FRANCE đŸ‡«đŸ‡· (Lobbies et politiques): des relations incestueuses

Publié: 6 dĂ©cembre 2018 dans Informations gĂ©nĂ©rales

Le gouvernement français ne cache pas sa proximitĂ© avec les « reprĂ©sentants d’intĂ©rĂȘts » des grandes entreprises. GĂ©rald Darmanin, le ministre de l’Action et des Comptes publics, semble appuyer en sous-main les revendications des industriels du tabac sur la traçabilitĂ© des cigarettes.

Une députée européenne, interrogée par le quotidien suisse Le Temps et qui a voulu rester anonyme, ne cache pas son exaspération!

Vous voulez une liste ? La voici.

-Le ministre de l’Agriculture est liĂ© au lobby de l’agroalimentaire.

-La ministre de la SantĂ© a fait une bonne partie de sa carriĂšre dans l’industrie pharmaceutique.

-La ministre du Travail a été directrice des ressources humaines pour de grandes entreprises comme Dassault ou Danone.

-Le premier ministre lui-mĂȘme a Ă©tĂ© employĂ© d’Areva, le gĂ©ant du nuclĂ©aire


De fait, jamais un gouvernement français n’a semblĂ© aussi proche de ces « reprĂ©sentants d’intĂ©rĂȘts », l’autre nom des lobbyistes qui gravitent en marge des lieux de pouvoir, Ă  Paris ou Bruxelles.

QuestionnĂ© par Le Monde sur la prĂ©sence de ces anciens lobbyistes dans l’équipe gouvernementale, un conseiller du Premier ministre Edouard Philippe – lui-mĂȘme ancien directeur des affaires publiques d’Areva – assume : « Si on choisit des gens pour leur lĂ©gitimitĂ© et leur expĂ©rience professionnelle, on ne peut pas ensuite leur reprocher leur lĂ©gitimitĂ© et leur expĂ©rience professionnelle ».

Emmanuel Macron lui-mĂȘme entretient un rapport dĂ©complexĂ© aux cercles d’influence, son cabinet comprenant de nombreux ex-lobbyistes:

-sa conseillĂšre Ă  l’Agriculture, Audrey Bourolleau, prĂ©cĂ©demment directrice du lobby viticole Vin & SociĂ©tĂ©

-Claudia Ferrazzi, sa conseillÚre Culture, ancienne de Capgemini et du Boston Consulting Group  etc.

La dĂ©mission fracassante de Nicolas Hulot, Ă  la fin de l’étĂ©, a rĂ©vĂ©lĂ© au grand public la porositĂ© inĂ©dite entre ces reprĂ©sentants d’intĂ©rĂȘts de grandes entreprises et le monde politique français.

Pour expliquer son dĂ©part, aprĂšs quinze mois au gouvernement, l’ancien ministre de l’Environnement a directement pointĂ© du doigt l’influence du lobby des chasseurs, ou encore celle des lobbys des pesticides, l’UIPP, et de l’agriculture « conventionnelle », la FNSEA, dans la rĂ©daction des textes de loi sur l’agriculture et l’alimentation, dont les ambitions ont Ă©tĂ© largement revues Ă  la baisse.

Pour certains spĂ©cialistes, l’influence des lobbies, pas toujours visible en France, est considĂ©rĂ©e comme une atteinte Ă  la dĂ©mocratie. Un sujet qui a longtemps Ă©tĂ© tabou dans l’hexagone, comme l’explique Cornelia Woll, professeure Ă  Sciences Po, et spĂ©cialiste de la question. « On a cette conception que la politique Ă©clairĂ©e ne devrait pas ĂȘtre pervertie » par des groupes, analyse-t-elle pour l’AFP. Cependant, leur influence est bien rĂ©elle. Et s’il est un lobby qui semble plus puissant que tous les autres rĂ©unis, c’est bien celui du tabac. Pourtant, aucun de ses reprĂ©sentants ne siĂšge au gouvernement ; est-ce Ă  dire qu’il ne s’agite pas en coulisses ?

Traçabilité des cigarettes : le lobby du tabac impose-t-il sa loi au gouvernement ?

Vendredi 22 novembre se tenait au SĂ©nat un colloque intitulĂ© « Origines du commerce parallĂšle de tabac, solutions pour y mettre fin ». OrganisĂ© par le sĂ©nateur socialiste Xavier Iacovelli, ce dĂ©bat ne portait pas tant sur les questions de santĂ© publique que sur les recettes fiscales de l’Etat. Avec la hausse des taxes, le marchĂ© parallĂšle explose, privant les caisses de l’Etat français de quelque 3 milliards d’euros de rentrĂ©es. Afin de lutter contre ce phĂ©nomĂšne complexe, largement alimentĂ© par les cigarettiers eux-mĂȘmes qui, comme Ă  Andorre, livrent chaque annĂ©e 850 tonnes de leurs produits pour une demande domestique de 120 tonnes, l’Organisation mondiale de la santĂ© (OMS) a instituĂ© en 2012 un protocole sur la traçabilitĂ© des cigarettes.

Selon ce protocole, le systĂšme de traçabilitĂ© doit impĂ©rativement ĂȘtre confiĂ© Ă  un organisme indĂ©pendant de l’industrie du tabac. Mais il se trouve que la Commission europĂ©enne a parallĂšlement dĂ©fini sa propre norme : la Directive tabac. Un texte qui s’écarte totalement de la convention-cadre de l’OMS puisqu’il donne les coudĂ©es franches aux industriels du tabac.

Un choix controversé donc, pourtant validé par le directeur général des douanes françaises, Rodolphe Gintz.

Et comme l’explique le journal LibĂ©ration du 22 novembre dernier, un dĂ©putĂ© UDI, Charles-AmĂ©dĂ©e de Courson, a dĂ©posĂ© un amendement afin de traduire rapidement la directive de Bruxelles dans le droit français.

« Je suis trĂšs favorable Ă  cet amendement », a dĂ©clarĂ© Ă  cette occasion le ministre des Comptes publics, GĂ©rard Darmanin. Un ministre dont le directeur de cabinet n’est autre que JĂ©rĂŽme Fournel, un ancien directeur gĂ©nĂ©ral des douanes françaises, douanes qui semblent se satisfaire de procĂ©der Ă  quelques saisies spectaculaires par an au lieu d’aller Ă  la racine du problĂšme.

Un ministre dont de nombreux observateurs se demandent s’il ne serait pas « poreux Ă  certaines interventions en coulisses », selon LibĂ©ration.

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