Archives de 23 novembre 2015

Maxime Tandonnet - Mon blog personnel

paumeAvez-vous vu le sondage qui émerveille le monde politico-médiatique ce matin? Il annonce une remontée spectaculaire de la cote de popularité de l’exécutif… D’autres sondages donnent une percée vertigineuse du Front national aux élections régionales. J’en suis à me demander ce que peuvent bien valoir, devant le grand tribunal de l’histoire, des élections ou des sièges gagnés dans le malheur des autres, dans les larmes d’un pays. Ce matin à la radio, la déferlante de propagande atteignait des niveaux tels que je n’aurais jamais imaginé dans notre vieille démocratie. La jubilation des commentateurs faisait étrange à attendre. Ils sublimaient la petite fille de le Pen candidate dans le midi, pour avoir elle même encensé le « pater familias« (sic) de la France, c’est-à- dire le président de la République, sauveur de la Nation. Tout un rêve de la France médiatique qui se réalise…  Car ceci n’a évidemment qu’un but, en finir avec le camp…

Voir l’article original 269 mots de plus

63816723-860x360-1448284311L’afflux de demandeurs d’asile en Allemagne augmente encore. Pour les trois seules premières semaines de ce mois, la police fédérale a enregistré environ 180.000 entrées illégales. Le précédent record était en octobre de 181,000 (pour tout le mois, ndlr). Depuis plus de 8000 demandeurs d’asile arrivent quotidiennement en Allemagne (…)

Le week-end dernier, les autorités ont comptabilisé 14,482 franchissement illégal des frontières. Les prévisions du gouvernement de 800.000 demandeurs d’asile pour l’année complète ne sont plus tenables. L’information des experts, selon laquelle l’afflux diminuera en hiver, se révèle être fausse (…)

Source : https://jungefreiheit.de/politik/deutschland/2015/asylzahlen-steuern-auf-neuen-rekordwert-zu/

http://civilwarineurope.com/2015/11/23/allemagne-nouveau-record-dans-lafflux-des-clandestins-en-novembre/

00000000000000000000000000000000000000

photo_bilger_1Benoît Rayski a accusé Michel Onfray, le 19 novembre et dans une charge cinglante, « d’être l’homme qui crache sur les morts de Paris » (Atlantico).

Le philosophe est mon ami mais je n’ai jamais eu de difficulté pour distinguer le champ intellectuel de la chaleur humaine. Je suis persuadé que lui-même se sentirait offensé si à cause de la seconde j’en venais, pour tout ce qu’il pense, écrit et exprime, à une adhésion inconditionnelle.

Précisément, parce que je ne lui ai jamais intenté de procès absurdes et qu’au contraire, à ma place modeste, je l’ai défendu contre des attaques odieuses qui en faisaient un suppôt du Front national, je me sens le droit au moins de mettre en question son point de vue après les terrifiants massacres du 13 novembre.

Dans sa cinquième vidéo de revendication des attentats de Paris, le groupe Etat islamique (EI) a publié, le 21 novembre, des extraits d’interviews de Michel Onfray dont un où il appelle à « cesser de bombarder les populations musulmanes sur la totalité de la planète ». « On est toujours instrumentalisé par tout le monde », a-t-il vite réagi (I Télé).

Dans un profond et dérangeant entretien mené par Sébastien Le Fol dans Le Point, le philosophe avait déclaré, le 19 novembre, que la France « doit cesser sa politique islamophobe ».

Par un tweet du 14 novembre, Michel Onfray avait transmis ce message : « Droite et gauche, qui ont internationalement semé la guerre contre l’islam politique, récoltent nationalement la guerre de l’islam politique ».

On devine comme ces prises de position ont bouleversé alors que Paris et la France tout entière étaient sous le coup d’une émotion et d’une douleur indicibles depuis l’horrible soirée du 13 novembre.

On ne peut qu’inviter à prendre connaissance des contributions de ce philosophe à cet immense et éprouvant débat aussi bien sur le plan national qu’international. Michel Onfray argumente, précise, justifie, réplique mais tient son cap et ne recule pas.

