MH370 (39): la Somalie, terrain de jeu privilégié de la CIA

Publié: 28 avril 2019 dans Informations générales

C’est une vidéo, pour commencer. Il est rare que des crashs d’avions soient filmés ainsi, en direct. Mais là, il y avait facilité à le faire : l’avion, un petit biréacteur à aile haute, avait annoncé avant, à la tour de contrôle d’aéroport où il devait se poser, qu’il allait quand même le faire cet atterrissage, mais sur le ventre car son train récalcitrant avait refusé de sortir quelques dizaines de minutes auparavant. La scène, datée du 3 juin 2017, ne se passait pas aux Etats-Unis, mais sur une des pistes (la numéro 5) de l’aéroport de Mogadiscio, l’avion venant alors d’Entebbe, en Ouganda, un trajet régulier pour lui.

L’appareil, alors immatriculé N330BG, adroitement piloté, se posera en dérapant sur le ventre et s’immobilisera plus d’un kilomètre plus loin. Son bout d’aile droite finira par toucher le sol au bout de sa course, pour se redresser une fois l’avion arrêté. Les pompiers arrivés sur place l’arroseront copieusement de neige carbonique. Fort heureusement, tous les membres d’équipage pourront en sortir indemnes, sans aucune blessure. Bref, un vrai miracle, mais largement ignoré par les médias (je n’ai découvert cet épisode qu’en préparant cette série, c’est dire). L’appareil, d’allure et de décorations civiles, un Dornier Do-328JET, la version à réacteurs du modèle précédent bien connu à turbopropulseurs, porte une immatriculation américaine: N804CE.

L’avion n’est pas tout neuf, il a été mis en service en 2001, au nom de l’indécrottable acheteur boulimique d’avions qu’est le Wells Fargo Bank Northwest NA Trustee. Une rapide recherche nous donne comme propriétaire Cummins Inc, mais l’avion porte plutôt sous cette étiquette celui du cigarettier Philip Morris (qui le louait donc, c’était son avion VIP, aussi inscrit chez Altria… Morris étant une filiale, désormais, d’Altria), à partir de son immatriculation précédente en N328PM; celle de ses origines (ici à gauche, il présente en effet les coloris arborés par les paquets de Marlboro). Cet avion, d’apparence anodine, va pourtant nous mener bien loin, dans les arcanes d’une guerre secrète entretenue… à dessein.

De la CIA aux moteurs de camions

Cummins est un fabricant de moteurs pour engins de chantiers, de bateaux (dont des yachts) ou de camions, mondialement connu, mais la firme possède aussi une particularité qui va vite nous intéresser. Ou plutôt un de ses dirigeants. A la démission de John Wosley, en 1995, de la direction de la CIA, le président Clinton avait choisi sans trop cogiter un gars du sérail, proche du secrétaire de la défense, William J. Perry, et de son prédécesseur, Les Aspin (un démocrate qui avait acquiescé à l’aide aux Contras et qui s’engluera en Somalie (1)). Un homme à poigne qui avait fait partie des fameux « whiz kids » ces jeunes loups passionnés de chiffres qu’avait amenés avec lui Robert McNamara, un bruxellois d’origine (dont le père était né à Smolensk !), appelé John Mark Deutch (ici à gauche). Deux ans avant, il était devenu le « acquisition czar at the Pentagon » comme le dit ici le New-York Times, c’est-à-dire celui qui achetait le matériel pour le Pentagone. Autrement, dit, il connaissait tout de l’armée américaine, à ce poste-clé……LIRE la suite

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