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Après Sivens : quand Hollande et Cazeneuve veulent la peau du général Favier, directeur de la gendarmerie…

Après Sivens : quand Hollande et Cazeneuve veulent la peau du général Favier, directeur de la gendarmerie…

06/12/2014 – PARIS (via Polémia)
Le général Denis Favier (photo) vivrait-il ses dernières semaines à la tête de la gendarmerie ?

Ce sont au moins les rumeurs persistantes qui circulent au ministère de l’Intérieur et au sein de la Direction générale de la gendarmerie. Le héros de l’assaut de l’Airbus de Marignane en 1994 pourrait bientôt découvrir que les couloirs feutrés des ministères sont aussi traîtres que les repères de terroristes…

Le gouvernement, bousculé et affaibli par la mort de Rémi Fraisse, tué accidentellement par l’explosion d’une grenade dans la nuit du 25 au 26 octobre 2014 sur le site du chantier du barrage de Sivens, aurait décidé de faire porter le chapeau au patron des gendarmes, le général Favier. On se souvient que ce jeune militant d’ultra-gauche a été tué au cours d’affrontements extrêmement violents qui ont opposé les gendarmes mobiles à des assaillants armés, appartenant à la mouvance anarcho-autonome et décidés à « casser du flic ». Un rapport de l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) a démontré l’absence de manquement aux règles juridiques et déontologiques tout en soulignant la stratégie de contrôle médiatique des activistes d’extrême gauche(1).

L’inconsistance du ministre de l’Intérieur

Face à cette affaire, certes, regrettable, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a fait la preuve de son inconsistance et de son incapacité à incarner l’ordre républicain. Le manque d’engagement du ministre a obligé le directeur général de la gendarmerie à prendre, seul, face aux médias, la défense de ses hommes. Ses interventions remarquables de clarté, de mesure et d’autorité ont impressionné et n’en ont que mieux souligné, par contraste, le manque d’envergure et de caractère de Bernard Cazeneuve, petit personnage, nommé par hasard et pour des raisons bassement politiques à la tête d’un ministère prestigieux.

Mais, bien sûr, le général Favier va apprendre ce qu’il en coûte de faire de l’ombre à son ministre. Nos sources au sein de la gendarmerie nous ont confirmé que les relations entre les deux hommes étaient tendues à l’extrême. L’article laudateur que le quotidien Le Monde a consacré au général Denis Favier dans son édition du 28 novembre 2014 n’a fait que renforcer la colère du ministre (2)

Cazeneuve absent de la Sainte-Geneviève, fête de la gendarmerie

Les observateurs avisés ont évidemment noté que Bernard Cazeneuve n’avait pas pris la peine, contrairement à son prédécesseur, d’assister à la Sainte-Geneviève, fête traditionnelle de la gendarmerie, qui a été célébrée le 1er décembre à Paris et à l’occasion de laquelle, contrairement aux habitudes, le général Favier n’a pas pu prendre la parole.

Il se murmure au ministère de l’Intérieur que François Hollande, agacé par l’affaire Sivens, a tranché : dans quelques semaines, quand la tension sera retombée, le général Favier, dont la tête a été promise à Cécile Duflot en échange d’un cessez-le-feu au Parlement, devrait être remercié.

Au demeurant, le nom de son successeur court déjà. Il s’agirait du directeur des ressources humaines de la gendarmerie, personnage moins connu pour son parcours professionnel que pour sa parfaite conformité idéologique avec le pouvoir en place et sa soumission empressée aux dogmes du politiquement correct.

Favier promis au placard comme Soubelet ?

Comme, avant lui, le général Soubelet, placardisé dans un poste sans responsabilités opérationnelles pour avoir dit la vérité sur le laxisme judiciaire face à la délinquance, le général Favier devrait être appelé à d’autres fonctions, selon la formule consacrée, au détour d’un conseil des ministres en février ou mars 2015.

Triste fin de parcours pour un officier charismatique, au parcours exemplaire et apprécié, à juste titre, par tous les gendarmes de France…

François Chardon
Resté près de vingt ans au service de l’Etat, François Chardon a rejoint le secteur privé et est maintenant consultant dans le domaine de la sécurité et de l’intelligence économique.

Crédit photo : Jef Pruvot via Wikipédia (cc).

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Notes :
(1) http://www.interieur.gouv.fr/Actualites/Communiques/Remise-du-rapport-de-l-IGGN-suite-au-deces-de-Remi-Fraisse

(2) http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/11/27/denis-favier-le-patron-des-gendarmes-renforce-par-sivens_4530073_3224.html?xtmc=favier&xtcr=3

p bilgerLe Général, le particulier et l’illusion

Le Conseil constitutionnel a amputé le pacte de compétitivité mais presque validé la réforme de Christiane Taubira. Apparemment, il se montre plus regardant pour le social que pour le pénal !

Au sujet de ce dernier, on n’a pas assez dénoncé la promotion-sanction du général Soubelet appelé à diriger la gendarmerie d’outre-mer. On lui a fait scandaleusement payer sa lucide intervention – alors qu’il était le numéro trois dans la hiérarchie de la gendarmerie – devant une commission parlementaire de l’Assemblée nationale : il avait notamment souligné « le décalage entre la progression des interpellations de délinquants (+ 4%) et la diminution du nombre des incarcérations (-33%). Ce constat accablant pour le garde des Sceaux n’a pas plu au ministre de l’Intérieur Valls qui désirait qu’elle fût ménagée (Le Figaro Magazine, Valeurs actuelles).