Au risque d’être sommaire, je résume.
« …Ce qui a eu lieu le 13 novembre est certes un acte de guerre mais il répond à d’autres actes de guerre dont le moment initial est la décision de détruire l’Irak de Saddam Hussein par le clan Bush et ses alliés il y a un quart de siècle…Le premier agresseur est occidental, je vous renvoie à l’Histoire, pas à l’émotion…Il s’agit de George Bush…C’est en effet une guerre de civilisations. Mais le politiquement correct interdit qu’on le dise depuis que Samuel Huntington en a excellemment fait l’analyse en 1993…La France dispose d’une identité nationale qu’on voit d’autant plus volontiers quand l’identité islamique la met en lumière dans le contrepoint historique du moment…Je suis en effet partisan d’une remise à plat totale de la politique étrangère française…Je ne fais pas du tout confiance à François Hollande pour surmonter cette nouvelle épreuve« .

Qui oserait une posture péremptoire pour aborder ces problématiques où les experts dignes de ce nom se perdent parfois et souvent se contredisent ?

Michel Onfray nous incite « à sortir du temps court du journaliste » pour nous enrichir avec « le temps long du philosophe qui vit de réflexion », et non pas d’émotion. Mais la réflexion qui est nécessaire, même pour le journaliste, doit-elle interdire au philosophe de tenir compte du fait que l’Histoire et la politique sont imprégnées de souffrances, de tragédies et que la rationalité sur laquelle il croit pouvoir exclusivement se fonder est un leurre ?

Enfermer le débat sur l’EI et l’Occident dans un champ aussi simple, voire simpliste que celui de la guerre contre l’Irak de Saddam Hussein en 2002 et d’un terrorisme qui aurait été explicable à Paris parce qu’il n’aurait été qu’une riposte et quasiment une légitime défense me semble tout de même un peu court comme si une multitude d’événements, pour certains à l’enseignement équivoque, n’étaient pas venus s’intercaler entre cette source et cette terrible et aveugle réaction.

On perçoit, de la part de Michel Onfray, une volonté forcenée, que son intelligence doit elle-même juger abusive, d’établir à toute force une équivalence absolue entre l’Occident et ses méfaits et l’EI et ses horreurs, entre les destructions opérées par le premier et les saccages culturels délibérés perpétrés par le second, entre les malfaisances de l’un et les crimes toujours prémédités de l’autre.

Ce désir d’égalité laisse croire à une normalisation, comme si l’EI appartenait à un univers proprement politique, comme les pays qui le combattent, et qu’un processus de paix serait envisageable entre eux parce qu’au fond ils relèveraient d’un espace social, intellectuel, culturel, politique et religieux homogène.

Est-il besoin de rappeler que « l’universalité de la religion musulmane(…)impose une obligation qui doit durer jusqu’à ce que le monde entier ait rallié la foi musulmane ou se soit soumis à l’autorité de l’Etat islamique. Jusqu’à ce moment le monde est partagé en deux : la maison de l’islam et la maison de la guerre » (Selon Bernard Lewis cité par Alain Finkielkraut, le Figaro) ?

De ce clivage qui justifie l’islam dans la guerre qu’il mène et qui d’emblée ne nous situe plus dans le registre des affrontements classiques, Michel Onfray n’ignore rien puisqu’il tient à nommer correctement l’adversaire : « la frange radicale et politique de l’islam salafiste », la plus accordée à cette vision s’assignant pour but ultime, par la guerre, de faire de la maison de l’islam la maison universelle.

Il le sait d’autant plus que lors des dernières semaines, avec courage et des empoignades mémorables, il n’a pas hésité à mettre en évidence la part sombre, violente et furieuse du Coran. Comment, dans ces conditions, consent-il à se voiler l’esprit en constituant l’EI comme un partenaire à part entière et non pas comme l’ennemi irréductible de ce à quoi nous tenons plus que tout, et lui le premier ? Bien plus que la démocratie : l’honneur d’être homme, femme, libres et sans appétence pour la mort de tous les autres décrétés indignes.

