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Orchestre d'Anne Gravoin : une petition reclame la publication des comptes
Le 31 mars dernier, « l’Obs » a révélé que l’Alma Chamber Orchestra, dirigé par l’épouse de Manuel Valls, a été aidé et financé par deux proches de Denis Sassou-Nguesso, le dictateur congolais.

L’enquête de « l’Obs » sur l’Alma Chamber Orchestra, l’orchestre dirigé par Anne Gravoin – l’épouse de Manuel Valls – n’en finit pas de faire des vagues. Après la démission d’Anne Gravoin de son poste de directrice artistique, annoncée par nos confrères de « Closer », l’ONG Sumofus a mis en ligne lundi 25 avril au matin une pétition pour demander la publication des comptes financiers de la société d’Anne Gravoin, AG Productions, prestataire et productrice de l’Alma Chamber. Mardi à la mi-journée, la pétition recueillait déjà 23.000 signatures.

LIRE sur:

http://m.nouvelobs.com/politique/20160425.OBS9198/orchestre-d-anne-gravouin-une-petition-reclame-la-publication-des-comptes.html

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Anne Gravoin au concert de Florent Pagny en juillet 2015 à La Rochelle. Image d'illustration.

L’hebdomadaire « L’Obs » publie une enquête sur l’Alma Chamber Orchestra, dirigé par l’épouse du Premier ministre… Et sur les zones d’ombre qui l’entourent.

Publié le 30/03/2016 | Le Point.fr

Anne Gravoin au concert de Florent Pagny en juillet 2015 à La Rochelle. Image d’illustration. © CITIZENSIDE/ FABRICE RESTIER

C’est une enquête qui risque de faire du bruit. Et pas seulement pour la grâce des interprétations des plus grands airs classiques. L’Obs publie ce jeudi un long papier sur l’Alma Chamber Orchestra, l’orchestre dont la direction artistique a été confiée à la femme du Premier ministre français depuis trois ans. Anne Gravoin est violoniste. L’hebdomadaire note quelques zones d’ombre autour de cet orchestre, composé des meilleurs solistes mondiaux. Une formation qui souhaite « diffuser un message de paix et de fraternité »…

L’Obs indique qu’au fil des mois « l’orchestre a aimanté l’intérêt d’une mosaïque de personnages, au carrefour de la politique, des affaires, de la diplomatie parallèle, tous gravitant autour de Mme Valls officiellement par « amour de la musique » ». L’hebdomadaire poursuit : « On y trouve pêle-mêle un marchand d’armes, un vieux routier de la Françafrique, un raider boursier reconverti dans la vente de tenues militaires et, enfin, un businessman naviguant entre la France et le Koweït. »

On apprend ainsi que l’orchestre serait soutenu par la fondation du plus important groupe d’armement en Afrique (Paramount). Zouhir Boudemagh, le mécène principal de l’orchestre (également président), aurait eu besoin de nouveaux partenaires, las de tout financer lui-même. Il aurait jeté son dévolu sur Jean-Yves Ollivier, un « homme d’affaires aux multiples vies, figure de la Françafrique », décoré de la Légion d’honneur par Manuel Valls en 2015, et Ivor Ichikowitz, « richissime marchand d’armes sud-africain » qui aurait organisé la tournée de l’orchestre en Afrique du Sud. Ces deux partenaires seraient proches du très contesté président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou-Nguesso.

Diplomatie musicale

Enfin, selon L’Obs, Anne Gravoin utiliserait les réseaux de son mari pour remplir les salles. Cité par le magazine, un ancien membre du gouvernement explique que les ministres avaient été invités à un concert Salle Pleyel en 2014. « Trois semaines avant, les réservations étaient à moitié vides et, après le remaniement, c’était complet », signale-t-il. « Quand l’épouse du Premier ministre se produit à l’étranger, même à titre privé, les ambassadeurs ne restent pas les bras croisés », signale le magazine.

