La République Dominicaine, pays lui aussi en fort mauvais état, on l’a vu dans l’épisode XVIII de notre longue saga, nous avait emmené bien loin déjà, à suivre les appareils des trafiquants. Le pays, géographiquement, oriente ceux qui en décollent vers bien des destinations : l’Europe, avec des jets comme celui que louait Afflelou et qui a fait lui aussi la une des journaux, cet été encore, avec ces  « zones d’ombres » ou les USA vers la Floride, le vivier de la contrebande de coke depuis des lustres, ou vers… le Honduras, via un petit crochet au Vénézuela, le temps d’embarquer la cocaïne descendue de la Colombie voisine. C’est par ce troisième cas d’école que je vous propose de commencer. Par un vol spectaculaire… ou plutôt plusieurs. Dont celui qui pose de sérieux problèmes aujourd’hui, deux pilotes français, soutenus aujourdhui par le Syndicat National des Pilotes, s’étant fait prendre en 2013 dans l’étau de la Police Dominicaine (et de la DEA américaine visiblement), à bord d’un avion de location société de location de la société SN-THS, installée à Bron (France*). La lecture des forums les concernant donnant une toute autre vision que celle formulée par le Syndicat… ces deux pilotes, anciens pilotes de Chasse, viennent de se voir infligé une très lourde condamnation (20 ans de prison, dont ils font appel !), après avoir semble-t-il choisi un mauvais axe de défense (ils ont soutenu l’idée d’un vol commercial, où juridiquement ils n’étaient pas responsables des bagages et non d’un vol privé, où ils peuvent l’être, un distinguo que la justice dominicaine ne semble pas connaître, alors que c’est une des conventions internationales **).

 Nous sommes alors à l’aéroport de La Isabela International en ce dimanche 7 mars 2010, et la tour de contrôle vient de s’affoler : en quelques minutes, un avion s’est présenté sans prévenir sur la piste principale est s’est aussitôt envolé, faisant fi du trafic et des alertes qui retentissaient. L’appareil est un Cessna 210L Centurion, dont le plan de vol déposé annonçait comme destination Port-au-Prince. L’avion portait alors l’immatriculation HI-369, une immatriculation correspondante en fait à un aéronef dominicain qui était en cours de réparation dans l’un des hangars de l’aéroport, mais qui n’était pas de ce modèle : il s’agît bien d’un vol d’appareil, donc. L’avion, juste sorti de l’enveloppe de surveillance radar de l’aéroport a aussitôt tourné à 180 degrés et a donc ainsi raté le second radar installé à l’aéroport Las America situé à 65 miles, alors qu’il devrait rester visible sur cet écran radar jusqu’à au moins 115 km : il avait donc foncé au ras des flots pour éviter de se voir détecté. C’était bien un coup monté.
Le mois suivant c’était le Cessna 172 AP, numéroté N6028Y appartenant à l’école de vol de Dan Juan, vu ici à Fernando Ribas Dominicci Airport – l’Isla Grande Airport-, de San Juan, Puerto Rico) qui avait fait de même, avec un vol annnoncé au départ d’El Portillo vers Punta Cana. Au mois de décembre qui précédait, c’était le Cessna T210L Turbo Centurion numéroté N-2066S, de Capital Executive Aviation Services, situé à Davie, en Floride (vu ici à droite à Colombus en Ohio), qui avait pris la même tangente l’aéroport dominicain était devenu à l’évidence une vraie passoire question sécurité ! Quant à savoir où partaient ces modèles Centurions, devenus les modèles préférés des voleurs de la région, on en obient une petite idée quand l’un d’entre eux, un modèle P210N, à savoir un avion pressurisé (ça se remarque immédiatement à la forme de ses hublots, bien plus petits que sur les autres modèles similaires) est retrouvé le 20 octobre 2010…. complètement vide, dans l’eau, sur une plage de French Harbour, dans la province du Roatan, au Honduras, démuni de toute identification, Selon les riverains, l’avion se dirigeait vers l’île de Guanaja, où se posent des avions de touristes, l’île étant dotée d’une piste en dur (où se posent aussi parfois des pilotes maladroits). Un concurrent de plus à la course à la cocaïne, pour sûr, qui avait raté son atterrissage de nuit ou s’était trouvé à cours d’essence. A noter que l’avion était démuni de radar, qui se fixe sur son aile droite sur ce modèle.

Le Cessna 172 AP volé sera un peu plus tard aperçu sur un terrain clandestin de Porto-Rico. Après s’être posé pour décharger sa cocaïne, l’avion était reparti comme si de rien n’était pour San Juan (Puerto Rico) en annonçant à la tour qu’il venait d’El Catey International Airport… l’appareil a donc été retrouvé depuis. Particularité, « le vol clandestin était piloté par Roberto Enrique Bougeois, un citoyen américain, qui selon les autorités a fait plusieurs vols clandestins avec le Cessna 172, empruntant les aéroports locaux en tant que base d’opérations. Bougeois volait en dépit du fait que sa licence de pilote avait été suspendu par la Federal Aviation Administration en 2005″. Bougeois se fera pincer en février dernier seulement à l’aéroport Ramón Villeda Morales en possession de 18 000 dollars, s’apprêtant à décoller à bord du vol commercial 675 de la ligne Aeroméxico. Le 2 février 2009, l’homme avait déjà été accusé de trafic d’êtres humains (un trafic visant essentiellement les honduriens). Son avion était alors immatriculé N6028Y, un Cessna CESSNA 172S de 2006 de l‘école d’entraînement de San Juan. L’avion cité comme celui utilisé à nouveau en avril 2010.

Une constante qui se dégage dans ces transports de coke ou d’êtres humains : très souvent, les avions ont des pilotes expérimentés, mais dont la licence a été révoquée antérieurement, le plus souvent déjà pour des délits liés au trafic de drogue : des récidivistes, pour la plupart. Expérimentés, mais qui commettent des accidents car on leur demande des prouesses peu communes : de se poser de nuit sur une plage, par exemple, ou sur une route balisée par des feux, ou dans des champs juste coupés éclairés par des lumières disposées peu de temps avant leur atterrissage, quand ce n’est pas sur de la terre boueuse : bref, un travail de casse-cou. Dans un saisissant reportage sur un vol de Cessna 210 Centurion de 1978 (N6154N, enregistré à Miami) filmé en juin 2009, on s’aperçoit que des vols réguliers ou touristiques vers des hauts lieux des trafics de jadis ont lieu régulièrement : ainsi celui-ci, qui finalement, , en raison du mauvais temps parti de Kendall-Tamiani, évite de se poser à Great Harbor pour atterrir à Bimini… l’aéroport de l’ancien trafiquant Carlos Lehder (lire ici le phénomène).

