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Corse: interpellations notamment d'avocats après des attentats contre des gendarmeriesAJACCIO, 6 octobre 2014 (AFP) – Le bâtonnier de l’ordre des avocats d’Ajaccio, l’un de ses prédécesseurs et dix autres personnes appartenant à la mouvance nationaliste ont été interpellés et placés en garde à vue lundi en Corse dans le cadre d’investigations sur des attentats contre deux gendarmeries en 2013.

Les interpellations ont été effectuées tôt dans la matinée à Ajaccio et dans les environs par des policiers de la sous-direction antiterroriste et des gendarmes de la section de recherches d’Ajaccio, a-t-on précisé de sources proches de l’enquête.

Ces deux organismes avaient été cosaisis après des attentats à la roquette anti-char, qui n’avaient fait aucune victime, contre les deux plus grosses casernes de gendarmerie de Corse, à Ajaccio et Bastia, le 5 décembre 2013.

Une information judiciaire avait été ouverte le 25 mars 2014 par la section anti-terroriste du parquet de Paris.

Des perquisitions se sont déroulées dans la matinée aux domiciles de la plupart des personnes interpellées qui ont été placées en garde à vue à Ajaccio.

Ces personnes sont généralement proches du parti indépendantiste Corsica Libera (Corse libre), très influent sur la scène politique insulaire et qui compte trois élus (sur 51) à l’Assemblée de Corse.

Parmi elles, se trouvent le bâtonnier des avocats d’Ajaccio, Me Dominique Ferrari, et l’un de ses prédécesseurs, Me Philippe Gatti, a-t-on indiqué de sources proches de l’enquête.

Un rassemblement de protestation contre ces arrestations était prévu en fin de journée à Ajaccio, a-t-on appris dans l’entourage de certains interpellés.

La garde à vue en matière de terrorisme peut durer quatre jours.

Les attentats contre les casernes de gendarmerie avaient été commis avant une visite en Corse du ministre de l’Intérieur de l’époque, Manuel Valls.

Venu sur place constater les dégâts, il avait indiqué le 7 décembre qu’une « roquette anti-char de fabrication serbe dotée d’une capacité de pénétration très importante » avait été tirée sur un mur de la caserne Battesti à Ajaccio, siège de la région de gendarmerie de Corse.

– L’adieu aux armes du FLNC –

Ce type de projectile, selon M. Valls, « n’avait pas été utilisé dans l’île depuis 2009 », l’ayant été « 9 ou 10 fois » auparavant.

La roquette, tirée depuis une colline en face de la caserne, proche du centre-ville, avait détérioré le bas d’un immeuble d’habitation, brisé des vitres et endommagé une voiture militaire stationnée à proximité.

Selon un enquêteur, le projectile avait été tiré d’une distance d’environ 300 mètres, ce qui avait atténué l’effet, sa porté optimum étant de l’ordre de 150 à 200 mètres.

Une autre roquette, à charge creuse, avait été tirée sur un bâtiment abritant des services administratifs de la caserne de Montesoro, dans les quartiers Sud de Bastia, siège du groupement de gendarmerie de Haute-Corse.

Il n’avait également provoqué que des dégâts matériels.

Ces attentats n’ont pas été revendiqués. M. Valls s’était toutefois déclaré « convaincu » qu’il existait « des liens » entre ces actions et les arrestations de sympathisants nationalistes présumés, soupçonnés d’avoir commis des attentats en 2012 contre des résidences secondaires.

Le Front de libération nationale de la Corse (FLNC), bras armé du mouvement indépendantiste, qui a revendiqué des centaines d’attentats depuis sa création en 1976, généralement contre la bétonisation et la spoliation de la terre corse, a annoncé le 25 juin son adieu aux armes.

Dans un long communiqué authentifié, l’organisation indépendantiste clandestine avait indiqué renoncer à l’action armée en mettant en oeuvre un « processus progressif de démilitarisation » pour favoriser l’application de réformes votées depuis quelques mois par l’Assemblée de Corse, dont la majorité est de gauche.

Ces réformes concernent essentiellement la co-officialité de la langue corse, l’instauration d’un statut de résident pour lutter contre la spéculation foncière et immobilière, la fiscalité et une adaptation en ce sens de la constitution française.

pl/d/jmg
© 1994-2014 Agence France-Presse

Rédigé par () le Lundi 6 Octobre 2014 à 06:02
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Un dessin par jour

pizzaOn en apprend plus sur la garde à vue de l’ancien président. Ah oui, la pizza, on allait oublier la pizza.

