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Vauzelle, un préfet fantôme et réel cumulard

Le Canard Enchaîné – 22 octobre 2014« Vous êtes des fascistes ! des ennemis de la démocratie ! » Stupéfaction, le 14 octobre, dans la salle des Quatre-Colonnes, à l’Assemblée nationale Le député qui vocifère en ces termes, face à une équipe de France 2, n’est autre que l’ancien garde des Sceaux Michel Vauzelle « Vous êtes tous pareils ! Ne vous étonnez pas de faire élire une Marine Le Pen ! » L’élu des Bouches-du-Rhône et président dea régionPaca se défoule, puis s’en va, rageur.Préfets fantômes…

Motif de sa colère : il a été interviewé par surprise. France 2 enquêtait sur les « préfets fantômes », ces préfets hors cadre nommés un beau jour pour leurs loyaux services et qui n’ont jamais exercé dans une Région… mais qui coûtent cher à l’État et donnent des vapeurs à la Cour des comptes en ces temps de vaches maigres. Or, le brave Vauzelle se trouve dans ce cas : il a été promu préfet en… 1985 par Mitterrand, dont il était alors porte-parole à l’Élysée *. Ce qui lui vaut d’empocher, encore aujourd’hui une discrète retraite de préfet de 2 370 euros, qui viennent s’ajouter à ses indemnités de parlementaire (5 148 euros) et de patron de la Région Paca (2 750 euros).

citrouille-halloween-189_gif_pagespeed_ce_5725hSGtiJD’où l’énervement. Mais un énervement non diffusé. Car deux jours plus tard, le 16 octobre, les téléspectateurs du 20 heures de France 2 ont eu une version tout sourire. Entre-temps, Vauzelle s’est en effet empressé de contacter, à France Télés, celui qu’il appelle « son ami« , à savoir le pédégé, Rémy Pfimlin. Et tout s’est arrangé comme par enchantement. La scène filmée de sa crise a été expédiée aux oubliettes, et le député PS s’est déplacé au siège de France Télés pour enregistrer une nouvelle version de son interview, dans laquelle il explique très posément au « fasciste » qui le réinterroge :

« Le président Mitterrand a estimé qu’ayant bien rempli mes fonctions il allait me nommer préfet (…) Un préfet, c’est un monsieur ou une dame qui sert la République Et le porte-parole du président de la République sert éminemment la République. »

Et se sert éminemment de ses appuis.

Après son coup de gueule de l’Assemblée, le député PS s’est même déplacé au siège de France Télévisions pour accorder une seconde interview, beaucoup plus soft.

https://dailymotion.com/video/k2cdHCwpH5YjRS99fxO

Contactés par @si, les deux journalistes en charge de l’enquête ont refusé de nous en dire plus. Également contacté, Eric Monier, directeur de la rédaction de France 2, nous a répondu qu’il ne commentait pas les articles du Canard.

 

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* Une promotion politique, dont Brice Hortefeux a lui aussi bénéficié. Il était alors Chef de cabinet de Nicolas Sarkozy, au ministère du Budget. Brice Hortefeux a confirmé par téléphone que cette promotion était méritée, sans vouloir accorder d’interview à se sujet. Cette casquette de préfet, Brice Hortefeux et Michel Vauzelle la conserveront toute leur carrière. Michel Vauzelle âgé de 70 ans à fait valoir ses droits à la retraite de préfet il y a trois ans, tout en continuant d’exercer ses autres fonctions.

Officiellement,  ils sont aujourd’hui, 126 rattachés à un territoire, mais notre pays compte au total bien plus de préfets : 252 précisément, soit deux fois plus que le nombre de départements et de régions réunis.

Voir le reportage de France 2 : Le scandale des préfets fantômes.

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Dans le même registre du train de vie opulent de l’État, l’armée française, dont on supprime des régiments entiers, lire ou relire cet article de mars 2013 : Les généraux, une caste méconnue dont les avantages n’ont rien à envier aux meilleurs « golden parachutes » des PDG.  Budget de la Défense : il y aurait 498 officiers généraux en activité et 5 500 autres payés à ne rien faire

source:  http://resistanceinventerre.wordpress.com/2014/10/26/michel-vauzelle-prefet-fantome-et-reel-cumulard/

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De Gaulle le petit !

Chacun a ses références et chaque président de la République son modèle ou son inspirateur.

Pour François Hollande, on ne le sait que trop, son ambition est de gouverner sur les traces de François Mitterrand. Entre eux il y a toute la différence qui existe entre un génie controversé de la politique et un politicien roué et habile. Entre un artiste changeant le plomb en or et un malchanceux faisant tourner l’or en plomb.

Nicolas Sarkozy a tendance, depuis que la majorité du peuple l’a obligé à quitter le pouvoir, à se prendre pour de Gaulle et à simuler l’homme de devoir et de responsabilité prêt à se sacrifier pour la France puisque François Hollande serait « nul ».

Combien de fois ai-je frémi quand, lors de son ostensible retraite qu’apparemment il souhaite écourter, il nous a fait part, par amis interposés, de son accablement devant ce que les Français prétendait-il, attendaient de lui : son retour. A contrecoeur il se résoudrait à nous sauver en empêchant le pays de sombrer.

Cette usurpation intellectuelle et politique est une offense à ce que Charles de Gaulle a eu d’intègre, de remarquable et d’unique. Ses qualités étaient exceptionnelles, ses défauts également mais rien de médiocre chez lui. Il n’imitait personne puisqu’il était à imiter.

Cette dénonciation, qui hier serait apparue partisane, aujourd’hui bénéficie d’un coup de chance. Grâce à Jean-François Copé et à l’affaire Bygmalion, l’UMP semble s’être enfin réveillée. Nicolas Sarkozy a perdu douze points dans les sondages et son image de sauveur est ébréchée (Le Monde, Le Parisien).

