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L'appel d'Alain Juppé, "y compris à ceux qui ne partagent pas toutes mes idées"Suite à l’appel d’Alain Juppé, intervenu au lendemain d’une réunion du Bureau politique de l’UMP marquée par d’importantes dissensions sur l’attitude à adopter face au FN et la mise en minorité du président du parti et ancien chef de l’Etat, Nicolas Sarkozy.

Dans un texte rendu public sur son site en ligne agispourlafrance.fr, le maire de Bordeaux et ancien Premier ministre « compte particulièrement sur tous ceux qui veulent s’engager directement, notamment sur les réseaux sociaux, ou nous donner les moyens matériels de notre action par un soutien financier« .
« Que cette réflexion soit large et libre »

« Les terribles évènements de ce début d’année (ndlr: les attentats commis par des islamistes radicaux contre le journal satirique Charlie Hebdo, des policiers et la communauté juive qui ont fait 17 morts) nous montrent qu’il est temps que les Français réfléchissent et travaillent ensemble à leur avenir« , écrivait-il.

L’ancien chef de gouvernement souhaitait que la réflexion « puisse s’organiser sur l’ensemble de nos territoires, mais aussi au sein des communautés françaises à travers le monde, qu’elle puisse se dérouler tout à la fois dans des salles de réunion, des maisons, des appartements, des arrière-salles de café ou encore sur le net dans des espaces dédiés« .

« Je ne m’inscris pas dans une logique de clans ni d’affrontements inutiles »

« Je souhaite que cette réflexion soit large et libre, qu’elle réunisse, au-delà des militants des formations politiques de la droite et du centre, tous ceux qui se passionnent pour l’avenir de notre pays. Tous, car les solutions à nos difficultés ne viendront pas des seules +élites+ qui n’ont pas toujours perçu les évolutions de notre société et de nos besoins. J’en prends ma part de responsabilité« !

« Je ne m’inscris pas dans une logique de clans ni d’affrontements inutiles. Je souhaite impulser une démarche nouvelle, positive, et proposer à tous, y compris à ceux qui ne partagent pas toutes mes idées, de préparer la France à affronter les défis du monde d’aujourd’hui et de demain« , soulignait-t-il.

« Cette organisation, différente de celle d’un parti politique, doit être la plus souple possible et se fixe pour seul objectif de déterminer ensemble le projet pour l’avenir de la France« .

SOURCE: http://www.sudouest.fr/2015/02/05/l-appel-d-alain-juppe-y-compris-a-ceux-qui-ne-partagent-pas-toutes-mes-idees-1821367-710.php

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Lettre ouverte à Monsieur Alain Juppé en réponse à son appel aux Français du 4 février 2015 

Monsieur le Premier ministre, 

Dans un texte rendu public le 4 février, vous appelez les Français à vous rejoindre en s’engageant directement en particulier sur les réseaux sociaux ou en vous donnant les moyens matériels de votre action par un soutien financier afin d’élaborer  » le projet pour l’avenir de la France « .

Il semble que vous preniez enfin conscience – il aura fallu que les événements tragiques que la France vient de vivre crée un électrochoc – de l’état de la fracture identitaire qui conduit notre pays au désastre et vous considérez  »  qu’il est temps que les Français réfléchissent et travaillent ensemble à leur avenir  » car il faut  » préparer la France à affronter les défis du monde d’aujourd’hui et de demain « . 

Vous permettrez à un citoyen qui a servi l’État et la Nation sous l’uniforme et qui n’a pas attendu votre appel pour se sentir concerné par l’avenir de notre pays de considérer votre démarche d’aujourd’hui inopportune et inconvenante. 

Elle est, en effet, inopportune car, pour le citoyen ne militant dans aucun parti politique mais observateur attentif de la vie politique que je suis, votre démarche ne trompe personne. Il est clair qu’elle est la traduction d’une ambition présidentielle dévorante qui vous pousse à agir contre l’intérêt même de votre propre parti. Car votre appel n’intervient pas à n’importe quel moment. Le rattacher aux événements dramatiques du début janvier ne relève que d’une opération tactique politicienne à laquelle nos responsables politiques – toutes tendances confondues d’ailleurs – ont habitué nos concitoyens depuis longtemps. A la vérité, votre appel intervient au lendemain d’une réunion du bureau politique de votre parti qui a mis en évidence d’importantes dissensions sur l’attitude à adopter pour le second tour de l’élection législative partielle du Doubs et a provoqué, en fin de compte, la mise en minorité de son président, ancien Chef de l’État. Vous espérez ainsi accentuer la mise en difficulté de votre adversaire direct pour la candidature à l’accession de la magistrature suprême. Cela dit, par votre aveuglement, vous risquez de provoquer la fracture, voire l’explosion de votre propre parti.

Mais plus que inopportune, votre démarche est surtout inconvenante à plusieurs titres. 

Tout d’abord, vous affirmez que  » les terribles événements de ce début d’année nous montrent qu’il est temps que les Français réfléchissent et travaillent ensemble à leur avenir … car les solutions à nos difficultés ne viendront pas des seules élites qui n’ont pas toujours perçu les évolutions de notre société et de nos besoins ». 

