Bonjour Stéphanie Gibaud, pouvez-vous vous présenter ?
J’étais Responsable Marketing et Communication de la banque UBS en France, j’ai rejoint la filiale Gestion de Fortune Ă  l’ouverture du bureau parisien, en 1999. Mon mĂ©tier Ă©tait de mettre en valeur la marque UBS, notamment lors d’évĂ©nements sportifs, culturels, artistiques, financiers et de nouer des partenariats avec des maisons de luxe ; le nom UBS Ă©tant Ă  l’époque peu connu en France, la stratĂ©gie Ă©tait de dĂ©velopper la notoriĂ©tĂ© sur le territoire national et donc de capter les fortunes afin que la banque devienne l’un des premiers gestionnaires de fortune dans notre pays notamment face aux banques françaises.
Au quotidien, quel Ă©tait votre travail ?
Avec les Ă©quipes Marketing d’UBS International basĂ©es Ă  GenĂšve, nous organisions conjointement des plateformes VIP oĂč les banquiers d’UBS basĂ©s en Suisse et ceux d’UBS France invitaient leurs clients et leurs prospects. Les budgets trĂšs consĂ©quents ont permis de participer Ă  l’organisation d’une centaine d’évĂ©nements par an de Bordeaux Ă  Lille, de Nantes Ă  Strasbourg, de Cannes Ă  Lyon, de Marseille Ă  Paris ou encore Toulouse. D’autres Ă©vĂ©nements en direction des clients français Ă©taient par ailleurs organisĂ©s en Suisse. Toutes ces actions Ă©taient validĂ©es par mes hiĂ©rarchies basĂ©es Ă  Paris, GenĂšve et Zurich et par les banquiers. La France appartenait Ă  la division “Western Europe”, qui incluait l’Espagne, le Portugal, Monaco mais aussi les entitĂ©s « France International » et « Iberia International » basĂ©es en Suisse. Ceci signifie que j’étais par ailleurs rĂ©guliĂšrement en contact avec les collĂšgues basĂ©s dans ces pays lorsque cela Ă©tait nĂ©cessaire pour rĂ©pondre Ă  la satisfaction d’une demande quelconque d’un client ou d’un prospect.
A quel type de demande faites-vous référence ?
En gestion de fortune, il est question de transmission de patrimoine d’une gĂ©nĂ©ration à  l’autre, la confiance est donc l’élĂ©ment fondamental de la relation. UBS Ă©tant la plus ancienne banque suisse et la plus puissante depuis sa fusion en 1997 avec la SociĂ©tĂ© de Banque suisse, sa rĂ©putation tenait Ă  la fois Ă  son image, la gestion de ses portefeuilles financiers et les services rendus Ă  sa clientĂšle. Les clients de gestion de fortune pouvant tout s’offrir, la complexitĂ© de mon mĂ©tier tenait Ă  proposer des choses que les clients ne pouvaient pas acquĂ©rir en payant, la difficultĂ© Ă©tait donc d’offrir des Ă©vĂ©nements sur – mesure et de l’émotion – par exemple un dĂźner avec un chef d’orchestre mondialement acclamĂ©, un dĂźner privĂ© avec un tĂ©nor en Espagne, autoriser le client Ă  pouvoir suivre des rĂ©gates avec son propre yacht, lui trouver un billet pour une finale de match de coupe du monde de football jouĂ©e Ă  guichets fermĂ©s etc. En effet, la concurrence en gestion de fortune Ă©tant sĂ©vĂšre, l’importance des budgets allouĂ©s permettaient d’offrir une image exceptionnelle de la banque et d’acquĂ©rir de nouveaux clients plus facilement.
Pourquoi tout a t-il été remis en question ?
En 2008, le paquebot UBS a failli sombrer, se retrouvant Ă  la fois pris dans la crise des subprimes aux Etats-Unis, dans le dossier Madoff dont les fonds Ă©taient hĂ©bergĂ©s chez UBS au Luxembourg mais par ailleurs dans la tourmente du dossier Birkenfeld, le banquier amĂ©ricain travaillant pour UBS Ă  GenĂšve qui a dĂ©noncĂ© aux autoritĂ©s amĂ©ricaines le fait que son mĂ©tier permettait Ă  des clients amĂ©ricains fortunĂ©s d’échapper Ă  l’IRS (le fisc amĂ©ricain). S’en est suivi un bras de fer entre Washington et Berne, le dossier crĂ©ant une brĂšche dans le sacro-saint secret bancaire suisse. Washington, via sa SecrĂ©taire d’Etat Hillary Clinton, a alors demandĂ© des informations sur 4.450 comptes offshore dĂ©tenus par UBS GenĂšve. Les dirigeants d’UBS ont Ă©tĂ© obligĂ©s de s’excuser devant le SĂ©nat amĂ©ricain et UBS a payĂ© une amende d’un peu moins d’un milliard de US dollars. Cette affaire amĂ©ricaine a crĂ©Ă© un sĂ©isme dans toutes les filiales UBS Ă  l’international puisque le modĂšle Ă©conomique de la banque de gestion de fortune venait d’ĂȘtre rĂ©vĂ©lĂ© au grand jour.
ConcrĂštement, que s’est-il passĂ© en France ?
La banque s’est retrouvĂ©e ĂȘtre un avion sans pilote. Le management Ă©tait en panique, essayant de calmer les banquiers dont les clients transfĂ©raient tour Ă  tour leurs fortunes Ă  la concurrence. Beaucoup de banquiers ont claquĂ© la porte, inquiets. D’autres ont Ă©tĂ© licenciĂ©s. L’ambiance Ă©tait Ă©lectrique, les tensions entre les divisions, entre les dirigeants Ă©taient terribles. Cela Ă©tant, les collaborateurs ne recevaient aucune information en interne et Ă©taient livrĂ©s Ă  des spĂ©culations, des bruits de couloir, des paniques avec la presse pour seul vecteur d’information et de comprĂ©hension. A titre personnel, j’ai vĂ©cu un vĂ©ritable cauchemar. J’étais Ă  mon bureau un jour de juin 2008 lorsque ma supĂ©rieure hiĂ©rarchique a surgi face Ă  moi, m’expliquant trĂšs nerveusement que le bureau de Patrick de Fayet, Directeur GĂ©nĂ©ral, venait d’ĂȘtre perquisitionnĂ©. Elle n’a pas rĂ©pondu Ă  mes questions concernant cette perquisition, m’a uniquement ordonnĂ© de dĂ©truire le contenu de mes archives informatiques â€œĂ©tant donnĂ© les circonstances”.
De quelles archives s’agissait-il ?
Je gĂ©rais tous les Ă©vĂ©nements dans des matrices, des tableaux Excel, me permettant de savoir qui Ă©tait invitĂ©, qui accompagnait l’invitĂ©, quelques dĂ©tails personnels les concernant et Ă©galement le nom du banquier gĂ©rant la relation avec cet invitĂ©. Ne comprenant strictement rien Ă  cette demande de destruction de fichiers, je n’ai pas exĂ©cutĂ© cet ordre, qui me sera rĂ©pĂ©tĂ© dans les semaines suivantes.
Entre temps, des banquiers français, qui eux-mĂȘmes avaient des problĂšmes avec leur hiĂ©rarchie et notamment Patrick de Fayet, m’ont expliquĂ© que mon mĂ©tier servait Ă  ce que les banquiers suisses dĂ©marchent des clients français sur notre territoire, ce qui est interdit. J’ai mis beaucoup de temps Ă  comprendre ce qu’ils me disaient puisque j’avais depuis presque dix ans travaillĂ© avec ces banquiers, je n’avais jamais Ă©tĂ© auditĂ©e, je n’avais jamais eu affaire aux autoritĂ©s de contrĂŽle. Je recevais effectivement des documents en provenance de Zurich concernant les prĂ©cautions lors des passages aux frontiĂšres mais j’ignorais tout de l’évasion fiscale, du blanchiment de capitaux, du dĂ©marchage bancaire illicite puisque je travaillais souvent Ă  l’extĂ©rieur du bureau et je n’avais jamais reçu de formation ou d’information sur ces thĂ©matiques.
Que s’est-il donc passĂ© ?

