Articles Tagués ‘BHL’

ITRI : Institut Tunisien des Relations Internationales

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Hillary Clinton, alors secrétaire d’État américaine, a été tenue informée de la situation en Libye en 2011 et 2012. Il en ressort que Nicolas Sarkozy a préparé et voulu cette guerre pour des raisons militaires et économiques, que la DGSE a activement participé sur le terrain à la création du gouvernement de transition et que BHL a joué les VRP de l’Élysée.

L’homme a finalement rejoint la fondation Clinton et, au moment de la révolution libyenne, il s’est associé avec quelques businessmen américains pour tenter de se tailler des marchés dans la Libye post-Kadhafi (nous avons déjà raconté cette histoire sur Mediapart). Sidney Blumenthal s’est donc mis à inonder son amie Hillary Clinton de mémos sur la situation en Libye à partir de février 2011, et il a continué jusqu’en décembre 2012.

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Ces mails, qui ont récemment été divulgués par la commission d’enquête du Sénat américain sur l’attentat de Benghazi…

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manuel-valls-Le Premier ministre, qui aime beaucoup cette phrase, continue à reprocher au FN de « ne pas aimer la France ».

L'écrivain et philosophe Bernard-Henry Lévy était à Tunis ce week-end.EXCLUSIF. La vérité sur le voyage de BHL en Tunisie !

Le Point – Publié le 02/11/2014 à 13:12 – Modifié le 02/11/2014 à 14:12 Bernard-Henri Levy ne mâche pas ses mots. Il n’était pas à Tunis à l’invitation des islamistes, ni comme « agent sioniste », et n’a pas été expulsé du pays…

L’écrivain et philosophe Bernard-Henry Lévy était à Tunis ce week-end. © POLEMILE/SIPA

Propos recueillis par

Comment un simple aller-retour de Bernard-Henri Lévy à Tunis devient une véritable affaire d’État… Venu pour rencontrer des personnalités libyennes à l’hôtel La Résidence, le philosophe s’est retrouvé au centre d’un maelström où la rumeur et la malveillance ont pris le pas sur la vérité et la diplomatie. On a dit tout et son contraire sur ce voyage éclair… BHL rétablit la vérité et s’étonne d’une telle désinformation…

Le Point.fr. : Vous rentrez de Tunisie. On a lu des choses folles dans la presse. Que s’est-il vraiment passé ?

BHL : Factuellement, pas grand-chose. Quelques dizaines d’islamistes ou, peut-être d’exilés kadhafistes, qui m’attendaient à l’aéroport et s’indignaient de voir un « sioniste » (sic) poser son sale pied sur le sol du pays. Mais l’événement, s’il y en a un, c’est ce qui a suivi. Et c’est ce vent de haine et de folie qui s’est mis à souffler dans les rédactions, sur la Toile, sur les réseaux sociaux. En quelques heures, j’étais devenu, dans le meilleur des cas, je veux dire dans les journaux convenables, un « intellectuel juif », ou un « agent sioniste », venu semer le désordre et déstabiliser, à moi tout seul, la jeune démocratie tunisienne. Dans le pire des cas, c’est-à-dire sur certains blogs, j’étais un « chien », une « vermine », un « vampire qui se nourrit du sang arabe », un type qu’il fallait « lyncher » si on le rencontrait – j’en passe et des meilleures…

Quel était le but de votre séjour en Tunisie ?

Une chose très simple. Rencontrer, dans un hôtel, au vu et au su de tous, dans la plus parfaite transparence, des amis libyens sortis exprès de Tripoli, Benghazi, les villes du Djebel Nefousa, Misrata, Zaouia, afin de poursuivre en terrain neutre, et avec moi, le dialogue de réconciliation nationale. Mais, d’un seul coup, dans cette opinion devenue folle et biberonnée au conspirationnisme le plus débile j’avais un agenda secret qui était, pour les uns, de rencontrer les islamistes d’Ennadha ; pour les autres de participer, en compagnie, si j’ai bien compris, d’un des pires islamistes radicaux de la région, à une conférence dont je n’avais, évidemment, jamais entendu parler ; pour les troisièmes de comploter contre le régime issu des élections de la semaine dernière et, pourquoi pas, de le renverser. J’étais le complot sioniste à moi tout seul. L’incarnation des noirs desseins de l’étranger. J’étais, non plus un écrivain, mais un agitateur professionnel sur les « agissements » de qui des groupes de crétins se mettaient à réclamer l’ouverture d’une enquête judiciaire. Tout ça est à se tordre de rire. Mais, en même temps, je n’ai pas tellement envie de rire. Car ce qui se passe en Tunisie est, par ailleurs, tellement important – tellement beau et tellement important – qu’on est triste de voir des braillards, ou des gens sérieux, mais devenus dingues, partir dans ce genre de délires et salir ce que les démocrates tunisiens ont tant de peine à construire.

