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Selon Henri Guaino, député UMP des Yvelines, la France a perdu beaucoup de temps avant d’essayer de régler le conflit en Ukraine, mais des erreurs multiples ont été commises bien avant la crise.

La France a « commis toutes les erreurs possibles et imaginables » en Ukraine, a déclaré mercredi Henri Guaino, député UMP des Yvelines à la chaîne de télévision BFMTV.

« On a commis toutes les erreurs possibles et imaginables (…). M.Hollande n’a pas géré cette crise, Mme Merkel non plus. Il a fallu attendre un an pour aller voir M.Poutine.

Si le président Sarkozy avait fait la même chose sur la Géorgie, la Géorgie n’existerait plus. Quand on veut mettre un terme à un affrontement, il faut aller voir les deux belligérants. On a perdu beaucoup de temps », a indiqué M.Guaino, commentant l’initiative de paix proposée par le président français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel.Selon lui, les accords de Minsk sont un bon outil de règlement du conflit ukrainien, mais ils ne sont destinés qu’à mettre fin aux hostilités, alors que les autres questions restent en suspens. « Ça va dans le bon sens si on arrive à arrêter les combats. Mais ça va se traduire par quoi si on arrive à arrêter les combats, ça va se traduire par ce qui n’aurait pas pu arriver si on n’avait pas voulu attirer l’Ukraine d’un côté alors que l’Ukraine est à cheval, c’est une sorte de pont entre deux m

D’après M.Guaino, l’Occident a commis des erreurs à l’égard de l’Ukraine bien avant la crise. « On a d’abord voulu la faire entrer dans l’Otan, c’était une absurdité. On a voulu après la faire entrer dans l’Union européenne. Et en plus un pays qui est à cheval entre deux mondes, qui est à moitié russophone (…), si vous le tirez d’un côté, vous déchirez ce pays et c’est ce qui s’est passé », a-t-il estimé. »Nous n’avons pas de responsabilité parce que vous ne pouvez pas traiter la Russie comme ça (…). C’est un appel à la responsabilité. On ne va pas quand même ressusciter la guerre froide. Si on continue avec des sanctions, des provocations », il y a un risque, a conclu le député.

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Je voudrais être le 142ème !

Le ridicule ne tue plus en politique. Il déborde. Il se fait gloire.

Lors d’un débat sur la transition énergétique à l’Assemblée nationale, le 6 octobre, Sandrine Mazetier, vice-président présidant la séance, a infligé à Julien Aubert, député UMP du Vaucluse, une sanction le privant d’un quart de son indemnité parlementaire pour s’être adressé à elle en lui donnant le titre de « Madame le président » au lieu de « Madame la présidente ».

Cette querelle aurait pu sembler seulement dérisoire si elle ne révélait pas la profonde dégradation de notre belle langue, ciment et unité d’un pays, sous l’effet d’une féminisation prétendument progressiste mais surtout grotesque.

Comme l’a rappelé ce député puni pour correction grammaticale et précision du vocabulaire, la « présidente » désigne l’épouse du président.

Surtout, dans un temps comme le nôtre, il n’est pas inutile de remettre en mémoire pour ceux qui auraient pu l’oublier et d’apprendre aux quelques-uns l’ayant toujours ignoré, que « le président » comme le « procureur » ou « le professeur » ne représente pas un hommage abusif à la masculinité mais « la neutralité par rapport au genre ».

La mise à l’amende d’un élu du peuple pour un tel motif, alors que la France est plus qu’en crise et que l’Assemblée nationale se montre assez souvent sous un jour déplorable tant pour ce qui concerne ses aptitudes à l’écoute et au respect que pour la mesure et la dignité de ses joutes, constitue une véritable provocation qui va aggraver l’antiparlementarisme démagogique de beaucoup.

Ce totalitarisme bête est d’autant plus à dénoncer qu’il condamne dans un univers où la classe politique globalement entendue est loin de briller par sa parole et la qualité de son style. Il confirme ce délitement au lieu de s’y opposer.

Par ailleurs,le pouvoir de police de la présidence de l’Assemblée nationale s’exerce légitimement dès lors qu’est violée l’interdiction « de toute manifestation ou interruption troublant l’ordre ». Dans ce cas, « est rappelé à l’ordre tout orateur qui trouble cet ordre ».

