Archives de 1 décembre 2015

 Michel Onfray à Paris, le 26 novembre 2015. (IBO/SIPA).

LES NOMS D’OISEAU

J’ai ouvert un compte tweeter non par passion moderniste ou désir de sacrifier à la mode des réseaux sociaux, mais pour disposer d’un contre-pouvoir à la chiennerie journalistique déchainée contre moi depuis bien longtemps. La presse française est en effet une juridiction d’exception subventionnée par l’Etat – sinon, elle s’effondrerait illico : 18 millions d’euros pour Le Monde, autant pour Le Figaro, les deux journaux les plus aidés, 11 pour Ouest-France, 10 pour Libération, autant pour Télérama… Elle peut salir, insulter, mépriser, humilier, vilipender et répandre son venin avec l’aide de l’argent du contribuable. La réponse à l’insulte n’y est évidemment pas tolérée. Sauf par tribunaux. J’ai été copieusement insulté, je n’ai jamais porté plainte contre aucun journal. J’ai donc ouvert ce compte pour donner mes vérités. Il venait de passer les 100.000 suiveurs.

J’ai cru qu’on pouvait formuler une idée en moins de 140 signes. Je le crois toujours. Mais j’ai mésestimé que ceux qui ont du mal à saisir une pensée en temps normal auraient du mal à saisir le concentré quand le délayé leur était déjà incompréhensible. Quand j’écris de Cayenne où je suis le soir des attentats du 13 novembre : « Nous récoltons nationalement ce que nous avons semé internationalement » je dis une chose qui n’est pas entendue et que je dis depuis toujours. A savoir que toute chose est un effet de causes qu’il faut chercher. Principe élémentaire pour quiconque veut penser.

Je dis donc en 140 signes que : le renoncement de la gauche à être de gauche sur le terrain international lorsque Mitterrand emboîte le pas à la politique belliciste de Bush en 1990 a généré une situation qui produit le terrorisme en France ; de même je dis par ailleurs depuis le même temps que le renoncement de la gauche à être de gauche en 1983, après conversion du même Mitterrand au libéralisme et transformation de Bernard Tapie en idole de la gauche, a mis le Front National en tête des partis français et en passe d’arriver à l’Elysée. On n’entend pas mon analyse ; on prétend qu’en disant ces deux choses : je fais le jeu de Daesh et je fais le jeu du FN ! Je montre la lune, Joffrin regarde mon doigt…

A l’impossibilité d’être compris dans un aphorisme il faut ajouter qu’on me reproche désormais non plus ce que je dis, mais ce que je ne dis pas ! Il y eut un déluge d’insultes à mon endroit parce que je n’avais pas affiché ma compassion à l’endroit des victimes. J’aurais dû, comme tant d’autres, afficher une bougie ou un drapeau français, sinon faire un selfie devant les lieux de massacres. Outre que l’affichage de la compassion ne s’avère pas toujours une compassion véritable mais est toujours un affichage, je n’ai pas ouvert un compte tweeter pour étaler mes sentiments, ma vie privée, mes émotions, mon pathos, mais pour donner mes analyses. Je garde la compassion pour mon for intérieur et trouve obscène l’obligation de l’afficher.

Jadis les journalistes allaient sur le terrain; aujourd’hui, ils vont sur tweeter. C’est moins coûteux pour les rédactions.  Combien de fois ai-je été appelé par un journaliste dans la demi-heure qui suivait un tweet ? Au-delà de 140 mots, leur intelligence rend souvent l’âme. Déjà en deçà, elle ne se sent plus très bien.

L’époque ne pense plus et ne pense pas, elle chérit l’infantile et l’infantilisation. C’est tellement plus facile de gouverner un mineur mental. Je me bats depuis toujours pour les Lumières qui invitent à penser par soi-même, sapere aude, « aie l’audace de penser » écrivait Kant. Je crée l’Université Populaire de Caen pour ça en 2002.