L’hebdomadaire a contacté en amont de l’enquête la femme de Manuel Valls. Dans un premier temps, elle n’a pas souhaité répondre, car elle estimait que l’article serait « à charge ». Avant d’envoyer un mail à L’Obs pour préciser qu’elle n’était qu’une simple « prestataire » au sein de cet orchestre.

http://www.lepoint.fr/societe/le-mysterieux-orchestre-d-anne-gravoin-30-03-2016-2028963_23.php

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PLUS:

sassou_samba-panza_01La profonde inimitié entre le président congolais et son homologue centrafricaine Catherine Samba-Panza aurait-elle une influence sur la manière de ce dernier à gérer la crise centrafricaine dont il en est officiellement le médiateur ? La tendance serait à le croire, au vu de ses dernières actions et autres volte-faces récurrentes.

RAPPEL

Denis Sassou N’Guesso n’a jamais porté Catherine Samba-Panza dans son cœur, secret de Chimène, et ses médiations dans la crise en RCA en permanence tentèrent de se passer d’elle, qu’en privé il traite « d’idiote prétentieuse juste bonne à lustrer ses pagnes ».

Bien avant la réunion de Brazzaville (Juillet 2014), fin décembre 2014, il avait déjà sollicité le président kényan pour une éventuelle rencontre entre les belligérants centrafricains, mais hors la présidente centrafricaine. Il suscita l’accord de l’Union africaine qu’il reçut. Le président Kenyatta donna son accord, sans se douter que Bangui n’était pas au courant.

Et N’Guesso de ne convoquer que les représentants de Djotodia et de Bozizé pour débattre d’un accord de cessez le feu entre eux. Simplement, toutes les factions Séléka et Anti-Balaka ne sont pas informées non plus de ces démarches, la plupart découvrant la chose à travers la presse. Le seul à Bangui à être au courant était l’incontrôlable Joachim Kokate, que la présidente Samba-Panza crut bon d’intégrer dans son gouvernement. Durant les tractations en cours, le 17 janvier dernier, le ministère congolais des Affaires étrangères émettait même un communiqué saluant « les avancées enregistrées lors des discussions de Nairobi ».

LA BOITE DE PANDORE

A Nairobi, les participants en sont arrivés à une conclusion dont tout un chacun pouvait se douter. « AMNISTIE GENERALE « pour tous les criminels Anti-Balaka et Séléka, et rejet du pouvoir de Samba-Panza. Seuls des idiots pouvaient croire à des conclusions autres. Denis Sassou N’Guesso qui ne s’attendait pas à cela, a ouvert la boîte de Pandore sans le savoir, car il remet sur le terrain, tout simplement la chienlit en Centrafrique. Balle au centre pour le « bordel généralisé ». Négation du pouvoir pseudo légal de Bangui, outre passage des pouvoirs de l’ONU en RCA pour s’en remettre à la bonne volonté de criminels avérés. Car avec de telles pratiques, MINUSCA, EUFOR-RCA et SANGARIS n’ont plus rien à faire en RCA. Le président congolais s’en remettant aux caprices de Bozizé et de Djotodia.

Du coup, depuis le 27 de ce mois, il fait marche-arrière et désavoue l’accord signé à Nairobi. Chose écrite dans un document dont LNC s’est procurée copie. Dedans, officiellement, il informe le président Uhuru Kenyatta de son désavoeu des conclusions de la rencontre de Nairobi que lui-même a initiée.

Denis Sassou Nguesso, tout en remerciant « de tout cœur » le président kényan pour « sa contribution », estime que « les conclusions issues de ces négociations, en dépit de leur pertinence ne vont pas dans le bon sens. » En regrettant que ces pourparlers aient « abouti à un accord supplémentaire entre les ex-Séléka et les anti-Balaka », tout en estimant que cela fait « un double emploi [préjudiciable] aux efforts consentis à Brazzaville ». Et de conclure : « Cette hypothèse n’est ni envisageable, ni acceptable. Cet accord qui s’écarte du schéma de la médiation internationale ne saurait donc être validé ».

En termes plus simples, le pompier pyromane fait marche arrière.