Ces collĂšgues m’ont fait trĂšs peur, m’expliquant que la banque s’était servie de ma non-connaissance du mĂ©tier bancaire et que je risquais d’avoir des problĂšmes de niveau pĂ©nal si une enquĂȘte Ă©tait menĂ©e en France – et peut-ĂȘtre Ă©galement Ă  cause de la perquisition. Par ailleurs, ils m’informaient que les transactions des clients français vers l’offshore n’apparaissaient pas dans la comptabilitĂ© de la banque en France mais Ă©taient consignĂ©es, manuellement et mensuellement dans un cahier appelĂ© “carnet du lait”, en rĂ©fĂ©rence aux carnets des vachers suisses, qui notent chaque soir le nombre de litres de lait produits par chacune de leurs vaches…N’ayant pas dĂ©truit les donnĂ©es, j’ai rencontrĂ© un Ă  un les dirigeants d’UBS en France qui m’ont chacun rĂ©pondu que j’étais fatiguĂ©e, que je racontais des bĂȘtises puisque je n’y connaissais rien en finance etc. Étant une Ă©lue du personnel, j’ai alors pris la dĂ©cision de prendre rendez-vous Ă  l’inspection du travail. AprĂšs plusieurs entretiens, l’inspection du travail m’a suggĂ©rĂ© de poser des questions aux dirigeants de la banque en rĂ©union officielle avec les autres Ă©lus et de consigner les Ă©changes dans des procĂšs-verbaux.

