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Le Monde.fr | 10.12.2015 à 13h53 • Mis à jour le 10.12.2015

Par Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)

A Montpellier, le 20 novembre 2015.

La Commission des libertés civiles (LIBE) du Parlement européen a approuvé, jeudi 10 décembre au matin, par 38 voix pour, 19 contre et 2 abstentions, le projet, largement controversé, d’un fichier européen des données des passagers aériens (Passenger name record, ou PNR). Débattu depuis sept années au total, le projet doit encore être adopté en séance publique, en janvier probablement. L’issue de ce vote ne fait toutefois plus de doute.

Ceux qui pensent que le PNR peut-être un outil efficace, notamment dans la lutte contre le terrorisme, en permettant d’enregistrer les déplacements des suspects, ont remporté la partie. Il est néanmoins envisageable que d’éventuels recours auprès de la Cour de justice de Luxembourg aboutissent : l’extension du fichage à des personnes non suspectes pose visiblement problème aux juges européens, qui ont déjà manifesté leurs réticences. Le contrôleur européen de la protection des données, le magistrat italien Giovanni Buttarelli, s’interroge également sur la légitimité du projet, mais aussi sur son utilité pratique. Selon lui, le projet est coûteux, s’ajoutera à sept bases de données existantes et n’aura qu’une utilité marginale au plan des enquêtes.

Le projet de directive voté jeudi prévoit que les compagnies aériennes devront collecter une vingtaine de données sur le passager de vols extra- et intra-européens. Elles concernent l’identité du passager, son numéro de téléphone, son adresse de courriel, la manière dont il a payé son billet, le numéro de celui-ci, le numéro de siège, ses bagages, son éventuel programme de fidélité ou « voyageur fréquent », etc. Le texte affirme que toute discrimination basée, entre autres, sur l’origine ethnique ou sociale, la religion, la langue ou la nationalité du passager sera évitée.

Lire nos explications : Lutte contre le terrorisme : qu’est-ce que le PNR, le fichier sur les passagers aériens ?

Données conservées cinq ans

Les données seront conservées pendant 6 mois (le texte initial de la Commission proposait 30 jours). Elles seront masquées au bout de ce délai, et effacées après 5 années. Dans l’intervalle, elles seront accessibles sous le contrôle d’une autorité judiciaire nationale, à des conditions « très strictes et limitées ». L’accord prévoit aussi la nomination d’un responsable chargé de s’assurer que les règles fixées ont été respectées. Le groupe des élus socialistes français, notamment, insiste sur la nécessité d’un « suivi étroit » des résultats qui seront obtenus et du respect des libertés individuelles.

Le débat sur le PNR déchirait les différents groupes à chaque attentat commis. Après les récents attentats de Paris et une lettre de Manuel Valls au groupe social démocrate européen (S&D), il devenait difficile, voire impossible, pour ce dernier de camper sur une position de refus intransigeant. Au cours des derniers jours, des discussions internes n’ont pas gommé les divergences ou permis de vaincre les réticences d’eurodéputés allemands et autrichiens, notamment. Hormis quelques-uns de ses élus, le groupe s’est toutefois rallié à une solution de compromis : il est prêt à accepter le PNR à condition qu’une directive sur la protection des données, dont la négociation a pris aussi du retard, soit adoptée parallèlement.

Si cet autre dossier clé est enfin bouclé (la commission Libe doit se prononcer le 17 décembre, avant un vote en séance publique en 2016), le PNR sera approuvé par le groupe en séance plénière ; en janvier sans doute. Le groupe libéral et démocrate (ALDE) n’était pas plus unanime. En son sein, les élus centristes français et les libéraux belges étaient prêts à adopter le texte tandis qu’un autre groupe suivait la députée néerlandaise Sophie In’t Veld, hostile depuis le début à ce projet.

