CORONAVIRUS: les décisions de nos gouvernements n’ont probablement fait que retarder l’agonie

Publié: 16 avril 2020 dans 1 - Revue de presse - Journaux télévisés - Videos, Réflexions
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Depuis plus de trente ans, l’anthropologue genevois Jean-Dominique Michel étudie les dispositifs sanitaires et les politiques de soin. Son article «Covid-19: fin de partie» a beaucoup fait réagir depuis sa publication, mi-mars, sur son blog hébergé par la Tribune de Genève.
En particulier en France, où il a battu des records de consultation sur Mediapart. Le papier est désormais traduit en plusieurs langues.
Tout juste remis lui-même de la maladie, après un traitement à l’hydroxichloroquine, le conférencier a répondu à mes questions.

Interview

Amèle Debey pour L’Impertinent: Alors que l’épidémie se répandait progressivement depuis la Chine vers le reste du monde, les gouvernements n’ont pas tous réagi de la même manière. En Europe, par exemple, on a le sentiment qu’ils ont cherché à minimiser le problème, puis ont sauté dans l’autre extrême, comme pour ne pas qu’on puisse les accuser de négligence. Mais le problème est bien là: cela fait des années que nous sommes conscients qu’une pandémie nous pend au nez. Ebola résonne désormais comme un avertissement. Un avertissement que nous n’avons pas su entendre. Comment expliquer ce manque de préparation de la part des gouvernements?

J.D.M: C’est franchement incompréhensible! Une fois qu’on sera sortis d’affaire, on se penchera sur cette question, et ça promet d’être intéressant.

Il s’agit d’un risque sanitaire majeur qu’on connaît depuis 25 ans. Tout comme on connaît le risque qu’advienne tôt ou tard un tremblement de terre de grande amplitude dans certaines régions sismiquement instables. On connaît les mesures structurelles et opérationnelles à prendre et on construit donc, par exemple, les immeubles en conséquence; on forme la population; on prépare les services d’urgence à réagir; on anticipe les besoins logistiques particuliers, sanitaires et vitaux (alimentaires) etc… afin d’être sûrs d’être bien préparés quand le problème surviendra.

Depuis les années 2000, et plus encore après l’épisode du virus H1N1 (qui n’aura été, Dieu merci, qu’un pétard mouillé) des plans solides et bien pensés ont été mis sur pied pour anticiper cette menace. En France, le professeur Didier Raoult a, par exemple, exhumé un rapport qui date de 2003 dans lequel il avait prévu et décrit comment se passerait une pandémie. Or, nos gouvernements donnent l’impression d’avoir soudain découvert cette menace, comme s’ils n’y avaient jamais réfléchi. Et font, de surcroît, le contraire de ce que tous les meilleurs experts recommandent de faire dans ce genre de cas. Donc, effectivement, cela pose question.

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