Quelle inconscience ou quelle arrogance ! De ces deux termes, lequel est le plus approprié ? J’aurais tendance à privilégier le second car c’est prendre les citoyens pour des demeurés. En effet, ne pensez-vous pas qu’il serait plutôt temps que ce soit nos  » élites  » qui se décident enfin à réfléchir et à travailler ensemble à l’avenir de la France au lieu de se battre pour gagner le pouvoir et s’y accrocher sans se soucier du bien commun ? Ne pensez-vous pas que pendant ces quarante dernières années nos élites politiques ont failli à leur mission première qui consiste à maintenir et à défendre l’unité et la sécurité de la nation car elles ont renoncé à nos valeurs et à nos principes républicains par laxisme, déni des réalités, démagogie, clientélisme, manque de courage et absence de vision ? Peut-être ne le savez-vous pas, mais les Français passionnés et soucieux pour l’avenir de leur pays – mais à qui on ne demande jamais leur avis – n’ont pas attendu votre appel pour prendre conscience et débattre de ce que vous ne voulez pas nommer, c’est à dire les conséquences désastreuses provoquées par une immigration massive et incontrôlée, de surcroît hostile à nos valeurs. On en voit les résultats avec les événements dramatiques du début de l’année. Ils ne vous ont pas attendu pour réfléchir et déterminer la cause de leur malheur, c’est à dire le laxisme, l’absence de clairvoyance et le manque de courage de nos  » élites « . Écoutez-les au lieu de les solliciter parce que vous avez besoin de leurs suffrages. Je fais partie de ces Français fidèles à leur héritage historique, culturel et spirituel et déterminés à le défendre et j’essaie, pour ma part et à mon humble niveau, d’apporter ma contribution à un débat que nos  » élites  » tentent d’étouffer depuis de trop nombreuses années mais que vous ne pourrez plus éluder très longtemps, tant la situation de notre pays devient explosive. On ne peut être que consterné devant un tel manque de clairvoyance et une telle mauvaise foi de la part d’un homme politique qui a pourtant exercé de très hautes fonctions et n’est donc pas un novice. Car vous le reconnaissez à demi-mot, et encore, en restant très flou lorsque vous admettez que  » les solutions à nos difficultés ne viendront pas des seules élites qui n’ont pas toujours perçu les évolutions de notre société et de nos besoins « . Vous prenez bien garde de ne pas expliciter de quelles évolutions il s’agit car vous en êtes, avec d’autres, pleinement responsable. Et vous n’êtes donc pas crédible lorsque vous dites que les élites n’ont pas toujours perçu les évolutions de notre société. Bien sûr que si, vous les avez perçues depuis longtemps ou alors il faut vraiment être idiot ce qui n’est pas concevable chez un professionnel de la politique. Vous les avez même favorisées ces évolutions. Cela fait au moins trente ans que certains essaient d’alerter sur les dangers qui menacent à terme notre nation. Mais il est plus facile de nier l’évidence et de vilipender et d’ostraciser les sonneurs de tocsin. Jusqu’au jour où l’incendie n’est plus maîtrisable. Alors, si vous voulez élaborer un projet cohérent pour la France, il faut au préalable faire le bon diagnostic et pour cela déterminer les causes de nos problèmes et les traiter, car sans traitement des causes, point de salut.

Mais ne nous y trompons pas. Ce n’est pas la situation économique de notre pays, certes préoccupante, qui pousse une partie de l’électorat de plus en plus importante vers un parti dont tous les sondages indiquent que sa candidate sera présente au second tour de l’élection présidentielle de 2017. La raison vous ne pouvez pas ne pas la connaître : c’est le laxisme de nos élites politiques oubliant ou renonçant lâchement à l’intérêt de la nation qui a conduit pendant une quarantaine d’années à l’arrivée continue sur notre sol, sans que cela soit justifié, sans que cela soit corrigé, d’une immigration de peuplement de culture totalement différente de la nôtre devenue aujourd’hui, pour une partie, non seulement inassimilable mais dont le nombre invalide tout espoir d’intégration à notre société.

Vous avez donc, avec d’autres, renoncé à ces valeurs et à ces principes qui ont fait la France et sa richesse jusqu’à la fin des années 1970, grâce à l’assimilation, seul principe qui rend la diversité vivable car elle permet précisément l’avènement d’un fort sentiment d’appartenance à une nation et d’une volonté affirmée d’unité nationale.

Alors, non Monsieur Juppé, l’assimilation n’est pas un non-sens comme vous le prétendez. Non, nous ne voulons pas de votre  » identité heureuse  » que vous prônez par lâcheté et dont on ne perçoit d’ailleurs pas en quoi elle pourrait être heureuse car elle donnerait naissance à une société biculturelle du fait de l’instauration du communautarisme que vous favorisez en courtisant l’islam. Il s’agit plutôt d’une identité malheureuse qui conduira – l’actualité  nous le démontre chaque jour – à la violence et à l’affrontement. Il faut bien rappeler, puisque vous semblez l’oublier, ce qu’est l’identité d’un peuple – quel qu’il soit d’ailleurs – mais en l’occurrence la nôtre à laquelle nous sommes attachés. Ce concept repose en fait sur un socle comprenant trois volets : une Histoire, une culture avec sa langue, le français, et un mode de vie. Et c’est l’adhésion à ce socle, à cet héritage, à cette mémoire qui crée les conditions du vouloir vivre-ensemble et garantit notre unité pour former des projets communs. Or, force est de constater qu’une partie importante de cette immigration extra-européenne refuse l’adhésion à ce socle et cherche à imposer sa vision du monde. Elle n’a donc pas sa place chez nous. Vous conviendrez, dans ces conditions, qu’il y a un réel problème qui nécessite de la part de nos élites politiques un minimum de clairvoyance et de fermeté car il est de leur devoir de défendre notre héritage, de le faire fructifier et de le transmettre à nos descendants et non pas de le sacrifier sur l’autel de leurs propres intérêts électoraux.