On dit que vous avez fini par être expulsé…

Vous plaisantez ! Vous imaginez un citoyen français expulsé comme ça, sans raison, par un pays ami et, de surcroît, démocratique ? Et où en serions-nous si les autorités tunisiennes, sorties victorieuses de leur bataille électorale contre les obscurantistes et les nostalgiques de la dictature, cédaient à la pression, je ne dis même pas de la rue, mais de quelques poignées de fanatiques drogués à l’antisémitisme le plus enragé ? Non. Tout cela est grotesque. Je suis parti quand ma réunion libyenne s’est terminée. Et les autorités tunisiennes, pour ce que j’en ai vu et su, se sont comportées de façon parfaitement normale.

Dans les réactions hostiles à votre venue, il y avait aussi l’extrême gauche…

Sans doute oui. Mais l’extrême gauche a le même problème partout. En Tunisie, elle a eu son époque où elle soutenait les islamistes. Puis, celle où la dictature Kadhafi lui semblait un moindre mal. Puis, maintenant, elle a des indulgences pour Bachar el-Assad. Et quant au complotisme antisémite… Allons. On ne va pas mettre de l’huile sur le feu. Je dirais juste qu’il y a, dans cette extrême gauche, un vrai problème de culture politique, juste de culture politique et de niveau. Mais comment faire autrement quand on sort assommé de décennies de tyrannie et de bourrage de crâne?

Comment expliquez-vous qu’une telle polémique soit née ?

On vit une époque folle. Plus personne ne vérifie quoi que ce soit. Les gens écrivent, de plus en plus, n’importe quoi. Y compris en France où un site comme Rue 89 a quand même réussi à écrire, sans prendre la peine de checker leur information en téléphonant, par exemple, à l’intéressé, que BHL « serait en Tunisie pour voir le Libyen Abdelhakim Belhadj et l’islamiste tunisien Rached Ghannouchi » – c’est-à-dire, si je peux me permettre, ce qu’il y a de moins fréquentable sur les scènes politiques libyenne d’un côté, tunisienne de l’autre.

Un incident comme celui-ci vous paraît-il infirmer l’idée que la Tunisie est le premier pays des révolutions arabes à avoir réussi sa transition démocratique ?

Bien sûr que non. J’ai été parmi les premiers, en janvier 2011, à saluer l’héroïsme de ce peuple, qui, en solidarité avec un petit marchand de Sidi Bouzid immolé par le feu, s’insurgeait contre un pouvoir que l’on pensait invincible. Et je me souviens avoir relayé, à l’époque, les appels à « hacker » les sites officiels de Ben Ali ! Tout cela, je ne le regrette pas une seconde. Et la Tunisie, encore une fois, va dans le bon sens. Simplement, on constate une fois de plus qu’une démocratie ce n’est pas seulement des élections. C’est aussi une culture. Une révolution lente des mentalités. Des digues contre la boue qui, elle aussi, profite de la liberté pour remonter à la surface. Et il reste en Tunisie, comme dans le reste du monde arabe, beaucoup à faire de ce point de vue.

Pendant 4h #BHL a été empêché de sortir de l’aéroport par des manifestants qui voulaient l’expulser du sol Tunisien

La présence de BHL en Tunisie aura été d’autant plus surprenante qu’il ne s’est jamais intéressé à ce pays ni dans ses écrits ni dans ses chroniques. Sous Ben Ali, BHL n’a jamais dénoncé les dérives du régime, pas plus qu’il ne s’est penché depuis sur la formidable transition démocratique tunisienne. Autant son soutien aux généraux algériens, à qui il a consacré deux longs articles dans « le Monde » bourrés d’erreurs, est connue, autant son indifférence à la Tunisie est totale.