Michel Onfray, excellemment questionné par Sébastien Le Fol, sent la faiblesse de sa position puisqu’il ne répond pas à l’interrogation centrale formulée ainsi : « Même sans une intervention en Syrie, ne pensez-vous pas que Daech aurait frappé la France ? »

Il me semble qu’on atteint le comble de la naïveté, qui n’est pourtant pas la caractéristique essentielle de son esprit, quand Michel Onfray, rêvant d’un désengagement général de son pays, n’hésite pas à suggérer : « Une trêve pourrait alors être signée entre l’EI et la France pour que son armée dormante sur notre territoire pose les armes ». On a l’impression, à le lire, qu’il s’agit de la guerre d’Algérie et qu’on pourrait s’orienter vers des accords d’Evian !

Il s’agit d’un pacifisme non pas bêlant, parce que ce serait lui faire injure, mais totalement déconnecté de l’impérialisme sanglant et atypique d’un EI qui, depuis le 24 mai 2014, a tout de même commis huit attentats dans différents pays, dont le nôtre le 13 novembre 2015.

Il n’empêche qu’un Michel Onfray jette toujours quelques pépites sur son chemin. Il n’a pas tort de souligner « qu’il y a chez les Français une ferveur sans objet…et qu’il nous faudrait une grande politique dont la France a désormais besoin ». Mais, à l’évidence, celle qu’il propose avec une sorte de provocation jubilatoire ne serait pas de nature à permettre de nous regarder avec honneur dans la glace républicaine.

L’émotion n’est pas bonne conseillère, j’en ai conscience. Si Michel Onfray peut être suivi quand il se moque des mièvreries collectives compassionnelles et impuissantes, je ne suis pas sûr d’aimer, en revanche, la sécheresse avec laquelle il passe sous silence le sang, les morts et les horreurs alors que, selon mon expérience de sa personne, il n’y a pas d’être plus sensible que lui. Mais on comprend qu’il faut laisser toute la place « au philosophe et à la réflexion » !

Les aberrations de Michel Onfray ne sont jamais vaines. Il considère que son rôle est de troubler, d’agiter et de mettre de la pensée dans les plaies, quitte à les exacerber. Il a de l’audace : ce n’est pas rien de tweeter, de parler et d’écrire comme il ose le faire depuis le 13 novembre. Mais trop tôt, trop vite. Il aurait dû laisser s’écouler un délai de décence.

Au fond, au lendemain de tels désastres, qui ont fait surgir des noblesses et des résistances inouïes, il ne nous faut que des Bruckner.

Plus tard, bien plus tard, les Onfray pourront survenir. Même s’ils ont tort.

Michel Onfray n’a pas craché sur les morts de Paris. Pire : il les a oubliés.

http://www.philippebilger.com/

00000000000000000000000000000000000000

Le Blog de Philippe Waechter

L’enquête Markit pour la zone Euro montre enfin, en novembre, une accélération et un changement de tendance par rapport à l’évolution « plate » constatée depuis le début de l’année 2015.
Depuis mai 2011, l’indice synthétique n’avait jamais été aussi fort. La dynamique plus autonome de l’économie de la zone Euro prend de la consistance. Cela pourrait être de bonne augure pour les chiffres de croissance de la fin de l’année donnant un bon point de départ pour 2016.
Si le PIB reste cohérent avec l’indice synthétique de l’enquête, cela renforce notre objectif d’une croissance de 1.5% pour 2015.

Voir l’article original 213 mots de plus

Francis Van de Woestyne

Publié le lundi 23 novembre 2015 à 19h57 – Mis à jour le lundi 23 novembre 2015 à 19h59

 

Un commentaire de Francis Van de Woestyne, rédacteur en chef.

La presse française, plus précisément parisienne, se déchaîne ces derniers jours, sur la Belgique. À lire les reportages et éditoriaux, à entendre les émissions matinales, notre pays serait devenu “le berceau du terrorisme européen”, “une fabrique djihadiste”, une “Nation sans État”, “un Belgikistan”…

“Le Monde”, une référence, d’ordinaire nuancée dans ses analyses, fige la Belgique dans un portrait au vitriol. “ Au cœur de l’Europe, la sympathique Belgique est devenue une plaque tournante du djihadisme. Le pays”, écrit l’éditorialiste “doit se ressaisir”. Pour mieux enfoncer ces voisins insouciants, l’auteur rappelle : “ Il aura fallu qu’il connaisse la terrible affaire Dutroux, dans les années 90, pour qu’il réforme enfin sa police et sa justice”.
Nous n’avons évidemment pas attendu qu’une partie de la rédaction du “Monde” débarque à Bruxelles pour dénoncer les failles des services belges dans la lutte contre le terrorisme (voir ici), le laxisme coupable dont avait fait preuve l’ancien bourgmestre de Molenbeek, Philippe Moureaux, le manque de coordination entre les pays européens dans la traque aux djihadistes.