Informations partagées à la carte

M. Verhofstadt et son collègue social démocrate, Gianni Pittella, étaient parvenus à rallier leur collègue conservateur à cette idée: Manfred Weber, chef du groupe PPE, l’avait approuvée, du bout des lèvres, à la fin de la semaine dernière. Quelques heures plus tard, les ministres de l’intérieur, réunis en conseil vendredi 4 décembre, se mettaient toutefois d’accord sur un projet plus flou : les informations importantes issues du traitement des données seront partagées à la carte. Le PPE approuvait toutefois le projet, « coinçant » les autres groupes : ils ne voulaient pas donner l’impression de s’opposer à un projet jugé utile en période d’alerte terroriste. Ils ne voulaient pas être accusés par la droite et, simultanément, être assimilés à l’extrême droite : le Front national et ses alliés s’opposent au PNR en raison de sa dimension européenne…

Il devenait, enfin, de plus en plus difficile, pour les groupes proeuropéens de continuer à bloquer le projet alors que de nombreux États mettent au point leur propre PNR, soumis à des législations différentes, voire contradictoires, et pas toujours respectueuses des droits fondamentaux. « Voter contre aurait abouti à une situation où les données des passagers seraient protégées de manière différente selon qu’ils partent de Paris ou de Francfort », soulignent des élus de l’ALDE.

Dernière précision : après les attentats de 2001, les États-Unis, l’Australie et le Canada avaient déjà obtenu à tour de rôle des Européens, puis dans le cadre d’un accord UE/USA très controversé à l’époque, les données des passagers se rendant dans leur pays.

Aviseur International

Année faste, pour les trafiquants aériens en 2015 au Honduras ! En une année on a en effet assisté à une pluie d’appareils, la plupart retrouvés incendiés, une tendance qui avait démarré il y a longtemps on le sait, mais qui avait vu la tendance augmenter avec la taille des appareils, devenus plus gros et transportant davantage encore de cocaïne. Des Beechcrafts, notamment et même un jet, un Learjet 25, retrouvé abandonné cet été à Tegucigalpa. Même s’il l’appareil n’est plus tout neuf (il affiche aujourd’hui 45 ans d’âge) un modèle similaire se vend encore aujourd’hui plus de 185 000 dollars. La tendance nouvelle étant la provenance : si la plupart proviennent du Venezuela, quelques uns ont eu comme donneurs d’ordres des brésiliens. Avec au bout du compte, l’institutionnalisation du trafic chez un industriel et homme politique accusé sur le tard de blanchiment d’argent.

Miguel_FacusseLes avions retrouvés incendiés au…

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Le Blog de Philippe Waechter

9 éléments à suivre cette semaine pour appréhender la conjoncture

Premier pointLa dynamique mondiale reste limitée
Les chiffres du commerce mondial ont été publiés pour le mois de novembre. Sa progression sur un an est de 2%, soit une progression qui reste en-dessous de ce qui était observé avant la crise de 2008. L’Asie hors Japon est la région la plus pénalisante pour l’évolution des échanges avec une contribution négative. Les Etats-Unis n’ont pas non plus une contribution forte mais elle est positive. La zone Euro et l’Afrique et le Moyen-Orient ont une contribution positive aux échanges

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p bilgerDes grandes voix et le marais médiatique…

Il y a quelques rares grandes voix. Souvent inconscientes d’elles-mêmes, seulement lourdes de leur vigueur et de leur sincérité.

Il y a le marais médiatique qui distille un implacable ennui parce qu’il est facile de deviner ce qu’en général il va dire ou écrire.

On va encore me reprocher d’attacher trop d’importance aux médias, comme si on pouvait penser sans l’apport quotidien des informations qu’ils offrent en prétendant les éclairer pour nous – c’est leur faiblesse et leur vanité – par des analyses qui seraient stimulantes alors que la banalité les gangrène. Rien de pire pour les citoyens que de sentir qu’ils « feraient » aussi bien mais d’être cependant tributaires de la substance qu’ils sont les seuls à communiquer.

Peut-être aussi, détestant la fausse rhétorique, celle qui joue à faire croire qu’on peut tout défendre et tout démontrer, suis-je trop attaché à la manière douée ou non de parler ou d’écrire, de persuader ou de contredire. Si cette disposition me conduit je l’espère à ne pas ériger de barbelés intellectuels, elle m’entraîne à être sensible à l’esthétique et pas assez sans doute à l’austérité des propos sans apprêt ni recherche.

Le hasard de ces dernières semaines nous a confrontés à des audaces émanant de personnalités n’hésitant pas à secouer le conformisme intellectuel et médiatique en le sortant de l’endormissement ou de la contemplation béate de soi.