Je ne répondrai donc pas – mais vous l’aurez compris – à votre appel et à votre demande de soutien pour l’élaboration de votre projet pour l’avenir de notre pays car il ne peut qu’aggraver une situation déjà bien compromise de cette France que nous aimons mais que nous ne reconnaissons plus. Seuls le rétablissement de l’autorité de l’État avec l’application ferme de la loi républicaine sur tout le territoire sans exception, la refondation complète de notre politique d’immigration, la réforme de notre code de la nationalité, le rétablissement des missions fondamentales de l’école de la République, l’incitation au retour, voire le renvoi dans leur pays d’origine de tous ceux qui refusent nos valeurs et principes de vie pourraient favoriser une inversion du cours néfaste des choses et doivent donc être envisagés. Mais je ne pense pas que ce soit la voie que vous retenez pour votre projet. J’ajouterai, enfin, que rien ne sert de jeter l’anathème sur un parti politique qui ne cesse de gagner des voix aux différentes élections si vous ne vous posez pas la seule question qui vaille : pourquoi ?

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Premier ministre, l’expression de ma haute considération.      

Le 06 février 2015

Général (2s) Antoine MARTINEZ

SOURCE: http://www.minurne.org/?p=1053

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Résistance Inventerre

Alain-JuppeL’ex-Premier ministre Alain Juppé, candidat à la primaire de droite pour 2017 et favori des sondages, assure qu’il n’est « pas du genre à lâcher l’affaire » et qu’il « finit toujours ce qu'(il) a commencé« , dans des confidences au Point.
« Je connais les angles d’attaque contre moi. Franchement, ça n’ira pas loin. D’abord, il y a l’âge, mais on reconnaîtra vite que j’ai aussi l’avantage de ce prétendu handicap: l’expérience », déclare le maire UMP de Bordeaux.
Il ironise aussi sur ceux qui s’interrogent sur « (sa) détermination et (sa) capacité à tenir le choc jusqu’au bout ». « Si vous étudiez de près mon parcours, vous vérifierez que je ne suis pas du genre à lâcher l’affaire: je finis toujours ce que j’ai commencé », prévient-il.
Et de rappeler que, « sur vingt campagnes électorales », il n’en a « perdu que deux ». Sa candidature à la primaire déclarée dès le 20 août dernier, peu avant…

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Sarkozy à NKM : « Tu commences à m’emmerder »
Nathalie Kosciusko-Morizet et Nicolas Sarkozy pendant un meeting en 2011
Crédit : AFP

Nathalie Kosciusko-Morizet et Nicolas Sarkozy pendant un meeting en 2011

Pour accepter le poste de vice-présidente de l’UMP, titre prestigieux qui ne lui donne toutefois pas la mainmise sur l’ensemble de la machine partisane, Nathalie Kosciusko-Morizet a demandé à Nicolas Sarkozy de lui assurer qu’elle jouirait d’une « totale liberté de parole ». À en croire le dialogue musclé rapporté par Le Canard Enchaîné, l’ancienne candidate à la mairie de Paris n’aura pas tardé à en faire usage.

Dans son édition à paraître mercredi 10 décembre, l’hebdomadaire satirique relate une conversation électrique entre le nouveau patron de l’UMP et sa numéro 2. La scène se passe au sortir des obsèques de l’ancien ministre centriste Jacques Barrot. Une cérémonie au cours de laquelle l’ancien chef de l’État aurait été irrité, selon Le Canard, par l’attention portée par la famille du défunt à Alain Juppé, son rival pour l’investiture UMP en vue de 2017.

NKM à Sarkozy : « Dans ce cas, je préfère m’en aller »

C’est donc un Nicolas Sarkozy passablement énervé qui ouvre la réunion en demandant quelle place accorder au cofondateur de la Droite forte Guillaume Peltier dans le nouvel organigramme de l’UMP. La réponse de NKM ne se fait pas attendre : « Mais, Nicolas, nous en avons discuté ensemble pendant 72 heures et nous avons passé un accord : Peltier ne fera pas partie du dispositif ».