Le moins qu’on puisse dire, c’est que les autorités dominicaines seraient plutôt du genre… laxistes, en ne reconnaissant dans ces vols qu’une immigration sauvage et non des transports de drogue : « les vols clandestins partent de points différents à travers le pays. Il y a une mafia qui emporte les gens hors du pays », a déclaré le procureur général adjoint Bolivar Sanchez pour le Diario Libre. Sanchez dirige la commission qui enquête sur ces vols. »Pas vraiment à tort non plus dans ce cas précis : le 2 février, le dénommé Bougeois s’est fait accuser accusé de ramener dans son pays trois femmes et deux mineures, à partir d’​un vol domestique partant de Samaná jusque Punta Cana, le point d’arrivée final prévu étant l‘île de Borinquen. Depuis l’affaire d’Adrian Jimenez de 2008, ancien cadet de la Dominican Republic Armed Forces et la disparition de son trimoteur Norman-Britten N650LP, vieux de 32 ans au look impayable avec son moteur juché en hait de la queue, le mot revient régulièrement en effet dans la bouche des autorités. Le pilote volait sans licence depuis octobre 2006, sans que les services aéroportuaires ne s’en soient réellement inquiétés, ni son employeur, fautif également. Un excellent documentaire, dont je conseille la vision (***) raconte par le détail l’étrange cas de la disparition de Jimenez, en mettant surtout l’accent sur l’incapacité de la police et des douanes locales à surveiller les allées et venues des avions dans le pays. A ce jour, certains pensent toujours que son « Trislander » ne s’est pas abîmé en mer, et qu’il aurait bien fui le pays en emmenant des candidats à l’immigration. Avec l’aide des autorités policières ou douanières. A un moment du reportage, on distingue Jimenez en train de s’enquérir d’un avion qui s’est posé en catastrophe, train plié, un avion soupçonné lui aussi d’avoir fait dans le transfert de drogue ou d’émigrants.

Cette situation policière déplorable, cette corruption étendue comme une gangrène, je vous l’avais décrite ici en 2010 déjà : « le 14 décembre 2009 encore, un Twin Aero Commander à aile haute comme ceux déjà aperçus au Honduras (l’YV-2175 notamment, avec son double vu ici au Panama en 2007) se pose sur l’aéroport de Punta Cana, la principale station balnéaire de République Dominicaine, située dans la province d’Altagracia, à 20H 55, piloté par Kenneth Méndez et Gustavo Martinez, deux vénézueliens. L’avion vient de Valencia, la capitale de l’État de Carabobo, au Vénézuela. L’avion porte le numéro de registre YV-2058, et la National Drugs Control Agency (DNCD) dominicaine, renseignée par une longue filature, monte à bord alors que les deux passagers, Amílcar Rodríguez et Bárbara Susana, sont déjà descendus. A bord de la soute à bagages, il reste deux sacs. Pleins. Contenant 58 paquets de drogue. Visiblement, les gens à bord s’attendaient à passer avec à la douane sans encombre et se sont ravisés dès l’arrivée des pandores. Informés auparavant, certainement. Car le pays est rongé par la corruption. Une corruption généralisée en effet qui empêche en fait toute lutte efficace. En mars 2010, « le trafic de drogue alimente la corruption endémique de l’administration dominicaine et ses agents d’exécution, selon le Département d’Etat américain, qui a déclaré dans un rapport ce mois-ci que les unités de police dans leur ensemble sont en cours d’investigation pour leur implication présumée dans le trafic. Ricardo Ivanovich Smester, le comptable présumé du gang de Figueroa a été arrêté le 8 janvier avec un carnet détaillant plus de 1 million de dollars en dépenses sur plus de deux jours en octobre dernier. Parmi les paiements, figurait 175 000 dollars en pots de vin destinés à un obscur procureur et un juge »… 

Un avion qui était un habitué des lieux : il avait déjà été pointé à Punta Cana le 5 et le 8 du même mois, ce qui laissait envisager d’autres transferts… non détectés. A chaque fois, les membres de l’équipage avaient subi des contrôles, pourtant… ce qui laissait aussi entrevoir de nombreuses complicités sur place : 18 personnes seront arrêtées à la suite de cette capture, un grand nombre travaillant à l’aéroport de Punta Cana, devenu donc plaque tournante d’un trafic de cocaïne. Le trafic existait, donc, mais il y avait aussi et surtout des officiels corrompus pour le couvrir durant des années. La condamnation récente visant les français en est aussi la preuve : en plus parmi les personnes jugées, on trouve quatre anciens fonctionnaires de la Direction nationale de contrôle des drogues (DNCD) en poste à l’aéroport de Punta Cana qui ont été condamnés à des peines allant de cinq à dix ans de prison (le pourquoi de la lourdeur du verdict visant les seuls français demeurant une énigme, à ce jour… comme l’est l’apparition de dernière minute d’un « repenti », qui écope d’une condamnation allégée en échange de charger la mule… des français).

Selon le rapport de 2012 de l’Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS), il y avait un mieux, pourtant depuis deux ans : « L’OICS a dépêché en octobre 2012 une mission en République dominicaine, où une précédente mission s’était rendue en 2010. La République dominicaine est partie aux trois conventions relatives au contrôle des drogues, et elle est déterminée à en appliquer intégralement les dispositions. De grandes quantités de drogues en provenance d’Amérique du Sud et à destination des marchés de consommation nord-américains transitent toujours en contrebande par le pays, mais le Gouvernement a intensifié ses opérations d’interception des envois de drogues, notamment en coopérant davantage avec les services de détection et de répression d’autres pays de la région, ce qui a permis de faire reculer le trafic de transit. » Mais les faits demeurent, et la drogue circule toujours autant dans les aéroports dominicains, comme demeure également le fléau des vols d’avions dans les aéroports ou le simple siphonnage du carburant des appareils, un sport très répandu entre hangars.

