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Mis à jour le 26/08/2015 à 15:14

FIGAROVOX/CHRONIQUE

Philippe Bilger analyse la crise familiale et politique au Front national. Il rappelle le goût de Jean-Marie Le Pen pour les affrontements partisans et les guerres internes.


Philippe Bilger est magistrat honoraire et président de l’Institut de la parole. Il est chroniqueur au FigaroVox. Vous pouvez aussi le lire sur son blog.


Comme citoyen, on a le droit de s’inquiéter de l’évolution de partis qui sont pourtant aux antipodes de ses convictions. Que ce soit pour LR, le PS ou le FN.

Pour ce dernier, je suis lassé de devoir sans cesse montrer patte démocratique pour que me soit concédée l’autorisation de me pencher sur lui trop vite qualifié depuis des années, par facilité et paresse, de non républicain.

Ce qui se déroule en son sein dorénavant et qui suscite une curiosité médiatique abusive était prévisible et aujourd’hui cette interrogation centrale vient à l’esprit. Marine Le Pen, la présidente du FN, pouvait-elle agir autrement? Aurait-elle dû continuer, par affection filiale et complaisance politique, à laisser son père consciencieusement détruire une «dédiabolisation» qu’il ne supportait pas puisqu’elle le constituait comme un diable et semblait donner raison à ses adversaires?

Je n’ose pas imaginer que Marine Le Pen ait été à ce point dénuée d’intuition psychologique qu’elle n’ait pas pressenti ce qui allait advenir avec son père mis inévitablement sur la touche, dépossédé doublement de son aura: d’abord parce qu’elle avait pris officiellement sa relève et surtout comme elle avait mieux réussi que lui.

Lire toute l’analyse de Philippe Bilger: http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/08/26/31001-20150826ARTFIG00165-philippe-bilger-jean-marie-le-pen-a-toujours-eu-la-passion-des-affrontements.php

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Fondateur de l’Université populaire de Caen, le philosophe porte un regard très sévère sur la politique menée par François Hollande.
Le philosophe Michel Onfray en novembre 2011. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)Le philosophe Michel Onfray en novembre 2011. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

L’Obs« Le PS est désormais ancré à droite », affirmait récemment Emmanuel Todd, tandis que d’autres évoquent une « droite complexée ». Souscrivez-vous à cette vision ?

Michel Onfray – Oui, hélas, absolument, totalement. Mais, en ce qui me concerne, c’est une évidence depuis la fameuse ouverture de la parenthèse de la rigueur en 1983, parenthèse qui n’a jamais été fermée ! Le paysage politique s’est reformé autour de Mitterrand qui, dès cette époque, a instrumentalisé le FN pour casser la droite républicaine en deux à des fins de politique politicienne : affaiblir le camp d’en face pour se maintenir au pouvoir et s’y faire réélire. Pari tenu au-delà de ses espoirs car le FN a aussi cassé la gauche républicaine en deux, ralliant à lui nombre de ses déçus : combien d’anciens socialistes, communistes, cégétistes, voire d’anciens électeurs de la LCR ou de LO se retrouvent-ils derrière le FN de Marine Le Pen relooké par Philippot ?

Le libéralisme gouverne donc de façon bureaucratique (un comble…) depuis 1983, c’est-à-dire sous Mitterrand, Chirac, Sarkozy et désormais Hollande. Soit plus d’un quart de siècle d’une même politique ! En 2005, le refus signifié par référendum de l’Europe libérale qui impulse cette politique a bien montré combien Sarkozy et Hollande méprisaient le peuple puisqu’ils ont mobilisé leurs apparatchiks afin d’imposer ce qui avait été refusé par les urnes. Ce coup d’Etat libéral permanent (un second comble…) n’a pas été oublié par ceux dans le peuple qui ne votent plus, ne votent pas ou votent aux extrêmes pour secouer le cocotier.

Quelles sont les mesures du quinquennat de François Hollande qui vous semblent les plus emblématiques de cela ?

