FRANCE: quand la République se couche…

Publié: 16 décembre 2016 dans 1 - Revue de presse - Journaux télévisés - Videos, Informations générales
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par François d’Orcival

Notre-Dame-des-Landes, ce n’est pas toute la France ; la Seine-Saint-Denis non plus. Mais si l’État cède devant les zadistes, il s’efface aussi devant les islamistes.

La République, disait Bernard Cazeneuve, ça signifie que dès lors que le droit voté par le souverain et interprété par le juge permet à des projets de développement de se mettre en oeuvre, personne ne peut, en raison de l’endroit d’où il parle, parce qu’il estime avoir raison, imposer la violence à la République en contravention avec le droit. Ça, c’était du Cazeneuve, la doctrine ferme et définitive du ministre de l’Intérieur modèle. Mais c’était il y a deux ans (Libération, 26 décembre 2014), avant même l’état d’urgence. Qu’en a-t-il fait ? Et ce n’est pas sa déclaration de politique générale de Premier ministre, ce mardi, qui va changer les choses. Et pourtant, s’il y a un lieu du territoire où « le droit [a été] voté par le souverain et interprété par le juge », c’est bien Notre-Dame-des-Landes ! Bien entendu, on ne fera rien.

Qui avait donc décidé d’organiser un référendum local pour trancher une affaire qui n’avait que trop duré, après 170 décisions judiciaires ? Hollande, le 11 février 2016. Qui en avait assuré l’exécution ? Valls et Cazeneuve. Qui avait déclaré, au vu du dépouillement (55 % de votes pour la construction de l’aéroport) : « Il serait inconcevable de ne pas le respecter, ce serait un affaiblissement de l’autorité et de la démocratie » ? Valls. Qui affirmait toujours, le 23 novembre, que le projet devait être mis en oeuvre, « le ministre de l’Intérieur étant chargé de préparer les conditions permettant le début des travaux » ? Valls encore. Quelle autorité ! Valls est maintenant candidat à la primaire socialiste, Cazeneuve Premier ministre, la parole publique a été déconsidérée.

L’exemple est venu de haut. Hollande l’avait dit (dans Un président ne devrait pas dire ça, Stock) : « Le plus probable, c’est que ce projet ne sera pas annulé, mais ne verra pas le jour. » Ségolène Royal s’était chargée d’expliquer pourquoi (le 16 octobre, dans le Journal du dimanche) : « Imaginons seulement un instant qu’il y ait mort d’homme, parmi les forces de l’ordre ou du côté des manifestants [en cas d’évacuation par la force]. Ce serait gravissime ! »

La République a eu peur. Elle a pris la fuite. Devant 150 ou 200 “zadistes” qui occupent une “enclave” échappant à toute loi. Nourris et entretenus par les subventions, les revenus de solidarité et allocations chômage, ces “gentils zadistes”, écolos et SDF agricoles éleveurs de poules n’auraient pas hésité à fabriquer toutes sortes d’engins pour s’attaquer aux gendarmes mobiles et aux CRS qui seraient venus les déloger.

Mais quand l’État cède ici, il disparaît ailleurs. Même logique. Le 7 décembre, France 2 diffusait dans son journal de 20 heures un reportage de Caroline Sinz réalisé à Sevran, en Seine-Saint-Denis : deux femmes tentaient d’entrer librement dans un café occupé par des hommes. Elles avaient, disaient-elles, « l’impression de braver un interdit ». Et elles avaient raison. « Dans ce café, il n’y a pas de mixité », s’entendirent-elles rappeler. « T’es dans le 93, t’es pas à Paris », et bientôt : « Ici, c’est comme au bled… »

Tradition, culture, religion ? L’une des deux femmes courageuses de l’association La Brigade des mères commenta : « Ici, l’islam, c’est le code pénal. » À Sevran, la République était incarnée par ces deux femmes.

Voilà le point commun entre Notre-Dame-des-Landes et le « bled » du 93 : il y règne le même silence de la République, intimidée en Loire-Atlantique, résignée en Seine-Saint-Denis. Les “zadistes” n’obéissent qu’à la loi de leur camp ; les hommes du 93 ne se conforment qu’à la charia. Oublions MM. Hollande, Cazeneuve et Valls, qui ne font plus que de la figuration. L’épreuve sera pour le successeur, celui qui arrivera à l’Élysée en mai prochain. Il doit s’y préparer ; c’est là aussi qu’il est attendu, et pas seulement en Loire-Atlantique et dans le 93, sur sa capacité à relever la République, comme on relève un drapeau souillé.

SOURCE: https://www.valeursactuelles.com/politique/quand-la-republique-se-couche-51304

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