Une fin de non-recevoir qui fait sortir Nicolas Sarkozy de ses gonds. « Tu commences à m’emmerder ! », lâche-t-il à son ancienne porte-parole, qui ne s’en laisse pas compter. « Dans ce cas, je préfère m’en aller ». Il faut l’intervention de Brice Hortefeux pour ramener le calme. Le président de l’UMP demande alors à NKM la raison de ses griefs envers Guillaume Peltier. La réponse est sans appel : « Je n’aime pas les fascistes ».

http://www.rtl.fr/actu/politique/sarkozy-a-nkm-tu-commences-a-m-emmerder-7775819744

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Maxime Tandonnet - Mon blog personnel

sans-titreLes sifflets à l’encontre d’Alain Juppé, lors du meeting de Bordeaux samedi, dont la presse et les médias font leurs choux gras, sont de bien mauvais augure. Ils rappellent les haines viscérales et autres conflits d’intérêts personnels qui hantent le parti républicain en France – Giscard-Chirac, Chirac-Balladur, Copé-Fillon – qui permettent aux socialistes d’occuper le pouvoir et au parti lepéniste de monter dans les sondages et les élections intermédiaires. Les Français attendent de l’opposition qu’elle se penche sur l’avenir du pays, son redressement économique, son indépendance, sa sécurité, son unité, le futur de ses enfants. On n’imagine pas, quand on est au sommet de la France dite « d’en haut », de sa vie politique et médiatique, à quel point les batailles d’ego répugnent la France « dite d’en bas ». Personnellement, je suis pour une transformation radicale du système de gouvernement français: application – enfin- de la Constitution de 1958 avec un président qui préside et…

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Quand Bernadette Chirac snobe ostensiblement Alain Juppé

Les primaires ne sont pas secondaires !

Cela m’est venu à la suite d’une infinie grossièreté.

Celle de Bernadette Chirac, épouse pourtant d’un ancien président de la République, qui a refusé ostensiblement de saluer Alain Juppé et de lui adresser la parole alors que celui-ci s’était respectueusement levé à son arrivée. Avec un « chère Bernadette » et une classe vengeresse, il l’a tout de même contrainte à applaudir son discours.

VIDEO

http://www.francetvinfo.fr/politique/video-quand-bernadette-chirac-evite-le-regard-et-la-poignee-de-mains-d-alain-juppe_751145.html

Qu’on en soit arrivé là dans notre République – des usages et une courtoisie piétinés par ceux qui devraient plus que tout autre les maintenir – montre à quel point nous sommes tombés en déliquescence dans le dérisoire en même temps que l’exemplarité a déserté l’important.

Les primaires, à droite ou à gauche, ne sont pas éloignées de mon sujet. Elles vont participer à leur manière à l’instauration ou au réveil d’une dignité politique dont l’absence est sans doute un facteur important qui explique la montée du Front national, à mon sens résistible.

Bruno Le Maire et Hervé Mariton ont raison de se battre pour imposer des modalités de vote irréprochables le 29 novembre parce que la présidence de l’UMP ne peut pas être dévolue dans des conditions troubles. Il conviendrait que la Haute Autorité ne refuse pas les améliorations proposées au prétexte, à chaque fois, du manque de temps et d’argent. D’autant plus que les sympathisants UMP, auprès desquels le crédit de Nicolas Sarkozy baisse, pourraient, qui sait?, favoriser, par contagion, une plus grande clairvoyance des militants (sondage Odoxa).

Alain Juppé, Xavier Bertrand et François Fillon resteront, eux, infiniment vigilants quant à l’organisation de la primaire 2016. Je mentionne encore François Fillon qui avait été jusqu’à aujourd’hui le plus combatif sur ce plan au point de menacer, s’il n’obtenait pas satisfaction, de se présenter en 2017 en candidat « libre ».

Mais c’était avant. Avant que l’embrouillamini Jouyet-Fillon-Davet-Lhomme, avec François Hollande peut-être en « guest star », vienne irrémédiablement ruiner les possibilités de succès de cet ancien Premier ministre qui n’a pas su quitter le navire sarkozyste au bon moment : il n’aurait jamais dû se faire reconduire dans sa charge jusqu’à la fin du quinquennat.

Ce n’est d’ailleurs pas par hasard que Nicolas Sarkozy a fait preuve à son égard d’une magnanimité au moins publique : cette bienveillance qui n’est pas dans ses habitudes révèle tactiquement que la cause de François Fillon est entendue et son sort scellé. Un adversaire de moins. Eliminé du jeu par lui-même. En n’assumant pas ses provocations utiles d’il y a quelques mois et en se laissant trop gouverner par le ressentiment, compensation amère et tardive d’une stoïque dépendance durant cinq ans.

Mais il y a Alain Juppé et Xavier Bertrand qui, mine de rien, creuse son sillon de réflexion et de réforme pour demain.

Le premier, qui réclame une primaire libre, ouverte et transparente pour 2016 et sera à l’évidence très attentif à l’organisation de son déroulement, est actuellement, pas seulement médiatiquement, un rival infiniment plausible et redoutable pour Nicolas Sarkozy.

Leur rencontre à Bordeaux n’a pas manqué de piquant, dans un parfait esprit républicain bien entendu. Alain Juppé a été hué au début de son discours par un public sarkozyste pour avoir déclaré que le rapprochement de la droite et du centre était nécessaire. Mais, contrairement à l’ancien président face à Sens commun, il n’a pas cédé d’un pouce et, sans démagogie, a ainsi démontré qu’il était, lui, un homme d’Etat.