– La pire, qui les rassemble toutes, est l’omniprésence de la communication pour masquer l’impuissance de l’action. La disparition de la réalité socialiste – qui est faite de renoncements, de compromissions, d’impéritie, de soumission à Bruxelles – est la tâche des communicants. Les émissions télévisées à deux neurones, les voyages scénarisés avec des figurants, le menhir fondant sous la pluie à l’île de Sein, le guerrier qui monte au combat après l’assaut de « Charlie », la fascisation du FN afin de pouvoir mieux se présenter en Jean Moulin de ce totalitarisme en peau de lapin, jusqu’à l’autoportrait à travers l’hommage aux panthéonisés (résistants, courageux, déterminés, luttant à contre-courant, mais un jour reconnus par l’Histoire…), tout cela cache la nullité de l’action sous des images dont on voudrait qu’elles cristallisent un capital de sympathie transformable en électorat le jour venu.

LIRE: http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20150604.OBS0127/michel-onfray-denonce-le-coup-d-etat-liberal-permanent.html

Aude Lancelin

Publié le 06-06-2015

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Stéphane Ravier, les idées fixes
par Olivier-Jourdan Roulot
29 avril 2015

Il est le héros d’un documentaire diffusé jeudi sur France 3. Devenu un notable de la République, le sénateur-maire FN des 13 et 14èmes arrondissements de Marseille n’en a pas pour autant édulcoré son discours. Bien au contraire.

Le secrétaire départemental du FN dans les Bouches-du-Rhône, terre de mission pour le parti lepéniste (photo OJR)

Officiellement, il n’aime pas l’image que les médias renvoient de lui. Celle d’un dur, d’un extrémiste. « L’image d’un malade mental, m’a-t-il un jour soufflé sans détours, yeux dans les yeux. Pourtant je n’ai pas d’uniforme, je ne suis pas botté ni casqué ». Le tout conclu dans un grand rire. Car Stéphane Ravier aime rire. Et en ce moment il ne s’en prive pas.

De botte et de casque, le patron du FN à Marseille — rôle qu’un Gilbert Collard lui a un temps contesté, avant de s’en retourner bronzer dans son mas gardois — n’en a pas besoin pour dérouler publiquement un discours ….Lire la suite sur https://medium.com/@oroulot/st%C3%A9phane-ravier-les-id%C3%A9es-fixes-95a1b413e95c

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08:34 23.03.2015(mis à jour 09:35 23.03.2015)

 

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Cliquez ici pour savoir les résultats de votre département.

09:28 Le hashtag #départementales2015 en sixième position sur Twitter au niveau français.

09:27 Manuel Valls appelle au « rassemblement de toute la gauche ».

09:15 Les derniers résultats selon L’AFP: la droite est sortie largement en tête du premier tour des départementales, alors que la gauche divisée est en passe de perdre dimanche prochain une trentaine de conseils généraux et que le FN, à plus de 25%, est qualifié dans plus d’un canton sur deux.

09:12 « Il y a un ou deux départements, l’Aisne et le Vaucluse, où l’hypothèse d’une victoire FN n’est pas folle. » #BourdinDirect

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manuel-valls-Le Premier ministre, qui aime beaucoup cette phrase, continue à reprocher au FN de « ne pas aimer la France ».

Publié le 10-01-2015 à 13h02 – Modifié à 14h16

Avatar de Thomas GuénoléPar 

Politologue

LE PLUS. Le Front national a profité de l’émotion provoquée par les attentats en France pour mettre en avant son programme politique. Le parti méprisé par « Charlie Hebdo » regrette avec grand bruit aujourd’hui d’être mis à l’écart du deuil national. Certains l’aident même à faire du raffut. Selon notre chroniqueur Thomas Guénolé, le FN ne semble pas connaître la notion de recueillement.

Édité par Rémy Demichelis  Auteur parrainé par Mélissa Bounoua


Le Front national n’a pas été convié au rassemblement républicain du dimanche 11 janvier (E. LICHTFELD/SIPA).

Les assassinés de « Charlie Hebdo » étaient les ennemis politiques radicaux du FN, au point d’avoir essayé de faire légalement interdire ce parti. Le FN n’a donc pas sa place dans une marche organisée en leur honneur. Réciproquement, si un attentat tuait Jean-Marie Le Pen et si s’ensuivait une marche en son honneur organisée par le FN, son ennemi politique le plus résolu, Jean-Luc Mélenchon, se verrait refuser d’y participer si tant était qu’il le souhaitât.

C’est l’évidence même : il n’y a même pas matière à s’interroger.