ITRI : Institut Tunisien des Relations Internationales

BHL; Expulsé de Tunisie pour “trouble à l’ordre public”.

masmou

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sources: http://salimsellami.wordpress.com/http://oumma.com/214941/bhl-indesirable-tunisie-video

« Le ministère des Affaires étrangères tunisien a demandé à ses services l’ouverture d’une enquête urgente sur la visite en Tunisie  le  31 octobre de l’intellectuel français Bernard Henri Lévy » révèle le site Kapitalis

BHL indésirable en Tunisie (vidéo)

 

Joint au téléphone par Kapitalis, Mongi Hamdi, chef de la diplomatie tunisienne, « a déclaré que son département n’a pas été informé de cette visite pour le moins bizarre, ajoutant qu’il n’en avait lui-même aucune idée.

«Normalement, il s’agit d’une personnalité connue et nos protocoles doivent être informés. Nous devons connaitre la partie qui a invité secrètement cet homme. Nous allons mener notre enquête et réagir en conséquence. Inviter secrètement une personnalité comme Bernard Henri Lévy n’est pas un acte anodin», nous a déclaré M. Hamdi, ajoutant qu’il assume la responsabilité de ses propos. Ambiance… »

Tollé général

« Par ailleurs, un groupe d’avocats appelle le procureur de la république à ouvrir une enquête sur le parti ou la partie qui a invité l’intellectuel sioniste Bernard Henri Lévy en Tunisie » rapporte Kapitalis.

« Cette visite est une menace à la sécurité du pays, estiment ces avocats, qui accusent le philosophe français, sur la base de ses engagements antérieurs en Irak, en Syrie et en Libye, de mener des actions visant à déstabiliser le monde arabe et à y semer les graines de l’anarchie au profit de l’Etat d’Israël, dont il est l’un des plus fervents et inconditionnels défenseurs en France » écrit Kapitalis. 

Commentant également cette visite, le site Mena Post affirme que  « La société civile tunisienne s’est donc mobilisée comme personne et à une vitesse folle, se rendant en nombres à l’aéroport de Tunis-Carthage pour protester et dire toute sa colère contre la présence de BHL dans son pays. A côté des anonymes, les célébrités aussi ont leur place dans une telle protestation.  Sur cette vidéo on peut voir l’artiste, comédien et humoriste Lotfi Abdelli qui explique les griefs qu’ont les Tunisiens quant aux prises de position de BHL et pourquoi il n’est et ne sera pas le bienvenu en terre carthaginoise, tout en prenant soin et c’est tout à son honneur, de bien rappeler la différence, claire dans l’esprit de tous en Tunisie, entre les Tunisiens de confession juive et les étrangers aux orientations sionistes et donc coloniales, quelle que soit leur religion par ailleurs, le sionisme, comme le terrorisme d’ailleurs, n’ayant pas de religion attitrée, quoi qu’on en dise. »

Quant su site Businessnews, il rappelle « que le philosophe français a joué un grand rôle dans l’attaque de l’OTAN sur la Libye en partie en convaincant le président français de l’époque d’y participer »

SOURCE: http://oumma.com/214941/bhl-indesirable-tunisie-video

plus: http://croah.fr/revue-de-presse/bhl-accueilli-a-tunis-degage-degage-et-bhl-assassin-bhl-assassin/

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« Adieu Le Pen » : doc inédit de Serge Moati dans “Infrarouge” le 16 octobre sur France 2

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« Adieu le Pen », c’est le « clap de fin » d’un tournage au long cours pour Serge Moati, du côté de l’autre rive : celle de l’extrême droite française et de son vieux leader, au crépuscule de sa vie. « Adieu le Pen », c’est l’histoire d’un homme et de sa traversée du siècle mais aussi et surtout celle d’un parti « relifté » par Marine qui tente de faire oublier les remugles sulfureux d’un « passé qui ne passe pas ».

 

LIRE: http://www.coulisses-tv.fr/index.php?option=com_k2&view=item&id=4575:%C2%AB-adieu-le-pen-%C2%BB-doc-in%C3%A9dit-de-serge-moati-dans-%E2%80%9Cinfrarouge%E2%80%9D-le-16-octobre-sur-france-2&Itemid=403

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photo_bilger_1Ce que j’aurais pu dire après « Adieu Le Pen » de Serge Moati…

Il est clair que Serge Moati est un incomparable chroniqueur de notre vie politique, profonde ou superficielle. Son tour de force est d’être à la fois absent, pour laisser parler l’autre, les autres, et présent, sa personnalité n’étant pas de celles qui méritent d’être mises entre parenthèses.

