Articles Tagués ‘au pays d’Erdogan’

Marion Fontenille

Si les «gilets jaunes» ne se sont pas –encore– exportés au pays d’Erdogan, la «crise de l’oignon» concentre toutes les attentions.

Coupant l’herbe sous le pied à qui en aurait eu l’idée, Devlet Bahçeli, le président du Parti d’action nationaliste (MHP), a prévenu: «S’il existe des aspirants au terrorisme des gilets jaunes, ils en paieront un lourd tribut.»

Ces menaces n’ont pourtant pas empêché plusieurs milliers de personnes de manifester à Istanbul et Diyarbakır. Pas de vague jaune, mais des clins d’œil, comme des pancartes sur lesquelles ont pouvait lire «du travail, du pain, la liberté». En cause, l’inflation, qui a atteint dans le pays un chiffre tristement record en octobre 2018: 25,24% –du jamais vu en quinze ans.

Douche froide à la caisse

En Turquie, l’augmentation des prix est devenue le principal sujet de discussion. À la caisse d’un supermarché, la quinquagénaire Hülya ne peut s’empêcher de lâcher un soupir indigné. Elle compte minutieusement les articles qu’elle range dans son sac. Il y en a moins d’une dizaine, seulement des produits de base: des fruits et légumes, du riz, des pâtes.

Et pourtant, au moment de payer, c’est la douche froide. «J’en ai pour quatre-vingt livres turques [près de treize euros, ndlr]. Nous sommes quatre à la maison. Je ne pense pas pouvoir tenir la semaine avec ce que j’ai acheté. J’ai beau compter et faire attention, je paie toujours trop cher une fois à la caisse.»

Quelques rayons plus loin, un homme salive devant 500 grammes de viande hachée. «Je n’en ai pas mangé depuis des mois, confie-t-il. Nous n’avons que mon salaire pour vivre. J’ai deux enfants. Par les temps qui courent, il est devenu impossible d’acheter de la viande pour toute la famille.»

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