Aline M’Pangba-Yamara
LNC

Sources:

http://www.alwihdainfo.com/Congo-Quand-Denis-Sassou-N-Guesso-joue-avec-le-feu-en-RCA_a14645.html

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Le colonialisme français perdure… Total (Elf) le bras armé de la Françafrique

Total (et Elf) bras armé de la Françafrique: Un mort à Moscou des millions de morts en Afrique

Solidarité Internationale- 23 Octobre 2014

url de l’article:

http://www.cameroonvoice.com/news/article-news-16673.html

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En 2000, Elf-Aquitaine et Totalfina fusionnent pour donner naissance à un géant pétrolier : Total. Le but est aussi de faire oublier les affaires de corruption, les trafics d’armes, les détournements de fonds auquel a largement contribué l’ancêtre gênant de Total.

Elf hier, Total aujourd’hui sont au cœur de la « Françafrique », ce vaste système de perpétuation du colonialisme sous d’autres formes, par des réseaux semi-mafieux, maintenant le continent dans la misère, la corruption, la dépendance au profit des seuls intérêts français.

Une brève histoire des rapports d’Elf puis de Total avec le continent africain nous permettra de mesurer que la mort du PDG du groupe pétrolier cache celle de millions d’Africains depuis la création d’Elf dans les années 1960.

Elf et la naissance de la Françafrique

Dans les années 1960, le général de Gaulle est conscient de la nécessité de maintenir un lien entre l’ancienne métropole coloniale et les nouveaux pays indépendants, avec un seul objectif, après la perte du bijou algérien : défendre les intérêts des grands groupes français.

C’est ce qui motive la création d’Elf en 1966, confiée à l’ancien responsable des services secrets Pierre Guillaumat qui va s’entourer d’agents du renseignement. Il va fonctionner étroitement avec Maurice Robert, patron du service Afrique du SDECE, et Jacques Foccart, conseiller à l’Elysée pour les affaires africaines.

Acte 1 : la guerre civile du Cameroun

Total s’est officiellement retiré du Cameroun en 2010. Pendant très longtemps, le pays a été une des bases africaines pérenne – avec le Gabon – d’Elf puis Total. Un pays gouverné depuis 1960 par deux dictateurs absolus : Ahamdou Ahidjou puis Paul Biya.

Pour aller à l’essentiel, dans les années 1960, la France comme le bloc occidental est sur la défensive en Afrique, dans le Tiers-monde où tous les pays ou presque se disent « socialiste », « révolutionnaire », se tournent vers Moscou ou la Havane.

Pour la France, pas question de perdre le Cameroun qui apparaît alors comme une puissance pétrolière émergente. Le nouveau dirigeant installé par Paris, Ahamadou Ahidjou, est contesté par une rebellion marxiste. La France va alimenter une répression féroce entre 1960 et 1971.

Les troupes d’Ahidjo vont user de méthodes fascisantes de terreur et de propagande conseillées par l’école française de contre-subversion menée par Maurice Robert. Leur sévice favori : couper la tête de leurs adversaires, les exposer en public sur les places, les chemins.

Le pouvoir met en place des camps de concentration, suscite les délations, les confessions publiques dignes de l’Inquisition tandis que s’installe un régime à parti unique, le culte de la personnalité et des formes d’épuration ethnique.

En 1971, la rebellion est matée avec un coût humain exorbitant, qu’on ne sera sans doute jamais. L’ambassadeur de Grande-Bretagne parlait de 75 000 morts en 1964, le journaliste du Monde André Blanchet en évoquait 120 000 en 1962. Sans doute bien plus en 1971.

Elf a hérité de ce régime totalitaire, qui a le sang de centaines de milliers de Camerounais sur les mains. C’est le groupe pétrolier qui va faire la loi au Cameroun.

Selon Loik Le Floc’h Prigent, c’est Elf qui a choisi l’actuel président camerounais, Paul Biya, qui n’a rien changé à ce régime autocratique : il est ré-élu en 2011 avec 78 % des voix, et le silence du tuteur français.

Acte 2 : Nigeria et la guerre du Biafra

La guerre du Biafra fut une horreur médiatisée en Occident par les photos d’enfants mourant de faim, servant cyniquement les intérêts de tel camp ou d’un autre. Elle a fait entre 2 et 3 millions de morts. La sécession du Biafra n’était pas fortuite, elle abritait l’essentiel des champs pétroliers.