L’indécence du FN : en recherche de légitimité

Indécence de Marine Le Pen, lorsqu’en pleine souffrance de tout un peuple, elle déploie son plan com’ de normalisation du FN sur les cadavres des victimes de l’attentat.

Elle profite de l’occasion pour faire de la réclame, en rappelant que le FN propose de rétablir la peine de mort. Elle exige d’être invitée à la marche républicaine du 11 janvier, pour que cela vaille certificat de républicanisme décerné à son parti. Face au refus, elle insiste, ouvrant et entretenant ainsi une polémique en plein deuil national. Indécence.

L’indécence des politiques : nourrir les polémiques

Indécence des vedettes politiques, lorsqu’en pleine douleur de toute une nation, elles poursuivent leur cirque habituel qui, fondamentalement, n’intéresse qu’elles-mêmes, les gens qu’elles emploient, et les gens qui sont payés pour commenter leur foire d’empoigne.

Les voilà donc qui s’agitent face au chiffon rouge lepéniste. En temps normal, cette foire d’empoigne est tolérable, « tolérer » signifiant accepter avec « souffrance ». Elle constitue un mal nécessaire, la contrepartie lamentable d’une société de pluralisme et de liberté.

En revanche, quand les morts ne sont pas même enterrés, quand tout un pays les pleure, il est minable d’aller nourrir les polémiques par ses petites phrases sur les plateaux radiotélévisés et dans la presse. Indécence.

L’indécence de plusieurs médias : salir le deuil

Indécence de plusieurs médias de masse, enfin, parce que, pour que les polémiques aient pu maculer de boue le tissu noir du deuil national, il a fallu trois indécences conjuguées :

– Celle de Marine Le Pen à déployer son plan com’ sur les cadavres des victimes

– Celle du vedettariat politique à embrayer avec son médiocre barnum

– Celle des journalistes qui tendent le micro aux salisseurs de deuil

D’un côté, depuis deux jours, un peuple tout entier souffre collectivement, avec empathie, avec dignité, avec pudeur. De l’autre, nombre de salles de rédaction ont relancé leur mécanique hystérisée : « L’unité nationale va-t-elle tenir ? L’unité nationale peut-elle tenir ? L’unité nationale ne va-t-elle pas se fissurer ? Premières fissures dans l’unité nationale ? etc. »

Prises au piège de leur propre machine infernale sensationnaliste à courte vue, ces salles de rédaction auront ainsi pourri elles-mêmes le deuil que par ailleurs elles croient porter. Indécence.

Je fais partie des millions de Français à qui la triple indécence de Marine Le Pen, des vedettes politiques et de plusieurs médias mainstream donne la nausée, pour ne pas dire la gerbe. Pour le dire plus abruptement : mais où diable ces gens-là ont-ils été élevés ?

source: http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1304188-charlie-hebdo-la-triple-indecence-de-marine-le-pen-des-medias-et-des-politiques.html?utm_source=twitterfeed&utm_medium=twitter

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François Cocq

impasse pour l'éducationLe Front National vient de rendre public un document de propagande vantant le bilan des communes qu’il dirige. Celui-ci a vocation à être remis aux militants lors du Congrès de Lyon mais a déjà été transmis à la presse et figure désormais sur le site du parti frontiste (ici). Les politiques éducatives pratiquées dans les 11 villes FN y sont soigneusement évitées. Et pour cause ! C’est au peuple de payer la facture. La preuve.

Voir l’article original 630 mots de plus

Maxime Tandonnet - Mon blog personnel

imagesBizarrement, les trois principaux partis politiques au regard des sondages, le ps, l’ump et le fn envisagent tous les trois, en même temps, de changer de nom. Est-ce un hasard? Certainement pas, bien au contraire. Le constat est simple: ils n’ont rien de crédible à proposer aux Français, aucune idée nouvelle, aucun projet, aucune perspective réaliste. Le débat de société est mort, sur tous les thèmes. Ils ne savent pas où ils en sont, ce qu’ils sont, où ils vont, ce qu’ils veulent. Les partis politiques, selon le sondage CEVIPOF de janvier 2014 sont l’institution envers laquelle les Français éprouvent la plus grande réserve: 7% leur font confiance! Ils oscillent entre le néant idéologique et la dérive sectaire ou haineuse. Ils sont remplis de vide et de prétention. Leur existence se limite à l’instrument d’ambitions carriéristes, à l’expression de dérives personnelles mégalomaniaques. Alors, comme ils ont tous honte de leur histoire…

