TURQUIE đŸ‡čđŸ‡·(crise de l’oignon): l’inflation atteint des records et le peuple s’impatiente et pour Devlet Bahçeli, le prĂ©sident du Parti d’action nationaliste (MHP), a prĂ©venu, «S’il existe des aspirants au terrorisme des gilets jaunes, ils en paieront un lourd tribut.»

Publié: 6 janvier 2019 dans 1 - Revue de presse - Journaux tĂ©lĂ©visĂ©s - Videos, SociĂ©tĂ©, Turquie
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Marion Fontenille —

Si les «gilets jaunes» ne se sont pas –encore– exportĂ©s au pays d’Erdogan, la «crise de l’oignon» concentre toutes les attentions.

Coupant l’herbe sous le pied Ă  qui en aurait eu l’idĂ©e, Devlet Bahçeli, le prĂ©sident du Parti d’action nationaliste (MHP), a prĂ©venu: «S’il existe des aspirants au terrorisme des gilets jaunes, ils en paieront un lourd tribut.»

Ces menaces n’ont pourtant pas empĂȘchĂ© plusieurs milliers de personnes de manifester Ă  Istanbul et Diyarbakır. Pas de vague jaune, mais des clins d’Ɠil, comme des pancartes sur lesquelles ont pouvait lire «du travail, du pain, la liberté». En cause, l’inflation, qui a atteint dans le pays un chiffre tristement record en octobre 2018: 25,24% –du jamais vu en quinze ans.

Douche froide Ă  la caisse

En Turquie, l’augmentation des prix est devenue le principal sujet de discussion. À la caisse d’un supermarchĂ©, la quinquagĂ©naire HĂŒlya ne peut s’empĂȘcher de lĂącher un soupir indignĂ©. Elle compte minutieusement les articles qu’elle range dans son sac. Il y en a moins d’une dizaine, seulement des produits de base: des fruits et lĂ©gumes, du riz, des pĂątes.

Et pourtant, au moment de payer, c’est la douche froide. «J’en ai pour quatre-vingt livres turques [prĂšs de treize euros, ndlr]. Nous sommes quatre Ă  la maison. Je ne pense pas pouvoir tenir la semaine avec ce que j’ai achetĂ©. J’ai beau compter et faire attention, je paie toujours trop cher une fois Ă  la caisse.»

Quelques rayons plus loin, un homme salive devant 500 grammes de viande hachĂ©e. «Je n’en ai pas mangĂ© depuis des mois, confie-t-il. Nous n’avons que mon salaire pour vivre. J’ai deux enfants. Par les temps qui courent, il est devenu impossible d’acheter de la viande pour toute la famille.»

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