La France du général de Gaulle soutient alors la sécession – aussi pour rogner sur l’ancien empire colonial britannique.

Elf joue un rôle fondamental en fournissant ses réseaux pour alimenter les rebelles en armes, mercenaires, détourner l’aide humanitaire. Elf, comme Shell et BP, vont être les premiers à négocier les contrats pétroliers avec l’autorité rebelle du Biafra.

Acte 3 : le protectorat Gabonais, notre ami le dictateur Omar Bongo

Depuis 1960, le Gabon est un protectorat français, la tête de pont de l’impérialisme français en Afrique. Ce petit pays est aussi un très riche Etat pétrolier, depuis la découverte des premiers gisements off-shore en 1962.

L’action de la Françafrique au Gabon commence en 1964 quand le président Mba est renversé par un coup d’Etat. Foccart, Guillemat (président de l’ancêtre d’Elf) et Maurice Robert décident alors de le ré-installer au pouvoir.

Omar Bongo, président à partir de 1967, ancien des services secrets français, deviennt leur homme de paille. Le Gabon est alors la base arrière pour tous les mauvais coups de la France, du Nigeria au Congo.

Bongo va diriger son pays sous un régime à parti unique, est réélu régulièrement à 99 %. Il détourne des centaines de millions de $ issus des contrats avec Elf essentiellement.Il assassine ses opposants, avec l’aide des réseaux de barbouzes français.

Omar Bongo père est mort en 2009, son fils Ali Bongo a pris la succession. Tout a changé pour que rien ne change, un multi-partisme de façade, des élections trusquées masquent la domination intacte du clan Bongo.

Acte 4 : au Congo, soutenir le dictateur ‘marxiste’ Denis Sassou N’Guesso

Elf ne faisait pas de l’idéologie, mais se basait sur des réalités. Au Congo, elle a soutenu Denis Sassou Nguesso de 1979 à 1991, celui que Loic Le Floch Prigent appelait le « dictateur marxiste sous contrôle d’Elf ».

Sassou N’Guesso avait fait le pari d’une économie nationalisée, avec des réformes progressistes financée par un pétrole, non pas entièrement nationalisé mais dépendant des contrats avec Elf.

Mais à partir de 1985, confronté une situation économique difficile, Sassou N’Guesso vire sa cutie et applique les plans d’austérité du FMI.

Balayé aux élections de 1991, Sassou N’Guesso semble accepter la sucession. En réalité, il va alimenter une guerre civile fratricide avec ses milices, les « Cobras », qui sèment la terreur dans Brazzaville.

Il obtient alors le soutien de son ami Omar Bongo – qui se marie avec sa fille ! – de l’armée angolaise, des tortionnaires tchadiens d’Idriss Deby et des milices génocidaires du Rwanda : tous nos amis sont là !

Les révélations de l’affaire Elf nous apprennent que si Elf, la France préféraient Sassou N’Guesso,elle a aussi payé les armes de Lissouba, ce qui a fait dire à un député français « qu’il n’y a pas une balle qui n’ait été payée par Elf ! ».

Le régime de Sassou N’Guesso n’a plus rien de progressiste, il octroie les contrats pétroliers à Elf, se soumet à la France tandis que son peuple s’enfonce dans la pauvreté. Entre-temps, la guerre civile congolaise aura fait 500 000 morts, largement à cause du « dictateur d’Elf » Sassou Nguesso.

Acte 5 : l’ « Angolagate »

Tout le monde connaît l’ « Angolagate », ce circuit français de trafic d’armes, de détournement de fonds qui a alimenté les différents camps de la guerre civile angolaise, livrant des tonnes de véhicules blindés, d’armes lourdes et légères mais aussi d’armes anti-personnelles.

Le procès Elf nous a révélé le cynisme d’Elf qui – comme la France, ainsi que les Etats-unis, la Grande-Bretagne – soutenait ouvertement le criminel de guerre Jonas Savimbi, un chef sanguinaire appuyé notamment par Israel et le régime d’apartheid sud-africain, et le finançait via les caisses noires d’Alfred Sirven, numéro 2 du groupe pétrolier.