Mieux même, selon une enquête Ifop pour Valeurs Actuelles, Nicolas Sarkozy et Alain Juppé sont maintenant quasi à égalité auprès des sympathisants UMP et pour l’ensemble des Français, le second est crédité de 28% et le premier de 13% (Le Parisien).

C’est à cause de ce brutal changement de donne, et pour le contrer, que, comme par hasard, les amis de Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux en tête, prétendent inéluctable et nécessaire l’accession de Nicolas Sarkozy à la présidence du parti. Et, bien sûr, sans primaire, comme si un ancien président vaincu devait bénéficier d’une prime face à ses concurrents d’avenir, quel que soit leur âge. Cette entreprise concertée ne trompera personne. Le procédé qui consiste à placer sur un pavois celui que le désir de renouveau et l’exigence morale contribuent à abaisser va faire long feu (lefigaro.fr).

L’inquiétude de Nicolas Sarkozy devant les retombées du financement de sa campagne de 2012 n’était donc pas feinte ; il sentait qu’il lui serait difficile de se dissocier de ceux appelés à payer pour ses fautes et de jouer l’innocence surprise face aux évidentes connexions entre JF Copé et lui et à l’accusation de Jérôme Lavrilleux soulignant que personne n’avait osé dire « stop » à Sarkozy et que l’UMP n’avait pour objectif que de protéger celui-ci (20 minutes, RMC).

Risque d’autant plus préoccupant que la flèche l’atteignant avait cette fois sa cible en plein coeur de l’UMP et des militants abusés.

Même Bernard Tapie, un spécialiste, qui éprouve « une grande admiration » pour Nicolas Sarkozy – cela me réjouit – , lui enjoint de ne pas revenir.

Mais ce dernier ne tiendra pas compte du conseil parce que jusque-là, les casseroles, avec d’éventuelles conséquences judiciaires, n’étaient pas susceptibles de dégrader la bienveillance que lui manifestait ce parti hermétique à l’éthique pour ce qui concernait son ex et peut-être futur champion.

Cependant, pour déplorer l’attitude de Nicolas Sarkozy en recours gaulliste, il y a bien plus, et qui démontre la validité paradoxale de ce point de vue : Nicolas Sarkozy a déçu bien davantage depuis que François Hollande l’a défait, avec l’aide de beaucoup de citoyens non socialistes mais lassés de son rival dans le paysage républicain. Ce n’est pas parce que François Hollande les a oubliés qu’ils ont envie de voir renaître ce passé rejeté.

Je ne parle pas du désir du président revanchard, dissimulé sous une indifférence fabriquée, de verrouiller la droite pour l’empêcher de lui échapper. Il fallait qu’elle ne changeât pas pour qu’il garde ses chances, sa place, son influence. Heureusement l’UMP s’est ébrouée, et certains de ses responsables avec elle. Tardivement certes, mais clairement. Pour un Hortefeux, un Guéant et une Morano qui n’ont rien appris et tout oublié, que d’impatiences, de réveils et de révoltes. Enfin !

Non, ce qui m’importe relève de ce que l’on pourrait qualifier de déontologie d’un président battu. A partir du moment où Nicolas Sarkozy ne s’est pas encore explicitement impliqué dans le débat public et les joutes politiques, je suis choqué par le rôle international qu’il s’assigne sans aucun mandat.

C’est une manière inélégante d’agir en mettant sa présence et son entregent dans les roues du pouvoir socialiste et dans les desseins de François Hollande. Un besoin de faire partie du jeu et d’exposer son je, contre toute décence. En devenant une sorte de trouble-politique internationale. Un messager mais de lui-même.

Qui peut penser que la seule passion amoureuse l’entraîne, comme une sorte d’imprésario ravi de son épouse à la voix certes à soutenir mais tout de même, vers tant d’autres pouvoirs ?

Que les chefs d’Etat le reçoivent en sa qualité d’ancien président est sans doute conforme à la politesse internationale mais Sarkozy manifeste un tel empressement à doubler ses voyages, en passant du dérisoire artistique au grave diplomatique, que le procédé à la longue devient caricatural.

A l’évidence il s’agit de refuser de faire de la figuration. Peut-on croire qu’avec son caractère, son engagement, il ait parlé avec Poutine favorablement de François Hollande et de la diplomatie de la France ?

Avec cette personnalité dont le classicisme n’a jamais été le fort et que Poutine a finalement manipulée avec la Géorgie, on espère que toute obligation de réserve n’a pas été répudiée. Je n’ose imaginer des échanges risquant d’être fondés sur une complicité acerbe, ironique et déplacée à l’encontre de notre président.

Imagine-t-on un Charles de Gaulle rendu à ses pénates à l’issue d’une défaite présidentielle se livrer à cette tournée pour continuer à troubler et à énerver ? Pour faire acte de présence tout de même ?

Imagine-t-on Valéry Giscard d’Estaing, dont l’humilité n’était pas le trait principal, pousser pourtant le ridicule, après 1981, jusqu’à damer officieusement le pion à un Mitterrand en charge officielle des responsabilités de la France ?

François Hollande est trop aimable. Il devrait monter sur ses grands chevaux pour dénoncer le comportement de Nicolas Sarkozy et ce maintien dans les lieux sans titre.

Et si sans cesse on doit revenir à lui, c’est parce qu’il nous menace sans cesse de son retour ! Il serait vain de lui rappeler que, pour d’autres que lui, un lien rompu avec la France et les Français n’était pas guérissable.

Et j’ai donc le droit, à un niveau infiniment modeste, de me prendre pour un Victor Hugo minuscule en mettant en garde contre de Gaulle le petit !

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