Un observateur extérieur attentif désirant de faire un mauvais coup lié à un transport de cocaïne, s’il avait dû choisir un point de départ, aurait donc choisi Saint Domingue ou mieux encore, Punta auna, pour passer inaperçu : après quelques « graissements » de pattes et quelques billets verts échangés, il devait être toujours possible de soudoyer des policiers ou des douaniers dominicains. A condition d’être organisé et en liaison avec des pointures des Cartels, par exemple, qui ont infiltré tous les stades du pouvoir dominicain comme ils ont pu le faire au Honduras, ou au Mexique (et au Venezuela !), c’est sûrement possible. Si en prime au retour le pays aussi présente des douaniers douteux, on peut même espérer de gros profits en jouant sur des transferts massifs, testés dans les mois qui précèdent par des envois (non détectés) de quelques kilos. En ce sens, l’arrivée à Roissy même de cocaïne le 18 avril 2012 peut être vu comme une épreuve de test… raté : « lors du contrôle d’un avion en provenance de Punta Cana (République Dominicaine), les agents ont découvert 23 kilos de cocaïne, a appris 20 Minutes auprès de la douane. Les sachets étaient simplement « posés en tas » et de « façon assez grossière » dans un carton, lui-même enveloppé dans des couvertures. « Ce n’est pas commun de retrouver une telle quantité qui n’est pas cachée dans un moyen sophistiqué », explique Michel Horn, le secrétaire général des douanes de Roissy. La drogue était composée de « cocaïne pure à 90 %, destinée à être coupée trois à quatre fois avant d’inonder le marché », poursuit Michel Horn. Le prix à la revente avoisine les 900 000 euros. En disposant « grossièrement » leurs pains de cocaïne dans un carton, les trafiquants ont cru penser passer entre les mailles du filet. « Punta Cana est une destination où transitent surtout des touristes. On peut penser qu’ils voulaient se fondre dans la masse », analyse Michel Horn. A ce jour, personne n’a été interpellé. « Mais l’enquête se poursuit. Environ 100 000 personnes travaillent sur la plateforme de Roissy et il n’est pas exclu qu’il y ait eu des complices. » Etonnant test de près d’un million d’euros… de perdus, pour les trafiquants, un peu amateurs sur ce coup-là (la photo est des douanes : « les sachets étaient simplement « posés en tas » et de « façon assez grossière » dans un carton, lui-même enveloppé dans des couvertures ».).. en octobre 2012, une autre affaire était apparue : celle d’un mamie qui, de retour de vacances de Répubique Dominicaine, avait découvert dans un de ses bagages 25 kilos de poudre blanche. Elle s’était trompée de sac à sa descente d’avion… à Roissy-Charles-de-Gaulle, où pas un seul douanier n’avait ausculté le sac… pas plus qu’au départ de Punta Cana !!!

Un homme va tenter un bien plus gros coup, en arrosant au départ les douaniers, comme se doute aujourd’hui encore la juge la juge Christine Saunier-Ruellan, chargée de la parte française de l’affaire. C’est exactement ce qu’a dû faire en effet un personnage de réputation douteuse, mêlé à des détournements de fonds d’assurance dans le domaine de l’aviation. L’homme est français, de Narbonne, il s’appelle Alain Castany, et il sort d’une condamnation en mars 2002 par la 12e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris à 18 mois avec sursis pour malversations. Son activité délictueuse remonte à quinze années maintenant, avant sa condamnation, pendant lesquelles ce courtier spécialisé dans l’aviation (avec son bureau « Bussac-Castany ») a grugé l’assureur de la Fédération Française de Vol Libre (FFVL)  en détournant une importante partie des assurances versées à son seul profit. Le montant total de ses malversations avait été fixé à 24 millions de francs de l’époque, ce qui est énorme. Le genre bas de laine méticuleux, subtilisant ici et là des sommes variables difficiles à remonter en cas d’enquête : un jongleur de chiffres, et un beau parleur sachant séduire ses clients. Le passé de l’homme aurait dû inquiéter sinon la douane, du moins l’entreprise où il s’était présenté comme… troisième pilote du fameux vol. En fait, simple passager, comme son homme de main, il avait enfilé à la va-vite la veste d’un des pilotes lors de l’arrestation… sachant que les pilotes ; logiquement, échappent aux condamnations. C’est vers lui que se tournent aujourd’hui les projecteurs, car on en a encore à découvrir à son propos, comme on va le voir bientôt…

Pour réaliser son coup, il va commander à l’entreprise SN-THS un Falcon 50, immatriculé F-GXMC, avec qui il se retrouve à Punta Cana. La police dominicaine le pince le soir de l’intervention, décidée semble-t-il par la DEA américaine alors que la douane française aurait préféré une saisie sur le terriroire français, dans le Falcon 50, a donc lieu au point de départ dominicain de Punta Cana alors qu’un retour en France dans un lieu qui ne semblait pas bien déterminé : un terrain proche de Paris (on pense à Versailles, mais la piste est courte !) ou sur celui de Saint-Trop. Avec lui deux pilotes de THS, Pascal Fauret et Bruno Odos, ainsi que Nicolas Pisapia, le passager, un marseillais considéré comme l’homme de main de Castany. Fauret est un pilote expérimenté ancien de la 12 F, qui a volé sur Crusader et Etendard(ici c’est celui accroupi à gauche devant un Corsair de l’Aéronavale). Odos est lui aussi un ancien pilote de chasse (ici en Alpha Jet).