Lorsque 80 livres comptent moins qu’un tweet de 140 signes, c’est le tweet qu’il faut arrêter. D’autres font le choix inverse. Libre à eux.

La France vient d’affirmer qu’elle va mettre des coups de canifs dans la déclaration des Droits de l’homme : il n’y a plus personne pour estimer que Marine Le Pen n’aura bientôt plus de programme tant le PS l’aura réalisé.

©Michel Onfray, 2015

http://mo.michelonfray.fr/chroniques/la-chronique-mensuelle-de-michel-onfray-n127-decembre-2015/

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Un haut fonctionnaire du ministère de l’Intérieur raconte dans une interview les conditions dans lesquelles l’état d’urgence a été déclaré dans la soirée du vendredi 13 novembre.

Bernard Cazeneuve rencontre des agents de la douane sur le pont de l'Europe, à Strasbourg (Bas-Rhin), le 28 novembre 2015.
Bernard Cazeneuve rencontre des agents de la douane sur le pont de l’Europe, à Strasbourg (Bas-Rhin), le 28 novembre 2015. (FREDERICK FLORIN / AFP)

« C’est la loi la plus rapide de la Ve République. » Dans un entretien accordé à l’agence de presse AEF, mardi 1er décembre, Thomas Andrieu, le directeur des libertés publiques et des affaires juridiques (DLPAJ) du ministère de l’Intérieur, revient sur la mise en place de l’état d’urgence, vendredi 13 novembre après les attentats de Paris et Saint-Denis, dont la prolongation pour trois mois commence à faire débat en France.

« J’ai été saisi, vendredi 13 novembre à 22h30, de la décision du président de la République de déclarer l’état d’urgence », explique-t-il. Soit immédiatement après l’évacuation de François Hollande du Stade de France, où il assistait à France-Allemagne. « Notre première mission a donc été de rédiger les décrets, qui ont été adoptés en Conseil des ministres à minuit. » Le gouvernement a validé cette option en moins de deux heures, sans même attendre le dénouement de l’assaut lancé au Bataclan, une vingtaine de minutes plus tard.

« La mobilisation des parlementaires a été totale »

En parallèle, « dès les premières minutes qui ont suivi les attentats, l’ensemble des préfets et des forces de sécurité intérieure ont été mobilisés », se souvient Thomas Andrieu. Le ministère de l’Intérieur a ensuite rédigé les instructions aux préfets, signées par Bernard Cazeneuve, dès 7 heures du matin, le samedi 14 novembre.

Le lendemain, dimanche, le projet de loi sur l’état d’urgence est finalisé. Il est soumis en Conseil des ministres le 18 novembre. Adoptée par le Parlement en 48 heures, la loi est promulguée le 20 novembre, et reconduit l’état d’urgence pour trois mois. « La mobilisation des parlementaires a été totale et unanime », se félicite Thomas Andrieu, dans son entretien à l’AEF.

Bientôt une révision de la Constitution ?

Au total, plus de 2 000 perquisitions administratives ont été menées depuis le 14 novembre 2015. Elles ont donné lieu à 220 gardes à vue et ont permis de découvrir 320 armes – dont 31 armes de guerre – et entraînant 120 procédures judiciaires. Alors que ces perquisitions sont au cœur d’une polémique, Thomas Andrieu rappelle qu’« un lien direct avec le terrorisme n’est pas nécessaire pour prendre une mesure dans le cadre de l’état d’urgence, à condition qu’elle soit motivée et proportionnée ». En l’occurrence, selon lui, c’est le principe de « rétablissement général de l’ordre public » qui prime.

