Archives de 25 août 2019

Avec La Caste, Laurent Mauduit nous emmène dans les arcanes du pouvoir à travers une enquête fouillée, précise et ô combien précieuse pour comprendre comment se fabrique et se perpétue l’oligarchie à la française.

Une oligarchie qui, loin d’œuvrer dans l’intérêt général, cherche avant tout à conforter sa domination tout en se remplissant les poches au détriment de la Nation.

Laurent Mauduit, La caste : enquête sur cette haute fonction publique qui a pris le pouvoir,

Éditions la découverte, 2018, 350 pp. Prix : 19 euros. ISBN : 978-2348037702.

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EXTRAITS

Mr Mondialisation : La caste, qu’est-ce que vous désignez par cette appellation ?

Laurent Mauduit : Nous vivons, en France, dans un capitalisme qui s’est converti au modèle anglo-saxon et qui est donc devenu beaucoup plus inégalitaire que par le passé, comme en témoigne la crise sociale historique que nous traversons avec le mouvement des gilets jaunes. Mais notre pays ne traverse pas qu’une crise sociale ; il traverse aussi une crise démocratique. Et si c’est le cas, c’est parce qu’un petit groupe de très hauts fonctionnaires, essentiellement issus de l’un des corps d’élite de Bercy, l’Inspection des finances, a réalisé au fil des ans, un :.

Le premier hold-up a été effectué grâce aux privatisations : les hauts fonctionnaires chargés de les conduire les ont souvent effectuées à leur propre profit puisqu’ils ont pris les commandes des groupes privatisés. Regardez par exemple les banques françaises : elles sont toutes aujourd’hui dirigées par des Inspecteurs des finances, qui ont déserté le service de l’intérêt général, et qui ont pactisé avec la finance. Et puis, plus récemment, certains de ces anciens hauts fonctionnaires qui étaient passés dans le privé sont revenus dans le public, et on a assisté à une sorte de privatisation des postes clefs de la République. Observez que le gouverneur de la Banque de France vient de BNP-Paribas ; le patron de la Caisse des Dépôts de l’assureur italien Generali ; le directeur de cabinet du ministre des Finances de la banque italienne Mediobanca ; le secrétaire général de l’Élysée du transporteur maritime MSC ; et Macron lui-même est emblématique de cela puisque, Inspecteur des finances, il est passé par la banque Rothschild avant de revenir vers la sphère publique.

C’est donc cela, la Caste : une petite oligarchie de hauts fonctionnaires qui a mis la main sur une partie de la vie des affaires, et qui, avec Macron, a maintenant aussi pris le pouvoir en France.

 

Mr Mondialisation : Dans votre enquête, il est beaucoup question de pantouflages et de retropantouflages. Qu’est-ce que ces termes désignent, et dans quelle mesure ces phénomènes constituent-ils un problème pour notre démocratie ?

Laurent Mauduit : C’est précisément ce que je viens de vous dire. L’épisode 1, celui des pantouflages, a permis à cette caste de prendre le contrôle de secteurs clefs de la vie économique, et tout particulièrement du secteur de la finance. Et puis l’épisode 2, celui des rétropantouflages, a permis aux mêmes de prendre en main tous les rouages de l’État, jusqu’au sommet.

Si l’on regarde en arrière, les pantouflages constituent une pratique très ancienne. Déjà sous le Second Empire, les Inspecteurs des finances se ruaient dans les banques privées pour y faire fortune. En revanche, les rétropantouflages sont un phénomène nouveau, en tous cas par leur ampleur. Si nouveau qu’ils ont entraîné avec Macron un phénomène nouveau : une porosité générale entre l’intérêt général et les affaires privées. La muraille de Chine qui a presque toujours existé entre ces deux univers est en train de s’effondrer, entraînant une sorte de dissolution de l’intérieur de l’État au profit des intérêts privés. Et cette porosité généralisée est assumée puisque Macron propose que le temps passé dans le privé par un haut fonctionnaire qui revient ensuite vers la sphère publique soit pris en compte pour son avancement dans la fonction publique. C’est donc une implosion de la fonction publique qui est engagée.

Mr Mondialisation : Vous revenez longuement sur le rôle de l’ENA dans la reproduction des élites. Vous défendez même la suppression pure et simple de cette école. Comment en êtes-vous arrivé à cette conclusion ? 