On ne peut évidemment nier que les attentats de Paris aient été décidés en Syrie, organisés en Belgique et perpétrés en France. Mais l’information a ses droits. Oui, il y avait des Belgo-Marocains, parmi les terroristes. Mais il y avait aussi des ressortissants français, vivant en Belgique. S’il est exact que plusieurs auteurs d’attentats sont passés par Bruxelles ou par Molenbeek, d’autres n’ont jamais quitté l’Hexagone sauf pour aller “se former” en Syrie. Des djihadistes, dont Nemmouche, ont été radicalisés dans les prisons françaises. Et Dutroux ? Que vient-il faire là dedans ? Faut-il que l’on reparle de l’affaire d’Outreau ?

La condescendance française n’a pas de limites. “Loin d’isoler la Belgique, il faut l’aider à se protéger et c’est ce que font les services français”, écrit Le Monde. C’est sans doute oublier un peu vite que ce sont les renseignements des services belges et marocains qui ont permis de localiser la planque d’Abaaoud à Saint-Denis. Tiens mais comment est-il parvenu à quitter la Syrie pour revenir à Paris, celui-là ? Il y a une explication : la France s’oppose toujours fermement à toute idée de PNR européen – le fichier des données des voyageurs aériens – lui préférant un PNR national. Et elle continue à refuser tout échange automatique d’informations entre les PNR nationaux. Avec de telles réticences, la traque aux terroristes n’est pas gagnée.

Reconnaissons-le : cet exercice – c’est pas moi, c’est lui…– a quelque chose d’un peu minable. On en est bien conscient. Il y a eu des failles partout. Et il est un peu vain de vouloir sans cesse rejeter la responsabilité des attentats de Paris sur d’autres pays amis. Ce petit jeu est d’ailleurs bien ce que cherche Daech : diviser, diviser diviser. En accablant les Belges de tous les maux, certains commentateurs sont tombés dans le piège tendu.

On le répète. Il n’est pas question ici de gommer certaines responsabilités et réalités belges, les lourdeurs institutionnelles qui peuvent gêner des enquêtes. Mais les critiques seraient plus faciles à accepter si elles venaient d’un État infaillible, un État qui serait un modèle du vivre ensemble et de l’intégration. Si c’était le cas, le FN, parti raciste, xénophobe, anti-européen, ne serait pas le premier parti de France. Mais sans doute les responsables du FN ont-ils été formés en Belgique…

http://www.lalibre.be/debats/edito/c-est-pas-moi-c-est-lui-le-jeu-dangereux-de-la-presse-francaise-565353fb3570ca6ff9201879

0000000000000000000000000000000000000

Aviseur International

Décès d'un agent des douanes dans le Var
Michel SAPIN et Christian ECKERT témoignent aux familles de leur soutien et de leur émotion.

Un terrible évènement vient de nouveau frapper la communauté douanière déjà endeuillée lors des attentats de Paris du vendredi 13 novembre 2015.

Le 23 novembre 2015, à Toulon, alors qu’ils effectuaient une opération douanière de lutte contre le trafic d’armes, des agents de la direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières de Marseille se sont présentés au domicile du destinataire d’un colis contenant une culasse d’arme automatique. En descendant de son appartement pour réceptionner le colis, le destinataire présumé a fait feu immédiatement sur les agents des douanes. L’un d’eux est décédé et l’autre blessé au bras.

Dans la course poursuite qui s’est engagée, un policier de Marseille a également été blessé.

La personne en cause a été interpellée.

Dans un message qu’ils ont immédiatement adressé aux agents des douanes, le ministre des finances…

Voir l’article original 69 mots de plus

François Asselineau revient sur les attentats de Paris du 13 novembre 2015 et sur la décision de François Hollande de déclarer l’état d’urgence et ses conséquences sur la campagne des élections régionales de décembre 2015.