Le chargement étonne : l’avion est littéralement bourré de valises… ce qui aurait dû éveiller tout de suite les soupçons, sa soute arrière est en effet archi-pleine, elles débordent jusqu’en cabine comme le montre les photos (l’argument évoqué ici dans le Parisien d’un chargement à l’insu des pilotes est intenable, tant un équipage a comme souci principal l’équilibrage de l’appareil). On en dénombrera 26 différentes, des noires, des rouges, des bleues, bien ordinaires au regard de l’appareil « classe » emprunté (le Point les juge « cheap ») contenant au total pour 680 kilos de cocaïne répartis en paquets serrés de 1 kilo. Impossible de passer inaperçu dans un aéroport en bourrant autant un avion avec deux personnes comme passager : même la plus grande star du show-bizz, type Lady Gaga, ne le ferait pas. Pour faire arriver une telle quantité de drogue jusqu’aux plages du Var, on pense automatiquement aux exploits et au talent d’un retraité… récemment libéré : Raymond Boulanger (****), celui qui s’était fait prendre en 1992 avec 4443 kilos de coke à Casey au Québec à bord de son Convair 580 (*****). Boulanger volait pour Vito Rizzuto, le chef de la mafia québécoise, mais il avait appris à trafiquer au milieu des années 80, en travaillant pour les compagnies aériennes écrans de la CIA, celle des Contras au Nicaragua ! Si l’on se dit qu’en République Dominicaine c’est possible avec des complicités (on en relèvera de belles, en particuliers de responsables de la police, de l’antidrogue et des douanes, au total 35 personnes au départ, dont une grande partie « oubliée » durant le procès !), à l’autre bout ce devrait être la même chose. Or l’autre bout c’est en France,où une organisation mafieuse est donc présente derrière l’opération (dans son réquisitoire, le procureur, Milciades Guzman, a cité la Mafia Corse, en prenant comme référence un ouvrage français, celui de Jean-François Gayraud « Le Monde des mafias. Géopolitique du crime organisé »). Gayraud, il faut le noter, est aussi commissaire divisionnaire de la police nationale… selon beaucoup d’observateurs, en réalité les douanes françaises étaient au courant du chargement et attendaient, en France, l’avion pour effectuer une saisie record, mais elles ont visiblement été doublées par les douanes dominicaines… ou la DEA américaine, qu’elles avaient dû informer : cette sombre affaire est aussi quelque part celle d’une trahison, à un certain niveau.

Obligatoirement, en particulier à St-Tropez où l’avion a l’habitude d’atterrir. Car c’est là où ça devient intéressant… on se rappelle en effet le scandale de 2007 à St-Trop avec la découverte d’un réseau de trafiquants dans lequel Catherine Sénéquier, la propre fille du patron du célèbre café de Saint-Tropez, (vendu en 2012) avait été soupçonnée d’être impliquée dans un trafic de cocaïne, alimentant les milieux branchés de la ville. A ce moment-là, tout le monde savait où en trouver, en ville comme sur les plages.  L’aéroport du Var cité où il aurait dû se poser n’est en effet pas une vue de l’esprit nous rappelle Le Parisien : « à des milliers de kilomètres de Punta Cana, plus près de chez nous, d’autres enquêteurs s’intéressent de près à ces « VIP de la coke ». Depuis le mois de janvier, un juge d’instruction de Draguignan (Var) mène des investigations sur un curieux jet privé et ses non moins étonnants passagers qui ont été aperçus à plusieurs reprises sur le petit aéroport de la Môle-Saint-Tropez, avec les soutes remplies d’énigmatiques valises. Des deux côtés de l’Atlantique, les trafiquants au Falcon étaient donc suivis de près. » Et il est vrai qu’on en a vu des Falcon ces derniers mois, à cet endroit, l’un d’entre eux ayant même été filmé en train d’en redécoller. C’est le F-HDCB de Darta Aero Charter, un habitué des lieux (pris en photo ici le 30 juillet 2011 à l’atterrissage becs sortis à la Môle). Le Falcon 50 y démontre avec adresse ses facultés de décollage court. La liste des visiteurs de l’endroit, surveillé par des spotters est en effet très intéressante à suivre pour les juges chargés de l’affaire…. Car la concentration de jets à cet endroit, un petit aéroport difficile d’accès laisse rêveur en effet…

En France, on s’intéresse surtout à autre chose, car l’annonce de la capture de plus d’une demi-tonne de coke a provoqué un double émoi quand certains ont découvert que le fameux Falcon avait comme propriétaire Alain Afflelou, qui lorsqu’il ne l’utilise pas le met en location chez THS, ce qui est plutôt une pratique courante . Si le lunettier n’est donc visiblement pour rien dans l’affaire, mais chez certains on s’emballe vite avec des détournements faciles genre « tchin tchin », etc… l’avion et l’aéroport sont eux bien en cause :  « l’aéroport de La Môle aurait vu se poser ce Falcon 50, « cinq ou six fois en 2012 », apparemment pour des vols intérieurs » précise le 26 mars Var-Matin . La Môle (vu du ciel ci-dessous) serait-il devenu un Mena à la française  ??? Un aéroport au passé mouvementé dont l’agrandissement avait été voulu de tous ses vœux par la 14ème fortune française, installé.. en Suisse. Michel Reybier, le mystérieux patron de Cochonou, des jambons d’Aoste et de la marque Justin Bridou (entre autres). Celui qui prête régulièrement son avion à Gérard Depardieu (qui emprunte aussi ce lui de Gérard Bourgoin, le « roi du poulet »). Reybier et ses 9,82% de parts dans la société autrichienne d’aviation Global Jet Austria (GJA) fondée en 2005. L’homme qui avait mis fin également en 2003 à l’activité publique de l’aéroport varois «  »les lignes régulières et le service public n’étant pas des activités rentables « . Vive le privé haut de gamme, pouvait-on se dire après cet épisode ! Quant à l’exploitation sur une zone inondable, on ne l’évoque même pas…

Autre surprise de l’enquête : on ne sait si le juge chargé des avions de la coke du Var en a fait part, mais au soir où on annonçait que l’avion de République Dominicaine avait été saisi, coïncidence, un autre homme attendait ses services : notre ex-président,qui avait effectué une demande auprès de THS pour se faire rapatrier fissa en Falcon 50, de préférence, de Bordeaux où le juge Gentil venait de lui signaler qu’il le poursuivait pour « abus de faiblesse ».. dans un entretien musclé. Un fait relevé par le Canard Enchaîné. Ce n’est pas le seul lien entre Nicolas Sarkozy et l’aéroport de la Môle. Une étude rapide des déplacements de l’ex-président, qui avait été si attentionné lors de l’affaire du rapatriement de l’homme de la DGSE chargé de suivre de près l’arrivée du Boeing de la coke au Mali, où qui avait eu comme témoin de mariage Thierry Gaubert, embarqué en Colombie dans une bien étrange affaire de villa double reliée à une autre par tunnel, façon Escobar, révèle qu’il avait aussi l’habitude de passer par la Môle (lire ici et là)… ou pour tout bêtement se rendre au Cap Nègre dans la villa de madame… celui de Carla Bruni, son épouse, ancienne vedette du show-bizz. Un épisode croquignolet de vie politique le rappelait il n’y a pas si longtemps.