Ma situation est devenue cauchemardesque, je l’ai dĂ©crite en dĂ©tail dans mon premier ouvrage “La femme qui en savait vraiment trop” (Cherche Midi). Je me suis retrouvĂ©e isolĂ©e, harcelĂ©e, placardisĂ©e. J’ai Ă©tĂ© dĂ©gradĂ©e professionnellement au point de devenir la responsable des hĂŽtesses au troisiĂšme Ă©tage des bureaux Boulevard Haussmann Ă  Paris, Ă  vĂ©rifier si les plantes vertes Ă©taient bien arrosĂ©es. Mon mĂ©tier a Ă©tĂ© confiĂ© Ă  une jeune femme, qui n’avait ni mon expĂ©rience ni mes compĂ©tences en matiĂšre de communication. DĂ©but 2009, j’ai Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©e par mon mĂ©decin traitant plusieurs semaines pour dĂ©pression et j’ai ensuite accumulĂ© des arrĂȘts maladie jusqu’à mon licenciement. A l’étĂ© 2009, l’inspection du travail m’a demandĂ© de porter plainte contre UBS. Mon Ă©tat de santĂ©, mon Ă©tat psychologique m’ayant affaiblie considĂ©rablement, les pressions exercĂ©es Ă©tant terriblement fortes, j’ai mis plusieurs mois avant de me rendre sur l’Ile de la CitĂ© Ă  Paris oĂč j’ai dĂ©posĂ© plainte contre la banque suisse UBS avec la complicitĂ© d’UBS France concernant les motifs de dĂ©marchage illicite, d’évasion fiscale, de blanchiment de capitaux en bande organisĂ©e mais aussi concernant le harcĂšlement subi et l’entrave Ă  ma mission d’élue.

