FRANCE 🇫🇷: l’éternel recommencement

Publié: 14 avril 2019 dans Réflexions, Société
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« Des hommes poussaient, une armée noire, vengeresse, qui germait lentement dans les sillons, grandissant pour les récoltes du siècle futur, et dont la germination allait faire bientôt éclater la terre. »

Zola

Voila ce qu’avaient vécu les parents et grands parents de mon grand-père François, comme spectateurs soumis; voilà ce qui avait fait l’atmosphère socio-politico-économique qu’ils respiraient. Et malgré cela, puisque ses maîtres d’école ne lui avaient enseigné que ce qui était autorisé de savoir, pour lui, avec ses origines et l’éducation reçue, François reste persuadé que les dirigeants politiques, à l’image de son maître d’école qui était aussi le maire de son village, ne visaient que l’intérêt supérieur de la nation, que les fonctionnaires ne pouvaient qu’être intègre et courageux, les policiers honnêtes et efficaces, les magistrats justes et équitables et les prêtres charitables et moralement au dessus de tout soupçon.

Dans les journaux de cette période, on lit tout et son contraire.

Dans La Justice, ce journal fondé en 1880, inspiré par Clemenceau, comme dans le tout nouvel Aurore qui n’avait pas trois ans d’existence, et qui bien sûr étaient considérés comme radical comme d’ailleurs La Lanterne et le Voltaire. Mais ici, dans le Nord de la France, à Cambrai, on lisait aussi l’Echo du Nord et depuis peu le Réveil du Nord, tous deux, journaux plus modérés, avec des informations locales tellement recherchées. C’est vrai, savoir que le maire de la commune de Marchiennes, de Naves, de Rieux ou d’Avesnes les Aubert a fait promulguer telle ou telle autre interdiction est nettement plus intéressant pour la plupart des lecteurs que de suivre les comportements, tergiversations, billevesées, menteries, carabistouilles, sornettes, balivernes, calembredaines et autres fariboles des politiques auxquels les petites gens ne comprennent rien! Désormais, dans chaque commune, un ou plusieurs correspondants, très souvent des fonctionnaires, s’emploient à faire parvenir au journal qui utilise leurs services le compte rendu fidèle de la vie communale et des événements à venir. Mariage, naissances, décès, construction, avis divers à la population et des reportages sur les récoltes, les cultures, les artisans, la mode et les faits divers. L’homme simple de la France du bas de l’échelle sociale peut au moins vérifier que ce qu’il lit est vrai ou faux !  Déjà la publicité fait ses premières apparitions pour des produits alimentaires.

En octobre 1896, le préfet Veil-Durand du département du Nord se plaint au ministère des cultes d’être trop souvent dérangé pour constater que nombre de curés cherchent à faire le vide dans les écoles publiques par tous les moyens dont ils disposent, citant l’exemple de l’abbé Colpin, le curé de Denain, qui, dans un de ses derniers sermons, vitupérant contre les francs-maçons, athées, juifs, protestants, « tous les tarés de la société » a conclu en affirmant : « Il n’y eut jamais autant d’enfants criminels ni autant d’assassins que depuis qu’on n’enseigne plus le catéchisme dans les écoles! »

EXTRAIT de « L’Archipel des Soumis »

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