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Claire Chazal mauvaise et comblée !

Dans quel monde vit-on !

Dans quel univers médiatique la décence et la mesure tentent-elles de survivre !

Claire Chazal a présenté durant 24 ans le journal de TF1, les fins de semaine.

Elle était une mauvaise professionnelle. Elle savait certes lire le prompteur mais ses interviews étaient affligeantes de mollesse et de connivence. Politiques ou culturelles. Qu’on compare avec celles d’Audrey Crespo-Mara que je n’ai jamais entendu porter aux nues un spectacle ou un film même quand sur le plateau elle reçoit les réalisateurs ou les acteurs concernés.

Elle n’était pas bonne mais elle percevait 120 000 euros par mois. Cela regardait TF1.

Tout de même, il a bien fallu lui demander de céder la place.

Elle réclamait 3,5 millions d’euros, TF1 proposait un peu plus d’1 million et en définitive Claire Chazal va se voir octroyer entre 2,2 et 3,5 millions d’euros. Patrick Poivre d’Arvor qui avait du talent, de la courtoisie et de la pugnacité à sa manière a obtenu 3,5 millions d’euros. Si les renseignements de Télé Star, repris par Le Point, sont exacts.

Pour Claire Chazal, on est dans le délire.

Ce n’est pas cette somme exorbitante en elle-même qui me choque mais le fait qu’une carrière surestimée et une médiocrité que tous pouvaient constater et regarder, éclatante derrière l’affichage et l’amabilité, sont ainsi récompensées. A donner envie d’être perfectible pour être gentil !

Ce n’est pas tout.

Alors que Laurent Goumarre était apprécié dans son animation d’Entrée Libre sur la 5, elle va le remplacer à partir du 18 janvier. Elle ne touchera que 2500 euros par émission. On change une équipe qui gagnait.

Je ne sais par quel miracle – sans doute l’effet du parisianisme et de ses réseaux mondains – Claire Chazal, si rapidement, est parvenue à faire oublier qu’elle a été si limitée. L’encens va être déversé à foison et les copains seront invités. Pour être juste, elle ne sera pas la seule à cultiver cette tradition française des médias consacrant ceux qu’ils ont déjà abusivement promus. On l’adorera, elle ne fera de mal à personne.

Maintenant qu’on est rassuré sur son sort financier, on nous permettra de ne plus pleurer sur elle et on nous accordera le droit de déclarer sans fard qu’elle est infiniment remplaçable.

Mais forcément comblée.

C’est une honte au regard des mérites mais une évidence au regard des habitudes.

Parce qu’on est en France et que l’échec paie.

Billancourt est désespé!

Philippe Bilger

http://www.philippebilger.com/

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J’aurais mauvaise grâce à feindre de déplorer l’éviction en douceur de Claire Chazal par TF1 alors que depuis des années, modestement, je dénonce le hiatus, le gouffre qui existent entre la « star people » qu’elle est et « la reine de l’info » qu’elle n’a jamais été (Le Parisien, Le Point.fr, Le Figaro).

Antoine Gosset-Grainville, le 3e homme du déjeuner Fillon/Jouyet.Antoine Gosset-Grainville, le 3e homme du déjeuner Fillon/Jouyet. Photo : MIGUEL MEDINA / AFP

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Une histoire de flous !

Dans quelle nasse François Fillon s’est-il encore mis ?

Il a annoncé à l’AFP son intention de porter plainte pour diffamation à l’encontre du Monde et des deux journalistes Davet et Lhomme mais il ne devrait pas oublier, si la procédure est en effet initiée et suit son cours, que le procès de presse est souvent dévastateur aussi pour la partie civile.

François Fillon affirme par ailleurs qu’il faut cesser « les boules puantes » et qu’il y a peut-être eu une volonté de déstabiliser un membre de l’opposition, « une forme de complot » (JDD).

Il s’expliquera ce soir 9 novembre sur TF1. Il ne reste à espérer que Claire Chazal, médiocre et placide intervieweuse à l’ordinaire, ait miraculeusement un état de grâce !

Pour qui cherche à considérer objectivement ce qu’il est convenu d’appeler maintenant l’affaire Fillon-Jouyet, un certain nombre de données sont incontestables.

Gérard Davet et Fabrice Lhomme qui décidément, avec leur dernier livre au demeurant tout à fait passionnant, font beaucoup parler d’eux ces derniers jours, ont rencontré le 20 septembre Jean-Pierre Jouyet, secrétaire général de l’Elysée, et leur entretien a été enregistré avec son assentiment. Nous en avons quasiment un verbatim dans Le Monde paru le 8 novembre.

Jean-Pierre Jouyet leur révèle à cette occasion que François Fillon, qu’il connaît bien et apprécie pour avoir été son Secrétaire d’Etat aux Affaires européennes du mois de mai 2007 au mois de décembre 2008, a déjeuné avec lui et Antoine Gosset-Grainville dans un restaurant proche de l’Elysée le 24 juin 2014. Jouyet avait informé le président de la République de ce contact et François Hollande lui avait recommandé de faire ce repas ailleurs qu’à l’Elysée.