Comment ĂȘtes-vous entrĂ©e en relation avec les douanes judiciaires ?
Alors que l’inspection du travail me demandait de porter plainte contre mon employeur, elle a, au mĂȘme moment, refusĂ© mon licenciement demandĂ© par UBS via un Plan Social concernant une centaine de collaborateurs. Je me suis retrouvĂ©e “enfermĂ©e” dans une banque qui fraudait dont je dĂ©nonçais la fraude. Ma santĂ© empirait, mon travail ne correspondait plus Ă  mes compĂ©tences, mes collĂšgues s’étaient Ă©loignĂ©s de moi, les arrĂȘts maladie se multipliaient. AprĂšs une visite surprise de l’inspection du travail dans les bureaux, les dirigeants d’UBS ont Ă©tĂ© mis en demeure de me rĂ©tablir dans mes fonctions et c’est ainsi qu’en mai 2011, j’ai pu gĂ©rer pour la banque le tournoi de tennis de Roland Garros. Alors que le tournoi allait commencer, j’ai reçu un appel en numĂ©ro masquĂ© d’une femme. AprĂšs quelques phrases, j’ai compris qu’elle travaillait pour une cellule des douanes du MinistĂšre des Finances et qu’elle souhaitait me rencontrer au plus vite. Le rendez-vous a Ă©tĂ© fixĂ© devant le magasin Vuitton sur les Champs-ElysĂ©es. Cette cheffe de mission du SNDJ (Service National des Douanes Judiciaires) m’a alors annoncĂ© que je serai suivie pendant les quinze jours par des membres de son Ă©quipe et que certains prendraient des photographies. Selon elle, la fraude continuait. Effectivement, Ă  plusieurs reprises lors du tournoi, je me suis retrouvĂ©e nez Ă  nez avec des collĂšgues suisses, des problĂ©matiques avec des clients français bookĂ©s Ă  GenĂšve etc. Ces fonctionnaires Ă©tant assermentĂ©s, je n’ai pu me soustraire aux obligations de rĂ©pondre Ă  leurs demandes. Ma premiĂšre audition a durĂ© neuf longues heures au bureau du SNDJ ; j’ai Ă©tĂ© convoquĂ©e Ă  plusieurs reprises jusqu’à l’étĂ© 2012 pour remettre des documents qui appartenaient alors Ă  mon employeur et rĂ©pondre Ă  des questions trĂšs prĂ©cises sur des clients, des prospects, des banquiers. Entre ces convocations, ils me tĂ©lĂ©phonaient rĂ©guliĂšrement sur des points prĂ©cis. Alors que ces fonctionnaires ne pouvaient ignorer mon Ă©tat de faiblesse, actĂ© Ă  la fois par le mĂ©decin du travail et l’inspection du travail, je pensais bien Ă©videmment ĂȘtre protĂ©gĂ©e. Jamais je ne m’étais posĂ© la question de ma sĂ©curitĂ© ni de mon avenir professionnel. Jamais je n’aurais imaginĂ© que mon honnĂȘtetĂ© et ma collaboration avec ces services des douanes judiciaires me conduiraient Ă  des ennuis et des problĂšmes graves. UBS m’a licenciĂ©e en 2012, Ă©tant trĂšs probablement informĂ©e de ma collaboration avec les douanes. J’ai mis plus d’une annĂ©e Ă  aller un peu mieux, j’ai ensuite rĂ©pondu Ă  des centaines d’annonces de recrutement et n’ai jamais pu me re-positionner professionnellement. Depuis huit ans, je n’ai plus d’emploi, plus de revenus.
Alors aujourd’hui, avec le recul est-ce que vous diriez, vu tout ce que vous avez dĂ©jĂ  fait et subi.  Est-ce que ça en valait la peine ?
Ce n’est pas le problĂšme de lancer une alerte, le problĂšme  c’est ce que ça gĂ©nĂšre. C’est-Ă -dire qu’alors que vous vous attendez au soutien de vos collĂšgues, il n’y a absolument personne. On imagine qu’on peut s’attendre Ă  une solidaritĂ© du monde du travail, mais rien! On se dit qu’on pourra obtenir le soutien des hommes politiques de tous bords et lĂ …on peut les compter sur les doigts de la main. Et puis, je pensais penser que la justice ferait son travail rapidement et ça a durĂ© dix longues annĂ©es. C’est pour ça que certains lanceurs d’alerte ont disparu, alors que certains autres ont Ă©tĂ© assassinĂ©s, ne supportant plus cette force qui est Ă©mise contre eux. Et si je continue de dĂ©noncer, c’est Ă  la fois pour les lanceurs d’alerte du secteur privĂ©, mais aussi pour tous les  fonctionnaires qu’on peut saluer puisque, eux, dans le cadre de leur mission dĂ©vouĂ©e au service public, ils sont obligĂ©s via l’article 40 du Code de procĂ©dure pĂ©nale, de dĂ©noncer quand quelque chose ne va pas.

Et dans mon livre « La traque des lanceurs d’alerte », les uns aprĂšs les autres expliquent qu’ils se sont tous retrouvĂ©s en justice, qu’ils ont tous Ă©tĂ© complĂštement ostracisĂ©s, complĂštement placardisĂ©s, isolĂ©s. C’est Ă©difiant. Tout est fait pour que le systĂšme perdure. En fait, c’est ça que tous les lanceurs d’alerte ont compris mais que le grand public peine Ă  comprendre.

Je me souviens, quand Pierre MOSCOVICI, le ministre des Finances Ă  l’époque en France, nomme la dĂ©ontologue d’UBS Ă  la  l’AMF, (l’AutoritĂ© des MarchĂ©s Financiers) Ă  la commission des sanctions de cette autoritĂ© alors qu’UBS Ă©tait dĂ©jĂ  mise en examen plusieurs fois… Des questions se posent! C’est lĂ  oĂč vous vous rendez compte que tout est tissĂ© pour que rien ne change. 