J’ai eu la chance d’être invité à la projection privée de son dernier film documentaire « Adieu Le Pen », qui offre une vision très éclairante des rapports entre Jean-Marie Le Pen et Marine Le Pen, entre le père et la fille. Il me semble que Serge Moati s’est davantage débridé dans ses commentaires : peut-être, subtilement, a-t-il voulu prévenir le reproche récurrent des intolérants inguérissables, celui d’être trop empathique avec Jean-Marie Le Pen. Comme s’il fallait détester les hommes pour ne pas apprécier leurs idées et leurs positions !

A l’issue de la projection, il n’y a pas eu de débat et après une seconde de regret, tant j’adore jeter un peu de provocation dans les consensus que je pressens convenus, j’ai trouvé que le passage direct au buffet constituait une démarche pleine de sagesse.

D’abord, à la suite de ces projections singulières réservées à un public amical quoique parfois professionnel, il est bienséant d’avoir l’admiration ostensible ou pour le moins perceptible. Je déteste les rites, les conventions, les tics qui enferment dans l’adhésion obligatoire et imposent de porter aux nues. Pour prendre l’exemple de Serge Moati, ma dilection pour son oeuvre et son talent n’aurait pas eu de sens puisque le contraire aurait été malvenu en cette circonstance particulière.

Ensuite, je ne suis resté qu’un quart d’heure à la réception qui a suivi le film parce que j’ai perçu subtilement l’étouffement, la bonne conscience et le bloc d’homogénéité d’un public accordé sur le FN et sur le procès de type stalinien à lui intenter, la globalisation sans nuance, le fascisme à nos portes. Au fond le refus de tout ce qu’une intelligence véritable doit comporter et diffuser : de la souplesse, de la précision, de la liberté, aucun préjugé.

Or la ligne idéologique, heureusement battue en brèche par la vie des images et la force du verbe, a été tracée dès la présentation par le producteur : la fille est comme le père et le FN demeure, sous toutes ses latitudes, le diable inaltérable dont le confort intellectuel et le conformisme progressiste ont besoin. Ce parti ne change pas pas plus que ses adversaires.

Pourtant on ne peut pas prétendre que Serge Moati n’avait pas tout tenté pour nous ouvrir les yeux, l’esprit. Le simple rapprochement, même dans les attitudes physiques et l’instinctive, inévitable expansion des natures, entre les scènes dont Jean-Marie était le protagoniste et celles qui mettaient en évidence Marine, révélait la dissemblance. Malgré la délectation ironique de nous confronter souvent à des mines patibulaires et extrémistes en première ligne !

Quand on s’attachait aux propos, bien davantage encore.

Les séquences illustrant l’allégresse collective après les succès électoraux ne montraient pas la présidente du FN sous un jour grotesque et les ambitions qu’elle affichait étaient à la hauteur de la menace qu’elle représentait pour beaucoup. On aurait eu, peu ou prou, le même type de joie à la fois compréhensible et un tantinet vulgaire dans n’importe quel parti, pour peu qu’il y ait eu des avancées et une victoire à la clé.

Au-delà de ces différences en même temps apparentes et signifiantes, il en est une plus radicale qu’une analyse politique de bonne foi fait surgir.

Avec Jean-Marie Le Pen, nous avons été installés dans le domaine de l’indignation éthique et historique et le reste a été en permanence occulté, sans doute parce que ses obsessions le rattachaient irrésistiblement à ce passé et que tout ce qui aurait pu préparer concrètement le FN au pouvoir lui faisait peur. Il est des personnalités qui devinent ne pouvoir compter que sur elles, pour le meilleur et pour le pire. Le Pen est de celles-là : il suffit pour s’en convaincre de voir avec quelle minutie il détruisait dès le lendemain les succès politiques obtenus la veille par sa fille.

Avec Marine Le Pen, on a changé de monde.