Cet épisode, c’est celui d’un véritable caprice présidentiel ayant coûté des milliers d’euros au contribuable français : « Le Canard enchaîné, dans son édition du 31 août dernier, nous fait part du dernier gros caprice (connu) du Président de la « République irréprochable ». Pour se rendre en Nouvelle-Calédonie via Pékin, le 26 août 2011, Nicolas Sarkozy a utilisé son avion présidentiel flambant neuf. Pourtant, notre cher président a dû abandonner son gros avion à Pékin sur le chemin du retour. En effet, celui-ci est trop gros pour atterrir sur le petit aéroport près de Saint-Tropez. Or, c’est bien là que Nicolas Ier voulait se rendre pour « prolonger ses vacances en compagnie de madame au Cap Nègre », écrit le journal satirique. Le Président aurait pu rentrer à bord du (trop) gros avion présidentiel avec toute sa suite, et parcourir les 700 km séparant Paris de St-Tropez en avion, en limousine, en hélicoptère ou en carrosse. Mais c’était apparemment trop de dérangement pour Sa Majesté. Pour pouvoir obtenir ce qu’il désirait, Nicolas Ier a donc tout simplement fait venir « un Falcon 7X à cocarde tricolore », vide de passagers, depuis Paris jusqu’à Pékin (soit 8 200 km), afin d’atterrir directement à St-Tropez sans passer par Paris (c’est tout de même plus commode). Ainsi, tandis que la suite présidentielle regagnait Paris à bord du (trop) gros avion présidentiel, Nicolas Ier a emprunté le jet de la République qui l’attendait sur le tarmac pékinois depuis deux jours, « gardé par deux poulets du Groupe de sécurité de la présidence de la République ». Une belle preuve de l’esprit astucieux de notre souverain élu » note le journal satirique repris ici par le Post. Étonnant caprice.

Et si l’on cherche un peu plus loin, on trouve, et bien pire encore : dans le livre « Sarko s’est tuer » signé par Fabrice Lhomme et Gérard Davet, qui ne sont pas des débutants en journalisme, on tombe sur ces incroyables découvertes : « dans le téléphone portable d’Alain Castany, qui s’est présenté à eux comme le troisième pilote du Falcon, les policiers dominicains découvrent les numéros de téléphone de nombreuses personnalités. Un peu plus tard, la justice française, qui mène ses propres investigations, fera une découverte intéressante en examinant le contenu de son ordinateur fixe, dans son bureau parisien. S’y trouvent notamment les coordonnées personnelles d’un certain Nicolas Sarkozy. Elles figuraient en fait dans la sauvegarde d’un iPad, copié dans l’ordinateur d’Alain Castany. Cet iPad appartenait à… Alexandre Balkany, l’un des fils d’Isabelle et Patrick Balkany, intimes de Sarkozy. » Ouh là, on tombe sur du lourd là !!! A noter que le dénommé Alexandre est aussi le représentant en France de la firme PokerStars, basée sur l’île de Man, un paradis fiscal… Certes, Castany se déclare « apporteur d’affaires » chez SN-THS, mais pourquoi donc cette étrange copie sauvegardée dans son ordinateur personnel ? Qui avait accès d’autre que lui à cet ordinateur ?

Et ne croyez pas que ce soit terminé : « informée des déclarations devant la police dominicaine de MM. Castany et Pisapia qui ont assuré que le vol avait été affrété par Franck Colin, la juge Saunier-Ruellan fait rapidement Interpeller ce dernier. Il est arrêté début avril 2013 au moment où il tente de récupérer les 95 000 euros qui dormaient dans un coffre ouvert à son nom dans une banque parisienne. Originaire de Toulon, ce quadragénaire au parcours atypique est une figure de la jet-set parisienne. Marié à une créatrice de mode en vogue à Bucarest, il fait régulièrement la une de la presse people roumaine. En expertisant son téléphone portable, les policiers de l’Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS) – dessaisis en juillet 2014 de l’enquête au profit des gendarmes de la section de recherches de Paris – tombent à nouveau sur la famille Sarkozy. Ils constatent en effet que Franck Colin est en contact régulier avec Pierre Sarkozy, l’un des fils de l’ancien président de la République. Le jeune homme est enregistré dans le répertoire sous le nom de « DJ Jed Sarkosi  ». Pas si surprenant : Franck Colin et Pierre Sarkozy, disc jockey de son état, évoluent dans le monde de la nuit. » Bon, on peut toujours parler de connaissances du même milieu, pourquoi-pas, ou des copains de papa qui vole gratis grâce à l’avion affrété par son ami Courbit. Mais un autre détail cloche, indiquent Fabrice Lhomme et Gérard Davet, plutôt intrigués par ses coïncidences répétées : « fait notable : lorsque les enquêteurs examinent la comptabilité de la société d’hélicoptères, ils découvrent que plusieurs de ses comptes clients ont disparu. Dont celui de LG (pour Lov Group de Stéphane Courbit) – pourtant le client principal -, ainsi que celui de l’Association de soutien à l’action de Nicolas Sarkozy… Y aurait-il des choses à cacher ? » concluent-ils, passablement surpris. Bref, il s’en est passé de belles, sur le petit aéroport varois. Comme à Roissy d’ailleurs, ou on a pu découvrir en février dernier des gardiens de la paix… également nightclubbers à leurs heures, baladant 39 kilos de coke dans le coffre de leur voiture ! Les policiers touchaient « 80 000 € par couple de passeurs et jusqu’à 180 000 € pour un trio » selon le Parisien ! L’un des deux roulait même… en Ferrari devant ses confrères en Clio ! Sidérant !