Ce sont les grandes voix que j’évoque dans mon titre et qui sont d’autant plus retentissantes qu’elles s’attaquent à des tabous, des institutions ou de fausses évidences. Elles se caractérisent d’abord par la faculté de refuser la tiédeur et par la volonté de n’user du verbe que pour aller au plus profond de soi et donc de briser, au-delà, le consensus de la banalité protectrice.

Ces grandes voix, ces voix libres – je songe par exemple à Vincent Lindon, Emmanuel Macron, Alain Finkielkraut et Olivier Besancenot, aussi choquant que puisse être pour certains ce groupe idéologiquement disparate – donnent toute sa résonance à cette citation d’un penseur colombien cité par Alain Finkielkraut : « L’intellectuel n’oppose pas à l’homme d’Etat l’intégrité de l’esprit mais le radicalisme de l’inexpérience » (Le Point).

En effet comment ne pas relier à cette dernière, en entendant « intellectuel » au sens large, la dénonciation récente, par le grand acteur et le citoyen passionné, de l’histrionnisme médiatique moquant et dégradant la parole publique, trop souvent, il est vrai, avec le concours déplorable des politiques eux-mêmes ? De même que sa colère face à la présentation caricaturale et populiste de la classe politique sans qu’on tienne jamais compte de ce qu’elle tente d’accomplir pour le bien du pays (C à vous).

Vincent Lindon a le bonheur et la liberté qui résultent « du radicalisme de l’inexpérience ».

Alain Finkielkraut est évidemment l’exemple même de l’intellectuel brillamment et lucidement protestataire, précisément parce qu’il n’a pas la charge de mettre en oeuvre le contraire de ce que son discours récuse.

Si on veut, c’est « le radicalisme » de l’irresponsabilité, qui se permet tout parce qu’il n’est tenu à rien et dont on n’exige que la qualité de l’analyse et la clairvoyance du constat. On a pu remarquer, lors d’une récente émission de télévision, à quel point il était plus que jamais nécessaire de laisser s’exprimer l’une et l’autre.

Lui-même, attentif à ses limites, « n’a jamais pris de haut » les politiques et je n’ai perçu qu’au cours d’un entretien avec lui, la tentation, vite rejetée, qu’aurait pu représenter le ministère de l’Education nationale.

Emmanuel Macron est ministre. Il n’est pas aimé par le socialisme dogmatique, auquel il ne cesse de mettre des bâtons dans les roues. Mais désiré par beaucoup, au-delà de son camp, et réfléchissant sur la France et sur les avancées dont elle a besoin. Il y a quelques mois, il a répondu à des questions dans un registre très conceptuel et philosophique. Sa liberté de pensée et de parole, dans la sphère politique, n’est pas loin de jouer aussi, mais subtilement, sur « le radicalisme de l’inexpérience ». En tout cas sur la répudiation de l’expérience classique, traditionnelle.

Le langage lui sert à déclarer le décès des 35 heures alors que pour d’autres comme le Président ou la ministre du Travail, il vise à leur survie. Quand il ose formuler que « la vie des entrepreneurs est plus dure que celle des salariés », immédiatement il a conscience de jeter un caillou dans l’étang tranquille des idées condamnées au silence. Mais qui ne sent pas, dans cette provocation, un désir de combattre les préjugés ? Il n’y aurait de respect à éprouver que pour les salariés et les entrepreneurs gagneraient énormément d’argent sans rien accomplir. Luxe, calme et volupté : à entendre le café du commerce, cette trinité serait celle des grands patrons. En tout cas, il serait hors de question de leur concéder de la compréhension et de l’estime. Emmanuel Macron est une grande voix qui remue, agite et rend encore plus palpable l’ennui distillé par le marais médiatique.

Enfin, Olivier Besancenot qui est revenu à la surface pour le NPA et qui, après Mélenchon, s’en est pris vigoureusement au ministre Macron pour cette dernière affirmation en l’accusant d’avoir « craché sur 23 millions de Français ». Il a fait preuve d’une alacrité de procureur et je n’ai pas pu m’empêcher de regretter qu’un tel talent habille et habite une idéologie aussi peu accordée au réel, goûtant « le radicalisme de l’inexpérience » parce que le pouvoir est si éloigné d’elle que c’est tout comme.