Le FN, dorénavant, est inséré dans l’espace politique. On peut estimer son projet « dangereux » comme Alain Juppé ne cesse de le répéter avec clairvoyance, tout en ne méprisant pas son électorat, contrairement à Bernard-Henri Lévy qui récemment a fait d’une multitude désespérée, déboussolée, perdue, souvent modeste, des ennemis de la République.

L’opprobre moral, parce que Marine Le Pen est aux antipodes de la nostalgie et de l’aigreur historiques couvées par son père, ne constitue plus un moyen efficient pour juger le FN, pour le combattre, pour le contredire. Il convient techniquement de pourfendre l’habileté stratégique et tactique de cet immense fourre-tout qu’est devenu le programme de ce parti. Et de mettre en évidence avec pragmatisme et compétence ses impossibilités opératoires et ses facilités tribunitiennes.

Mais nous sommes dans l’univers républicain dans lequel ne prospèrent pas que des concepts de rosière et des délicatesses idéales, quel que soit le parti.

Tant qu’on continuera d’assimiler le FN d’hier à celui d’aujourd’hui, le père à la fille, on se trompera de cible et on favorisera la montée de ce qu’on préfère vaguement et éthiquement dénoncer parce que politiquement on croit qu’on n’y arrivera pas. C’est un changement de cap et d’orientation qu’il s’agit de mettre en oeuvre. Le FN n’est pas ailleurs. Il est en plein dans notre paysage démocratique. Il ne se laissera pas déloger par les voeux pieux ni par la bonne conscience de ceux qui méprisent le peuple. Mais par, enfin, une politique qui sur tous les plans le rendra moins désiré.

Voilà ce que j’aurais pu dire après « Adieu Le Pen » de Serge Moati.

http://www.philippebilger.com/

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Photo: http://www.lepoint.fr/images/2012/08/14/libye-syrie-bhl-654484-jpg_449042.JPG

 

Sauver Bernard-Henri Lévy malgré lui…

J’en veux à Bernard-Henri Lévy.

Depuis plusieurs mois, je m’étais promis de ne plus faire un sort à certaines de ses interventions tant écrites qu’orales et il me semble que j’avais tenu parole. Ce n’était pas trop difficile car cet intellectuel omniprésent, même s’il est infiniment contestable et que la contradiction l’affecte peu, fait partie de cette catégorie d’adversaires estimables malgré tout, estimés en dépit d’eux-mêmes. Ce n’est pas la même chose d’avoir une controverse avec lui ou avec, par exemple, Sihem Souid !

Il n’empêche, je ne devrais pas être seul à dominer mes pulsions et lui-même devrait mettre du sien pour faciliter cet exercice de maîtrise sur moi-même.

J’avais senti monter le danger, d’abord avec l’excellent entretien dont le questionnement de Vincent Trémolet de Villers lui avait offert l’opportunité (Le Figaro). Je n’avais pas jugé Bernard-Henri Lévy convaincant dans sa réponse sur la responsabilité politique qu’on pouvait lui imputer au regard de la situation chaotique voire désespérée de la Libye aujourd’hui. Ses variations sur Goethe – nous aurions le désordre sans l’injustice actuellement alors qu’on peut constater au contraire le cumul de ces désastres – et sur le fait que grâce à Nicolas Sarkozy et lui-même, la Libye ne subirait que le chaos alors que la Syrie pâtirait du chaos avec en plus le monstrueux Califat islamiste, ne me paraissent pas à la hauteur de sa dialectique habituelle. Il serait vain de lui reprocher de ne jamais se remettre en cause, de ne jamais penser contre soi : il ne l’a jamais fait ; il accomplirait à son encontre un crime de lèse-majesté.

On aurait pu espérer tout de même de sa part, alors qu’il a eu une influence directe et opératoire sur l’ancien président Sarkozy pour cette catastrophe de 2011, une contrition de bonne foi, une repentance même de pure forme. Car un intellectuel qui fait plus que conseiller le Prince, qui le met en mouvement, doit encourir les mêmes foudres que ce dernier en cas d’échec grave. Et celui-ci est éclatant en Libye, la comparaison entre hier et aujourd’hui est suffisamment éclairante sur ce plan (Europe 1, mon Parti pris avec Patrick Roger).

