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CIA.svgSelon les données d’archives déclassifiées rendues publiques par le New York Times, la CIA a embauché des nazis pendant la Guerre froide

MOSCOU, 28 octobre – RIA Novosti/La Voix de la Russie

Dans les décennies qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, la CIA et d’autres services secrets américains ont employé plus de mille nazis comme complices, espions et informateurs contre l’URSS avant de leur accorder l’asile en Amérique, selon les données d’archives déclassifiées rendues publiques par le New York Times rapportées mardi 28 octobre par le quotidien Rossiïskaïa gazeta.

Ces activités étaient notamment importantes dans les années 1950 quand les forces de l’ordre, la CIA et le FBI engageaient volontiers d’anciens nazis de tout rang en tant qu’agents pour espionner l’URSS. Cela n’a pas gêné les directeurs du FBI Edgar Hoover et de la CIA Allen Dulles, qui ont recruté d’anciens serviteurs du Troisième Reich. Selon eux, la valeur de ces nouveaux agents dans la confrontation contre l’URSS compensait l' »erreur morale ». Les services américains recrutaient même des criminels de guerre.

Par exemple, on trouve dans les archives le dossier d’un ancien officier SS, Otto von Bolschwing, conseiller d’Adolf Eichmann et architecte de la « Solution finale ». Un an seulement après la guerre, l’ex-SS a trouvé un nouveau travail – la CIA l’a utilisé en Europe. En 1954, d’après une note de service, Otto von Bolschwing a été transféré avec sa famille à New York « pour ses services loyaux et l’innocence de ses activités au profit du IIIe Reich ». Les services israéliens ont retrouvé Eichmann en Argentine dans les années 1960 et, préoccupé par son sort, le « nazi loyal » a demandé la protection des USA. L’ex-agent a finalement bénéficié d’une couverture et il a vécu encore 20 ans en Amérique.

Un autre nazi, Alexandras Lileikis, a été recruté par la CIA en 1952 en dépit des preuves accablantes du fait que pendant la guerre, sous le contrôle de la Gestapo, il exécutait des Juifs à la mitrailleuse près de Vilna en Lituanie. Cet agent travaillant en Allemagne de l’Est était rémunéré 1 700 dollars par an et deux cartouches de cigarettes par mois. Quatre ans plus tard, il a été autorisé à entrer aux USA pour ses loyaux services.

« A en juger par les archives, plus de mille nazis travaillaient pour les USA mais ils pourraient être bien plus nombreux. Il est difficile de connaître leur nombre exact car certains documents sont toujours classifiés », constate le quotidien.

D’après les archives, les agents nazis remplissaient des missions diverses et variées. Un groupe d’anciens officiers de la Wehrmacht était formé à une base militaire du Maryland par des instructeurs américains à la tactique de guérilla en cas d’invasion de l’URSS. Dans le Connecticut, les CIA a formé à partir d’anciens gardes de la Wehrmacht un groupe qui tentait de découvrir le sens caché des symboles sur les timbres postaux soviétiques. En Virginie, un conseiller d’Hitler organisait des conférences à huis clos sur les relations avec l’URSS. Les ex-SS infiltraient les territoires allemands contrôlés par l’Union soviétique pour installer des câbles d’espionnage afin de surveiller les communications ferroviaires.T
SOURCE: http://french.ruvr.ru/2014_10_28/La-CIA-a-embauche-des-nazis-pendant-la-Guerre-froide-6000/

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Hollande-Poutine: danse avec les ours

Poutine, un tyran ?

Nous avons tous en tête la belle et provocatrice définition, par Winston Churchill, de la démocratie « qui est le pire des régimes après tous les autres ».

Il me semble que ce jugement demeure pertinent même si les temps de crise et l’urgence qu’ils requièrent nous conduisent de plus en plus à nous interroger sur ce modèle à la fois noble et critiquable.

Ce questionnement, également, incite des citoyens, dans les démocraties classiques, à appréhender avec une fascination inquiète mais presque admirative les démarches politiques d’un Vladimir Poutine tant sur le plan national qu’international.

Il est clair qu’on ne peut pas se débarrasser des préoccupations à son sujet en le qualifiant sommairement de dictateur. On doit tenter d’être honnête face à cette image équivoque qui nous est renvoyée de là-bas et qui ne saurait se résumer à cette déclaration sans nuance de Philippe de Villiers : « L’Amérique veut abattre Poutine pour installer son modèle de société en Russie ».