00000000000000000000000000000

Il y a deux semaines, la rupture de deux barrages miniers a libéré des dizaines de millions de mètres cubes de boue polluée dans le Minas Gerais. Depuis, la coulée fraye inexorablement son chemin vers l’océan, provoquant un désastre sur les écosystèmes.

- Sao Paulo, correspondance

Près de deux semaines après l’accident survenu près de Mariana, dans l’État du Minas Gerais, le 5 novembre, le littoral brésilien est maintenant lui aussi touché par la pollution engendrée par la fuite de déchets issus de l’extraction minière.

La catastrophe a d’abord provoqué la mort de sept personnes et la disparition de quinze autres. Une localité a été rayée de la carte (Bento Rodrigues) en plus des villages inondés.

Et près de 60 millions de litres d’un mélange constitué de terre, de silice, de résidus de fer, d’aluminium et de manganèse (l’équivalent de 24 piscines olympiques, précise le journal Folha de S. Paulo) se sont déversés dans le Rio Doce (la douce rivière), le cinquième plus grand fleuve du Brésil. En quelques jours, des millions de poissons sont morts d’asphyxie et les habitants surnomment désormais ce fleuve le « Rio Morto » (la rivière morte).

Baixo Guandu, ES, suspende captação da água do Rio Doce .Água com elevada turbidez alcançou usina de Aimorés, na divisa com o ES.

Le mélange échappé du barrage n’est pas directement toxique pour l’être humain, disent les autorités, qui conseillent pourtant de jeter tous les objets et vêtements qui ont été en contact avec la boue. Les spécialistes, eux, expliquent que ce mélange pourrait agir comme une « éponge » qui piège les autres polluants. Quelques jours après le passage des eaux contaminées, des relevés ont ainsi montré un taux anormalement élevé de mercure à quelques kilomètres de la catastrophe. D’autres sources évoquent la présence de plomb, de cuivre et de divers métaux lourds.

Actuellement, ce sont plus de 500.000 personnes qui sont privées d’eau pour les approvisionnements domestiques et agricoles, le long des 850 km qui séparent Mariana et l’océan Atlantique. Des barrages et des usines de captation sont à l’arrêt à cause des déchets flottants et des tonnes de poissons morts. Par ailleurs, près de 600 personnes ont été déplacées à cause de la subite élévation des eaux. Par sa quantité et sa composition, cette vague de boue, qui progresse à la vitesse de 1,2 km/h, affecte toute une région pour au moins les cent prochaines années.

« Plusieurs siècles pour que la nature reconstitue un sol fertile »

Là où le « Fukushima brésilien », comme le désignent les internautes [1], a recouvert les terres, plus rien ne pourra repousser avant de longue années. « Ce type de résidu d’extraction est totalement infertile car il ne contient pas de matière organique », explique Mauricio Ehrlich, professeur de géo-ingénierie à l’Université de Rio de Janeiro (URFJ), « il faudra plusieurs siècles pour que la nature reconstitue un sol fertile ».

Brésil2

Plus graves encore que la création de cette zone de désert infertile, sont les conséquences fluviales et maritimes. Dans les premiers jours, les particules boueuses en suspension dans l’eau, en empêchant le passage des rayons du soleil, ainsi que la bonne oxygénation de l’eau, ont provoqué la mort d’une grande partie de la faune et de la flore. Les pêcheurs et les volontaires se sont démenés jour et nuit pour tenter de sauver poissons, crustacés et tortues sur le littoral avant l’arrivée de la vague. Et pourtant, même s’il est encore trop tôt pour le dire, les scientifiques craignent que certaines espèces endémiques de la région aient définitivement disparu, car la catastrophe a eu lieu en pleine période reproductive de nombreuses d’entre elles. Le pH (acidité) de l’eau se trouve également altéré, ce qui va continuer d’affecter durablement la reproduction animale et végétale. Selon plusieurs experts, dix ans au moins seront nécessaires avant que réapparaisse un semblant de vie aquatique.