Comment ne pas approuver ce général surnommé « général courage », tant aujourd’hui il convient de féliciter celui qui ose proférer les vérités même les plus criantes, les plus évidentes ?

Deux tragédies criminelles récentes, chacune avec sa spécificité de lieu et d’action, ont montré à quel point la France endure le hiatus entre une réalité trop souvent terrifiante et un humanisme conseilleur mais des victimes pour payeurs.

A Dolomieu (Isère), après le braquage d’un tabac-presse le 29 juillet commis par deux malfaiteurs, Hugo Villerez, courageux client, était abattu parce qu’il tentait d’intervenir à l’extérieur pour permettre l’interpellation de l’un d’eux.

Mukaël Erdem, qui s’est vu reprocher cet acte, a été mis en examen, notamment pour vol accompagné de violences ayant entraîné la mort, puis incarcéré. De même que Morgan Vert qui l’accompagnait et s’est malheureusement suicidé en se pendant (jdd.fr).

Une troisième personne qui aurait fourni l’arme a été mise en examen du chef de complicité et placée sous contrôle judiciaire (le Figaro).

Un immense émoi après ce désastre humain : près de 700 personnes aux obsèques de la victime.

A l’Alma, dans un quartier de Roubaix déshérité dont les habitants se sentent abandonnés par les pouvoirs publics, un père de famille de 27 ans unanimement apprécié, courageux – il avait sauvé quelqu’un d’une noyade – a été tué par deux jeunes gens qui faisaient des rodéos en pleine nuit avec une voiture volée et qu’il avait interpellés de sa fenêtre pour les faire cesser.

Ulcérés, ils l’ont cherché puis trouvé dans cet immeuble délabré et au moins un coup de couteau dans la gorge lui a été porté avec un effet mortel.

Rapidement, l’un des protagonistes a été interpellé puis l’autre s’est livré plus tard : petit délinquant pour le premier, selon le procureur adjoint de Lille, et jeune majeur au casier chargé pour le second.

Le nouveau maire UMP de Roubaix Guillaume Delbar est conscient de « devoir reprendre le pouvoir dans ces quartiers que l’on a abandonnés », où la police n’ose plus aller de peur de susciter des réactions de rejet avec la conséquence que des drames comme celui dont Ahmed Boudaoud a été victime se produisent (Le Parisien).

Mukaël Erdem a écrit une lettre à la mère d’Hugo Villerez pour exprimer ses remords et expliqué qu’il avait tiré, « paniqué », parce que celui-ci venait vers lui. Selon son avocate, sa démarche était spontanée et sincère et il désirait l’accomplir immédiatement.

Je n’ai aucune raison de considérer ce geste comme tactique, d’abord parce qu’il est très rarement mis en oeuvre à ce stade initial alors qu’en cours de procédure et avant l’audience, il risque d’être perçu pour seulement habile. Que ce jeune homme ait éprouvé le besoin de s’adresser à cette mère donne de sa personnalité une image que le crime n’a pas totalement dégradée.

Mais il n’y a aucun rapport avec ce mouvement intime que la procédure va intégrer et cette justice « réparatrice » qui pousserait victimes et condamnés à se rencontrer et à dialoguer. Cette éventualité est réglementée par une longue procédure et, à supposer que la psychologie de certains y trouve son compte, peu appréciée par l’administration pénitentiaire puisque seule la Maison Centrale de Poissy en permet la réalisation depuis 2010 mais en confrontant des groupes, sans lien direct entre un criminel et sa victime.

Il paraît que, l’un en face de l’autre, le criminel avouerait pourquoi il est passé à l’acte et, devant la victime prendrait conscience des faits.

Stéphane Jacquot qui a créé l’Association nationale de la justice réparatrice prétend que cette interrogation et cette exigence sont « très peu développées au cours d’un procès », ce qui est totalement faux.

Le plus souvent, sauf à l’égard de faits délictuels ou criminels simples et utilitaires, le prévenu ou l’accusé ont du mal à démêler les motivations profondes de leurs agissements et s’ils n’y parviennent pas à l’audience malgré son caractère irremplaçable, ils demeureront encore plus inconnus à eux-mêmes en face de leurs victimes.

Parlons net : cette justice réparatrice est, au pire un gadget pour curiosités malsaines, au mieux une relation qui n’aura aucune incidence sur le cours de la justice pénale puisqu’elle se déroulera, la sanction infligée.

Il y a bien mieux à faire en suivant l’avertissement du général Soubelet et tant de pistes seront à explorer quand un pouvoir prendra enfin l’univers pénal au sérieux : défendre la police, ne pas la noyer sous une bureaucratie étouffante, refuser qu’une certaine magistrature défasse ses réussites ou rende vaines ses enquêtes, instaurer ou restaurer confiance et estime du citoyen à l’égard des magistrats qui auront beaucoup de chemin à faire, réfléchir à une articulation plus cohérente entre justice et police sur le plan ministériel, construire des prisons, rendre l’exécution des peines enfin efficace…

Il ne suffira pas de succéder à Christiane Taubira : il conviendra de refaire là où elle a défait et de faire là où elle n’a rien fait.

SOURCE: http://www.philippebilger.com/blog/2014/08/le-g%C3%A9n%C3%A9ral-le-particulier-et-lillusion.html

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Lutte contre l’insécurité : Général Bertrand SOUBELET, directeur des opérations et de l’emploi de la Gendarmerie Nationale
Intégralité de l’audition du 19/12/2013 à l’Assemblée Nationale

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