Pas davantage, la bienveillance de Marine Le Pen à son égard ne doit nous dispenser de scruter cette personnalité singulière, dans le pouvoir et l’emprise dont elle dispose quasiment sans partage et les modalités de ses actions, de ses abstentions ou de ses audaces multiples.

Ce n’est pas aussi parce que Gérard Depardieu est grotesque dans son inconditionnalité que le problème que pose Poutine est facile à régler.

L’embarras face à Poutine vient d’abord précisément du statut original de sa pratique présidentielle. On perçoit en effet que « dictateur » n’est pas le bon mot et que « démocrate » à son sujet serait naïf. Qu’il y a, qu’il est autre chose, quelqu’un d’autre. Une sorte de satrape, de tyran dans sa définition antique, un Pisistrate des steppes ayant redonné fierté au peuple russe par l’expression ostensible et machiste d’une virilité destinée aussi bien aux ennemis de l’intérieur qu’aux adversaires du dehors.

Ensuite, pour beaucoup, avec l’affirmation tranquille, sans l’ombre d’un doute, d’un conservatisme qu’il ne prétend même pas éclairé, en usant souvent d’une grossièreté du verbe pour mieux manifester à quel point il n’a pas peur de mettre ses pieds dans le plat et sa résolution dans la complexité, il apparaît comme le représentant quasi unique d’une espèce rare.

Qui non seulement n’a pas peur des attitudes et des pulsions réactionnaires de la société mais les accompagne si elle ne les précède pas. Ce n’est pas signifier que l’ensemble de ce que développe Poutine avec un art consommé de la rupture et de la brutalité, mais sans jamais perdre de vue la finalité de l’ambition personnelle et du gain politique, doit être accueilli sans réserve ni circonspection. Mais cette transparence dans l’expression de concepts, d’idées et de sentiments généralement retenus ou à peine murmurés dans nos sociétés frileusement consensuelles et héroïquement démocratiques n’est pas pour rien dans l’adhésion trouble que Poutine suscite un peu partout, quoi qu’on en ait.

Si j’ose et pour me faire bien comprendre, il n’y a pas de contraste plus éclatant qu’entre Poutine et sa vision de la société et de l’ordre naturel d’un côté et François Hollande de l’autre avec sa soumission au fil du temps qui serait forcément progressiste.

Enfin, la politique internationale de Poutine nous montre à la fois son incroyable culot et les faiblesses de l’Union européenne engluée dans un système qui fait à la fois son honneur et son inefficacité. Comment, en effet, ne pas déplorer, dans le désordre, la lenteur des délibérations collectives, les dissensions des égoïsmes nationaux persistant ici ou là, les atermoiements scrupuleux de la pluralité et le volontarisme verbal des responsables européens face à la solitude terriblement efficiente d’un Poutine ?

Comment ne pas regretter que l’éthique partagée et la passion commune du droit, le désir de paix quand tout respire la conflictualité pèsent si peu, si maladroitement en face du cynisme et de la provocation calculée d’un joueur gagnant à tout coup malgré des reculs tactiques, d’un génie du rapport de force, de l’incroyable et formidable disponibilité et liberté d’un homme méprisant des alliés qui, pour lui, sont devenus des adversaires parce que de fait ils ne lui ont jamais donné l’opportunité de de l’admiration et de l’estime, la chance d’un respect, l’angoisse d’une véritable menace ?

Sur un certain plan abusivement et sommairement métaphorique, l’Union européenne en face de Poutine, c’est, comme Chamberlain confronté à Hitler et le prenant pour un politicien traditionnel alors que l’un croyant aux règles du jeu était déjà vaincu par l’autre sortant de ce jeu pour inventer le sien. Tragiquement.

Cet adverbe est probablement la clé de tout. Sûrement de l’impression dominatrice diffusée par Poutine dans les manoeuvres diplomatiques et guerrières de cette dernière année, notamment pour Kiev et l’Ukraine. Raymond Aron faisait le reproche à Valéry Giscard d’Estaing de ne pas savoir que l’Histoire était tragique.

Poutine le sait, ne fait qu’agir sous l’égide de ce constat implacable et en tire les conséquences. Quand les autres l’oublient et n’opposent à ce dur réalisme que la bonne conscience d’un humanisme international qui n’est qu’une manière indolore de nommer l’impuissance.

Tyran comme Pisistrate, Poutine ? Pourquoi pas ?

Mais qu’attendent donc nos démocraties pour s’armer dans tous les sens du mot ?

http://www.philippebilger.com/

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