En quoi l’interpellation du député Aubert peut-elle être assimilée à « un trouble de l’ordre » alors que tout au contraire, elle aspire à faire fond sur l’ordre du langage et que la mesure qui l’a frappé financièrement s’avère, elle, profondément, une cause de désordre ?

Le fait que les inspirateurs lointains de cette orthodoxie à rebours, de cette pantalonnade parlementaire aient été Laurent Fabius et Lionel Jospin explique peut-être le coup de force à la fois puéril mais signifiant de Sandrine Mazetier.

Où va se nicher l’idéologie ?

A l’initiative de deux députés, François Fillon et Henri Guaino, auxquels la langue française, dans sa beauté et sa correction, n’est pas étrangère, 141 parlementaires ont adressé un appel au président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, pour qu’il annule la sanction prononcée et désavoue sa collègue socialiste Sandrine Mazetier (Le Figaro).

On va voir alors concrètement ce que valent les déclarations constantes de Claude Bartolone sur son courage intellectuel, son parler libre et son goût de vérité.

photo_bilger_1On va voir si elles ne concernent que son propre camp, assez confortables donc au sein d’une mouvance peu ou prou acquise, ou si elles osent également porter le fer, stigmatiser l’absurdité et restaurer la justice au bénéfice de ceux qui le méritent même s’ils sont des adversaires politiques.

Il a droit à une seconde chance après, sur ce plan, sa récente et décevante prestation médiatique où platement il a justifié et suivi l’injustifiable (France Inter). D’autant plus qu’il a écrit un livre ayant pour titre : « Je ne me tairai plus ». On lui propose de le démontrer.

Je voudrais être le 142ème.

 

Philippe Bilger

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photo_bilger_1Faudra-t-il aussi supprimer la magistrature ?

Nadine Morano et Henri Guaino ne sont pas allés assez loin et Christian Estrosi, en maintenant son arrêté contre les drapeaux ostentatoires malgré sa suspension par la juridiction administrative, est évidemment bien placé pour évoquer la haine de la magistrature contre Nicolas Sarkozy (20 minutes, Le Figaro, France 2).

Les premiers n’ont en effet proposé que l’abolition du syndicalisme judiciaire et la suppression de l’Ecole nationale de la magistrature (ENM). Tant qu’à faire, ils n’auraient pas dû s’arrêter en si bon chemin !

Pour être habitué aux provocations de Nadine Morano et aux fulgurances pas toujours bien venues d’Henri Guaino, on reste cependant saisi devant cet extrémisme qui, chez eux, suit chaque péripétie procédurale liée à Nicolas Sarkozy.

Le propre du discours politique est en principe de devoir se soumettre aux exigences de liberté et de responsabilité mais il se donne aussi trop souvent le droit de s’abandonner à une absurdité totale parce qu’il sait qu’elle ne s’incarnera jamais dans le réel sauf à souhaiter l’émergence d’un pouvoir totalitaire qui détruira ce que l’esprit démocratique a permis.

Imagine-t-on en effet un gouvernement classique, de droite ou de gauche, libéral ou socialiste, décréter un jour de telles abolitions ?

Si nous avions, sur un terrain vierge, à inventer la magistrature, à réfléchir sur le syndicalisme et à concevoir l’enseignement, nous pourrions conceptuellement ouvrir des chemins singuliers et, pourquoi pas ?, imaginer une autre institution, un service public avec d’autres règles.

Mais le syndicalisme judiciaire est là depuis 1968 pour le SM et depuis 1974 pour l’Union syndicale des magistrats (USM). Quant à l’ENM, sous un autre nom, elle date de 1958 grâce au général de Gaulle et à Michel Debré.

Le bon sens, le pragmatisme et l’impossibilité de mettre à bas ce qui dans son essence a constitué une avancée empêchent de prendre au sérieux ces fantasmes d’effacement. Mais il est regrettable, comme l’a très bien dit Jean-Christophe Buisson sur RTL à On refait le monde, que ceux-ci aient rendu, par leur excès, un débat pourtant nécessaire quasiment impossible.