Voir l’article original 59 mots de plus

« Adieu Le Pen » : doc inédit de Serge Moati dans “Infrarouge” le 16 octobre sur France 2

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« Adieu le Pen », c’est le « clap de fin » d’un tournage au long cours pour Serge Moati, du côté de l’autre rive : celle de l’extrême droite française et de son vieux leader, au crépuscule de sa vie. « Adieu le Pen », c’est l’histoire d’un homme et de sa traversée du siècle mais aussi et surtout celle d’un parti « relifté » par Marine qui tente de faire oublier les remugles sulfureux d’un « passé qui ne passe pas ».

 

LIRE: http://www.coulisses-tv.fr/index.php?option=com_k2&view=item&id=4575:%C2%AB-adieu-le-pen-%C2%BB-doc-in%C3%A9dit-de-serge-moati-dans-%E2%80%9Cinfrarouge%E2%80%9D-le-16-octobre-sur-france-2&Itemid=403

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photo_bilger_1Ce que j’aurais pu dire après « Adieu Le Pen » de Serge Moati…

Il est clair que Serge Moati est un incomparable chroniqueur de notre vie politique, profonde ou superficielle. Son tour de force est d’être à la fois absent, pour laisser parler l’autre, les autres, et présent, sa personnalité n’étant pas de celles qui méritent d’être mises entre parenthèses.

J’ai eu la chance d’être invité à la projection privée de son dernier film documentaire « Adieu Le Pen », qui offre une vision très éclairante des rapports entre Jean-Marie Le Pen et Marine Le Pen, entre le père et la fille. Il me semble que Serge Moati s’est davantage débridé dans ses commentaires : peut-être, subtilement, a-t-il voulu prévenir le reproche récurrent des intolérants inguérissables, celui d’être trop empathique avec Jean-Marie Le Pen. Comme s’il fallait détester les hommes pour ne pas apprécier leurs idées et leurs positions !

A l’issue de la projection, il n’y a pas eu de débat et après une seconde de regret, tant j’adore jeter un peu de provocation dans les consensus que je pressens convenus, j’ai trouvé que le passage direct au buffet constituait une démarche pleine de sagesse.

D’abord, à la suite de ces projections singulières réservées à un public amical quoique parfois professionnel, il est bienséant d’avoir l’admiration ostensible ou pour le moins perceptible. Je déteste les rites, les conventions, les tics qui enferment dans l’adhésion obligatoire et imposent de porter aux nues. Pour prendre l’exemple de Serge Moati, ma dilection pour son oeuvre et son talent n’aurait pas eu de sens puisque le contraire aurait été malvenu en cette circonstance particulière.

Ensuite, je ne suis resté qu’un quart d’heure à la réception qui a suivi le film parce que j’ai perçu subtilement l’étouffement, la bonne conscience et le bloc d’homogénéité d’un public accordé sur le FN et sur le procès de type stalinien à lui intenter, la globalisation sans nuance, le fascisme à nos portes. Au fond le refus de tout ce qu’une intelligence véritable doit comporter et diffuser : de la souplesse, de la précision, de la liberté, aucun préjugé.

Or la ligne idéologique, heureusement battue en brèche par la vie des images et la force du verbe, a été tracée dès la présentation par le producteur : la fille est comme le père et le FN demeure, sous toutes ses latitudes, le diable inaltérable dont le confort intellectuel et le conformisme progressiste ont besoin. Ce parti ne change pas pas plus que ses adversaires.

Pourtant on ne peut pas prétendre que Serge Moati n’avait pas tout tenté pour nous ouvrir les yeux, l’esprit. Le simple rapprochement, même dans les attitudes physiques et l’instinctive, inévitable expansion des natures, entre les scènes dont Jean-Marie était le protagoniste et celles qui mettaient en évidence Marine, révélait la dissemblance. Malgré la délectation ironique de nous confronter souvent à des mines patibulaires et extrémistes en première ligne !

Quand on s’attachait aux propos, bien davantage encore.