Au cours de ce déjeuner, François Fillon aurait vivement insisté auprès de Jouyet pour que soient poussés au maximum les feux judiciaires contre Nicolas Sarkozy, en particulier à la suite du paiement par l’UMP – un abus de confiance selon l’ancien Premier ministre – de l’amende personnelle infligée à Nicolas Sarkozy par le Conseil constitutionnel. François Fillon aurait pressé Jouyet pour que l’Elysée incite la justice à se mobiliser rapidement et efficacement.

Jean-Pierre Jouyet faisant le compte rendu de leurs échanges au président de la République s’entend répondre par ce dernier que l’Elysée n’a pas à intervenir parce que la justice est indépendante.

Coïncidence ou non, une enquête est ordonnée le 2 juillet 2014 – selon le parquet de Paris, sur le seul rapport, en date du 30 juin, des commissaires aux comptes de l’UMP – sur cet éventuel abus de confiance se rapportant à une somme de 516 615 euros et une information ouverte de ce chef le 6 octobre. On vient d’apprendre également que deux notes de Bercy, l’une par Bruno Bézard, l’autre par le Directeur des affaires juridiques, validaient, en 2013, juridiquement, la prise en charge, par l’UMP, des pénalités pour le dépassement des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy (lepoint.fr).

Jean-Pierre Jouyet, avant de connaître l’existence du verbatim, a démenti la relation de la conversation, telle qu’il l’aurait communiquée aux deux journalistes et qu’ils l’ont rapportée, puis s’est rétracté, confirmant leur version. Une variation qui commence par un mensonge.

Antoine Gosset-Grainville a confirmé l’existence du déjeuner à trois le 24 juin mais nié que François Fillon ait tenu les propos qui lui étaient prêtés par Jean-Pierre Jouyet dans la présentation faite à ses interlocuteurs.

En prenant d’infinies précautions, quelques plausibilités psychologiques et politiques sont susceptibles d’éclairer.

Le rapport de force, voire de violence, entre Nicolas Sarkozy et François Fillon depuis la défaite du premier et l’ambition présidentielle du second est à l’évidence d’une telle intensité que tout est possible, et en particulier le recours à des manoeuvres à la fois imprudentes mais qu’on espère décisives de la part de l’un des rivaux.

Il n’est pas non plus indifférent que Jean-Pierre Jouyet ait été sollicité, non seulement à cause de leur collaboration sous la présidence de Nicolas Sarkozy mais aussi en raison de la psychologie du secrétaire général, personnalité souple, très intelligente, tolérante, trop bavarde paraît-il, capable de tout comprendre et fidèle plus que jamais au président de la République après une parenthèse de plus d’un an qui avait suspendu leur amitié profonde et complice.

Comment Jean-Pierre Jouyet a-t-il pu cependant se laisser aller devant ces deux journalistes compétents et redoutables à de telles confidences dont il ne pouvait pas ignorer qu’un jour elles sortiraient et feraient des ravages ? Sans lui, sans cette indiscrétion capitale, le déjeuner du 24 juin, en tout cas ce qui s’y est dit, serait demeuré inconnu. Henri Guaino qui raffole de la « castagne » lui demande évidemment de s’expliquer.

S’il y a eu machiavélisme de la part de Jouyet, on en percevrait mal la motivation à l’encontre de François Fillon évidemment à protéger par rapport à l’ennemi prioritaire Nicolas Sarkozy !

Pour l’ancien Premier ministre – je l’affirme sans ironie -, il n’a sans doute pas compris qu’il avait changé de quinquennat et que ce président de la République préférait, par une heureuse indifférence, la liberté et l’indépendance de la justice ; alors que son prédécesseur, par un déplorable impérialisme, prétendait entraver l’une et l’autre dans les affaires qui regardaient, selon lui, l’Etat, ses manipulations et ses coulisses discutables.

François Fillon est aussi malheureusement révélateur de l’attitude d’une classe politique qui non seulement n’a pas intégré le rôle éminent de la Justice mais s’obstine à la vouloir soumise au pouvoir en place. Si elle vante pour la façade son importance, elle est toujours prête à demander au président ou à ses collaborateurs de faire le nécessaire pour que les magistrats n’aillent pas pratiquer comme s’ils étaient réellement libres !

Le seul qui, dans cette histoire de flous, sauve sa mise est le président de la République. Il confirme que l’unique crédit dont il doit bénéficier, la seule anaphore réussie et concrétisée concernent l’indépendance de la justice. Ce n’est pas rien. L’écart n’en est que plus aveuglant, plus brutal entre la politique pénale calamiteuse du garde des Sceaux et cette indéniable avancée démocratique par rapport au quinquennat précédent.

Mais dans quelle nasse Jean-Pierre Jouyet a-t-il donc mis François Fillon ?

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Philippe Bilger

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