Il est étrange de constater comme cela déplaît, même à ceux qui se situent dans le camp de la droite classique. Je note en effet avec quelle suave inquiétude Le Figaro, par exemple, s’émeut de le voir trop tôt parti et prématurément célébré. Je relève aussi comme le stimulant et entêté Valeurs actuelles, déplaçant le débat, continue à fantasmer sur « le cabinet noir de l’Elysée » comme s’il lui était impossible de concevoir qu’aussi critiquable que soit une politique, il n’y a aucune fatalité pour qu’une présidence soit gangrenée en son sein et dans ses murs par les magouilles judiciaires et d’obscures emprises !

En réalité, Alain Juppé vient troubler le confort intellectuel de ceux qui ne jurent que par la facilité sommaire du libéralisme à tout crin et n’attendent, sans souci de l’éthique, que le retour de Nicolas Sarkozy.

Et voilà que le président de la République lui-même est atteint, à mi-mandat, par la volonté d’une primaire à gauche. On sait que les socialistes ont été les initiateurs de cette bienfaisante démarche démocratique mais tout de même on ne pensait pas qu’avec un tel empressement, ils l’envisageraient pour François Hollande ; alors qu’une tradition française, bien qu’éminemment contestable, fait du président sortant le candidat naturel pour un nouveau mandat.

Pourtant, si une primaire avait été acceptée à droite en 2012, celle-ci n’aurait pas été vaincue aux élections car Fillon ou Juppé, moins encombrés d’un lourd passif personnel, auraient pu l’emporter face à François Hollande.

Celui-ci, dont on vend trop vite la peau, ne serait pas hostile à une primaire si on écoute Jean-Vincent Placé, convaincu que le président se fait à cette idée pour des raisons tactiques (Le Figaro Magazine). Si Thierry Mandon, Secrétaire d’Etat à la réforme de l’Etat, qui a le premier évoqué la primaire, s’est vu rappeler à l’ordre pour cette préoccupation prématurée, on n’a pas senti de fait, chez le président, une hostilité forte, de principe, à cette possibilité. Benoît Hamon l’a reprise puis Gérard Collomb, et d’autres sans doute continueront sur ce chemin maintenant ouvert.

On pourrait prétendre avec acidité que François Hollande n’a pas le choix et qu’il se doit d’approuver ce qu’il n’a plus la capacité de refuser. Il me semble plutôt que le président de la République, fin tacticien et qui aspire, comme à une délivrance, au bonheur de se retrouver dans des manoeuvres qui lui rappelleront le PS, procèdera à un arbitrage qui lui fera accepter un inconvénient au bénéfice d’un avantage plus substantiel.

En effet, il est clair que cette primaire à venir va peser sur le cours du quinquennat restant en n’amplifiant pas, loin de là, la confiance en sa fiabilité et son efficacité, en altérant encore un peu plus la légitimité présidentielle. Mais celle-ci est déjà largement entamée de sorte que la primaire envisagée représentera moins un risque pour le présent qu’une opportunité pour l’avenir.

Aussi paradoxal que cela puisse apparaître, la primaire, en structurant les oppositions, les hostilités, les désaccords, en les contraignant à une expression ouverte et contradictoire en face de François Hollande, candidat pas tout à fait comme les autres, sera susceptible de rendre service au président et de lui redonner un espace, surtout si les deux années avant l’échéance apportent une amélioration sociale, économique et financière. Qu’il soit actuellement rejeté à gauche et nettement battu dans les prévisions par Manuel Valls ou Martine Aubry, si ces deux incarnations de lignes antagonistes s’y impliquaient, aujourd’hui n’est pas probant ni irréversible.

Si la situation, au contraire, continuait à se dégrader jusqu’au constat d’une impuissance radicale, la primaire ne serait plus dans tous les cas une hypothèse possible, balayée par la dissolution ou un départ.

Derrière le discours obligé du devoir et de la patience, François Hollande a déjà plus qu’un oeil sur la ligne d’arrivée de 2017. Pas plus que Nicolas Sarkozy sur le chômage hier, le président n’abandonnera demain l’ambition de se représenter parce qu’il aurait échoué sur l’emploi.

Ambigu, il déplore l’ascension du FN mais sa politique pénale notamment la facilite chaque jour. Il se félicite d’être sous-estimé comme lors du début de sa longue marche présidentielle. Il n’exclut pas, j’en suis persuadé, de gagner à gauche et de vaincre face à Marine Le Pen au second tour.

Pour Nicolas Sarkozy, Alain Juppé et François Hollande, les primaires ne sont pas secondaires !

PHILIPPE BILGER

http://www.philippebilger.com/

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« Adieu Le Pen » : doc inédit de Serge Moati dans “Infrarouge” le 16 octobre sur France 2

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« Adieu le Pen », c’est le « clap de fin » d’un tournage au long cours pour Serge Moati, du côté de l’autre rive : celle de l’extrême droite française et de son vieux leader, au crépuscule de sa vie. « Adieu le Pen », c’est l’histoire d’un homme et de sa traversée du siècle mais aussi et surtout celle d’un parti « relifté » par Marine qui tente de faire oublier les remugles sulfureux d’un « passé qui ne passe pas ».