Les séquences illustrant l’allégresse collective après les succès électoraux ne montraient pas la présidente du FN sous un jour grotesque et les ambitions qu’elle affichait étaient à la hauteur de la menace qu’elle représentait pour beaucoup. On aurait eu, peu ou prou, le même type de joie à la fois compréhensible et un tantinet vulgaire dans n’importe quel parti, pour peu qu’il y ait eu des avancées et une victoire à la clé.

Au-delà de ces différences en même temps apparentes et signifiantes, il en est une plus radicale qu’une analyse politique de bonne foi fait surgir.

Avec Jean-Marie Le Pen, nous avons été installés dans le domaine de l’indignation éthique et historique et le reste a été en permanence occulté, sans doute parce que ses obsessions le rattachaient irrésistiblement à ce passé et que tout ce qui aurait pu préparer concrètement le FN au pouvoir lui faisait peur. Il est des personnalités qui devinent ne pouvoir compter que sur elles, pour le meilleur et pour le pire. Le Pen est de celles-là : il suffit pour s’en convaincre de voir avec quelle minutie il détruisait dès le lendemain les succès politiques obtenus la veille par sa fille.

Avec Marine Le Pen, on a changé de monde.

Le FN, dorénavant, est inséré dans l’espace politique. On peut estimer son projet « dangereux » comme Alain Juppé ne cesse de le répéter avec clairvoyance, tout en ne méprisant pas son électorat, contrairement à Bernard-Henri Lévy qui récemment a fait d’une multitude désespérée, déboussolée, perdue, souvent modeste, des ennemis de la République.

L’opprobre moral, parce que Marine Le Pen est aux antipodes de la nostalgie et de l’aigreur historiques couvées par son père, ne constitue plus un moyen efficient pour juger le FN, pour le combattre, pour le contredire. Il convient techniquement de pourfendre l’habileté stratégique et tactique de cet immense fourre-tout qu’est devenu le programme de ce parti. Et de mettre en évidence avec pragmatisme et compétence ses impossibilités opératoires et ses facilités tribunitiennes.

Mais nous sommes dans l’univers républicain dans lequel ne prospèrent pas que des concepts de rosière et des délicatesses idéales, quel que soit le parti.

Tant qu’on continuera d’assimiler le FN d’hier à celui d’aujourd’hui, le père à la fille, on se trompera de cible et on favorisera la montée de ce qu’on préfère vaguement et éthiquement dénoncer parce que politiquement on croit qu’on n’y arrivera pas. C’est un changement de cap et d’orientation qu’il s’agit de mettre en oeuvre. Le FN n’est pas ailleurs. Il est en plein dans notre paysage démocratique. Il ne se laissera pas déloger par les voeux pieux ni par la bonne conscience de ceux qui méprisent le peuple. Mais par, enfin, une politique qui sur tous les plans le rendra moins désiré.

Voilà ce que j’aurais pu dire après « Adieu Le Pen » de Serge Moati.

http://www.philippebilger.com/

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photo_bilger_1Puisque les politiques, à droite ou à gauche, au pouvoir ou dans l’opposition, n’osent pas s’exprimer clairement sur certains sujets, comme s’il y avait en dépit des antagonismes un corporatisme, une solidarité de ceux qui gouvernent, de ceux qui aspirent à gouverner et de ceux qui désirent gouverner à nouveau, puisque les journalistes répugnent à révéler la nudité du roi, il faut bien que le citoyen s’en mêle.

J’ai attendu pourtant. Vainement. J’ai espéré. Pour rien.

Cependant le choc que j’ai ressenti en lisant ce propos de Nicolas Sarkozy dans Le Journal du Dimanche n’était pas léger ni artificiel. Il aurait dû être celui de beaucoup. En lisant, je n’en ai pas cru mon esprit, mes yeux.

« Je ne suis pas décidé à laisser la France dans un tête-à-tête entre le FN et le PS ».

D’abord, je l’avoue à ma grande honte, le toupet du personnage a presque suscité une forme d’estime pour un caractère capable non pas de retourner sa veste mais de l’offrir alors qu’elle est mitée, trouée de toutes parts. Qu’elle a trop servi.

Ensuite, je me suis rappelé un sondage récent faisant d’Alain Juppé le rempart le plus efficace contre le FN, ce qui ne semblait pas absurde au regard des positions constantes du maire de Bordeaux.