Nous n’aurons jamais, dans ces médias majoritairement confits, un vrai débat. Par exemple Emmanuel Macron en face d’Olivier Besancenot. Ou l’exaltation d’un sincère comme Vincent Lindon confronté, contre la dérision médiatique, aux politiques de tous bords ; pour qu’il leur dise de mieux faire, pas pour les ridiculiser.

Il y a de rares grandes voix.

Le marais médiatique trouvera bien le moyen de les étouffer, ou de les banaliser.

Mais elles font du bien à qui les écoute.

http://www.philippebilger.com/

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Une prison

© East News. Muhammed Muheisen

Mi-janvier 2015, le gouvernement français a décidé d’accélérer son programme de déradicalisation des centres de détention.

Lundi 25 janvier, le gouvernement français a lancé son programme de déradicalisation dans les prisons françaises. Deux unités spécifiques devant accueillir les détenus radicalisés ou en voie de radicalisation ont ouvert dans les départements du Val d’Oise et du Nord, annonce le site The Local

L’enquête sur les attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes, à Paris, les 7 et 9 janvier 2015, a alerté les services de l’Etat français sur l’urgence à agir. Il est apparu rapidement que les auteurs des attaques ont été en contact alors qu’ils étaient en prison. C’est le cas notamment pour Amédy Coulibaly et Chérif Kouachi mais, avant eux, Mohamed Merah et Medhi Nemmouche avaient, eux aussi, été approchés par des islamistes radicaux lors de séjours en prison.

Mi-janvier 2015, le gouvernement français a donc décidé d’accélérer son programme de déradicalisation des centres de détention. Il s’agit dans un premier temps de recruter des agents pénitentiaires chargés de détecter les détenus à risque. En 2012, les prisons françaises comptaient sept agents de renseignement formés à reconnaître les détenus en voie de radicalisation. Ils sont aujourd’hui près de 160 et devraient être 185 d’ici quelques mois.

Ensuite, il s’agit de prendre en charge ces détenus. C’est l’objectif des quartiers dédiés qui ont commencé à ouvrir leurs portes lundi. Ils sont deux, pour l’instant, mais le programme en prévoit cinq d’ici à la fin du mois de mars avec une capacité d’accueil d’une vingtaine de détenus chacun, soit un total d’un peu plus de cent personnes jugées «radicalisées» ou  «en voie de radicalisation».

Le placement en unité dédiée devrait durer au moins six mois avec une période d’évaluation de deux à six semaines. Maintenus en cellules individuelles, les prisonniers seront « triés », en quelque sorte. Les plus endurcis seront maintenus à l’isolement; ceux qui sont considérés comme pouvant avoir une influence néfaste sur les autres détenus resteront dans les unités dédiées; les autres retrouveront le régime ordinaire de détention, mais tous devront obligatoirement suivre un programme intensif de déradicalisation: quatre demi-journées, par semaine, d’enseignement général et de séances de travail en groupe avec l’aide d’intervenants extérieurs (victimes de terrorisme, djihadistes repentis, psychologues…). L’objectif, assure l’administration, est «d’amener ces détenus à se désengager de la violence, pour prévenir la récidive».

Tout ce processus est expérimental. La centaine d’agents pénitentiaires déjà affectés à ce programme l’ont rejoint sur la base du volontariat. Leur formation de trois semaines a commencé le 7 janvier dernier et vient de s’achever avant leur déploiement dans les premières unités dédiées. Une centaine d’agents, alors que l’on estime le nombre de détenus radicalisés ou en voie de radicalisation à entre 700 et 2.000, en France.

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 Crédits : Marc Rees (Licence CC-BY-SA 3.0)

Au Forum international sur la cybercriminalité, Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, a assuré que « Daesh se sert d’Internet et des réseaux sociaux comme un puissant critère d’influence ». Il a détaillé plusieurs mesures à propos de cette « guerre totale », « que nous gagnerons ».

À Lille, le locataire de la place Beauvau a avant tout décrit « le caractère inédit et la force réticulaire de nos ennemis ».

Publiée le 26/01/2016 à 11:24

Journaliste, rédacteur en chef Droit, LCEN, copie privée, terrorisme, données personnelles, surveillance, vie privée, et toutes ces choses…

LIRE: http://www.nextinpact.com/news/98236-bernard-cazeneuve-detaille-sa-guerre-totale-contre-cyberterrorisme.htm
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