 

LIRE: http://www.coulisses-tv.fr/index.php?option=com_k2&view=item&id=4575:%C2%AB-adieu-le-pen-%C2%BB-doc-in%C3%A9dit-de-serge-moati-dans-%E2%80%9Cinfrarouge%E2%80%9D-le-16-octobre-sur-france-2&Itemid=403

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photo_bilger_1Ce que j’aurais pu dire après « Adieu Le Pen » de Serge Moati…

Il est clair que Serge Moati est un incomparable chroniqueur de notre vie politique, profonde ou superficielle. Son tour de force est d’être à la fois absent, pour laisser parler l’autre, les autres, et présent, sa personnalité n’étant pas de celles qui méritent d’être mises entre parenthèses.

J’ai eu la chance d’être invité à la projection privée de son dernier film documentaire « Adieu Le Pen », qui offre une vision très éclairante des rapports entre Jean-Marie Le Pen et Marine Le Pen, entre le père et la fille. Il me semble que Serge Moati s’est davantage débridé dans ses commentaires : peut-être, subtilement, a-t-il voulu prévenir le reproche récurrent des intolérants inguérissables, celui d’être trop empathique avec Jean-Marie Le Pen. Comme s’il fallait détester les hommes pour ne pas apprécier leurs idées et leurs positions !

A l’issue de la projection, il n’y a pas eu de débat et après une seconde de regret, tant j’adore jeter un peu de provocation dans les consensus que je pressens convenus, j’ai trouvé que le passage direct au buffet constituait une démarche pleine de sagesse.

D’abord, à la suite de ces projections singulières réservées à un public amical quoique parfois professionnel, il est bienséant d’avoir l’admiration ostensible ou pour le moins perceptible. Je déteste les rites, les conventions, les tics qui enferment dans l’adhésion obligatoire et imposent de porter aux nues. Pour prendre l’exemple de Serge Moati, ma dilection pour son oeuvre et son talent n’aurait pas eu de sens puisque le contraire aurait été malvenu en cette circonstance particulière.

Ensuite, je ne suis resté qu’un quart d’heure à la réception qui a suivi le film parce que j’ai perçu subtilement l’étouffement, la bonne conscience et le bloc d’homogénéité d’un public accordé sur le FN et sur le procès de type stalinien à lui intenter, la globalisation sans nuance, le fascisme à nos portes. Au fond le refus de tout ce qu’une intelligence véritable doit comporter et diffuser : de la souplesse, de la précision, de la liberté, aucun préjugé.

Or la ligne idéologique, heureusement battue en brèche par la vie des images et la force du verbe, a été tracée dès la présentation par le producteur : la fille est comme le père et le FN demeure, sous toutes ses latitudes, le diable inaltérable dont le confort intellectuel et le conformisme progressiste ont besoin. Ce parti ne change pas pas plus que ses adversaires.

Pourtant on ne peut pas prétendre que Serge Moati n’avait pas tout tenté pour nous ouvrir les yeux, l’esprit. Le simple rapprochement, même dans les attitudes physiques et l’instinctive, inévitable expansion des natures, entre les scènes dont Jean-Marie était le protagoniste et celles qui mettaient en évidence Marine, révélait la dissemblance. Malgré la délectation ironique de nous confronter souvent à des mines patibulaires et extrémistes en première ligne !

Quand on s’attachait aux propos, bien davantage encore.

Les séquences illustrant l’allégresse collective après les succès électoraux ne montraient pas la présidente du FN sous un jour grotesque et les ambitions qu’elle affichait étaient à la hauteur de la menace qu’elle représentait pour beaucoup. On aurait eu, peu ou prou, le même type de joie à la fois compréhensible et un tantinet vulgaire dans n’importe quel parti, pour peu qu’il y ait eu des avancées et une victoire à la clé.

Au-delà de ces différences en même temps apparentes et signifiantes, il en est une plus radicale qu’une analyse politique de bonne foi fait surgir.

Avec Jean-Marie Le Pen, nous avons été installés dans le domaine de l’indignation éthique et historique et le reste a été en permanence occulté, sans doute parce que ses obsessions le rattachaient irrésistiblement à ce passé et que tout ce qui aurait pu préparer concrètement le FN au pouvoir lui faisait peur. Il est des personnalités qui devinent ne pouvoir compter que sur elles, pour le meilleur et pour le pire. Le Pen est de celles-là : il suffit pour s’en convaincre de voir avec quelle minutie il détruisait dès le lendemain les succès politiques obtenus la veille par sa fille.

Avec Marine Le Pen, on a changé de monde.

Le FN, dorénavant, est inséré dans l’espace politique. On peut estimer son projet « dangereux » comme Alain Juppé ne cesse de le répéter avec clairvoyance, tout en ne méprisant pas son électorat, contrairement à Bernard-Henri Lévy qui récemment a fait d’une multitude désespérée, déboussolée, perdue, souvent modeste, des ennemis de la République.

L’opprobre moral, parce que Marine Le Pen est aux antipodes de la nostalgie et de l’aigreur historiques couvées par son père, ne constitue plus un moyen efficient pour juger le FN, pour le combattre, pour le contredire. Il convient techniquement de pourfendre l’habileté stratégique et tactique de cet immense fourre-tout qu’est devenu le programme de ce parti. Et de mettre en évidence avec pragmatisme et compétence ses impossibilités opératoires et ses facilités tribunitiennes.