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BILGERLes Amis de Nicolas Sarkozy vont à nouveau évoquer l’acharnement judiciaire et le fait que le pouvoir se sert de la Justice pour empêcher le retour de l’ancien président. Alors que le seul crédit indiscutable de ce Gouvernement est d’avoir laissé faire, la liberté et l’indépendance des magistrats étant acquises depuis le mois de mai 2012.
En dépit de ce déplorable Mur des cons qui a gangrené l’espace démocratique.

Je suis sûr qu’on va bientôt entendre le solitaire et courageux Henri Guaino hurler à l’injustice et soutenir contre toute évidence que la garde à vue est une mesure trop humiliante pour un ancien président irréprochable comme Nicolas Sarkozy !

Mais qui peut soutenir, à la suite de cette garde à vue de Nicolas Sarkozy à Nanterre dans cette affaire de violation du secret de l’instruction et de trafic d’influence, être véritablement habité par une stupéfaction civique (France Info, BFM TV, I Télé, LCI) ?

Tout ce qui a surgi de délétère du quinquennat de Nicolas Sarkozy, depuis que sa défaite a permis de le mettre au jour, tout ce qui apparaît, régulièrement, de trouble dans cette période où l’ancien président joue la discrétion ostensible en espérant être le sauveur de la France au lieu de se préoccuper d’être d’abord le sien, n’ont pas manqué d’alerter le citoyen de bonne foi.

Il ne tombe pas des nues puisque Nicolas Sarkozy est sans cesse, de son fait d’hier et d’aujourd’hui, au coeur du débat public en ce qui concerne les exigences de l’état de droit.

herzog sarkoCette garde à vue est une « première » pour un ancien président de la République mais celui-ci, à cette échelle et avec cette intensité, est également un « premier » pour les transgressions au moins présumées de l’éthique présidentielle et de la morale publique. On n’a jamais fait « pire » avec cette constance et cette fréquence.

Nicolas Sarkozy est comme tout le monde: on verra ce qu’il adviendra de lui après ces 24 heures ou 48 heures de garde à vue. Normalité procédurale donc qui manifeste un progrès mais dont je conçois que les ignorants ou les inconditionnels – ce sont parfois les mêmes – s’émeuvent.

Espérance démocratique enfin.

Si toutes ces casseroles aux basques de l’ancien président s’incarnent en culpabilité judiciaire, si ces soupçons si plausibles à force d’être multipliés et étayés sont confirmés par des preuves, je forme le vœu qu’enfin les transgressions ne soient plus une prime, la malhonnêteté une aubaine et l’absence de rectitude et d’exemplarité un bénéfice.

Il serait temps que la France se hissât à la hauteur des principes qu’elle proclame abstraitement pour n’avoir jamais à les rendre opératoires.

Nicolas Sarkozy est traité comme tout le monde. Au fond rien de surprenant dans cette banalisation qui prend acte d’une hauteur dévoyée.

Philippe Bilger

Quelques-uns des innombrables commentaires:

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Que Nicolas Sarkozy soit traité en citoyen normal, il n’y a là rien à redire. Devons-nous pour autant en conclure que cette action témoigne « d’une liberté et d’une indépendance » enfin retrouvées par la Justice sous la présidence de François Hollande ? Permettez-moi, M. Bilger, de ne pas en être totalement convaincu. En des circonstances qui servent parfaitement ses intérêts, le pouvoir actuel peut mettre autant de zèle à pousser l’action de la Justice que celui d’hier a mis d’ardeur à la freiner.
Ce dont par contre je suis convaincu, c’est que cette nouvelle péripétie s’ajoutant à celles déjà survenues et à l’incurie du pouvoir en place depuis plus de deux ans, ne fait qu’accentuer le discrédit de notre classe politique aux yeux d’une grande majorité de citoyens.

Je suis simple citoyen, cependant j’ai suivi autrefois les auditions de la commission parlementaire sur Outreau présidée par MM. Houillon et Vallini.
J’en reste marqué.
J’ai été effaré par la découverte du Mur des Cons édifié par des membres du Syndicat de la Magistrature.
Alors quoi qu’il ait fait ou pas, je pense que beaucoup ressentent une joie mauvaise à voir humilié l’ancien président ; quant à une des juges, ses positions politiques ouvertement exposées me font douter de son impartialité.
Je crains que depuis 1974 les prédécesseurs de N.S. aient commis des délits et malversations pires sans jamais avoir été inquiétés et constate donc un zèle à poursuivre celui-là.
Je me demande aussi pourquoi un ministre du Budget fraudeur et parjure devant la représentation nationale n’a pas été mis en garde à vue par exemple.