Pourtant, ce débat n’a jamais été absent de l’espace public mais la manière dont il était abordé restait mesurée et opposait au nom de la démocratie les tenants d’un progressisme éclairé à ceux, pour la magistrature, d’une réserve totale. Des arguments recevables de part et d’autre s’échangeaient en quelque sorte pour la beauté de la controverse sans que l’empoignade sorte du champ intellectuel et débouche sur une véritable haine du syndicalisme et la détestation de ceux qui le pratiquaient.

Ce qui a tout bouleversé est le déplorable Mur des cons qui a manifesté concrètement, ostensiblement à quel point certains membres du SM faisaient s’accorder bêtise et idéologie, partialité et inconscience. Certes, personne ne doutait que ce syndicat fût, depuis sa naissance, proche de la gauche, voire de l’extrême gauche. Qu’il ne se serve de la justice plus qu’il ne la serve. Que son obsession, dans ses pratiques, était par exemple de mettre en cause la police au travers du policier et le patronat au travers du patron.

Mais ces dérives ont longtemps été occultées par la brillante génération qui avait fait du SM à la fois une machine de guerre et un lieu de réflexion, un mélange d’intelligence et d’esprit partisan. Une acidité contestable mais stimulante.

Le Mur des cons, conséquence aussi de la formidable dégradation de la qualité des dirigeants du SM au fil du temps, a constitué un véritable séisme parce qu’il a malheureusement conduit le citoyen et beaucoup de politiques à assimiler la majorité des magistrats à quelques énergumènes incendiaires de la justice et, à ceux-ci, nombre de membres équilibrés et compétents du SM pour lesquels l’exercice professionnel n’était absolument pas altéré par l’appartenance syndicale.

La défense démagogique de Nicolas Sarkozy a joué de cette confusion et personne, tant la cause de son honnêteté au sens large est devenue problématique, ne saurait lui reprocher d’avoir abusé du thème de la politisation de la magistrature en s’en prenant à l’un des magistrats instructeurs. Sans le Mur des cons, jamais un tel dérapage n’aurait été concevable même de la part de cette personnalité-là.

Il convient que le SM s’adonne à un travail considérable de réflexion sur lui-même, qu’il se désinfecte de tout ce qui dégrade sa structure en parti, ses idées en idéologie et en parti pris et retrouve le chemin d’une véritable démarche professionnelle. On ne demande pas au SM de se substituer au pouvoir politique, de l’accompagner quand il est socialiste ou de le vitupérer s’il est de droite. On doit exiger de lui qu’il reste à sa place. Faute de cette rénovation, il fera disparaître, en même temps que lui, l’adhésion à la justice et la confiance qu’elle doit inspirer.

Cette mue positive est possible puisque l’USM, en dépit d’un rapprochement systématique avec le SM depuis quelques années sur certains sujets, est parvenue à maintenir sa crédibilité syndicale et n’est jamais apparue, aux yeux des citoyens, comme la courroie de transmission d’un parti, un organe militant.

Quant à l’ENM, je sais bien que les controverses n’ont jamais manqué à son sujet et qu’on s’est plu parfois à moquer cet établissement qui délivrait « un permis de juger » en proposant, à sa place, des expériences professionnelles qui permettraient de devenir magistrats moins précocement et avec plus de maturité et d’humanité. On va sans doute continuer à brasser ce type de question mais toujours est-il que l’ENM a enrichi sa formation, fait appel à une vision internationale et surtout à une évaluation psychologique des futurs magistrats. Ce ne sont pas des évolutions négligeables et le Directeur actuel, me semble-t-il, serait bien inspiré en favorisant le pluralisme intellectuel, l’approfondissement de la culture générale, une pédagogie sur la maîtrise du pouvoir, la politesse judiciaire et le savoir-vivre tout court.

Nadine Morano, Henri Guaino et tous ceux qui suivent leur ligne absurde sans l’avouer exigeront, bientôt, la suppression de la magistrature. Après tout, cette institution est détestable qui tente de rendre justice à tous, aux faibles comme aux puissants, et parfois, parce qu’elle est saisie d’affaires qu’elle n’a pas inventées, a l’impudence de mettre en examen même un ancien président de la République.

Que ces boutefeux continuent sur ce registre et on saura alors que le Mur des cons a fait des petits : le même délire mais de de l’autre côté.

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Philippe Bilger

SOURCE: http://www.philippebilger.com/blog/2014/07/faudra-t-il-aussi-supprimer-la-magistrature-.html

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