Mais dans le même temps, Elf finançait aussi le gouvernement dit marxiste, via les réseaux politiques d’André Tarallo, proche des dictateurs gabonais Bongo et le congolais Sassou N’Guesso.

La guerre civile angolaise fait entre 500 000 et 1 million de morts, Elf contribue largement à l’alimenter, perlant le pays de mines anti-personnelles aux conséquences dramatiques pour les civils, en particulier les petits Angolais.

Aujourd’hui, l’Angola reste une des principales sources de profit du groupe Total, dans les petits papiers du dirigeant autoritaire et corrompu Eduardo dos Santos, passé du marxisme-léninisme au libéralisme à tout crin.

TOTAL, la corruption de nouvelle génération

Du passé, faisons table rase ?

Plein de sang sur les mains, trempés dans les affaires jusqu’au cou, Elf devient Total en 2000. Pourtant, en une dizaine d’années, Total n’est jamais tout blanc dans une série de conflits qui émaille le continent. C’est un euphémisme.

Acte 6 : Elf puis Total au cœur de la guerre civile soudanaise

La guerre civile soudanaise a été une des plus meurtrières du continent, faisant plus de 2 millions de morts, avec son cortège de déportations, de nettoyages ethniques, et autres crimes contre l’Humanité.

Elf avait obtenu en 1980 la concession d’un bloc d’exploration pétrolière au sud du pays, qui se révélera ultérieurement l’un des plus prometteurs du Soudan, dans un des pays aux richesses du sous-sol sans doute les plus méconnues, donc sources de convoitise.

La guerre civile contraint la France à suspendre ses travaux d’exploration en 1985. Elle soutient d’abord, ainsi qu’Elf, le gouvernement soudanais lui fournissant armes, ravitaillements en dépit du caractère répressif du régime incarné par Al-Bachir à partir de 1989, face aux Américains soutenant les rébellions sécessionistes. L’enjeu est le même : le pétrole du Sud-Soudan.

Le conflit soudanais est particulièrement confus, au vu des intérêts contradictoires dans la région entre le Tchad d’Idriss Deby, la Libye de Kaddafi mais aussi les Etats-unis, favorable à une sécession du sud, et la Chine, traitant avec le gouvernement d’Al-Bachir.

La France ne joue plus un rôle de premier plan dans les années 2000 mais Total bénéficie toujours de ses droits d’exploitation pétrolière au sud-Soudan. Total va d’abord négocier avec le gouvernement d’Al-Bachir la reprise des travaux de forage.

Puis après 2011, Total va être le premier à s’engouffrer dans l’indépendance fantoche du sud-Soudan. Son bloc de 120 000 km 2 se révèle très intéressant, Total bénéficiant des largesses du nouveau gouvernement dépendant à 95 % du pétrole.

Sans aucune certitude, il n’est pas à exclure que Total, face à l’emprise de plus en plus forte de la Chine sur le Soudan, se soit rallié à la position américaine : la sécession du sud-Soudan. Une farce mais aussi un précédent aux conséquences potentiellement périlleuses à l’échelle mondiale.

Acte 7 : la Libye, une guerre pour un nouveau partage du gâteau

La Libye est un géant régional du pétrole. Total était présent sous la Libye de Kaddafi, exploitant 15 % du pétrole, avec de forts soupçons de corruption, réveillés par des enquêtes sollicitées par les autorités libyennes et américaines (non sans arrière-pensées)

Dans cette histoire très récente, il est difficile d’avoir des preuves irréfutables. Toutefois, il ne fait guère de doute avec le gouvernement qatari, Total a été parmi les acteurs poussant la France à intervenir militairement en Libye afin de prendre une part plus grande du gâteau pétrolier.

On se souvient que le CNT (Conseil national de transition) libyen composé de guerriers islamistes, de politiciens véreux et d’affairistes en rupture de ban,avait promis 35 % de son pétrole à Total.