Comment la justice a t-elle géré ce dossier ?
J’ai Ă©tĂ© la premiĂšre Ă  ĂȘtre traĂźnĂ©e en justice pour une plainte en diffamation dĂ©posĂ©e par UBS. J’ai Ă©tĂ© relaxĂ©e, en 2010, sans appel de la part d’UBS. Le Tribunal des Prudhommes a reconnu en 2015 que j’avais Ă©tĂ© harcelĂ©e par la banque. UBS n’a pas fait appel de cette dĂ©cision. UBS a ensuite dĂ©posĂ© une deuxiĂšme plainte en diffamation concernant mon premier ouvrage aprĂšs que j’ai refusĂ© une somme de plusieurs dizaines de milliers d’euros Ă  condition de retirer la plainte dĂ©posĂ©e en 2009. J’avais bien Ă©videmment refusĂ©.
Michel Sapin, Ministre des Finances, que j’ai rencontrĂ© en 2016 dans le cadre de la publication des « Panama Papers », a fait passer une loi qui porte son nom (Sapin II) avec un volet de protection des lanceurs d’alerte.
Son administration m’a rĂ©pondu Ă  plusieurs reprises, via la direction des douanes et notamment la directrice gĂ©nĂ©rale de la douane française, Mme HĂ©lĂšne Crocquevieille, que j’usurpais ce titre de lanceur d’alerte et que je n’avais Ă©tĂ© qu’un tĂ©moin utilisĂ© dans un dossier. AprĂšs des Ă©changes infructueux, j’ai attaquĂ© l’Etat en justice en 2018 et le Tribunal Administratif m’a reconnue “collaboratrice du service public”. En 2019, la banque UBS a Ă©tĂ© condamnĂ©e par la justice française Ă  une amende de 4,5milliards d’Euros (3,7 milliards d’euros plus 850 millions d’euros de dommages et intĂ©rĂȘts). UBS a immĂ©diatement fait appel de la dĂ©cision ; les audiences en appel auront lieu Ă  Paris en juin 2020.
Qu’en est-il de votre situation vis à vis du Ministùre des Finances ?
Rodolphe Ginz, qui a succĂ©dĂ© Ă  Madame Croquevieille, a refusĂ© de me recevoir et de m’appliquer la loi. Il est en effet possible de rĂ©tribuer sur le fondement de la loi de 1995, permettant la rĂ©munĂ©ration des informateurs des douanes judiciaires. Il est Ă©galement possible de rĂ©tribuer grĂące au nouveau dispositif de rĂ©munĂ©ration des aviseurs fiscaux dont le Ministre de l’action et des comptes publics vante les mĂ©rites.

Étant donnĂ© les refus essuyĂ©s et la non-volontĂ© d’exemplaritĂ© face Ă  un dossier emblĂ©matique de fraude organisĂ©e sur notre territoire national, nous avons rĂ©cemment dĂ©posĂ© une plainte avec constitution de partie civile contre les agents des douanes et leurs hiĂ©rarchies, ceux-ci ne pouvant ignorer m’avoir fait travailler de maniĂšre illĂ©gale et forcĂ©e alors que j’étais en Ă©tat de faiblesse. Le Premier Ministre Edouard Philippe a Ă©tĂ© tenu informĂ© de cette action en mars dernier.

Aujourd’hui, StĂ©phanie, est ce que cela vaut la peine d’ĂȘtre honnĂȘte?

La vĂ©ritable question, effectivement, est de savoir si ça vaut la peine d’ĂȘtre honnĂȘte. Je ne suis pas devenue philosophe faute de temps, mais l’éthique est tout l’enjeu car ces hauts fonctionnaires, ministres, patrons divers et variĂ©s ont pris nos vies en otage et jamais ils n’ont payĂ© pour nous avoir assassinĂ©s financiĂšrement, professionnellement, personnellement et judiciairement. C’est une honte.

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commentaires
  1. Patrice LUCCHINI dit :

    Un tĂ©moignage accablant contre nos « zĂ©lites » qui prĂŽnent en public ce qu’ils combattent dans l’exercice de leurs fonctions : la transparence et l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral.

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  2. Marc Fievet dit :

    A rebloguĂ© ceci sur Aviseur Internationalet a ajouté:

    Constat accablant sur les blanchisseurs institutionnels

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