L’urgence semble désormais la règle dans l’exécutif. Alors que François Hollande a réclamé une révision des articles 16 et 36 de la Constitution – sur les pleins pouvoirs et l’état de siège – la DLPAJ indique que « la rédaction de ce texte est bien avancée » et que le projet de loi pourrait être présenté très rapidement.

http://www.francetvinfo.fr/faits-divers/terrorisme/attaques-du-13-novembre-a-paris/les-decrets-sur-l-etat-d-urgence-adoptes-avant-meme-l-assaut-du-bataclan_1200761.html

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Le Blog de Philippe Waechter

Au regard du graphe ci-dessous, on constate que la Fed réagit au cycle manufacturier.
C’est sa dynamique qui conditionne le profil cyclique de l’économie engendrant d’éventuelles tensions et de possibles interventions de la banque centrale. C’est pour cela que le chiffre de l’ISM d’aujourd’hui est préoccupant.
Au-delà de l’éventuelle nécessité de voir la Fed agir, il traduit une fragilité du cycle américain. Cela ne sera pas neutre pour l’économie globale. Cela pourrait modifier en profondeur les attentes sur la politique monétaire US et donc sur le profil du dollar. C’est cette partie là qui est la plus ennuyeuse. Les soucis constatés dans les émergents ne sont pas finis en raison de la volatilité des changes qui pourrait s’observer.
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Le Blog de Philippe Waechter

L’indice ISM du secteur manufacturier n’était pas tombé sous le seuil de 50 depuis novembre 2012. Il avait alors été calculé à 48.9 avant de rebondir à 50 en décembre. L’épisode de novembre 2015 durant lequel l’indice est tombé à 48.6 sera -t-il similaire? C’est la première interrogation.
L’autre question est que cette faiblesse de l’activité manufacturière ne va pas pousser la Fed à agir dans la précipitation. Depuis 1986, la banque centrale américaine n’a jamais remonté son taux de référence lorsque l’ISM manufacturier est en dessous du seuil de 50.
La probabilité de voir la Fed changer de stratégie s’est nettement atténuée après la publication de l’indicateur (inférieure à 50%)
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De jeunes Russes adressent leur message aux Européens
De jeunes Russes adressent un message aux Européens

© Photo. Capture d’écran YouTube

International

14:55 01.12.2015(mis à jour 15:42 01.12.2015) 

Face à la fragilité et à la fragmentation du monde moderne, des internautes russes, inspirés par les idéaux de solidarité et de bon voisinage, appellent à un front unique contre Daech et la menace terroriste par-delà les différends politiques.

Dans une vidéo publiée sur YouTube, ils exhortent les peuples européens à s’unir avec la Russie dans la lutte contre un terrorisme mondial plus présent que jamais.

« L’horreur et le sang ont largement dépassé les frontières de Facebook pour frapper à ta porte (Européen, ndlr), et tu n’es plus en mesure de faire défiler ces +pages+ lugubres. Comme personne d’autre, je ressens ta douleur, ton horreur, ta confusion (…) puisque les rues de ta ville natale ne sont plus en sécurité », déclarent-ils.

Et de rappeler: « Notre monde s’est rétréci, si bien que nous sommes désormais tous des voisins, même si cela ne nous plaît pas. Chaque année mon président t’avertissait de la menace de possibles attentats. Mais tes médias soulignaient que ce n’était qu’une exagération de sa part, tandis que vos troupes continuaient soi-disant à lutter pour les ‘valeurs véritables’, telles que la liberté et la démocratie ».

« Tu estimes sans doute que je suis cynique et que je ne cherche qu’à profiter de ton malheur. Pas le moins du monde! La Russie et les Russes sont depuis longtemps au front de la +bataille+. Nous nous rendons parfaitement compte que l’ancien monde n’existe plus, et ce sont tes partenaires qui l’ont mis en pièces. (…). Et dans ces temps de troubles, je te propose de conjuguer nos efforts contre l’ennemi commun », ont-ils martelé.

Et d’ajouter: « Si toi, mon voisin, tu ne m’écoutes pas, demain il n’y aura ni toi, ni moi. Sauvons d’abord notre monde, ensuite tu pourras mettre en œuvre tes sanctions, si tu en as envie. Il n’y a rien de plus à dire. Rien de plus. Voisin, continuons à vivre. Viens, +montrons-leur de quel bois on se chauffe+, comme on dit en Russie ».

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