Sur l’aéroport de la Môle, on trouve en fait tous les business jets de la jet-set (en photo, le Falcon F-HDCB se posant bien cabré à la Mole). Un habitué lui aussi des lieux, celui de Darta Aéro Charter, autre firme de location de jets pour VIP ou pour greffons médicaux, ou d’appareils plus imposants. Comme le Falcon 100 du groupe JC Darmon, ex grand argentier du football français et le grand ami de notre jojo national (vu à la Mole en 2005 dans son ancienne livrée griselui aussi géré par Trans Hélicoptère Service – THS). Darmon possède surtout le F-HAIR, un Falcon 50 de 1981 à la tenue chatoyante, ornée d’un beau Pégase sur la queue, vu ici à la Mole. Un autre habitué. On trouve aussi un autre fan de Johnny venu lui en Pilatus (F-GJFG) : Jean-François Gobertier, responsable de GDP Vendôme ; société gérant plus d’une centaine de.. maisons de retraite et 109eme fortune française… collectionneur de voitures à ses heures (Corvette, Cadillac, Maserati, etc…), venu pour jouer à la pétanque, son autre passion. Bref, la Môle, devenu l’aéroport attitré de la jet-set, avait vu l’avion faire plusieurs fois le trajet avec des valises… il n’y a donc pas que Punta Cana d’impliqué !!! Et beaucoup étaient au courant ! Car des choses troubles demeurent : en particulier le fait que Fabrice Alcaud, le second dirigeant actionnaire de SN THS, avait averti un agent de la Direction de la coopération internationale (DCI) début 2013 ; il s’inquiétait de la personnalié de son nouveau client : Nicolas Pasapia. Un témoignage qui disculperait totalement les deux pilotes ! L’officier de police judiciaire, qui a été interrogé par la juge, a reconnu qu’Alcaud été bien entré en contact avec lui. La police avait été prévenue. Le bout de l’iceberg resté en France est à découvrir, ce que je ferai ici dans un prochain article. Aurait-on laissé faire ce fameux troisième vol pour obtenir un « flag » mémorable, les enquêteurs se doutant déjà que le second vol avait déjà été l’objet d’un transport conséquent de coke (revenu à La Môle le 9 décembre 2012) qui avait été « pisté » de bout en bout ? C’est à quoi doivent aujourd’hui songer les familles des deux pilotes, en effet…. comme l’avait écrit Le Monde le 24 juin 2013, car l’arrestation avait été totalement mise en scène côté dominicain : « Filmée par la DNCD, l’agence antidrogue dominicaine, l’arrestation, de nuit, par une unité d’élite arrivée en hélicoptère, semble tirée d’un film hollywoodien. Hagards, les quatre Français ont subi un premier interrogatoire sur le tarmac. Puis la caméra de la DNCD a filmé les valises entassées jusque sur les fauteuils du jet, 26 au total, pour une valeur totale estimée à plus de 20 millions d’euros ». C’était tout sauf un hasard ou un coup de chance que cette arrestation !!! Car ceux qui filmaient étaient aussi ceux qui trafiquaient !!!

Depuis que ce texte a été proposé ici pour la première fois (en juillet 2013, soit peu de temps après la découverte de l’affaire !!!), les choses ont donc grandement évolué avec tout d’abord la décision touchant la société de location de Falcon SN -THS : l’affaire a été rapidement (et discrètement) liquidée : « octobre 2013 : Suite à cette affaire de drogue retrouvée dans l’avion d’Alain Afflelou, et avec les dirigeants Pierre Dreyfus et Fabrice Alcaud toujours écroués à Marseille, la société de ces deux derniers a été placée en procédure collective et liquidée mi-octobre 2013. La douzaine d’employés a été également licenciée. Les biens et le patrimoine de la société nouvelle THS vont être vendus dans les prochaines semaines, par décision judiciaire » avait-on ou lire quelque temps après. L’enquête a aussi avancé de ce côté avec la découverte de l’intercession d’un douanier français, ami d’un « ex-garde du corps qui a fait fortune en Roumanie » (il s’agit du troisième larron parmi les passagers, Frank Colin, qui a aussi été ancien légionnaire, et a assuré ensuite la sécurité de Jean Roch, le propriétaire du Bash, puis du VIP Room, sur les Champs-Élysées, avec qui Colin est aussi en affaire en Roumanie. Mais elle sent toujours autant le soufre, étant donné ses ramifications, comme continuent de le stipuler des intervenants en forum… l’intervention du Syndicat des Pilotes étant souvent jugée malvenue, voire maladroite… j’y reviendrai, dans un second épisode sur le sujet ; ce troisième larron étant bien la clé de l’affaire semble-t-il. Plus subtil semble-t-il que les condamnés du jour (hormis les pilotes), il avait réussi à se faire porter pâle pour ce fameux vol auquel il devait participer (lire ici ****** ce détail fort évocateur)…

Il y en a un autre, en tout cas, qui a dû ravaler le jugement rendu il y a quelques jours : Alain Afflelou, dont l’avion (le Falcon F-GXMC******) a été confisqué par le procureur dominicain, un fait plutôt rare là aussi. Il a droit à des dédommagements, l’appareil ayant une assurance croquignolette. Même délaissé deux ans sans entretien sur le parking de Punta Cana, il vaut encore une bonne paire de millions d’euros… Bruno Odos ici fixe la valeur actuelle de l’appareil qui n’était pas neuf à 8,5 millions d’euros – ici à partir de 7’11 »-, et selon lui, pour le rendre en état de vol, il va falloir dépenser une somme considérable… que devrait régler l’auteur de l’arrestation, à savoir l’Etat Dominicain (le fait d’avoir laissé traîner le procès pendant deux ans n’arrangeant pas l’état de l’avion) !

PS : La dépêche AFP du lundi 24 février annonçant le boycott demandé de la desserte de St-Domingue :

« Selon nos informations, le principal syndicat des pilotes de ligne français (SNPL), appellera demain au boycott des vols pour la République dominicaine, en soutien aux deux pilotes français, Pascal Fauret et Bruno Odos, emprisonnés à Punta Cana depuis le 23 mars 2013. Ils sont soupçonnés d’avoir volontairement pris part à une opération de transport de drogue vers la France. L’audience préliminaire, initialement prévue demain, a été reportée pour la sixième fois sans véritable explication. Aucune date n’a été fixée pour l’instant.