Enfin, et c’est alors seulement que j’ai pris la pleine mesure de l’énormité de cette assertion, je me suis questionné. Nicolas Sarkozy qui est réputé pour être hypermnésique n’a-t-il des trous de mémoire que pour sa vie politique et sa démarche présidentielle ?

En effet, comment oser soutenir qu’il veut faire échapper les Français à un affrontement entre le PS et le FN alors qu’en 2012 il a fait gagner le premier et progresser le second ?

Sa campagne de 2007 est bien lointaine qui avait permis d’assécher, croyait-on pour longtemps, le FN alors que cinq ans plus tard, sa démagogie et son cynisme, motivés par son retard substantiel dans les sondages, n’avaient fait qu’amplifier l’avancée de ce parti extrême en favorisant sa représentante.

Dans ces conditions, il est inconscient ou mensonger de se présenter comme un sage quand on a été un incendiaire, comme un médiateur alors que, pour sauver sa mise présidentielle, on a fait perdre la France sur les deux tableaux et conduit beaucoup de tenants de la droite non sarkozyste à voter en faveur de François Hollande.

Un jour, peut-on espérer que l’UMP atteindra ce niveau minimal d’éthique qui la dissuadera par principe non pas tant de donner ses suffrages à un vaincu que d’en faire bénéficier un ancien président qui a déjà mal servi, qui est englué dans les affaires, la dernière en date, Bygmalion, n’étant pas la plus anodine ?

Ou bien faudra-t-il attendre que Jérôme Lavrilleux aille au bout de la vérité et Eric Cesari vers plus de sincérité que de fidélité pour que ce grand parti secoué, mais pas encore mort, se ressaisisse et se décide enfin, pour avoir l’esprit propre et un avenir honnête, à faire l’impasse sur celui qui, ayant tout décidé, doit tout assumer, ayant tout validé, doit tout s’imputer ?

Les médias qui ne sont guère originaux ne cessent de nous répéter que Nicolas Sarkozy demeure « serein » – un adjectif absurde aussi bien au regard de son être que de la réalité trouble qui, au fil des semaines, émerge et qui aurait dû dégoûter depuis longtemps tout citoyen normalement constitué.

Quand j’entends les duettistes Didier et Peltier, au demeurant sympathiques, s’obstiner à chanter la gloire de leur héros, je suis partagé entre l’étonnement ou l’irritation. Sont-ils aveugles, sourds ou bien l’éthique, à cause de la contagion d’un quinquennat calamiteux pour l’état de droit, est-elle devenue le cadet de leurs soucis et une misérable obligation ?

Ainsi cette indifférence à l’honorable, cette désinvolture, cette sous-estimation de l’intégrité seraient consubstantielles aux quelques-uns qui continuent d’afficher une inconditionnalité pour Nicolas Sarkozy, de plus en plus intense à proportion même de son caractère de moins en moins crédible et légitime ? On force puisqu’au fond, on n’est plus dupe.

A l’UMP, le temps des révérences est révolu. Alain Juppé et sa roideur laconique, François Fillon et son courage et ses provocations qui, peut-être, ne seront pas rétractés dès le lendemain, Xavier Bertrand qui suit son sillon et n’est pas offensé mais stimulé par le peu d’importance et d’influence qu’on lui prête, Bruno Le Maire dont le verbe est révolutionnaire et d’autres encore, qui ne feront pas de la droite sans Sarkozy un monde orphelin. Bien au contraire. Ce serait comme l’équipe de France sans Ribéry : une merveilleuse aubaine.

Notre ancien président a raison sur un point capital : il faut tout changer. Ce « tout » doit l’englober, l’intégrer.

On a donné sa chance, en 2012, à François Hollande et, pour l’instant, il ne l’a pas saisie. Il a trahi à la fois ceux qui le désiraient et ceux qui ne voulaient plus de Sarkozy, la gauche pure et dure et le conservatisme éclairé et décent. Il n’est pas impossible que ce qui se déroule actuellement à droite, les nuages lourds et noirs dissipés, représente une aurore certes encore modeste mais plus qu’un frémissement : une envie de se débarrasser d’hier, d’inventer demain.

Alors la droite pourra redevenir un horizon. On aura le droit de revenir. Sans honte.

Mais alors forcément sans lui !

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