Laurent Mauduit : L’ENA est une exception française : c’est une école qui a été créée pour former des hauts fonctionnaires dans le cadre d’une démocratie autoritaire. Dans son livre L’étrange défaite, écrit juste au lendemain de la débâcle de Juin-40, le grand républicain Marc Bloch critiquait vivement le Front populaire qui avait eu, juste avant la guerre, l’idée de créer l’ENA – qui ne verra finalement le jour qu’à la Libération. Et il le faisait avec des arguments très forts, estimant que l’on ne pouvait pas former les élites publiques au travers d’un moule de formation unique, et qu’il fallait au contraire laisser à l’Université, dans le pluralisme de ses approches, le soin de former ces élites publiques. Je trouve que cette remarque est d’une très grande actualité.

De surcroît, cette caste est devenue si puissante et si arrogante qu’il serait opportun, me semble-t-il, de prendre des mesures énergiques, pour lui briser les reins. La suppression de l’ENA pourrait donc être une mesure symbolique de cette nature. Mais, par-dessus tout, je pense qu’il faudrait envisager la suppression pure et simple de l’Inspection des finances, qui ne sert à rien : c’est juste une association d’entraide pour oligarques.

Mr Mondialisation :  Votre collègue Fabrice Arfi expliquait sur France 24 ce mardi 26 mars que la France était l’un des pays où l’on comptait le plus d’affaires politico-financières. Est-ce un symptôme de cette prise de pouvoir par la Caste ?

Laurent Mauduit : Oui, sûrement. Mais cela découle surtout des institutions présidentialistes dont cette caste se sert avec délectation. Car quand, face à la toute-puissance d’un hyperprésident, les autorités indépendantes sont faibles ou inexistantes ; quand la justice n’est pas réellement indépendante ; quand le pays barbote dans un système de consanguinité malsaine, cela favorise nécessairement des dérives.

SOURCE

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Le monstre se serait donc suicidé.  Ce qui reste difficile à accepter, tant il pouvait compromettre de puissants.  Difficile de ne pas devenir conspirationniste à voir ce qui s’est passé et les circonstances de son décès (1).  Cette sinistre affaire est ahurissante à plus d’un titre.  D’abord par l’impunité dont il a pu bénéficier pendant tant d’années, et surtout l’incroyable absolution décidée en 2008 par un homme devenu ensuite l’équivalent d’un ministre sous Donald Trump :  je vais vous rappeler ici sur quelles déclarations précises le procureur Acosta s’est assis allègrement, sans qu’on ne bronche de l’autre côté de l’Atlantique… jusqu’à il y a quelques mois maintenant.  Elles sont atterrantes… pour Donald Trump, dont on comprend mieux aujourd’hui sa hargne à tout vouloir balancer sur le seul Clinton… pour se faire oublier lui-même, une technique bien habituelle chez ce forban devenu président grâce à des amis (russes (2)).

L’homme voyageait aussi beaucoup, sinon énormément : je vous ai retrouvé ses derniers vols à bord de ses deux Gulfstream, après qu’il ait délaissé son vieux Lolita Express, le surnom de son Boeing 727 qui a tant baladé Bill Clinton (ce dernier a effectué plusieurs voyages à son bord et en a reconnu à ce jour 4 seulement, aller savoir pourquoi… mais il n’est pas le seul comme on a pu le constater (3).  Des voyages incessants qui questionnent sur l’origine de son immense fortune, restée fort mystérieuse encore aujourd’hui.  Epstein a laissé son empreinte (génétique) sur les lieux de ses forfaits.

LIRE

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Aviseur International

Décryptage

Suite a la saisie au Havre de 780 paquets de cocaïne représentant plus d’une tonne lundi dernier, le ministre Gérald Darmanin toujours très en recherche de médiatisation, n’ a pu s’empêcher de déplacer sa ministérielle grandeur pour s’en aller féliciter les valeureux douaniers qui avaient réussi à saisir cette quantité non négligeable de coke.

A juste titre, je pensais que cette saisie n’était que la résultante de l’activité des agents de la DNRED au sein de la CELTICS.

L’absence de Rodolphe Gintz m’avait semblé anormale, mais à postériori, je comprends qu’il soit resté à Montreuil.

Parce que, en réalité, nos agents de la DNRED ne sont intervenus, non pas sur signalement CELTICS, mais sur une information transmise par le DEA, peut-être à l’attaché douanier en poste à Bogota, qui a fait suivre sur Paris pour exploitation du tuyau.

La DNRED a fait le job mais n’a pas profité de…

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