Le syndicat va mettre ainsi à exécution les menaces lancées il y a plusieurs jours. Il avait en effet appelé les pilotes à ne plus desservir la République dominicaine dès le 25 février si, lors de cette audience préliminaire, « des avancées significatives n’étaient pas actées ».

Rappel des faits

L’affaire a débuté le 20 mars 2013, avec une opération de l’agence anti-drogue dominicaine, agissant sur des renseignements livrés par des agences étrangères. 700 kilos de cocaïne en partance pour la France avaient été saisis. Parmi les personnes interpellées figuraient les deux pilotes, qui avaient pris les commandes d’un avion privé contenant la drogue et devant décoller de Punta Cana. Ce Falcon 50 appartenait au lunetier français Alain Afflelou mais avait été affrété par une société de location, SN-THS, installée à Bron (France).

« J’ai la conviction que le dossier (à l’encontre des pilotes) est vide », avait déclaré Yves Deshayes, le président du SNPL, rappelant que « les pilotes n’ont pas le pouvoir de police » et ne peuvent d’eux-mêmes contrôler des bagages »

Le problème c’est que le même avion n’en était pas à son premier voyage :

http://cote-d-azur.france3.fr/2013/03/23/friture-sur-la-ligne-aerienne-saint-tropez-punta-cana-saint-domingue-saisie-de-700kg-de-cocaine-saisis-221811.html.

(*) dissoute depuis.

(**) l’espoir, si l’on peut dire, pour les pilotes repose sur le cas Liana Guillon, cette française mère de cinq enfants accusée de trafic de drogue lors d’un voyage en 2012 (son voyage de noces en fait) les douaniers ayant découvert 11 kilos de coke dans un bagage à main. L’enquête dominicaine avait été inexistante, l’accusation bâclée, et le mari de Liana libéré car le bagage suspecté ne contenait que son nom à elle ! Condamnée à 8 ans de détention après un appel, elle avait été rapatriée à condition d’effectuer sa peine en France : elle aura effectué 2 ans, 8 mois et 22 jours au total, avant d’être libérée portant toujours un bracelet électronique. Elle avait visiblement été piégée par des trafiquants locaux, sur les lieux mêmes de l’aéroport de Punta Cana ! Deux autres jeunes filles, Sarah Zaknoun et Céline Faye avaient été accusées de la même façon (de ramener 6 kilos de coke cette fois). Elles avaient bénéficié d’une grâce présidentielle, formulée par Leonel Fernandez. Ils possèdent un supporter de taille : Laurent Fabius, convaincu de leur innocence. A noter qu’en février 2014, un habitant Antony dans les Hauts-de-Seine s’était présenté au commissariat de la ville ; dans sa valise, réceptionnée le lendemain de son arrivée à Orly, il avait découvert 6 kilos de coke : or il avait fait escale en Espagne, mais aussi à Punta Cana. 

(****) « Ses premières livraisons de drogue remontent à 1973 alors qu’il était pilote à temps partiel. Boulanger partait en avion de Floride, d’où il rejoignait la Colombie et revenait quelques heures plus tard. Les trafiquants ? Des vétérans de la guerre du Vietnam, raconte-t-il au Journal de Québec. Raymond Boulanger affirme même avoir travaillé pour la CIA au milieu des années 80. L’agence américaine avait créé des compagnies aériennes fictives « pour aider les Contras qui tentaient de renverser le gouvernement de Daniel Ortega au Salvador », explique le journaliste Daniel Renaud. Son rôle était alors de « larguer des marchandises » dans les bois et de faire des « vols de reconnaissance » pour repérer les camps. Des faits qui n’ont évidemment jamais été confirmés par voie officielle (…) Ces activités lui auraient permis d’entrer en contact avec les cartels colombiens. Il aurait même côtoyé Pablo Escobar. Raymond Boulanger forme des pilotes, leur apprend à atterrir dans le noir sur des pistes improvisées. « On faisait des « drops » sur les îles des Caraïbes ou en mer. (…) À cette époque, il y avait entre 40 et 50 vols qui sortaient tous les soirs », raconte-t-il, toujours au Journal de Québec. L’homme se fait finalement arrêter à Casey au Québec avec plus de 4 tonnes de cocaïne dans l’avion. Il est condamné à 23 ans de prison. Lors de sa première escapade, en 1998 (il profite d’une libération conditionnelle), il file droit vers la Colombie, où il connaît de nouvelles aventures. Il est pris en otage par un groupe marxiste et sera finalement relâché au bout de deux mois grâce à l’intervention des Farc avec lesquelles il est en contact depuis de nombreuses années. Les termes exacts de sa libération (qui a payé la caution ?) restent troubles. Ce qui alimente encore davantage sa légende ». Sa vie est un vrai roman, raconté ici par des témoins.

(*****) « Boulanger admet également avoir fait un autre vol de cocaïne avant celui de novembre 1992 : un vol test de 500 kilos qui a eu lieu le 27 août précédent. À bord d’un King Air Turbo 200 à hélices dont les bancs de passagers avaient été remplacés par 20bidons jerrycans remplis d’essence pour faire le plein en vol, il a décollé de la Colombie, survolé successivement la République Dominicaine, les Bermudes, la Nouvelle-Écosse et le Bas-du-Fleuve avant d’atterrir à Casey ». Boulanger est un cas incroyable en effet :  En 1998, il profite d’une permission de 4 jours pour se faire la belle. Il retourne en Colombie où il prépare un « voyage » pour le compte des FARC, mais un pneu de son avion éclate au décollage. Le temps de la réparation, alors qu’il se promène en ville, il est kidnappé par un autre groupe de rebelles qui le prennent pour un Gringo. C’est la mafia qui aurait payé sa rançon (mais où commence la légende ?). En tout cas, 18 mois après son évasion, la police colombienne lui met le grappin dessus et il est extradé vers le Canada. En 2001, alors qu’il effectue des travaux pour la communauté, il rebelote. Une deuxième cavale au cours de laquelle on ne sait pas trop ce qu’il a fait. Il serait allé au Mexique pour mettre de l’ordre dans ses affaires. Un business plus classique, peut-être ! Il est finalement arrêté à Montréal, où il est venu voir son père, malade ».