Mais nous sommes dans l’univers républicain dans lequel ne prospèrent pas que des concepts de rosière et des délicatesses idéales, quel que soit le parti.

Tant qu’on continuera d’assimiler le FN d’hier à celui d’aujourd’hui, le père à la fille, on se trompera de cible et on favorisera la montée de ce qu’on préfère vaguement et éthiquement dénoncer parce que politiquement on croit qu’on n’y arrivera pas. C’est un changement de cap et d’orientation qu’il s’agit de mettre en oeuvre. Le FN n’est pas ailleurs. Il est en plein dans notre paysage démocratique. Il ne se laissera pas déloger par les voeux pieux ni par la bonne conscience de ceux qui méprisent le peuple. Mais par, enfin, une politique qui sur tous les plans le rendra moins désiré.

Voilà ce que j’aurais pu dire après « Adieu Le Pen » de Serge Moati.

http://www.philippebilger.com/

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Maxime Tandonnet - Mon blog personnel

sans-titreCette campagne présidentielle, lancée 2 ans et demi à l’avance, ne m’inspire rien de bon. Monsieur Chirac soutient Alain Juppé. Madame Chirac soutient Nicolas Sarkozy. Etrange histoire de famille, un peu ridicule il est vrai… Tous deux, auxquels s’ajoute François Fillon, annoncent déja leur programme, 35 heures, fonction publique, Schengen, etc. Je voyais hier soir Alain Juppé sur France 2. Il me semblait tout dans la posture du sage, plaisantant, aimable, modeste. Peut-être est-ce sa vraie nature après tout. Un ami qui le connait bien me disait qu’il est adorable en privé, amical et adore plaisanter… En tout cas, tout semblait prévu pour le mettre en valeur: un contradicteur socialiste aboyeur et inintelligent, l’interpellation par une méchante responsable associative qui le victimise en le traitant de raciste tout en portant à son encontre des propos lamentables, l’accusant d’être « blanc et sexagénaire », une Marion Maréchal avenante, souriante et courtoise… Tout cela…

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THIBIRINE
Par Salima Tlemçani
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le 24.07.14

Après une longue attente, le juge du pôle pénal spécialisé d’Alger, chargé de l’enquête sur l’assassinat des sept moines de Tibhirine, est autorisé à entendre, dans le cadre d’une commission rogatoire, deux anciens des services secrets français, à savoir Pierre Le Doaré, ancien chef d’antenne des services secrets français (DGSE) à Alger (1994-1996), et Jean-Charles Marchiani, ancien officier du même service et ex-préfet du Var.

Le premier avait reçu un émissaire du GIA dans les locaux de l’ambassade de France à Alger, qui lui avait remis une preuve de vie des religieux en captivité, et le second avait été chargé par le président français, Jaques Chirac, de mener des négociations avec les auteurs du rapt, mais le Premier ministre, Alain Juppé, y a mis fin, ce qui a provoqué, selon Marchiani, l’exécution des sept otages par le GIA. Selon des sources proches du dossier, le juge algérien chargé de cette enquête pourra se déplacer en France pour entendre les deux personnages sur le volet relatif aux tractations entre les services secrets français et le GIA.

Cette audition se fera par l’intermédiaire du juge français, Marc Trévidic, qui instruit l’affaire depuis 2007 et qui avait déjà entendu, en 2012, les deux anciens responsables sur le sujet. Leurs révélations, dont quelques-unes ont été publiées par la presse française, n’ont fait que confirmer ce que de nombreux terroristes repentis, élargis et détenus, ont déjà affirmé, entre 2004 et 2005, lorsque le tribunal de Médéa avait rouvert le dossier. Ils avaient fait état de négociations entre Djamel Zitouni, alors émir du GIA, et la France, pour la libération des moines, sans que les autorités algériennes n’en soient informées. Selon Fethi Boukabous, le bras droit de Zitouni, des tractations ont été menées dans le dos des services algériens et ont permis l’envoi d’un émissaire français au QG même du GIA.

Rejet des négociations

Le guide qui a accompagné ce dernier a révélé l’avoir escorté depuis le quartier des Eucalyptus, où il lui a été remis par Hocine Flicha, le chef de la katibat El Maout (phalange de la mort) du GIA, qui activait à Alger, jusqu’au fief de Zitouni.
Ces négociations n’ont finalement pas abouti pour des raisons qui restent encore floues. Pour Marchiani, c’est son….

pOUR LIRE/ http://www.elwatan.com/actualite/un-juge-algerien-autorise-a-entendre-deux-anciens-des-services-secrets-francais-24-07-2014-265665_109.php

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photo_bilger_1Puisque les politiques, à droite ou à gauche, au pouvoir ou dans l’opposition, n’osent pas s’exprimer clairement sur certains sujets, comme s’il y avait en dépit des antagonismes un corporatisme, une solidarité de ceux qui gouvernent, de ceux qui aspirent à gouverner et de ceux qui désirent gouverner à nouveau, puisque les journalistes répugnent à révéler la nudité du roi, il faut bien que le citoyen s’en mêle.

