Etat pardi, répond Attali.

« Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays » disait Kennedy. Au président américain, Attali répond : « Demandez vous ce que vous pouvez faire pour… vous ». L’individualisme extrême prônée par Attali conduirait sans doute rapidement à l’état de Nature, soit la lutte de tous contre tous. Pour tempérer la sauvagerie humaine de l’individu motivée par sa seule réussite, Attali fait donc intervenir la religion la plus tendance du XXIe siècle : le bouddhisme, érigée de façon largement fallacieuse par nos élites paresseuses en religion de la paix et de la tolérance. A charge au bouddhisme d’édicter des règles de vie dans ce monde anarchique.   

Derrière cette ode à l’entrepreneuriat individuel teintée d’éveil spirituel low cost  pour calmer les bas instincts, Attali remet au goût du jour, sans jamais le citer, un courant philosophico-spirituel qui eut son heure de gloire aux Etats-Unis au milieu du XIXe siècle : le transcendantalisme prônait la réforme de soi selon l’idée que seul l’individu, et non la société, est capable d’une authentique réforme. Un individualisme extrême dirigé par des « lois supérieures », en connexion permanente avec la nature, sur fond de critique radicale de la modernité et de désobéissance civile, le tout saupoudré de techniques de méditations asiatiques, essentiellement bouddhistes et hindouistes. Une croyance en l’unité du monde et l’accomplissement personnel dans la solitude, hors de toute société organisée. Le transcendantalisme influencera notamment la beat generation et les mouvements hippies, sans échapper à une dérive mystique.

Adapté au monde globalisé, Attali signe en fait l’acte de décès à venir de l’Etat républicain, et la fin de toute ambition d’unité nationale. Sans remords, ni regrets. Au contraire, pour lui, cela sonne comme une libération. La trajectoire de notre coach universel est, en théorie, cohérente. Après des années de soutien à la destruction de la régulation étatique, Attali invite à ne compter que sur soi-même. L’auteur dresse en effet un tableau très sommaire et complètement apocalyptique de l’époque : les dérives du progrès technique, la pollution, les guerres, le chômage, la criminalité, la « somalisation » du monde, « le Mal semble partout l’emporter », assure Attali. Et contre toutes ces dérives, « l’Etat ne peut rien ». Evidemment, aucun argumentaire ne précède jamais ces affirmations péremptoires. En pratique, coach Attali est beaucoup plus confus. Business oblige — Attali ne vend jamais que lui-même —, s’il ne croit plus dans le pouvoir des politiques, le conseiller des princes de tous bords n’en continue pas moins de les fréquenter et de les conseiller avec assiduité. Preuve que cet état qui ne peut rien, peut encore un peu. Au moins pour Attali…

Ainsi de Jacques Attali, ce hippie…

Creuser la question aurait contraint l’auteur à avouer que les politiques ont, au fil des années, fomenté leur propre déligitimation et leur impuissance en cédant à des institutions supranationales toute leur autorité et capacité de décision. Problème : Attali est un ardent défenseur du « supra-étatisme » et milite depuis des années pour un gouvernement mondial dont l’hypothétique avènement enterrerait définitivement nos dirigeants politiques nationaux. Mais dans ce livre, Attali survole les questions en mode planeur de haute altitude.

S’en suivent ainsi plusieurs dizaines de biographies très vite bâclées d’artistes ou d’entrepreneurs privés « devenus eux », sans l’aide de personne. Les biographies de dix lignes rapidement trouvées sur Wikipedia — en fin d’ouvrage Attali remercie ses « petites mains » qui ont fait l’essentiel du travail — constituent les deux tiers du livre sans un quelconque effort de mise en forme : « Ainsi de Thomas Edison,(…) Ainsi d’Arianna Huffington, (…) Ainsi d’Arthur Rimbaud, (…) Ainsi de Bill Gates… » Le tout dure une centaine de pages accompagnés de la date, du lieu de naissance et de quelques lignes mal écrites sur la vie de ces personnalités. La fragile démonstration laisse dubitatif.

L’économiste américaine Mariana Mazucatto a largement montré que sans investissements publics massifs et sans structures étatiques, la Silicon Valley ne serait jamais sortie de terre. Un exemple entre mille. L’intéressée a étayé sa thèse, contrairement à Attali qui assène évidences sur évidences qui, au fil des pages, apparaissent pour ce qu’elles sont : des absurdités. On tourne donc très vite les pages, en cherchant le vrai début du livre. En vain.

Les 30 dernières pages sont un bloubiboulga insipide de phrases creuses dignes d’un mauvais Psychologies magazine avec un zeste de sagesses asiatiques pour l’évasion. Il est ainsi question de trouver son chemin vers la pleine conscience et le « devenir soi » à travers plusieurs étapes : prendre conscience de son aliénation, prendre conscience de son corps, se respecter, avoir une image positive de soi, prendre conscience de sa solitude, prendre conscience de son unicité, apprendre à sur-vivre (tout est dans le tiret…). Après le supra-national, Attali est maintenant dans le surnaturel et bientôt l’au-delà. Qui sait si à Neuilly, il n’entend pas déjà des voix.

Arrivé péniblement au bout du « bidule », on se dit que Jacques Attali a basculé définitivement du côté obscur de la force, comme en témoignent les séances de méditation collective qui inauguraient, cette année, les journées de son Forum pour l’économie positive au Havre.  Fais tourner, Jacques, c’est de la bonne !

Devenir soi. Jacques Attali, Ed. Fayard, octobre 2014, 192 p.

Allain Jules

Drapeau_francaisÉric Zemmour est un écrivain, essayiste et journaliste politique français né le 31 août 1958 à Montreuil. Pince-sans-rire, Jacques Attali l’a traité aujourd’hui d’antisémite. Comme auparavant Edgar Morin. Mais, prenons les paris, il n’aura pas le même acharnement que Dieudonné, alors que lui, il a mis à genoux la doxa française dans son dernier opus intitulé « Le Suicide Français » publié chez Albin Michel.

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