(******) ont été vus, entre autres à la Môle : Le Cessna 550B Citation Bravo HB-VNZ suisse de Jet Aviation, société détenue par General Dynamics et Jet Aviation Flight Services, le LX-JFK Pilatus de JettFly, le Falcon F-HDCB de Darta Transports Aériens, le Pilatus F-GJFG de GDP Vendôme, dirigée par Jean-François Gobertier, 109eme fortune française, le roi des maisons de retraite, grand fan d’Hallyday et de voitures de collection, le Citation Cessna 550, avion privé US, comme le Cessna 550B Citation Bravo N28SP d’Echo Aviation Inc Trustee, le petit Mustang Cessna 510 Citation privé US, un Falcon 10 anglais tout noir G-ECJI, un Cessna Citation 510 Mustang espagnol, de Jetnova de Aviación Ejecutiva, immatriculé EC-LDK, un autre, belge, un Citation Jet C1, le 250 ième construit, marqué OO-JDK, le Cessna 500 Citation VP-COM enregistré aux îles Caïman, Cessna C525 Citation CJ1 immatriculé M-DINO, lui venant de Guernesey, mais possédant la même adresse que le N28SP, le LX-JFE, unSocata TBM-700 de JetFly, « aux pilotes expérimentés, issus de l’Armée ou de compagnies aériennes commerciales » comme le dit son dépliant, le Cessna525A CitationJet CJ2 d’Avcon Jet, dont le droit de voler en Autriche a été récemment mis sur la sellette…

(******) commentaire à noter : « Il est techniquement impossible de rallier d’une seule traite, le Var depuis les Caraïbes, à bord d’un Falcon 50. Qu’à cela ne tienne, les trafiquants faisaient escale sur un petit et, lui aussi, discret aéroport de l’île des Açores. Et ils se gardaient bien de se poser sur l’aéroport international de Nice, extrêmement fréquenté et surveillé. Côté dominicain, pas de problèmes. Ils avaient corrompu une trentaine de policiers et de militaires, dont certains officiers, tous aujourd’hui sous les verrous. Les policiers ont saisi 700 kg de cocaïne, répartis dans 26 valises. Mais les 4 Français, aujourd’hui incarcérés dans les geôles dominicaines, détenaient de très fortes sommes d’argent ; des milliers d’euros et de la monnaie roumaine, ce qui pourrait laisser supposer des ramifications en Europe de l’Est ». 

(******) il date en effet de 1989 (26 ans) et c’est beaucoup moins que ce qu’annonce le pilote : un Falcon 50 de cette date de construction est annoncé ici à moins de 2 millions de dollars. En registration, il était au nom de Mascaralain EURL, la société d’Afflelou : le 3 avril 2013, il est passé chez Holding AA-OC, à Aubervilliers. Or l’appareil a été saisi à Punta Cana le 20 mars 2013. Explication : « le Falcon 50 F-GXMC. La location de Lixxbail à Mascaralain était prévue du 5 juillet 2007 au 4 juillet 2014. Elle avait pour objet l’exploitation des campagnes publicitaires d’Alain Afflelou et l’achat d’aéronefs. Les 22 octobre et 10 novembre 2012, Afflelou décide de dissoudre sa société Mascaralain et d’apporter sa valeur, estimée à 3.973.982 euros (la valeur du Falcon 50 ?) à sa holding AA-OC. Cette décision est enregistrée au tribunal de commerce de Bobigny le 29 janvier 2013, mais ne sera portée à la connaissance de la DGAC que le 3 avril 2013″. Le 3 avril 2013, la Holding AA-OC devient locataire de Lixxbail, mais le nom de la société absorbée, Mascaralain, disparaît du registre : il n’y a plus de locataire entre le 5 juillet 2007 et le 2 avril 2013 … » Holding AA-OC a été elle radiée le 6 décembre 2013. A qui appartient donc l’avion, aujourd’hui ? Au Crédit Agricole, via Lixxbail ?

Reportage du National Geographic sir la drogue en République Dominicaine, vu côté DEA « cocain war – Dominican Republic »

1) http://www.youtube.com/watch?v=ycG2…

2) http://www.youtube.com/watch?v=Xd2F…

3) http://www.youtube.com/watch?v=f6eT…

 

Les transporteurs de drogue colombienne (les mules) vus par la DEA US

http://www.youtube.com/watch?v=oZy1…

http://www.youtube.com/watch?v=-tkP…

 

L’historique de la Môle
Le blog des deux pilotes :
L’étonnant forum de discussion sur leur arrestation :
Il en est à la 473 eme page, et a dénoncé l’attitude des « experts » français venus défendre les deux compatriotes, dont le célèbre Christophe Naudin, auto bombardé expert en aviation chez BFM, celui des aventures d’Ikea, qui, il y a peu de temps déclarait que l’énorme bout d’aileron retrouvé à la Réunion appartenait plutôt selon lui à un « petit bimoteur », un Piper Aztec de 1968, modèle PA 23-250 immatriculé F-OHSA  – un Aztec étant petit comme ça…, tombé à moins d’1km de la côte le 4 mai 2006 !!! Avec Philippe Heneman, le président de l’ASPB et Naudin, pas sûr que les deux pilotes aient bénéficié d’une aide quelconque pour tenter d’amadouer le procureur…
un résumé succint de l’affaire :
un autre :
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commentaires
  1. A reblogué ceci sur Aviseur Internationalet a ajouté:

    Les douanes françaises étaient au courant du chargement et attendaient, en France, l’avion pour effectuer une saisie record, mais elles ont visiblement été doublées par les douanes dominicaines… ou la DEA américaine, qu’elles avaient dû informer : cette sombre affaire est aussi quelque part celle d’une trahison, à un certain niveau.

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  2. Marc Fievet dit :

    La DEA comme le HM Customs Excise sont des spécialistes de ce type de trahison

    J'aime

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