J’ai attendu pourtant. Vainement. J’ai espéré. Pour rien.

Cependant le choc que j’ai ressenti en lisant ce propos de Nicolas Sarkozy dans Le Journal du Dimanche n’était pas léger ni artificiel. Il aurait dû être celui de beaucoup. En lisant, je n’en ai pas cru mon esprit, mes yeux.

« Je ne suis pas décidé à laisser la France dans un tête-à-tête entre le FN et le PS ».

D’abord, je l’avoue à ma grande honte, le toupet du personnage a presque suscité une forme d’estime pour un caractère capable non pas de retourner sa veste mais de l’offrir alors qu’elle est mitée, trouée de toutes parts. Qu’elle a trop servi.

Ensuite, je me suis rappelé un sondage récent faisant d’Alain Juppé le rempart le plus efficace contre le FN, ce qui ne semblait pas absurde au regard des positions constantes du maire de Bordeaux.

Enfin, et c’est alors seulement que j’ai pris la pleine mesure de l’énormité de cette assertion, je me suis questionné. Nicolas Sarkozy qui est réputé pour être hypermnésique n’a-t-il des trous de mémoire que pour sa vie politique et sa démarche présidentielle ?

En effet, comment oser soutenir qu’il veut faire échapper les Français à un affrontement entre le PS et le FN alors qu’en 2012 il a fait gagner le premier et progresser le second ?

Sa campagne de 2007 est bien lointaine qui avait permis d’assécher, croyait-on pour longtemps, le FN alors que cinq ans plus tard, sa démagogie et son cynisme, motivés par son retard substantiel dans les sondages, n’avaient fait qu’amplifier l’avancée de ce parti extrême en favorisant sa représentante.

Dans ces conditions, il est inconscient ou mensonger de se présenter comme un sage quand on a été un incendiaire, comme un médiateur alors que, pour sauver sa mise présidentielle, on a fait perdre la France sur les deux tableaux et conduit beaucoup de tenants de la droite non sarkozyste à voter en faveur de François Hollande.

Un jour, peut-on espérer que l’UMP atteindra ce niveau minimal d’éthique qui la dissuadera par principe non pas tant de donner ses suffrages à un vaincu que d’en faire bénéficier un ancien président qui a déjà mal servi, qui est englué dans les affaires, la dernière en date, Bygmalion, n’étant pas la plus anodine ?

Ou bien faudra-t-il attendre que Jérôme Lavrilleux aille au bout de la vérité et Eric Cesari vers plus de sincérité que de fidélité pour que ce grand parti secoué, mais pas encore mort, se ressaisisse et se décide enfin, pour avoir l’esprit propre et un avenir honnête, à faire l’impasse sur celui qui, ayant tout décidé, doit tout assumer, ayant tout validé, doit tout s’imputer ?

Les médias qui ne sont guère originaux ne cessent de nous répéter que Nicolas Sarkozy demeure « serein » – un adjectif absurde aussi bien au regard de son être que de la réalité trouble qui, au fil des semaines, émerge et qui aurait dû dégoûter depuis longtemps tout citoyen normalement constitué.

Quand j’entends les duettistes Didier et Peltier, au demeurant sympathiques, s’obstiner à chanter la gloire de leur héros, je suis partagé entre l’étonnement ou l’irritation. Sont-ils aveugles, sourds ou bien l’éthique, à cause de la contagion d’un quinquennat calamiteux pour l’état de droit, est-elle devenue le cadet de leurs soucis et une misérable obligation ?

Ainsi cette indifférence à l’honorable, cette désinvolture, cette sous-estimation de l’intégrité seraient consubstantielles aux quelques-uns qui continuent d’afficher une inconditionnalité pour Nicolas Sarkozy, de plus en plus intense à proportion même de son caractère de moins en moins crédible et légitime ? On force puisqu’au fond, on n’est plus dupe.

A l’UMP, le temps des révérences est révolu. Alain Juppé et sa roideur laconique, François Fillon et son courage et ses provocations qui, peut-être, ne seront pas rétractés dès le lendemain, Xavier Bertrand qui suit son sillon et n’est pas offensé mais stimulé par le peu d’importance et d’influence qu’on lui prête, Bruno Le Maire dont le verbe est révolutionnaire et d’autres encore, qui ne feront pas de la droite sans Sarkozy un monde orphelin. Bien au contraire. Ce serait comme l’équipe de France sans Ribéry : une merveilleuse aubaine.

Notre ancien président a raison sur un point capital : il faut tout changer. Ce « tout » doit l’englober, l’intégrer.

On a donné sa chance, en 2012, à François Hollande et, pour l’instant, il ne l’a pas saisie. Il a trahi à la fois ceux qui le désiraient et ceux qui ne voulaient plus de Sarkozy, la gauche pure et dure et le conservatisme éclairé et décent. Il n’est pas impossible que ce qui se déroule actuellement à droite, les nuages lourds et noirs dissipés, représente une aurore certes encore modeste mais plus qu’un frémissement : une envie de se débarrasser d’hier, d’inventer demain.

Alors la droite pourra redevenir un horizon. On aura le droit de revenir. Sans honte.

Mais alors forcément sans lui !

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