La coupe a débordé sur France Info le 17 septembre quand Bernard-Henri Lévy a été l’invité de la journée de cette radio revivifiée dans la rubrique : Un monde d’idées, sous l’honneur insigne de l’appellation d’être un « défricheur d’avenir ». A mon sens, il l’est bien moins qu’un vibrion brillant du présent mais là n’est pas l’essentiel.

Tard dans la soirée, sans doute fatigué, Bernard-Henri Lévy a répété, face à un Olivier de Lagarde remarquable – n’abusant pas des flatteries médiatiques, je dois être cru – sa même antienne sur la Libye. Les auditeurs n’avaient aucune raison d’être davantage convaincus qu’à la lecture de l’entretien du Figaro. Devant les ruines, j’ai le regret de devoir le souligner : le même contentement de soi.

Mais le comble a été atteint quand il s’est agi de Marine Le Pen, du Front national et de leurs électeurs. Certes je ne méconnaissais pas l’hostilité de Bernard-Henri Lévy à l’égard de ce parti et de sa présidente et je peux parfaitement la comprendre dès lors qu’elle demeure dans son domaine politique et ne vise pas à dénier aux journalistes le droit d’informer.

Qu’on en juge. Bernard-Henri Lévy avait reproché à certaines radios et notamment France Info, d’avoir diffusé le fait que si le FN se trouvait un jour en position d’exercer le pouvoir, Marine Le Pen accepterait de cohabiter avec le président de la République. Il déplorait qu’on ait ainsi fait apparaître comme plausible ce qui était inconcevable.

Il a renouvelé ce grief face à Olivier de Lagarde qui, dans une passe d’armes courtoise mais vigoureuse a su évidemment lui damer le pion en lui rappelant que le métier de journaliste imposait des devoirs et en particulier celui de ne pas laisser sur la touche démocratique et médiatique la représentante de quelque 25% de l’électorat, et donc d’informer à son sujet.

Je n’ai pas reconnu Bernard-Henri Lévy dans sa réplique. En général il n’est jamais étranger à une forme de rationalité même engagée. Quelle surprise de l’avoir entendu totalement s’égarer : les journalistes avaient le devoir d’inviter Marine Le Pen mais le droit – on saisissait que pour lui il s’agissait d’un devoir – de lui opposer que son programme était « nul ».

Cette réflexion est tellement absurde qu’elle pourrait prêter à sourire si elle n’émanait pas de quelqu’un que les médias s’arrachent sans prendre garde au fait qu’ils amplifient ainsi un narcissisme et une surabondance, qu’ils feignent bien sûr de dénoncer tête reposée et l’intéressé absent.

Que signifie cette dernière foucade, brutalement interprétée ? Qu’on doit convier Marine Le Pen au nom de la démocratie mais la contredire au nom de Bernard-Henri Lévy !

Les électeurs du FN, pour lui, « savent ce qu’ils font » et il y a là une totalité malfaisante, Marine Le Pen comprise, qui appelle moquerie et indignation.

Je ne parviens pas à me résoudre, encore moins de la bouche d’un intellectuel qui a beaucoup de pouvoir, qui dispose de tant de relais, qui est sollicité, courtisé, montré dans le mondain comme dans le conceptuel, qui, avec ces privilèges, devrait se garder de toute arrogance, à ce verbe et à ces appréciations condescendantes, méprisantes. C’est une faiblesse insigne de la supériorité, quand elle n’est pas que celle du mérite et du talent, d’adopter une posture aussi médiocre, aussi vaniteuse. Celui qui abaisse, c’est qu’il est bas, a écrit Henry de Montherlant.

Je n’oserais lui faire ce grief.

Je persiste. Je veux bien sauver Bernard-Henri Lévy malgré lui mais il doit nous aider.

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Philippe Bilger

http://www.philippebilger.com/

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Le délire de BHL est surprenant, il est temps qu’il stop la dope.D’après l’éminent philosophe Vladimir Poutine serait sous influence,sous l’inflence … d’Alain Soral.On en doute un peu, car l’homme ne semble se laisser influencer ni par les politiciens occidentaux ,ni par les oligarques,ni par les femmens,ni… par BHL et c’est peut être là ou le bas blesse. Hé oui, Vladimir Poutine ne reconnaît pas le génie  « Botulien » nourris par les médias français parce que le Président de la Russie est une personne qui a une autorité légitime et ne se laisse pas influencé par des histoires de « vieilles femmes ».

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Philippe Ehua

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