Les preuves d’une négligence de maintenance

Enfin, le système hydrologique de la région est bouleversé par cet apport exceptionnel de sédiments en grande quantité, affectant le tracé et le volume des cours d’eau. La création de« poches de stagnation » et la perturbation des courants ont aussi un effet sur les écosystèmes, des fonds fluviaux aux berges. Les conséquences sur les nappes phréatiques sont pour l’instant peu connues, mais des contaminations sont à craindre. Des pollutions liées à la décomposition des animaux et des poissons morts commencent à préoccuper les autorités sanitaires. Par ailleurs, l’essentiel de la coulée de boue n’ayant pas encore atteint l’océan – seulement les particules très légères – les conséquences sur l’écosystème marin ne sont pas encore estimées.

 

Brésil3

Le responsable des barrages est l’entreprise Samarco, qui appartient au groupe minier brésilien Vale et à l’anglo-australien BHP Billiton. Le ministère public de l’État du Minas Gerais a affirmé que la rupture du barrage n’était pas un accident et qu’il rassemblait les preuves d’une négligence de maintenance. Une première amende de 250 millions de réaux (61 millions d’euros) a été infligée et annoncée par la présidente du Brésil, Dilma Rousseff. Mais les experts estiment que la facture devrait se chiffrer plutôt en milliards.

Sur le plan économique, il est encore trop tôt pour faire le calcul des productions agricoles et piscicoles perdues et des impacts sur les autres activités de la région liées aux fonctions de la faune et de la flore gravement atteintes. Sur le plan écologique, le calcul, lui, ne sera peut-être jamais fait car « comment estimer le coût de la disparition d’une espèce ? » souligne Alessandra Magrini, une des spécialistes qui va être chargées d’établir l’addition finale.

La menace de la rupture d’un troisième barrage

Le gouvernement a annoncé le 17 novembre un plan de « revitalisation » du Rio Doce qui devra être financé par l’entreprise responsable. Or, Samarco se retrouve actuellement confronté à la menace de la rupture d’un troisième barrage. Malgré les travaux d’urgence qui sont en train d’être effectués, les dirigeants ont fini par admettre, en début de semaine, que le risque existe toujours. Les habitants de la région s’attendent à voir le bilan s’alourdir.

Barra Longa(MG) - A cidade de Barra Longa/MG, atingida pela enxurrada de lama tóxica proveniente do rompimento da barrragem tenta se recuperar dos transtornos causados pelo incidente (Antonio Cruz/Agência Brasil)

La présidente de l’Institut brésilien de l’environnement (Ibama), Marilene Ramos, rappelle que la catastrophe de Mariana n’est pas la première de ce genre. En 10 ans, cinq incidents de la sorte se sont produits, bien que de moindre ampleur. Le Brésil doit donc désormais prendre au sérieux les menaces que constituent les activités extractives pour l’environnement et revoir ses réglementations de sécurité.

[1] Le mot-dièse #brazilianfukushima a été lancé avec cette vidéo de sensibilisation, largement partagée actuellement sur Facebook

Source : Mathilde Dorcadie pour Reporterre

http://www.centpapiers.com/bresil-la-pire-catastrophe-ecologique-de-son-histoire/

00000000000000000000000000000000000000000000

 C’est gênant, très gênant, comme découverte. J’avais déjà eu quelques soupçons durant le déroulement même des attaques. Sur les fils d’infos, les personnes les plus au courant de ce qui se tramait n’étaient pas françaises. Un journaliste du Washington Post avait déjà donné des noms d’assaillants avant même qu’on ne sache qui ici en France. Et ça ne s’est pas arrêté : à peine l’assaut de Saint-Denis terminé, la presse anglo-saxonne, dont le Daily Mail, par exemple, a annoncé la mort d’Abaaoud, dès la fin de l’assaut, alors que la Police n’avait encore rien confirmé. A en devenir surréaliste : on apprenait plus en regardant ces sites qu’en regardant les télés françaises de direct « On Line » comme BFM ou I-Télé, qui, pour un fois, ont veillé à ne mettre personne en danger en divulguant des infos malheureuses comme ça avait été le cas lors de Charlie Hebdo. Etrange impression, malaise évident ressenti : visiblement, des gens étaient beaucoup  mieux renseignés que nous. Les services secrets US savaient-il beaucoup plus de choses que leur collègues français ?
LIRE sur http://www.centpapiers.com/attentats-de-paris-le-rapport-americain-qui-annoncait-tout-il-y-a-6-mois/
0000000000000000000000000000000000000000000000