Une révélation illustrant bien les intérêts de Total dans une guerre qui a fait au bas mot 60 000 morts en 2011, et qui a laissé un pays dans le chaos total à l’heure qu’il est.

Acte 8 : Mali (et Centrafrique), les intérêts de Total derrière la guerre

L’implication des grands groupes français – d’abord Areva et Total – dans la guerre au Mali ne fait guère de doute, en dépit des dénégations de certains « experts ».

Le Mali n’est pas encore un pays pétrolier. Mais le bassin de Taoudénni recèle de vastes réserves pétrolières qui ont attiré depuis le milieu des années 2000 une foule de groupes pétroliers internationaux : l’algérien Sonatrach, l’italienne ENI ou encore l’entreprise nationale chinoise.

Ces bassins pétroliers sont situés au nord du pays, Total n’en aurait obtenu qu’une petite partie, pas forcément la plus juteuse. Coincidence, la rebellion malienne est partie du nord et a légitimé une intervention française qui lui a permis de fait de sécuriser le nord riche en réserves pétrolières.

Les dernières négociations semblent laisser à Total – de la même manière qu’en Centrafrique – la plus grosse partie du gâteau, tandis que le groupe pétrolier français vient d’obtenir les contrats d’exploitation du bassin de Taoudeni, dans la Mauritanie voisine.

Acte 9 : au Nigeria, alimenter la guerre civile communautaire

On parle beaucoup du Nigeria récemment. Le pays le plus peuplé d’Afrique, la première puissance pétrolière du continent est aussi un des pays les plus pauvres, corrompus, déchirés par les conflits communautaires.

Il est difficile de dire dans quelle mesure Total alimente ce climat. Le rapport du Mr.anti-corruption du pays, Nuhu Ribadu, révèle que 75 % des revenus du pétrole, soit 35 milliards de $, échappent au budget de l’Etat. Selon le rapport, Shell, ENI et Total alimentent cette corruption.

On sait aussi que Total emploie des sociétés militaires privées au Nigeria qui sont un des acteurs meurtriers dans la guerre civile nigérianne, face aux milices islamistes, aux mercenaires locaux.

Enfin, un dernier rapport publié en 2011 par des ONG dont « Les amis de la Terre » couronne le tableau. Total connaît des relations excécrables avec les communautés locales, avec des démarches d’expulsions forcées de population en 2006.

Total soutient certaines communautés comme celle Egi (en fait une petite partie d’entre elle, celle liée au pouvoir) contre les autres. Diviser pour mieux régner, Total joue visiblement un rôle actif dans les conflits ethniques locaux, quitte à embraser le pays.

Acte 10 : collaboration avec la monarchie marocaine autoritaire dans le Sahara occidental occupé

Enfin, pour finir, en 2002 Total a signé un contrat de prospection pétrolière avec la monarchie autoritaire marocaine, ayant conclu un pacte de pouvoir avec les islamistes, au Sahara occidental.

Depuis, Total engage des opérations de prospection, dans le mépris le plus total des droits des populations locales, subissant l’occupation marocaine depuis 39 ans.

L’ONG Western Sahara Ressources Watch (WSRW) a dénoncé dans un rapport en 2013, intitulé « Injustice totale » les agissements de Total au Sahara occidental, son non-respect des populations locales, comme des prescriptions de l’ONU concernant ce territoire occupé.

Ce bref, trop bref rappel laisse de côté la collaboration de Total avec des régimes dictatoriaux hors d’Afrique, comme la sanglante junte birmane qui a permis au groupe pétrolier français d’utiliser le travail forcé pour réaliser ses profits records pour une entreprise française.

Ecrire l’histoire d’Elf, ce serait l’objet d’un livre.

Ecrire celle de Total, c’est raconter les guerres actuelles marquées par l’incertitude qu’elle nous laisse sur l’avenir de l’Humanité.

Loin de la mode stupide des « Livres noir », le bilan de Total ne se résume pas à un accident d’avion sur le tarmac de l’aéroport de Moscou : le nom de TOTAL est marqué du sang des millions d’Africains victimes des balles payées par le pétrole d’Elf, puis Total.

source: http://www.cameroonvoice.com/